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  • il y a 1 jour
Le 27 janvier 2025, la loi Duplomb est adoptée au Sénat. Fleur Breteau est alors en chimiothérapie. Elle pensait que cette loi ne passerait jamais. C'est à ce moment précis qu'elle griffonne sur un bout de papier "Cancer Colère" convaincue qu'il faut faire entendre la voix des malades.

Avec
Fleur Breteau, auteure

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News
Transcription
00:00Musique
00:01L'invité au carré, aujourd'hui,
00:21Fleur Bretot, porte-parole du collectif Cancer-Colère.
00:25France Inter,
00:28La Terre au carré,
00:30La crise ouverte par un cancer du sein dans la vie d'une femme
00:37va provoquer chez elle un ensemble de réactions,
00:40en droite ligne de son tempérament et de son style de vie.
00:44La trame de son existence quotidienne sera d'ailleurs son premier terrain d'entraînement
00:48pour la gestion de cette crise.
00:50Certaines refoulent tout vécu douloureux concernant la mastectomie
00:54et font mine de vaquer à leurs affaires comme si de rien n'était,
00:57étouffant sous une chape de plomb leurs sentiments qui finiront par ressortir ailleurs.
01:03D'autres, dans un vaillant effort de ne pas avoir l'air d'être de simples victimes,
01:08affirment et réaffirment ne rien ressentir et qu'après tout, il ne s'est pas passé grand-chose.
01:13Chez d'autres encore, il va s'agir de passer en revue avec le soin minutieux du guerrier une arme nouvelle,
01:20non désirée mais utile.
01:22Cancer du sein et mastectomie ne sont pas des expériences isolées.
01:26Elles sont au contraire partagées par des milliers de femmes.
01:30Toutes, une par une,
01:31devrions faire entendre notre voix dans ce qui deviendrait un concert de femmes,
01:36un concert de protestation contre tous les cancers susceptibles d'être évités
01:40et contre les peurs secrètes qui permettent encore à ces cancers de proliférer.
01:46Puissent mes mots encourager d'autres femmes à parler de leur expérience du cancer,
01:50menaces mortelles parmi d'autres,
01:52car le silence ne nous a jamais apporté rien de bon.
01:55Par-dessus tout,
01:57je voudrais que ces mots fassent prendre conscience à toutes les femmes
01:59des trésors de l'autoguerrision
02:01et de la richesse de l'existence.
02:08Bonjour Fleur Bretot.
02:10Bonjour.
02:10Cet été, vous êtes devenue le nouveau visage de la colère
02:13contre le cancer et les pesticides.
02:15Les Français vous ont découverte le 8 juillet,
02:18très exactement, lorsque vous avez interpellé
02:20depuis le balcon de l'Assemblée nationale
02:22les députés qui venaient de voter
02:24en faveur de la loi Duplon.
02:27Le texte que vous venez de lire
02:28était un extrait du journal du cancer
02:30de l'autrice américaine Audre Lorde
02:32qui a été une grande figure féministe
02:35et qui a raconté le parcours de sa maladie.
02:37Pourquoi est-ce que vous avez choisi ce texte
02:39pour ouvrir cette émission ?
02:41J'ai choisi ce texte parce que, justement,
02:44il parle d'arrêter de cacher la maladie
02:48et que, quelque part, quand on est malade,
02:51on a l'impression de porter la honte
02:53d'être malade
02:57et que, quelque part, on va déranger les autres
03:00avec sa maladie.
03:01Et elle, elle parle de rompre le silence.
03:03Et je trouve ça très beau
03:04parce que, de toute façon,
03:05on ne peut pas empêcher le cancer
03:07de nous éprouver physiquement,
03:10émotionnellement.
03:11Et c'est une grande inspiration, aujourd'hui,
03:14de se dire qu'on peut rompre le silence.
03:17Et c'est peut-être ce qui s'est passé cet été, justement.
03:19Elle parle de l'importance d'habiter les silences
03:21pour se rassembler politiquement dans la lutte,
03:24ce qui vous a, évidemment,
03:25beaucoup inspiré vous-même
03:26pour la création de votre collectif.
03:29Après, quand on suit un parcours
03:32de soins contre le cancer,
03:34on fait plein de rencontres à l'hôpital,
03:37de malades, de soignants.
03:39On traverse des épreuves soi-même.
03:41Et tout à coup,
03:42j'ai été au contact de chiffres et d'enquêtes.
03:45Et la loi du plomb s'est profilée.
03:50Et ça a été un détonateur pour moi.
03:52C'est-à-dire que politiser le cancer
03:53me semblait être une évidence.
03:56Et que chacune, chacun a porté sa douleur
03:59et sa peur de manière isolée
04:02me semblait être une charge monstrueuse.
04:05Et politiser le cancer,
04:07quand on parle d'une épidémie de cancer,
04:09ça me semble complètement évident,
04:11logique et légitime.
04:12On va revenir évidemment dans un instant
04:14sur votre lutte pour politiser le cancer
04:17face au ravage entre autres de l'agro-industrie.
04:19Vous qui avez déclaré deux cancers du sein en quatre ans.
04:23Mais faisons d'abord un peu mieux connaissance
04:25pour comprendre les racines de votre engagement.
04:28D'où venez-vous, Fleur Bretot ?
04:30Et dans quel milieu social avez-vous grandi ?
04:34Alors moi, je suis une femme blanche.
04:35J'ai 50 ans et j'ai grandi
04:38dans une famille de classe moyenne,
04:41plutôt bourgeoise,
04:43à 50 mètres du périphérique,
04:46à Paris.
04:48Et plus précisément à Leval-Ouapéret.
04:50Ce qui est important, comme commune,
04:52dans votre histoire familiale.
04:54Absolument. On devait rester six mois.
04:55Mes parents y vivent encore.
04:57Et c'est vrai qu'on n'a jamais nagé dans l'argent,
05:04je dirais, loin de là.
05:06Et j'ai deux sœurs.
05:10Et on a été élevées dans des valeurs
05:12plutôt, je dirais, de partage
05:15et pas forcément de consommation.
05:20Pourquoi la ville de Leval-Ouapéret
05:21raconte quelque chose d'important
05:23pour votre noyau familial, Fleur Bretot ?
05:26Parce que quand mes parents
05:28ont décidé de s'installer
05:30à Leval-Ouapéret,
05:31qui devait être une étape très courte,
05:34ils sont restés un petit peu plus longtemps.
05:36Et c'était une ville
05:37dont le maire était Patrick Balkany,
05:40qui est sans doute connu
05:41par une partie de vos auditeurs et auditrices.
05:44Et ma mère, au bout de quelques années,
05:47a rejoint un collectif citoyen
05:48pour s'opposer à Patrick Balkany.
05:52Et pour la première fois,
05:53ils ont réussi à gagner les élections
05:55face à ce cas d'or
05:56de la droite des Hauts-de-Seine.
06:00Et ma mère est devenue
06:02adjointe aux affaires sociales.
06:04Elle a découvert des drames
06:05terribles à son arrivée.
06:08Et c'est une figure, pour moi,
06:10à la fois de la lutte
06:11et de l'exemplarité
06:13de ce que c'est que la politique.
06:14Je me dis qu'une femme comme ça,
06:15mais il y en a plein d'autres,
06:17elles sont tout à fait...
06:18Elles ont élevé trois enfants,
06:19elles se sont battues,
06:20elles sont profondément sincères
06:24et honnêtes.
06:25Et ça devrait être le profil recherché
06:28pour une ministre de l'Intérieur.
06:29Et donc, ça a été une figure de la résistance
06:31en tant que conseillère municipale.
06:34Absolument.
06:35C'est ce qu'a été votre maire ?
06:36Oui.
06:37Et après, adjointe au maire,
06:38elle a été la cible des balkanistes,
06:41comme on le dit,
06:42pendant longtemps.
06:44Et ce qui l'a aussi épuisée
06:46et ce qui a fait qu'à un moment donné,
06:47elle s'est retirée des affaires politiques.
06:49Mais c'est votre premier terreau politique
06:51pour vous aussi, finalement.
06:53D'observer ce qui se passait autour de vous,
06:55au travers de votre mère.
06:56Absolument.
06:57Quand on allait au marché avec ma mère,
07:00j'étais ado et je voyais des gens
07:02l'arrêter dans la rue pour la remercier.
07:05Ou pour rigoler avec elle.
07:07Et je voyais ce que ça...
07:08Pour moi, c'est ça la politique.
07:10C'est ce contact-là que j'ai eu avec la politique.
07:12J'ai vu ma mère,
07:14qui était une personne parfaitement...
07:16Enfin, une citoyenne comme tant d'autres.
07:18et qui, de par son travail,
07:22qu'elle prenait très à cœur
07:23et de manière très professionnelle,
07:27résolvait des problèmes.
07:29Elle était aux affaires sociales,
07:30donc c'était son rôle,
07:31avec plein d'autres personnes dans son rôle.
07:36Et c'est vrai que pour moi,
07:37elle a incarné une figure de résistance
07:41et de valeurs inamovibles.
07:44C'est-à-dire quelqu'un qui ne supportait pas le mensonge,
07:46qui ne supportait pas la corruption,
07:48et qui cherchait le bien commun,
07:51le bien-être de la population de manière générale.
07:54Et qui ne cherchait pas à s'affilier à un parti politique aussi.
07:57Donc tout ça, ça nourrit aussi votre propre engagement,
07:59en tout cas les racines de votre engagement futur ?
08:01C'est une évidence.
08:03Et l'écologie, alors, dans tout ça ?
08:04En l'écologie, mes sœurs m'ont beaucoup inspirée,
08:07et notamment une qui est née un peu avec l'écologie dans le sang.
08:12On dirait presque un conte pour enfants.
08:15Et toute petite,
08:16elle enterrait déjà les épluchures de légumes de ma mère
08:19dans les jardinières de Jaraignan.
08:22Voilà, c'était...
08:23Et assez vite, elle nous a initiés à l'écologie,
08:27au tri, à l'amour des petites plantes, des insectes.
08:32Et toute la famille s'est mise dedans.
08:35Il y avait cette idée de pouvoir regarder une fourmilière
08:38pendant une demi-heure,
08:38pour voir comment est-ce qu'elle fonctionne.
08:40Et c'était une sorte d'émerveillement.
08:41Et mon père aussi,
08:43on n'allait pas forcément dans des parcs d'attractions,
08:45ce n'était pas trop le truc,
08:47mais on allait construire des barrages dans les rivières.
08:49On s'enduisait de glaise,
08:51on jouait à...
08:52On avait plein de jeux imaginaires.
08:55C'était la famille Castor, alors, finalement, c'est ça ?
08:57Peut-être, un peu la famille Castor,
08:58mais c'est tous ces plaisirs aussi
09:00qui nous connectent à ce qui nous entoure,
09:02et des plaisirs gratuits,
09:03qui ne coûtent pas d'argent,
09:05et qui font qu'on n'a plus peur de se bénir dans une rivière,
09:08on écoute le chant des oiseaux,
09:09on regarde les étoiles filantes,
09:10et on se raconte des histoires.
09:12Vous aviez une idée du métier
09:13que vous vouliez faire plus tard,
09:14ou pas, étant plus jeune,
09:15à Levallois-Péret ?
09:17Il y a dix jours,
09:18j'ai recroisé,
09:20lors du festival du film de Douarnonnet,
09:22une ancienne...
09:24un stite de primaire
09:27qui m'a dit
09:28« Ah, tu te souvenais,
09:29tu voulais devenir présidente de la République ! »
09:31Ah, c'est vrai ?
09:32Oui, c'est vrai,
09:33j'avais écrit à François Mitterrand,
09:35à l'époque,
09:36pour lui demander comment on faisait.
09:39Vous avez répondu ou pas ?
09:40Oui, mais une lettre standard,
09:43voilà,
09:43je parlais déjà
09:45que je trouvais ça très bizarre,
09:48le montant d'argent versé
09:51à un footballeur
09:52qui marquait un but
09:53pour une Coupe du Monde
09:54alors qu'il y avait une famine en Éthiopie,
09:55bref,
09:56j'avais 11 ans.
09:59Et non,
10:00je ne savais pas choisir,
10:03je ne savais pas si je voulais faire
10:04journaliste en géopolitique,
10:06je ne savais pas si je voulais devenir
10:08réalisatrice de films,
10:09enfin scénariste,
10:10je voulais écrire,
10:12j'étais un peu noyée
10:13sous des désirs très multiples.
10:15Et alors,
10:16Fleur Brouteau,
10:16quels ont été vos vrais métiers ?
10:18Alors,
10:18avant de devenir peut-être plus tard
10:20présidente de la République,
10:21tout est encore possible.
10:22Non,
10:23vu l'historique,
10:24non,
10:24je n'ai pas trop envie
10:25de prendre la relève,
10:27mais je trouve que la politique citoyenne
10:29est tellement plus forte.
10:30En tout cas,
10:31qu'est-ce que j'ai fait ?
10:32Moi,
10:32je n'ai pas de diplôme,
10:33j'ai eu le bac,
10:34qui est déjà un diplôme,
10:36mais j'ai quitté mes études
10:37pour travailler
10:38et j'ai appris la communication,
10:41on m'a proposé un boulot
10:42d'attaché de presse,
10:42j'ai dit oui
10:43et j'ai dit après,
10:44mais qu'est-ce que c'est
10:44attaché de presse ?
10:45Moi,
10:46je voulais être indépendante,
10:47c'était ça qui était important
10:47dans ma vie.
10:48J'avais besoin d'argent
10:50pour aller voir des concerts
10:51et pour m'acheter des bouquins
10:55c'était important pour moi
10:56et j'ai changé de métier
10:58plusieurs fois,
10:59à un moment donné,
11:02j'ai travaillé dans la publicité
11:03et c'était épouvantable
11:05et j'ai appris aussi
11:07ce que c'était
11:07que de raconter n'importe quoi
11:10quand on est payé
11:11par l'agroalimentaire,
11:12donc je sais de quoi je parle.
11:14Il y a aussi,
11:15et puis il y a un moment
11:16où je ne voulais plus être
11:17dans un bureau
11:18et j'ai décidé
11:18de fabriquer des vêtements,
11:21mais je les fabriquais pour moi
11:22jusqu'au moment
11:23où on m'a arrêtée dans la rue
11:25pour me dire
11:26que ma robe était super
11:27et j'ai dit
11:27que c'était moi
11:28qui l'avais faite
11:28et c'était la responsable
11:31d'un salon
11:33du prêt-à-porter
11:34et elle m'a dit
11:35vous avez 4 mois
11:36pour monter une collection
11:37donc c'est ce que j'ai fait.
11:38Ah oui,
11:38c'est juste par une rencontre
11:39comme ça dans la rue,
11:40c'est incroyable.
11:41Oui, c'est un peu ça,
11:42c'est-à-dire que
11:42moi ma vie professionnelle
11:43est très chaotique
11:44et faite de rencontres
11:45et de hasards
11:47très étranges.
11:49Vous avez exercé
11:50pendant 6 ans également
11:50dans l'industrie du sextoy,
11:52alors pareil,
11:52ça arrive comment ça ?
11:53Ça arrive parce que
11:55justement ma marque de vêtements
11:56se casse sa figure
11:57et il fallait que je travaille
11:59et je rencontre
12:01via un ami de concert,
12:02je rencontre ce type
12:04qui décide de monter
12:05une marque de magasins
12:08de sextoys
12:08un peu marrant
12:09et qui en ferait
12:11un objet justement
12:12tout à fait
12:13de couple
12:17et pas un instrument bizarre
12:19de sexualité déviante
12:22même si en réalité
12:23il n'y a pas de sexualité déviante
12:25à partir du moment
12:25où les personnes
12:26sont consentantes
12:26et donc je devais lui filer
12:30un coup de main
12:30de 3 mois
12:31et je suis restée 6 ans
12:32puisqu'en réalité
12:33quand on est dans un commerce
12:35qui vend des objets
12:37qui ont trait à la sexualité,
12:39moi j'ai rencontré
12:40plein de chercheurs,
12:41j'ai rencontré
12:41plein de journalistes,
12:42j'ai rencontré
12:42plein de citoyennes
12:43et de personnes
12:45et j'ai eu l'impression
12:46avec une partie de l'équipe
12:48de travailler
12:48comme si on était
12:49à la Croix-Rouge.
12:50On était dans un confessionnal
12:52et les gens venaient
12:53nous parler de leurs problèmes
12:54et compter sur nous
12:56pour les résoudre
12:57et finalement
12:57ils comprenaient
12:58que les solutions
12:58ce n'étaient pas forcément
12:59un objet
13:00que leur problème
13:02avait une source
13:03qui était ailleurs
13:04et c'était des discussions
13:05très très riches
13:06et des moments
13:07très très riches
13:07et donc c'est pour ça
13:09que je suis restée
13:09aussi longtemps.
13:10Et ça a fait l'objet
13:11d'un livre
13:11puisque vous vous êtes
13:12inspirée précisément
13:13de cette expérience
13:15pour un roman
13:16L'amour accessoire
13:18chez Gallimard,
13:19un récit documentaire
13:20plus exactement.
13:21On va vous entendre
13:22en parler
13:22c'était en 2017
13:24dans l'émission
13:25Un Livre Un Jour
13:26sur France 3
13:27voilà ce que vous en disiez.
13:29On a l'impression
13:29que parfois
13:30les gens ne se font pas confiance
13:31ils n'essayent pas
13:33de prendre des risques
13:34d'avoir des idées
13:35dans la romance
13:36dans l'amour
13:37ou même dans la sexualité.
13:39Alors ce qui était
13:40un peu embarrassant
13:41c'est que tout de suite
13:42les clients nous racontaient
13:43leur vie
13:43ils nous racontaient
13:45en trois minutes
13:46ce qu'ils n'avaient jamais
13:46osé dire à personne
13:47sans se rendre compte
13:49que peut-être
13:49nous on était
13:50complètement normaux
13:51on n'avait pas
13:52de diplôme
13:53d'experts en amour
13:54et donc c'est vrai
13:55que c'était vertigineux
13:57et on a pris
13:58ce travail
13:59un peu comme une mission
13:59d'utilité publique
14:00aussi dingue
14:02que ça puisse paraître.
14:02Tout ça grâce aux sex toys
14:05marrants
14:06comme vous disiez
14:07c'est quoi le sex toy
14:08le plus marrant
14:09que vous ayez vendu
14:09d'ailleurs en six ans ?
14:11Il y en a eu
14:11il y en avait
14:12qui c'était
14:12des fausses langues
14:15sur une roue
14:16qui tournaient
14:17voilà
14:17il y a eu des choses
14:19très étranges
14:19C'était très créatif
14:20apparemment
14:21ce roman
14:22qui est sorti en 2017
14:23chez Gallimard
14:25vous écrivez encore
14:25d'ailleurs ou pas ?
14:27Oui
14:27j'écris encore
14:28quand on m'a annoncé
14:30mon deuxième cancer
14:31j'étais en train de m'attaquer
14:33à la dernière partie
14:34d'un nouveau roman
14:34que j'ai mis de côté
14:36et aujourd'hui
14:37je suis en train
14:37d'écrire un livre
14:39cancer colère
14:40qui sortira
14:41en début d'année prochaine
14:42Le 27 janvier dernier
14:44alors que vous êtes
14:44en chimio
14:45dans votre chambre d'hôpital
14:46vous apprenez
14:47que le Sénat
14:48vient d'adopter
14:48la proposition
14:49de loi Duplon
14:50on en parle dans un instant
14:51Fleur Bretot
14:52vous qui êtes
14:52notre invitée au carré
14:54Un griot
14:55naître dans une famille
14:56de griots
14:57c'est déjà une école
14:58mais une école
15:00dans laquelle on ne va pas
15:01prendre un pic
15:02un cahier
15:03pour écrire
15:04non
15:05c'est l'école de la vie
15:06à toi mon totem
15:09je ne crois qu'en moi-même
15:11et pour tous mes problèmes
15:13je compte sur toi mon totem
15:15je mène une vie de poème
15:18je ne sais même plus dire
15:20je t'aime
15:20je n'ai pas perdu mes repères
15:22grâce à toi mon totem
15:24c'est pas lié à ces dollars
15:26pas d'héritage en dollars
15:28pas peu fier de ce qu'on a
15:30et tout ce que j'aime
15:31vient de toi
15:32fin de cour
15:33il est tard
15:34là j'avance
15:35sur les feuilles
15:36si le totem se bat
15:38suis-je le totem
15:41de moi-même
15:43suis-je le totem
15:45le totem
15:47le totem
15:48le totem
15:49de moi-même
15:50suis-je le totem
15:53le totem
15:55le totem
15:56de moi-même
15:58suis-je le totem
16:00le totem
16:02le totem
16:03le totem
16:04de moi-même
16:05suis-je le totem
16:07le totem
16:09le totem
16:10le totem
16:11de moi-même
16:13le fond du problème
16:15est dans l'écosystème
16:17je cherche en moi-même
16:19mon totem
16:20mon totem
16:21je le cache comme je l'aime
16:23oui c'est lui mon emblème
16:25car c'est moi sans dilemme
16:27c'est moi sans dilemme
16:29j'aime de nous et t'aime
16:31nos ancêtres nous la prennent
16:33c'est comme une graine
16:35qu'on s'aime
16:36qu'on s'aime
16:37moi oui comme je l'aime
16:39cette clé en soi-même
16:41fais la question suprême
16:43t'aime
16:45je sais pas
16:46ton
16:48le totem
16:49le totem
16:50de moi-même
16:52suis-je le totem
16:54de moi-même
16:57moi-même
16:59moi-même
17:00moi-même
17:02Je suis le totem
17:05mon totem
17:07le totem
17:09de moi-même
17:41La Momalie avec Yamey, c'était Totem sur France Inter.
17:53La terre au carré, Mathieu Vidard sur France Inter.
18:01Fleur Bretot, porte-parole de Colère Cancer, vous êtes notre invité au carré aujourd'hui puisqu'on parlait de Totem avec le titre de La Momalie.
18:08Votre Totem c'est quoi vous ?
18:11Mon Totem, vous parlez d'un animal ?
18:13Peut-être, oui.
18:14C'est sans doute la baleine.
18:16Que vous portez à l'oreille d'ailleurs aujourd'hui.
18:19Et peut-être aussi la lionne pour le combat.
18:22Et la lionne qui est aussi un animal.
18:25Donc la baleine, ces deux animaux vivent beaucoup entre femmes, entre femelles.
18:35Elles se battent, elles se protègent les unes les autres.
18:38Et elles ont les marques, les baleines portent les marques de leur vie sur elles.
18:42Et moi maintenant j'ai une cicatrice qui remplace mon sein droit.
18:45Donc forcément pour moi, la cicatrice a une grande place dans mon corps et dans ma vie.
18:50Et la lionne, elle se bat, elle nourrit le lion, elle nourrit les lionceaux.
18:55Et elle se bat pour son territoire, elle se bat pour la survie de son espèce.
18:59Et je pense que c'est...
19:00Elle est imprévisible, elle est déterminée et ça me parle.
19:05Ça vous ressemble pas mal finalement ?
19:06Ça ressemble à plein de femmes que je croise.
19:08Quand on lit vos portraits, en tout cas, ça vous ressemble aussi beaucoup.
19:11Les baleines, vous les avez rencontrées réellement, Flore Bretot ou pas ?
19:14Oui, je les ai rencontrées réellement chez...
19:16C'est la dernière fois où j'ai pris l'avion.
19:19C'était quelques mois avant que ma nièce naisse.
19:22Et c'était au Groenland.
19:24Et je suis partie, j'avais besoin d'un voyage justement après cette expérience des sex toys
19:27qui avait été tellement chargée émotionnellement.
19:32J'ai décidé d'aller à l'autre bout du monde pour rencontrer les baleines.
19:36Donc je suis partie avec mon sac à dos.
19:37Donc au Groenland ?
19:38Au Groenland.
19:39Et dans la baie de Disco.
19:41Et un matin, le premier matin où je suis arrivée,
19:44j'étais sur un bateau qui faisait la liaison entre le continent et une petite île.
19:48Et j'étais avec des Groenlandais.
19:50Et il faisait moins 25.
19:52Il y avait une petite tempête, on était au milieu des icebergs.
19:55Il neigeait.
19:55Et le capitaine du bateau m'a ordonné de sortir.
19:59Et j'ai cru que j'étais punie.
20:01Je ne sais pas pourquoi.
20:01C'est le patriarcat qui me fait cet effet-là.
20:04Et donc il m'a fait sortir sur le pont.
20:06Et il m'a montré une espèce d'énorme dos luisant.
20:11Et c'était une baleine qui est venue à ma rencontre
20:14et qui a nagé pendant une minute près de nous.
20:17Et qui s'est tournée.
20:18Et qui m'a regardée de son gros œil.
20:20Et je m'en souviendrai toute ma vie.
20:23C'était extraordinaire.
20:24Et j'aurais pu rentrer dès ce moment-là.
20:26Et depuis, j'ai eu l'impression de voyager à l'autre bout de l'univers.
20:31Donc pour moi, le voyage maintenant, c'est la Bretagne, la Creuse.
20:35Et on voit très beaux animaux aussi d'ailleurs.
20:37On voit des animaux magnifiques.
20:39Vous dites que ce sont des cousines lointaines, les baleines.
20:42Et rêver des baleines, vous ajoutez que c'est interdit par le capitalisme.
20:47Pourquoi ?
20:49Quelque part, rêver des baleines, c'est rêver d'un animal qui n'est plus productif pour le capitalisme.
21:01C'est un animal qui symbolise aussi la défense des océans.
21:06Et la survie de la baleine dépend de l'arrêt du capitalisme.
21:14C'est-à-dire que si le capitalisme continue, la baleine disparaît.
21:17Et malheureusement, ça risque d'être aussi la fin des océans.
21:20Donc rêver de la baleine, c'est aussi rêver d'un être qui fonctionne très différemment de nous.
21:26C'est ça aussi.
21:27C'est-à-dire que les animaux, c'est l'autre.
21:30La baleine, je ne sais pas ce que c'est que d'être une baleine.
21:33La baleine, elle a son espace-temps à elle.
21:36Elle a sa façon de communiquer qui ne nous ressemble pas.
21:38Elle a des neurones particuliers que les humains n'ont pas.
21:43Et on sait que c'est pour la communication.
21:46En fait, elle reste un mystère.
21:48Et moi, je trouve ça fascinant de se dire qu'on peut observer les baleines
21:51et se dire que c'est un être immensément mystérieux,
21:55mais qu'on peut réussir à coexister sans complètement se comprendre.
22:00C'est magique.
22:00Flore Bretot, donc, vos deux totems, la baleine et la lionne,
22:05vos qui étaient nés en 1975,
22:07qui avaient cofondé, pour ceux qui nous rejoignent, je le rappelle,
22:09le collectif Cancer-Colère,
22:11le 27 janvier dernier, alors que vous étiez en chimiothérapie.
22:14Donc, vous apprenez que le Sénat vient d'adopter la proposition de loi Duplon.
22:19Avant d'en parler, je voudrais vous faire écouter cette archive, d'ailleurs,
22:22de l'année de votre naissance en 1975.
22:24C'était sur FR3 à l'époque.
22:27Cet homme, le chirurgien Charles Huggins,
22:30a déjà remporté le prix Nobel pour ses travaux sur les hormones
22:33dans le traitement du cancer.
22:36À 72 ans, il peut encore nous montrer comment abattre le monstre,
22:40le monstre cancer.
22:42Notre civilisation produit le cancer.
22:45Le cancer se trouve surtout là où l'on vit,
22:47dans la façon de travailler et dans ce qu'on mange.
22:50On a découvert un millier de produits chimiques
22:52provoquant le cancer chez des animaux,
22:53même le sel de table ordinaire.
22:56Et rien ne nous retient d'absorber ces produits.
22:59Il en est de nouveau chaque jour,
23:01dans la pollution de l'air,
23:02dans les ingrédients des aliments,
23:03dans les pesticides et autres poisons.
23:06Et ça, c'était il y a 50 ans, donc, en 1975.
23:10Fleur Bretot, qu'est-ce que vous inspire cette archive de Lina ?
23:13Cette archive, elle va nourrir encore plus ma colère,
23:19puisque donc, ça fait 50 ans qu'on le sait.
23:20Ça fait 50 ans qu'il y a des études scientifiques qui le montrent,
23:24qui montrent le lien entre la pollution chimique,
23:27la violence chimique et la destruction de la biodiversité
23:30et le cancer qui détruit les corps humains.
23:34Et c'est un constat absolument terrible,
23:37parce que ça veut dire que les pouvoirs publics ne font rien
23:40et qu'ils obéissent aux demandes des industriels
23:43contre les intérêts de la santé publique.
23:46Et c'est pour ça que la colère ne peut être que
23:49la réponse aujourd'hui aux pouvoirs publics,
23:53puisqu'ils n'écoutent pas la science.
23:55C'est tout simplement ça qui se passe.
23:59Là, on arrive au mois de septembre,
24:01enfin, on est au mois de septembre,
24:02il y a une grande colère sociale,
24:06et je la comprends.
24:07Elle a plein de causes,
24:10mais pour moi aussi, et pour Cancer-Colaire,
24:12la santé publique a sa place dans cette colère sociale.
24:16Parce qu'on a compris que depuis les années 90,
24:19les cancers ont doublé en France.
24:22Et aujourd'hui, quand on écoute les industriels
24:25et les politiques qui les soutiennent,
24:27ils sont en train de changer le récit
24:29en disant que le cancer fait partie de la vie
24:31des femmes et des hommes.
24:32C'est normal, le cancer.
24:34Et c'est absolument monstrueux d'entendre ça, quand même.
24:38C'est de normaliser le cancer.
24:40Donc oui, cet archive me fait froid dans le dos.
24:43Alors, ce nom de collectif Cancer-Colaire,
24:45il est vraiment venu au moment où
24:47la proposition de loi, l'idée justement
24:50de voter une loi, donc, pour réintroduire
24:53entre autres un néonicotinoïde,
24:55donc un pesticide,
24:56il y a une espèce de colère très vive chez vous
25:01à ce moment-là.
25:01Qu'est-ce que vous ressentez, en fait ?
25:03J'avais découvert ce projet de loi
25:05quelques semaines auparavant
25:06en me disant que ça ne passerait jamais
25:07puisque augmenter la taille des fermes-usines,
25:11développer les méga-bassines dans toute la France,
25:13réintroduire l'acétamipride
25:15qui était interdit depuis 2018 en France,
25:17je me disais que ça ne passera jamais.
25:19Et ce jour-là,
25:21j'étais en chimiothérapie difficile,
25:22c'était le premier cycle de chimio qui est dur.
25:24J'étais sous perfusion,
25:26entourée par des personnes
25:28dans le même état que moi
25:29et dans des états même plus graves que moi.
25:32Et je découvre sur les réseaux sociaux
25:34que les sénateurs se réjouissent
25:36de l'adoption de cette loi.
25:39Et ça m'a...
25:40C'est indescriptible.
25:41Ça a cristallisé en moi
25:42une colère,
25:44mais c'est que je...
25:45C'est comme si tout s'était organisé en moi
25:48et il n'y avait qu'un seul mot
25:50qui pouvait sortir.
25:51C'était la colère.
25:53Et je me suis dit...
25:54Il y a plein de pensées qui m'ont traversée
25:56et je me suis dit
25:56je ne peux pas...
25:57Il faut que cette colère sorte
25:59parce qu'elle va me ronger.
26:01Elle va me ronger.
26:02Et j'étais face à 5 personnes
26:03en chimiothérapie
26:04dont des personnes
26:05qui étaient dans des sales états.
26:07Et voilà.
26:08Donc j'ai sorti de quoi griffonner
26:10et cancer colère est sorti.
26:12et j'ai cherché des chiffres
26:14et j'ai commencé à griffonner
26:17des tas de choses
26:17au point que d'ailleurs
26:18au bout de 2 heures
26:20je me suis endormie
26:21et les soignants ont eu du mal
26:23à me réveiller.
26:23J'ai eu une sorte de contre-coup.
26:25Et vraiment ce moment
26:27je m'en souviendrai toute ma vie
26:28parce que ça a été cathartique.
26:31Donc il fallait transformer cette colère.
26:33C'était ça.
26:33Il y avait quelque chose
26:34de la survie en fait
26:35dans ce moment-là.
26:36Absolument.
26:36De l'ordre de la guérison même.
26:38C'est-à-dire que je pense
26:39qu'il y a dans toutes mes discussions
26:41avec les patientes
26:42ou les patients que j'ai croisés
26:43la plupart ont une colère quelque part.
26:46Et il y a même des gens
26:46qui m'ont dit
26:47oui mais la colère c'est pas bon etc.
26:48Puis au final
26:48tout le monde était d'accord
26:49pour dire à chaque fois
26:50qu'elles-mêmes
26:52eux-mêmes étaient en colère.
26:53Et cette colère
26:54elle m'a submergée.
26:55Je me suis dit
26:55je ne peux pas la garder en moi
26:57je vais retomber malade.
26:58Je ne peux pas guérir.
26:59Donc c'est une affaire
27:00de guérison cette colère.
27:02De la transformer
27:03et d'en faire quelque chose
27:04de constructif
27:05et de ne pas la garder pour moi.
27:08de la partager.
27:09Donc on rebondit sur cette idée
27:11évoquée tout à l'heure
27:12par l'autrice américaine
27:13Audre Lord
27:14qu'il faut habiter les silences.
27:16C'est ça justement
27:17ne pas laisser la place
27:18à l'invisible et au silence.
27:20Finalement
27:21quand on revient
27:21sur l'archive
27:23que vous venez de diffuser
27:24ce qui manque depuis 50 ans
27:26peut-être
27:26c'est que les malades
27:27prennent la parole
27:28publiquement.
27:29C'est que les malades
27:30du cancer se fassent entendre
27:32ou les parents d'enfants
27:33malades du cancer
27:34se fassent entendre plus.
27:36Qu'on écoute
27:36les personnes
27:37qui sont malades
27:38les agriculteurs
27:38qui sont malades
27:39qui ont des leucémies
27:40des lymphomes
27:40la maladie de Parkinson
27:42les ouvriers
27:43et ouvrières agricoles
27:43qui sont particulièrement touchés
27:45notamment ceux
27:46qui sont en intérim
27:47les maladies professionnelles
27:49il y a plus de 10%
27:51des salariés
27:52en France
27:53actifs
27:53qui ont été au contact
27:54d'une substance
27:55cancérigène
27:55l'année dernière.
27:57c'est pas normal
27:58on vit dans un monde
28:00où la violence chimique
28:01est en train de se répandre
28:03silencieusement
28:04c'est-à-dire que c'est pas
28:04un flot rouge
28:07qu'on peut voir
28:08qu'on peut discerner
28:09maintenant on a un problème
28:10on est empoisonné
28:12en l'ignorant
28:14sans notre consentement
28:15par l'alimentation
28:17par l'eau
28:17dans notre travail
28:18donc oui
28:19habiter les silences
28:20c'est aussi
28:21quelque part
28:23que la parole
28:25des malades
28:26ou des ex-malades
28:27se fasse entendre
28:28et occupe
28:29l'espace médiatique.
28:32Flore Brotto
28:32le 8 juillet dernier
28:33donc le jour
28:34du vote
28:35de la loi Duplon
28:36vous étiez présente
28:37à l'Assemblée nationale
28:38on va en parler
28:39dans un instant
28:40c'est d'ailleurs
28:40à ce moment-là
28:41que le public
28:42a fait connaissance avec vous
28:43parce que vous avez aussi
28:43crié votre colère
28:45depuis le balcon
28:45de l'Assemblée nationale
28:47à l'issue du vote
28:47je vous propose d'abord
28:49d'écouter la ministre
28:49de l'agriculture
28:50Annie Gennevard
28:51qui s'exprimait
28:52sur le débat
28:53autour de l'acétamipride
28:54le 8 juillet
28:55donc le jour même
28:55du vote de la loi.
28:56Les agriculteurs
28:58nous disent
28:59et vous ne les entendez pas
29:00combien leur travail
29:02est devenu difficile
29:04et cette proposition
29:06de loi
29:07ambitionne
29:09d'alléger
29:09leurs contraintes
29:10les contraintes
29:11qui pèsent
29:12sur leur métier.
29:13Avons-nous le droit
29:14moralement
29:15d'ignorer ces paysans
29:17quand ils supplient
29:18qu'on les laisse
29:19accéder à la loi ?
29:19Accéder à des produits
29:21qui permettent
29:21de sauver
29:22les récoltes
29:23en opposant
29:24agriculture
29:25et environnement
29:26cette opposition
29:27c'est vous
29:28qui la nourrissez.
29:29Annie Gennevard
29:31ministre de l'agriculture
29:32quand vous l'entendez
29:33donc à l'Assemblée nationale
29:35fleur-breteau
29:35avant le vote
29:37qu'est-ce que vous éprouvez
29:39en entendant ces paroles ?
29:40j'éprouve un écœurement
29:45absolu
29:47j'éprouve un dégoût
29:49total
29:51et une honte
29:52énorme
29:55et je me dis que
29:58ces mots
29:59sont ceux de quelqu'un
30:01qui défend les intérêts
30:03des industriels
30:04parce qu'un petit exploitant
30:05c'est pas lui
30:06qui a une ferme-usine
30:08avec 85 000 volailles
30:10un petit exploitant
30:11c'est pas lui
30:11qui va construire
30:12une méga-bassine
30:13un petit exploitant
30:14et lui
30:15il cherche à avoir
30:16un revenu digne
30:18à arrêter
30:19de s'endetter
30:20avec les pesticides
30:21à ne pas risquer
30:24sa santé
30:24et l'acétamipride
30:26était
30:27la réintroduction
30:28de l'acétamipride
30:28c'était pour la filière
30:29de la betterave à sucre
30:31qui pour une grande partie
30:32permet
30:33de produire
30:34de l'éthanol
30:35donc un biocarburant
30:37donc en aucun cas
30:38il ne s'agit
30:39de défendre
30:41les agriculteurs
30:42et ces mensonges
30:44de la bouche
30:45d'une ministre
30:46qui
30:46en sous-texte
30:48nous explique que
30:49maintenant
30:49en fait
30:50les choses sont claires
30:51pour elle
30:51il faut que la population
30:52accepte le risque
30:54grandissant
30:55de maladie
30:55c'est comme ça
30:56pour
30:58avoir le simple droit
30:59de boire et de manger
31:00et moi
31:01il y a un moment donné
31:02j'ai regardé autour de moi
31:03et je me suis dit
31:04je suis la seule
31:05avec la tête du cancer
31:06c'est à moi de parler
31:09au nom de la société civile
31:11qui s'était levée déjà
31:12depuis des mois
31:13et qui ne faisait que croître
31:14puisqu'il y avait
31:16des toxicologues
31:17des scientifiques
31:18des médecins
31:19l'ordre des médecins
31:20la ligue contre le cancer
31:22des sociétés savantes
31:24des citoyennes
31:25des citoyens
31:25des ONG
31:26des collectifs
31:27de malades
31:27et je me suis dit
31:28ce serait une faute
31:31de ne pas prendre la parole
31:32et j'ai décidé
31:33après le vote
31:34de prendre la parole
31:37au nom de la société civile
31:38qui s'était mobilisée
31:39vous avez pris la parole
31:40dans un cri
31:41oui
31:41dans un cri
31:42et dans une phrase
31:43dans une phrase
31:44quelle était-elle d'ailleurs
31:45vous êtes les alliés du cancer
31:47et nous le ferons savoir
31:48vous l'aviez pensé
31:50cette phrase
31:51tout s'est fait très vite
31:52c'est grâce à
31:54Annie Genevard
31:55que j'ai pris la parole
31:56grâce à la ministre
31:57de l'agriculture
31:57voilà
31:58c'est elle qui m'a
31:59qui m'a fait comprendre
32:01que la lutte
32:03allait être longue
32:04et féroce
32:05et que face aux mensonges
32:07et au déni de science
32:08au déni des témoignages
32:09des agriculteurs
32:11il y avait besoin
32:12d'une parole forte
32:12et évidemment
32:13ce que j'ai dit
32:15c'était ce qu'on avait écrit
32:16aux députés
32:17depuis des semaines
32:19et des semaines
32:19serez-vous ou non
32:20l'allié du cancer
32:21le vote venait d'être fait
32:22316 voix
32:24pour la loi du plomb
32:26en majorité
32:26du parti
32:28du gouvernement
32:29et des droites
32:30et de l'extrême droite
32:31et là
32:33le message
32:35était clair
32:36ce vote
32:37c'était clairement
32:38grâce au soutien
32:40et aux alliés du cancer
32:418 juillet 2025
32:43et ensuite
32:44va arriver
32:45une pétition
32:46qui a mobilisé
32:47plus de 2 millions
32:48de personnes
32:49on va en parler
32:50avec vous
32:50dans un instant
32:51Fleur Bretot
32:52qui est notre invitée au carré
32:531, 2, 1, 2, 3
32:56expande
32:593, 4, 1
32:593, 2, 1
33:02Sous-titrage MFP.
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