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00:00Le choix de Parlons-en ce matin, c'est de ne pas oublier ce qui nous a beaucoup occupé ces trois dernières semaines
00:06et qui pourrait repasser sous les radars médiatiques à la faveur du blackout organisé par les autorités.
00:11C'est la révolte populaire en Iran.
00:13Notre rédaction reste mobilisée alors que les manifestants sont rentrés chez eux pour échapper à la répression.
00:19Notre responsabilité, c'est tenter d'établir les faits, le bilan de ce qu'Amnesty International appelle un bain de sang
00:24et tenter de se projeter sur la suite.
00:26Avec moi sur ce plateau, Mariam Pirzadeh et Bahar Makhoi, bonjour à toutes les deux.
00:32Iran, quel visage de la contestation ? C'est un numéro spécial de Parlons-en aujourd'hui.
00:37On a beaucoup de choses à dire et c'est parti.
00:49Bahar Makhoi, bonjour.
00:51Bonjour.
00:51Mariam Pirzadeh, bonjour.
00:52Vous êtes ici chez vous, journaliste à la rédaction de France 24.
00:57Mariam, vous avez été la correspondante de France 24 à Téhéran pendant plusieurs années.
01:02Avant que vous nous expliquiez votre travail, la façon dont vous travaillez et ce que vous avez obtenu ces dernières heures depuis l'Iran,
01:11on va retrouver à Téhéran notre correspondant Siavoj Ghazi.
01:13Bonjour Siavoj, ça fait trois semaines et demie maintenant qu'a commencé cette révolte populaire partie, on le rappelle, du bazar de Téhéran
01:21et qui s'est muée assez rapidement en révolte contre le régime.
01:26Il y a dans les dernières déclarations ce matin celle du chef de la police qui affirme, je cite, que le calme est revenu dans tout le pays aujourd'hui
01:35et qui assume que la priorité est maintenant faite aux arrestations des mineurs de ce mouvement ?
01:42Alors exactement, le général Radin a affirmé qu'avec le retour au calme, la police se concentrait désormais sur l'arrestation des leaders ou des meneurs des troubles.
01:53Tous les jours, nous arrêtons des personnes à travers le pays et aujourd'hui encore, nous avons arrêté de nouveaux leaders des troubles, a ajouté le chef de la police.
02:03Des milliers de personnes ont été arrêtées depuis un peu plus de trois semaines, mais pour l'instant, aucun chiffre officiel n'a été annoncé.
02:09Sur les arrestations, l'avis est revenu à la normale dans la capitale iranienne qui a retrouvé ses embouteillages monstres.
02:15Mais pour l'instant, l'Internet est toujours coupé, sauf pour des médias officiels ou les gens du pouvoir, mais aussi certains commerçants qui peuvent se rendre,
02:25par exemple dans les chambres de commerce de leurs corporations pour accéder à l'Internet.
02:29Des pas très lents qui laissent penser que le retour à une situation normale en ce qui concerne l'Internet ne sera pas aussi rapide qu'annoncée il y a deux jours.
02:36Siavash, comment est-ce que les autorités iraniennes qui parlent depuis quelques jours à des médias internationaux présentent ce qui s'est passé ces trois dernières semaines en Iran ?
02:48Alors la version des autorités est bien sûr très différente.
02:52Tout d'abord, le pouvoir partage en deux parties les événements avant le 8 janvier et après le 8 janvier, jusqu'au 11 janvier, où il y a eu encore des manifestations.
03:02Les responsables affirment que le mouvement de protestation a été justifié, notamment la grève au bazar ou les manifestations, avant le 8 janvier,
03:10même si on a entendu pendant cette période des slogans contre le pouvoir ou encore contre la dictature.
03:16Mais ces mêmes autorités affirment qu'à partir du 8 janvier et de la paix lancée par Reza Pahlavi,
03:22on a insisté à un complot ourdi par les États-Unis et Israël avec l'entrée en action, je cite encore,
03:28des groupes terroristes ou des meneurs entraînés par les services de renseignement israélien ou américain pour provoquer des troubles afin de tenter de renverser le pouvoir.
03:38La télévision officielle diffuse régulièrement des vidéos des groupes armés à Téhéran mais aussi dans la ville de province pendant les manifestations pour appuyer cette thèse.
03:47Selon les chiffres, ces groupes et ces meneurs, désignés comme ça par le pouvoir,
03:53ont délibérément attaqué et incendié quelques 250 mosquées, de nombreux bâtiments officiels, des autobus, des ambulances ou des véhicules de pompiers
04:02dont les images ont été diffusées par la télévision.
04:05Et dernière chose, aucun chiffre officiel n'a été publié sur le nombre des morts ou des blessés.
04:10Mais les autorités affirment que la plupart d'entre eux, des personnes tuées ou blessées,
04:15ont été donc tuées ou blessées, non pas par des tirs des forces de l'ordre mais par des groupes armés.
04:20– Siavoj Ghazi à Téhéran, merci beaucoup Siavoj.
04:24Nous sommes l'une des rares rédactions ici en France à avoir un correspondant à Téhéran.
04:29Et c'est précieux, Bar Makhoi et Mariam Pirzadeh, ça fait trois semaines et demie qu'a éclaté cette révolte.
04:37D'abord, on le rappelle, au sein du bazar de Téhéran et qui s'est muée en révolte contre le régime.
04:44Les autorités iraniennes disent aujourd'hui qu'elle n'a plus cours, que les manifestants sont tous rentrés chez eux.
04:49Est-ce qu'on est sûr de ça déjà ? Bar peut-être pour commencer.
04:53– C'est difficile d'avoir des informations correctes, étant donné que les communications ne sont toujours pas rétablies avec l'Iran.
05:01Internet de temps en temps revient, repart, mais les échanges sont très brefs.
05:06Donc on ne sait pas réellement ce qui se passe.
05:10Et on essaye d'avoir des informations à ce sujet.
05:12Ce que je peux vous dire, si à vous je parlais, les autorités parlent d'un retour au calme et d'une vie à la normale.
05:19Mais on peut se poser la question au sein des familles qui ont perdu des proches et au sein des familles qui ont vécu ces trois dernières semaines.
05:26Je ne sais pas si on peut parler vraiment d'un calme et d'une vie normale.
05:31Parce que là, il y a des gens qui vont peut-être devoir retourner à l'université, au travail, et qui ont perdu des proches.
05:37Donc je pense qu'intérieurement, les gens ne sont pas...
05:39Je ne sais pas si on peut vraiment parler d'un calme et d'un point de vue physique et d'un point de vue psychologique.
05:45Il y a donc ce narratif porté par les autorités de la République islamique de dire que la révolte est finie, que les choses reviennent à la normale, que les universités ont rouvert ainsi que les magasins.
05:57Et c'est là qu'est notre responsabilité en tant que rédaction.
06:00Et c'est pour ça aussi qu'on voulait parler de votre travail à toutes les deux et plus dans la rédaction.
06:06Il faut continuer à enquêter sur ce qui s'est passé ces trois dernières semaines.
06:11Pourquoi, Mariam Pirdané ?
06:12Et parce qu'on ne parle plus de l'Iran, parce qu'il y a une détresse très forte.
06:16Moi, les rares contacts que j'ai pu établir ces dernières semaines, ces derniers jours, pardon, c'est des messages de détresse qui arrivent d'Iran.
06:24Et en fait, par exemple, le bazar de Téhéran, moi, dimanche, l'information que j'avais, c'est qu'il y avait une grande partie des magasins qui étaient fermés,
06:31puisqu'il y a beaucoup de bazaris, donc c'est des hommes qui travaillaient dans le bazar, qui ont été tués ou qui ont perdu des proches.
06:36Donc ils ont fermé leur boutique.
06:39On me fait état d'une tristesse immense, en fait.
06:41Et comme le dit très bien Bahar, c'est que quand ils arrivent à se connecter, ils ont très peur de parler.
06:47Donc ils nous disent ça va, mais ils nous font comprendre que ça ne va pas, en fait.
06:51Et par exemple, on va voir, il y a une journaliste qu'on suit beaucoup ici, parce qu'elle a été arrêtée, une journaliste iranienne qui est en Iran.
06:59Elle s'appelle Elahe Mohamadi.
07:01On va voir, elle a tweeté hier, elle a une petite connexion à Internet.
07:04Et elle raconte, en fait, que c'est un deuil, en fait, ils sont tous en deuil, que le pays est triste.
07:11Son journal, voilà, Elahe Mohamadi.
07:13Pourquoi elle est importante ? Parce qu'Elahe Mohamadi, c'est une des deux journalistes iraniennes qui a parlé de Marsa Amini.
07:19Donc elle est allée aux obsèques de Marsa Amini.
07:20Elle a fait un an de prison pour ça.
07:23Elle écrit « La ville empeste la mort ».
07:24« La ville empeste la mort. Je n'ai jamais vu la neige tomber à Téhéran de toute ma vie et personne ne sourit. »
07:29Et elle finit son message en disant que, on va le voir, ça s'affiche, c'est un long tweet en persan.
07:37Donc le journal, elle travaillait, Amiand, qui existait depuis quelques années, a cessé de paraître, après trois ans et demi d'existence,
07:43parce qu'ils ont tenté de couvrir justement l'actualité des morts.
07:46Donc elle est allée à Carisac, cette morgue dont on va parler, des cimetières, de tous ceux qui attendaient les corps de leurs proches,
07:50des hôpitaux, des infirmières, des médecins témoins de la catastrophe, qui ont versé des larmes et ont fait tout leur possible.
07:56Et ces deux dernières phrases, moi, elles m'ont brisé le cœur.
07:58« Des jours difficiles se sont écoulés, tout le monde est sous le choc, un pays est en deuil, un pays est en colère, un pays qui a le cœur brisé. »
08:04Et je pense qu'aujourd'hui, c'est le sentiment de tout l'Iran, même ceux qui n'ont pas manifesté.
08:09Mais en fait, il y a une phrase qui revient dans la bouche de ceux avec qui on parle à base,
08:14c'est « Tout le monde connaît quelqu'un qui a été tué ou qui a été arrêté. »
08:16Donc, évidemment, il faut continuer à en parler, puisque le but du régime, en coupant Internet, en coupant les communications,
08:23c'est qu'on ne sache pas ce qui s'est passé là-bas, ce massacre à huis clos.
08:26On parle de milliers, de dizaines de milliers de morts.
08:30Et donc, nous, notre rôle est effectivement de corroborer les informations, d'avoir des informations fiables et de les donner.
08:36Alors, justement, faisons effectivement notre travail.
08:40Comment travaille-t-on très concrètement à Bar Makhoi sur l'Iran aujourd'hui,
08:45qui est en black-out quasi intégral, avec, donc, on l'a dit, de ci, de là, parfois des connexions téléphoniques,
08:50on vient de le voir, on a pu joindre Siavoj Ghazi, mais c'est compliqué, sans accès au terrain,
08:55et surtout dans un contexte de propagande a priori très favorable aux autorités de la République islamique.
09:00Comment est-ce qu'on travaille ?
09:02Même si les communications n'ont pas été rétablies, en fait, depuis une semaine environ,
09:08on se rend compte que les Iraniens arrivent à contacter leur famille via des cartes prépayées qui coûtent très cher.
09:14Leur famille à l'étranger.
09:15Leur famille à l'étranger, voilà.
09:17Il y a des cartes prépayées qui coûtent très cher.
09:18Donc, les Iraniens, ici, reçoivent des coups de fil qui viennent très étonnamment de Bulgarie,
09:23de numéros bulgares, lituaniens, hongrois.
09:26Ça passe par des relais.
09:26Ça passe par des relais.
09:27Et dans les premiers jours, ils ne décrochaient pas.
09:28Puis ensuite, le mot est passé de famille en famille.
09:31Décrochez, ce sont vos familles qui vous appellent d'Iran.
09:34Donc là, vous décrochez.
09:35Puis vous avez les gens très brièvement au téléphone.
09:39Une minute, deux minutes, pouf, ça raccroche.
09:41Ça veut dire qu'il faut de l'argent aussi pour payer ces cartes qui sont très chères.
09:44Et il faut de l'argent pour payer ces cartes.
09:46Et on se rend compte qu'il y a aussi une solidarité qui s'organise.
09:49C'est-à-dire que les gens disent, mais moi, je n'ai pas de nouvelles de ma famille.
09:52Si ta famille appelle, dis lors d'appeler ma famille, de demander des nouvelles.
09:55Enfin, les gens essaient de s'organiser pour avoir des nouvelles.
09:57Et nous, ici, on parle avec énormément d'Iraniens de la diaspora qui réussissent à avoir des bribes de nouvelles de leur famille.
10:06Hier, on a lancé comme des bouteilles à la mer pour...
10:09Voilà, on voulait savoir comment ils allaient, s'ils avaient de nouvelles leurs proches.
10:12Et on a été surpris d'avoir beaucoup trop de retours de gens qui avaient perdu des proches ou des proches blessés.
10:20Donc, on a passé pas mal de coups de fil et on continue de les appeler.
10:24Vous ne s'attendiez pas à avoir tant de témoignages ?
10:27On ne s'attendait pas à avoir tant de témoignages.
10:29Et en même temps, ça n'est peut-être pas si étonnant au vu des chiffres qui sont avancés du nombre de victimes par les organisations,
10:36les ONG qui commencent à faire un bilan qui grimpe au fur et à mesure.
10:40Et donc, c'est comme ça qu'on commence à avoir des bribes d'informations.
10:45Sachant que, Mariam, ces Iramniens qui arrivent à parler à leur famille à l'étranger,
10:50ils prennent des risques parce que leurs conversations sont potentiellement surveillées,
10:54leurs réseaux sociaux le sont aussi.
10:56Ça, vous avez pu le documenter ?
10:57Oui, exactement.
10:59Donc, c'est des coups de fil très courts.
11:01Ça marche aussi avec ce qu'on appelle des voices, des vocaux qu'on enregistre.
11:05Et en fait, spontanément, on enregistre les vocaux sur le téléphone
11:09parce qu'ils les suppriment derrière pour qu'on ait aussi une preuve.
11:13Donc, c'est très court.
11:14Et il y a Meta, notamment, qui a fait cette chose incroyable.
11:18Donc, la maison mère de Instagram, Facebook.
11:20Ils ont rendu illisibles les followers et les abonnés des comptes iraniens
11:24pour que le régime n'aille pas puiser.
11:26Mais Bahar, elle a travaillé là-dessus.
11:27Elle vous expliquera précisément.
11:28Donc, effectivement, ça veut dire qu'il y a aussi une aide extérieure
11:33de la part de grandes organisations, de grandes boîtes internationales.
11:37Mais, évidemment, qu'ils prennent des risques, surtout ceux qui...
11:39Là, par exemple, Ella et Mohamedic, dont on vient de voir le tweet,
11:42elle, elle est sous surveillance, typiquement,
11:44puisque son journal a été fermé parce qu'elle a écrit un article
11:47sur la répression, sur les manifestations.
11:50Donc, elle, typiquement, quand elle tweet ça, elle se met en danger.
11:53Et c'est pour ça que ça a une valeur encore plus importante
11:59parce que le courage est décuplé, en fait, d'avoir le courage de tweeter,
12:05d'envoyer un message, de faire une story Instagram.
12:07Tout peut les emmener, tout peut les mener vers une arrestation.
12:10Bahar, sur ce qu'évoquait Mariam, sur ce que Meta a fait de rendre illisibles
12:15les followers des comptes Instagram iraniens ?
12:18Effectivement, en fait, on s'est rendu compte en allant sur les pages des Iraniens
12:23que, c'est tout à fait vrai, les followers et les abonnés ont disparu.
12:27Et, en fait, après la guerre des 12 jours entre l'Iran et Israël,
12:32le pouvoir judiciaire, il avait déjà averti les Iraniens
12:34en leur disant que le fait de suivre des pages affiliées au régime sioniste,
12:38entre guillemets, constitue un acte criminel passif de poursuite.
12:41Donc, c'est-à-dire n'importe quel opposant ?
12:43Voilà. Donc, en fait, je pense qu'il y a des Iraniens
12:45qui peuvent éventuellement suivre aussi des pages politiques,
12:48notamment du fils du Shah Reza Pahlavi,
12:51ou peut-être être en contact avec, suivre des journalistes,
12:55suivre des médias iraniens à l'étranger
12:58ou des partis d'opposition.
13:00Et ce sont des choses qui sont surveillées.
13:02Meta s'est rendu compte, en fait,
13:04que l'Iran collectait massivement des données personnelles.
13:06C'est pour ça qu'ils ont décidé de prendre cette mesure.
13:09Donc, il y avait déjà une surveillance qui était en train d'être effectuée,
13:13une enquête qui était en train d'être effectuée
13:15par les autorités iraniennes pour commencer à arrêter des Iraniens
13:19qui postaient ou qui suivaient des gens sur Instagram.
13:21Parce que, par exemple, il y a Iran International,
13:23qui est une chaîne qui est très suivie en Iran,
13:24qui est une chaîne d'opposition en langue persanophone,
13:27qui est basée à Londres,
13:28qui est vraiment très, très suivie en Iran
13:30avec des satellites et des paraboles.
13:32Et, par exemple, si vous suivez ce compte
13:33ou vous suivez, effectivement, le compte de Reza Pahlavi,
13:35qui est très actif sur les réseaux sociaux,
13:37vous pouvez être accusé d'espionnage
13:38ou de fomenter des troubles pour la République islamique.
13:42Et juste sur les gens en Iran qui sont surveillés,
13:46les conversations qui sont surveillées,
13:48hier, j'avais une dame au téléphone
13:49qui avait réussi à avoir sa sœur.
13:52Elle avait appris qu'elle avait un cousin
13:55qui est décédé dans les manifestations
13:57par un autre membre de la famille
13:59et elle demande au téléphone à sa sœur comment elle va
14:02et sa sœur se met à chanter.
14:05Elle se met à chanter.
14:08Et là, elle me dit, moi, je connais très bien ma sœur,
14:09je sais ce que ça veut dire.
14:10Donc, en fait, c'était une preuve que la conversation était surveillée
14:16ou, en tout cas, que sa sœur craignait d'être surveillée
14:19et voulait quand même lui faire passer le message
14:20que ça n'allait pas du tout.
14:22On a ce genre de témoignages, notamment, qui nous reviennent.
14:27Parmi les matériaux que vous avez pour travailler
14:30et tenter d'établir les faits et les chiffres,
14:33on va y revenir.
14:33Il y a donc ces témoignages, ces vocaux, ces réseaux sociaux.
14:39Et puis, il y a ces images.
14:40Là encore, envoyer dans des bribes d'espaces numériques disponibles
14:45ces vidéos de manifestations.
14:48On en a beaucoup parlé ces dernières semaines.
14:50Et vous avez travaillé précisément sur des images
14:53qui nous sont parvenues il y a quelques jours déjà
14:55de la morgue Mariam de Karizak.
14:58C'est au sud de Téhéran.
15:00Je précise qu'une grande partie de votre travail
15:02consiste aussi à, bien sûr, recevoir ces vidéos,
15:05mais les authentifier, les identifier.
15:08Et ces images-là, c'est le cas.
15:10Vous avez pu les identifier et les authentifier.
15:12Et qu'est-ce qu'elles racontent ?
15:13Ce sont les images que l'on découvre à l'entête.
15:14Alors, c'est la cellule des observateurs
15:16avec Ershad Alijani qui travaille dessus
15:19depuis plusieurs jours maintenant.
15:21En fait, les images de Karizak, de cette morgue,
15:23ce sont les premières images après le blackout Internet.
15:27Donc là, on remonte à le blackout Internet.
15:31Ça commence le jeudi 8 janvier
15:33au moment des grandes, grandes, grandes manifestations.
15:36Et dimanche, une personne arrive à envoyer.
15:39Alors, comment elle a réussi à envoyer ?
15:40Est-ce qu'elle est sortie d'Iran pour enlever ces images ?
15:42C'est six minutes brutes de cette morgue de Karizak
15:45où on voit l'ampleur de la répression.
15:46Et en fait, le monde entier découvre l'ampleur de la répression
15:48avec ces images de Karizak.
15:49Ce sont vraiment les toutes, toutes premières images
15:51qui arrivent après la coupure des communications.
15:54Et on se rend compte de ces milliers de corps par terre.
15:58Ce qu'elle raconte, c'est des récits plus horribles
16:01les uns que les autres.
16:03Moi, j'ai parlé avec quelqu'un qui a réussi à sortir d'Iran
16:06qui me disait qu'en fait, c'était des camions bennes
16:09qui emmènent le sable, le cantineige,
16:13qui déversaient des corps et des corps et des corps
16:15dans cette morgue.
16:17En fait, il y a tellement de corps que les personnes,
16:20les corps sont exposés dehors.
16:24Il y a des photos qui sont prises quand le visage est reconnaissable
16:27parce que parmi ces corps, il y a beaucoup, beaucoup de personnes
16:29qui ne sont pas reconnaissables parce qu'elles ont eu des tirs à la tête,
16:32elles ont été touchées à la tête.
16:34Ce qui fait que leur famille n'arrive pas à les reconnaître.
16:36Ce qui explique aujourd'hui qu'il y a beaucoup, beaucoup de disparus.
16:38Leur photo est projetée sur un écran de télévision
16:41avec une photo, un nom, si jamais il y avait une carte d'identité
16:45sur cette dépouille.
16:48Pardon, je vous interromps, Maria, mais ça veut dire que
16:50les autorités de cette morgue,
16:53donc j'imagine organisées par l'administration iranienne,
16:58organisent cette espèce de vidéoprojection
17:02devant des familles qui cherchent les leurs,
17:04de photos numérotées pour qu'elles parviennent à identifier les leurs.
17:10Voilà, c'est des visages de cadavres,
17:13si jamais ils sont identifiables, avec des noms si jamais ils ont trouvé le nom.
17:17Mais c'est assez peu puisqu'il y a beaucoup de personnes
17:20qui, quand elles sortent manifester, n'ont pas leur téléphone portable
17:22ou n'ont pas de papier d'identité.
17:24Et donc, on a eu des récits de parents
17:26qui se retrouvent à fouiller, à chercher parmi ces milliers de corps
17:31le visage de leur enfant notamment.
17:33Et donc, ces visages, ces images brutes qu'on a reçues dimanche,
17:38on entend les cris, on a des vidéos, effectivement,
17:43de mamans qui se jettent sur le corps de leur enfant
17:46quand elles le reconnaissent.
17:47Donc, imaginez-vous, vous n'avez pas de nouvelles de votre enfant
17:50depuis 2-3 jours, vous vous retrouvez dans cette morgue
17:52et vous devez regarder tous ces visages,
17:54qui sont pour la plupart très jeunes,
17:56à la recherche de votre enfant.
17:58Donc, et en plus de ça, ce qu'on a appris,
18:00c'est authentifié par des témoignages.
18:02Il y a un racket, c'est-à-dire qu'on demande de la monnaie,
18:06on demande des très très fortes sommes d'argent
18:08pour récupérer le corps de leurs proches.
18:10des sommes qui avoisinent 2-3 000 euros.
18:14Donc, imaginez-vous, ceux qui sont allés manifester,
18:17justement, c'est parce qu'ils n'ont pas 2-3 000 euros.
18:192-3 000 euros par balle dans le corps.
18:22Et par corps, il y a des gens qui ont perdu plusieurs enfants,
18:25donc ils se retrouvent à devoir payer, je ne sais pas,
18:2716 000 euros, et c'est une famille modeste.
18:29Pour récupérer les...
18:30Et s'ils ne peuvent pas payer, ils n'arrivent pas à payer,
18:32on leur dit, dans ces cas-là, déclare que ton enfant
18:34était une force de sécurité, un basid,
18:36pour faire gonfler les chiffres des pères du côté,
18:39des forces du régime, ce qui est inimaginable, en fait.
18:41Vous vous rendez compte, en fait, on a tué votre enfant,
18:43et on vous demande, en plus, de l'argent pour récupérer le corps.
18:47Cette...
18:48Les autorités iraniennes, bien sûr, mènent cette guerre des chiffres.
18:54Ces derniers jours, avant que l'Iran retombe sous les radars médiatiques,
18:58on a vu sortir, Bahar, des bilans avec des fourchettes très larges
19:04de personnes tuées dans les manifestations.
19:08Mariam parlait de plusieurs milliers de morts dans cette morgue,
19:10voire, au global, un bilan de plusieurs dizaines de milliers de personnes tuées.
19:16Vous, encore une fois, comment est-ce que vous travaillez ?
19:18Quel bilan est-ce que vous retenez ?
19:20Comment on va faire, en fait, sachant le blackout,
19:24pour établir réellement le bilan de la répression
19:28de ces trois semaines de révolte ?
19:30C'est quelque chose qui est en cours,
19:32et c'est quelque chose qui va prendre du temps,
19:35et qui va demander aussi des relais en Iran.
19:38D'où l'importance de le faire tout de suite,
19:42de ne pas laisser passer le temps.
19:44Bien sûr, parce qu'il est important aussi de savoir,
19:49quand les familles récupèrent les corps,
19:51de comprendre aussi comment ils ont été tués.
19:54Il y a une organisation qui s'appelle
19:56Human Rights Activists in Iran,
19:59qui est basée aux Etats-Unis,
20:00et qui fait notamment un travail très sérieux
20:03pour pouvoir comptabiliser le nombre de personnes
20:05qui ont été tuées dans les manifestations.
20:07Le dernier bilan, il date d'hier.
20:08Il parle de 4519 morts sourcées.
20:15Et ils enquêtent sur 9049 cas.
20:20Ça fait près de 15 000 personnes.
20:21Voilà, ça fait près de 14 000 personnes.
20:24Mais on parle aussi de 5 811 blessés.
20:29On ne sait pas si ce sont des blessés graves.
20:31Il y a aussi les disparus.
20:33Donc du coup, pour l'instant,
20:34ils ne sont pas encore comptabilisés.
20:36Et puis, Harana,
20:38l'ONG dont je viens de parler,
20:40parle aussi de 26 314 arrestations.
20:44Qu'ils ont pu à ce stade documenter.
20:46Qu'ils ont pu à ce stade documenter.
20:49On a aussi quelques bribes d'informations
20:51émanant du personnel médical en Iran.
20:55Il y a des gens qui sont en attente
20:56pour être opérés des yeux, par exemple.
20:59Mais sans doute, par rapport à d'autres blessures,
21:01alors on ne sait pas comment ils vont,
21:03est-ce qu'ils vont s'en sortir.
21:04Mais l'état des hôpitaux, actuellement,
21:06du coup, est assez catastrophique, on pense,
21:08d'après les témoignages qui nous reviennent.
21:10Sachant que le personnel médical, lui-même,
21:13notamment les médecins qui se déplaçaient
21:15pour essayer, à domicile notamment,
21:18pour essayer d'aller au chevet des blessés,
21:20ont été arrêtés pour certains.
21:22On parle de force...
21:23Moi, j'ai reçu des nouvelles d'un médecin à Téhéran
21:25qui parlait de 1 400...
21:29Alors, c'est le chiffre qu'il donne,
21:30évidemment, des hôpitaux sous pression,
21:33des forces de sécurité qui sont présentes dans les hôpitaux,
21:35qui disent quoi faire aux médecins.
21:36On m'a fait état aussi, via une autre source,
21:39d'un homme qui avait une balle dans la cuisse
21:41et les forces de sécurité qui étaient dans les hôpitaux
21:44ont demandé aux médecins
21:45ont ordonné, pardon, aux médecins
21:47de ne pas le soigner.
21:49Il en est mort.
21:50Donc, ce médecin à Téhéran,
21:52avec qui j'ai juste reçu des nouvelles,
21:56parle de 1 400 morts par heure.
21:59Donc, évidemment, ce sont des chiffres
22:00qu'on ne peut pas vérifier, nous.
22:03Mais, eux, entre médecins, par exemple...
22:06Et on parle juste de Téhéran, en fait.
22:07Donc, imaginez-vous, à l'échelle de l'Iran,
22:09l'Iran, c'est trois fois la France,
22:10ça a été un bain de sang à Ispahan,
22:13à Shiraz, dans le Loresan,
22:15à Rashid, dans le nord de l'Iran,
22:18dans le Sistan-Balouchistan.
22:19Donc, en fait, là, on parle des chiffres
22:21uniquement, quasiment à Téhéran.
22:22Donc, ça va être des milliers, des milliers de morts
22:24et ça va prendre du temps, effectivement.
22:25Est-ce qu'on a pu documenter...
22:27Vous évoquiez ces personnes tuées par balle,
22:31la façon dont ces manifestants ont été tués.
22:35Est-ce qu'il y avait quelque chose de systémique
22:36dans l'utilisation de tel ou tel type d'armes ?
22:40Mariam, peut-être là-dessus.
22:41Des armes de guerre.
22:43Moi, on m'a fait état de mitraillettes,
22:45kalachnikov.
22:47Il y a deux zones qui sont visées.
22:48Ce sont le visage avec les yeux.
22:51Parce qu'effectivement, c'est une technique
22:52qu'on a vue en 2022 pendant Femmes, Vies, Libertés.
22:54Ils visent les yeux des manifestants
22:56et surtout des manifestantes.
22:57C'est-à-dire qu'elles deviennent aveugles
22:59ou elles perdent un oeil.
23:01Pour bien les identifier, en fait.
23:03Montrer qu'elles ont manifesté.
23:05Donc, quelque chose qu'elles ont gardé toute leur vie.
23:07Et donc, tirer dans le visage,
23:10derrière la tête et dans les poumons.
23:13Notamment, vers le torse.
23:15Non, ce qu'on entend de récits de gens
23:18qui ont manifesté, c'est qu'ils ont tiré
23:20de manière non distingue.
23:22Enfin, ils ont tiré sur toute la foule.
23:24Ils ont tiré.
23:25Et il y a même une manifestante
23:26qui m'a dit, en sortant manifester,
23:28je savais que j'avais une chance sur deux de mourir.
23:29On le savait tous.
23:31Moi, j'ai eu cette chance.
23:32C'est que je ne suis pas morte.
23:33J'ai réussi à m'enfuir.
23:35Elle est maman d'un petit bébé.
23:36Elle m'a dit, voilà, je ne peux pas.
23:38J'ai une responsabilité.
23:39Donc, elle est rentrée chez elle.
23:40Mais elle a vu des personnes tomber devant elle.
23:42Donc, en fait, on les a vues
23:43via des vidéos qu'on pouvait sortir d'Iran,
23:46être sur des ponts, être sur des toits.
23:48et cacher.
23:50On a vu des personnes aussi battre à mort
23:52avec des matraques des manifestants qui étaient à terre.
23:56Il y a un récit, également, d'un jeune homme
24:00qui a été tué, qui avait un tatouage
24:02au niveau d'un de ses doigts,
24:04qui représentait la Perse.
24:06Et ils lui ont tiré, en plus, une balle dans le doigt.
24:08Enfin, donc, c'est des récits très, très durs.
24:11Très durs à vérifier, effectivement.
24:13C'est pour ça qu'on fait appel à des contacts
24:15qu'on connaît, sûr.
24:17Mais le temps de corroborer tous ces récits
24:19prend du temps, effectivement.
24:23Barre, là-dessus ?
24:25Sur la documentation,
24:28et à nouveau, on rappelle l'importance
24:30de le faire maintenant,
24:32la documentation et de l'ampleur de la répression
24:34et de la façon dont elle s'est opérée
24:37sur cette mobilisation.
24:40Il y a quelques vidéos, quand même,
24:41qui sortent du pays,
24:43dans ces petits moments de connexion,
24:45via Starlink, aussi.
24:46Et également des militants
24:49qui arrivent à s'approcher des frontières
24:50ou voir à passer les frontières
24:52pour passer les vidéos.
24:52Et toutes ces vidéos sont vraiment très précieuses.
24:55Sur certaines de ces vidéos,
24:56effectivement, on voit les armes.
24:59Sur d'autres, on ne perçoit pas qui tire,
25:01mais on voit la manière de tirer
25:03indistactement sur la foule
25:04et des manifestants qui sont en train
25:06de filmer à un moment de protestation,
25:09voire de joie,
25:10parce que les gens étaient quand même
25:11heureux d'être tous ensemble
25:13et de pouvoir s'exprimer.
25:15Et ce moment de joie vire au cauchemar
25:18quand des balles sont tirées
25:21sur les manifestants.
25:23Et toutes ces vidéos sont très importantes,
25:25elles sont précieuses.
25:26on les garde et on va les analyser.
25:32Et puis ces vidéos-là vont permettre,
25:34au fur et à mesure qu'elles vont arriver,
25:36sortir du pays,
25:37de pouvoir documenter
25:39ce qui se passe exactement
25:41et de pouvoir identifier
25:43les coupables.
25:45Pour lutter contre l'anonymisation
25:48voulue par les autorités iraniennes,
25:51vous avez émerge
25:53depuis quelques jours
25:54certains des visages
25:55de cette répression
25:57et vous avez travaillé particulièrement
26:00sur l'histoire d'une jeune femme
26:02qui avait 23 ans,
26:04qui s'appelle Robina Amonion
26:06et qui a été tuée le 8 janvier,
26:09Mariam, c'est ça ?
26:10Oui, on a retrouvé sa tante.
26:13Robina, en fait,
26:13c'est le premier visage
26:14que de la répression.
26:17Premier visage qui a émergé
26:19puisque sa tante a parlé
26:20assez rapidement.
26:22Hier, on a regardé son Instagram,
26:23il était ouvert.
26:25On va lui redonner vis
26:26aujourd'hui à Robina
26:27et elle montre sa vie
26:32avec ses copines.
26:33C'est une vidéo Instagram
26:34qu'elle a postée
26:35quelques mois avant de mourir.
26:37Voilà, on va la laisser,
26:39on va l'écouter.
26:44L'endroit où était Robina
26:49les a beaucoup choqués.
26:51Ma famille a été si choquée,
26:53sa mère, son père,
26:54sa soeur, son frère.
26:57Quand ils en parlent,
26:58ils disent que c'est...
27:00On va écouter après sa tante,
27:01mais voilà, Robina,
27:01elle postait sa vie,
27:04ses copines.
27:06Robina, en fait,
27:07elle venait d'une ville
27:08dans le Kurdistan
27:10et elle était arrivée à Téhéran,
27:12dans la grande ville,
27:12à l'université.
27:13Elle avait plein de rêves
27:14et en fait,
27:16elle sort ce que nous raconte
27:18sa tante hier
27:18qui a réussi à s'entretenir
27:20avec sa famille
27:20parce que maintenant,
27:21elle ne peut plus parler avec elle.
27:22Sa tante qui est à Oslo.
27:23Sa tante qui est à Oslo.
27:25Elle sort...
27:26Elle avait plein d'ateliers,
27:27en fait,
27:28parce qu'elle apprenait le design,
27:31elle voulait monter
27:31une grande maison de couture.
27:33Voilà, Robina,
27:34c'est celle qui a le foulard noir
27:35et son cours prend un peu plus
27:37de temps que prévu
27:38et donc,
27:39elle se retrouve dans...
27:39Elle voit une manifestation
27:40et puis,
27:41elle va manifester
27:42parce qu'elle aussi,
27:43en fait,
27:44elle voulait un avenir meilleur
27:45et d'ailleurs,
27:46sur son Instagram,
27:47il est marqué
27:47pour l'avenir,
27:48pour le futur.
27:50Et ses parents
27:51apprennent,
27:53reçoivent un coup de fil
27:54de ses amis.
27:54Voilà, Robina
27:55qui postait beaucoup
27:56sur son Instagram
27:57ce qu'elle faisait,
27:59ce qu'elle cousait.
28:00Comme...
28:01Comme n'importe quel
28:02jeune fille de 23 ans
28:04du monde
28:04qui avait...
28:05qui voulait être
28:06couturière et designeuse.
28:08et ses parents
28:09reçoivent un coup de téléphone
28:11en disant,
28:11voilà,
28:12Robina a été touchée.
28:13Donc,
28:13ils font une route
28:14qui est très longue,
28:14500-600 kilomètres,
28:16Caramansha,
28:16Téhéran,
28:17avec le petit espoir
28:19que leur fille
28:21soit vivante
28:22et en fait,
28:23en arrivant à Téhéran,
28:24ils se rendent compte
28:24qu'elle est morte
28:25et de là,
28:26va commencer...
28:28Ils connaissent pas Téhéran,
28:29va commencer
28:30une sorte de...
28:32parcours du combattant
28:34pour retrouver leur fille
28:35et sa tante raconte,
28:37si on peut l'écouter,
28:38elle nous raconte
28:39ce moment
28:39où ils retrouvent Robina
28:41à la morgue.
28:46L'endroit où était Robina
28:48les a beaucoup choqués.
28:50Ma famille a été si choquée,
28:52sa mère,
28:53son père,
28:53sa soeur,
28:54son frère.
28:56Quand ils en parlent,
28:57ils disent que c'est
28:58comme si leur âme
29:00avait quitté leur corps
29:00à ce moment-là.
29:01Je ne sais pas
29:02ce qu'ils ont vu là-bas,
29:03mais ce que ma soeur m'a dit,
29:04c'est qu'il n'y avait pas
29:05seulement Robina là-bas.
29:07Il y avait des centaines,
29:08des milliers de corps
29:10et qu'elle devait chercher
29:12parmi tous ses corps
29:13sa fille.
29:15Il y avait une odeur
29:16de sang partout.
29:18Ils étaient tous entassés
29:19les uns sur les autres.
29:24Chaque jour,
29:25quand je pense à cette scène,
29:27chaque minute,
29:28mon cœur me fait mal.
29:31quand elle a pris
29:33sa petite fille
29:34qui pesait 40 kilos
29:35dans ses bras,
29:39la sortie de cette morgue
29:40l'a emmenée dehors.
29:44Elle a dû conduire
29:45jusqu'à Kelmancha
29:46avec sa fille
29:46dans ses bras.
29:48Ses vêtements
29:49et son corps
29:49étaient tachés
29:50du sang de Robina.
29:54Ma famille dit
29:55qu'elle n'a pas voulu
29:56retirer ses vêtements.
29:57Elle voulait garder
29:58le sang de son enfant.
30:02Ça me brise le cœur
30:03durant tout le chemin
30:05de Téhéran
30:06de cet enfer
30:07jusqu'à Kelmancha
30:09elle a serré sa fille
30:09dans ses bras
30:10jusqu'à ce qu'elle soit
30:13sous la terre.
30:15Elle n'a pas voulu
30:15la poser un seul instant
30:17de peur qu'on lui reprenne
30:19de nouveau sa fille.
30:19Voilà pour un extrait
30:23de ce témoignage
30:24que vous avez recueilli
30:25hier.
30:26Maria Mébar,
30:27d'ailleurs je renvoie
30:28aussi à un long article
30:29que vous avez consacré
30:30à Robina
30:31et à la quête
30:32de sa famille
30:33parce que ce qu'on a compris
30:34de ce que disait sa tante
30:35et cette émotion immense
30:37qui la traverse
30:38c'est que non seulement
30:39cette jeune femme
30:39a été tuée
30:40ça a été un parcours
30:41du combattant
30:41pour la retrouver
30:42dans cette morgue
30:43possiblement
30:44celle qu'on évoquait
30:46tout à l'heure
30:46et puis après
30:47ça s'est poursuivi
30:48après au moment
30:49de l'inhumation
30:51de cette jeune fille
30:52et de l'entrave
30:53à l'inhumation
30:54qu'ont opposé
30:55les autorités irradiennes ?
30:57Ce que nous raconte sa tante
30:58c'est qu'une fois
30:59qu'ils ont effectué
31:00le trajet
31:01de Téhéran
31:02à Kermanshaw
31:03avec le corps
31:04de cet enfant
31:05dans la voiture
31:05un corps qu'ils ont
31:06littéralement volé
31:07à la mort
31:07parce que les agents
31:09ne voulaient pas
31:09laisser partir avec
31:10ils n'ont pas été
31:12autorisés à l'enterrer
31:13à Kermanshaw
31:14ils ont parcouru
31:16différentes localités
31:17ils ont essuyé
31:17des refus
31:18les mosquées ont refusé
31:20les mosquées ont aussi
31:20refusé des cérémonies
31:22d'hommage
31:23et ils ont fini
31:24en fait
31:24par creuser
31:26par eux-mêmes
31:28dans la terre
31:29et enterrer Robina
31:30dans un lieu
31:30qu'ils ne veulent pas
31:31divulguer
31:32parce qu'ils ont très peur
31:33que le corps
31:34de leur enfant
31:35soit repris
31:35et ce que racontait
31:37Hali Nouri
31:38donc la tante de Robina
31:39c'est que jusqu'au bout
31:40la mère de Robina
31:40serrait
31:41refusait
31:42de laisser quiconque
31:44toucher au corps
31:45de sa fille
31:46jusqu'au moment
31:46où elle a réussi
31:47elle-même
31:48à la mettre en terre
31:49parce qu'elle avait peur
31:50jusqu'au bout
31:50qu'on lui reprenne
31:51son enfant
31:52donc en fait
31:53les autorités
31:54refusent à ces familles
31:55d'enterrer
31:56ses corps
31:58et leur refusent
31:59également
31:59d'organiser
32:01des cérémonies
32:02des funérailles
32:03parce qu'ils ont peur
32:03que les funérailles
32:04soient un moment
32:05de rassemblement
32:06et de protestation
32:07ce qui est effectif
32:08dans les cas
32:09où il y a des funérailles
32:09ce sont des moments
32:10où les gens
32:11scandent des slogans
32:13et sont très
32:14en colère
32:14tristes
32:15et en colère
32:16et pour terminer
32:17ils leur refusent également
32:18le deuil
32:19c'est-à-dire que là
32:19pour la famille de Robina
32:20ce que nous explique sa tante
32:22c'est que
32:23les agents
32:24des forces de sécurité
32:26ont encerclé
32:27le domicile familial
32:29et de la mère de Robina
32:31et de la grand-mère
32:32de Robina
32:32pour empêcher
32:34quiconque
32:34de venir se rassembler
32:35à la maison
32:36et donc ces familles
32:37se sont retrouvées
32:39seules dans leur deuil
32:40empêchées de se rassembler
32:41et la tante de Robina
32:45avec qui on a discuté hier
32:47est très inquiète
32:48parce qu'elle n'a plus
32:49de nouvelles de sa famille
32:50depuis
32:50elle se demande
32:52comment ils vont
32:53comment ils vivent
32:53avec cette pression
32:54s'ils n'ont pas été arrêtés
32:55certains des membres
32:56de sa famille
32:56sont des personnes âgées
33:00qui ont des problèmes
33:00de santé
33:01et comment
33:01voilà
33:01ce déploiement
33:03ce qui interroge
33:04quand on vous écoute
33:05entre autres choses
33:06c'est quand même
33:06un déploiement
33:08de moyens
33:09des autorités iraniennes
33:11pour empêcher
33:12et l'identification
33:14et ne serait-ce que
33:15le processus
33:16de deuil
33:17ça dit quand même
33:19beaucoup
33:19de l'état
33:20dans lequel se trouvent
33:20les autorités
33:21des histoires
33:21comme celle de Robina
33:22possiblement
33:23il y en a
33:23des centaines
33:23des milliers
33:24il y en a des milliers
33:25des jeunes
33:27de 16, 17, 18 ans
33:29effectivement
33:30c'est-à-dire que
33:31votre fille
33:31elle a été tuée
33:32par votre gouvernement
33:34vous en rentrez chez vous
33:35et en fait
33:35il y a des agents
33:36en armes
33:36qui vous disent
33:37on a l'ordre de tirer
33:38donc c'est-à-dire que
33:39c'est une impossibilité
33:41de faire son deuil
33:42impossibilité
33:42parce qu'en fait
33:42en Iran
33:43quand quelqu'un décède
33:45il y a
33:46les proches
33:47qui viennent présenter
33:48les condoléances
33:48donc on reçoit
33:49donc là
33:50ils ont empêché
33:51c'est-à-dire qu'ils ont volé
33:52une deuxième fois
33:52la vie de Robina
33:53en empêchant
33:55ces funérailles
33:55c'est un régime
33:57de toute façon
33:59je pense qu'on est tous
34:00d'accord pour dire
34:01que c'est la pire répression
34:03de l'Iran contemporain
34:04c'est-à-dire que
34:05même au moment
34:06de la révolution islamique
34:07le chat n'a pas
34:08tué autant de personnes
34:10c'est-à-dire que
34:10la répression a été
34:11très minime
34:11quand on compare
34:13ces 47 ans
34:13de république islamique
34:15ce sont des milliers
34:16des milliers
34:16des milliers
34:17des milliers de morts
34:17rendez-vous compte
34:18l'année dernière
34:191400 exécutions
34:20on a compté
34:20des organisations ont compté
34:22qu'il y a eu
34:225 exécutions par jour
34:23pendant un an en Iran
34:24plus des personnes
34:25dont on n'a aucune trace
34:27des personnes qui ont disparu
34:28il y a possiblement
34:30des fausses communes
34:32enfin je veux dire
34:32ce régime
34:33est prêt à tout
34:34il l'a montré
34:35encore une fois
34:35il est prêt à tout
34:36s'il faut tuer
34:37des milliers de personnes
34:38pour rester au pouvoir
34:39Ali Khamenei
34:40qui est le guide suprême
34:40a déclaré il y a quelques jours
34:42il y a des centaines
34:43de milliers de personnes
34:43qui ont donné leur vie
34:44pour l'instauration
34:45de la république islamique
34:46là c'est pas grave en gros
34:47si plusieurs autres milliers
34:49la donnent
34:49lui-même dit
34:50qu'il y a plusieurs milliers de morts
34:51il a dit
34:51il dit il y a plusieurs milliers de morts
34:53et c'est Donald Trump
34:54qui les a tués
34:55vous vous rendez compte
34:55le cynisme de ce régime
34:57de porter la responsabilité
34:59sur d'autres autorités
35:00On va écouter à nouveau
35:01la tante de Robina
35:03parce que votre intention
35:05était aussi
35:06et elle est toujours
35:07de rendre leur histoire
35:08à ces Iraniens
35:09dont encore une fois
35:10les autorités aimeraient
35:11qu'on les oublie
35:12et qu'on imagine même
35:14qu'ils n'aient jamais vécu
35:15alors on va écouter
35:15ce qu'elle disait
35:16de sa nièce
35:16Robina
35:19c'était une fille
35:23pleine de vie
35:24pleine d'énergie
35:25pleine de couleurs
35:26pleine d'art
35:27quand elle était enfant
35:29ce qui me surprenait
35:32et qui la différenciait
35:33beaucoup de mes autres
35:34nièces
35:34c'est qu'elle savait
35:35vraiment ce qu'elle voulait
35:36Robina
35:39quand elle rentrait
35:39de l'école
35:40elle faisait ses devoirs
35:41toute seule
35:41d'elle-même
35:42elle était très disciplinée
35:44alors quand elle a décidé
35:45d'étudier le design
35:46et la mode
35:47j'ai respecté sa décision
35:48car son école
35:52et sa famille
35:52auraient plutôt préféré
35:53qu'elle devienne médecin
35:54mais Robina
35:57elle avait ce trait de caractère
35:58elle savait précisément
36:00ce qu'elle attendait
36:01de la vie
36:01quand vous regardez
36:03son compte Instagram
36:03elle n'a écrit
36:04qu'un seul mot
36:05le futur
36:06c'est ce qu'on lui a appris
36:08son avenir
36:09Robina
36:10elle était très créative
36:13très imaginative
36:14tout ce qu'elle voyait
36:15elle voulait en créer
36:17quelque chose
36:17un tissu
36:18elle en imaginait
36:19un vêtement
36:19un vieux pantalon
36:21qu'elle voyait
36:21elle le réinventait
36:22pour en faire
36:22un autre vêtement
36:23elle était pleine
36:35de sourire
36:36quand elle souriait
36:37sur son beau visage
36:38elle rendait
36:38toute sa famille heureuse
36:39elle avait vraiment
36:41une place à part
36:42dans notre famille
36:42ce n'est pas que
36:43nous n'aimions pas
36:44les autres
36:45mais elle
36:45elle était différente
36:46elle était d'une manière
36:50différente
36:51elle était si aimante
36:51si sensible
36:52très attentionnée
36:55avec ses parents
36:55toujours inquiète
36:57depuis qu'elle était
37:01partie à l'université
37:02elle appelait sa mère
37:03tous les jours
37:03quand je repense
37:11toutes ces idées
37:13tous ces rêves
37:14tous ces désirs
37:15nous avons tout perdu d'elle
37:18j'ai mal pour ces jeunes
37:20si précieux
37:21tous ces sacs
37:22qui étaient à Carizac
37:23ils avaient tous de l'espoir
37:27ils avaient tous des rêves
37:29ses amis à Robina
37:31elles voulaient aller
37:31étudier à Milan
37:32pour leur master
37:33la dernière fois
37:35que j'ai parlé
37:35avec ma nièce
37:36elle me parlait
37:37du moment
37:37où son mémoire
37:38serait terminée
37:39et elle pensait
37:40à l'université
37:40polytechnique de Milan
37:41car une de ses amies
37:42étudiait déjà
37:43elle me demandait
37:44comment c'était là-bas
37:45elle s'interrogeait
37:46elle rêvait
37:48de terminer aussi
37:48son master là-bas
37:49avec ses amis
37:50et d'ouvrir
37:50une grande maison de couture
37:51elle avait des rêves
37:53si beaux
37:54la tante de Robina
38:05Amonyan Barmakoy
38:06comme beaucoup de membres
38:08de la diaspora
38:09en Iran
38:10parle depuis quelques heures
38:11quelques jours maintenant
38:12de crimes contre l'humanité
38:14effectivement
38:15c'est un mot
38:15qui revient
38:16souvent
38:17quand on parle
38:18avec les familles
38:20qui ont perdu
38:22un proche
38:23et de façon plus générale
38:24par rapport
38:25aux dernières nouvelles
38:26qui viennent d'Iran
38:27certains se tournent
38:30vers l'ONU
38:32vers les organisations
38:33internationales
38:34la tante de Robina
38:35ce qu'elle disait
38:36c'est qu'elle demandait
38:37aux organisations internationales
38:38de réagir vraiment vivement
38:40elle aimerait
38:40qu'on ferme
38:42les ambassades iraniennes
38:44et un message
38:45qu'elle leur passait
38:46c'était
38:47soyez du côté du peuple
38:48montrez que vous êtes
38:49du côté du peuple
38:50et pas de la république islamique
38:53il y a un conseil
38:54c'est sur extraordinaire
38:56du conseil des droits
38:57de l'homme
38:58de l'ONU
38:58qui se tient
38:59le 23 janvier
39:01et qui je pense
39:02va être
39:03regardé
39:05suivi
39:05par de nombreux
39:06Iraniens
39:07à l'étranger
39:09effectivement
39:10la communauté internationale
39:11ce qu'elle peut faire
39:12par exemple
39:13Abbas Arrachik
39:13et le ministre iranien
39:14des affaires étrangères
39:15est invité au sommet
39:15de Davos
39:16le forum économique
39:17de Davos
39:18et il a été désinvité
39:19en fait
39:20à la dernière minute
39:21lui
39:22alors
39:23Davos
39:25dit qu'en fait
39:25compte tenu
39:26de ce qu'on apprend
39:28de ce qui s'est passé
39:29de la répression en Iran
39:30c'était impossible
39:30qu'il soit présent
39:32qu'une autorité iranienne
39:33soit présente
39:34lui
39:35il jette la faute
39:36sur des pressions d'Israël
39:37mais en fait
39:38la réalité est toute autre
39:38c'est qu'il y a des organisations
39:40qui sont en train
39:41d'accumuler des preuves
39:41pour crimes contre l'humanité
39:43et demander un mandat
39:44d'arrêt international
39:44contre des autorités iraniennes
39:48qui voyagent
39:50qui voyagent
39:51à l'étranger
39:51comme Abbas Arrashi
39:52qui est le ministre iranien
39:53des affaires étrangères
39:54qui voyage beaucoup
39:55qui était en Europe
39:58il n'y a pas très très longtemps
39:59non plus
39:59qui était en France
40:00il n'y a pas très longtemps
40:00donc effectivement
40:01si on en vient
40:03un scénario
40:03comme avec Vladimir Poutine
40:04d'empêcher
40:06ces dignitaires du régime
40:07de voyager en Europe
40:09d'être persona non grata
40:10d'être sanctionné
40:11ça c'est une des demandes
40:12l'autre demande
40:13effectivement
40:13de fermer les ambassades
40:14de couper tout lien
40:15mais nous par exemple
40:16à l'ambassade de France
40:17on a une difficulté
40:18c'est qu'on a deux Français
40:18deux otages français
40:19qui sont encore là-bas
40:21et quand vous parlez
40:22avec des diplomates
40:23d'autres chancelleries européennes
40:26ils vous disent tous
40:26la même chose
40:27en fait si on ferme
40:27les ambassades
40:28on n'a plus de capteurs
40:28en Iran
40:29donc c'est à dire
40:29que c'est totalement
40:30on n'a plus de lien
40:31avec l'Iran
40:31on ne peut plus comprendre
40:32ce qui se passe sur place
40:33donc c'est pas une bonne décision
40:34parce qu'effectivement
40:35si les ambassades
40:35de la République islamique
40:36sont fermées
40:37ça veut dire
40:39fermer les ambassades
40:40de l'autre côté
40:41ici en Iran
40:42et je renvoie d'ailleurs
40:42à l'interview
40:44que Marc Perelman
40:44de France 24
40:45a faite
40:46avec l'ambassadeur
40:48d'Iran
40:48en France
40:49et qui répond
40:50aux accusations
40:50de crimes
40:52commis par son régime
40:53dans son pays
40:54vous évoquiez
40:55Cécile Collère
40:57et Jacques Paris
40:57ça me fait penser
40:58à un sujet
40:59qu'on n'a pas évoqué
40:59là encore
41:00zone grise
41:01mise sous le tapis
41:03par les autorités iraniennes
41:04c'est le nombre
41:05de personnes
41:05qui ont été interpellées
41:06depuis trois semaines et demie
41:08là encore
41:09on a des difficultés
41:10enfin vous avez
41:12des difficultés
41:13à établir
41:13le nombre exact
41:15alors on avait évoqué
41:17ce jeune homme
41:18la semaine dernière
41:18qui était condamné
41:20à mort
41:20donc l'exécution
41:21a été finalement suspendue
41:23les autorités iraniennes
41:23ont dit qu'il n'en avait
41:24jamais été question
41:25bref on a eu
41:26beaucoup de désinformations
41:28à propos de son cas
41:30on sait
41:30et vous le rappeliez
41:31Mariam
41:31que l'an dernier
41:32il n'y a jamais eu
41:33autant d'exécution
41:34dans l'histoire
41:36de l'Iran
41:37est-ce qu'il faut
41:37s'inquiéter
41:38pour les manifestants
41:40qui ont été arrêtés
41:40oui il faut s'inquiéter
41:41il faut vraiment s'inquiéter
41:42et c'est pour ça
41:43qu'il y a plusieurs activistes
41:45des journalistes iraniens
41:46qui sont basés
41:47en Europe
41:48qui lancent des messages
41:49d'alerte
41:50que beaucoup relaient
41:51en disant
41:51voilà
41:51il a été condamné à mort
41:53il y avait état aussi
41:54d'un soldat
41:55qui avait refusé
41:56de serrer sur la population
41:57qui a été condamnée à mort
41:58il y a quelques jours
41:59sur le cas d'Erfan Soltani
42:01dont vous parlez à l'instant
42:02qui a 26 ans
42:03qui a été très médiatisé
42:04puisque c'est un des rares cas
42:06qu'on a pu corroborer
42:08on a eu des informations
42:09sa famille aussi a parlé
42:11pareil on avait interviewé
42:12un membre de sa famille
42:14c'est aussi le flou total
42:15on ne sait pas
42:16si sa famille
42:17comme sa famille
42:18évidemment elle est sous pression
42:19des autorités
42:20elle est sous surveillance
42:21elle ne peut pas donner
42:21de nouvelles
42:22les dernières qu'on est
42:24ça date de la semaine dernière
42:25c'est que sa famille
42:26a pu lui rendre visite
42:27mais ça reste encore très flou
42:28et très difficile
42:29à vérifier
42:30donc il faut être très inquiet
42:32évidemment pour ces personnes
42:34c'est pour ça que
42:34quand Donald Trump
42:35Erfan Soltani
42:37c'est pour ça que
42:37quand Donald Trump
42:38dit qu'il a empêché
42:39838 exécutions hier
42:41d'où sort ce chiffre
42:43nous-mêmes
42:44nous ne l'avons pas
42:44d'où sort ce chiffre ?
42:45Amnesty International
42:46a alerté justement
42:48hier soir
42:49sur le cas
42:50d'un autre manifestant
42:51qui s'appelle
42:51Amir Hossein
42:52Raderzadeh
42:54qui a 19 ans
42:54qui a été arrêté
42:55dans le nord de l'Iran
42:56et une audience
42:58aurait eu lieu
42:59le 17 janvier
43:01il aurait été
43:02accusé de trahison
43:04et sa famille
43:05a été informée
43:06d'une exécution
43:07prévue le 21 janvier
43:08on est le 21 janvier
43:09donc
43:10aujourd'hui
43:11il va falloir
43:12essayer
43:12d'avoir des nouvelles
43:15de ce manifestant
43:17de sa famille
43:18les exécutions
43:18en Iran
43:19ont lieu
43:19très tôt le matin
43:20donc je pense
43:22que tout le monde
43:22est en train
43:22d'essayer
43:23d'avoir des nouvelles
43:24et de voilà
43:26on espère
43:26que ce jeune homme
43:28n'a pas été
43:28exécuté
43:30on comprend
43:31à la fois
43:32la difficulté immense
43:33de la tâche
43:34mais aussi
43:35son importance
43:36capitale
43:37et je rappelle
43:38que la rédaction
43:39de France 24
43:40se mobilise
43:42avec le bureau
43:43que vous avez créé
43:44en urgence
43:45pour donc
43:47identifier
43:48authentifier
43:49documenter
43:50recueillir
43:51la parole
43:52de ces Iraniens
43:53ou en tout cas
43:54des proches
43:54de ces Iraniens
43:55qui ont été
43:56victimes
43:56de cette répression
43:57c'est important
43:57pour aujourd'hui
43:58et pour demain
43:59merci infiniment
44:00Bar Macoy
44:01on lit
44:02tous vos reportages
44:03sur le site internet
44:05de France 24
44:06on salue les OBS
44:07qui font un travail
44:08fondamental
44:09aussi les OBS
44:10de France 24
44:10et ça ne date pas
44:12d'aujourd'hui
44:12sur l'Iran
44:14Mariam bien sûr
44:15on vous retrouve
44:15très régulièrement
44:16sur l'antenne
44:16de France 24
44:17ainsi que les documents
44:19que vous allez réaliser
44:20ensemble
44:20une émission
44:21à revoir en replay
44:22réécouter en podcast
44:23on se retrouve dans un quart d'heure
44:24pour la suite de ce rendez-vous d'info
44:25Sous-titrage Société Radio-Canada
44:27Sous-titrage Société Radio-Canada
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