00:001753, à bord du Thomas, ils ont retourné le navire contre les naviers.
00:06On parle souvent des captifs comme s'ils étaient passifs,
00:09comme s'ils ne savaient pas se battre,
00:12comme s'ils ne comprenaient pas les Européens.
00:14Mais dans le livre dont j'ai déjà parlé de Marcus Rediker,
00:17qui s'appelle « À bord du navier »,
00:19ce dernier raconte un épisode qui prouve l'inverse de manière glaciale.
00:25Mars 1753, sur le fleuve Gambie,
00:28« À bord du navire, il y a appelé le Thomas. »
00:31Et ce jour-là, les captifs ont rappelé une chose.
00:35Un captif n'est pas une marchandise.
00:37Un captif est un être humain en guerre.
00:41Rediker raconte que les captifs à bord du Thomas
00:43ont d'abord montré quelque chose de fou,
00:47qu'ils savaient exactement se coordonner,
00:49qu'ils savaient observer et surtout,
00:51qu'ils savaient frapper au bon moment.
00:54Écoutez bien cette phrase, elle est capitale.
00:56Après s'être eux-mêmes libérés de leur faire.
00:59Et ça, c'est à la page 429 de l'ouvrage.
01:02Donc, on comprend bien déjà une chose.
01:05Ils ne sont pas libérés, ils ne sont pas aidés.
01:08Ils se libèrent eux-mêmes.
01:10Et une fois libres, ils montent sur le pont principal.
01:14Et Rediker dit ceci toujours à la même page.
01:17Balancère, le second, par-dessus bord.
01:19Ils prennent l'avantage et les marins paniquent.
01:23Les marins tirent.
01:24Ils veulent écraser la révolte à coups d'armes à feu.
01:27Mais là, détail crucial.
01:29Les captifs remarquent une faiblesse.
01:31Les armes des Européens ne marchent pas correctement.
01:35Alors les captifs s'adaptent.
01:37Ils reviennent sur le pont avec ce qu'ils ont sous les mains,
01:40c'est-à-dire des matériaux du navire.
01:42Et Rediker écrit encore toujours à la même page,
01:45« Prire des bûches et des planches ».
01:47Et là, c'est une scène de guerre.
01:49Pas un incident, pas un désordre, une guerre.
01:53Ils combattent l'équipage.
01:54Ils ne sont que huit marins à ce moment-là.
01:57Et les captifs les repoussent jusqu'à la chaloupe.
02:00Comme vous l'imaginez, les marins fuient.
02:03Ils abandonnent le navire.
02:04Et Rediker lâche une phrase monumentale,
02:06toujours à la même page,
02:07« Laissant le sloop aux mains des armes ».
02:10Et ce passage est puissant,
02:12parce que Rediker ajoute juste après,
02:14qui d'ailleurs n'étaient déjà plus des armes.
02:17Qu'est-ce que cela veut dire ?
02:18Ça veut dire que dans ce moment-là,
02:21le navire a changé de camp.
02:22Le pouvoir a basculé.
02:24Ils ont repris le contrôle.
02:25Donc voici la vérité.
02:27Sur les navires navires,
02:29les captifs n'étaient pas seulement des victimes.
02:31Ils observaient comme je le disais.
02:33Ils apprenaient.
02:34Ils connaissaient les navires.
02:36Ils savaient se battre.
02:37Ils savaient se libérer.
02:39Et en 1753, sur le Thomas,
02:42ils ont montré au monde entier
02:44que même en plein océan,
02:46on peut briser le système
02:47par la force et l'intelligence.
02:49Si tu veux que je te raconte d'autres histoires,
02:52d'autres révoltes comme celle-ci,
02:54écris Thomas en Capital en commentaire.
02:56Sous-titrage Société Radio-Canada
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