00:00Bonjour Djimadou Mandekor.
00:01Bonjour à vous.
00:02Pour quelles raisons le FMI est-il inquiet de la situation économique de la CEMAC ?
00:07Le FMI a des consultations régulières avec les États,
00:12mais également avec les unions monétaires comme la CEMAC ou la BCAO pour indiquer une comparaison
00:18et a priori la BCE, l'Union Européenne.
00:22Et dans ce cadre, fin 2024, ils ont eu des entretiens,
00:26ils ont pris des engagements, on va dire, communs,
00:29mais à cette occasion-là, après avoir examiné d'ailleurs les résultats,
00:33les performances des économies de la sous-région, donc vers la fin de l'année 2024.
00:38Et sur cette base, ils avaient réitéré en fait effectivement leurs préoccupations
00:43qui portent essentiellement sur ce qu'ils voyaient, d'après les chiffres,
00:48une détérioration des avoirs extérieurs,
00:52mais également au niveau des finances publiques, au niveau des budgets des États.
00:56Et cela leur faisait craindre, par ailleurs, des risques sur la viabilité du secteur bancaire.
01:05Donc sur cette base-là, ils ont émis des suggestions de politiques,
01:10les chefs d'État se sont réunis,
01:12mais ils ont perçu que peu de mesures concrètes ne sont venues,
01:19donc pour résoudre, diminuer, on va dire déjà, ces déséquilibres qui étaient perçus.
01:26Ne voyant pas cela, ils ont dû saisir effectivement les chefs d'État de la CEMAC
01:32pour faire part de nouveau de leur inquiétude.
01:36Qu'est-ce qui provoque le plus d'inquiétudes pour le Fonds monétaire international ?
01:42Les déséquilibres budgétaires, par exemple, ont dit,
01:45les dépenses sont en forte hausse alors que les revenus ne suivent pas.
01:48Tout à fait. Et ça, ça impacte en réalité directement tout le reste.
01:53Notamment le solde extérieur, la balance commerciale,
01:56cela va notamment effectivement impacter très mécaniquement les avoirs, les réserves en devise.
02:03C'est-à-dire que les devises rentrent moins et notamment parce que les devises étrangères
02:09viennent des matières premières, du pétrole, dont les cours sont fluctuants et plutôt en baisse.
02:14Déjà, en 2024, les cours ont commencé par baisser.
02:17En 2025, les cours sont restés bas.
02:20Et voilà, donc des recettes effectivement d'exportation plutôt à la baisse
02:25et des importations qui ont eu tendance à augmenter,
02:30notamment en liaison avec la tenue des élections dans plusieurs pays.
02:37Déjà 2024 au Tchad, 2025, vous avez eu le Gabon, le Cameroun, la RCA.
02:45Avec en perspective le Congo qui a des élections au cours de cette année,
02:50vous imaginez que donc tout cela accumulé peut effectivement aboutir à une dégradation assez rapide.
02:57Et l'autre élément d'ailleurs que semble pointer le FMI,
03:02c'est aussi l'arrivée à échéance de prêts ou d'avances reçus par les États,
03:09y compris de sa part, les prêts du FMI à ces États ainsi que d'autres institutions,
03:16notamment lorsqu'ils avaient contracté des accords avec les États lors de la crise de 2014-2016.
03:29Cela arrive à échéance.
03:31Il faut devoir les rembourser, les rembourser en devise.
03:35Et cela effectivement viendra réduire sensiblement les réserves en devise.
03:44Un sommet extraordinaire de la CEMAC était donc organisé hier à Brazzaville.
03:48Qu'est-ce que vous pensez des préconisations qui ont été faites ?
03:52Mesures de redressement dans chacun des pays,
03:54rapatriement des avoirs bancaires détenus à l'extérieur de la zone CEMAC
03:58et politiques pour renouer avec le FMI.
04:00Qu'est-ce que vous pensez de ces recommandations ?
04:03Elles étaient attendues.
04:05Les mêmes avaient été émises notamment en décembre 2024 et peut-être avant.
04:11Et donc, ce qu'on attendait aussi, et que le FMI même attendait,
04:20c'était qu'on soit peut-être bien plus ferme en termes d'engagement
04:24au niveau des politiques budgétaires.
04:28Et donc, le FMI réclame que les États adoptent dans leur règle de la CEMAC
04:35des sanctions qui viennent des sanctions, mais pécuniaires.
04:41En cas de non-respect de la discipline budgétaire,
04:45est-ce que le FMI est entendu de votre point de vue ?
04:49Ça ne semble pas, puisque le communiqué final ne dit rien sur cet aspect des choses.
05:02Ça, pour moi, c'est effectivement un point crucial.
05:05La réponse ne vous paraît pas tout à fait à la hauteur de la situation ?
05:09Voilà, ça indique que pour le FMI, le risque reste important.
05:20Peut-être que les choses pourront se rattraper à l'occasion des discussions bilatérales,
05:27notamment, qui devront être menées.
05:29Et l'autre point clé, c'est aussi sur les modes de financement des déficits
05:37qui devraient rester, enfin, exister encore en 2026 et peut-être au-delà.
05:45Et sans connaître, évidemment, en avance, comment le marché du pétrolier va évoluer.
05:53Merci, Jim Hadoun.
05:54M'en décore.
Comments