00:00Bobby Wine, hello.
00:02Hello.
00:03First of all, how are you? And above all, are you in security?
00:07Being alive, I need to be in peace.
00:10And I should be happy to have survived just here.
00:12And about security, no, I'm not in security.
00:15I'm being chased by the army without having committed the most crime.
00:19I'm hiding.
00:20My wife and my family are not in security.
00:22They are encircled by the army.
00:24They can't go out, no one can enter.
00:26They can't go out, no one can go out, no one can go out, no one can go out, no one can go out.
00:32Depuis l'élection du 15 janvier,
00:34comment décririez-vous le climat en Ouganda en ce moment?
00:38Nos concitoyens sont massacrés.
00:42Il y a un massacre silencieux encore.
00:44Le fils de Museveni a fait une sortie il y a deux jours
00:47et il a regretté de n'avoir tué que 22 des nôtres.
00:50Il aurait voulu en tuer davantage.
00:52Nous avons aussi des informations en faisant état de plus de 100 personnes tuées à travers le pays.
00:57Des gens sont arrêtés sans avoir commis le moindre crime.
01:00Trois des vice-présidents de mon parti ont été arrêtés.
01:03Deux d'entre eux sont des femmes et je ne sais pas où elles sont.
01:06Elles ont été interpellées la veille du jour du vote et cela fait maintenant 7 jours.
01:10Personne ne sait où elles se trouvent.
01:12Mon vice-président en charge de la région Centre a également été arrêté aujourd'hui.
01:16Cela fait suite à ce qu'il s'est passé il y a une semaine,
01:19quand 10 personnes ont été abattues dans sa maison.
01:24Vous faites référence à votre député Mohamed Mwanga Kivoumbi dans le district de Bhutanbala.
01:30Il affirme que 10 de vos partisans ont été tués le jour du vote dans sa maison.
01:34De son côté, le président Yaroumuseveni parle de terroristes en visant les NUP après cet épisode.
01:40Comment réagissez-vous à ces accusations ? Et selon vous, que s'est-il passé ce jour-là ?
01:46Parmi ces 10 personnes, 8 étaient des femmes.
01:48Leur rôle, c'était de remplir des formulaires, de recevoir les résultats et de compiler les formulaires de déclaration des résultats.
01:55Ce qu'on appelle les « dear forms » qui arrivaient de différents bureaux de vote.
01:58Elles étaient dans la maison d'un homme politique le jour du scrutin et c'est là que la police les a trouvées puis les a abattues.
02:05Vous dénoncez des fraudes. Quelles preuves avez-vous concrètement ?
02:09Nous avons des preuves avant, pendant et après l'élection.
02:16Nous avons des vidéos montrant des policiers, des militaires et même des responsables de la commission électorale
02:21en train de précocher des bulletins en faveur de Yoweri Mousseveni.
02:25Nous en avons des dizaines et malgré cela, nous avons largement battu Mousseveni.
02:29Alors lui et la commission ont décidé de ne lire aucun résultat issu des formulaires de déclaration.
02:34Ils ont fabriqué des pourcentages et des chiffres et les ont annoncés sans preuves.
02:39Nous les avons mis au défi de publier ces formulaires par district.
02:42Ils ne l'ont pas fait parce qu'ils savent qu'ils n'ont pas ces preuves.
02:51Allez-vous saisir la justice pour contester les résultats ?
02:54Non, nous n'avons aucune confiance dans la justice en Ouganda. Elle est biaisée en faveur de Yoweri Mousseveni.
03:02Les prisonniers politiques n'obtiennent pas de liberté sous caution et même quand la Cour suprême rend des décisions,
03:07l'armée les piétine. Donc notre espoir n'est pas dans les tribunaux, notre espoir se trouve dans le peuple ougandais
03:13pour qu'il se lève et rejette toutes ces absurdités.
03:20Qu'est-ce que vous comptez faire maintenant ? Quelle est votre stratégie ?
03:24Et une troisième candidature est-elle envisageable en 2031 ?
03:28Nous appelons à la désobéissance civile. Nous appelons à une action non-violente,
03:34à des manifestations non-violentes contre le régime et à toutes les formes créatives de protestations possibles
03:39jusqu'à ce que le régime ressente la pression du peuple.
03:43Nous ne regardons même pas 2031 ni même l'année prochaine.
03:46Nous regardons le plus vite possible parce que le pouvoir qui s'impose à nous n'est pas notre choix.
03:51Nous devons nous libérer et rétablir la démocratie.
03:55Un mot pour nos auditeurs en Afrique francophone,
03:58notamment dans des pays où l'opposition dénonce aussi des dérives autoritaires.
04:02Que voulez-vous leur dire ?
04:04Les peuples qui vivent dans d'autres régimes autoritaires en Afrique
04:07doivent regarder ce qui se passe en Ouganda parce que nous souffrons de la même manière.
04:11Nous pouvons apprendre les uns des autres et nous soutenir en amplifiant nos voix respectives.
04:17Et qu'attendez-vous de la communauté internationale ?
04:20J'appelle la communauté internationale à demander des comptes au régime Ougandais.
04:27Je veux aussi leur dire merci.
04:29Nous apprécions, même si c'est peu, ce qui est fait pour soutenir la démocratie et les droits humains en Afrique.
04:34Mais les valeurs qui nous rassemblent, la démocratie, les droits humains, l'état de droit, doivent s'appliquer partout.
04:40Le standard de démocratie en Afrique devrait être le même qu'en Europe ou en Amérique du Sud.
04:45Condamner les dictateurs comme Loukachenko au Bélarusse ou encore Maduro au Venezuela,
04:49tout en fraternisant avec des dictateurs en Afrique, c'est du racisme pur et simple.
04:53Nous voulons être traités avec le même standard.
04:56Quand Internet est coupé pendant les élections, quand des citoyens sont abattus
05:00et que malgré cela des dirigeants de la communauté internationale continuent de coopérer avec des dictateurs africains
05:05comme s'ils étaient légitimes, c'est inacceptable.
05:08Il faut une remise à plat pour que nous soyons considérés comme de véritables partenaires à égalité.
05:16Bobby Wine, merci.
05:18Thank you very much.
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