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Mercosur : «Le meilleur moyen d'empêcher son entrée en vigueur, c'est d'empêcher sa ratification» lance Charles Rodwell
Europe 1
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il y a 8 heures
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00:00
Motion de censure enverrait un signal dramatique, nous dit Sébastien Lecornu,
00:06
après avoir lancé cette bombe politique vendredi soir,
00:10
relayée par nos excellents confrères Labelle de Confiance, Agence France Presse,
00:15
puisque si motion de censure votée la semaine prochaine par les députés,
00:19
dissolution il y aura, donc, et c'est envisagé par l'exécutif,
00:25
le couple Emmanuel Macron, Sébastien Lecornu.
00:29
On va aller, justement, voir un député Renaissance, Charles Rodouel, merci d'être avec nous,
00:35
vous êtes député Renaissance des Yvelines.
00:38
Alors, c'est vrai qu'on a du mal à comprendre, la motion de censure enverrait un signal dramatique,
00:43
soyons clairs, je ne veux dire de la censure, encore moins de la dissolution, nous dit Sébastien Lecornu,
00:48
mais on est en train d'anticiper, on envisage, on prépare des élections législatives,
00:53
donc, en même temps que les élections municipales.
00:58
À travers, je le disais tout à l'heure, l'échec du Mercosur,
01:04
c'est bien plus important, ça va bien au-delà d'un problème ou d'une problématique agricole.
01:10
Il en va de la nation, de la France, de sa souveraineté, de son poids,
01:14
concernant sa politique agricole, mais aussi son commerce extérieur.
01:19
Charles Redwell, qu'est-ce que vous dites aux Français qui aspirent à ce qu'il y ait une alternance,
01:25
et peut-être plus rapidement que prévu ?
01:27
Bonjour Eliott, bonjour à vos invités, bonjour à tous les auditeurs d'Europe 1.
01:33
Merci pour votre invitation, je suis venu de vous parler un peu franchement.
01:37
J'ai écouté ce qui a été dit dans les minutes qui ont précédé mon intervention,
01:42
notamment l'essai d'Hervé Morin.
01:44
Je trouve qu'il se fout du monde, pour être franc avec vous.
01:49
La raison pour laquelle on se retrouve dans cette situation,
01:52
par rapport à la décision que l'Union Européenne prend sur le traité du Mercosur contre la vie de la France,
01:57
c'est le fait de traités qui ont été signés par des gouvernements antérieurs.
02:02
Notamment du fait du traité de Lisbonne,
02:04
qui est le traité qui avait été signé par le gouvernement auquel Hervé Morin appartenait,
02:09
au début et même au milieu des années 2000.
02:11
Donc si on se retrouve dans cette situation, c'est parce que la France a accepté de signer des traités,
02:16
notamment des gouvernements de droite, mais aussi de gauche.
02:19
Et je crois que...
02:21
Charlevoile, permettez-moi juste de vous couper un instant.
02:24
Juste un instant, monsieur le député.
02:27
Juste un instant.
02:29
Je veux bien.
02:30
Effectivement, les négociations sur le Mercosur, ça fait 25 ans que ça dure.
02:34
Et d'ailleurs, on l'a rappelé,
02:36
la perte de souveraineté et la délégation de nos pouvoirs à Bruxelles et à Mme von der Leyen,
02:44
évidemment, c'est plus lointain que les neuf dernières années.
02:49
Mais c'est facile de dire, le problème, ça vient du traité de Lisbonne,
02:53
peut-être qu'en neuf ans,
02:54
peut-être qu'en neuf ans, le président de la République
02:57
aurait dû, dirait certains, changer la donne.
03:02
Je sais y contribuer, Charlevoile, mais simplement,
03:05
à mon avis, la droite crève de ça.
03:07
C'est-à-dire qu'elle explique à ses électeurs depuis 25 ans
03:09
qu'elle est contre l'Union européenne,
03:11
mais qu'elle vote tous les traités qui permettent de renforcer ses pouvoirs.
03:14
Il faut savoir ce qu'on veut.
03:15
La France a échoué à bâtir une minorité de blocage.
03:18
Elle l'avait avec l'Italie jusqu'à il y a quelques semaines.
03:21
Et l'Italie s'est ralliée à une position favorable au traité du Mercosur.
03:24
C'est ça qui s'est passé.
03:26
Et donc, il y a une majorité des États européens
03:29
qui sont favorables à l'adoption de ce traité.
03:31
Le combat n'est pas fini.
03:32
Vous avez encore le combat du Parlement européen
03:35
où il est possible de bâtir une majorité
03:37
contre le traité avec le Mercosur.
03:40
Mais il faut dire la réalité de ce qui s'est passé.
03:41
La France appartient à une Union européenne
03:43
où des traités ont été signés par des gouvernements de gauche
03:46
et des gouvernements de droite
03:48
qui fait que sur des traités comme celui avec le Mercosur,
03:52
il suffit d'une majorité des chefs d'État.
03:54
Mais ça, tout le monde l'a compris, Charlevoile.
03:56
Moi, ce qui m'intéresse, c'est de savoir
03:57
quel est le cap, la vision politique et le cap qu'on veut pour la France.
04:03
Mathieu Ocq, tout à l'heure, le disait à juste titre.
04:05
C'était d'ailleurs saisissant de voir ça.
04:08
La France est contre...
04:09
Les Français sont contre le traité du Mercosur.
04:12
Les agriculteurs se mobilisent et sont contre le traité du Mercosur.
04:15
Vous, députés à l'Assemblée nationale,
04:18
élus par les Français,
04:20
vous êtes contre le traité du Mercosur.
04:22
La France, par la voix du Président de la République
04:24
et par la voix de Sébastien Lecornu,
04:27
a dit non au Mercosur.
04:29
Peut-être tardivement, mais au final, a dit non.
04:32
Mais, à la fin des fins,
04:34
à la fin des fins,
04:36
l'Union Européenne donne son feu vert,
04:38
donc la France doit se plier à la décision de l'Union Européenne.
04:40
Est-ce que c'est cette vision-là...
04:41
Est-ce que cette vision-là,
04:46
et ce cap-là pour la France,
04:48
c'est celui qui vous habite aujourd'hui ?
04:50
Je ne crois pas que ce soit le cas.
04:53
C'est simplement, je le disais dans ma première intervention,
04:56
le résultat des traités qui ont été signés par le gouvernement précédent.
04:59
Je pense que c'est difficile à nier.
05:01
Nous n'avons pas d'autre choix que de refonder les traités européens
05:04
sur un principe plus démocratique.
05:05
C'est d'ailleurs le Président lui-même qui y a appelé.
05:07
Mais je ne vois pas comment la censure du gouvernement français
05:12
qui est contre le traité avec le Mercosur
05:14
va simplifier la tâche des agriculteurs français
05:17
au moment même où ils ont besoin d'un gouvernement français
05:20
qui négocie avec les députés européens notamment
05:23
pour bâtir une minorité de blocage
05:24
pour empêcher la signature de se traiter.
05:26
La France Insoumise ou le Rassemblement National vous dirait,
05:29
en cas, si nous, on était par exemple avec Laurent Jacobelli
05:34
hier porte-parole du Rassemblement National en direct sur Europe 1,
05:39
nous disions, nous, si on arrive demain au gouvernement
05:41
et donc après les élections législatives,
05:43
si alternance il y a,
05:45
la première chose qu'on fait, c'est qu'on va à Bruxelles
05:47
et on explique que la politique agricole française,
05:49
elle sort du cadre de l'Union Européenne.
05:52
Éric Revelle a une question pour vous.
05:53
Oui, monsieur le député, bonjour.
05:55
Je vous remontrerai après là-dessus.
05:56
Bien sûr, Charles Robert.
05:58
Je voulais vous poser une question.
05:59
Vous dites, en reprenant finalement les mots du Président de la République,
06:03
l'histoire n'est pas finie, on parle du traité du Mercosur,
06:06
vous mettez en avant le Parlement européen.
06:07
Mais vous avez sans doute vu cette information,
06:10
elle ne vous a pas échappé,
06:11
que Mme van der Leyen,
06:13
qui va signer le 17 janvier au Paraguay le traité du Mercosur,
06:17
a dit que tout cela pouvait rentrer en application
06:20
sans l'avis du Parlement européen.
06:22
Donc la seule cartouche qu'il reste peut-être au Président de la République,
06:24
si réellement il s'y oppose,
06:26
c'est de saisir la Cour de justice de l'Union Européenne,
06:29
qui siège à Luxembourg,
06:30
et qui est habilité à retarder ou à bloquer des traités.
06:33
Est-ce que vous iriez jusqu'à conseiller au Président,
06:36
même s'il faut 150 députés, je crois, européens,
06:38
d'utiliser cette dernière cartouche ?
06:41
Je précise une chose à votre information,
06:44
Éric Crevel, Ursula von der Leyen,
06:46
patronne de la Commission européenne,
06:48
membre du PPE,
06:50
c'est-à-savoir l'Alliance des Droites Européennes,
06:52
à laquelle appartient la délégation LR,
06:54
à-savoir celle d'Hervé Morin.
06:56
Donc je pense que c'est important de le préciser.
07:00
Le meilleur moyen que nous avons
07:01
d'empêcher l'entrée en vigueur du traité
07:04
avec le Mercosur,
07:05
c'est d'empêcher sa ratification.
07:07
Ursula von der Leyen peut se jeter comme elle souhaite,
07:10
le traité ne sera pas appliqué
07:11
s'il n'est pas ratifié par le Parlement européen.
07:14
Ratifié, ça veut dire voter
07:15
et avaliser, validé par le Parlement européen.
07:19
Et donc je crois que c'est notre meilleure cartouche à jouer.
07:21
Maintenant, on a le choix.
07:22
Non mais pardonnez-moi, Charles Rodouel,
07:24
et moi je pense aux édicteurs d'Europe 1.
07:25
Oui, allez-y, monsieur.
07:27
Allez-y.
07:27
Donc, aujourd'hui, on a le choix.
07:30
Soit on tente de bâtir cette majorité au Parlement européen
07:32
avec un gouvernement français
07:33
qui négocie avec les différentes délégations,
07:36
ou alors on fait le choix
07:37
d'entrer dans ce combat sans gouvernement.
07:39
Sachant qu'aujourd'hui, on a un gouvernement
07:41
qui est contre le traité avec le Mercosur.
07:43
Donc moi, quand j'écoute Laurent Jacobéli
07:45
nous expliquer que la France se porterait mieux
07:46
dans cette situation sans gouvernement
07:48
et que le délu serait finalement mieux
07:50
qu'un gouvernement à la tâche,
07:51
j'ai honnêtement, mais c'est mon avis,
07:53
chacun peut avoir des avis différents,
07:54
et j'ai honnêtement du mal à comprendre
07:56
comment, au-delà de calculs électoraux
07:58
qui sont ceux de Laurent Jacobéli,
07:59
cette situation pourrait faire mieux pour les Français.
08:02
Non, mais c'est intéressant ce que vous dites, Charles Rodouel.
08:05
Je suis toujours...
08:06
J'essaie d'être toujours au plus près
08:08
de ce que peuvent ressentir ou penser nos auditeurs.
08:12
On n'est pas au cœur du réacteur,
08:14
on n'a pas votre expertise,
08:16
votre expérience et votre analyse,
08:19
bien sûr, monsieur le député.
08:20
Mais quand je vous écoute,
08:22
beaucoup peut-être se disent,
08:23
ras-le-bol, excusez-moi,
08:24
les Français sont contre,
08:25
la France est contre,
08:26
et on va aller quémander à Bruxelles
08:28
et de savoir si on peut négocier
08:30
telle ou telle clause,
08:32
parce qu'effectivement,
08:33
on est en train de faire crever,
08:34
pardonnez-moi de le dire ainsi,
08:35
notre agriculture française.
08:37
Eh bien, cette vision-là,
08:39
cette vision-là de l'Union européenne
08:42
et du pouvoir français,
08:44
beaucoup, beaucoup n'en veulent plus.
08:47
C'est ça l'élément central.
08:48
Ça va au-delà des clauses miroirs,
08:50
des négociations, des ratifications,
08:52
des majorités à Bruxelles
08:54
ou de madame von der Leyen.
08:56
Les Français veulent être souverains.
08:59
C'est aussi simple que ça.
09:00
Être une nation souveraine
09:01
avec évidemment un corps européen,
09:03
mais pas dans ces conditions.
09:05
C'est ça la traduction de la colère agricole.
09:08
La colère agricole,
09:08
c'est depuis 20 ou même 30 ans
09:10
des agriculteurs qui disent
09:12
on est en train de crever
09:13
sur l'autel du libre-échange
09:15
et de l'Union européenne
09:16
qui n'écoutent plus nos alertes
09:18
et nos inquiétudes.
09:20
Et puis surtout,
09:22
c'est les injonctions contradictoires
09:23
et les promesses non tenues.
09:25
2019, Emmanuel Macron se présente
09:27
comme le patriote de l'agriculture française.
09:30
Bon, écoutez, l'année dernière,
09:32
vous aviez un Premier ministre
09:33
qui promettait, il y a même deux ans,
09:35
qui promettait que l'agriculture
09:37
était le poumon de la France.
09:39
Ben non, l'agriculture française
09:40
est un élément pas si important
09:43
aux yeux du Parlement européen
09:45
qui dirige aujourd'hui
09:47
la politique agricole française.
09:49
C'est aussi simple que ça, malheureusement.
09:51
Je respecte infiniment
09:53
cette inquiétude et cette opinion.
09:56
Je n'ai qu'une question à poser,
09:59
c'est pourquoi est-ce que
10:00
le Rassemblement national lui-même
10:01
ne propose pas de sortir
10:02
des traités européens ?
10:04
Mais ça posait la question
10:05
aux députés du Rassemblement national.
10:06
Je crois que justement,
10:07
sur la question de la politique agricole,
10:09
ils veulent une exception,
10:10
si je ne dis pas de bêtises,
10:12
du moins sortir
10:12
le cadre agricole
10:17
de l'Union européenne.
10:18
poursuivre ma réflexion.
10:19
Bien sûr.
10:19
Ben oui, mais vous êtes arrêté.
10:20
Puisque ce sont ces traités
10:22
qui, visiblement,
10:24
et en l'occurrence,
10:25
sur ce fait-là,
10:26
c'est difficile d'aller
10:29
à l'encontre de cette opinion,
10:30
c'est évident.
10:31
Si ce sont ces traités
10:32
qui brillent la souveraineté nationale,
10:34
pourquoi est-ce que
10:34
le Rassemblement national lui-même
10:35
ne propose pas de sortir
10:36
de ces traités ?
10:37
Je viens de vous répondre.
10:38
Moi, je pose simplement
10:39
cette question.
10:40
Écoutez, on essaiera
10:40
de vous contacter,
10:41
mais j'ai l'impression
10:42
qu'ils y ont répondu.
10:43
Je vais vous dire mon opinion.
10:45
Il y a des traités
10:46
qui ont été mal écrits,
10:47
notamment celui du traité de Lisbonne.
10:49
Et c'est la raison pour laquelle
10:50
on peut reprocher
10:51
plein de trucs à ce président.
10:52
Je suis suffisamment venu
10:53
sur votre plateau
10:54
pour le dire moi-même.
10:55
Et c'est bien une chose
10:56
sur laquelle je soutiens
10:57
le président de la République,
10:58
c'est sa vision
10:58
sur la refonte des traités européens.
11:00
Pour les rendre plus démocratiques,
11:01
il a notamment parlé
11:02
de celui du traité de Lisbonne.
11:04
Mais si je suis attaché
11:05
à la construction européenne,
11:06
malgré toutes les difficultés
11:07
que l'on rencontre,
11:08
y compris le drame
11:09
que l'on connaît actuellement,
11:11
c'est parce que je considère
11:11
que nous n'avons pas
11:12
d'autre choix
11:13
pour bâtir notre indépendance
11:14
au XXIe siècle
11:15
que de résister
11:16
aux surcapacités
11:17
de la puissance chinoise
11:18
et américaine
11:19
qui nous agressent aujourd'hui.
11:21
Ça, c'est mon opinion.
11:22
J'entends, monsieur le député.
11:24
On va partir en publicité.
11:25
Je le respecte infiniment.
11:27
J'entends.
11:27
Mais tous ceux qui portent
11:28
la souveraineté nationale
11:29
contre l'Europe
11:30
devraient poser une question au RN,
11:33
c'est pourquoi ne dénoncez-vous pas
11:34
les traités européens ?
11:36
Ils n'ont jamais répondu
11:36
à cette question.
11:37
Eh bien, visiblement, si.
11:39
Il suffisait d'aller sur le site
11:40
du Rassemblement National.
11:42
Je l'ai fait pendant
11:42
que vous étiez en train
11:43
de prendre la parole.
11:44
Le RN met au centre
11:46
l'idée que l'agriculture
11:47
est un secteur stratégique
11:49
et ils veulent exclure
11:50
l'agriculture, visiblement,
11:51
des traités multilatéraux
11:53
de libre-échange
11:54
type CETA ou Mercosur.
11:56
Et c'est l'idée
11:58
d'avoir une préférence
11:59
agro-française.
12:01
Ça me paraît être clair, visiblement.
12:05
Si le traité de Lisbonne,
12:07
ce n'est pas le cas.
12:07
Charles Rodwell,
12:08
un grand merci,
12:09
monsieur le député,
12:10
député Renaissance des Yvelines.
12:12
Et puis, on va avoir...
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