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  • il y a 10 heures
Sébastien Lecornu passera par le 49.3 pour faire adopter le budget, a informé BFMTV. Le Premier ministre évoque "une certaine forme de regret et un peu d'amertume", tout en assurant que l'objectif des 5% de déficit public en 2026 sera "tenu".

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Transcription
00:00Au propos de finances, le budget Régout, votre choix, Yves Tréard, ce soir.
00:03Un budget, certes, qui devrait passer avec le 49.3 sorti aujourd'hui par Sébastien Lecornu,
00:09mais un budget, c'est ce que vous nous dites, de tous les renoncements.
00:12Exactement, de tous les renoncements.
00:14Et le premier des renoncements, évidemment, c'est celui du Premier ministre Sébastien Lecornu
00:19qui, à l'envie, nous a répété depuis qu'il est arrivé le 3 octobre,
00:24qu'il ne recourerait jamais à cet article 49.3
00:29qui permet d'enjamber, d'une certaine façon, le vote de l'Assemblée Nationale.
00:35Et on l'écoute.
00:36J'ai décidé de renoncer à l'article 49.3 de la Constitution.
00:41J'ai renoncé à utiliser l'article 49.3 de la Constitution.
00:45Il n'y a pas de 49.3, je me suis déjà engagé.
00:47Il n'y aura pas d'utilisation du 49.3 de la Constitution
00:51et d'engagement de la responsabilité du gouvernement.
00:52Bon, ça, ça fait un renoncement.
00:55Un 400 mètre hais avec les députés, comme le dit très bien Amélie Rosy.
00:59Le deuxième renoncement, c'est évidemment celui du Président de la République.
01:02D'après mes informations, mais que vous aviez également,
01:04le Président de la République n'était pas pour cette option.
01:07Il était pour le recours aux ordonnances, l'article 38 de la Constitution.
01:11Et pourquoi, vous allez me dire ?
01:12Parce que ça lui permettait de faire passer un budget
01:15qui n'était pas le budget bricolé avec des socialistes
01:18qui remettaient en cause toute sa politique,
01:20mais de partir de la copie originale.
01:23Et évidemment, il se serait exposé à une motion de censure aussi,
01:26mais après tout, il avait un budget qui était présentable
01:30et tant pis si le Premier ministre sautait.
01:33Bon, c'est comme ça, c'est cynique et c'est comme ça.
01:35Troisième renoncement, c'est évidemment, et on y vient,
01:38la politique économique du Président de la République,
01:40qu'on soit d'accord ou pas, qui est complètement remise en question.
01:43parce qu'il avait fait cette promesse dès 2017 en disant
01:48les impôts n'augmenteront pas, certes sur les ménages peut-être pas,
01:52mais sur les entreprises, c'est elles qui payent les pots cassés
01:54puisqu'il y a une surtaxe qui va continuer sur les gros groupes.
01:598 milliards sur les gros groupes.
02:00Exactement, il y a le pacte d'Utreil sur la transmission d'entreprises
02:03qui va aussi être revu et corrigé.
02:06Et puis, il y a aussi une taxe sur les holdings.
02:09Et je vous en passe, c'est des meilleurs.
02:10Je crois qu'en termes d'augmentation d'impôts pour les entreprises,
02:14c'est quelques 17 milliards d'euros qui sont prévus.
02:17Si vous ajoutez à cela ce qui a été fait dans le cadre du PLFSS
02:20sur la sécurité sociale avec l'abandon de la réforme des retraites,
02:24parce que c'est un abandon, il faut le dire,
02:26et bien c'est quand même un terrible de voir abîmer comme ça son bilan.
02:32Son bilan.
02:33Quelles peuvent être les conséquences de ces renoncements ?
02:35Alors, il y a les conséquences objectives et directes.
02:39La première des conséquences, c'est que le Premier ministre,
02:42certes, va s'exposer, comme le disait Marie Chantret tout à l'heure,
02:45à trois ou quatre motions de censure
02:49parce qu'il va l'utiliser de 49.3 à plusieurs reprises.
02:52Mais, il y a peu de chances que cette motion de censure passe.
02:57Donc, on a un gouvernement qui devrait se maintenir.
02:59Il devrait se maintenir.
02:59Deuxième chose pour le Président de la République,
03:02c'est que s'il y a motion de censure et que ces motions de censure étaient adoptées,
03:06ce qui ne saurait être le cas, mais enfin, on ne sait jamais,
03:09eh bien, tout de suite, on parle de dissolution,
03:12et tout de suite, s'il y a dissolution, on parle de son avenir à lui.
03:15Est-ce qu'il ne faut pas qu'il démissionne ?
03:17Eh bien là, ce n'est pas le cas.
03:18Troisième chose, ça permet, et c'est là que c'est quand même très cynique,
03:23les Républicains et le Parti Socialiste n'ont pas du tout intérêt
03:27à ce qu'ils aient des élections législatives,
03:29parce qu'ils savent que s'il y a des élections législatives en cas de dissolution,
03:33ils sortent de là lessivés.
03:36Il n'y a plus personne dans les rangs du PS et des LR.
03:39Donc, tout ça, c'est à considérer.
03:43Et écoutez un peu ce que disait d'ailleurs le député Guège tout à l'heure à ce propos.
03:48– C'est la seule solution qui restait au Premier ministre.
03:52Encore une fois, j'aurais préféré qu'on puisse s'en passer
03:54comme on l'a fait sur le budget de la Sécurité sociale.
03:56Ce n'était pas possible sur le budget de l'État.
03:58Ça ne nous a pas empêché d'essayer de négocier
04:00et d'obtenir des avancées significatives pour protéger les Français.
04:04Et c'est la raison pour laquelle ce 49-3 ne donnera pas lieu
04:07à une censure de la part des socialistes.
04:09– Sauf que tout ça, c'est un effet désastreux
04:13sur la crédibilité de la parole politique,
04:15aussi bien pour M. Lecornu,
04:17aussi bien pour le président de la République en général,
04:19parce qu'il est dans une situation compliquée,
04:22aussi bien pour les socialistes,
04:23qui ont toujours dit, depuis quelques années,
04:26depuis Valls, ça remonte à près de 10 ans,
04:29le 49-3, c'est antidémocratique,
04:32c'est un outil qui tue la démocratie.
04:34Donc, c'est vous dire que tout ça, c'est vraiment détestable
04:38et ça fait le jeu de qui ?
04:39Évidemment, du Rassemblement national
04:41et aussi, marginalement, de la France insoumise,
04:45c'est-à-dire des extrêmes comme d'habitude.
04:46– Sauf que ce soir, est-ce que finalement,
04:48Sébastien Lecornu n'a pas été plus malin
04:50que Michel Barnier et François Bayrou ?
04:52– Oui, parce qu'il va durer plus longtemps, manifestement.
04:54Michel Barnier a duré trois mois,
04:56M. Bayrou a duré sept ou huit mois,
05:00donc effectivement, il va durer plus.
05:02Et c'est d'ailleurs Alain Duhamel,
05:03dans son dernier livre,
05:05qui sont des successions de portraits politiques,
05:07qui dit que Sébastien Lecornu,
05:10c'est ce sabetier de la politique
05:12qui avance en claudiquant.
05:14Et vous savez, pour claudiquer,
05:15il faut être souple, il faut être agile.
05:17Et c'est ce qu'il fait.
05:19Sébastien Lecornu, on va d'ailleurs l'écouter, là.
05:21Vous allez voir, il parlait,
05:23il s'est exprimé en fin d'après-midi.
05:25– Il faut être humble,
05:27c'est un semi-succès, semi-échec.
05:30Ça a fonctionné sur la sécurité sociale,
05:32personne n'y croyait,
05:33et ça a eu un mérite énorme, énorme,
05:37de remettre du sérieux et du calme
05:39dans la vie politique du pays.
05:40C'est dans 15 jours qu'on saura
05:42si tout cela est un échec complet ou pas.
05:46– Un semi-succès, un semi-échec.
05:48– Oui, oui, c'est génial, mais c'est du Macron dans le texte,
05:51c'est dû en même temps.
05:53Est-ce que c'est de l'ingénuité ou de l'habilité ?
05:58Excellente formule d'un politologue de talent
06:01qui s'appelle Jérôme Jaffray.
06:03Sébastien Lecornu, c'est un panda
06:05qui avance avec l'œil d'un renard.
06:09– Je ne l'ai pas.
06:12– J'essaie d'imaginer la bête.
06:13– Alors le panda, il a…
06:15– Non, je vois bien, je vois bien,
06:16mais j'essaie d'imaginer le résultat à la fin.
06:18Bon, vos commentaires, Amélie Rosic,
06:20Didier-François.
06:20– Moi, je serais un peu moins négative
06:23sur deux points très techniques.
06:25Le pacte du trade, c'est pour quand même,
06:26on va quand même le rappeler,
06:27corriger des iniquités, des effets d'aubaine.
06:29Et ce n'est pas moi qui le dis,
06:30c'est Amélie de Montchalin,
06:31ce n'est quand même pas la plus à gauche.
06:32La taxe sur les hauts buildings,
06:33c'est pour encadrer les dérives
06:35des pratiques de la suroptimisation.
06:37Et ça, encore une fois,
06:37ce n'est pas moi qui le dis,
06:38c'est quand même Bercy.
06:39Et par ailleurs, c'est vrai que ce n'est pas l'idéal,
06:43mais est-ce que ce n'est pas une façon pour nous,
06:45enfin en tout cas ceux qui nous gouvernent,
06:47d'apprendre le compromis,
06:49la compromission, je ne sais pas,
06:50mais il faut bien qu'on apprenne le compromis.
06:52– Et puis il y a autre chose,
06:54dans ce compromis, Didier-François,
06:55c'est que c'était réclamé aussi
06:57par les armées pour avoir un budget pour les armées,
06:59et notamment un budget en hausse.
07:02– C'est marrant ça.
07:05Mais évidemment, sinon on était 6 milliards de moins
07:06sur les budgets de la défense,
07:08alors qu'on en avait besoin.
07:08Donc honnêtement, après la politique,
07:11c'est la politique.
07:12Donc oui, les socialistes ont fait payer cher
07:14en termes d'impôts et de ce qui leur vote.
07:19Étonnamment, c'est même eux qui au départ
07:21avaient réclamé le fait qu'il n'y ait pas le 49-3
07:23et qui depuis quelques semaines disent
07:25et font pression sur le Premier ministre
07:27pour l'avoir parce qu'ils ne veulent pas voter.
07:29Donc ça leur évite de faire tomber le gouvernement
07:31sans avoir à se prononcer sur le fond.
07:33Bon, enfin, si ça nous achète un petit peu de stabilité
07:36et qui par ailleurs nous coûte quand même très cher
07:37et financièrement et politiquement
07:40et à l'international,
07:41parce que vous avez vu un peu
07:42que ce n'était pas simple en ce moment
07:43et que malheureusement,
07:45sans budget et sans stabilité,
07:46on pèse moins.
07:47Alors que franchement,
07:48on a vraiment besoin de mener l'affaire
07:50au niveau européen,
07:52c'est mieux que rien.
07:55Je pense que tous les Français pensent que...
07:57Oui, ça c'est vrai.
07:59C'est peut-être plus personne...
07:59On passe à autre chose.
08:00Voilà, c'est...
08:01Ils avaient hâte que ça...
08:02On va pouvoir avancer.
08:03C'est vrai, c'est vrai.
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