- il y a 2 jours
Jean-François Delfraissy, Président du Comité consultatif national d’éthique, évoque les enjeux des prochains états généraux de la bioéthiques.
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00:00Et un grand entretien ce matin alors que les états généraux de la bioéthique organisés par le comité consultatif national d'éthique se sont ouverts mercredi.
00:19Pour en parler avec Marion nous recevons son président, un immunologue spécialiste mondialement reconnu du VIH, il a incarné et on s'en souvient tous le visage scientifique de la crise au moment du Covid-19 en France.
00:35L'auteur d'un médecin du front, c'était le titre d'un essai qu'il avait copublié aux éditions du Seuil.
00:43On peut dire de lui que c'est un passeur entre la recherche, l'Etat et la société. Les sujets dont il s'empare avec l'ensemble des états généraux sont absolument passionnants.
00:55Bonjour Jean-François Delfraissy.
00:57Bonjour.
00:57Et bienvenue de très nombreux sujets à aborder avec vous. 0145 24 7000, les auditeurs connaissent le numéro pour vous interroger ou réagir.
01:07L'application Radio France est là également. Jean-François Delfraissy, vous êtes le président de ce comité consultatif national d'éthique qui organise des états généraux de la bioéthique.
01:19Comme tous les cinq ans, c'est inscrit dans la loi. Six mois d'audition, de débats avec la publication d'un bilan en juin.
01:26L'avis de votre comité à la rentrée, c'est absolument passionnant parce que ce sont les grandes questions auxquelles nous sommes confrontés.
01:33On va partir tout simplement de la définition de la bioéthique. La bioéthique pour qu'on s'entende bien. Jean-François Delfraissy, pourquoi est-ce que cette édition de 2026 est si importante ?
01:45La bioéthique se situe au niveau de l'explosion des connaissances scientifiques qui évoluent.
01:55Et cette connaissance scientifique a un impact évidemment sur la société.
02:00Et puis par ailleurs, la société évolue elle-même, indépendamment de la science.
02:04Et donc à la rencontre à la fois de cette évolution de la science et de l'évolution de la société,
02:09on peut se poser la question de finalement quel monde voulons-nous pour demain
02:13autour de deux grandes valeurs qui sont la valeur de l'autonomie, d'une valeur éthique qui est cette valeur de liberté individuelle.
02:21J'ai droit à, on respecte ma liberté.
02:24Et l'autre valeur qui est la solidarité, c'est-à-dire, et que nous avons tous à certains moments,
02:29s'occuper des personnes les plus fragiles et de la fragilité qu'induit aussi d'ailleurs la maladie.
02:34Alors il y a de très nombreuses questions que vous allez aborder.
02:38La question de la GPA, des questions qui se posent sur le plan génétique avec les avancées considérables de la science,
02:45les questions liées au numérique et aux innovations portées par l'intelligence artificielle.
02:51Mais c'est vrai que cinq ans, c'est long.
02:53Un quinquennat, c'est long Jean-François Delfraissy.
02:56En cinq ans, les deux piliers que sont la démocratie et la science n'ont jamais été aussi fragilisés dans notre société.
03:03C'est celui de la place du citoyen dans la réflexion, de la façon dont le politique s'appuie sur la recherche.
03:09Je vous cite.
03:10En quoi est-ce que ces états généraux de la bioéthique sont une réponse à ces défis ?
03:15Alors ils surviennent dans un contexte évidemment géopolitique complexe, on le voit bien au niveau international,
03:20et en particulier aux Etats-Unis, qui est quand même le pays de la science,
03:24enfin qu'il était en tout cas jusqu'à maintenant.
03:26Ils surviennent aussi dans un contexte où il y a sinon un doute sur la science,
03:31peut-être de la part de la plus jeune génération, un questionnement sur est-ce que la science est toujours source de progrès ?
03:38Et probablement avec une question qui vient de la relation avec les modifications climatiques et les changements.
03:45Donc ce contexte est un peu différent.
03:48Et inversement, l'innovation, la science elle-même, n'a jamais été aussi puissante, forte.
03:55Il suffit de lire des très grands journaux médicaux chaque semaine pour avoir des surprises encore de comment,
04:00à partir de la science fondamentale, on a maintenant des nouvelles molécules qui permettent d'aborder certaines questions médicales
04:07qui étaient jusqu'à maintenant en dessous du radar.
04:09Ou même impensables.
04:10Ou même impensables par certains côtés.
04:11Alors justement Jean-François Delphrécy, il y a deux piliers, il y a le droit international et il y a la science.
04:16Le droit international, on sait qu'il est remis en cause en ce moment.
04:18La science, on a eu il y a quelques semaines à ce micro le président de l'Institut Curie
04:22qui lançait un appel à sauver la science en danger.
04:25Est-ce qu'elle l'est effectivement d'après vous ?
04:27Non, enfin ça a été bien, vous l'avez rappelé, la science est un des piliers de la démocratie
04:32avec le droit et avec évidemment le vote des citoyens.
04:36Et ce respect de la science est en permanence en tension.
04:40Il est de façon évidemment très visible aux Etats-Unis.
04:42Je rappelle que c'est une très grande question pour le monde scientifique
04:46de voir comment ce monde américain est en train de se dégrader sous nos yeux.
04:51Les Etats-Unis viennent de quitter l'Organisation Mondiale de la Santé.
04:53Il peut l'être, oui tout à fait, il peut l'être aussi en Europe.
04:56Il peut l'être également en France.
04:58C'est-à-dire qu'on pense qu'avec notre ADN républicain,
05:03on peut se défendre contre éventuellement des partis extrêmes
05:08qui poseraient la question et qui ne s'appuieraient pas sur la science.
05:11Il faut qu'on passe très attention à ça.
05:13Le deuxième élément, et qui est un élément français,
05:15quels que soient d'ailleurs les partis politiques,
05:18et que la recherche en France n'est pas considérée comme une priorité.
05:22Je sais qu'il y a de multiples questions en ce moment sur l'aspect budgétaire,
05:26mais fondamentalement depuis des années, ce n'est pas une priorité.
05:30On va filer au standard pour prendre la question d'un auditeur
05:33qui nous appelle de Lyon, Adrien.
05:35Mais c'est vrai que vous posez une question,
05:37jusqu'où aller en médecine face au progrès de la science,
05:41face également à l'ampleur des mensonges et de l'incertitude
05:46qui accompagnent le développement de la science,
05:50et particulièrement dans le domaine médical.
05:52Mais on va filer donc au standard.
05:54Bonjour Adrien.
05:55Bonjour.
05:56Et bienvenue sur France Inter.
05:58Vous avez une question pour Jean-François Delfraissy.
06:01Bonjour M. Delfraissy.
06:04Nous sommes papa avec mon mari,
06:07qui va avoir 10 ans,
06:08qui est né d'une GPA éthique aux Etats-Unis.
06:11Lors des derniers débats autour de la loi éthique,
06:14beaucoup de fantasmes et beaucoup de contre-vérités ont circulé,
06:18très bien organisées par des gens qui sont contre les droits
06:21des personnes LGBTQIA+, en particulier.
06:23Je dois dire qu'il a manqué une voix lors de ces échanges,
06:27c'est celle des femmes qui portent ces enfants
06:30pour ces couples désireux d'avoir un enfant et de fonder leur famille.
06:34Ma question est simple.
06:35Est-ce que cette fois-ci, vous avez prévu de donner la parole à ces femmes
06:39et de comprendre pourquoi est-ce qu'elles le font ?
06:42Et enfin, quelle est votre position sur la GPA éthique ?
06:45Est-ce qu'elle a évolué depuis la dernière loi de la bioéthique ?
06:48Merci à vous.
06:48Merci Adrien pour votre témoignage et pour votre question.
06:52Jean-François Delfraissy.
06:52Oui, c'est une des questions qui va être dans la discussion
06:55à la fois des auditions et bien sûr des débats
06:58qui vont être organisés dans toutes les régions de France
07:00par les espaces éthiques régionaux.
07:04À ce stade, je n'ai pas à prendre position.
07:07Mon rôle est d'écouter, d'écouter les citoyens,
07:10de vous écouter sur des sujets qui sont difficiles
07:13où la réponse n'est ni blanche ni noire.
07:15Elle peut être soit au milieu, soit nuancée.
07:18Et évidemment, c'est une des questions qui va se poser
07:20lors des états généraux.
07:21La question de la GPA, c'est une question qui commence maintenant
07:24à revenir de manière très régulière.
07:27Mais il y a également ce qu'on appelle la ROPA.
07:28C'est une technique de PMA qui est réalisée au sein d'un couple de femmes.
07:32L'une fournit les ovocytes, l'autre porte l'enfant.
07:35C'est une pratique qui est autorisée en Espagne, par exemple,
07:38mais qui est interdite en France.
07:39Les états généraux, c'est aussi l'occasion de prendre acte des lois,
07:43des avancées législatives de nos voisins européens, par exemple,
07:47et de les intégrer dans le débat public ?
07:49Oui, bien sûr.
07:50Nous avons d'abord des relations permanentes avec les différentes structures qui existent
07:57et les comités nationaux d'éthique européens.
08:00Et puis, on va les écouter.
08:01C'est-à-dire, après le premier bilan des états généraux qui aura eu lieu au mois de juin 2026,
08:06on aura, on va avoir deux réunions avec les présidents des comités d'éthique,
08:11à la fois certains européens, plus le Canada.
08:14Pas les états-unis, parce que je rappelle, je rappelle,
08:17que le comité d'éthique qui était fédéral,
08:19qui était auprès du président des états-unis, a été supprimé par Trump 2.
08:23Mais vous venez de bien décrire le processus.
08:26C'est-à-dire, c'est des états généraux qui sont consultatifs.
08:29C'est un véritable exercice de démocratie participative.
08:31Il y a des débats pendant cinq mois, il y a la synthèse, il y a votre avis en novembre.
08:35On a vu que sur les derniers exercices de démocratie participative,
08:39qui étaient les conventions citoyennes,
08:41sur la fin de vie, sur l'environnement, sur les temps de l'enfant,
08:44ça n'a toujours pas abouti à quelque chose de concret aujourd'hui.
08:48Est-ce que vous avez un message à ceux qui nous gouvernent,
08:52à ceux qui légifèrent ?
08:54Oui, la démocratie participative est un élément, à mes yeux, essentiel.
08:58Parce qu'elle permet, dans cette démocratie difficile dans laquelle nous sommes en France,
09:04qui est en difficulté de réflexion,
09:07elle permet d'écouter les voix des citoyens sur des sujets difficiles.
09:10Et en particulier, c'est le cas en santé, on peut l'imaginer sur d'autres sujets.
09:14Ce qui a été fait sur la fin de vie, avec un avis du Comité national d'éthique,
09:19puis ensuite une convention citoyenne, beaucoup de débats en région,
09:23voilà, on est maintenant dans ce temps politique,
09:25avec cette navette entre Assemblée nationale et Sénat.
09:29Avec le Sénat qui vient de rejeter l'aide à Maurer.
09:31Je dirais, la fin n'est pas terminée, c'est-à-dire que ça va repasser à l'Assemblée nationale
09:35et on peut imaginer que nous ayons finalement une loi sur la fin de vie avant la fin de l'année 2026.
09:43Donc le message est, oui, utilisons, faisons le bilan,
09:47la France n'est pas en retard, au contraire,
09:48par rapport à d'autres démocraties européennes sur ces enjeux de consultation citoyenne,
09:54mais il faut bien sûr qu'il y ait une forme d'écoute
09:57et ensuite de quelque chose qui apparaît dans une loi.
10:01Ce qui est intéressant, c'est que vous n'avez jamais eu peur de l'incertitude et du doute,
10:05vous l'avez même érigé en méthode lorsqu'on traversait la pandémie.
10:10Vous dites, Jean-François Delfraissy,
10:11que nous entretenons l'illusion de l'égalité en matière de santé.
10:16L'égalité est une illusion, il faut rechercher l'équité.
10:19Pourquoi ? C'est le signe d'un système,
10:22un système de santé aujourd'hui en France qui est à bout de souffle ?
10:26Enfin, dans notre ADN républicain,
10:29on pense, et notre système de soins est quand même un système de soins assez exceptionnel,
10:35par rapport, mettons, même aux Etats-Unis, comme je l'évoquais tout à l'heure,
10:38on pense qu'on va vers une situation égalitaire.
10:41Or, ce n'est pas le cas.
10:43Je cite souvent cet exemple,
10:45sur le RER Nord-Sud, il y a une différence de 7,4 ans
10:48entre Sceaux et certaines régions du 9-3.
10:51Par ailleurs, et le Covid l'a bien montré,
10:54les géographes, un certain nombre de scientifiques,
10:57montrent bien qu'on a en France une trentaine de zones
11:00qui sont des parties de banlieue, des parties de ville,
11:03des parties de territoire un peu isolée,
11:06où ils cumulent tous les problèmes,
11:07c'est-à-dire l'accès aux soins, l'accès à la justice,
11:10l'accès à l'école, l'accès à l'université.
11:12Et donc la question qui est posée,
11:14c'est est-ce qu'on reste dans une vision égalitaire
11:17que nous n'arrivons pas à atteindre,
11:19mais qui est quand même une belle vision,
11:21où est-ce qu'on va vers l'équité,
11:23c'est-à-dire mettre les moyens,
11:24là où il y en a le plus besoin.
11:26Il y a la question des dépenses de soins
11:28qui est aussi cruciale,
11:30on va revenir sur des questions plus pointues
11:32et liées à l'innovation,
11:33mais la question des dépenses de soins,
11:35elle représente 95% du budget de la sécurité sociale.
11:39Elles se font, ces dépenses,
11:40au détriment de la prévention ?
11:42Ou plus exactement,
11:43la prévention n'est pas suffisamment mise en avant.
11:45Elle n'est pas suffisamment mise en avant
11:47par le politique, parce que c'est du temps long,
11:49par les citoyens,
11:50parce qu'il y a une question individuelle
11:52de dire « mais si j'ai le droit de fumer,
11:54si je veux fumer, j'ai le droit de fumer »,
11:57et par les médecins eux-mêmes,
11:59qui est moi le premier d'ailleurs,
12:00qui poussent en permanence
12:01à plutôt une médecine de l'innovation.
12:04Alors qu'on sait que, très bien,
12:07que dans les déterminants de la santé,
12:0980% de la santé est liée
12:11à des déterminants environnementaux,
12:12culturels, alimentaires,
12:14qui ne sont pas liés aux soins.
12:16Et c'est quelque chose de très nouveau
12:18de faire rentrer ce message
12:20à la fois dans la tête de nos citoyens,
12:21mais dans la tête de nos propres médecins.
12:24Et donc c'est évidemment,
12:25avec un enjeu majeur de la prévention,
12:27tout euro mis dans la prévention
12:29a une rentabilité beaucoup plus grande
12:31que la mettre dans le soin.
12:32Alors il ne faut pas opposer les deux,
12:33mais il faut mettre plus d'argent,
12:35plus d'idées nouvelles,
12:37plus de conceptions,
12:38et donc plus de vision politique
12:40dans la prévention.
12:41Et puisqu'on parle d'argent,
12:42il y a ce trou de la sécurité sociale,
12:44c'est encore 23 milliards l'an dernier,
12:45évidemment ça fragilise
12:46notre système de santé.
12:48Et il y a le coût des médicaments
12:50qui augmente,
12:50parce qu'il y a des traitements
12:51très innovants,
12:52c'est ce que vous disiez,
12:52l'innovation qui avance
12:54et des traitements qui coûtent
12:55extrêmement cher
12:55et qui vont être remboursés
12:56par l'assurance maladie,
12:57donc ça creuse le trou.
12:59Est-ce que ça c'est un sujet
13:00pour la future loi bioéthique ?
13:01Oui, c'est un sujet qui rentre
13:04dans le cadre un peu de l'idée
13:06de la sobriété
13:07ou d'une forme finalement
13:09de questionnement éthique
13:12sur un juste soin.
13:15Et dans le juste soin,
13:16il n'y a pas trop limité probablement
13:19et ne pas abuser
13:20d'un certain nombre de prescriptions,
13:22ne pas aller dans des situations
13:24déraisonnables
13:24où on conduit des patients
13:27à une fragilité
13:28qui est beaucoup plus grande.
13:29où c'est le système de soins
13:30qui génère même
13:31cette situation de fragilité.
13:34Il y a bien sûr
13:34le coût des médicaments.
13:36Les médicaments innovants,
13:38voilà,
13:38c'est l'industrie pharmaceutique,
13:39la Big Pharma internationale,
13:41innove,
13:41ça il faut lui reconnaître,
13:42elle fait le job
13:43et elle fait un job
13:44qu'on lui a confié
13:45il y a quelques dizaines d'années.
13:47Mais maintenant,
13:48à des coûts
13:48qui ne sont pas raisonnables,
13:50qui ne correspondent absolument pas
13:51aux coûts de production
13:53ni même aux coûts de recherche.
13:54Comment s'y préparer ?
13:55Comment s'y préparer justement
13:56puisque c'est le mouvement naturel
13:58de la science,
13:59l'innovation,
14:00la recherche et le développement
14:01en médecine
14:02et dans les Big Pharma,
14:03ça coûte de plus en plus cher.
14:05Et pourtant,
14:06il y a un système en France
14:08qui prend en charge,
14:10nous sommes le pays
14:10où le reste à charge
14:11pour les malades
14:12est le plus faible
14:13parmi les membres de l'OCDE.
14:14Oui,
14:16et la question
14:18n'est pas
14:19de bloquer l'innovation,
14:21c'est au contraire
14:22en se posant la question
14:24du juste soin,
14:25du juste prix,
14:27de se dire
14:27qu'on peut
14:28avec l'enveloppe
14:29qui existe
14:30à la fois garder
14:31une marge
14:32pour cette innovation
14:33en sachant
14:34qu'une fois de plus
14:35le prix d'un certain nombre
14:36de médicaments
14:37est totalement déraisonnable
14:38là maintenant
14:39et qu'il faut
14:39que l'industrie pharmaceutique
14:41finisse par le comprendre
14:42parce que l'enveloppe globale
14:44va exploser.
14:45On va passer
14:45de 8,5%
14:47qui est à peu près
14:47le coût du médicament
14:48dans le budget
14:49à des choses
14:51autour de 19%.
14:52Exemple de ce qui vous semble
14:53trop onéreux
14:55ou aberrant ?
14:56Par exemple,
14:57arrivent sur le marché
14:57vous le savez
14:58tous les produits
14:59anti-obésité
15:00de type anti-GLP1
15:02vont arriver
15:03dans les nouveaux
15:05enjeux
15:06de l'immunothérapie
15:07dans le cancer
15:08ou de l'immunothérapie
15:10même en neurosciences
15:11par exemple
15:11qui va permettre
15:12de peut-être
15:13c'est encore prématuré
15:15mais peut-être
15:16d'être une nouvelle
15:16porte d'entrée
15:17pour le traitement
15:18des maladies neurocognitives
15:20enfin le système
15:21ne pourra plus continuer.
15:22Mais vous avez entendu
15:23l'échange entre
15:23Donald Trump
15:24et Emmanuel Macron
15:25cette semaine
15:25sur le prix des médicaments
15:26avec Donald Trump
15:27qui se vantait
15:28d'avoir forcé
15:29Emmanuel Macron
15:30à augmenter
15:30le prix des médicaments
15:31américains
15:31sur le marché français
15:33et le démenti
15:34de l'Elysée
15:34évidemment
15:35quel regard vous portez
15:36là-dessus ?
15:37Non je n'ai pas
15:38de regard
15:39je ne suis pas un politique
15:40écoutez je vais
15:41mais sur le point de vue
15:43de santé
15:43du point de vue
15:45de santé
15:45et bien
15:46voilà je vais être
15:47un peu provocateur
15:48puisque vous me provoquez
15:49je vais dire
15:51qu'il faut aussi
15:53que la médecine
15:54peut-être
15:55s'occupe
15:55de l'état mental
15:56du président
15:57des Etats-Unis
15:57c'est là
15:59il y a du boulot
16:00en l'occurrence
16:00il y a plusieurs auditeurs
16:03qui vous écrivent
16:05et notamment
16:05pour bien comprendre
16:07ce qui se joue
16:07dans ces Etats généraux
16:08c'est le cas de Jean-Louis
16:09qui cite
16:11ce que l'on conçoit bien
16:13s'énonce clairement
16:14qui cite Descartes
16:15pourquoi est-ce que
16:15les avis
16:16sur ces questions
16:18sont si difficiles
16:19à comprendre
16:19pour le grand public
16:20vous organisez
16:21des Etats généraux
16:22c'est-à-dire que
16:22vous cherchez
16:23l'implication
16:24des citoyens
16:25vous cherchez
16:25à éclairer
16:26les débats
16:27ça porte sur des sujets
16:28qui concernent tout le monde
16:30pourquoi est-ce que
16:31c'est compliqué
16:32de suivre
16:32pour nous citoyens
16:33nous ne sommes pas
16:34assez formés
16:35nous n'avons pas
16:37fait l'effort
16:38de comprendre
16:38ce qui se jouait
16:40aujourd'hui
16:40non ce sont
16:42des sujets difficiles
16:43les avis du CCNE
16:44sont souvent complexes
16:45on essaie de les simplifier
16:47mais ils sont souvent complexes
16:48c'est justement
16:49l'opportunité
16:50à l'occasion
16:50des Etats généraux
16:51et les espaces éthiques
16:52régionaux
16:53savent le faire
16:54de faire remonter
16:55sur un sujet
16:56qui est préparé
16:57qui est expliqué
16:58et d'avoir ensuite
16:59je dirais la vision
17:00et les remarques
17:01qui peuvent être portées
17:03par les citoyens
17:03même sur des sujets
17:05difficiles
17:06les citoyens
17:07sont toujours plus
17:08intelligents
17:09qu'on ne le croit
17:09et ils peuvent
17:10poser des questions
17:11par exemple
17:12prenons les tâches génétiques
17:13qui sont quelque chose
17:15qui est très compliqué
17:16la nouvelle génomique
17:17interdit en France
17:18et sur une question
17:20sur les questions simples
17:21faut-il que la loi évolue
17:23pour permettre
17:24l'utilisation des tâches génétiques
17:25en population générale
17:26Ah bah il y a le droit
17:26et l'effet
17:27300 000 français
17:28ayant recours
17:29chaque année
17:29à ces tests génétiques
17:30soit individuels
17:32pour avoir
17:33un retour vers leur origine
17:34soit à titre
17:36préconceptionnel
17:38avec la question
17:40donc avec une vision médicale
17:41je pense
17:42que sans comprendre
17:43totalement
17:44les mécanismes
17:45de la délice génétique
17:46on peut poser
17:47la question française
17:48on va d'ailleurs
17:48le faire
17:49avec le jury citoyen
17:50qui est monté
17:51avec le CESE
17:51à qui on va poser
17:53cette question
17:53autour des tests génétiques
17:55Alors il y a aussi
17:55la question
17:56des innovations
17:57liées à l'intelligence artificielle
17:59vous dites que pour vous
18:00le numérique
18:01c'est pas un séisme
18:02est-ce que vous n'êtes pas
18:03trop optimiste
18:04Jean-François Delprécy
18:06quand on voit par exemple
18:07que l'entreprise
18:08OpenAI
18:09qui est à l'origine
18:10de ChatGPT
18:11a lancé début janvier
18:13ChatGPT Santé
18:14pour répondre
18:15à nos questions santé
18:16est-ce que ça vous inquiète
18:17qu'un robot
18:19puisse nous donner
18:20des conseils
18:21santé ?
18:22Non, ça va changer
18:24radicalement
18:24la médecine
18:26c'est donc
18:27un changement profond
18:28après est-ce que
18:29c'est un séisme
18:30vous savez
18:30par un neurologue
18:31il y a 50 ans
18:32qui faisait
18:33un examen clinique
18:34de 3 heures
18:35pour détecter
18:36une tumeur cérébrale
18:37et qui maintenant
18:38avec une IRM
18:39a le diagnostic
18:41en 5 minutes
18:42vous voyez
18:42qu'on a vécu
18:43déjà un certain
18:44nombre de séismes
18:46Non, je pense
18:46que ça va profondément
18:47modifier
18:48pour deux raisons
18:48d'abord sur la formation
18:50des études médicales
18:51puisque finalement
18:52avec CHAP-GPT
18:53par exemple
18:53c'est assez extraordinaire
18:55je veux dire
18:55on arrive à une série
18:58de diagnostics
18:59de préconisations
19:00pour le médecin
19:02et puis
19:03on va avoir
19:04de plus en plus
19:05des patients
19:06qui vont arriver
19:07en ayant consulté
19:08CHAP-GPT avant
19:09moi je l'ai connu
19:10c'était pas
19:12le numérique
19:12mais je l'ai connu
19:13au démarrage
19:14du VIH
19:15où on avait
19:16des associations
19:16de patients
19:17qui arrivaient
19:17en connaissant
19:18des choses
19:18autant que nous
19:19c'est-à-dire que
19:20quand on est
19:20dans l'inconnu
19:21et bien évidemment
19:22mais c'est un nouveau
19:23dialogue qui va exister
19:24qui va s'appuyer
19:25sur le numérique
19:26avec entre médecin
19:28et patient
19:29mais là on a
19:29les bons garde-fous
19:30sur l'intelligence artificielle
19:31parce qu'elle est partout
19:32vous le disiez
19:32ça peut être aussi
19:33dans le diagnostic
19:33par exemple
19:34nos données sont protégées
19:36il peut pas y avoir
19:36de dérapage
19:37on en est où ?
19:38si et ça va faire
19:39l'objet
19:40d'une série
19:41de questionnements
19:42je rappelle
19:42que nous avons
19:43à côté du CCNE
19:44un CCNE numérique
19:46qui existe maintenant
19:47depuis le mois de septembre
19:49qu'on va interroger
19:50également sur ces enjeux
19:51ça pose une série
19:53de questions
19:53sur les bases de données
19:54une série de bases de données
19:55sur les données médicales françaises
19:57sont dans un modèle américain
19:59et on peut s'interroger
19:59s'il faut le laisser
20:00comme tel
20:01avec ce qui est en train d'arriver
20:02par exemple
20:03c'est une première question
20:04et puis la seconde
20:05c'est ce qui se passe
20:06dans un certain nombre
20:07d'hôpitaux
20:08où vous avez vu
20:08que l'ensemble
20:09des données des patients
20:10sont piratées
20:11peuvent être captées
20:11et prises
20:13donc il y a une série
20:14de questions qui existent
20:15mais est-ce que
20:16fondamentalement
20:18fondamentalement
20:19l'avis du médecin
20:21et dans le dialogue
20:22médecin-patient
20:23sera la base
20:25et restera la base
20:26du métier médical
20:28il y a énormément
20:29de questions
20:30sur l'application
20:31Jean-François Delfraissy
20:32elle concerne
20:33beaucoup de sujets
20:34éthiques
20:35et ça passe
20:36de l'aide à mourir
20:37en passant
20:38par la FIV
20:39mais beaucoup
20:40de questions
20:40portent sur la science
20:42et sur la vérité
20:43et notre rapport
20:44à la vérité
20:45c'est ce que dit
20:46Dominique
20:47c'est la question
20:48que pose Sandra
20:49est-ce que les scientifiques
20:50mettent en place
20:50qu'est-ce que les scientifiques
20:52mettent en place
20:52pour lutter
20:53contre les fausses informations
20:55et il y a
20:57une question
20:57qui s'est beaucoup posée
20:58pendant la pandémie
20:59vous l'avez affrontée
21:00mieux que quiconque
21:01qui doit décider
21:02de la manière
21:03dont on doit affronter
21:04une maladie
21:05est-ce que c'est le médecin
21:06est-ce que ce sont
21:07les citoyens
21:08est-ce que ce sont
21:09les politiques
21:09est-ce qu'on peut faire
21:11travailler les trois
21:12ou est-ce que c'est
21:12de l'ordre de l'utopie
21:13non il faut évidemment
21:15faire travailler les trois
21:16et c'est là
21:17où est toute la discussion
21:19je rappelle
21:19que les deux enjeux
21:22de la médecine actuelle
21:24sont premièrement
21:25considérés
21:26que la maladie
21:26n'appartient
21:27ni aux médecins
21:28ni aux systèmes de soins
21:29ni aux politiques
21:30qu'elle appartient
21:31fondamentalement
21:32aux patients
21:32et aux citoyens
21:34ça c'est une base
21:35de départ
21:35le second point
21:37qui est fondamental aussi
21:39c'est que
21:40dans la décision
21:41qui peut être prise
21:42sur des enjeux de santé
21:43la décision doit être politique
21:45en étant dans une démocratie
21:46elle doit être politique
21:47mais elle doit s'appuyer
21:49sur la science
21:50et avec
21:51en tenant compte
21:52de la vie des citoyens
21:53c'est finalement
21:54ce triangle
21:55de la démocratie
21:57en santé
21:57qui est fondamental
21:59pour l'évolution
22:00de notre démocratie
22:00en France
22:01et puisqu'on parle
22:02de fausses informations
22:03autant que je rectifie
22:05ce que j'ai dit tout à l'heure
22:05ce qui s'énonce clairement
22:08la citation
22:09elle n'était pas de Descartes
22:10mais de Boileau
22:11voilà pour la rectification
22:13l'eratum
22:13de fin d'entretien
22:14merci infiniment
22:15Jean-François Delphrécy
22:16d'avoir été l'invité
22:17de France Inter
22:18mon courage
22:19ces sujets sont enthousiasmants
22:21et on lui suivra
22:21avec passion
22:22merci
22:23mais on va le mener
22:24avec enthousiasme
22:25et je dis aux citoyens
22:26participer
22:27aux états généraux
22:28participer
22:29à l'ensemble des débats
22:30dans vos régions
22:31y compris en Outre-mer
22:32et France Inter
22:33se mobilise avec vous
22:34merci
22:35à l'heure
22:36à l'heure
22:36à l'heure
22:37à l'heure
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