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  • il y a 5 minutes
Dans son émission média, Thomas Isle et sa bande reçoivent chaque jour un invité. Aujourd'hui, Pierre Bonte, pour le podcast Europe 1 Pierre Bonte raconte la grande aventure de "Bonjour monsieur le maire" de la collection "Au Cœur de la France".

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Transcription
00:00Bien sûr, Europe 1, vous écoutez Culture Média 10h-11h30 tous les jours avec Thomas Hill et votre invité ce
00:05matin Thomas.
00:06Oui, je reçois ce matin une légende de la radio, l'une des toutes premières voix d'Europe numéro 1,
00:11Pierre Bonte.
00:13Vous êtes arrivé à Europe numéro 1 le 15 février 1956, soit un an et un mois après sa création.
00:20Vous êtes arrivé comme jeune journaliste et reporter au moment où Europe 1 inventait un peu un nouveau style de
00:27journalisme parlé, c'est ça ?
00:29C'était l'invention du journalisme parlé. Europe 1 a inventé un style journalistique et avant la radio c'était
00:38des speakers qui lisaient des bulletins écrits par des journalistes.
00:41Si vous voulez, Europe 1 a été le premier à mettre les journalistes devant un micro et à leur faire
00:45raconter ce qu'ils savaient ou ce qu'ils avaient vu.
00:49À une époque où aussi on apprenait un peu le métier sur le tas, vous avez un peu tout fait
00:54à Europe 1 ?
00:54Oui, oui, oui. Moi j'ai fait une école du journalisme quand même, celle de Lille, puisque je suis Lillois
00:59d'origine, moi je n'avais pas une grande route à faire pour aller suivre les cours.
01:04Et je suis venu directement, non j'ai fait un passage vers West France, depuis un an je suis resté
01:10à la rédaction de Rennes.
01:11Et puis en 1956, voilà, j'étais comme beaucoup de Français, je découvrais une nouvelle radio sur mon transistor.
01:19C'était les débuts du transistor à l'époque.
01:22Je découvrais une nouvelle radio avec un style vraiment révolutionnaire et vachement sympathique.
01:27C'était jeune comme style par rapport à la radio de l'époque.
01:33Et j'ai eu envie de faire du journalisme comme eux.
01:36J'ai écrit à Europe 1 à l'époque, ils m'ont dit, ben venez, on va faire un essai.
01:40Et comme c'était simple à l'époque, j'ai été pris, enfin on m'a pris trois mois à
01:44l'essai quand même.
01:44Parce que j'avais un accent du Nord un peu, vous voyez, on m'a dit, oh là là, à
01:48la radio, pour ne pas avoir de l'accent.
01:50À l'époque, les accents régionaux, c'était banni de l'antenne.
01:54Et donc j'ai travaillé à perdre le peu d'accent que j'avais encore.
01:58Et puis voilà, et puis ben...
01:59Et puis alors très vite, vous allez commencer à côtoyer les vedettes.
02:02Ça a été ça au départ votre boulot, Pierre Bonte.
02:05Et vous êtes envoyé notamment au chevet de la plus grande vedette de l'époque.
02:09Écoutez.
02:09Vous êtes encore pour le moment allongé.
02:11Vous ne vous êtes pas levé depuis l'accident.
02:13Oh, c'est-à-dire en cachette du docteur.
02:17Mais très peu de temps.
02:18Oui, très peu de temps.
02:19Alors décrivez-vous un peu.
02:21Eh ben mon Dieu, moi je me trouve pas joli à voir, évidemment.
02:23En ce moment, je me préférais avant.
02:25Mais il paraît que je vais redevenir comme j'étais.
02:27C'est la voix d'Edith Piaf qu'on a entendue dans cet extrait.
02:32Edith Piaf qui venait d'avoir un accident de voiture, Julien, c'est ça ?
02:34Oui, avec Georges Moustaki.
02:35On est en 1958.
02:38Et le jeune Pierre Bonte est alors envoyé à l'hôpital pour interviewer Edith Piaf.
02:42Elle est géniale cette archive parce qu'on se rend compte à quel point
02:44les relations à l'époque entre les célébrités et les journalistes
02:48sont très différentes d'aujourd'hui.
02:49On pouvait entrer dans leur intimité, vraiment ?
02:52Oui, oui.
02:53Je ne sais pas s'il y a eu trop grande différence.
02:55C'est l'hôpital comme ça, ça ne se fait pas aujourd'hui ?
02:57Oui, je ne savais pas faire.
02:58Sûrement.
02:59Oui, je suis fier.
03:01J'avais interviewé Brigitte Bardot à la même époque.
03:04Elle aussi, on était presque conscrit, si je puis dire.
03:07Elle était de 34.
03:08Moi, je suis de 32.
03:10Et alors, Edith Piaf qui a chanté pour l'une de ses premières fois,
03:14Milor, devant vous, devant d'autres journalistes aussi.
03:17Vous vous en souvenez de ça encore ?
03:19Mais c'est inoubliable.
03:20C'est des chocs émotionnels, fantastiques.
03:22Et puis alors, votre carrière, Pierre Bonte, va prendre un autre tournant.
03:26En 1959, Jean Gorini, rédacteur en chef, crée une nouvelle émission
03:31intitulée Bonjour Monsieur le Maire, avec ce générique assez original.
03:40Bonjour Monsieur le Maire, une émission réalisée grâce à Butte à gaz, Propagaz.
03:48Butte à gaz, Propagaz, le confort sous chaque toit.
03:53Un, deux, trois, hop là, la flamme la voilà.
03:56Butte à gaz et Propagaz.
03:59Je crois qu'on a bien compris qui était le sponsor de cette séquence.
04:03Publicité très discrète.
04:05Oui, elle discrète vraiment, c'était en filigrane.
04:07Et alors, mais sauf que vous, qui à l'époque côtoyez les vedettes,
04:11Pierre Bonte, vous n'aviez pas très envie de présenter ce programme au départ ?
04:14Non, honnêtement, j'ai honte aujourd'hui, quand j'y repense.
04:17Mais le jour où Jean Gorini, qui était le directeur de la rédaction,
04:21m'a dit, voilà, on va lancer une nouvelle émission
04:25pour un sponsor qui s'appelle Butte à gaz,
04:28et c'est vous qui allez vous en occuper.
04:30Et ça, vraiment, je lui ai dit, écoutez, c'est gentil d'avoir pensé à moi,
04:34mais ça ne m'intéresse pas.
04:35Je préfère, moi, la campagne, je ne connais pas.
04:38Moi, je suis né en province.
04:39Vous ne vouliez pas partir de Paris, c'est ça ?
04:40Et voilà, mais puis moi, mon rêve, c'était de rencontrer justement les vedettes.
04:44Comme Piaf, Bardot, Martine Carole, qui était la grande vedette.
04:50On l'a oublié.
04:51On l'a oublié, Martine Carole.
04:54Et donc, aller sur les chemins de campagne, vraiment, ça ne me disait rien.
04:57Et puis, on m'a dit, vous savez, on ne vous demande pas votre avis.
05:01Ah oui, c'est ça ou la porte.
05:01On vous a choisi pour vous occuper de cette émission et pour la lancer.
05:05Donc, vous faites ça ou vous allez voir ailleurs.
05:07Et je suis resté.
05:08C'était une époque importante, parce qu'en plus, on est en pleine exode rurale.
05:12Mais voilà, la campagne, mais personne ne voulait aller à la campagne.
05:15C'était l'époque de l'exode rurale, comme vous dites.
05:17Et les jeunes ne pensaient qu'à s'enfuir, aller en ville, en banlieue,
05:21à s'entasser dans les HLM qui poussaient comme des champignons.
05:26Et alors, à l'époque, Pierre Bonde, vous avez quelques collègues
05:28qui se moquent un peu gentiment de vous.
05:30Mais sauf que l'émission, elle va durer, elle va fonctionner.
05:33Et elle va durer pendant 15 ans.
05:35Vous allez faire découvrir 4000 communes françaises.
05:38Et alors, il faut imaginer, vous étiez trois,
05:41aller prendre des sons, rencontrer les maires, les villageois.
05:44C'est vous, Pierre Bonde, qui faisiez le montage.
05:46Sauf que ce n'était pas sur ordinateur, à l'époque.
05:49Comment ça se passait, le montage ?
05:50Alors, c'était tout à la main, oui, ça c'est sûr.
05:52Mais moi, je ne faisais pas les reportages.
05:54J'avais une petite équipe de reporteurs
05:56qui prenaient la voiture toutes les semaines
05:58et qui allaient faire trois communes dans la même région.
06:01et sur des indications que je leur avais données.
06:04C'est-à-dire, moi, je fouillais la presse régionale
06:07pour trouver des infos, je choisissais des communes,
06:09je prenais contact avec elles par téléphone.
06:12Et à l'époque, d'ailleurs, il n'y avait même pas le téléphone
06:14dans toutes les mairies.
06:15Je me souviens, quelquefois, j'étais obligé
06:16d'appeler le presbytère.
06:18Parce que le presbytère, il téléphone toujours.
06:21Souvent, avant que la mairie n'était pas le téléphone,
06:23il y avait le presbytère qui s'était équipé.
06:26Et puis après, je préparais un canevas d'interview
06:30pour les reporteurs qui allaient faire le travail d'enregistrement.
06:34Et puis moi, après, c'était le montage avec les ciseaux et la colle,
06:37le papier collant plutôt, le papier collant et les ciseaux
06:39pour mettre bout à bout le meilleur des enregistrements de mes reporteurs.
06:43Et vous racontez toute cette aventure dans le podcast animé
06:47par Julien Picheney qui vous interroge avec des...
06:49Vraiment, il y a des archives sonores exceptionnelles de cette époque.
06:53Et alors, c'est justement en écoutant Bonjour Monsieur le Maire
06:56que Jacques Martin a l'idée de vous faire venir aux petits rapporteurs.
07:00C'est comme ça que ça s'est fait ?
07:00Ah oui, c'était tout à fait inattendu.
07:02Il se trouve que l'été, Bonjour Monsieur le Maire,
07:06suivait le Tour de France.
07:08Et avec un de mes reporteurs,
07:11j'étais dans la caravane publicitaire qui précédait les coureurs.
07:14Je m'arrêtais dans les communes pour faire quelques enregistrements.
07:16Et le lendemain matin, je faisais une petite carte postale sonore
07:19de l'étape de la veille.
07:22Et puis Jacques Martin, une année, il était là,
07:24comme dans le programme du podium
07:27que Europe 1 plantait dans chaque ville étape le soir.
07:32Et il était à l'époque imitateur.
07:34Il était en revue américaine, si je puis dire.
07:38Il imitait à l'époque Hugo Frey déjà,
07:41Luis Mariano, Jean Guitari, etc.
07:45Et dans la journée, plutôt que d'aller directement d'une ville à l'autre,
07:50souvent il venait dans ma voiture et il s'arrêtait avec moi dans les villages,
07:53parce qu'il adorait, parce que partout on était reçus, bien sûr,
07:56avec la fanfare, avec les spécialités du pays,
08:00le coup à boire, etc.
08:01Et donc Martin a découvert cette France que moi je traitais
08:05dans Bonjour Monsieur le Maire.
08:06Et quand il a humilié le petit rapporteur,
08:08il a pensé à moi, en disant,
08:10Pierre Montt, il peut apporter peut-être un petit côté
08:13qui soit France profonde.
08:15Et alors vous étiez aussi le complice de Daniel Prévost
08:18pour l'une des séquences les plus mythiques
08:20de la télévision française.
08:22On ne va pas y résister.
08:23C'était en 1976.
08:25Écoutez ça.
08:25Et dites-moi, j'ai l'impression,
08:27là on arrive dans une petite ruelle,
08:28j'ai l'impression que mon cul est très étroit.
08:31Je trouve que mon cul est pénible dans le centre du village.
08:34C'est ça.
08:35Et ça c'est votre mérille, là, voilà, on la voit bien.
08:37Est-ce qu'il y a parfois, justement, dans la circulation,
08:41est-ce que mon cul est bouché ?
08:44Dites-moi, la nuit, mon cul est bien éclairé ?
08:48Oui, très bien éclairé.
08:49Parce que je me suis laissé dire
08:50que c'était quand même un peu sombre, parfois.
08:52Oui ou non ?
08:52Non, non, non.
08:53Alors, il y a également une spécialité.
08:56Enfin, il doit y avoir des spécialités dans votre village.
09:01Par exemple, mon télimar, c'est du nougat.
09:04Et mon cul, c'est du poulet.
09:08Ça marche toujours.
09:09C'est extraordinaire.
09:11Mais je précise que c'est Daniel Prévost
09:12qui pose les questions.
09:14Moi, j'avais suggéré à Jacques Martin
09:15de faire le sujet.
09:17De faire, bien sûr, avec une interview à double sens.
09:19Non, parce qu'il y avait un pouvoir comique.
09:23C'est quand même une vis comica qui était quand même assez...
09:25Mais le maire répond très sérieusement.
09:27C'est ça qui vient.
09:27Il est intelligent, il a bien compris
09:29qu'on s'amusait avec le nom de la commune,
09:31mais il savait qu'il allait faire rire
09:33et qu'en faisant rire,
09:35il allait sans doute valoriser
09:37et faire mieux connaître sa commune.
09:39Et ce qui a été le cas, d'ailleurs,
09:40il y a eu, après l'émission,
09:42cette commune qui était en difficulté,
09:45une petite commune,
09:46avec beaucoup de bâtiments qui étaient inoccupés.
09:48tout s'est vendu en un an ou deux.
09:52J'ai vu que vous aviez même participé
09:53à l'inauguration de mon cul.
09:55À l'inauguration de la rue du Petit Rapporteur.
09:57La rue du Petit Rapporteur.
09:58Ça, c'est génial.
09:58Effectivement, en avril 2007.
10:00Non, mais ça montre que...
10:01Et cette année, pour dire que ce n'est pas oublié,
10:03la commune a décidé de fêter
10:04le 50e anniversaire du reportage du Petit Rapporteur,
10:09car c'était en 1976
10:10qu'a eu lieu ce rangier.
10:12C'est formidable !
10:1350 ans après, la commune encore,
10:15qu'il n'a pas oublié.
10:15C'est si vous dire que l'événement a marqué.
10:18Et une émission qui faisait...
10:19Alors, il n'y avait pas les mesures d'audience d'aujourd'hui,
10:22mais 15, 20 millions de téléspectateurs.
10:24Il y a eu jusqu'à 28 millions.
10:26C'est délirant.
10:27Pas prétendu télé 7 jours.
10:28C'est pas moi qui l'ai dit.
10:29C'est délirant.
10:31Le podcast Pierre Bon
10:32raconte la grande aventure de Bonjour Monsieur le Maire.
10:35C'est disponible sur Europe1.fr
10:36et l'application Europe1.
10:37Et tous les jours,
10:38un bonjour Monsieur le Maire
10:39à partir de ce matin.
10:41On va écouter.
10:42Il y en a 4000.
10:43Il y a 4000 numéros.
10:43Alors, on va tous les mettre en podcast,
10:45un par jour,
10:46tous les matins.
10:46Vous en avez pour quelques temps.
10:47On est à Oul en Oisan ce matin.
10:48On sera à Sancerre demain.
10:50C'est génial.
10:50On va tourner en France.
10:51Qu'est-ce que je suis content.
10:52Qu'est-ce que je suis content.
10:53Il faut le refaire ça.
10:54Il faut le refaire.
10:55Ah ouais.
10:55Merci Pierre Bon
10:56Merci beaucoup d'être passé de vous voir ce matin.
10:58C'est un bonheur de vous avoir reçu.
11:00Merci à vous.
11:00Et Culture Média continue.
11:01Thomas, il est juste après les infos de 10h30 sur Europe1.
11:03Avec la chanteuse Marine
11:05qui revient nous voir
11:06et qui va nous faire découvrir en live
11:07son nouveau titre.
11:08Et puis tout le monde.
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