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Les invités de Julien Pasquet débattent des grands thèmes de l'actualité dans #180minutesInfoWE

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00:00:00Bonjour à tous, ravie de vous retrouver en ce dimanche pour 180 minutes infos week-end.
00:00:05Évidemment, on va commencer nos débats dans un instant, mais comme chaque jour, on commence avec le journal de Sandra Chombeau.
00:00:10Bonjour Sandra.
00:00:10Bonjour Elodie. À la une, François-Xavier Bellamy était l'invité du grand rendez-vous ce dimanche sur CNews.
00:00:17Il a évoqué la dépendance de l'Union Européenne envers les Etats-Unis et la nécessité pour la France de retrouver une compétitivité européenne et mondiale.
00:00:26Le député européen et vice-président délégué des LR a évoqué une expérience humiliante. Écoutez.
00:00:33La vérité, c'est que les Européens, le continent européen, touche du doigt son immense vulnérabilité.
00:00:38Parce que pendant plusieurs décennies, et c'est effectivement du temps long que nous parlons,
00:00:42pendant plusieurs décennies, la plupart des pays européens ont fait reposer leur sécurité sur une seule chose, la protection des Etats-Unis.
00:00:51Au sein de l'OTAN, nous n'étions pas en réalité les alliés des Américains.
00:00:54Les Européens étaient les vassaux des Américains et ils étaient nos suzerains.
00:00:59Et la vérité, c'est que nous payons aujourd'hui ce que coûte la vassalité.
00:01:04Il n'y a pas de suzerain qui ne demande un jour son tribu.
00:01:07Et ce qui est en train de se passer, c'est que les Européens sont confrontés à cette expérience infiniment humiliante de leur dépendance absolue.
00:01:14A l'international, le bras de fer s'intensifie entre Donald Trump et le maire de Minneapolis.
00:01:20Le président américain l'accuse d'inciter à l'insurrection dans cet Etat où de nouvelles manifestations ont eu lieu ce samedi,
00:01:27après la mort d'un second américain tué par la police de l'immigration.
00:01:30Régine Delfour.
00:01:31Sur ces images, des officiers de l'ICE, la police de l'immigration, encerclent deux personnes et plus particulièrement un homme qui est maintenu au sol.
00:01:42Au bout de quelques secondes, des coups de feu retentissent au moins dix.
00:01:46Alex Preti, un infirmier de 37 ans, vient de perdre la vie.
00:01:53Selon le ministère américain de la sécurité intérieure, Alex Preti était armé d'un pistolet semi-automatique.
00:02:00Une information confirmée par le chef de la police de l'immigration.
00:02:05Au cours de cette opération, un individu s'est rapproché d'agent de la patrouille des frontières des Etats-Unis avec un pistolet semi-automatique de 9 mm.
00:02:13Les agents ont tenté de le désarmer, mais il lui a posé une violente résistance, craignant pour sa vie ainsi que pour la vie et la sécurité de ses collègues.
00:02:21Un agent de la patrouille des frontières a tiré des coups de feu en légitime défense.
00:02:28Une version dénoncée par les autorités locales qui demandent le départ des officiers de l'ICE du Minnesota.
00:02:35Notre message est clair et direct.
00:02:41Nous voulons que l'ICE quitte le Minnesota.
00:02:44Leur présence ne renforce pas notre sécurité, comme le prouve le meurtre tragique de ce matin, que les gens ont vu de manière insoutenable sur la vidéo.
00:02:51Au contraire, elle la rend moins sûre.
00:02:53Plusieurs centaines de manifestants se sont rassemblés pour dénoncer la mort d'Alex Preti, près de trois semaines après celle de René Good, dans des circonstances similaires.
00:03:02Et on se quitte avec ces images toujours aux Etats-Unis de la tempête hivernale qui balaye le pays.
00:03:0920 Etats et la capitale Washington ont déclaré l'état d'urgence.
00:03:13La perturbation se déplace vers le nord-est après avoir provoqué d'importantes chutes de neige dans le centre.
00:03:19Les conséquences des vols sont annulées, les supermarchés sont vides et des millions d'Américains sont menacés de coupure d'électricité.
00:03:26Merci à vous Sandra de Chambon, on vous retrouve à 15h pour un prochain plan complet sur l'actualité.
00:03:33Pour m'accompagner pendant cette première heure, Pierre-Olivier Carrel, bonjour.
00:03:36Bonjour.
00:03:36Vous êtes président du MoDem de Seine-Saint-Denis, à vos côtés Mehdi Raich, bonjour.
00:03:40Bonjour Elodie.
00:03:40Analyste politique, Rodolphe Karte, bonjour.
00:03:43Bonjour.
00:03:43Journaliste et auteur et Raphaël Stainville, bonjour.
00:03:45Bonjour Elodie.
00:03:46Journaliste au JDD.
00:03:47On va commencer avec cette marche blanche qui était organisée ce matin en Seine-et-Marne en hommage à Camélia,
00:03:52cette jeune fille de 17 ans qui a mis fin à ses jours en raison d'un harcèlement scolaire.
00:03:57Elle s'est suicidée le 13 janvier dernier.
00:04:00Sur place, nous trouvons notre équipe Anaïs Bauchet et Noémie Hardy.
00:04:03Ils sont près de 2000 à s'être rassemblés ce dimanche matin pour rendre un dernier hommage à Camélia.
00:04:09Parmi eux, la famille de la jeune lycéenne, des camarades, des parents d'élèves, des collégiens,
00:04:13des personnes eux-mêmes victimes de harcèlement scolaire et des habitants de la commune
00:04:17qui sont venus avec des roses blanches et des pancartes avec des messages forts.
00:04:20Le harcèlement scolaire, plus jamais, l'école devait protéger, elle a échoué.
00:04:25Beaucoup sont très choqués par ce drame.
00:04:27Certains parents d'élèves sont inquiets pour leurs enfants.
00:04:30Certains sont en colère contre l'établissement scolaire.
00:04:32Je vous propose de les écouter.
00:04:33La vraie problématique, c'est ça, c'est qu'il y a eu cet entretien avec le chef d'établissement
00:04:37et après il y a eu une tragédie.
00:04:39Et si elle avait été accompagnée de sa maman ou d'un représentant légal,
00:04:43de quelqu'un de sa famille, ils auraient trouvé les mots, ils auraient su la rassurer
00:04:47et il ne se serait pas produit ce qui s'est produit.
00:04:49On va monter jusqu'au parlement, il faut que la loi change.
00:04:51Quand j'ai entendu l'affaire de Camélia, même si je ne la connaissais pas du tout,
00:04:55ça m'a beaucoup remué des souvenirs.
00:04:58C'est vrai que je me suis souvenu que lors de mes deux secondes,
00:05:01parce que j'ai passé uniquement deux secondes dans ce lycée,
00:05:04moi j'étais victime de harcèlement.
00:05:05Je trouve ça aussi horrible que le harcèlement, ça pousse au suicide.
00:05:11Et je suis venue aussi pour dire aux gens d'arrêter d'harceler,
00:05:16parce que c'est vraiment très grave ce qu'ils font.
00:05:20Cette marche a été organisée par la famille de Camélia avec un objectif clair,
00:05:24lutter contre le harcèlement scolaire.
00:05:26Partie du parvis de la gare de la commune, elle s'est poursuivie pendant près d'une heure
00:05:29en silence jusqu'au lycée où étudiait la jeune fille qui se trouve juste derrière moi.
00:05:34Une fois sur place, la famille de Camélia a tenu à prendre la parole
00:05:37pour lui rendre un dernier hommage et dénoncer une fois de plus le harcèlement scolaire.
00:05:42Une cellule psychologique a été mise en place pour tous les élèves de la commune.
00:05:46Et on rappelle que quatre enquêtes ont été ouvertes
00:05:48et le ministre de l'éducation nationale, Edouard Geffray, lui-même avait demandé une enquête administrative,
00:05:53je cite, pour clarifier les faits et prendre les mesures nécessaires.
00:05:57Pierre-Olivier Carrel, on a entendu quelqu'un qui disait il faut changer la loi,
00:06:00je ne sais pas s'il faut aller jusque-là et si légiférer sur tout est vraiment nécessaire.
00:06:03Mais malheureusement, dans ces cas, souvent on voit qu'il y a eu des dysfonctionnements.
00:06:06Elle avait donné l'alerte de ce qu'elle a raconté par SMS à sa maman.
00:06:10Elle explique que le proviseur a plutôt dit que c'était elle la fautive.
00:06:14On alerte beaucoup sur le fléau du harcèlement,
00:06:15mais on a l'impression que les mentalités n'évoluent peut-être pas assez vite.
00:06:18Qu'est-ce qu'on peut faire ?
00:06:19Je crois que c'est le cœur du sujet.
00:06:20Il faut que les mentalités évoluent, il faut qu'il y ait une prise en compte.
00:06:22C'est quand même dramatique de voir une jeune fille comme ça mettre fin à ses jours,
00:06:26quelles qu'en soient les raisons à l'origine,
00:06:28que ce soit un ressenti de son côté ou qu'il y ait un véritable acte de harcèlement.
00:06:32Et il faut que la communauté éducative l'accompagne quand elle ressort et qu'elle dit
00:06:36je crois que c'est moi qui suis en train de me victimiser.
00:06:39Je pense que toutes les clés de la tragédie étaient là.
00:06:45Et à partir du moment où le dialogue n'a pas pu fonctionner,
00:06:48il doit y avoir quelque chose à comprendre sur le pourquoi.
00:06:52Et malheureusement, ce n'est pas le premier cas.
00:06:54Je crains que ce ne soit pas le dernier.
00:06:56Les familles sont traumatisées, les enseignants, les camarades sont traumatisés.
00:07:00Et c'est une vie qui a été détruite.
00:07:02Donc derrière, il faut le repenser.
00:07:03Quand on vient à l'école, c'est pour apprendre.
00:07:05C'est pour apprendre la vie en société, le groupe.
00:07:08Et il doit y avoir à ce moment-là, non seulement une prise de conscience,
00:07:12mais aussi un accompagnement qui soit structuré.
00:07:14Parce que je pense que la communauté éducative est aussi un petit peu laissée à l'appréciation individuelle.
00:07:19Alors que là, manifestement, le ressort devient un peu plus structurel.
00:07:24Et dans les communautés éducatives, si les CPE, les enseignants, voire les proviseurs,
00:07:30ne sont pas en capacité de pouvoir accompagner, malheureusement, on risque de revivre ce drame.
00:07:35Oui, parce que là-dessus, effectivement, Raphaël Steinville, on a l'impression que la communauté éducative,
00:07:39en tout cas, on l'espère aujourd'hui, est vraiment au fait de cette problématique du harcèlement.
00:07:43Mais on a l'impression que parfois, ils n'ont pas forcément les solutions.
00:07:46Souvent, on peut renvoyer au fait que ce soit des enfantillages, des broutilles.
00:07:49Et on a l'impression que les professeurs, les CPE, vous citiez,
00:07:52tous ceux qui sont concernés, parfois, ne savent pas quoi répondre.
00:07:55On a l'impression qu'il y a quelque chose qui n'a pas fonctionné.
00:07:57– Mais vous vous souvenez de ce que Gabriel Attal, lorsqu'il était ministre de l'Éducation nationale,
00:08:03préconisait, il voulait, dans son grand plan contre le harcèlement scolaire,
00:08:07provoquer un électrochoc, un changement de paradigme.
00:08:11Et en fait, on s'aperçoit aujourd'hui que les propositions qu'il préconisait,
00:08:16notamment que dès lors qu'il y a un harcèlement,
00:08:18les harcèleurs soient exclus de ces établissements scolaires
00:08:24et que la victime n'est pas justement à vivre une double peine d'être harcelée
00:08:31et en plus de devoir quitter son établissement.
00:08:34Aujourd'hui, on voit que les choses n'ont pas foncièrement changé.
00:08:38La parole de la victime ou des victimes sont souvent mises en cause, relativisées.
00:08:43En fait, je pense qu'il y a vraiment un effort considérable à faire
00:08:49pour que la parole et la place des victimes dans la société,
00:08:53qu'il s'agisse des établissements scolaires,
00:08:54mais aussi également, si on veut même élargir le spectre ailleurs,
00:08:58soient vraiment pris en compte.
00:08:59Aujourd'hui, on a vraiment l'impression qu'on a presque davantage de soucis
00:09:03de ceux qui sont mis en cause plutôt que ceux qui souffrent dans leur chair,
00:09:09au point, et on l'a vu avec cette malheureuse camélia,
00:09:12d'en finir et d'en finir avec ces jours.
00:09:15Je voudrais, avant de continuer nos discussions,
00:09:17qu'on écoute l'oncle, justement, de Camélia.
00:09:19Il était présent à cette marche blanche.
00:09:21Il s'est exprimé auprès de nos équipes.
00:09:23On l'écoute.
00:09:25Concernant le volet judiciaire,
00:09:26il faudra que toute la lumière soit faite
00:09:28pour savoir qui est responsable.
00:09:33Les maux des enfants,
00:09:34étouffés par le silence des adultes,
00:09:36finissent par tuer.
00:09:38Nous ne pouvons pas laisser ça se reproduire.
00:09:42Hugo Martinez, qui est fondateur d'une association engagée,
00:09:45justement, contre le harcèlement,
00:09:46affirmait sur Europe 1 dans la semaine
00:09:48que chaque année, c'était une classe d'élèves entière
00:09:50qui décède du fait du harcèlement scolaire.
00:09:52Rodolphe Karte, effectivement, il y a l'exemple de Camélia
00:09:54qui est récent et malheureusement qui est sidérant.
00:09:55Mais on voit bien qu'à chaque fois,
00:09:57c'est un peu les mêmes dysfonctionnements.
00:09:58On se rend compte que l'élève avait déjà alerté,
00:10:00qu'il y avait régulièrement,
00:10:02ou en tout cas souvent eu,
00:10:03des rencontres avec des professeurs
00:10:05ou avec la hiérarchie.
00:10:06Et que malgré tout,
00:10:08à la fin, c'est cet élève qui se sacrifie
00:10:10parce qu'il ne voit plus de solution.
00:10:11Là, selon des élèves et des témoins
00:10:13de cet établissement,
00:10:14il disait que ça faisait plus d'un an
00:10:15qu'elle était harcelée.
00:10:16C'est extrêmement long.
00:10:17Oui, ce sera intéressant de revenir
00:10:18sur les dysfonctionnements en interne
00:10:20de l'appareil éducatif.
00:10:22Peut-être aussi, aujourd'hui,
00:10:23on parle d'éducation nationale.
00:10:25Là-bas, on parlait d'instruction nationale.
00:10:26C'est vrai que parfois,
00:10:27on va faire reposer, on va dire,
00:10:30sur l'école, le rôle d'éducation,
00:10:31comme on peut le faire aussi,
00:10:32reposer parfois sur l'armée.
00:10:34Moi, j'aime bien aussi l'analyse
00:10:35sur ce genre de sujet
00:10:37des pédopsychiatres
00:10:38qui sont intéressants
00:10:39comme Maurice Duverger
00:10:40ou même Marie-Estelle Dupont
00:10:41qui reviennent aussi souvent
00:10:43sur la source, justement,
00:10:44par exemple, de ces malheurs
00:10:46qu'est les dysfonctionnements familiaux
00:10:47au sein des harceleurs
00:10:49qui vont les amener, justement,
00:10:50à avoir des comportements violents.
00:10:52Le collège, je pense que de tout temps,
00:10:55ça a été une période relativement de cruauté.
00:10:57C'est vrai que les jeunes,
00:10:58à cet âge-là,
00:10:58ils s'affirment identitairement.
00:11:01Ceux qui sont un peu plus faibles
00:11:02peuvent être le joug, justement,
00:11:03des plus forts.
00:11:04Alors, il faut une intervention, bien évidemment,
00:11:06de l'appareil éducatif.
00:11:08Mais par contre, il faut aussi remarquer
00:11:09que, justement,
00:11:11avec parfois des modèles familiaux
00:11:12de plus en plus déstructurés,
00:11:13ça peut amener aussi, comment dire,
00:11:15une accélération ou une résurgence
00:11:17de ces comportements.
00:11:19Il me reste du verger
00:11:19qui a fait, justement,
00:11:20des grandes analyses de pédopsychiatrie
00:11:22sur, notamment, la violence gratuite.
00:11:25Il revenait sur le fait
00:11:26qu'à chaque fois
00:11:27qu'on avait des comportements violents
00:11:29chez une partie de ces harceleurs
00:11:31ou, en tout cas, de ces personnalités,
00:11:32on retrouvait, au départ,
00:11:34un schéma familial dysfonctionnel
00:11:37où, par exemple,
00:11:38le père frappait sur la mer
00:11:40ou, par exemple,
00:11:41quand le père était absent.
00:11:41Malheureusement, l'enfant imite...
00:11:42Exactement.
00:11:43Donc, oui, il faut, bien sûr,
00:11:45regarder les dysfonctionnements internes
00:11:46mais peut-être aussi penser la question.
00:11:48Et c'est pour ça que Marie-Estelle Dupont
00:11:49était assez courageuse
00:11:50en disant que c'était peut-être nous aussi
00:11:51en tant que société
00:11:52qui devions prendre à bras le corps
00:11:53des questions comme celle-ci.
00:11:54Oui, parce que, Médhi Raich,
00:11:56effectivement, vous le disiez,
00:11:57l'époque du collège, du lycée
00:11:58n'est pas l'époque
00:11:58où les adolescents
00:12:00ou les jeunes adolescents
00:12:00sont les plus tendres entre eux.
00:12:01En revanche, on remarque aujourd'hui
00:12:03et on en parlera après la pause
00:12:04d'ailleurs avec les réseaux sociaux
00:12:05à quel point cet acharnement
00:12:06grimpe en violence et en intensité
00:12:08avec un portable
00:12:09et des jeunes
00:12:09qui sont tout le temps connectés.
00:12:11Ça n'est plus juste,
00:12:12si j'ose dire,
00:12:12dans la cour de récré.
00:12:13C'est du harcèlement
00:12:14qui a lieu 24 heures sur 24
00:12:15sur toutes les plateformes
00:12:16et évidemment que ça amplifie
00:12:18malheureusement ce phénomène.
00:12:18Oui, parce que la nature du harcèlement
00:12:20a changé à notre époque.
00:12:21Je ne suis pas si vieux que ça,
00:12:22mais les réseaux sociaux
00:12:24n'étaient pas aussi implantés
00:12:25chez les jeunes.
00:12:25Donc aujourd'hui,
00:12:26le harcèlement,
00:12:26il n'est pas juste
00:12:27dans l'enceinte de l'école
00:12:28ou autour de l'école physiquement,
00:12:30il est aussi sur les réseaux sociaux.
00:12:31Donc en fait,
00:12:32les personnes,
00:12:32et je pense à cette jeune Camélia,
00:12:34elle n'a jamais finalement,
00:12:35elle a toujours été
00:12:36dans cette vague de harcèlement.
00:12:37Même quand elle était chez elle,
00:12:39il n'y a pas de répit.
00:12:40Donc le harcèlement reste continu.
00:12:41Ça, c'est quelque chose,
00:12:42beaucoup de la proposition
00:12:43du président de la République
00:12:44sur ce sujet
00:12:45et intéressante en ce sens,
00:12:47c'est que la jeunesse aujourd'hui
00:12:48est très exposée
00:12:49à la violence des réseaux sociaux.
00:12:51Donc on revient sur le sujet
00:12:51de la pédopsychiatrie.
00:12:53Ensuite,
00:12:53il y a la nature
00:12:53de ce qui est devenu aussi l'école.
00:12:55C'est qu'aujourd'hui,
00:12:56il y a à la fois une faiblesse
00:12:57du corps enseignant
00:12:58qui, je pense,
00:12:59certains ne veulent pas faire de vagues.
00:13:00Certains aussi ont peur.
00:13:02Je pense qu'il y a aussi une peur
00:13:02de la part des enseignants.
00:13:04Et donc cette faiblesse-là
00:13:05amène à ce que des parents
00:13:06ne soient pas entendus
00:13:07et que des élèves
00:13:08qui sont dans une détresse
00:13:09psychologique totale,
00:13:11au point de se suicider,
00:13:12il faut s'imaginer
00:13:13pour qu'une enfant de 15 ans
00:13:14se dise
00:13:14j'ai envie d'en finir,
00:13:15c'est que sa détresse,
00:13:16elle est absolue.
00:13:21Ça devient quasiment impossible
00:13:23à enrayer.
00:13:24Donc le sujet,
00:13:25ça doit vraiment être
00:13:25un sujet de politique publique nationale.
00:13:28Et lorsqu'on voit
00:13:28la proposition de Gabriel Attal,
00:13:29j'ai l'impression
00:13:30que ça n'a pas été suivi.
00:13:31C'est-à-dire qu'on annonce
00:13:32les choses,
00:13:32c'est un effet de communication,
00:13:34ça devient une grande cause nationale.
00:13:35Mais au final,
00:13:36le harcèlement,
00:13:36tout le monde en a subi.
00:13:37Tout le monde connaît
00:13:38quelqu'un qui a été harcelé au collège.
00:13:39Tout le monde s'imagine,
00:13:40tout le monde a vécu,
00:13:41tout le monde est passé par le collège,
00:13:42tout le monde a vu ces personnes,
00:13:43ces élèves qui ont été harcelés.
00:13:45Donc au final,
00:13:46le harcèlement est tellement
00:13:47un sujet énorme dans la société,
00:13:49énorme dans la jeunesse.
00:13:50Et aujourd'hui,
00:13:50on parle,
00:13:51on fait toujours des propositions
00:13:52de la communication,
00:13:53mais concrètement,
00:13:54ça n'est jamais suivi des faits.
00:13:55Et justement,
00:13:55après la pause,
00:13:56on parlera de cette proposition de loi
00:13:58pour interdire les réseaux sociaux
00:14:00au moins de 15 ans.
00:14:01Et je vous donne quand même
00:14:02ce numéro national
00:14:03qui est le 3114,
00:14:05qui accompagne les personnes
00:14:06qui auraient des pensées noires.
00:14:08C'est un numéro
00:14:08qui est assez peu connu.
00:14:09Il est peut-être bon
00:14:10de le rappeler.
00:14:11On marque une pause
00:14:12et on essayera de voir
00:14:13quelles solutions sont possibles,
00:14:14notamment pour lutter
00:14:15contre le harcèlement.
00:14:16Restez avec nous à tout de suite.
00:14:19On reprend le cours
00:14:20de nos débats.
00:14:21On va parler maintenant
00:14:22de cette proposition de loi
00:14:23qui concerne l'interdiction
00:14:24des réseaux sociaux
00:14:25au moins de 15 ans.
00:14:27Il y avait deux textes
00:14:28qui coexistaient.
00:14:29Celui du président de la République
00:14:30qui en avait parlé
00:14:31et celui du groupe
00:14:32de Gabriel Attal.
00:14:33C'est finalement celui
00:14:34du groupe de Gabriel Attal
00:14:35qui sera étudié
00:14:36à partir de demain
00:14:37à l'Assemblée nationale.
00:14:38Alors que contient précisément
00:14:40cette proposition de loi ?
00:14:41Élément de réponse
00:14:41avec François Tiskevitch.
00:14:42Tous les réseaux sociaux
00:14:45sont concernés
00:14:46et non plus une liste définie
00:14:47de plateformes
00:14:48comme TikTok,
00:14:49Facebook ou Instagram
00:14:50prévues initialement
00:14:52dans la proposition de loi
00:14:53de la députée
00:14:54Laure Miller.
00:14:56Le présent article
00:14:57ne s'applique
00:14:58ni aux encyclopédies en ligne,
00:15:00ni aux répertoires éducatifs
00:15:01ou scientifiques,
00:15:02ni aux plateformes
00:15:03de développement
00:15:03et de partage
00:15:04de logiciels libres.
00:15:05Autrement dit,
00:15:06un jeune de 13 ans
00:15:07pourra toujours regarder
00:15:08des vidéos
00:15:09sur ses plateformes préférées
00:15:10mais il ne pourra plus
00:15:12créer de comptes,
00:15:13interagir ou accéder
00:15:14à leurs fonctionnalités sociales.
00:15:16Les dites plateformes
00:15:17auront l'obligation
00:15:18de vérifier l'âge
00:15:19de leurs utilisateurs
00:15:20et d'empêcher donc
00:15:21la création de comptes
00:15:22au moins de 15 ans.
00:15:23Plusieurs méthodes
00:15:24de vérification
00:15:24sont envisagées.
00:15:26Reconnaissance faciale,
00:15:27analyse des traits du visage
00:15:28ou vérification
00:15:29de pièces d'identité
00:15:30comme pour les sites pornographiques.
00:15:33Autre modification
00:15:34apportée au texte initial
00:15:35l'abandon du couvre-feu numérique.
00:15:38L'idée était d'interdire
00:15:39les écrans
00:15:39entre 22h et 8h du matin
00:15:41pour les 15-18 ans
00:15:42mais sa mise en place
00:15:44a été jugée
00:15:44trop complexe
00:15:45par le Conseil d'Etat.
00:15:46Enfin,
00:15:47la dérogation parentale
00:15:48a été supprimée
00:15:49le gouvernement estimant
00:15:51qu'elle créerait
00:15:51un système
00:15:52à deux vitesses
00:15:53entre les familles
00:15:53capables de contrôler
00:15:54l'usage numérique
00:15:55de leurs enfants
00:15:56et les autres.
00:15:57Un deuxième article
00:15:58de la proposition de loi
00:15:59doit autoriser
00:16:00l'extension
00:16:01de l'interdiction
00:16:01des téléphones portables
00:16:02au lycée
00:16:03après les écoles
00:16:04et collèges.
00:16:05Le gouvernement
00:16:06prévoit l'entrée
00:16:07en vigueur
00:16:07de ces deux mesures
00:16:08dès le 1er septembre prochain.
00:16:11Il y a évidemment
00:16:12plusieurs buts
00:16:12à cette proposition de loi.
00:16:13Lutter contre le harcèlement scolaire,
00:16:15lutter aussi
00:16:15contre les contenus violents.
00:16:16Avant la pause
00:16:17avec vous,
00:16:17Mehdi Raich,
00:16:18on disait que le harcèlement scolaire
00:16:19aujourd'hui,
00:16:19il se poursuit aussi
00:16:20sur les réseaux sociaux.
00:16:23Est-ce qu'à vos yeux,
00:16:24c'est une bonne proposition
00:16:25qui a été faite
00:16:25à la fois par le président
00:16:26de la République
00:16:27et par le groupe
00:16:28de Gabriel Attal ?
00:16:29Oui.
00:16:29Moi, je considère
00:16:30les réseaux sociaux,
00:16:31désolé,
00:16:31le terme va être un peu fort,
00:16:32mais ça peut être aussi
00:16:32une norme de destruction massive
00:16:34contre la jeunesse.
00:16:35Quand vous êtes déjà un adulte
00:16:36et que vous êtes sur X,
00:16:38que vous êtes sur TikTok,
00:16:39vous voyez déjà
00:16:40qu'il y a énormément de violence.
00:16:41C'est déjà même difficile
00:16:42dans un contexte
00:16:42où vous êtes dans une surcharge
00:16:44informationnelle,
00:16:44où vous avez l'information
00:16:45tout le temps,
00:16:46une information chasse-lotte,
00:16:47où vous avez déjà du mal
00:16:47à la digérer
00:16:48et même à prendre de la distance
00:16:50vis-à-vis de celle-ci.
00:16:51Quand vous êtes jeune,
00:16:51que vous avez moins de 15 ans,
00:16:52que vous n'êtes pas encore
00:16:53à l'esprit totalement bien formé,
00:16:54votre esprit critique
00:16:55n'est pas encore au maximum
00:16:56de sa capacité
00:16:57et que vous êtes sujet
00:16:58à ce type de contenu,
00:16:59là, ça peut créer
00:17:00des énormes troubles
00:17:01et je pense que ça peut créer
00:17:02des troubles vraiment profonds
00:17:03chez certaines personnes.
00:17:04Donc pour moi,
00:17:05cette proposition,
00:17:05elle va dans le bon sens
00:17:06parce que justement,
00:17:07et je prends un exemple,
00:17:08je l'avais déjà cité hors antenne,
00:17:09mais moi,
00:17:10j'ai déjà assisté à des tweets
00:17:12ou à des lives sur TikTok
00:17:14où des mots peuvent être prononcés
00:17:15comme le mot viol
00:17:16où on parle ouvertement de viol
00:17:17et en fait,
00:17:18pour contrecarrer l'algorithme,
00:17:20on fait en sorte juste
00:17:20de modifier un petit peu le nom.
00:17:22D'ailleurs,
00:17:22on ne dit plus le mot viol,
00:17:23on dit le miaul
00:17:24ou le iol ou le V.
00:17:26d'avoir vraiment des propos
00:17:28qui sont absolument abjects.
00:17:29Où tout est contourné.
00:17:30Tout est contourné
00:17:31et en fait,
00:17:31vous avez des jeunes
00:17:32qui en scrollant
00:17:33vont vouloir assister
00:17:34à ce type de choses
00:17:34et qui vont être confrontés
00:17:35à cette violence.
00:17:36Donc oui,
00:17:36il y a un problème
00:17:37sur les réseaux sociaux,
00:17:38il y a un problème
00:17:39sur ce que font les réseaux sociaux
00:17:40sur la jeunesse
00:17:41et donc c'est quelque chose
00:17:42qui, à mon sens,
00:17:42vaut mieux encadrer.
00:17:43Raphaël Saint-Ville,
00:17:44on voit aussi peut-être
00:17:44les limites,
00:17:45comment avoir la certitude
00:17:47que les jeunes
00:17:47en dessous de 15 ans
00:17:48ne seront pas sur ces réseaux
00:17:49et aussi des voix de gauche
00:17:51qui commencent à expliquer
00:17:52que c'est liberticide,
00:17:53qu'on ne peut pas interdire
00:17:54comme ça les réseaux sociaux.
00:17:55On voit aussi
00:17:56les limites sans doute
00:17:57déjà de cette proposition de loi.
00:17:59Mais d'abord,
00:18:00je pense qu'il faut
00:18:00constater la première chose,
00:18:03c'est qu'il y a un vrai problème.
00:18:05À ce vrai problème,
00:18:06est-ce que la solution,
00:18:07c'est l'interdiction
00:18:08de l'accès à ces réseaux sociaux
00:18:10aux jeunes ?
00:18:11Moi, je n'en suis pas sûr.
00:18:12En tout cas,
00:18:13je ne suis pas sûr
00:18:13que ce soit à l'État
00:18:14de légiférer sur le sujet.
00:18:16Je pense que la première chose,
00:18:18ce sont aux parents
00:18:18qui sont responsables
00:18:21de l'éducation
00:18:22de leurs enfants,
00:18:23de prendre conscience
00:18:24des dangers
00:18:25qu'ils font porter
00:18:26en confiant
00:18:26et en remettant
00:18:27dans les mains
00:18:29de leurs enfants
00:18:29des instruments
00:18:30qui sont extrêmement addictifs
00:18:32et qui peuvent entraîner
00:18:34effectivement
00:18:35à des dérives
00:18:36extrêmement graves.
00:18:37Et donc,
00:18:38moi, ce que je crains,
00:18:39c'est que derrière
00:18:40cette volonté
00:18:41de légiférer finalement,
00:18:42on ne fasse
00:18:44qu'empiéter davantage
00:18:45sur la responsabilité
00:18:47des parents,
00:18:47reprises,
00:18:50étatisées.
00:18:51Et donc,
00:18:52c'est une déresponsabilisation
00:18:53des parents.
00:18:54Moi, j'aimerais juste
00:18:55poser la question.
00:18:56Est-ce qu'un parent,
00:18:57dès lors qu'il sait
00:18:58les dangers
00:18:59qu'il fait peser
00:19:00sur ses enfants
00:19:01lorsqu'il lui remet
00:19:02un téléphone portable,
00:19:03a envie de lui confier
00:19:04à 10, 11, 12, 13, 14, 15 ans
00:19:07un téléphone portable
00:19:08sachant que sa vie
00:19:09du jour au lendemain,
00:19:10elle va basculer ?
00:19:11Moi, il y a un exemple
00:19:11que je trouve très intéressant
00:19:13qui a été,
00:19:15je crois que c'était
00:19:15hier ou avant-hier,
00:19:16Teddy Riner
00:19:16qui était interrogé
00:19:17sur le sujet,
00:19:19qui admet,
00:19:20sous la pression
00:19:21de son fils
00:19:21qui était amoureux
00:19:23d'une jeune fille
00:19:26et qui voulait pouvoir
00:19:27dialoguer par SMS
00:19:28avec elle,
00:19:30lui a,
00:19:31et en forçant un peu
00:19:32la main à son épouse,
00:19:34a consenti
00:19:34à donner
00:19:35un téléphone portable
00:19:36à son enfant.
00:19:37Et au bout
00:19:38de quelques jours,
00:19:39voyant à quel point
00:19:40son comportement
00:19:42avait changé,
00:19:43à quel point
00:19:43il avait été finalement
00:19:44pris dans une sorte
00:19:45d'engrenage addictif
00:19:46avait eu le courage
00:19:49de lui retirer
00:19:50ses téléphones portables.
00:19:51Moi, je pense
00:19:51que les véritables héros,
00:19:52ce n'est pas l'État
00:19:52qui doit légiférer,
00:19:53ce sont les parents
00:19:54qui doivent jusqu'au bout
00:19:55et c'est un cadeau
00:19:57qu'ils font à leurs enfants
00:19:58tout faire
00:19:59pour reculer l'âge
00:20:00où ils auront
00:20:02à avoir un téléphone
00:20:03et l'accès
00:20:04à ses réseaux sociaux
00:20:05mais ce n'est certainement
00:20:07pas l'État
00:20:07de légiférer.
00:20:07Pour prolonger là-dessus,
00:20:08justement,
00:20:09Rodolphe,
00:20:09je voyais réagir
00:20:10quand dans le reportage
00:20:11vous avez entendu
00:20:11qu'on disait
00:20:12que cette mesure
00:20:13n'a pas été retenue
00:20:13parce qu'il pouvait y avoir
00:20:14une discrimination
00:20:15entre les parents
00:20:16capables, en gros,
00:20:17de gérer leurs enfants
00:20:17et les autres.
00:20:18Ça rejoint ce que dit Raphaël.
00:20:20C'est-à-dire qu'aujourd'hui,
00:20:21est-ce que l'État
00:20:21doit élever les enfants,
00:20:24tous les enfants
00:20:24de moins de 15 ans
00:20:25de ce pays ?
00:20:26Je rejoins tout à fait
00:20:27ce que mon voisin
00:20:28vient de dire
00:20:28et ça recoupe d'ailleurs
00:20:29avec le sujet d'avant.
00:20:30Bien sûr.
00:20:30L'importance des parents
00:20:32justement
00:20:32qui mettent
00:20:33dans les mains
00:20:33de leurs enfants
00:20:34un outil
00:20:34parmi les pays
00:20:36qui ont légiféré
00:20:37sur le sujet.
00:20:38On peut mentionner
00:20:39la Chine par exemple
00:20:39parce que là aussi
00:20:40il y a des problèmes
00:20:41d'addiction
00:20:41et de concentration
00:20:42qui sont vraiment
00:20:43à la base justement
00:20:43de l'intelligence
00:20:44et la capacité
00:20:45à se concentrer
00:20:45sur une tâche longue.
00:20:47Par contre,
00:20:48moi aussi,
00:20:49l'argument pour le coup
00:20:50des partis de gauche
00:20:51comme de la France insoumise
00:20:52ils sont assez intéressants
00:20:53toutefois sur cette volonté.
00:20:55Comment on choisit
00:20:55les réseaux sociaux
00:20:56lesquels on interdit
00:20:58lesquels on autorit.
00:20:58Et un peu sur cette tendance
00:21:00à la censure
00:21:01de plus en plus
00:21:01notamment des réseaux sociaux
00:21:04parce qu'à chaque fois
00:21:05c'est pour des causes nobles
00:21:06la lutte contre
00:21:08la pédocriminalité
00:21:09la lutte contre
00:21:09le harcèlement
00:21:10contre le terrorisme
00:21:11contre les ingérences étrangères
00:21:12personne autour du plateau
00:21:13aussi pourrait dire
00:21:14oui effectivement
00:21:14il ne faut rien faire
00:21:15contre ces périls
00:21:16qui menacent la société.
00:21:17En revanche,
00:21:18on se rend compte
00:21:18derrière que souvent
00:21:19ces lois
00:21:20parfois sont un peu dévoyées
00:21:21de leur intention première
00:21:23et qu'on va...
00:21:24Dans l'utilisation
00:21:25on perd un petit peu
00:21:26le but originel.
00:21:27Exactement
00:21:28et d'ailleurs là aussi
00:21:28ça nous ouvre directement
00:21:29sur la question
00:21:30du bouclier démocratique
00:21:32européen
00:21:33qu'on est en train
00:21:33de mettre en place
00:21:34du DSA
00:21:35il y a un analyste
00:21:36assez intéressant
00:21:37sur le sujet
00:21:38c'est Fabrice Ebelpoint
00:21:39qui est vraiment
00:21:39un spécialiste
00:21:40par exemple
00:21:41des Twitter files
00:21:42et lui
00:21:43qui connaît
00:21:44pertinemment
00:21:45comment marchent
00:21:45les réseaux sociaux
00:21:46il sait comment
00:21:47sont montées
00:21:47les applications
00:21:48elles sont faites
00:21:48par des personnalités
00:21:49enfin par des ingénieurs
00:21:51en neurosciences
00:21:51c'est-à-dire des gens
00:21:52qui marchent
00:21:53qui savent pertinemment
00:21:54comment marche notre cerveau
00:21:55et nous quand on pense
00:21:56qu'on a la main
00:21:56sur ces outils
00:21:58c'est exactement l'inverse
00:22:00mais par contre
00:22:00lui il mentionne bien
00:22:01justement
00:22:01comme on vient de le dire
00:22:02que c'est surtout
00:22:03l'importance
00:22:04de l'éducation
00:22:05et du milieu familial
00:22:06qui est fondamental
00:22:06donc oui
00:22:07moi je pense
00:22:08que c'est plutôt là-dessus
00:22:08qu'il faut faire
00:22:09une certaine approche
00:22:12et une certaine éducation
00:22:14et d'ailleurs
00:22:14on le remarque
00:22:15par exemple
00:22:15au restaurant
00:22:17on voit souvent
00:22:17par exemple
00:22:18pour que les enfants
00:22:19se taisent
00:22:19ou se tiennent à Caron
00:22:20on leur donne
00:22:20une tablette
00:22:22et aussi peut-être
00:22:23pour finir
00:22:24mentionner par exemple
00:22:24justement les ingénieurs
00:22:27tous ceux qui savent
00:22:27pertinemment
00:22:28comment marchent
00:22:28ces applications
00:22:29on voit que
00:22:30dans leur modèle éducationnel
00:22:31justement
00:22:32ils retournent
00:22:33à la craie
00:22:33et au tableau
00:22:34pour l'éducation
00:22:34de leurs enfants
00:22:35alors quand on voit
00:22:36que nous on essaie
00:22:37d'amener le plus vite possible
00:22:40les enfants aux tablettes
00:22:41aux enjeux
00:22:41dont il faut parler
00:22:43bien évidemment
00:22:44avec le développement des IA
00:22:45on se rend compte
00:22:45par contre
00:22:46que les personnes
00:22:46les plus alertes
00:22:47sur ce sujet
00:22:47voient à quel point
00:22:48il est important
00:22:49d'avoir une éducation
00:22:50on va dire
00:22:50traditionnelle
00:22:51dans le bon sens du terme
00:22:52avec de l'écriture
00:22:53de la lecture
00:22:54et de l'écriture manuelle
00:22:55c'est vrai que Pierre-Olivier Carrel
00:22:57cette proposition de loi
00:22:57on comprend évidemment
00:22:58son but
00:22:59d'éviter le harcèlement
00:23:00d'éviter de tomber
00:23:01sur des contenus
00:23:02qui puisqu'ils sont viraux
00:23:04c'est souvent parce qu'ils sont
00:23:05violents ou radicaux
00:23:06mais on se dit
00:23:07une fois de plus
00:23:07l'État arrive aujourd'hui
00:23:09à devoir légiférer
00:23:10parce qu'en fait
00:23:11les parents
00:23:11ne tiennent plus leur rôle
00:23:12il fut une époque
00:23:13où ce n'était pas l'État
00:23:14qui disait à quel âge
00:23:15on avait le droit
00:23:15d'avoir un téléphone portable
00:23:16de tout temps
00:23:17il a fallu adapter
00:23:18la réponse à l'évolution
00:23:20ça a été le Minitel
00:23:21ça a été le téléphone
00:23:22ça a été l'ordinateur
00:23:23aujourd'hui c'est les tablettes
00:23:24les écrans
00:23:24les réseaux sociaux
00:23:25il faut apporter une réponse
00:23:27il y a une question de fond
00:23:28qui a été soulevée
00:23:29par Raphaël Steinville
00:23:29tout à l'heure
00:23:30c'est la question de l'éducation
00:23:31mais la question de l'éducation
00:23:33quand on prend le temps
00:23:34de la reposer
00:23:35il faut refaire infuser
00:23:37dans la société
00:23:38la responsabilité des parents
00:23:39et ça on est quasiment
00:23:40sur une génération
00:23:40donc là
00:23:41même si c'est complètement imparfait
00:23:42moi je trouve quand même
00:23:43que c'est un début de réponse
00:23:45qui permet déjà
00:23:46de donner un cadre
00:23:46et de relancer
00:23:48la sensibilisation
00:23:48alors certes
00:23:49les ados vont trouver
00:23:50des systèmes
00:23:51pour les contourner
00:23:52on a parlé tout à l'heure
00:23:53de toutes les ficelles
00:23:54qui existent
00:23:55au niveau des algorithmes
00:23:56il y en a certainement d'autres
00:23:57et ayant vécu aux Etats-Unis
00:23:59je sais à quel point
00:24:00c'est facile
00:24:00de se procurer une ID
00:24:01pour pouvoir dire
00:24:03qu'on a 18 ans
00:24:04ou 21 ans
00:24:04et pouvoir contourner la loi
00:24:06mais somme toute
00:24:08si déjà ça permet
00:24:09de lancer une dynamique
00:24:11et de retrouver
00:24:12une capacité
00:24:12pour que nos enfants
00:24:14soient capables
00:24:14de sortir d'un piège
00:24:17où ils passent
00:24:173h, 4h, 5h, 6h par jour
00:24:19il y a le temps
00:24:20qui est passé
00:24:21mais il y a aussi
00:24:21le message
00:24:22sur lequel
00:24:23ils sont soumis
00:24:25et bien
00:24:26peut-être que
00:24:27dans le laps de temps
00:24:28de répit
00:24:29qu'on crée
00:24:30ça permettra
00:24:31de pouvoir essayer
00:24:32d'avancer sur le fond
00:24:33parce que la question
00:24:33de fond
00:24:34elle sera à l'école
00:24:35elle sera à la maison
00:24:36elle sera dans l'espace public
00:24:37et tant qu'on n'aura pas commencé
00:24:38à mettre un hola là-dessus
00:24:40je ne suis pas sûr
00:24:41qu'au lycée
00:24:42ce soit une solution
00:24:43parce qu'il y a un moment
00:24:43le libre arbitre
00:24:45et la capacité à penser
00:24:46doit être normalement
00:24:47un élément
00:24:49de la maturité
00:24:49mais très rapidement
00:24:51il faut quand même
00:24:52qu'au moins
00:24:52les ados
00:24:53à 12, 13, 14 ans
00:24:54on arrive
00:24:55à les débrancher
00:24:56un petit peu
00:24:56et à leur donner
00:24:57de la respiration
00:24:58dont ils ont besoin
00:24:59c'est là où il y a
00:25:00un vrai paradoxe
00:25:02c'est que d'un côté
00:25:03l'état veut légiférer
00:25:04et interdire
00:25:05l'accès aux réseaux sociaux
00:25:07pour les enfants
00:25:08de moins de 15 ans
00:25:09et de l'autre côté
00:25:10et c'est là
00:25:11on est vraiment
00:25:12c'est une injonction
00:25:13contradictoire
00:25:14tout dans l'éducation nationale
00:25:15aujourd'hui
00:25:16passe par l'écran
00:25:17par le support numérique
00:25:18par un certain nombre
00:25:19d'applications
00:25:20écoles directes
00:25:21et autres
00:25:21qui fait qu'en fait
00:25:22les enfants
00:25:23sont quasiment
00:25:25dans l'obligation
00:25:26de devoir se brancher
00:25:27moi je pense qu'au contraire
00:25:29il faut pouvoir
00:25:29se débrancher
00:25:30et c'est là
00:25:32où je pense
00:25:32qu'on ne réglera pas
00:25:34le problème
00:25:34à moins que les intentions
00:25:35soient autres
00:25:36que celles qui sont
00:25:37présentées par l'état
00:25:38et la défense
00:25:39et la préservation
00:25:40de la jeunesse
00:25:41d'un certain nombre
00:25:41de périls
00:25:42si on continue
00:25:45finalement
00:25:46à quasiment
00:25:47obliger
00:25:48les enfants
00:25:49et quel que soit
00:25:49leur âge
00:25:50à devoir se brancher
00:25:51sur les réseaux
00:25:52et je vois en tant
00:25:53qu'élu local
00:25:54de plus en plus
00:25:54d'enseignants
00:25:55dans les écoles primaires
00:25:56notamment
00:25:57reviennent nous voir
00:25:58pour nous redemander
00:25:59de la photocopie
00:25:59du livre
00:26:00du cahier
00:26:00pour pouvoir retravailler
00:26:02un bon vieux cahier
00:26:03alors ça ne veut pas dire
00:26:04qu'il faut que l'un
00:26:04prenne le pas sur l'autre
00:26:05mais il faut qu'il y ait
00:26:06une complémentarité
00:26:07et qu'on revienne
00:26:07à une modération
00:26:08une complémentarité
00:26:10et aussi une cohérence
00:26:10parce que c'est-à-dire
00:26:11qu'on ne peut pas
00:26:12comme le disait Raphaël
00:26:12demander aux élèves
00:26:13de ne pas être sur les écrans
00:26:15et en même temps
00:26:16qu'ils soient obligés
00:26:16d'y aller
00:26:17notamment pour suivre
00:26:17les cours
00:26:18ou les devoirs
00:26:19je vous rappelle donc
00:26:19cette proposition de loi
00:26:20étudiée à partir de demain
00:26:22et si elle a adopté
00:26:23elle devrait rentrer en vigueur
00:26:24à la rentrée prochaine
00:26:25on marque une pause
00:26:26et on se retrouve
00:26:26avec mes invités
00:26:27pour un tout autre sujet
00:26:28on se rendra à Bourges
00:26:30vous allez le voir
00:26:30un futur poste
00:26:31de police municipale
00:26:32a déjà été incendié
00:26:34sans doute
00:26:35par des trafiquants de drogue
00:26:36une police qui s'installe
00:26:37et donc qui dérange
00:26:39on fait le point
00:26:39juste après la pause
00:26:40restez avec nous
00:26:41de retour dans 180 minutes
00:26:46info week-end
00:26:47je vous le disais
00:26:47on va parler maintenant
00:26:48de ce qui s'est passé
00:26:49à Bourges
00:26:50c'est un poste
00:26:51de police municipale
00:26:52qui a été vandalisé
00:26:53incendié dans la nuit
00:26:54de vendredi à samedi
00:26:55Laurent Nunez
00:26:56ministre de l'Intérieur
00:26:57a d'ailleurs demandé
00:26:58le déploiement sur place
00:26:59de la CRS 8
00:27:01en avoir l'expression
00:27:02du ministre de l'Intérieur
00:27:03c'était sur les réseaux sociaux
00:27:04Laurent Nunez
00:27:05qui disait ceci
00:27:07on va le voir
00:27:07dans un instant
00:27:09voilà
00:27:09je recondamne fermement
00:27:10les violences urbaines
00:27:11survenues à Bourges
00:27:12la nuit dernière
00:27:12et qui ont visé
00:27:13un poste de police municipale
00:27:14et des policiers nationaux
00:27:15victimes de jets de mortiers
00:27:17je me suis entretenue
00:27:18personnellement
00:27:18avec le maire ce matin
00:27:19j'ai demandé dès ce soir
00:27:20le renforcement
00:27:21des effectifs de police
00:27:22sur la ville
00:27:23en déployant
00:27:23des effectifs supplémentaires
00:27:25de CRS
00:27:26je me rappelle
00:27:26son soutien aux policiers
00:27:27nationaux et municipaux
00:27:29de la ville de Bourges
00:27:31on va justement
00:27:32d'abord revenir
00:27:32sur les faits
00:27:33avec Tancret d'Yotel
00:27:34vitres cassées
00:27:36murs et plafonds dégradés
00:27:38vers 3h du matin
00:27:40dans la nuit
00:27:41de vendredi à samedi
00:27:42l'un des postes
00:27:43de la police municipale
00:27:44de Bourges
00:27:44qui devait ouvrir
00:27:45prochainement
00:27:46a été l'objet
00:27:47d'un incendie criminel
00:27:48plusieurs individus
00:27:49ont jeté des engins
00:27:50incendiaires
00:27:51dans le bâtiment
00:27:52ciblés par des tirs
00:27:53de mortier
00:27:54alors même
00:27:54qu'il accueille
00:27:55également des habitations
00:27:56aucun blessé
00:27:57n'est à déplorer
00:27:58le maire de la ville
00:27:59Yann Gallu
00:27:59dénonce fermement
00:28:00ces violences
00:28:01Ces actes sont inacceptables
00:28:03ils visent clairement
00:28:04à intimider
00:28:04et à fragiliser
00:28:05notre présence
00:28:06sur le terrain
00:28:06mais je le dis
00:28:07avec force
00:28:07ce poste sera réhabilité
00:28:09et rouvrira
00:28:10très prochainement
00:28:11la police municipale
00:28:12ne reculera
00:28:13dans aucun territoire
00:28:14de notre ville
00:28:14au contraire
00:28:15les moyens seront
00:28:16renforcés
00:28:17dans les années à venir
00:28:17pour garantir
00:28:18la sécurité de tous
00:28:19Selon Yann Gallu
00:28:20ces actes s'inscrivent
00:28:22dans un contexte
00:28:23de lutte contre
00:28:23le narcotrafic
00:28:24mené conjointement
00:28:26par la police nationale
00:28:27et par la police municipale
00:28:29Quand vous avez
00:28:29des individus
00:28:30qui s'adonnent
00:28:30à des trafics
00:28:31de stupéfiants
00:28:31il y a des infractions
00:28:33qui sont connexes
00:28:33ce sont des occupations
00:28:35de hall
00:28:35ce sont le fait
00:28:36que ces individus
00:28:37ils vont avoir tendance
00:28:38à se positionner
00:28:39à certains endroits
00:28:40et à commettre
00:28:41des infractions
00:28:41parce que quand la police
00:28:42arrive il faut partir
00:28:43rapidement
00:28:43donc les policiers municipaux
00:28:45pour en rire tout ça
00:28:46ils travaillent main dans la main
00:28:47sur certains secteurs
00:28:48avec la police nationale
00:28:49et ce qui fait que
00:28:50bien évidemment
00:28:51ils sont en première ligne
00:28:52pour lutter
00:28:53contre le narcotrafic
00:28:54Selon la préfecture
00:28:55dans le même quartier
00:28:56cette nuit-là
00:28:57un équipage de la BAC
00:28:58a également été visé
00:28:59par des tirs de mortier
00:29:00Pierre-Olivier Carrel
00:29:02malheureusement
00:29:03là ça se passe à Bourges
00:29:04ça n'est pas la première fois
00:29:05sans doute pas la dernière
00:29:06et à chaque fois
00:29:07on voit cette logique
00:29:08quand l'Etat
00:29:09tente de reprendre du terrain
00:29:10soit en démantelant
00:29:11des points d'île
00:29:11soit en installant
00:29:12comme ici
00:29:12un poste de police municipale
00:29:14il y a une véritable
00:29:15guerre de territoire
00:29:15en fait sur place
00:29:16c'est-à-dire que
00:29:17l'Etat revient
00:29:18donc les délinquants
00:29:19ou les narcotrafiquants
00:29:20montrent qu'ils ne sont
00:29:21pas d'accord
00:29:2280% du territoire
00:29:24aujourd'hui
00:29:24est touché par ce phénomène
00:29:26moi je suis élu
00:29:26de Sainte-Saint-Denis
00:29:27je pensais que ça ne touchait
00:29:28que nos quartiers
00:29:29et la seule manière
00:29:30de pouvoir y répondre
00:29:31et c'est très bien
00:29:32ce qu'a dit Yann Gallu
00:29:33et moi je le soutiens
00:29:34en tant qu'élu local
00:29:34c'est de ne rien lâcher
00:29:37au terrain
00:29:37on fait de l'occupation
00:29:39permanente
00:29:39on rencontre des difficultés
00:29:41mais on y met
00:29:42de la détermination
00:29:43malheureusement
00:29:44il a été victime
00:29:45parce qu'il incarnait
00:29:46l'autorité
00:29:47parce qu'il incarnait
00:29:48justement
00:29:48la possibilité
00:29:49de pouvoir redonner
00:29:50un cadre de vie
00:29:51agréable à sa population
00:29:52et du sentiment
00:29:54de sécurité
00:29:55il a été attaqué
00:29:56il est victime
00:29:57et bien
00:29:58il faut que l'Etat
00:29:58l'aide
00:29:59il faut que les préfets
00:30:00soient en accompagnement
00:30:01la CRS 8
00:30:02c'est très bien
00:30:02pendant un petit moment
00:30:03mais derrière
00:30:04il faut aussi
00:30:04que les polices nationales
00:30:06aient des moyens
00:30:06pour venir accompagner
00:30:07la police municipale
00:30:09elle occupe le terrain
00:30:10mais elle n'a pas
00:30:10tous les moyens
00:30:11elle n'a pas d'investigation
00:30:12en police judiciaire
00:30:13elle n'a pas de mission
00:30:14en matière de narcotrafic
00:30:15donc elle va faire
00:30:16sa police de proximité
00:30:17et rassurée
00:30:18donc il doit y avoir
00:30:19une collaboration permanente
00:30:20et il faut que
00:30:21sur chacun des territoires
00:30:23toutes les instances
00:30:24notamment les CLS PDR
00:30:25qui permettent
00:30:26de pouvoir établir
00:30:27les besoins
00:30:28en termes de prévention
00:30:29et de répression
00:30:30puissent être
00:30:31des instruments
00:30:32avec des moyens
00:30:33opérationnels
00:30:34et malheureusement
00:30:35les effectifs
00:30:36de police municipale
00:30:36dépendent des maires
00:30:37donc c'est souvent
00:30:38le contribuable local
00:30:39qui y met les moyens
00:30:40au niveau de l'Etat
00:30:41il faut aussi
00:30:41que ça suive derrière
00:30:42si les deux ne fonctionnent pas
00:30:43on le voit
00:30:44quand ça s'est passé
00:30:45à Dijon
00:30:46avec l'incendie
00:30:47du collège Champollion
00:30:48on le voit
00:30:49à Aubagne
00:30:49sur un autre sujet
00:30:50avec la poste
00:30:52qui ne peut plus
00:30:52aller délivrer les colis
00:30:53parce qu'ils se font
00:30:54dépouiller les camions
00:30:55on le voit là
00:30:56à Bourges
00:30:56avec un poste
00:30:57de police municipale
00:30:58de quartier
00:30:59il ne faut rien lâcher
00:31:00Raphaël Stainville
00:31:01effectivement question de moyens
00:31:03parce que certes
00:31:03quand on entend
00:31:04Yann Gallu
00:31:04dire il ne faut rien lâcher
00:31:06on l'entend
00:31:06il a sans doute raison
00:31:07mais derrière
00:31:08il faut penser aussi
00:31:08à la protection
00:31:09de ces policiers municipaux
00:31:11qui un jour seront dans ce local
00:31:12et qui malheureusement
00:31:13peuvent être caillassés
00:31:14de la même manière
00:31:14c'est-à-dire que les discours politiques
00:31:16c'est une chose
00:31:17sur le terrain
00:31:18qu'est-ce que ça veut dire
00:31:19il ne faut rien lâcher
00:31:19il faut donner plus de moyens
00:31:20mettre plus de bleu dans la rue
00:31:21comme on dit
00:31:22c'est intéressant
00:31:23la manière dont vous présentez
00:31:24les choses Elodie
00:31:24parce que lorsque vous expliquez
00:31:27qu'il faut protéger
00:31:28la police municipale
00:31:29on en voit bien
00:31:31on voit bien
00:31:32les limites d'un système
00:31:33qui est à bout de souffle
00:31:35c'est la police municipale
00:31:38la police nationale
00:31:39qui sont normalement
00:31:40censées nous protéger
00:31:42aujourd'hui on en arrive
00:31:43à la situation
00:31:45totalement hallucinante
00:31:48d'une ville comme Bourges
00:31:49anciennement citée royale
00:31:52connue pour sa douceur de ville
00:31:54la quintessence de la province
00:31:57confrontée à des problèmes
00:31:59comme vous le soulignez
00:32:00qui étaient jusqu'à présent
00:32:02réservés à certains départements
00:32:04de France
00:32:05comme le 93
00:32:06aujourd'hui
00:32:08c'est là où on est au bout du système
00:32:10c'est que toute la France
00:32:13est touchée
00:32:14avec des degrés d'intensité
00:32:17qui peuvent varier
00:32:17mais par une violence
00:32:19qui fait qu'aujourd'hui
00:32:20l'Etat ne peut pas mobiliser
00:32:22tous ses moyens
00:32:23pour reconquérir
00:32:25ces territoires perdus
00:32:26de la République
00:32:27donc très honnêtement
00:32:29moi je pense
00:32:29qu'il y a des sujets
00:32:31qui ont été
00:32:32probablement occultés
00:32:33mais qui devraient
00:32:34peut-être alerter
00:32:36un certain nombre
00:32:36de nos politiques
00:32:37moi je pense
00:32:38que la loi SRU
00:32:38telle qu'elle est construite
00:32:39où finalement
00:32:40on a progressivement
00:32:42construit
00:32:43ghettoisé
00:32:44des quartiers
00:32:45parce qu'il fallait
00:32:46absolument
00:32:46de la nécessité sociale
00:32:48a contribué
00:32:49finalement
00:32:49à accélérer
00:32:50finalement
00:32:50cette perte de contrôle
00:32:53d'un certain nombre
00:32:54de quartiers
00:32:54Je voudrais qu'on écoute
00:32:55pour prolonger nos débats
00:32:56ce que dit Thierry Colomar
00:32:57c'est le président
00:32:57de la Fédération Nationale
00:32:58des Policiers Municipaux
00:33:00de France
00:33:00et il s'est exprimé
00:33:01à propos de ce qui s'est passé
00:33:03à Bourges
00:33:03écoutez-le
00:33:03ça devient habituel en fait
00:33:05on s'attaque
00:33:07aux forces de l'ordre
00:33:08en général
00:33:09pour pouvoir
00:33:10quand on n'est pas content
00:33:11parce que la police gêne
00:33:12tout simplement
00:33:13que ce soit la police municipale
00:33:14ou la police nationale
00:33:16la police gêne
00:33:17et le rôle
00:33:18le rôle primaire
00:33:19des policiers municipaux
00:33:20c'est de protéger
00:33:21la population
00:33:21et pour protéger
00:33:23la population
00:33:23dans ces quartiers
00:33:24populaires
00:33:25les Égyptiens
00:33:26que je connais bien
00:33:26puisque je suis moi-même
00:33:27d'origine berrière
00:33:28comme le ministre
00:33:29de l'Intérieur
00:33:30on gêne
00:33:33on gêne les trafics
00:33:34par notre présence
00:33:35pour protéger
00:33:35la population
00:33:36et effectivement
00:33:37de ce côté-là
00:33:38ça permet aussi
00:33:39de lutter contre ce trafic
00:33:41Je reviens à cette idée
00:33:42de guerre de territoire
00:33:43où à chaque fois
00:33:43c'est la même chose
00:33:44quand l'État
00:33:45veut rattraper
00:33:46un petit peu du retard
00:33:47qui a été pris
00:33:48et bien les délinquants
00:33:49eux sont plus malins
00:33:50et malheureusement
00:33:50sont toujours là
00:33:51Oui
00:33:51Mathieu Bocotet
00:33:53avait une bonne formule
00:33:53il parlait de contre-colonisation
00:33:55même
00:33:55parce que comme vous l'avez
00:33:56très bien dit
00:33:56c'est vraiment une logique
00:33:57de territoire
00:33:58et pour tenir le territoire
00:33:59il faut être là
00:34:01en institution
00:34:01mentionner quelques chiffres
00:34:03aussi le narcotrafic
00:34:04c'est 7 milliards d'euros
00:34:05l'année dernière
00:34:06et aussi ne pas oublier
00:34:08de mentionner
00:34:09que c'est plus de 300 000 personnes
00:34:11qui en vivent
00:34:11directement ou indirectement
00:34:13sans parler des proches
00:34:14des familles
00:34:15possiblement des commerces
00:34:16aussi qui forment
00:34:17toute une hydre
00:34:18comme ça
00:34:18qui justement
00:34:19gangrène
00:34:20et met une mainmise
00:34:21sur un territoire
00:34:22peut-être aussi mentionner
00:34:23que les policiers municipaux
00:34:25en plus sont souvent
00:34:26ceux qui interviennent
00:34:26en premier
00:34:27donc c'est important
00:34:28peut-être de revenir aussi
00:34:29sur la question
00:34:30de l'armement
00:34:30et aussi possiblement
00:34:31de la légitime défense
00:34:32je sais qu'on en a discuté
00:34:33dernièrement
00:34:34parce qu'on sait
00:34:35possiblement parfois
00:34:36quand il y a des cas
00:34:37tout de suite
00:34:38il y a
00:34:38comment dire
00:34:39une décrédibilisation
00:34:40des policiers
00:34:41ils sont attaqués
00:34:41etc.
00:34:42donc peut-être aussi
00:34:43revenir sur cette notion
00:34:44de légitime défense
00:34:44c'est une réflexion
00:34:45un peu plus large
00:34:45le dernier mot là-dessus
00:34:46Médie Raich
00:34:47quand un commissariat
00:34:49qui n'est même pas
00:34:49encore établi
00:34:50se fait incendier
00:34:51c'est une technique
00:34:52d'intimidation
00:34:52donc on est vraiment
00:34:53dans la logique
00:34:53de territoire
00:34:54il y a aussi pour moi
00:34:55une question de subsidiarité
00:34:56donc c'est vraiment
00:34:57presque une question
00:34:58de décentralisation
00:34:58et de quelle prérogative
00:35:00on est capable
00:35:00de donner au maire
00:35:01donc là il y a une question
00:35:02vraiment politique
00:35:03de politique locale
00:35:03donc tout ça
00:35:05finalement
00:35:06j'ai l'impression
00:35:07que la réponse politique
00:35:08n'est pas assez forte
00:35:09et j'ai surtout envie de dire
00:35:10faisons confiance
00:35:10à nos élus locaux
00:35:11ceux qui ont en grande partie
00:35:12la réponse
00:35:13ce sont les élus locaux
00:35:14ce sont ceux qui connaissent
00:35:15les territoires
00:35:15on parlait tout à l'heure
00:35:16de tout ce qui est
00:35:17politique urbaine
00:35:18toutes les politiques de la ville
00:35:19mais il y a une vraie question
00:35:20de l'urbanisme français
00:35:21qui a été mal pensé
00:35:22depuis 30 ans
00:35:22et qui est en train
00:35:23de payer le prix
00:35:24sur ce type de questions
00:35:25c'est la fin de cette première heure
00:35:26je vais remercier
00:35:27Pierre-Olier Carrel
00:35:28de m'avoir accompagné
00:35:29je rappelle que vous êtes
00:35:29président Modem de Seine-Saint-Denis
00:35:31tout de suite vous retrouvez
00:35:32l'heure des livres
00:35:33Anne Fulda reçoit
00:35:34Laurence Nobéco
00:35:35restez avec nous
00:35:36on se retrouve pour parler
00:35:37notamment et continue à parler
00:35:38du narcotrafic
00:35:39juste après
00:35:40à tout de suite
00:35:40de retour dans 180 minutes
00:35:45info week-end
00:35:46il est 15h
00:35:47on va d'abord faire le point
00:35:48sur l'actualité
00:35:49avec Sandra Tchombor
00:35:50bonjour Sandra
00:35:50bonjour Elodie
00:35:51bonjour à tous
00:35:52des milliers de personnes
00:35:53étaient réunies
00:35:54ce dimanche
00:35:55à Mitrimori
00:35:55en Seine-et-Marne
00:35:56en hommage à Camélia
00:35:57l'adolescente de 17 ans
00:35:59qui s'est suicidée
00:36:00la semaine dernière
00:36:01se disait victime
00:36:02de harcèlement scolaire
00:36:03depuis plusieurs mois
00:36:03sa famille en tête du cortège
00:36:05a porté plainte
00:36:06on écoute un oncle
00:36:07de la jeune fille
00:36:08concernant le volet judiciaire
00:36:11il faudra que toute la lumière
00:36:13soit faite
00:36:13pour savoir
00:36:14qui est responsable
00:36:15les mots des enfants
00:36:19étouffés par le silence
00:36:21des adultes
00:36:21finissent par tuer
00:36:22nous ne pouvons pas
00:36:25laisser ça se reproduire
00:36:27au lendemain de l'annonce
00:36:29de l'organisation
00:36:30d'une primaire
00:36:31de la gauche unitaire
00:36:31le 11 octobre prochain
00:36:33Eric Coquerel a estimé
00:36:34qu'elle ne donnera pas
00:36:35le vainqueur
00:36:35de la présidentielle
00:36:362027
00:36:37le député
00:36:38la France insoumise
00:36:39évoque même
00:36:40une machine à perdre
00:36:41et voit l'émergence
00:36:42de deux candidatures
00:36:43à gauche
00:36:44d'ici là
00:36:44on l'écoute
00:36:45vous avez vu
00:36:46il y a monsieur Baumel
00:36:47et monsieur Fort
00:36:48qui viennent d'appeler
00:36:49à ne pas censurer
00:36:50le gouvernement
00:36:50autrement dit
00:36:51c'est des soutiens
00:36:52sans participation
00:36:52aux macronistes
00:36:53qu'est-ce que vous voulez
00:36:54qu'on aille faire
00:36:55dans une primaire
00:36:56qui permet éventuellement
00:36:58que quelqu'un
00:36:59qui a pris cette position
00:37:00remporte cette primaire
00:37:01ce qui se passe
00:37:01c'est qu'aussitôt
00:37:03que l'un gagne
00:37:04en plus de ça
00:37:05sur des mesures
00:37:06qu'il pourra amener
00:37:07ceux qui ne se sentent
00:37:08absolument pas représentés
00:37:09parce qu'eux
00:37:10ils estiment
00:37:11qu'il faut une gauche
00:37:11de rupture
00:37:12et non pas une gauche
00:37:13on va dire
00:37:13de retour à monsieur Hollande
00:37:14d'accompagnement du système
00:37:15ils disent
00:37:16non je ne suis pas représenté
00:37:17c'est exactement
00:37:18ce qui s'est passé
00:37:18dans toutes les primaires
00:37:19c'est pour ça
00:37:19que les primaires
00:37:20sont une machine à perdre
00:37:22le capitaine indien
00:37:23du pétrolier
00:37:24soupçonné
00:37:25d'appartenir
00:37:26à la flotte fantôme russe
00:37:27est en garde à vue
00:37:28pour défaut de pavillon
00:37:29intercepté ce jeudi matin
00:37:31entre l'Espagne
00:37:32et l'Afrique du Nord
00:37:33l'embarcation a été escortée
00:37:34jusqu'au golfe de Fosse
00:37:36près de Marseille
00:37:37où elle se trouve actuellement
00:37:38l'équipage également
00:37:39de nationalité indienne
00:37:40est maintenu à bord
00:37:42à l'international
00:37:43les Etats-Unis
00:37:44sont balayés
00:37:45par une tempête hivernale
00:37:46du Texas au sud
00:37:47jusqu'au nord-est
00:37:48plus de 600 000 clients
00:37:50étaient privés
00:37:51d'électricité ce matin
00:37:5320 Etats
00:37:54et la capitale Washington
00:37:55ont déclaré
00:37:56l'état d'urgence
00:37:56après d'importantes chutes
00:37:58de neige
00:37:58et des pluies verglacentes
00:38:00de nombreux vols
00:38:01sont annulés
00:38:02et les supermarchés
00:38:03sont désertés
00:38:04et puis ces images
00:38:05spectaculaires
00:38:06du volcan Kilauea
00:38:07à Hawaï
00:38:08en éruption
00:38:09il a fait couler
00:38:10des rivières de lave
00:38:11jusqu'à 480 mètres
00:38:13de hausse ce samedi
00:38:14réputé pour son activité
00:38:16le Kilauea
00:38:17est l'un des sites volcaniques
00:38:19les plus actifs du monde
00:38:20avec 41 épisodes éruptifs
00:38:22depuis fin 2024
00:38:23Merci beaucoup Sandra Tchionbo
00:38:27on va marquer une pause
00:38:28et on se retrouve
00:38:28avec mes invités
00:38:29pour parler
00:38:30notamment du narcotrafic
00:38:32on commencera
00:38:32par ces commerces
00:38:33qui ferment
00:38:34de manière administrative
00:38:35pour l'instant
00:38:36c'est un des effets
00:38:37de la loi narcotrafic
00:38:38dont on vous avait
00:38:39beaucoup parlé
00:38:39restez avec nous
00:38:40à tout de suite
00:38:40De retour pour la suite
00:38:44de 140 minutes
00:38:45infos week-end
00:38:46on va ouvrir
00:38:47une page narcotrafic
00:38:48et parler d'abord
00:38:49de ces effets
00:38:50de la loi narcotrafic
00:38:51qui avait été adoptée
00:38:52à l'Assemblée nationale
00:38:53ce sont ces commerces
00:38:54qui ferment
00:38:54sur décision préfectorale
00:38:56ils sont déjà
00:38:56une vingtaine
00:38:57à avoir été fermés
00:38:58en Ile-de-France
00:38:59depuis le printemps 2025
00:39:00d'abord le tournage
00:39:01sur place de Florian Doré
00:39:02avec le récit
00:39:03de Pauline Trevzer
00:39:04Un arrêté préfectoral
00:39:06placardé sur la devanture
00:39:08ce bureau de tabac
00:39:09à Montreuil
00:39:10a temporairement
00:39:11baissé le rideau
00:39:12comme plusieurs commerces
00:39:14en Ile-de-France
00:39:156 mois de fermeture
00:39:17sur fond de narcotrafic
00:39:19de la drogue conditionnée
00:39:21aurait été retrouvée
00:39:22dans des machines de jeu
00:39:23au sein de l'établissement
00:39:25Pourtant située
00:39:27en face d'un collège
00:39:27et d'un lycée
00:39:28quand nous apprenons
00:39:30le motif de cet arrêté
00:39:31au riverain
00:39:31peu s'en étonnent réellement
00:39:34Tout le monde le sait
00:39:35mais personne ne dit
00:39:36quoi que ce soit
00:39:36Non, pas trop surpris
00:39:38parce que c'est vrai
00:39:40qu'il y avait souvent
00:39:41des gens devant
00:39:41c'était un peu bizarre
00:39:42comme atmosphère
00:39:43on se demandait
00:39:44ce qu'ils faisaient là
00:39:44Et à quelques kilomètres
00:39:46à Gentilly
00:39:47dans le Val-de-Marne
00:39:48même sanction
00:39:49pour ce bar de quartier
00:39:5175 jours de fermeture
00:39:53pour ses liens
00:39:54avec le narcotrafic
00:39:55Derrière ces mesures
00:39:56les préfets
00:39:57grâce à la loi
00:39:59sur le narcotrafic
00:40:00adoptée au printemps 2025
00:40:01de nouveaux pouvoirs
00:40:04leur permettent
00:40:04une collaboration étroite
00:40:06avec l'institution judiciaire
00:40:08Notre porte d'entrée
00:40:10c'est le comité opérationnel
00:40:11départemental antifraude
00:40:12Il permet des opérations
00:40:14de contrôle
00:40:14destinées à débusquer
00:40:16le travail dissimulé
00:40:17les manquements
00:40:17aux règles d'hygiène
00:40:18et tout type de fraude
00:40:19L'objectif de ces fermetures
00:40:21rendre la vie difficile
00:40:23aux dealers
00:40:24qui se cachent
00:40:25derrière des salons
00:40:26de coiffure
00:40:27des cafés
00:40:27tabac
00:40:28ou encore
00:40:29garage automobile
00:40:30Depuis juin dernier
00:40:3196 commerces
00:40:33auraient fermé
00:40:33dont une vingtaine
00:40:35en Ile-de-France
00:40:35La durée maximale
00:40:37de ces fermetures
00:40:38est toutefois
00:40:39limitée à 6 mois
00:40:40Et pour en parler
00:40:42nous sommes avec
00:40:42Jean-Michel Verne
00:40:43Bonjour et merci
00:40:44d'être avec nous
00:40:45Vous êtes journaliste
00:40:45d'investigation
00:40:46et auteur d'un livre
00:40:48justement sur le sujet
00:40:49et sur la DZ Mafia
00:40:51Inside DZ Mafia
00:40:52au cœur du gang
00:40:53narco-mafieux
00:40:55Je voulais vous avoir
00:40:56justement pour vous expliquer
00:40:57un petit peu
00:40:58quel est l'intérêt
00:40:59justement pour ces dealers
00:41:01d'investir dans
00:41:02parfois des barbershops
00:41:04parfois des tabacs
00:41:05on l'a vu
00:41:05ou des commerces
00:41:06pourquoi
00:41:07et quel intérêt pour eux ?
00:41:10Vous savez, hier soir
00:41:11je regardais
00:41:12un des premiers épisodes
00:41:13de la série narco
00:41:14et dans cette série
00:41:16on voit donc
00:41:17Pablo Escobar
00:41:18qui développe
00:41:18son trafic de cocaïne
00:41:20de façon exponentielle
00:41:21et à un moment
00:41:21ils ont un énorme problème
00:41:23c'est qu'ils ont trop d'argent
00:41:24ils ne savent pas quoi en faire
00:41:25et on le voit
00:41:26ils enterrent
00:41:27des sacs
00:41:29de billets
00:41:29dans la terre
00:41:30ils les planquent
00:41:31dans un grenier
00:41:32le problème
00:41:34pour les narcos
00:41:35c'est le blanchiment
00:41:36ils gagnent énormément d'argent
00:41:38on a vu
00:41:40donc il y a quelques mois
00:41:42un réseau
00:41:44qui a été démantelé
00:41:45où on avait des passeurs
00:41:47syriens
00:41:47maghrébins
00:41:48qui partaient en Italie
00:41:49le cash était transformé
00:41:51en lingot d'or
00:41:52qui partait au Kosovo
00:41:53qui partait en Turquie
00:41:54ensuite les fonds revenaient
00:41:55sur l'Europe
00:41:56voilà
00:41:57on est sur des
00:41:58des quantités d'argent
00:42:00phénoménales
00:42:01puisqu'on dit
00:42:02dans cette affaire
00:42:03que je viens d'évoquer
00:42:04qu'en 10 mois
00:42:06on a blanchi
00:42:0630 millions d'euros
00:42:07voilà
00:42:0830 millions d'euros
00:42:09qui principalement
00:42:11provenaient
00:42:11des cités marseillaises
00:42:13contrôlées
00:42:13par la DZ mafia
00:42:14donc vous voyez
00:42:15on est dans une situation
00:42:18où ces gens-là
00:42:19ils ont absolument
00:42:20besoin de trouver
00:42:22des couvertures
00:42:23pour blanchir
00:42:23la revente
00:42:24c'est pas d'hier
00:42:24le milieu d'avant
00:42:26c'est pareil
00:42:27on voyait très bien
00:42:28des affaires
00:42:29qui étaient rachetées
00:42:30à Marseille
00:42:30on faisait des travaux
00:42:32des restaurants magnifiques
00:42:33où il n'y avait personne
00:42:34voilà c'est un peu
00:42:36ce qui se passe aujourd'hui
00:42:37Est-ce que vous diriez
00:42:38qu'il y a une certaine naïveté
00:42:39on vient d'entendre
00:42:39ce reportage
00:42:41de Florian Doré
00:42:41on entend des personnes
00:42:42qui sont devant
00:42:43la devanture fermée
00:42:45et qui disent
00:42:45ça ne nous étonne pas
00:42:46on voit souvent
00:42:47on a tous des exemples
00:42:48des commerces
00:42:49où il n'y a jamais personne
00:42:50qui sont ouverts
00:42:50tout le temps
00:42:51est-ce qu'avant cette loi
00:42:52on a un peu trop
00:42:53laissé faire selon vous ?
00:42:55Je ne pense pas
00:42:57qu'on a trop laissé faire
00:42:58le problème
00:42:58c'est une question
00:43:00de
00:43:00je dirais
00:43:01de multiplication
00:43:02des pains
00:43:03vous voyez
00:43:04plus on a de la cam
00:43:06plus on a de l'argent
00:43:07et plus on achète
00:43:08des commerces
00:43:08mais auparavant
00:43:10il y avait déjà
00:43:11des dispositifs
00:43:12par exemple
00:43:12les services fiscaux
00:43:13qui contrôlaient
00:43:14un établissement
00:43:15s'apercevaient
00:43:16qu'un barbershop
00:43:17qui n'avait personne
00:43:19dans sa boutique
00:43:20avait 500 000 euros
00:43:21de chiffre d'affaires
00:43:22donc très vite
00:43:23il faisait ce qu'on appelle
00:43:24un article 40
00:43:25il s'agissait
00:43:25le procureur de la république
00:43:26qui décidait ou non
00:43:28de l'ouverture
00:43:28des poursuites
00:43:30et donc
00:43:30la loi narcotrafique
00:43:32facilite
00:43:33si vous voulez
00:43:34le passage
00:43:35à l'action
00:43:36notamment
00:43:37de l'autorité
00:43:37préfectorale
00:43:38et comment fonctionne
00:43:40justement
00:43:40ce blanchiment
00:43:41vous le disiez
00:43:41le but évidemment
00:43:42c'est de passer
00:43:43cet argent
00:43:44de le réinjecter
00:43:44comment s'organisent
00:43:46finalement
00:43:47ces narcotrafiquants
00:43:48c'est très simple
00:43:50il suffit d'avoir
00:43:51un peu de jugeote
00:43:53quelques bons conseillers
00:43:54conseils juridiques
00:43:56quelques avocats
00:43:56dans la manche
00:43:57pour faire les montages
00:43:58et vous arrivez
00:44:00à monter
00:44:02ce que j'appellerais
00:44:03une chaîne de blanchiment
00:44:04on a des dossiers
00:44:06aujourd'hui
00:44:06qui sont actuellement
00:44:08à l'instruction
00:44:09où on voit
00:44:10apparaître
00:44:11des entreprises
00:44:13un électricien
00:44:14un gazier
00:44:15un spécialiste
00:44:17un coiffeur
00:44:19et on a
00:44:20un directeur de banque
00:44:22vous avez
00:44:23toute une chaîne
00:44:24de complicité
00:44:25qui permet
00:44:26de blanchir
00:44:26de l'argent
00:44:27par tout un système
00:44:28de faux prêts
00:44:29on crée
00:44:32des vitrines
00:44:32si vous voulez
00:44:33des vitrines juridiques
00:44:33qui permettent
00:44:34de blanchir
00:44:34alors vous allez me dire
00:44:36mais comment ça se fait
00:44:37qu'on n'arrête pas
00:44:38ce phénomène
00:44:39je vous dirais
00:44:39c'est une question
00:44:40encore une fois
00:44:41de moyens
00:44:41les narco-trafiquants
00:44:45ont toujours
00:44:46un temps d'avance
00:44:47merci beaucoup
00:44:48merci beaucoup en tout cas
00:44:49Jean-Michel Verne
00:44:50d'avoir été avec nous
00:44:50je rappelle votre ouvrage
00:44:52sur la DZN
00:44:52Mafia Inside
00:44:53DZ Mafia
00:44:54au coeur du gang
00:44:55narco-mafieux
00:44:56merci encore
00:44:57d'avoir été avec nous
00:44:58je salue Florian Gérard
00:44:59merci bonjour
00:45:00de nous avoir rejoint
00:45:02vous êtes directeur
00:45:02des études du millénaire
00:45:03je vais commencer
00:45:04avec vous
00:45:05alors effectivement
00:45:06c'est les effets
00:45:06de cette loi
00:45:07narcotrafic
00:45:07quand on entend
00:45:08les chiffres
00:45:09une vingtaine
00:45:09d'établissements
00:45:10en Ile-de-France
00:45:11à peu près 90
00:45:11au total
00:45:12des établissements
00:45:13fermés
00:45:13pour quelques mois
00:45:15est-ce qu'on n'est pas
00:45:15un peu en train
00:45:16de vider l'océan
00:45:16avec une petite tuyère
00:45:17un petit peu oui
00:45:18mais parce que
00:45:20cette loi
00:45:20elle n'est peut-être
00:45:21pas suffisante
00:45:22on voit que
00:45:22les fermetures
00:45:24administratives
00:45:25sont limitées
00:45:25à six mois
00:45:26est-ce que
00:45:27les propriétaires
00:45:28ensuite de ces
00:45:29commerces
00:45:30ont été inquiétés
00:45:31est-ce qu'il y a
00:45:31des enquêtes ouvertes
00:45:32c'est à voir
00:45:33je pense qu'effectivement
00:45:34vous avez raison
00:45:35dans cette guerre
00:45:36qu'il faut mener
00:45:36au narcotrafic
00:45:37il faut mettre
00:45:39bien plus de moyens
00:45:40on le voit
00:45:41enfin il faut rappeler
00:45:42Al Capone
00:45:43peut-être le plus grand
00:45:44mafieux de tous les temps
00:45:45et il est tombé
00:45:45pour fraude fiscale
00:45:46donc c'est aussi comme ça
00:45:47effectivement en frappant
00:45:48au portefeuille
00:45:49qu'on peut faire mal
00:45:50au trafic
00:45:51donc c'est un bon
00:45:52premier pas
00:45:53maintenant il faut aller
00:45:54bien plus loin
00:45:55et par exemple
00:45:56on dit
00:45:56ces commerces
00:45:57ils sont vides
00:45:57mais peut-être
00:45:58qu'on pourrait utiliser
00:45:59la vidéosurveillance
00:46:00avec des algorithmes
00:46:01de reconnaissance
00:46:01qu'ils soient capables
00:46:02ensuite d'aller regarder
00:46:03combien il y a de clients
00:46:04qui rentrent dans les commerces
00:46:05et puis pour pouvoir
00:46:07diriger les services fiscaux
00:46:09vers ceux qui sont
00:46:11peut-être
00:46:12les plus
00:46:13suspects
00:46:14voilà
00:46:15donc il faut
00:46:16mener vraiment
00:46:16une vraie guerre
00:46:17contre le narcotrafic
00:46:18de la même manière
00:46:18par exemple
00:46:19qu'en Italie
00:46:20avec la garde financière
00:46:21contre la mafia
00:46:21il y a des décennies
00:46:22d'expériences
00:46:24de l'autre côté des Alpes
00:46:25on pourrait
00:46:26mettre toute la force
00:46:28de l'Etat
00:46:28sur ce sujet
00:46:29effectivement
00:46:29Raphaël Stainville
00:46:30on se dit que
00:46:31de retard pris
00:46:31on a tous en tête
00:46:32des exemples
00:46:33de commerces
00:46:34qu'on a pu croiser
00:46:35en bas de chez nous
00:46:36qui sont vides
00:46:36et on entend d'ailleurs
00:46:37dans ce reportage
00:46:38les personnes qui disent
00:46:38mais tout le monde
00:46:39savait qu'en fait
00:46:40c'est fait pour blanchir
00:46:41de l'argent
00:46:41il a fallu attendre
00:46:42le printemps 2025
00:46:43et cette loi
00:46:44pour qu'enfin
00:46:45on puisse commencer
00:46:46à fermer
00:46:47même si les chiffres
00:46:48pour l'instant
00:46:48ne sont pas non plus
00:46:49extraordinaires
00:46:50sur les fermetures
00:46:51mais encore une fois
00:46:52le retard de l'Etat
00:46:53parce que l'Etat
00:46:55dans sa doctrine
00:46:56d'abord
00:46:56il s'est attaqué
00:46:57et on l'a vu
00:46:58à travers les opérations
00:46:59Place Net
00:47:00il s'attaquait
00:47:01à ceux qui occupaient
00:47:03ces places de deal
00:47:04les petits trafiquants
00:47:08ceux qui surveillaient
00:47:10et qui alertaient
00:47:11de la présence policière
00:47:13et également
00:47:13du haut du spectre
00:47:14mais effectivement
00:47:15dans ce trafic
00:47:17de drogue
00:47:18qui ne cesse
00:47:19de prendre de l'ampleur
00:47:19il y a tout ce milieu
00:47:20du spectre
00:47:21et qui est vital
00:47:23finalement
00:47:24à ces trafics
00:47:27avec cette multiplication
00:47:29de commerces
00:47:31dont on peut soupçonner
00:47:33qu'il participe
00:47:33du blanchiment
00:47:35de l'argent
00:47:35et là
00:47:35c'est peut-être
00:47:36la nouveauté
00:47:36c'est qu'aujourd'hui
00:47:37il y a une vraie volonté
00:47:38de s'attaquer
00:47:39également
00:47:40à ce milieu
00:47:41du spectre
00:47:42mais avec
00:47:42effectivement
00:47:43un chantier
00:47:46qui est absolument immense
00:47:47dans le JDD
00:47:48aujourd'hui
00:47:49on étudie
00:47:51un rapport
00:47:52de l'Institut pour la Justice
00:47:53qui s'est intéressé
00:47:54justement
00:47:55à ce blanchiment
00:47:56je crois que
00:47:56sur les trois villes
00:47:59qu'ils ont étudiées
00:48:00avec un certain nombre
00:48:00de commerces
00:48:01des kebabs
00:48:02des barbershops
00:48:03et tout ça
00:48:03c'était 42%
00:48:05de ces commerces
00:48:06qui étaient susceptibles
00:48:07selon un certain nombre
00:48:09de critères
00:48:10de blanchir de l'argent
00:48:11donc c'est vous dire
00:48:11l'ampleur de ce phénomène
00:48:12un phénomène
00:48:13qui ne touche pas seulement
00:48:14les grandes villes
00:48:15mais même des petites communes
00:48:16où pour 3000 habitants
00:48:18vous avez déjà 5 ou 10 kebabs
00:48:19qui sont montés
00:48:20avec un salon de mer
00:48:21qui alertent
00:48:22et qui essayent de limiter
00:48:23justement l'implantation
00:48:24de ces commerces
00:48:25dans leur ville
00:48:26c'est vrai que
00:48:26Rodolphe Karte
00:48:27on le dit aussi
00:48:28et c'est important
00:48:29de ne pas être naïf
00:48:30c'est-à-dire que
00:48:31il y a beaucoup de retard
00:48:32qui a été pris
00:48:32il faudra sans doute
00:48:33le rattraper
00:48:34mais avec des narcotrafiquants
00:48:36et notre invité
00:48:36à l'instant le disait
00:48:37qui sont souvent
00:48:37malheureusement
00:48:38très malins
00:48:39c'est-à-dire qu'on le voit
00:48:40systématiquement
00:48:41les narcotrafiquants
00:48:41suivent aussi parfaitement
00:48:43ce que font nos politiques
00:48:43au niveau
00:48:44des nouvelles lois
00:48:46des propositions de loi
00:48:47et ils s'adaptent sans cesse
00:48:48et c'est ça aussi
00:48:49qui fait que l'état
00:48:50parfois a du mal
00:48:51et clairement leur court après
00:48:52en fait
00:48:52Oui et l'invité
00:48:53a mentionné à juste titre
00:48:54la corruption
00:48:55d'une partie des avocats
00:48:57des fonctionnaires
00:48:57du système pénitentiaire
00:48:58enfin d'une partie aussi
00:49:00du personnel pénitentiaire
00:49:01on le sait
00:49:02notamment les dockers
00:49:03aussi parfois
00:49:04quand on fait venir
00:49:05justement la drogue
00:49:06avec des points logistiques
00:49:07névralgiques
00:49:08mais il y a aussi peut-être
00:49:09une question sur laquelle
00:49:10qui est encore plus préoccupante
00:49:11est-ce qu'on a vraiment
00:49:12le courage
00:49:13d'aller comme vous l'avez
00:49:15très bien dit
00:49:15d'arrêter de poser
00:49:17des pansements
00:49:17sur une jambe de bois
00:49:18et de prendre la solution
00:49:19ou en tout cas le problème
00:49:20à sa racine
00:49:21pour l'instant
00:49:22il y a un pays
00:49:22dans le monde occidental
00:49:23qui semble le faire
00:49:24c'est Trump
00:49:25et c'est l'Amérique
00:49:26qu'on aime
00:49:27ou qu'on n'apprécie pas Trump
00:49:28il faut remarquer
00:49:28que par exemple
00:49:29quand on a vu
00:49:30vous savez
00:49:31ces embarcations
00:49:32être pilonnées
00:49:33bon ça pose des questions
00:49:34du droit international
00:49:35mais par contre
00:49:36on voit qu'il y a
00:49:36une vraie prise
00:49:37à la racine
00:49:38justement
00:49:38parce qu'il y a
00:49:39un très bon article
00:49:40dans le JDD aujourd'hui
00:49:41qui montre
00:49:42à quel point
00:49:42c'est des réseaux
00:49:43justement tentaculaires
00:49:44et internationaux
00:49:45en fait ce n'est pas
00:49:46qu'en France
00:49:46et d'ailleurs
00:49:47en France
00:49:47il faut aussi rappeler
00:49:48qu'on a quand même
00:49:49trois proto-narco-États
00:49:51à notre frontière
00:49:52avec la Belgique
00:49:52la Hollande
00:49:53même si c'est un peu plus loin
00:49:54et la Catalogne aussi
00:49:55qui est une partie
00:49:56de la remontée
00:49:56de l'hard-dog
00:49:57notamment vis-à-vis du Sud
00:49:58et moi
00:49:59qui me suis pas mal intéressé
00:50:00notamment au discours
00:50:01d'extrême-gauche
00:50:02notamment avec des parties
00:50:03comme la France Insoumise
00:50:04il ne faut pas mentionner aussi
00:50:05qu'eux justement
00:50:06sont plutôt dans le postulat
00:50:08de légaliser
00:50:10la vente de la drogue
00:50:11parce que pour eux
00:50:12la lutte contre la drogue
00:50:13c'est une politique raciste
00:50:15parce que ça vise
00:50:15certaines populations
00:50:16et aujourd'hui
00:50:17on se rend compte
00:50:18par exemple aux Etats-Unis
00:50:19si on prend le cas
00:50:20de la police ICE
00:50:22que justement
00:50:23quand on a une police
00:50:24qui intervient
00:50:24parfois de manière
00:50:25un peu brutale
00:50:26vous avez aussi
00:50:26toute une partie
00:50:27des corps constitués
00:50:29de gauche
00:50:29les médias
00:50:30les associations
00:50:32les partis politiques
00:50:33qui peuvent justement
00:50:34servir de tampon
00:50:35et s'opposer
00:50:35à une politique répressive
00:50:36et je pense que cette question
00:50:38il faut se la poser
00:50:38dans les années à venir
00:50:39parce que si demain
00:50:40on a
00:50:40on va dire
00:50:41un parti national
00:50:42qui arrive au pouvoir
00:50:43qui fait le diagnostic
00:50:45qu'on fait tous
00:50:45qui veut mettre en place
00:50:47des solutions
00:50:47il se peut aussi
00:50:48qu'on s'oppose
00:50:49à une résistance
00:50:50sur notre territoire
00:50:51de la part justement
00:50:52de ces corps
00:50:53constitués intermédiaires
00:50:54médias
00:50:54partis politiques
00:50:55qui justement
00:50:56pourraient s'opposer
00:50:57à la mise en place
00:50:57d'une vraie politique
00:50:58un peu plus musclée
00:50:59si vous voulez dire
00:51:00et on va regarder justement
00:51:01toujours sur ce thème
00:51:03du narcotrafic
00:51:03les habitants
00:51:04qui n'en peuvent plus
00:51:05ceux qui vivent
00:51:07dans ces quartiers
00:51:07on va se rendre justement
00:51:08à Villeurbanne
00:51:09ce sont des habitants
00:51:10de la résidence
00:51:10d'Amido Blanqui
00:51:12qui vivent un cauchemar
00:51:13depuis plusieurs mois
00:51:14il y a eu des agressions
00:51:15des dégradations
00:51:16des menaces
00:51:17il y a encore
00:51:17une dernière plainte
00:51:18qui a été déposée
00:51:19au mois de décembre dernier
00:51:20le reportage sur place
00:51:21de Marie-Victoire Diodonnet
00:51:22De jour comme de nuit
00:51:27Roland reçoit les appels
00:51:29de locataires alarmés
00:51:30ni policiers
00:51:31ni gestionnaires
00:51:32ce président d'association
00:51:33est pourtant devenu
00:51:34la voix
00:51:34de riverain muret
00:51:35dans le silence
00:51:36par peur des représailles
00:51:37parmi eux
00:51:38Calou
00:51:38qui ne reçoit plus
00:51:39sa famille chez elle
00:51:40à cause du comportement
00:51:42des trafiquants de drogue
00:51:43et de leurs usagers
00:51:44son état d'esprit
00:51:45est sans appel
00:51:46les abuser en colère
00:51:48c'est pas normal
00:51:49qu'on puisse pas voir
00:51:50nos enfants
00:51:50c'est pas normal
00:51:51qu'on puisse pas voir
00:51:52nos petits-enfants
00:51:52on a eu des dégradations
00:51:54de pneus dans notre garage
00:51:55on a eu des insultes
00:51:57il y a longtemps
00:51:58qu'on aurait dû faire
00:51:59quelque chose
00:51:59les gens ont peur
00:52:00moi aussi j'ai peur
00:52:03mais je montre
00:52:03que j'ai pas peur
00:52:04parce qu'on a tous peur
00:52:05mais on n'est pas assez solidaires
00:52:07il faudrait beaucoup plus
00:52:08de monde que ça
00:52:09Mairie, police et bailleurs sociaux
00:52:11sont informés
00:52:12de la situation
00:52:13mais les caméras
00:52:14les passages
00:52:15de la police municipale
00:52:16et les services
00:52:16de vigiles mis en place
00:52:17ne suffisent pas
00:52:19à enrayer le trafic
00:52:20et les incivilités
00:52:21qui en découlent
00:52:22Roland demande plus
00:52:23d'effectifs de police
00:52:24et l'instauration
00:52:26d'un couvre-feu
00:52:27faut pas attendre
00:52:27qu'il y ait un drame
00:52:28à chaque fois
00:52:29il y a un drame
00:52:30oh et puis on va faire ci
00:52:32on va faire ça
00:52:33on va faire
00:52:33non, non
00:52:34il faut bouger
00:52:35on sait
00:52:36qu'il y a un problème
00:52:36à Villers-Bannes
00:52:37qui grandit
00:52:39qui s'étoffe
00:52:40de plus en plus
00:52:41qu'est-ce qu'on attend
00:52:43qu'est-ce qu'on attend
00:52:44deux plaintes
00:52:45ont été déposées
00:52:46ces dernières semaines
00:52:47pour menacer
00:52:48ces jets de projectiles
00:52:49c'est dans ce seul cadre légal
00:52:51que les images
00:52:52de caméras
00:52:52de vidéosurveillance
00:52:53pourraient être exploitées
00:52:56chaque fois qu'on parle
00:52:58du trafic de drogue
00:52:58et de ces quartiers
00:53:00qui sont engrenés
00:53:00même plus largement
00:53:01que les quartiers
00:53:01aujourd'hui selon la cour des comptes
00:53:02c'est 80-79%
00:53:04des communes
00:53:04qui sont touchées
00:53:05on voit ces habitants
00:53:06qui n'ont pas les moyens
00:53:07de sortir de ces quartiers
00:53:08et qui sont totalement
00:53:10abandonnés
00:53:11ils vivent dans l'insécurité
00:53:12ils vivent totalement contrôlés
00:53:14par les trafics de drogue
00:53:15qui parfois font des contrôles
00:53:16à l'entrée
00:53:17et on salue aussi
00:53:18le courage de ces habitants
00:53:19et de cet homme
00:53:19qu'on vient d'entendre
00:53:20parce que c'est assez rare
00:53:21d'avoir des personnes
00:53:22qui témoignent à visage découvert
00:53:24et qui tentent
00:53:24de s'organiser entre eux
00:53:25est-ce que cela va fonctionner
00:53:27on leur souhaite
00:53:27on peut en douter
00:53:28mais on voit que ces habitants
00:53:29sont vraiment au bout
00:53:30de ce qu'ils peuvent supporter
00:53:31parce que la république
00:53:32quelque part s'arrête
00:53:33à l'entrée de ces territoires
00:53:34c'est-à-dire qu'il y a
00:53:35une nouvelle territorialisation
00:53:36de ces quartiers
00:53:38ce qui est intéressant
00:53:39dans ce que se dit monsieur
00:53:40c'est que déjà
00:53:40il prend un risque
00:53:41de montrer son visage
00:53:42mais surtout il montre bien
00:53:43qu'il y a trois niveaux
00:53:44de responsabilité
00:53:45il y a au niveau du bailleur
00:53:46on sait que les bailleurs
00:53:47sont au courant de la situation
00:53:48mais ils n'ont pas vraiment
00:53:49de moyens effectifs
00:53:51pour faire quelque chose
00:53:52ensuite il y a au niveau
00:53:53de la municipalité
00:53:53donc on revient sur le sujet
00:53:54que tout à l'heure
00:53:55sur la capacité réelle
00:53:56des élus locaux
00:53:56à faire quelque chose
00:53:58et ensuite il y a
00:53:58la responsabilité de l'Etat
00:53:59ce dont on parlait
00:54:00sur les trafics
00:54:01la manière dont on peut
00:54:03encadrer les commerces
00:54:04quand on voit
00:54:05c'est pour ça que c'est intéressant
00:54:07ce que disait le journaliste
00:54:07tout à l'heure
00:54:08cette chaîne de blanchiment
00:54:09quand on voit
00:54:10tout cette tête d'hydre
00:54:12le mot hydre
00:54:12a été utilisé
00:54:13c'est que ça a à la fois
00:54:15une résonance au niveau local
00:54:16pour la vie des gens
00:54:16puisqu'ils se retrouvent
00:54:18sans capacité d'action
00:54:19ils se retrouvent finalement
00:54:20seuls
00:54:20ils se retrouvent finalement
00:54:22face à un autre Etat
00:54:23c'est-à-dire que
00:54:24ce n'est plus la loi de l'Etat
00:54:25ce n'est plus la loi de la République
00:54:26qui s'applique
00:54:27c'est la loi des narcotrafiques
00:54:28mais c'est aussi une dimension
00:54:29désolé
00:54:30mais c'est aussi une dimension internationale
00:54:31quand vous regardez
00:54:32la manière dont ça se passe
00:54:33on parlait tout à l'heure
00:54:37sur la France
00:54:38sur ce type de sujet
00:54:38il est dramatique
00:54:39je pensais aussi
00:54:40en termes de relations
00:54:41par exemple entre la France
00:54:42et le Maroc
00:54:42on parle beaucoup de
00:54:44l'arrivée du cannabis
00:54:45sur le territoire français
00:54:46mais c'est aussi une question
00:54:47de relations internationales
00:54:48si la France n'est pas solide
00:54:49sur relations internationales
00:54:51ce sont ces petites gens
00:54:52qui vont le payer
00:54:52comme on n'a pas
00:54:53la capacité d'agir
00:54:54notamment
00:54:55comme peut le faire
00:54:56quelqu'un comme Trump
00:54:57mais comme on n'a pas
00:54:58la capacité d'être fort
00:54:59dans les négociations
00:54:59on voit que l'Etat recule
00:55:01sur ces questions régaliennes
00:55:02notamment sur la sécurité
00:55:03sur les territoires
00:55:04sur la manière
00:55:06dont les élus locaux
00:55:07peuvent avoir des prérogatives
00:55:08et toutes ces problématiques
00:55:09sont en train de devenir
00:55:10un problème tellement énorme
00:55:12que finalement
00:55:12la puissance publique
00:55:13n'est plus en capacité
00:55:14de répondre
00:55:14donc c'est un problème
00:55:15qui est structurel
00:55:15et je ne vois pas
00:55:16véritablement de solution
00:55:17à court terme
00:55:18Oui et puis pour les solutions
00:55:19Florent Gérard Mercier
00:55:20par exemple sur le logement
00:55:22on sait que Vincent Jambrun
00:55:23a mis du logement
00:55:23à proposer qu'on puisse
00:55:25exclure de leurs logements sociaux
00:55:28notamment les narcotrafiquants
00:55:29ou les familles de dealers
00:55:30le seul problème
00:55:31c'est qu'on sait
00:55:31comment ça se passe
00:55:32par exemple certains
00:55:33de la résidence de Villeurbanne
00:55:35dont il est question
00:55:35vont être expulsés
00:55:36de leur logement
00:55:37très bien
00:55:37mais ils seront logés ailleurs
00:55:38c'est-à-dire que le problème
00:55:39on ne l'éradique pas
00:55:40on le déplace
00:55:41de quartier
00:55:42ou de quelques bars d'immeubles
00:55:43finalement
00:55:43Oui d'autant plus
00:55:44ce qui est absolument scandaleux
00:55:46c'est qu'à cause du droit
00:55:47opposable au logement
00:55:47qui a été constitutionnalisé
00:55:48par le conseil constitutionnel
00:55:50il y a quelques décennies
00:55:51en fait on est obligé
00:55:52il y a l'obligation
00:55:53de les reloger
00:55:54donc c'est un truc
00:55:55complètement kafkaïen
00:55:56ubuesque
00:55:57absurde
00:55:58et d'autant plus
00:55:59que on est face
00:56:00enfin si la France
00:56:01n'est pas encore
00:56:01un narco-état
00:56:02bon même si
00:56:03voilà
00:56:03on est face à
00:56:04ce qu'on peut appeler
00:56:05des narco-quartiers
00:56:06effectivement ce sont
00:56:06des narco-quartiers
00:56:07il y en a de plus en plus
00:56:08en France
00:56:09où c'est les narcos
00:56:09qui font leur loi
00:56:10et c'est là
00:56:11on n'a pas du tout
00:56:12encore
00:56:13le constat est là
00:56:14mais les solutions
00:56:15ne le sont pas
00:56:16on a vu là ici
00:56:17sur la vidéo-surveillance
00:56:19qui ne peut être utilisée
00:56:20qu'en cas de jet de projectile
00:56:22mais non
00:56:22on est au XXIe siècle
00:56:24c'est à dire qu'aujourd'hui
00:56:25on a des outils
00:56:25si vous regardez par exemple
00:56:26en Chine
00:56:27bon ok
00:56:27c'est un état policier
00:56:29n'empêche que
00:56:29on a des algorithmes
00:56:32qui permettent
00:56:32de faire par exemple
00:56:33de la reconnaissance
00:56:34d'identité
00:56:35de détecter
00:56:36les comportements suspects
00:56:37et donc ça permettrait
00:56:38de pouvoir prendre
00:56:39en flagrance
00:56:39bien plus de personnes
00:56:40et donc d'avoir
00:56:42d'identifier les gens
00:56:43de suspendre
00:56:44les allocations
00:56:45par exemple
00:56:46les différentes prestations sociales
00:56:48les expulser
00:56:49de leur logement
00:56:49toutes ces choses-là
00:56:50qui seraient effectivement
00:56:51dissuasives
00:56:52pour ceux
00:56:54qui participent
00:56:55au trafic
00:56:56et à leur famille
00:56:57donc c'est tout ça
00:56:59et derrière
00:56:59évidemment la réponse
00:57:00pénale
00:57:01puisque là
00:57:01on n'en a pas encore parlé
00:57:02mais bon
00:57:03nous par exemple
00:57:03au millénaire
00:57:04sur le sujet
00:57:05on propose que dans
00:57:06tout ce qui touche
00:57:06aux narcos
00:57:07on rétablit
00:57:08les pleines planchées
00:57:09avec un minimum
00:57:10de trois mois de prison
00:57:11mettons
00:57:11et que ce soit aggravé
00:57:12si par exemple
00:57:13un narco
00:57:14fait appel à des mineurs
00:57:15sur le terrain
00:57:16parce qu'aujourd'hui
00:57:17il y a de plus en plus
00:57:17de mineurs
00:57:18de plus en plus jeunes
00:57:18qui participent
00:57:19donc face à ces narco-quartiers
00:57:21il faut vraiment
00:57:22une réponse globale
00:57:24qui permette
00:57:24de mettre un terme
00:57:27à ça
00:57:27et pour continuer
00:57:28justement sur cette page
00:57:29et je vous fais réagir
00:57:30Rodolphe et Raphaël
00:57:31on va aussi parler
00:57:32des services publics
00:57:33on vous a déjà parlé
00:57:33sur ces plateaux parfois
00:57:34de SOS médecins
00:57:35qui ne va plus dans
00:57:36certains quartiers
00:57:36de certaines lignes de bus
00:57:37qui ne passent plus
00:57:38et bien là
00:57:39c'est l'exemple d'Aubagne
00:57:40c'est une résidence
00:57:41qui contient plus
00:57:42de sol logement
00:57:43et bien désormais
00:57:44ces résidents
00:57:45devront aller retirer
00:57:46leurs colis à la poste
00:57:47ils ne seront plus livrés
00:57:48chez eux
00:57:49parce que les facteurs
00:57:50ont fait preuve
00:57:51de courage
00:57:52et ont dénoncé
00:57:53l'insécurité
00:57:53qui régnait
00:57:54dans ce quartier
00:57:55le reportage sur place
00:57:56est signé Stéphanie Routier
00:57:57Le point de deal
00:57:59qui sévissait
00:58:00à l'entrée
00:58:00de cette résidence d'Aubagne
00:58:02a été démantelé
00:58:03il y a des semaines
00:58:04mais les habitants
00:58:05peinent à retrouver
00:58:06la sérénité
00:58:07depuis des années
00:58:08la poste
00:58:09ne livre plus les colis
00:58:10aux habitants
00:58:11pour cause d'insécurité
00:58:13il faut aller les chercher
00:58:14en fait
00:58:14c'est une politique
00:58:15qu'ils ont mis en place
00:58:17de toute façon
00:58:19qu'est-ce que vous voulez
00:58:19qu'on y fasse
00:58:20c'est des facteurs
00:58:21qu'ils ne veulent pas
00:58:22il y en a un jour
00:58:23il a délivré un colis
00:58:24quand il est rentré
00:58:25il n'y avait plus rien
00:58:25dans son voiture
00:58:26il est livré avant
00:58:27il est livré
00:58:27c'est après
00:58:28quand il y a eu
00:58:28des histoires
00:58:29de comment dire
00:58:30des gens qui se droguaient
00:58:32qui se mettaient là
00:58:33qui voyaient
00:58:34que la poste
00:58:35le camion
00:58:36il venait
00:58:36même si beaucoup
00:58:38de résidents
00:58:39reconnaissent
00:58:39que l'absence
00:58:40de livraison
00:58:41de colis
00:58:41n'impacte pas
00:58:42profondément
00:58:43leur quotidien
00:58:43ils y voient
00:58:44un symbole
00:58:45l'abandon
00:58:46des services publics
00:58:47petit à petit
00:58:48on n'a plus
00:58:48de services publics
00:58:49ça n'est pas fait
00:58:50vous êtes délaissé
00:58:51par tout le gouvernement
00:58:52par tout le monde
00:58:53je pense que c'est
00:58:54la facilité
00:58:54pour la poste
00:58:55et pour le service public
00:58:57de se dire
00:58:57ok
00:58:58on a eu un problème
00:59:00à un moment
00:59:01donc on ne va pas revenir
00:59:02la direction régionale
00:59:04de la poste
00:59:04nous a indiqué
00:59:05qu'après avoir subi
00:59:06des vols de colis
00:59:07dans ces véhicules
00:59:08ce dispositif
00:59:09permet de garantir
00:59:10dans le quartier
00:59:10la remise
00:59:11de l'intégralité
00:59:12des colis
00:59:13et ajoute
00:59:13qu'en moyenne
00:59:144 habitants par jour
00:59:16sont concernés
00:59:17par cette livraison
00:59:18en bureau de poste
00:59:19alors Rodolphe Carte
00:59:20évidemment on pense
00:59:20aux habitants
00:59:21qui perdent de plus en plus
00:59:22de services publics
00:59:23mais on peut aussi
00:59:24comprendre
00:59:24quand SOS Médecins
00:59:25dit on se rend sur place
00:59:26on est caillassé
00:59:27donc on n'ira plus
00:59:28quand c'est la même chose
00:59:28pour les chauffeurs de bus
00:59:29quand c'est la même chose
00:59:30pour les facteurs
00:59:31non seulement ils subissent
00:59:32l'insécurité
00:59:32on l'a vu à Villeurbanne
00:59:34mais c'est la double peine
00:59:35les services publics s'en vont
00:59:36les commerces aussi
00:59:37et une fois de plus
00:59:37il y a un sentiment
00:59:38d'abandon
00:59:39et de délaissement total
00:59:40de ces habitants
00:59:41des quartiers
00:59:41qui ne demandent rien
00:59:42et qui se comportent
00:59:43eux très bien
00:59:43Vous pouvez ajouter
00:59:44les pompiers aussi
00:59:46Ah oui bien sûr
00:59:47les pompiers
00:59:47les forces de l'ordre
00:59:48les médecins
00:59:49Et vous avez
00:59:50Elodie dit une chose
00:59:52très juste
00:59:52vous avez dit
00:59:53que c'est des personnes aussi
00:59:54qui n'ont pas la possibilité
00:59:54de partir
00:59:55aussi toujours rappeler
00:59:57que les politiques sécuritaires
00:59:59notamment concernant
00:59:59le narcotrafic
01:00:00c'est aussi des politiques sociales
01:00:01ça permet d'aider des gens
01:00:02qui sont justement
01:00:03confrontés directement
01:00:05à cette insécurité
01:00:06que c'est souvent
01:00:07des personnes
01:00:08on va dire
01:00:08des classes populaires
01:00:09ou des classes moyennes
01:00:10déclassées
01:00:10qui n'ont pas la possibilité
01:00:11comme vous l'avez dit
01:00:12d'aller ailleurs
01:00:13donc c'est pour ça
01:00:14que c'est encore plus
01:00:15j'ai envie de dire
01:00:16révoltant
01:00:17que la gauche
01:00:17ne s'empare pas justement
01:00:18de ces sujets
01:00:19parce que justement
01:00:20normalement
01:00:21la protection
01:00:22en tout cas le bien-être
01:00:23des classes moyennes
01:00:24des classes populaires
01:00:24c'est un peu
01:00:25normalement leur fond de commerce
01:00:26voilà l'enjeu
01:00:26et d'ailleurs
01:00:27si on fait le distinguo
01:00:28avec des personnalités
01:00:29je me rappelle
01:00:30comme Clémenceau
01:00:30qui avait vraiment
01:00:31des paroles très dures
01:00:32sur la sécurité
01:00:32et de bien comprendre
01:00:33qu'il y avait toute une tradition
01:00:34de la gauche
01:00:35qui était vraiment
01:00:35à l'avant-garde
01:00:37sur les questions de sécurité
01:00:37parce qu'il savait
01:00:38que c'était des questions sociales
01:00:39et pour revenir
01:00:40à ce qui a été dit
01:00:41juste avant
01:00:42moi j'aime bien
01:00:42cette phrase du président
01:00:43Bukele qui disait
01:00:45que si un état
01:00:45ne sûrement pas le crime
01:00:46c'est qu'il est complice
01:00:47là aussi
01:00:48il ne faut pas
01:00:48vraiment toujours attaquer
01:00:50la responsabilité de l'état
01:00:52il y a quelques
01:00:52on voit quelques lois
01:00:54qui sont mises en place
01:00:55on pense aussi dernièrement
01:00:56à cette volonté
01:00:57d'assommer
01:00:58ou en tout cas
01:00:59de cibler le consommateur
01:01:00mais à l'heure
01:01:01des livraisons
01:01:02Uber Sheet
01:01:02d'où l'expression
01:01:04ou à l'heure
01:01:04des livraisons
01:01:05peut-être par drone de main
01:01:06ou même à domicile
01:01:07où on voit
01:01:08que par application
01:01:09Telegram
01:01:09on peut très vite
01:01:10se procurer
01:01:11comment dire
01:01:12de la drogue
01:01:12là on voit encore
01:01:13à chaque fois
01:01:14ce train de retard
01:01:14qu'on a en retard
01:01:15et puis c'est vrai
01:01:16que Raphaël Steinville
01:01:17on rappelle
01:01:18que dans ces quartiers
01:01:19on a beaucoup
01:01:19mis d'argent
01:01:20depuis des années
01:01:21pour la politique
01:01:22de la ville
01:01:23on a tenté
01:01:24de faire en sorte
01:01:24que ces quartiers
01:01:25soient plus beaux
01:01:26plus sécurisés
01:01:27et malheureusement
01:01:28beaucoup d'argent
01:01:29pour qu'à la fin
01:01:30la situation
01:01:30ne s'améliore pas
01:01:31c'est intéressant
01:01:32cette question
01:01:33de la politique
01:01:34de la ville
01:01:34la manière dont l'état
01:01:36a voulu
01:01:37compenser
01:01:38en tout cas
01:01:39injecter
01:01:40des milliards
01:01:41pour essayer
01:01:41de rénover
01:01:42de restructurer
01:01:43ces quartiers
01:01:44sans qu'aucun
01:01:45effet visible
01:01:47ne soit notable
01:01:48alors que
01:01:49d'autres territoires
01:01:51ont été
01:01:52totalement abandonnés
01:01:54sans que
01:01:54les mêmes problématiques
01:01:55et notamment
01:01:57la problématique sociale
01:01:58ne soient mises en avant
01:01:58pour expliquer
01:01:59les ravages
01:02:01que subissent
01:02:01ces quartiers
01:02:02mais pour en revenir
01:02:03à ce qu'on disait
01:02:04spécifiquement
01:02:05sur ces territoires
01:02:07moi je ne peux pas
01:02:08m'empêcher
01:02:09d'avoir une pensée
01:02:09pour ces habitants
01:02:10qui aujourd'hui
01:02:11vivent en France
01:02:12comme des exilés
01:02:14de l'intérieur
01:02:14quand vous êtes privé
01:02:16d'un certain nombre
01:02:18de services publics
01:02:19lorsque les pompiers
01:02:20les médecins
01:02:21ne peuvent plus
01:02:22se rendre
01:02:23lorsque vous les appelez
01:02:25en dernière instance
01:02:27qu'accompagnés
01:02:28de policiers
01:02:29honnêtement
01:02:31c'est qu'on arrivait
01:02:31au bout
01:02:32d'un système
01:02:32d'un essoufflement
01:02:34d'un système
01:02:35et effectivement
01:02:36ces territoires
01:02:36aujourd'hui
01:02:37ils sont
01:02:37à la dérive
01:02:42ils n'appartiennent
01:02:42plus exactement
01:02:43à la France
01:02:45ils sont sous l'emprise
01:02:46de trafiquants
01:02:47de gangs
01:02:48de ce que vous voulez
01:02:49mais en tout cas
01:02:50ceux qui y habitent encore
01:02:51et même si certains
01:02:53collaborent
01:02:54et sont complices
01:02:55d'un certain nombre
01:02:55de ces trafics
01:02:56une majorité d'entre eux
01:02:57il faut quand même
01:02:58le souligner
01:02:58subissent ça
01:02:59de plein fouet
01:03:00et c'est absolument
01:03:02navrant
01:03:03de voir que l'état
01:03:05ne parvient pas
01:03:07à régler ce problème
01:03:08si c'était de manière
01:03:10très ponctuelle
01:03:11quelque part
01:03:11ce sont devenus
01:03:12des sous-citoyens
01:03:13des citoyens
01:03:14pas comme les autres
01:03:14qui n'ont plus les mêmes droits
01:03:16donc hop
01:03:17on les met un petit peu de côté
01:03:18donc c'est finalement
01:03:19les exilés de l'intérieur
01:03:19c'est une très bonne expression
01:03:20pour montrer
01:03:21cette perte de citoyenneté
01:03:23de ces gens-là
01:03:23alors qu'ils ont les mêmes droits
01:03:25que toutes les autres personnes
01:03:26que toutes les autres personnes français
01:03:27sur le territoire
01:03:27pour les quelques minutes
01:03:28qui nous restent
01:03:29avant la fin de cette émission
01:03:30je voudrais qu'on parle
01:03:31de ce qui se passera
01:03:31à partir de demain
01:03:32ces quatre personnes
01:03:33qui seront jugées
01:03:34en appel
01:03:34pour l'assassinat
01:03:35de Samuel Paty
01:03:36en octobre 2020
01:03:37ces quatre individus
01:03:38ont déjà été condamnés
01:03:39en première instance
01:03:40à des peines
01:03:41de 13 à 16 ans
01:03:42de réclusion criminelle
01:03:43je rappelle que le terroriste
01:03:44qui avait assassiné
01:03:45le professeur d'histoire
01:03:46avait lui été abattu
01:03:47par la police
01:03:48les précisions
01:03:49d'abord de Julia Ferrande
01:03:50ils sont quatre à avoir fait appel
01:03:54de leur condamnation
01:03:55et seront donc rejugés
01:03:57par la cour d'assises
01:03:58d'appel spécial de Paris
01:03:59pour l'assassinat
01:04:00de Samuel Paty
01:04:01sur le banc des accusés
01:04:03Naïm Boudaoud
01:04:0424 ans
01:04:05qui avait notamment
01:04:06conduit le terroriste
01:04:08et assassin
01:04:08de Samuel Paty
01:04:09à proximité
01:04:10du collège
01:04:11de conflans
01:04:11Saint-Honorine
01:04:12la veille du crime
01:04:13il l'avait aussi accompagné
01:04:15pour acheter un couteau
01:04:17en présence
01:04:18Dazim Epsirkanov
01:04:1925 ans
01:04:20un autre ami d'enfance
01:04:22du terroriste
01:04:23qui a lui aussi fait appel
01:04:24tous les deux
01:04:25avaient été condamnés
01:04:26à 16 ans
01:04:26de réclusion criminelle
01:04:28pour complicité
01:04:29d'assassinat terroriste
01:04:30avec eux
01:04:31Brahim Chnina
01:04:3354 ans
01:04:34le père de la collégienne
01:04:35qui avait menti
01:04:36sur le cours
01:04:37de Samuel Paty
01:04:38dans une vidéo
01:04:39diffusée
01:04:40sur les réseaux sociaux
01:04:40l'homme avait appelé
01:04:42à s'en prendre
01:04:42au professeur
01:04:43de sa fille
01:04:43il avait écopé
01:04:45de 13 ans
01:04:45de réclusion criminelle
01:04:46et enfin
01:04:47Abdelhakim Sefrioui
01:04:49un militant islamiste
01:04:51de 66 ans
01:04:52lui aussi
01:04:53avait diffusé
01:04:54une vidéo
01:04:54sur les réseaux sociaux
01:04:55qui avait fait exploser
01:04:56la situation
01:04:57et amplifié
01:04:58le danger
01:04:58sur Samuel Paty
01:04:59selon l'accusation
01:05:00les juges
01:05:01l'avaient condamné
01:05:02à 15 ans
01:05:03de réclusion criminelle
01:05:05le procès
01:05:06en appel
01:05:06doit se tenir
01:05:07jusqu'au 27 février prochain
01:05:08et pour en parler
01:05:10en plateau
01:05:11avec nous
01:05:11Tanguiamon
01:05:11bonjour
01:05:12du service
01:05:13Polyjustice
01:05:14de CNews
01:05:14qu'est-ce qu'on doit
01:05:15attendre
01:05:15de ce procès
01:05:16en appel Tanguy
01:05:17il y a deux enjeux
01:05:18qui se dégagent
01:05:19de ce procès
01:05:20en appel
01:05:20le premier
01:05:21de ces enjeux
01:05:22concerne directement
01:05:23la justice
01:05:23savoir si elle sera
01:05:25à nouveau capable
01:05:26de condamner
01:05:27fortement
01:05:28les accusés
01:05:29puisque c'est suffisamment
01:05:30rare pour être signalé
01:05:32lors du premier procès
01:05:33les peines
01:05:34qui avaient été prononcées
01:05:35par les juges
01:05:36étaient plus fortes
01:05:37que les réquisitions
01:05:38du parquet
01:05:39donc là
01:05:39ce qu'il faut savoir
01:05:40c'est si les nouveaux juges
01:05:41qui vont devoir se pencher
01:05:42sur le sort
01:05:43de ces quatre accusés
01:05:44qui ont fait appel
01:05:45vont avoir
01:05:46une même lecture
01:05:47du dossier
01:05:47vont eux aussi
01:05:49être capables
01:05:50de donner
01:05:51des peines
01:05:52suffisamment fortes
01:05:53et suffisamment fortes
01:05:55à la hauteur
01:05:56j'ai envie de dire
01:05:57du dossier
01:05:57Samuel Paty
01:05:58qui a eu un énorme
01:05:59retentissement symbolique
01:06:00dans l'opinion publique
01:06:01et puis le deuxième
01:06:03des enjeux
01:06:04concerne là directement
01:06:05le comportement
01:06:06des accusés
01:06:07j'avais suivi
01:06:08le premier procès
01:06:10et c'est vrai
01:06:10que ce qui nous avait marqué
01:06:11nous les journalistes
01:06:12et également
01:06:13les proches
01:06:14de Samuel Paty
01:06:14c'est qu'à chaque fois
01:06:15les accusés
01:06:16étaient en train
01:06:17de minimiser les faits
01:06:18ils étaient toujours
01:06:19en train de dire
01:06:19c'est pas nous
01:06:20on n'a rien fait
01:06:21les deux individus
01:06:22le sujet l'expliquait très bien
01:06:23qui avaient mis une cible
01:06:25sur Samuel Paty
01:06:26avec leurs vidéos
01:06:26ils disaient
01:06:27au final
01:06:28c'est pas du tout nous
01:06:29Samuel Paty
01:06:29il aurait été assassiné
01:06:30de toute façon
01:06:31avec ou sans nos vidéos
01:06:32il y avait les deux amis
01:06:34aussi de Andzorov
01:06:35le terroriste
01:06:35il connaissait sa radicalisation
01:06:37la veille de son passage
01:06:39à l'acte
01:06:39ils sont allés
01:06:39acheter des armes
01:06:40avec lui
01:06:41acheter un couteau
01:06:42il y en a un des deux
01:06:43qui l'a déposé en voiture
01:06:44le jour de l'attentat
01:06:46à proximité du collège
01:06:47et eux
01:06:48ils continuaient
01:06:49à l'audience
01:06:49de dire
01:06:50on ne savait rien du tout
01:06:51on ne savait pas du tout
01:06:52ce qu'ils voulaient faire
01:06:52avec ça
01:06:53donc ça c'est inentendable
01:06:54pour les proches
01:06:55de Samuel Paty
01:06:56et ça va être un enjeu
01:06:57aussi de ce procès
01:06:58savoir s'ils restent
01:06:59dans ces discours-là
01:07:00ou s'ils vont changer
01:07:01leur discours
01:07:01Merci Tanguil
01:07:02évidemment on suivra ça
01:07:03sur CNews
01:07:04Florian Gérard Mercier
01:07:05c'est vrai qu'on espère
01:07:05premièrement
01:07:06que la justice
01:07:07sera aussi sévère
01:07:08et puis
01:07:09comme le disait Tanguil
01:07:10d'ailleurs dans le livre
01:07:11de la sœur de Samuel Paty
01:07:12Michael Paty
01:07:13elle raconte ce procès
01:07:14en disant à quel point
01:07:14pour une famille
01:07:15c'est pénible
01:07:15de devoir assister à ce procès
01:07:16et de voir
01:07:17à quel point
01:07:18il y a une sorte
01:07:19de comportement dilettant
01:07:21en fait de ces accusés
01:07:22qui n'ont pas du tout
01:07:23pris la mesure
01:07:24de la gravité
01:07:25de la chose
01:07:26mais en même temps
01:07:27est-ce qu'on peut
01:07:27en être étonné
01:07:28en fait
01:07:29parce qu'on a
01:07:29complètement
01:07:30laissé filer
01:07:32nos valeurs
01:07:34le concept de laïcité
01:07:35est complètement dévoyé
01:07:36et donc
01:07:37effectivement
01:07:38nous millénaires
01:07:38le travail qu'on fait
01:07:40c'est qu'on pense
01:07:40que la laïcité
01:07:42on doit aller vers
01:07:43une laïcité du 21ème siècle
01:07:44qui comme celle
01:07:45du 19ème
01:07:47qui était une laïcité
01:07:48quelque part
01:07:48de combat
01:07:49contre l'extrémisme
01:07:50et bien que là
01:07:50on revienne
01:07:51à une laïcité de combat
01:07:52contre l'extrémisme
01:07:53islamiste
01:07:54faisant bien
01:07:55la différence
01:07:56et avoir aussi
01:07:58peut-être
01:07:59ici on est quand même
01:08:00choqué
01:08:00du nombre
01:08:01de mises en cause
01:08:03qui sont étrangers
01:08:04donc on peut aussi
01:08:05se poser la question
01:08:05qu'est-ce qu'ils faisaient là
01:08:06pourquoi est-ce qu'ils avaient
01:08:07un titre de séjour
01:08:08il faudrait faire
01:08:10comme d'ailleurs
01:08:11c'est fait aux Etats-Unis
01:08:12faire des enquêtes
01:08:13de moralité
01:08:14et que
01:08:15des islamistes
01:08:16ou des gens
01:08:17qui sont radicalisés
01:08:18ne puissent pas
01:08:19avoir leur titre de séjour
01:08:20renouvelé
01:08:21ou ne puissent certainement
01:08:22pas être naturalisés
01:08:22ce qui semblerait
01:08:23du bon sens
01:08:24ce serait un bon sens
01:08:25vraiment de base
01:08:26et derrière
01:08:27qu'on rétablisse
01:08:29les doubles peines
01:08:29aussi avec des expulsions
01:08:30dès qu'il y a des gens
01:08:31qui ne respectent
01:08:33tout simplement
01:08:34pas nos valeurs
01:08:34donc il faut se faire
01:08:36respecter à nouveau
01:08:36c'est ça le fond du sujet
01:08:38et Samuel Paty
01:08:39s'est peut-être sacrifié
01:08:40aussi pour la France
01:08:41et on lui doit
01:08:41ce minimum de respect là
01:08:42évidemment
01:08:43et on suivra
01:08:43ce procès en appel
01:08:45sur CNews
01:08:46merci à tous les 5
01:08:47de m'avoir accompagné
01:08:48pour ce 188 Infos Week-end
01:08:50tout de suite
01:08:50vous retrouvez
01:08:51Olivier de Caire-en-Fleck
01:08:52et ses invités
01:08:53pour l'heure inter
01:08:54bonne fin de dimanche
01:08:54sur CNews
01:08:55Sous-titrage Société Radio-Canada
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