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  • il y a 19 minutes
Ce vendredi 23 janvier, dans son édito, Raphaël Legendre est revenu sur les raisons qui pourront bloquer l'accord du Mercosur, ce dernier qui crée beaucoup de tensions entre les pays européens. Cette chronique est à voir ou écouter du lundi au vendredi dans Good Morning Business, présentée par Erwan Morice sur BFM Business.

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Transcription
00:00Raphaël, le genre de la tension monte en Europe autour du Mercosur.
00:03Le chancelier allemand assure que l'accord ne sera pas bloqué,
00:05malgré la décision des eurodéputés de saisir la justice européenne.
00:09En France, le gouvernement dénonce, lui, un possible viol démocratique.
00:13C'était la phrase d'hier.
00:14Alors concrètement, Raphaël, que va-t-il se passer ?
00:16Est-ce que cette saisine de la justice peut réellement bloquer l'accord ?
00:20La première chose à faire, c'est attendre la décision de la Cour de justice de l'Union européenne,
00:26qui va se prononcer sur trois points précis.
00:29Le premier point, c'est sur la procédure.
00:32Est-ce que la Commission a bien respecté les règles ?
00:36Et là, la réponse est connue d'avance, c'est oui, il n'y a absolument aucun doute sérieux là-dessus.
00:41Le deuxième point, il concerne les contrôles sanitaires aux frontières.
00:45Concrètement, avec cet accord du Mercosur, l'Union européenne doit déléguer une partie des contrôles
00:51aux pays exportateurs via des agences certifiées sur place.
00:57Et les députés, en posant la saisine devant la CJUE, estiment que cela pourrait violer le principe de précaution européen.
01:08En réalité, c'est une clause très classique dans tous les accords de libre-échange.
01:13Ça s'appelle la facilitation du commerce, dans le jargon des professionnels.
01:17On l'a mis en place avec plein de pays, avec le Maroc, avec l'Algérie, avec le Vietnam, avec la Turquie, j'en passe, et d'autres,
01:25sans qu'on ait jamais eu de problème sanitaire.
01:28On a beaucoup instrumentalisé les peurs autour de ces fausses hormones, des antibiotiques qu'on pourrait avoir sur le sol européen.
01:36En réalité, on n'a jamais eu de problème avec les autres pays.
01:39Pourquoi ? Parce que ces pays savent bien une chose, c'est qu'au moindre incident, leur vente s'effondrerait, tout simplement.
01:46Ils n'ont donc aucun intérêt à frauder.
01:49Et puis, il reste le troisième point, et c'est peut-être là le plus sensible juridiquement.
01:55Le traité prévoit qu'en cas de nouvelles réglementations sanitaires ou phytosanitaires en Europe,
02:03on sait qu'on aura probablement des nouvelles réglementations à venir,
02:08eh bien, ces réglementations pourraient réduire les exportations des pays du Mercosur,
02:13si on impose des nouvelles normes.
02:15Eh bien, il y a une clause qui impose à l'Europe d'augmenter d'autres quotas dans ces cas-là,
02:21pour compenser cette baisse, par exemple, je ne sais pas moi, du bœuf.
02:26Eh bien, le principal problème juridique est là,
02:28la question à laquelle va devoir répondre la Cour de justice de l'Union européenne,
02:31c'est est-ce que ce mécanisme de compensation pourrait dissuader à l'avenir le législateur européen
02:39de durcir ses règles sanitaires ou phytosanitaires,
02:44par peur d'avoir à les compenser commercialement ?
02:47Alors, c'est un débat d'intention, c'est plus fragile juridiquement,
02:51et c'est sur ce point que la Cour devra trancher.
02:54Alors Raphaël, quand est-ce qu'on aura la réponse de la Cour ?
02:57Alors, ça devrait aller assez vite.
02:58On a beaucoup entendu que ça pourrait durer deux ans, c'est pas vrai.
03:00Le sujet est devenu inflammable politiquement, donc la Cour ira vite.
03:04En 6 à 8 mois, elle peut le traiter.
03:07Certains, comme les Allemands, mettent quand même la pression
03:09et veulent que la Commission passe en force.
03:12Franchement, techniquement, c'est compliqué,
03:14et c'est surtout politiquement explosif.
03:17La Commission vient justement de publier une lettre d'intention au début du mois
03:21pour mieux travailler avec le Parlement.
03:24von der Leyen n'est pas en scinté au Parlement européen.
03:27Et là, ils sont promis de plus travailler ensemble,
03:29de faire circuler l'information.
03:31Et au moment où l'Europe tente de défendre l'État de droit
03:34face à la brutalité de Donald Trump,
03:37passer en force envoierait quand même un très mauvais signal.
03:40On a mis 25 ans à négocier ce traité.
03:43Franchement, on peut attendre 6 mois de plus.
03:45Ne pas le faire, ce serait une erreur politique
03:47et une faute démocratique.
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