Sébastien Bruyère, président de la Chambre d'agriculture du Tarn, revient sur ses échanges avec le président du Sénat, Gérard Larcher, à l'occasion de sa visite dans une ferme de Sorèze dans le Tarn
00:00Oui, est-ce qu'on pourrait savoir un peu ce qui s'est dit là pendant ce réunion de l'année ?
00:04Et donc le président Larcher, le président du Sénat est venu à la rencontre des agriculteurs du Tarn.
00:10Nous avons rappelé des problématiques déjà, moi-même, moi, particulièrement des problématiques nationales.
00:17Déjà, les chiffres parlent tout seuls. Nous avons une balance commerciale agricole négative de 1 milliard d'euros.
00:22À côté, nos voisins espagnols, l'on excédentaire de 17 milliards d'euros.
00:26Donc on ne peut pas dire que c'est la faute à l'Europe, là. C'est la faute à nos différentes politiques agricoles qui ont été menées dans notre pays depuis 25 ans en arrière.
00:34Les décisions qui ont été prises n'ont pas été les bonnes. Donc aujourd'hui, on se retrouve dans la panade.
00:40Nous ne sommes plus souverains alimentairement. Ensuite, on a abordé évidemment des sujets qui tiennent à cœur aux agriculteurs tarnés, notamment la DNC.
00:49Puisqu'aujourd'hui, le protocole sanitaire n'a pas encore évolué. Alors que nous avons vacciné, le septembre tarné va être en place d'être vacciné totalement.
00:59Nous nous sommes mis des freins commercialement. Et ce protocole n'a pas évolué. C'est inacceptable.
01:05Aujourd'hui, nous devons passer à l'abattage sélectif parce que le troupeau tarné est vacciné.
01:10Nous avons rappelé évidemment le sujet de l'eau. Des freins pour construire des retenues culinaires dans notre département ne sont pas encore levés.
01:20La loi du plan, les décrets ne sont pas sortis. Donc on en est toujours au même point que deux ans en arrière.
01:25Ça suffit. Ça suffit. Donc nous avons une ressource abondante. Nous avons la chance d'avoir un département où nous avons 800 mm qui tombe par an.
01:33Et on ne peut pas garder cette eau pour l'utiliser pour les cultures. Les cultures pour l'élevage, pour les cultures spécialisées, pour les cultures d'ambiculture, pour l'arboriculture.
01:44Et pendant ce temps, on importe tous nos produits de l'extérieur. Ils viennent même de l'autre côté de la planète avec des normes sanitaires et qui ne correspondent à rien au nôtre.
01:52Ça suffit. Ça suffit. Remettons du bon sens dans notre agriculture.
01:56Qu'est-ce que vous attendez concrètement de cette visite ? Qu'est-ce qu'il peut le faire dans les prochains jours ? Qu'est-ce que vous attendez concrètement de sa part ?
02:03Eh bien, j'entends concrètement de la part du président Larcher qui fasse remonter nos demandes auprès du gouvernement.
02:12Parce que c'est quand même un contre-pouvoir du gouvernement qui peut faire remonter d'autres idées et modifier la donne.
02:19Parce que, certes, aujourd'hui, tous les parlementaires sont concernés.
02:22Mais le Sénat, on sent que le Sénat a quand même une envie de faire bouger les choses et a bien compris que nous allons devenir totalement tributaires de la planète entière dans notre alimentation.
02:34On a pu comprendre qu'on vous est en colère, notamment contre les syndicats de l'État, suite aux plaintes déposées, les arrestations, les gardes à billes lors des manifestations.
02:43Les réactions, elles vous ont un petit peu calmé ou contre ?
02:47Non, mais c'est un autre volet.
02:48Oui, hier, quand j'ai vu mon jumeau de Tizani, Lionel Gandelong, président de Chambre du Gers,
02:57menotté par les forces de l'Ordre, évidemment que j'avais la révolution en moi.
03:02Bon, c'est pour ça que j'ai demandé dans l'archer s'il y avait aujourd'hui deux agricultures, une du Sud qu'on ne veut pas écouter et une au Nord de la Loire qu'on écouterait un peu plus.
03:15C'est ma réaction à chaud, disons.
03:18Mais voilà, c'est vrai que quand Lionel est parti menotté et qu'on voit la veille parader et qu'on déroule le tapis rouge à une autre organisation agricole à Paris, ça fait mal au cœur.
03:28Ça fait vraiment mal au cœur et nos amis de la Confédération paysanne étaient bien d'accord sur le coup parce qu'il leur est arrivé la même mésaventure.
03:36Il y a eu beaucoup d'échanges ce dernier temps avec la Confédération, le département de Soppe.
03:40Vous êtes confiant sur le fait que ça peut marcher ?
03:42Peut-il y avoir des volontés de savoir dans l'époque du jour ?
03:45Après, je ne sais pas à mon petit niveau si le Sénat a beaucoup de pouvoir sur les décisions prises et sur la manière dont on peut lâcher le nœud.
03:57Lâchez le nœud qui nous sert pour lever les frègues à la production agricole.
04:03Comme je l'ai dit lors de notre entretien, les paysans ne sont pas des mendiants, on n'a pas d'enveloppe.
04:10On vit de notre production, en bon sens.
04:12Donc aujourd'hui, ce qu'on demande, c'est qu'on lève les frègues à la production.
04:17Je veux dire, on est quand même l'agriculture la plus vertueuse du monde.
04:21Donc, il faut faire des efforts pour laisser les paysans produire.
04:26Et les contrôleurs qui viennent nous empêcher de dormir sur nos fermes,
04:31qu'on les envoie dans tous les ports français,
04:33là où se déchargent les denrées alimentaires qui arrivent du quatre coins de la planète.
04:37C'est là qu'il faut aller contrôler, parce que c'est là qu'arrive la pollution dans nos assiettes.
04:41Parce que nous, on est déjà contrôlés de A à Z en permanence.
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