00:00La revue de presse d'Europe 1, Olivier Delagarde, on commence ce matin avec les grands gagnants du budget Le Cornu.
00:06Quand il me prend dans ses bras, il me parle tout bas, je vois la vie en rond.
00:17Et oui, heureux comme des socialistes en Macronie, forcés de reconnaître que ce sont les seuls à pouvoir se réjouir ce matin
00:25et leurs cris de victoire résonnent d'un quotidien à l'autre.
00:27On a négocié, on a gagné, fanfaronne Pierre Jouvet, le secrétaire général du PS dans le Parisien aujourd'hui en France.
00:35On est 69 députés socialistes et on a négocié comme si on était 300 exultes l'un d'eux dans la croix.
00:43Et si vous doutez encore de la réalité de cette victoire rose, allez jeter un coup d'œil sur la morgue des Rouges.
00:49Long papier dans l'humanité pour dénoncer les socialistes qui vont sauver la mise du Premier ministre lors du vote de censure.
00:56Ce PS qui avait présenté le renoncement en 49-3 comme une victoire arrachée de haute lutte, rappelle Cyprien Cadéo,
01:03et qui fait désormais le service après-vente de cette option anti-parlementaire.
01:07Mais le plus important n'est pas là, Olivier.
01:09Non, la guerre des gauches n'a finalement que peu d'importance, Dimitri.
01:13Le vrai problème, c'est que ce budget est une catastrophe pour la France.
01:17Là-dessus, toute la presse de droite est unanime.
01:19À la une de l'opinion, Nicolas Béthoud parle même d'un budget de destruction.
01:23Destruction de la parole politique de la part de quelqu'un qui avait juré de ne pas utiliser le 49-3.
01:28Destruction méthodique de tout ce qu'Emmanuel Macron avait construit lors de son premier quinquennat.
01:34Destruction programmée de l'investissement des entreprises et destruction de l'emploi.
01:39Parce que le cornu a eu beau affirmer que 99% des entreprises ne seraient pas concernées par la purge fiscale,
01:46dans les échos.
01:46Patrick Partin, le patron du MEDEF, lui répond « La France joue avec le feu.
01:51Au moment où les États-Unis et l'Allemagne baissent le taux d'imposition des bénéfices,
01:55la France les augmente.
01:56Les grandes entreprises irriguent tout un tissu de sous-traitants.
01:59Il y aura inévitablement des effets collatéraux sur toute l'économie. »
02:04Et ne dites pas à Marc Fénaud, le patron du Modem, à l'Assemblée
02:07que ses efforts ne pèsent pas sur les Français.
02:10Parce que si ça ne pèse pas sur les Français, ça pèse sur qui, répond-il à l'opinion ?
02:14Sur les Américains ? Sur les Japonais ?
02:16Quand vous ponctionnez les entreprises françaises, ça pèse sur les Français, ça pèse sur leurs emplois.
02:21Quand vous asphyxiez ceux qui essaient de développer des activités,
02:25c'est la France que vous fragilisez.
02:27Oui, c'est donc la fin de la politique de l'offre,
02:29mais c'est surtout la fin de la politique du bon sens.
02:32constate Amère Gaëtan de Capelle à la lune du Figaro,
02:37qu'a prévu le gouvernement davantage de dépenses et davantage d'impôts.
02:40Lorsque l'on détient le record des deux, il fallait y penser.
02:45La France aura peut-être un budget, mais elle n'a pas fini de payer ce catastrophique demi-tour.
02:50Attendez Olivier, tout n'est pas perdu, la droite ne va pas laisser faire une chose pareille.
02:54Vous avez raison Tibétri.
02:55D'ailleurs, j'ai leur numéro, on va les appeler.
02:59Le numéro que vous avez demandé n'est pas en service actuellement.
03:03Nous regrettons de ne pouvoir donner suite à votre appel.
03:05Ah ça.
03:05C'est le plus atterrant dans cette histoire, poursuit l'éditorialiste du Figaro.
03:10Les macronistes et la droite LR vont consentir à cette folie.
03:15C'est que la droite est gênée aux entournures, signale le Parisien aujourd'hui en France.
03:19Dès le départ, Laurent Wauquiez a dit qu'il ne censurerait pas.
03:22Donc la négociation était mal partie avec le cornu, explique un peu Amère, un proche de Retailleau,
03:26qui affirme que les députés de droite ne voulaient pas voter la censure.
03:29Mais les sénateurs républicains non plus, souligne Christine Olivier,
03:33et dans l'opinion, une relative mensuétude sénatoriale vis-à-vis de Sébastien Lecornu,
03:38qui s'explique un peu par l'usure des troupes,
03:41mais aussi beaucoup par le geste que le Sénat attend du gouvernement à l'égard des collectivités locales.
03:48Celle-ci devrait être largement épargnée par les économies.
03:52Bref, tout le monde a eu son cadeau bon luxe dans ce budget,
03:56ironise un sénateur centriste,
03:58sauf peut-être l'électeur de droite qui voit les roses exulter et les bleus aux abonnés absents.
04:03Merci beaucoup, votre revue de presse, chaque matin sur Europe 1,
04:11Olivier Bleu, j'ai vu, Christophe Delagarde, je vous accueille.
Commentaires