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  • 2 days ago

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00:00Dans l'actualité également de ce mercredi, ce cessez-le-feu sous forme d'ultimatum en Syrie,
00:05celui que les autorités de Damas ont fixé aux forces démocratiques syriennes-kurdes
00:09pour accepter leur intégration dans la nouvelle administration syrienne.
00:13Les accords précédents se sont soldés par des échecs,
00:15mais les Kurdes syriens semblent à présent acculés, repliés au cœur de leur zone autour d'Assaqe.
00:21Bonjour Ouassim Nassr.
00:23Bonjour.
00:23Analyse importante qui est la vôtre aujourd'hui,
00:25spécialiste de la Syrie et des réseaux djihadistes ici à la rédaction de France 24.
00:31D'abord, la situation sur le terrain, elle évolue rapidement ?
00:34On va regarder une carte, on va voir très bien les dernières évolutions des dernières heures.
00:40On va voir quelle zone était contrôlée déjà par les forces démocratiques syriennes et le EPG,
00:45un commandement kurde, c'est ce qui est en jaune.
00:47Puis en vert, clair, c'est les évolutions des dernières 48 heures maintenant.
00:52Et on voit par exemple que le camp d'Al-Hol est tombé sur leur contrôle,
00:54le passage frontelier d'Yarouie.
00:57On voit aussi que la zone de Kobané, Al-Arab, s'est rétrécie depuis la prise de Sarin.
01:02On va regarder quelques images parce que malgré le cessez-le-feu,
01:05il y a eu quand même, les fronts sont gelés, mais il y a eu des combats à Assaqe.
01:08On va les voir hier dans la nuit parce que certains groupes au sein des forces démocratiques syriennes
01:12ont fait défection, donc probablement des groupes arabes,
01:15pour se battre contre les autres, donc les Kurdes.
01:17Ça, c'est les combats dans les rues de Assaqe hier dans la nuit,
01:20ce qui a mené à une campagne d'arrestation aussi.
01:22On va voir, on a les images d'arrestation dans les quartiers arabes,
01:26en particulier le quartier de Rouirane.
01:30Donc ça, c'est la situation à Assaqe.
01:31En même temps, on n'a pas d'image, mais on sait que les Turcs ont bombardé
01:34avec des drones à Kamishli, donc ciblant des commandants du PKK,
01:39donc Yepégué.
01:41Mais pour le moment, c'est les informations qui viennent du front.
01:44On a aussi les images de Yaroubiyyé, donc le passage avec l'Irak,
01:46le plus important passage entre le Kurdistan irakien et les zones tenues par les Kurdes.
01:51Le voilà.
01:52Et qu'est-ce que ça dit ?
01:53Ça dit que le clan arabe du Haroubi et donc les Choumars se sont retournés aussi contre les Kurdes.
01:59C'était la dernière composante, disons, arabe importante des forces américaines
02:04qui sont aujourd'hui réduites au noyau qui est celui du Yepégué.
02:07Voilà, donc pour la situation sur le terrain.
02:10On entend beaucoup de choses, Wassim, depuis quelques jours sur les camps du nord-est syrien
02:15qui étaient donc jusqu'ici aux mains des Kurdes, dont l'accord de cessez-le-feu prévoit
02:19la passation sous l'administration de Damas, camps dans lesquels se trouvent dans certains camps
02:25des combattants, des ex-combattants du groupe État islamique et dans d'autres camps,
02:29leurs familles et les enfants.
02:31Qu'est-ce que les hommes d'Al-Shara ont comme projet pour ces camps qui ont chacun des situations différentes ?
02:37En fait, sur les prisons, il y a des prisons qui étaient rendues, disons, de manière plutôt pacifique
02:42ou après quelques combats dans la zone de Raqqa.
02:44Là, il y avait des détenus de l'État islamique, mais syriens.
02:48Pour les camps, le camp le plus important, c'est le camp d'Al-Hol, où on a les images.
02:52Donc c'est un camp qui regroupe des familles, donc de djihadistes et leurs enfants,
02:56surtout des Irakiens et des Syriens.
02:58Donc le projet de Damas, c'est la gestion de ces camps.
03:01Et par ailleurs, ils se sont déployés dès hier soir là-bas.
03:04Eux, ils disent que les forces démocratiques syriennes ont quitté le camp,
03:08ont détruit les documents, ont cassé les caméras de surveillance
03:10et ont laissé un vide sécuritaire.
03:12Et que derrière, ils sont venus, disons, rattraper le coup.
03:15Ils disent qu'ils ont arrêté plusieurs familles qui ont réussi à quitter le camp
03:19et qui les ont ramenées dans le camp.
03:21Mais en fait, il faut aussi imaginer qu'on ne sait pas,
03:24en ce qui concerne les Syriens et les Irakiens, qui sont les gens dans ces camps.
03:27Parce qu'accuser les gens d'appartenir à l'État islamique, c'était monnaie courante.
03:33Pour moult raisons.
03:34Pas forcément pour des raisons politiques, parfois pour des raisons mercantiles.
03:38Parce que chaque détenu dans ces camps faisait son poids
03:42en termes de financement de la communauté internationale
03:45pour les forces démocratiques syriennes.
03:47Du financement de l'ONU, du financement des pays européens, du financement des États-Unis.
03:50Il faut juste rappeler que pendant 10 ans et 3 mois, il y a eu un financement énorme.
03:56D'ailleurs, le président Trump l'a dit.
03:57Et que quand on voit l'État dans lequel sont les zones dans le nord-est syrien,
04:02il n'y a pas un mur qui a été construit, disons.
04:05Et donc, ce qui explique aussi le ressenti des populations locales
04:08contre les forces démocratiques syriennes qui n'ont pas su gagner les cœurs et les esprits depuis tout ce temps.
04:13À propos du président Trump, lors de cette conférence de presse erratique
04:17qu'il a menée hier pendant près de deux heures, on a retenu ses propos.
04:20On va l'écouter.
04:23Il travaille très dur, le président de la Syrie.
04:27Il travaille très très dur.
04:28Un mec fort, un dur avec un CV assez brutal.
04:31Mais vous ne pouvez pas mettre un enfant de cœur là pour accomplir le boulot.
04:35Je lui ai parlé hier parce que nous discutions des prisons, de ce qui s'y passe.
04:39Ces prisons abritent certains des pires terroristes au monde.
04:41Et il les observe.
04:46Voilà, le président Al-Shara, selon Donald Trump, est un mec dur, je cite,
04:49mais qui est aux manettes et qui a raison d'une certaine façon d'agir comme ça.
04:54Est-ce que ça veut dire que les Américains ont lâché les Kurdes ?
04:56Les Américains ont déjà donné plusieurs ultimatums aux Kurdes depuis le 10 mars 2025.
05:01Donc l'accord du 10 mars 2025 et tous les accords qui ont suivi n'étaient que mécanismes pour ce même accord
05:06étaient déjà sponsorisés par les Américains, les Français, les Turcs et tout le monde en fait.
05:12Sauf que le commandement des forces américaines n'a pas voulu monter dans le train.
05:16Et plus le temps passait, plus ils perdaient des cartes.
05:19Il faut imaginer qu'ils contrôlaient trois provinces avec du pétrole, des ressources, des passages frontaliers
05:23et un soutien international indéfectible.
05:26Ils n'ont pas su capitaliser là-dessus.
05:28Et on arrive au bout, là où les Américains sont obligés de dire,
05:31donc que ce soit l'envoyé spécial, Tom Barack ou le président Trump, que c'est fini.
05:35Parce qu'il faut imaginer aussi que depuis que la Syrie est rentrée dans la coalition internationale
05:40contre l'État islamique, évidemment que l'administration américaine, telle qu'elle soit,
05:44préfère traiter avec un État que de traiter avec une organisation.
05:47Parce que même, on parlait des camps, même le statut juridique de ces camps, c'est une zone grise.
05:52C'est-à-dire même quand la France, par exemple, veut ramener des familles depuis là-bas,
05:57elle peut les ramener, mais c'est un process très particulier.
05:59Parce que sinon, quand ils arrivent ici pour être judiciarisés, il y a des vices de procédure.
06:03Parce que l'organisation qui les détient n'est pas reconnue.
06:05Son système judiciaire n'est pas reconnu.
06:07Donc évidemment que dans le jeu des États, un État préférait travailler directement avec un autre.
06:12Et la nouvelle alliance sponsorisée par Trump entre Washington et Damas a sonné déjà.
06:17la fin des forces démocratistiennes qui n'ont pas su saisir l'occasion dès le 10 mars 2025.
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