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  • il y a 5 minutes
Hugo Meunier, journaliste québécois, a reproduit une fausse annonce similaire à celle de Dominique Pelicot qui a récolté 105 réponses en 48 heures, dont trois seulement se sont préoccupés du consentement de la femme. 

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Transcription
00:00Vous avez mené une expérience troublante. Votre documentaire vient d'ailleurs d'être diffusé au Québec.
00:04Vous avez posté sur une plateforme libertine la même annonce que Dominique Pellicot offrant sa femme endormie à des inconnus.
00:11Et vous avez reçu des réponses, et rapidement.
00:15Malheureusement, beaucoup de réponses. En moins de 48 heures, j'ai croulé sous les réponses.
00:19J'ai reçu environ 105 réponses. Et tout partait, en fait, d'une idée comme ça, avec la médiatisation de ce procès-là.
00:30Je n'ose pas imaginer en France, mais au Québec, ça a été quand même très médiatisé.
00:34Alors, je me suis demandé si on plaçait à peu près la même annonce, malgré cette médiatisation-là.
00:40Est-ce qu'on va arriver à des résultats semblables?
00:42Alors que, dans ma belle naïveté, je me croisais les doigts pour qu'il y ait eu un effort de sensibilisation en marge de ce procès.
00:50Quels étaient les profils des gens qui ont répondu à votre annonce?
00:55Ça ressemblait en tout point à ce qu'on a vu à Mazan, c'est-à-dire un échantillonnage assez complet de la société, des gens qui nous entourent.
01:02Donc, il y avait autant des jeunes hommes dans la vingtaine au visage poupin que des personnes de 60-70 ans, des salariés.
01:10Voilà, des gens ordinaires, quoi.
01:14Et aucun, à aucun moment, ne va vous demander si elle est consentante?
01:19Sur les doigts d'une main. Donc, soit par transparent, je dois avouer qu'il y en a trois.
01:24Peut-être qu'ils ont demandé le consentement de la fausse femme endormie, qui a été, en passant, créée par l'intelligence artificielle.
01:30On a utilisé une photo.
01:32Et aussi, les gens qui ont fait référence au procès Pellicot, une seule personne.
01:37Et je crois qu'elle a été trompée dans le nom.
01:40Donc, ils l'ont appelée Pellicot et évoquait un procès en Grande-Bretagne.
01:43Donc, on n'était vraiment pas... Il n'y a pas beaucoup de drapeaux qui se sont levés.
01:47Une question, Marc.
01:48Est-ce que vous avez dénoncé ces personnes par la suite?
01:50Non, parce que ces gens n'ont rien fait, concrètement.
01:55Donc, ils ont... Et non plus, ce n'est pas mon rôle de la police.
01:59Mon rôle, c'était d'exposer ça.
02:01Évidemment, j'ai assez d'en confronter quelques-uns de ces personnes-là,
02:05de pouvoir les rencontrer et essayer de comprendre.
02:07Mais non, moi, je ne pouvais pas me stabiliser au travail de la police.
02:11Mais est-ce que vous dites, Hugo, ou vous vous dites que, finalement,
02:14ce fléau est bien plus important, et donc, partout dans le monde, qu'on ne l'imagine?
02:20C'est ce que je crois. Et c'était d'ailleurs la prémisse de départ.
02:24Moi, j'ai été marqué par le procès.
02:26Et à la sortie du procès, il y avait la fille de Gisele Pellicot, Caroline Darien,
02:30qui a été réagi dans notre documentaire, qui dit
02:32« C'est probablement l'arbre qui cache la forêt. »
02:35Et avoir autant d'agresseurs recrutés assez facilement dans une petite bourgade comme Mazan,
02:41je me suis demandé, ça serait quoi de faire le même exercice dans une ville comme Montréal,
02:46où on est deux millions, bref, n'importe quelle ville.
02:49Et je pense, malheureusement, que je ferai le même exercice aujourd'hui,
02:56un peu partout dans le monde, et j'arriverai à des résultats similaires.
02:59Merci beaucoup, Hugo, d'avoir été en direct.
03:00Assez effrayant, effectivement, ce déni de la société sur le fantasme du viol,
03:05voire la culture du viol.
03:07Merci.
03:08Merci.
03:09Merci.
03:10Merci.
03:11Merci.
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