- il y a 7 semaines
Manuel Bompard, coordinateur de LFI, était l'invité de BFMTV ce lundi 12 janvier
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00:00Notre prochain invité qui va prendre votre place, c'est Manuel Bompard,
00:04coordinateur de la France Insoumise, député des Bouches-du-Rhône.
00:09Bonsoir Manuel Bompard, merci beaucoup d'être avec nous.
00:13Tiens, une réaction sur l'actualité de demain puisqu'on en parlait,
00:17le procès en appel de Marine Le Pen qui commence.
00:20Et on a beaucoup entendu dans le camp du RN que ce serait un danger pour la démocratie
00:25si elle ne pouvait pas se présenter en 2027.
00:29Quel est votre regard à vous là-dessus ?
00:31Écoutez, j'ai un peu du mal à comprendre l'argumentation du RN
00:34puisque l'année dernière, après le jugement en première instance,
00:38l'argument c'était de dire qu'il y a un problème avec l'exécution provisoire
00:42puisque dans la justice, il faut que les différentes voies de recours puissent exister.
00:47Et ce qu'on peut entendre, c'est vrai que dans le système judiciaire français,
00:51quand vous êtes condamné en première instance, vous devez pouvoir faire appel.
00:54Ça c'est le principe de la justice.
00:55Le RN se plaignait en quelque sorte de ne pas avoir droit à ses recours.
00:59Bon, maintenant il y a les recours puisqu'il y a un procès en appel qui commence demain.
01:03Et puis ensuite il y aurait une cassation.
01:05Et puis en cas de cassation, il a été dit que sans doute cette cassation aurait lieu
01:08avant l'élection présidentielle.
01:10Donc à partir de ce moment-là, je trouve que la manière avec laquelle
01:15le RN se défend ne tient pas la route, tout simplement.
01:18Vous avez vu les sondages qui placent Jordan Bardella loin devant Marine Le Pen.
01:21Il vous fait peur, Jordan Bardella ? Il pourrait être votre opposant direct dans un an et demi ?
01:28Moi, l'extrême droite, quel que soit son candidat, me fait peur, je ne sais pas.
01:32Mais en tout cas, je ne souhaite pas qu'il l'emporte, ça c'est clair.
01:35Et je pense que ce serait un grave problème pour le pays, que ce soit M. Bardella ou Mme Le Pen.
01:42Et comme vous le savez, ce n'est pas moi qui vais choisir qui va être le candidat de l'extrême droite
01:46à l'élection présidentielle.
01:47Donc que ce soit M. Bardella ou Mme Le Pen, nous nous sommes prêts à lui faire face
01:52et pour faire la démonstration auprès des Françaises et des Français
01:55que les propositions politiques que porte le Rassemblement national
01:58seraient extrêmement dangereuses pour la France,
02:01qu'elles ne répondraient pas aux problèmes du pays.
02:04Je ne sais pas si ça ne porte pas.
02:05Vous avez vu la Une du Monde aujourd'hui, Manuel Bompard.
02:07Les idées du RN qui s'installent dans l'opinion,
02:10et ils se basent sur un sondage qu'ils ont mené,
02:13qui confirme l'enracinement du RN.
02:1442% des sondés se disent en accord avec les idées défendues par le RN
02:17contre 29% avant l'élection présidentielle de 2022.
02:21Oui, mais vous savez, il y a deux ans maintenant,
02:24après la dissolution de l'Assemblée nationale,
02:26déjà vous disiez que les sondages, il y en avait 27 sur 27,
02:30je me rappelle, entre la dissolution de l'Assemblée nationale
02:33et le premier tour des élections législatives,
02:35disaient que de toute façon l'extrême droite allait gagner,
02:37que leurs idées s'étaient banalisées.
02:40Et puis finalement, dans la campagne électorale des élections législatives,
02:43alors les gens ont découvert la réalité du programme du RN.
02:47Et donc les gens n'ont pas voté pour que le RN gouverne.
02:51Et donc moi je pense que cette démonstration qui a été faite
02:54au moment des élections législatives,
02:56il est tout à fait possible de la refaire à nouveau
02:57au moment de l'élection présidentielle,
02:59parce que le programme du RN en matière économique,
03:02en matière sociale, en matière écologique, en matière démocratique,
03:06ne me paraît pas être un programme capable et susceptible
03:09de réunir la majorité des voix du pays.
03:12Après il y a une campagne électorale,
03:13c'est à nous de faire notre travail et de faire la démonstration
03:15de la nocivité de ce programme pour la France.
03:17Mais monsieur Bonpard, une question,
03:19la prochaine échéance ce sont les municipales,
03:22je vous permets une question un peu piquante,
03:23mais je sais que vous avez le cuir épais.
03:24On a parfois l'impression, mais peut-être que c'est simplement
03:30un sentiment, que la France insoumise passe beaucoup plus de temps
03:34dans une guerre des gauches qu'à l'assaut de la droite
03:39ou de l'extrême droite.
03:39Je vous donne une illustration et vous me direz ce que vous en pensez.
03:43Là, la prochaine échéance, ce sont les municipales
03:46et ça nous mobilise tous, chacun à notre niveau.
03:49Vous êtes vraiment à l'assaut des mairies socialistes
03:54Marseille, Paris, Vaud-en-Velin
03:58et peut-être davantage qu'à l'égard des mairies dites de droite.
04:03Est-ce que votre objectif, c'est de faire perdre, par exemple,
04:07le maximum de municipalités, de villes aux socialistes ?
04:11C'est un sentiment peut-être qu'il est faux ?
04:13Madame, pardonnez-moi de vous dire que vous avez cité des villes
04:17qui, effectivement, sont dirigées par des municipalités socialistes
04:20mais moi, j'aurais pu vous citer la ville de Toulouse
04:22qui est dirigée par la droite, dans laquelle la France insoumise
04:25présente des listes avec l'objectif de gagner aussi
04:27et la ville de Perpignan, qui est dirigée par le Rassemblement national
04:30dans laquelle la France insoumise présente des listes.
04:33Donc la France insoumise, elle présente des listes
04:34dans à peu près 100% aujourd'hui des communes
04:37de plus de 50 000 habitants.
04:40Ah ben non, mais à Toulouse, on a un candidat qui est très fort
04:42qui s'appelle François Picmal, qui est député de Haute-Garonne
04:45qui n'est pas moins fort que les candidats qu'on présente
04:47dans les villes de gauche.
04:48Donc non, nous, on se présente partout.
04:50Alors là où les villes sont dirigées par le Parti socialiste,
04:54on se présente aussi.
04:55Mais il me semble qu'on a le droit
04:56parce que c'est le principe des élections
04:58de pouvoir proposer aux électrices et aux électeurs
05:01de pouvoir faire un choix entre différentes listes.
05:03Et quand le bilan de la municipalité,
05:05même quand elle a été dirigée par le Parti socialiste,
05:08ne nous convient pas,
05:09il est quand même normal et légitime
05:11de proposer aux électrices et aux électeurs
05:14à un autre programme.
05:15Ce qui est à peu près...
05:15Et après, c'est eux qui tranchent.
05:16Ce qui se produit à peu près
05:18dans presque toutes les villes socialistes, du coup.
05:20Ah oui, je vous le confirme, ça se produit.
05:22Pour confirmer la démonstration de...
05:24Mais aussi dans toutes les villes de droite, monsieur Jeudy.
05:26Oui, mais ça, les villes de droite,
05:27c'est moins surprenant, monsieur Montpard,
05:30que dans les villes socialistes.
05:31Mais sincèrement, j'ai du mal à comprendre votre raisonnement.
05:33Vous considérez donc que dans les villes socialistes,
05:36en quelque sorte, la ville leur appartient ?
05:38Non, c'est pas du tout ce que je dis, monsieur Montpard,
05:41c'est que dans la plupart des villes socialistes,
05:43il y a presque toujours accord avec le PC et le PS.
05:47Presque toujours.
05:47Avec le PS, ça me paraît assez évident.
05:49Entre le PS, les écologistes et le PC,
05:51il y a presque toujours accord dans les villes sortantes socialistes.
05:53Par partout, mais parfois...
05:54Dans la plupart.
05:55J'ai cité Perpignan, par exemple,
05:56où la Ligue de la France Assoumise
05:58est aussi soutenue par les écologistes.
06:00Vous voyez où on veut en venir.
06:02Ils sont supposés...
06:03Je vois très bien où vous voulez en venir.
06:07C'est m'enfermé dans un débat contre le PS.
06:09Il y a une volonté de battre.
06:10Et c'est précisément ce que je refuse de faire.
06:12Vous avez remarqué.
06:13Il y a une volonté de battre les maires socialistes.
06:15Il y a une volonté de battre les maires sortants
06:17partout où on présente des candidatures.
06:19Donc, quand le maire sortant est un maire de droite,
06:21il y a une volonté de battre le maire de droite.
06:22Quand le maire sortant est un maire d'extrême droite,
06:24il y a une volonté de battre le maire d'extrême droite.
06:26Et quand le maire sortant est un maire socialiste,
06:27on a vocation à essayer de gagner.
06:29Donc, oui, quand vous gagnez,
06:33je voulais sortir de ce débat-là contre le Parti Socialiste.
06:35Non, mais simplement pour guider Manuel Montpard
06:37vers une introspection plutôt que vers le Parti Socialiste,
06:39vers la France Insoumise.
06:40Vous disiez tout à l'heure,
06:41vous parliez de la défaite du Rassemblement National,
06:42en tous les cas de la non-victoire lors de la législative,
06:44en évoquant le programme.
06:45Il y avait aussi ce qu'on appelait les brebis galeuses
06:47au Rassemblement National pendant tout l'entre-deux-tours.
06:49On en a beaucoup parlé.
06:50Vous voyez certainement où je veux en tenir,
06:51M. Manuel Montpard.
06:52Non, je ne crois pas.
06:52C'est qu'on a découvert,
06:53si on a découvert ces derniers jours,
06:55un certain nombre de brebis galeuses
06:56dans votre parti, la France Insoumise.
06:58J'en cite seulement deux exemples.
06:59Yves Bouteyer, qui est tête de liste pour les municipales,
07:01qui écrivait sur Facebook.
07:03Il n'est pas tête de liste.
07:04S'il l'était, il a été effectivement radié du parti.
07:06Il n'y a plus de brebis galeuses à la France Insoumise.
07:08Attendez, attendez, attendez.
07:09Il y en avait une.
07:10Yves Bouteyer qui disait...
07:11Attendez, laissez-moi finir, vous me répondrez.
07:12Attendez, laissez-moi finir, vous me répondrez.
07:15Ça me droit, quand il y en a une,
07:16on l'empêche de...
07:16Et c'est ce qu'a fait le Rassemblement National aussi.
07:18Attendez, je dis d'abord ce qu'ont dit ces têtes de liste.
07:21Et puis ensuite, vous me répondez.
07:22Yves Bouteyer, je le répète,
07:24le CRIF dirige la France, c'est lui qui le dit,
07:27et les Juifs continuent le carnage en parlant de Gaza.
07:29Bon, on est d'accord, c'est inacceptable.
07:31C'est la raison pour laquelle il ne peut pas être notre candidat.
07:33Nous sommes tout à fait d'accord.
07:33C'est la décision qui a été prise immédiatement.
07:35Et Dalil Diab, est-ce que Dalil Diab est toujours tête de liste ?
07:37Mais il n'a jamais été tête de liste.
07:38Il n'a jamais été tête de liste.
07:38Je sais que vous répercutez sur ce plateau
07:40les informations de Frontière.
07:42Non, non, non, c'est un article de Frontière.
07:45Mais en l'occurrence, Frontière est assez mal informée
07:47puisque cette personne n'est pas notre tête de liste,
07:49ne l'a jamais été.
07:50Il n'est pas candidat, il n'est pas sur la liste.
07:52Il n'est ni candidat, ni sur la liste, ni tête de liste.
07:55Pardonnez-moi de vous dire que l'information
07:56que vous relayez sur ce plateau est une mauvaise information.
07:58Non, mais vous êtes là pour la corriger.
08:01Mais en l'occurrence, puisque maintenant j'ai répondu
08:03sur ce que vous vouliez dire,
08:05je vous fais remarquer que quand la France Insoumise,
08:07il y a un candidat qui a été investi
08:10et qui dit des choses qui sont inacceptables,
08:12la France Insoumise, elle prend des décisions immédiates.
08:14Par contre, vous pourriez peut-être signaler
08:16aux gens qui nous écoutent que le Rassemblement National,
08:19par exemple, a investi en Corse
08:21un candidat qui a été condamné
08:22il y a quelques années pour terrorisme.
08:24Oui, c'est vrai.
08:25Voilà. Et par contre, lui, il n'est pas désinvesti,
08:26vous avez remarqué.
08:27Non, mais c'est tout à fait juste.
08:29Alors que moi, je viens de vous répondre assez clairement.
08:31Non, mais je suis d'accord.
08:32Non, parce que vous me parlez de brebis galeuses.
08:34Je ne vous propose que vous ne parlez pas des gens.
08:34Non, mais comme il y avait M. Jacobelli avant moi sur le plateau
08:39et que vous ne lui avez pas posé la question,
08:40je me permets de le faire.
08:41On a abordé le sujet des brebis galeuses.
08:44C'est le sujet des brebis galeuses.
08:46Non, on a abordé ce sujet-là avec le Rassemblement National.
08:49Non, mais je ne sais pas, vous comprenez où je veux en venir.
08:51Ce que je veux dire, c'est qu'on ne croyait
08:53qu'il n'y avait des brebis galeuses qu'au Rassemblement National.
08:55On découvre qu'il y en a chez vous.
08:57Ma question, c'est comment ces gens-là
08:58ont-ils pu se retrouver sur des listes ?
09:00Je ne comprends que du fait que vous les aviez enlevées de ces listes.
09:03Et si vous croyez qu'il n'y a qu'à la France Insoumise
09:06qu'il peut y avoir parfois des personnes
09:09qui ont été investies candidats
09:11et sur lesquelles on retrouve ensuite
09:13un certain nombre de prises de positions qui sont inacceptables,
09:15la question que vous devrez poser, c'est
09:16est-ce que les formations politiques réagissent bien
09:18dans ce type de catégorie ?
09:19Je pense que vous pouvez reconnaître,
09:23malgré votre désaccord avec moi,
09:24que la France Insoumise réagit bien sur ce sujet.
09:26Je suis totalement d'accord avec vous.
09:27Mais est-ce que c'est un sujet à la France Insoumise ?
09:31C'est devenu un sujet au sein du Rassemblement National
09:33qui a carrément embauché des personnes
09:37qui sont là exprès pour écrémer
09:38et faire en sorte que les bons profils se présentent
09:42et qu'il n'y ait plus de brebis galou.
09:43C'est quelque chose dont vous parlez, vous, à la France Insoumise ?
09:44À la France Insoumise, il peut y avoir,
09:46comme dans toutes les formations politiques,
09:48des gens qui sont à la France Insoumise
09:51et qui disent des bêtises.
09:52Ça peut évidemment arriver.
09:54Mais globalement, à la France Insoumise,
09:56les militantes et les militants qui sont engagés
09:57dans cette formation politique, vous savez,
09:59ils savent pourquoi ils sont là,
10:00parce qu'ils sont d'accord avec un programme.
10:02Et dans le programme de la France Insoumise,
10:03en l'occurrence, puisque vous avez cité
10:05un certain nombre de tweets,
10:06il y a un certain nombre de principes,
10:08et notamment le principe de lutter
10:09contre toutes les formes de racisme,
10:11contre l'antisémitisme, contre l'islamophobie.
10:12Et donc, globalement, non, à la France Insoumise,
10:15les militantes et les militants,
10:16ils sont très clairs sur ces sujets.
10:17Et quand il y a quelqu'un qui est passé
10:18à travers les mailles du filet,
10:20il y a des décisions fortes qui sont prises immédiatement.
10:23Vous avez déposé, comme le RN,
10:25d'ailleurs une motion de censure axée
10:26sur l'accord de libre-échange
10:27avec les pays du Mercosur.
10:29Qu'est-ce que vous reprochez à l'exécutif ?
10:31Emmanuel Macron a voté non sur cet accord.
10:34Il est plutôt de votre côté, finalement.
10:36Pourquoi vouloir à tout prix déposer une motion de censure ?
10:39Si on est un petit peu sérieux,
10:40et je pense que tout le monde ici, sur ce plateau,
10:41c'est très bien que depuis qu'Emmanuel Macron
10:44est arrivé au pouvoir,
10:46c'est-à-dire qu'il y a maintenant presque huit ans,
10:49il n'a strictement rien fait
10:50pour empêcher l'adoption de cet accord
10:53de libre-échange avec le Mercosur.
10:54Il a eu de multiples occasions,
10:56avant le vote définitif qui a eu lieu vendredi dernier,
10:59de mettre un moment dans la négociation.
11:01Non, alors pourquoi il a voté contre Madame
11:03s'il a obtenu des garanties ?
11:03Parce qu'elles ne vont pas assez loin.
11:05Donc il fallait qu'il s'y oppose avant, non ?
11:07Parce que c'est un peu facile.
11:08Il s'y oppose avant.
11:08En décembre, il a réussi à le reporter d'un mois
11:10pour obtenir les mesures miroirs,
11:14les contrôles aux frontières au port,
11:17les mesures de garantie.
11:17Faites les avocats d'Emmanuel Macron
11:19sur le dossier du Mercosur si vous voulez,
11:20mais je vous le dis sincèrement,
11:21vous allez avoir du mal à convaincre
11:23qui que ce soit en France
11:24qu'Emmanuel Macron a utilisé
11:26les leviers qu'il s'est à sa disposition
11:28au moment où il pouvait les utiliser
11:29pour empêcher l'adoption de cet accord de libre-échange.
11:31Mais le vrai problème, c'est le fonctionnement
11:32de l'Union européenne
11:33plus que la figure d'Emmanuel Macron.
11:36Je pense que quand même,
11:37il y a encore 10 ou 15 ans,
11:39on n'aurait pas imaginé possible
11:41que quelque chose d'aussi important
11:42que sans doute le plus grand accord de libre-échange
11:45qui n'a jamais été conclu
11:46par l'Union européenne
11:46puisse être imposé
11:48contre l'avis de la France.
11:51C'est l'ensemble de la casse politique.
11:52On ne l'aurait jamais imaginé.
11:53Marc aussi.
11:54C'est ça qui est très grave,
11:55c'est qu'effectivement,
11:56la voix de la France ne porte plus.
11:57Ben voilà.
11:58Mais pourquoi justement ?
11:59C'est parce que la France est le pays
12:00qui a le plus dérapé sur ses comptes publics,
12:03que ce soit déficit, la dette publique.
12:05Tous les pays de la zone euro,
12:06de l'Union européenne
12:07ont fait des efforts d'assainissement budgétaire.
12:10C'est toi-t-il.
12:10Non, mais c'est une réalité.
12:11Pas le rapport avec le Mercosur.
12:12Mais si, justement,
12:12c'est que si la voix de la France
12:14ne porte plus aujourd'hui,
12:15c'est que comme on a complètement dérapé,
12:16on n'a pas du tout respecté
12:17les règles européennes,
12:18quand la France a quelque chose à dire,
12:19finalement, on dit
12:20non, écoutez, les Français,
12:21on ne peut pas vous la ramener
12:23parce que globalement,
12:24vous ne respectez pas les enjeux.
12:25Donc ça qui est très grave aujourd'hui,
12:27et par contre, je suis d'accord
12:27effectivement sur le fait que
12:28M. Macron aujourd'hui,
12:29il arrive comme le...
12:31Oui, sur la philosophie, pardon,
12:32mais vouloir censurer un gouvernement
12:34qui pourtant a voté contre le Mercosur.
12:38Peut-être qu'on peut écouter
12:38votre partenaire, ex-partenaire,
12:40Olivier Faure,
12:41du Parti Socialiste,
12:43sur notre antenne,
12:44c'était hier.
12:45Lui, il ne comprend pas
12:47très très bien la logique.
12:49Moi, je crois que je comprends
12:49très bien sa logique.
12:51Il ne comprend pas la logique.
12:52Ce que l'on peut reprocher
12:53à Emmanuel Macron,
12:54c'est d'avoir beaucoup varié
12:55sur la question.
12:55J'y viens, j'y viens.
12:57Et je dis simplement
12:57que ça, c'est vrai.
12:59Emmanuel Macron a été
13:00pour, contre, pour, contre.
13:02On a eu un peu le vertige.
13:03Mais à la fin, il dit non.
13:05Et donc, au moment où il dit non
13:06et où il le dit
13:07à l'ensemble des Européens,
13:08où la France vote contre
13:10et où on a un vote
13:11au Parlement européen
13:12dans quelques jours,
13:13où il faudra que
13:13tous les Français
13:14votent contre
13:15avec un certain nombre
13:16de parlementaires
13:17de tous les autres pays,
13:18ce serait absurde de dire
13:19qu'à ce moment-là,
13:20nous censurons le gouvernement.
13:22Il dit que c'est absurde,
13:23ça n'a aucun sens.
13:23Oui, je salue sa créativité
13:26pour trouver des excuses
13:28pour ne pas censurer
13:28le gouvernement.
13:29Je remarque qu'il en a toujours,
13:30il en trouve toujours une bonne.
13:32Mais si maintenant,
13:33M. Ford considère
13:34qu'Emmanuel Macron
13:35a très bien agi
13:36sur la question du Mercosur
13:38depuis qu'il est arrivé au pouvoir,
13:40je pense là aussi
13:40qu'il aura du mal
13:41à défendre cette position
13:42dans le pays.
13:42Donc évidemment,
13:43quand on sanctionne
13:44ce gouvernement,
13:45quand on se sanctionne
13:46ce président de la République,
13:47on ne le sanctionne pas
13:48uniquement en raison
13:49de son dernier vote,
13:51mais en raison
13:51de l'ensemble de son œuvre.
13:52Et en l'occurrence,
13:53sur la question du Mercosur,
13:54l'ensemble de son œuvre,
13:55c'est qu'à la fin,
13:56on prend le risque
13:57de se voir imposer
13:57cet accord,
13:58avec une France
13:59dont la voix
14:00a été totalement minorisée,
14:02une France qui se fait
14:03imposer cet accord,
14:05et un président de la République
14:06qui, au dernier moment,
14:07contraint et forcé,
14:08décide de voter contre,
14:09au moment où il sait très bien
14:10que voter contre,
14:11ça n'empêchera pas
14:11la ratification de cet accord.
14:13Donc si ça,
14:13ça convient,
14:14M. Fort,
14:14qu'est-ce que vous voulez
14:15que je vous dise ?
14:15Que changez-lui l'avis ?
14:16C'était quand même
14:17l'avis du Parlement,
14:18l'unanimité,
14:19Sénat et Assemblée compris,
14:20de voter contre.
14:21À la limite,
14:21pour une fois,
14:22le président vous a plutôt suivi.
14:23Ah, là,
14:24vous avez raison sur le fait
14:24que grâce à l'initiative
14:26de la France,
14:26dans sa niche parlementaire
14:28au mois de novembre,
14:29nous avions réussi
14:29à faire l'unanimité
14:31de l'Assemblée nationale.
14:31En tout cas,
14:31il y avait une cohérence.
14:33Pardon ?
14:33Il y a une cohérence
14:34dans les votes non,
14:35pour le coup.
14:36Oui, oui,
14:36mais ça ne change rien.
14:37Mais est-ce que vous,
14:39quand on regarde
14:40votre texte de censure,
14:42finalement,
14:43c'est davantage
14:44le Venezuela
14:44dont il est questionné
14:45votre texte
14:45que du Mercosur ?
14:46Ah non, non,
14:46je crois que c'est
14:47assez clairement
14:47le Mercosur,
14:48mais après,
14:48on peut parler
14:49des autres sujets
14:50si vous voulez.
14:50Vous avez mis
14:50beaucoup de choses.
14:51De la situation internationale.
14:52Mais attendez,
14:52on ne va pas en rester
14:54juste aux commentaires politiques.
14:55Maintenant,
14:55la question qui nous est posée
14:56à tous
14:57est la question suivante.
14:58Est-ce qu'on veut
15:00que cet accord
15:01s'applique à nous ?
15:01Donc, pour ça,
15:02on a un certain nombre
15:03de voies de recours possibles.
15:04Il va y avoir un vote
15:05au Parlement européen.
15:06Donc, il faut que tous
15:06les députés,
15:07les eurodéputés français
15:08votent contre,
15:09quelle que soit
15:09leur étiquette politique.
15:10Il va y avoir la possibilité
15:11de saisir ce qu'on appelle
15:13la Cour de justice
15:14de l'Union européenne.
15:15Parce que s'il y a une saisine
15:16de la Cour de justice
15:16de l'Union européenne,
15:17elle est suspensive.
15:18C'est-à-dire que,
15:19tant que la Cour de justice
15:20de l'Union européenne
15:20n'aura pas répondu,
15:21l'accord ne s'appliquera pas.
15:22Et moi, je dis ici
15:23qu'en dernier ressort,
15:24le président de la République
15:25devrait dire
15:26que si le Mercosur
15:27nous est imposé,
15:28la France refusera
15:29de l'appliquer en France.
15:30Et j'ai noté
15:31qu'il y a quelques jours,
15:33le Premier ministre,
15:34M. Lecornu,
15:34C'est possible, ça ?
15:35Justement, j'allais y venir.
15:37J'ai noté qu'il y a quelques jours,
15:38M. Lecornu a dit
15:39qu'on peut interdire
15:40et on va interdire
15:41l'importation en France
15:42de produits
15:43qui ont été produits
15:45à l'aide de 5 pesticides
15:46qui sont interdits en France.
15:47Il a dit qu'on va interdire
15:48les importations.
15:49On peut tout à fait
15:50étendre cette même logique
15:51pour refuser d'importer
15:52des produits
15:53qui seraient produits
15:53dans les pays du Mercosur
15:55en utilisant des pesticides
15:56interdits en France
15:57ou avec des normes sociales
15:58qui sont inférieures
15:59aux normes sociales
16:00ou environnementales.
16:00Ça créerait aussi
16:01un désavantage
16:01pour les filières supposées
16:03bénéficier de ce Mercosur
16:04qui ne pourront pas exporter
16:05contrairement aux voisins européens
16:07quand ce serait une situation compliquée.
16:08Après, si vous pensez
16:09que le accord Mercosur
16:10est avantageux,
16:11dans ce cas-là,
16:12il faut le ratifier,
16:13mais c'est ni l'avis
16:14de l'Assemblée nationale
16:17à l'unanimité,
16:18ni du Sénat,
16:19ni du peuple français,
16:20ni manifestement
16:20des agricultrices
16:21et des agriculteurs.
16:22Est-ce que ces motions
16:23de censure
16:24ont des chances d'aboutir ?
16:26Théoriquement,
16:26elles en ont.
16:27Après, moi,
16:27je fais comme vous,
16:29je sais faire
16:29des calculs mathématiques
16:31à partir du moment
16:32où le Parti Socialiste
16:33dit qu'il n'a pas
16:34l'intention de la voter,
16:35ça veut dire que probablement
16:37le Parti Socialiste
16:37va à nouveau sauver
16:39le gouvernement de M. le Parti Socialiste.
16:40Donc, elles n'ont pas
16:41de chances d'aboutir.
16:42Sauf si d'autres formations politiques
16:43qui jusque-là
16:44n'ont pas voté la censure
16:45décidaient de la voter.
16:47J'ai entendu
16:47la semaine dernière
16:48M. Retailleau
16:49dire qu'il était très opposé,
16:51qu'LR était très opposé
16:52à l'accord de libre...
16:52Vous les appelez
16:53à voter pour la vote ?
16:54Moi, j'appelle
16:55les 577 députés
16:56à voter la motion de censure.
16:58Donc, si les députés,
16:59les Républicains...
17:02comme on l'a toujours fait,
17:03celles qui ont une chance
17:04de l'emporter,
17:04en l'occurrence,
17:05celles qu'on a déposées.
17:05Je vous fais remarquer
17:06que la motion de censure
17:07qu'a renversée M. Barnier,
17:09c'est celle que nous avions déposée.
17:10La motion de censure
17:11qu'a failli renverser...
17:12En tout cas, vous dites,
17:14celle-ci,
17:15elle a peu de chances d'aboutir.
17:16Est-ce que s'il y avait
17:17une motion de censure
17:17déposée dans le cadre du budget,
17:19elle aurait plus de chances d'aboutir ?
17:21On le rappelle,
17:22les discussions ont repris
17:23sur le budget.
17:25A priori,
17:26le texte a peu de chances
17:27d'aboutir comme ça
17:28en laissant les débats se faire.
17:31Comment vous voyez la suite, vous ?
17:3249-3 ordonnances,
17:34quelle est la situation
17:36la plus probable ?
17:37Pour être tout à fait honnête avec vous,
17:39je ne vois pas comment un budget
17:41pourrait recevoir aujourd'hui
17:43les votes d'une majorité
17:45de députés à l'Assemblée nationale.
17:47Je pense que,
17:49dans l'état actuel des discussions,
17:51je ne vois pas le chemin
17:52dans lequel le budget est voté
17:53par une majorité des députés.
17:55Donc, si le gouvernement
17:56veut imposer son budget,
17:57il ne lui reste que les solutions
17:59qui passent par le fait
18:00qu'il n'y ait pas de vote.
18:01Et donc là, il y en a deux,
18:02vous avez raison,
18:04il y a le fait d'utiliser
18:04l'article 49-3 de la Constitution
18:06ou le fait de légiférer
18:08par ordonnance
18:08qui serait inédit.
18:09Donc, vous l'appelez
18:09à accélérer la cadence
18:11à soit imposer 49-3
18:12soit les ordonnances ?
18:14Moi, si vous voulez,
18:15moi, je l'appelle à abandonner.
18:16Pour l'instant,
18:16eux, ils essaient d'établir le dialogue.
18:18Vous avez vu,
18:18il y a encore des discussions
18:19à Bercy aujourd'hui.
18:20Ils ne sont pas dans le dialogue.
18:21Ils font semblant
18:21d'être dans le dialogue.
18:22Ils ont réuni les groupes
18:23aujourd'hui à Bercy.
18:23Je vais préciser
18:24parce que je ne voudrais pas
18:25qu'on me fasse dire quelque chose
18:25que je n'ai pas dit.
18:26Je ne l'appelle pas
18:26à utiliser le 49-3,
18:27je ne l'appelle pas
18:28à utiliser les ordonnances.
18:29Et je vous dis même
18:30que s'ils utilisent le 49-3
18:31ou les ordonnances,
18:32nous déposerons une motion de censure.
18:34Donc, je ne l'appelle pas à le faire.
18:35Moi, je l'appelle à abandonner.
18:36Mais vous allez déposer
18:36une motion de censure
18:37dans tous les cas.
18:37Je l'appelle à abandonner
18:38son budget.
18:40Je l'appelle à laisser tomber
18:42avec les mauvaises recettes
18:43qui mènent le pays
18:43dans le chaos.
18:45Parce que, pardon,
18:46mais le sketch, là,
18:48on nous l'a déjà fait
18:48la semaine dernière,
18:49l'année dernière.
18:50Et l'année dernière,
18:51certains ont cédé.
18:52Le Parti Socialiste,
18:53le Rassemblement National,
18:54ils ont laissé passer le budget.
18:56Et le budget,
18:56c'est la pire croissance
18:57depuis 10 ans
18:58hors période Covid.
19:00C'est le retour à la hausse
19:01du chômage,
19:01c'est la baisse du pouvoir d'achat.
19:02Donc, si on veut continuer
19:03dans cette politique,
19:04il faut laisser le gouvernement faire.
19:06Moi, je ne veux pas continuer
19:06dans cette politique.
19:07C'est pour ça que je pense
19:08qu'il faut censurer le gouvernement.
19:09Ce serait intéressant, justement,
19:09de voir à ce moment-là
19:10si le PS,
19:10parce que là,
19:11c'est assez surprenant
19:11que le PS veut absolument
19:13soutenir le gouvernement,
19:14finalement, éviter,
19:15c'est-à-dire qu'à ce moment-là,
19:16s'il y a un 49.3
19:17ou des ordonnances,
19:18ce qui paraît également
19:19certainement inévitable,
19:20est-ce que là,
19:20le PS va maintenir ?
19:21Ce serait quand même
19:22assez incroyable.
19:23Eh bien oui.
19:23Donc, on voit bien
19:24qu'ils tiennent avant toi
19:25leur poste
19:25que l'intérêt de la France.
19:27Mais c'est ça qui est...
19:28Je pense que ça,
19:29ça fait le jeu, justement,
19:30de LFI ou d'autres parties.
19:33Certainement,
19:33ça n'améliore pas
19:34l'image, effectivement,
19:40mais quel est l'intérêt
19:41finalement d'avoir aujourd'hui ?
19:42On va avoir un déficit public
19:43qui va encore augmenter,
19:44malheureusement,
19:45et donc, on va être encore
19:46la risée du monde,
19:47comme d'habitude,
19:47et donc, je pense qu'aujourd'hui,
19:48ça serait le bon moment
19:50pour dire,
19:51nous ne sommes pas d'accord,
19:51même si...
19:52Ils avaient dit que c'était
19:52un facteur de censure
19:54à les socialistes,
19:54fait 49 fois.
19:55Mais d'ailleurs,
19:56je ne pense même pas
19:56que la France insoumise
19:57veuille de législatives
19:58en même temps que de municipales.
19:59Je ne parle pas
20:00de censure du gouvernement,
20:01etc.,
20:01mais cette configuration-là,
20:02elle ne vous plairait pas non plus,
20:03et pas plus qu'aux autres partis.
20:04Mais nous,
20:05on est cohérents.
20:06On veut que la politique
20:08que cherche à imposer
20:10ce gouvernement
20:10dans la continuité
20:11des gouvernements précédents
20:12s'arrête.
20:13Mais organiser les deux élections
20:14en même temps,
20:15ça vous paraît faisable
20:16ou souhaitable ?
20:17Peu importe.
20:18À un moment,
20:19il faudra bien,
20:19si on ne veut pas
20:20que cette politique se poursuit,
20:21il faudra bien
20:21un retour aux urnes.
20:22Ça devrait être
20:23au moment des élections.
20:24Moi, j'ai toujours dit
20:25que je pensais que le problème,
20:27il était davantage à l'Élysée
20:28qu'à l'Assemblée nationale
20:29et que je pensais que
20:30la solution,
20:31elle passait davantage
20:32par le départ du président
20:33de la République.
20:33Parce qu'il faut aussi dire les choses,
20:34une dissolution ne serait pas
20:36tellement à votre avantage.
20:36Non, mais je m'en fiche,
20:37en fait, je veux dire,
20:38le sujet, ce n'est pas celui-là.
20:40Le sujet, c'est de savoir
20:40si ce serait de nature
20:41à régler le problème
20:42auquel est confronté
20:44le pays aujourd'hui.
20:45Or, le problème aujourd'hui,
20:47ce n'est pas la composition
20:47de l'Assemblée nationale.
20:48Le problème aujourd'hui,
20:49c'est un exécutif
20:50qui veut imposer à tout prix,
20:52même quand il perd les élections,
20:54la continuité de sa politique.
20:55Donc, si vous voulez changer
20:56cette politique,
20:56il faut changer celui
20:57qui reste pour ça.
20:58Non, c'est le RN qui gagnerait.
21:00Et donc, j'imagine
21:02que ce n'est pas tout à fait
21:02ce que vous voulez.
21:03Moi, je vous propose quelque chose.
21:04Supprimez les élections.
21:05Si vous connaissez déjà
21:06le résultat des élections
21:07avant qu'ils aient eu lieu.
21:07Non, mais je regarde les sondages.
21:08Oui, mais justement,
21:09arrêtez de les regarder.
21:10C'est pour ça que vous demandez
21:11plutôt le départ d'Emmanuel Macron
21:12plutôt que la dissolution.
21:14Mais non, mais vous pourriez me dire
21:15dans ce cas-là,
21:16tous les sondages disent
21:16que c'est l'extrême droite
21:17qui va gagner.
21:17Donc, ce n'est pas mon sujet,
21:18les sondages.
21:19Mon sujet, c'est ce que je considère
21:21comme étant juste pour le pays.
21:22Et pour le pays,
21:23je pense qu'on a besoin
21:23de changer de politique.
21:24Enfin, pardon,
21:25après je vous laisse poser votre question.
21:26Mais tout le monde a compris
21:27maintenant que sinon
21:28on va être condamné
21:28pendant un an et deux mois
21:30à rien faire.
21:31Et vous pensez que la France
21:32peut se payer le luxe
21:33d'attendre pendant un an
21:34et deux mois à rien faire ?
21:35Au vu les bouleversements
21:36internationaux qu'on connaît.
21:38Vous croyez qu'on peut perdre un an ?
21:39Moi, je ne crois pas.
21:39Est-ce que la dissolution
21:40est réellement sur la table ?
21:41Non, je ne crois pas
21:42qu'elle soit réellement sur la table.
21:43Je pense que Sébastien Lecornu
21:45a fait une petite manœuvre
21:48qui a déjà été choisi,
21:51utilisé par Emmanuel Macron.
21:53C'est-à-dire qu'il a agité
21:54une possible dissolution
21:55sans y croire vraiment lui-même.
21:58C'est vrai qu'il l'a fait
21:58dans un contexte
21:59devant des journalistes
22:00et ensuite,
22:01son service de communication
22:04a laissé partir.
22:06Le truc est très mal parti.
22:07Mais enfin bon,
22:08voilà, il est sorti.
22:09Mais ça fait trois mois
22:13que Sébastien Lecornu
22:14se donne beaucoup de mal
22:16pour empêcher cette dissolution.
22:18Donc je ne vois pas
22:19pourquoi aujourd'hui
22:20il la mettrait sur la table
22:21alors que depuis trois mois
22:22il essaie d'y échapper
22:23et il a plutôt réussi.
22:24Il a même réussi
22:25à faire passer un budget de la Sécu.
22:27Donc là, c'est quoi stratégie
22:28quand il dit
22:29j'organiserai des législatives
22:31en même temps que les municipales ?
22:31C'est-à-dire qu'en même temps
22:32il met tous les partis
22:34un peu devant leur responsabilité
22:35parce que c'est vrai que
22:36là on en parle comme ça
22:37entre nous.
22:37Enfin, s'il y avait des élections
22:38législatives demain
22:39en même temps que des municipales,
22:40je ne sais pas si vous voyez
22:40déjà techniquement
22:41c'est déjà compliqué
22:42à mettre en place.
22:43Pas sûr que ça amuse
22:45tout le monde dans le pays
22:46de voter.
22:47Parce que les municipales
22:47c'est très important
22:48pour les Français.
22:48Si vous leur mettez en plus
22:49ces législatives
22:50c'est pas sûr qu'ils aiment beaucoup.
22:52Oui, oui, ça en en parle.
22:53On voulait...
22:54À Lyon ou à Paris
22:55il faudrait trouver
22:56je ne sais pas combien de...
22:57Enfin, il y en a trois
22:58très très compliqués.
22:59Quatre à Lyon.
23:00C'est surtout pour les partis
23:01que c'est compliqué
23:01parce qu'il faut financer
23:02deux campagnes en même temps.
23:03Absolument.
23:04Donc c'est à 5 de l'eau possible.
23:05On voulait vous faire entendre
23:06l'analyse, Manuel Bompard
23:07de The Economist
23:08qui analyse la situation politique
23:15de la France.
23:16Oui, c'est vrai.
23:17Alors je ne sais pas
23:17s'il faut rire ou pleurer
23:18de cet édito
23:20mais c'est vrai
23:21que ce n'est jamais forcément agréable
23:23de recevoir déjà une leçon
23:24par nos meilleurs amis
23:26bien sûr, les Britanniques.
23:27Mais c'est vrai que
23:27The Economist signe un édito
23:29au vitriol
23:30sur l'impasse budgétaire
23:31de la France.
23:32Regardez, tout est dans le titre presque.
23:34Le titre, il va s'afficher.
23:35Un auteur merd show
23:36littéralement traduit par
23:37un véritable spectacle de merde.
23:40Ce ne sont pas mes mots
23:40ce sont ceux de The Economist
23:42je rassure les téléspectateurs.
23:44L'édito qui s'attarde bien sûr
23:45sur la situation catastrophique
23:47des finances publiques françaises
23:49et alors là
23:49tout le monde en prend pour son grave
23:50les politiques, les citoyens
23:52tout le monde avec cette phrase
23:53le président français
23:54est un canard boiteux chez lui
23:56avec seulement 20% d'opinions favorables
23:58dont l'approche est hautaine
24:00et distante.
24:02Chaque acteur d'ailleurs
24:03de la politique française
24:04devrait avoir honte
24:04c'est ce qu'ils disent
24:05y compris la France Insoumise
24:06y compris également
24:07le Rassemblement National
24:08tout le monde prend cher.
24:10Les partis traditionnels également
24:11n'échappent pas
24:12au lance-flamme
24:13de The Economist
24:14qui pointent l'absence d'alternatives
24:16portées par la droite
24:17et par la gauche.
24:18Regardez ce qu'ils disent
24:19les républicains
24:20supposément conservateurs fiscaux
24:22ont autorisé la suspension
24:23de la réforme des retraites
24:24qui coûtera
24:24100 millions d'euros
24:26et alors là
24:27on est quand même
24:27limite dans l'ingérence
24:29puisqu'ils suggèrent même
24:31quelque chose
24:32regardez si Sébastien Lecornu
24:33ne peut pas fixer le budget
24:35d'ici la fin janvier
24:35et bien il doit partir
24:36et de nouvelles élections
24:37devraient être convoquées.
24:39J'aimerais quand même
24:40rassurer
24:41nos chers amis anglais
24:43que
24:43en tout cas leur rappeler
24:45qu'ils ont dépassé
24:45les 100%
24:46de PIB
24:47de leur dette
24:48et que
24:49quand on veut faire
24:49les moyens
24:50on peut même avoir
24:51les moyens.
24:52Le Royaume-Uni
24:55va guérir très mal
24:55mais ça c'est sûr
24:56C'est bien de le rappeler
24:57Depuis le Brexit
24:58ils vont de mieux en mieux
24:59c'est bien connu
24:59Non mais le problème
25:00c'est que
25:00encore une fois
25:01ça c'est nouveau
25:02c'est-à-dire que
25:02The Economist
25:03je me souviens
25:03il y a encore quelques années
25:04il disait que la France
25:05en était très bien sortie
25:06Absolument
25:07Avec les mêmes recettes
25:08Donc là
25:09c'est en train de changer
25:10On pourrait tester
25:11un actif du Wall Street Journal
25:12il y a quelques semaines
25:13ou là aussi
25:14lorsqu'il y a eu l'abandon
25:15de la réforme des retraites
25:16donc là
25:17la France commence aujourd'hui
25:18parce que n'oublions pas
25:19ce qu'il y a derrière
25:19Derrière
25:20il y a 55% de notre dette
25:21qui est détenue
25:22par des étrangers
25:22par des investisseurs étrangers
25:23donc qui lisent
25:24les économistes
25:25ou le Wall Street Journal
25:25qui se disent
25:26mais vraiment la France
25:26c'est en train d'aller en volo
25:29et ça ça devient extrêmement dangereux
25:31un délitement complet
25:32avec la hausse des taux d'intérêt
25:33et c'est vrai que
25:35c'est les français
25:35qui à la fin
25:36comme débutant
25:36heureusement vont payer
25:37Un spectacle de merde
25:39je reprends les mots
25:40de The Economist
25:41Manuel Bompard
25:42votre réaction ?
25:44Ils disent ce qu'ils veulent
25:45après
25:46Oui mais ça ne donne pas
25:47une image quand même
25:48un peu désastreuse
25:50effectivement
25:50de la politique française
25:51Mais alors qu'est-ce que vous proposez ?
25:52Que tous
25:53on trouve un accord peut-être
25:55Un accord sur quoi ?
25:56En l'occurrence sur le budget
25:57Mais je pense que
25:59si vous posez la question
26:00à tout le monde
26:00tout le monde va vous dire
26:01qu'il veut un accord
26:01mais le problème
26:02ce n'est pas le fait
26:03de vouloir un accord ou pas
26:04c'est ce que vous mettez dedans
26:05Vous avez un gouvernement
26:07qui s'entête
26:07pour continuer
26:08Mais qu'on soit prêt
26:08peut-être à faire des concessions
26:10Mais madame
26:10le gouvernement
26:11il est prêt à faire
26:12quelles concessions ?
26:13Il en a fait beaucoup
26:14il a lâché sur la réforme
26:16des retraites
26:16ce n'est pas une petite concession
26:17On va vraiment
26:18en 2026
26:19il faut commencer le débat
26:20de 2026
26:20Non mais c'est une concession
26:22Franchement
26:22il a suspendu
26:24ça réforme des retraites
26:25pendant un an
26:25si vous appelez ça
26:26une grande concession
26:27je comprends pourquoi
26:27il a lâché un peu
26:29sur la fiscalité quand même
26:30Vous ne dites plus décalage
26:31vous dites suspension
26:32Si vous l'appelez comme vous voulez
26:33Je me souviens
26:34de grands débats
26:35autour de ce plateau
26:35vous disiez
26:36non non c'est un décalage
26:37mais bon
26:38si ça plaît à monsieur jeudi
26:40de parler de suspension
26:41c'est pas mon problème
26:43Non non
26:43Attendez pardon
26:45parce que là
26:45on est très politicien
26:46etc
26:47Non vous n'êtes pas politicien
26:48parce que les concessions
26:49sur la réforme des retraites
26:50concessions sur les impôts
26:50Le problème c'est pas rien
26:51Je ne sais pas par exemple
26:53vous considérez
26:54Ça a coûté cher en tout cas
26:54Qu'est-ce qui a coûté cher ?
26:56100 millions d'euros c'est cher
26:57Non c'est sur la crédibilité
26:58on vient de le voir
26:59et d'ailleurs ça va coûter
27:01au moins 2 milliards d'euros
27:02Moi si vous voulez
27:03mon sujet c'est moins
27:04ce que fait The Economist
27:05que les difficultés d'accès aux soins
27:07pour les français
27:08alors qu'on a encore coupé
27:102 milliards d'euros
27:10dans le budget de la sécurité sociale
27:12que les difficultés
27:13de pouvoir d'achat
27:14quand on a un budget
27:15aujourd'hui sur la table
27:16qui va par exemple
27:17amputer la prime de Noël
27:18pour les allocataires du RSA
27:19qui va par exemple
27:21réduire la prime d'activité
27:22pour des gens
27:22qui gagnent moins de 2000 euros
27:23par mois
27:24Vous voyez c'est plutôt ça
27:25mes sujets
27:26Ce n'est que le début
27:26Ce que dit The Economist
27:28du spectacle politique français
27:30On voulait vous entendre aussi
27:31sur ce qui se passe en ce moment
27:32en Iran
27:33des milliers de manifestants
27:34dans les rues
27:35qui défient comme jamais
27:36la république islamique
27:37plus de 600 morts
27:37déjà selon une ONG
27:40Est-ce que vos messages
27:42de soutien sur les réseaux
27:44au départ
27:44n'étaient pas un peu maladroits ?
27:46Des messages
27:47sous le prisme
27:48économique et social
27:50Vive le courage
27:51du peuple iranien
27:52qui se mobilise
27:52contre la vie chère
27:53et pour ces droits
27:54ça va beaucoup plus loin que ça
27:56non ?
27:56Mais pour ces droits
27:57madame
27:57c'est pas que économique
27:58et social
27:59Je ne sais pas pourquoi
28:00vous dites que c'est que
28:01économique et social
28:01Vous insistiez beaucoup
28:02sur la vie chère
28:04sur l'inflation
28:05Pas que moi
28:06France 24
28:07l'AFP
28:08disaient tous la même chose
28:09c'est que
28:10évidemment qu'il y a un mouvement
28:11de contestation
28:12contre le régime
28:13des Mollahs
28:13depuis des années
28:14et des années en Iran
28:15mais il y a eu
28:16avant le jour de l'an
28:18au moment de Noël
28:19il y a eu
28:19de nouveaux déclenchements
28:21de manifestations
28:22et que le point de départ
28:23de ces nouvelles manifestations
28:24et ça c'est très largement
28:25documenté par vos collègues
28:26c'était la situation économique
28:28la dévaluation
28:29l'inflation
28:30y compris
28:31avec des secteurs
28:32des commerçants
28:34par exemple
28:34qui n'étaient pas forcément
28:35à la pointe
28:36des manifestations
28:37de contestation
28:37contre le régime
28:38et qui se sont mis en mouvement
28:39à cette occasion
28:40et j'ai bien vu
28:41que certains essayaient
28:41de polémiquer
28:42juste parce que nous disions
28:44quelque chose
28:44qui est assez factuel
28:45qui était de dire
28:45que ce qui avait relancé
28:47refait démarrer
28:48le mouvement de contestation
28:49c'était la situation économique
28:50à aucun moment
28:51on a dit
28:51que les revendications
28:53qui s'exprimaient
28:53dans la rue
28:54et le mouvement de révolte
28:56du peuple iranien
28:56se réduisait
28:57à une simple contestation
28:58Vous souhaitez
28:59que le régime tombe ?
29:00Mais oui bien sûr
29:00mais enfin depuis
29:01des années et des années
29:02maintenant ce que je dis
29:03c'est attention
29:04pour le remplacer par quoi
29:05et dans quelles conditions
29:07parce que je vois bien
29:08comment certains
29:09essayent de se greffer
29:10en expliquant
29:11que finalement
29:12il n'y aurait qu'une
29:13alternative possible
29:14qui serait le retour
29:15de la monarchie
29:16iranienne
29:18avec la figure
29:19du fils du chat
29:20qu'on met en avant
29:21dont je ne suis pas sûr
29:22d'ailleurs qu'il ait
29:22une base populaire
29:24et de soutien
29:24dans la population iranienne
29:26soit si importante que ça
29:28mais je vois bien
29:29comment il y a
29:30dans les médias
29:30et dans un certain nombre
29:31de réseaux d'influence
29:32pro-américain
29:34ou pro-israélien
29:35la volonté de le faire
29:36passer comme étant
29:37l'alternative possible
29:38donc moi mon message
29:39il est clair
29:39ni les mollas
29:40ni le chat
29:40voilà
29:41moi je pense que
29:41c'est le peuple iranien
29:42qui doit dire
29:43comment il doit être
29:44gouverné
29:45et il aspire
29:46à être libre
29:47il aspire à choisir
29:48librement
29:49son avenir
29:50et donc ça veut dire aussi
29:51que ce changement
29:52s'il doit avoir lieu
29:53il ne doit pas être provoqué
29:54par l'extérieur
29:55et quand je vois
29:56des menaces d'intervention
29:57de bombardements
29:59qui je rappelle
30:00des bombardements
30:00il y en a déjà eu
30:01il y a quelques mois
30:01qui ont fait plus de 1000 morts
30:03et bien je dis que
30:04comme le disait Jean Jaurès
30:05au début du 20ème siècle
30:07quand on prétend vouloir
30:08apporter la liberté
30:09par les armes
30:10en apportant la liberté
30:11on la retire
30:11donc c'est le peuple iranien
30:13qui doit décider librement
30:14de son avenir
30:14et je pense qu'il faut
30:15l'appuyer
30:15et le soutenir
30:16quand le peuple est massacré
30:17par centaines
30:18comme c'est
30:18apparemment
30:19on n'a pas les chiffres exacts
30:21comme c'est le cas actuellement
30:23comment nous ici
30:25en démocratie
30:25on peut se dire
30:26alors bon
30:27bah oui
30:27il ne faut pas les aider
30:28il ne faut pas les protéger
30:29je ne dis pas qu'il ne faut pas les aider
30:30monsieur
30:30je ne dis pas qu'il ne faut pas les aider
30:32mais je ne suis pas sûr
30:33que leur envoyer des bombes
30:34soit une manière de les aider
30:35en tout cas
30:36je ne suis pas sûr
30:37y compris que ce soit
30:38ce à quoi aspire
30:39le peuple iranien
30:41vous dites qu'il faut faire tomber le régime
30:43mais ce n'est pas à nous
30:43de reconstruire le régime
30:44écoutez mais pardonnez-moi
30:45mais je pense qu'on est quand même
30:46assez maintenant informés
30:48et on devrait avoir appris
30:49de nos erreurs
30:51je ne suis pas sûr
30:51que le régime de Saddam Hussein
30:53était un régime
30:54qu'on appréciait beaucoup
30:55et quand il y a eu
30:56la guerre en Irak
30:57il y avait plutôt
30:57un mouvement de contestation
30:58en France contre cette guerre
30:59les Etats-Unis
31:00sont allés quand même
31:01je n'ai pas l'impression
31:02que pour la population irakienne
31:04ça a été des années
31:05de bonheur et d'allégresse
31:06merci Manuel Bompard
31:08merci Manuel Bompard
31:09merci
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