00:00Autre titre important, évidemment, ce soir, c'est la situation en Iran.
00:04Depuis 48 heures maintenant, le pays est coupé du reste du monde, Thierry Arnault.
00:09Internet ne fonctionne toujours pas ce soir.
00:12C'est une décision des autorités iraniennes.
00:15Alors, à quoi faut-il s'attendre dans les heures qui viennent,
00:18alors que le pays est secoué par une nouvelle vague de contestations
00:21qui s'étend désormais bien au-delà de Téhéran ?
00:24Voyons les images ensemble, Thierry Arnault, qui nous sont parvenues,
00:27puisque c'est une soirée sous haute tension qui s'annonce.
00:30Il va falloir suivre attentivement ce qu'il se passe,
00:33en fonction aussi des éléments qui nous parviennent, des informations qui nous parviennent,
00:37parce que, de fait, Thierry Arnault, c'est très compliqué de savoir ce qui se passe.
00:41On voit ces images de Téhéran qui datent d'hier soir.
00:44Alors, d'abord, un mot pour vous dire que si ces images nous parviennent,
00:46elles nous parviennent évidemment de manière sporadique, de manière clandestine.
00:50On va parler dans un instant du rôle que pourraient jouer les États-Unis.
00:53Et j'allais dire, ça, c'est déjà d'une certaine manière les Américains à l'œuvre,
00:56parce que ce que vous voyez, ce sont très certainement des images
01:00qui sont transmises par des terminaux Starlink,
01:02les terminaux satellitaires d'Ilon Musk.
01:05On sait qu'il y en a plusieurs milliers en Iran.
01:07Évidemment, ils sont rentrés clandestinement,
01:09ils s'échangent sur le marché noir,
01:11mais ce sont aujourd'hui les seuls moyens de communication
01:13dont disposent les manifestants pour faire savoir ce qui se passe.
01:16Et on voit ces images, elles sont spectaculaires.
01:18On sait que c'est un mouvement massif qui se déroule dans au moins une cinquantaine de villes.
01:23On parle même de plus d'une centaine de localités.
01:26On sait qu'il y a des dizaines de morts, probablement des centaines de blessés.
01:29Il y a plusieurs Médans, notamment en Britannique,
01:31qui font état d'hôpitaux qui sont totalement débordés par la situation,
01:35par l'afflux de blessés, par l'afflux de blessés par balles notamment.
01:39On sait qu'il y a plusieurs milliers de personnes qui ont été arrêtées.
01:42Et quand on est arrêté aujourd'hui,
01:45on l'est dans un contexte où le procureur général, c'est-à-dire le ministre de la Justice,
01:47a expliqué que les manifestants étaient des criminels, assimilables à des ennemis de Dieu.
01:53Lorsqu'on est un ennemi de Dieu aujourd'hui en Iran, on est passible de la peine de mort.
01:57Et oui, le changement de sémantique ouvre la voie à une réponse évidemment un peu différente.
02:03Autre image marquante de la journée, Thierry Arnault,
02:06ça se passe du côté de Londres cette fois,
02:08où il y avait justement une manifestation pour soutenir cette contestation.
02:11Et vous voyez ce drapeau de la République islamique d'Iran
02:15qui a été brièvement, ça n'a pas duré très longtemps,
02:17remplacé par un drapeau impérial.
02:21Ce drapeau, il est au cœur de cette contestation.
02:23Oui, c'est un symbole évidemment très important.
02:26Et on a vu les manifestants à Téhéran et ailleurs
02:29brandir le drapeau que ce manifestant s'apprête à placer.
02:32Et au lieu d'avoir au centre ce drapeau, ce symbole islamique,
02:36vous avez au centre ce drapeau le lion, le soleil, l'épée.
02:39C'est un drapeau qui est évidemment le drapeau pas seulement de l'ancien régime,
02:46c'est un drapeau qui existe depuis des millénaires ou presque en Iran.
02:50Et c'est pour tous ceux qui sont là dans les rues de Londres
02:53comme ceux qui sont dans les rues de l'Iran aujourd'hui,
02:56le symbole de leur intention de renverser ce régime.
02:59Parce que c'est bien ça dont il est question aujourd'hui, Alice, évidemment.
03:02Au départ de ces manifestations, rappelons qu'on est au 14e jour,
03:06ça démarre le 28 décembre.
03:07On descend dans la rue parce qu'on ne peut plus supporter de vivre
03:10avec 50% d'inflation, avec des revenus qui s'effondrent.
03:14Il faut aujourd'hui 1,5 million de rial, la monnaie locale, pour avoir 1 dollar.
03:20Et évidemment, c'est ça qui met le feu au poudre.
03:22Mais on voit qu'à mesure que cela s'étend, comme on le voit sur cette carte,
03:25à l'ensemble du pays, il n'est plus seulement question d'économie, bien sûr.
03:29Il est question de renverser le régime.
03:31Il est question de liberté, de démocratie,
03:34de faire tomber ce régime, cette dictature, ce régime religieux.
03:36Et on va évidemment suivre attentivement ce qui va se passer ce soir,
03:40suivre les images qui nous parviennent,
03:42suivre aussi, Général Pellistrandi, ce qu'il se dit du côté de Washington.
03:47Parce qu'on a bien compris que Donald Trump considérait qu'il avait son mot à dire.
03:51D'ailleurs, juste avant qu'on prenne l'antenne, il a fait ses déclarations.
03:55Il a dit que les États-Unis se tenaient prêts à soutenir ces manifestants
03:59qui aspirent à la liberté.
04:00Mais hier, il disait autre chose.
04:03Il menaçait de frapper très fort en cas de répression meurtrière,
04:07ce qui visiblement a déjà commencé.
04:08Si les États-Unis mettent leur menace à exécution,
04:12parce qu'on a quand même bien compris ces derniers temps qu'il fallait écouter
04:14et prendre au pied de la lettre ce que dit Donald Trump,
04:18qu'est-ce que cela donnerait ?
04:20De quels moyens disposent-ils dans cette région pour intervenir s'ils décident de le faire ?
04:25Alors d'abord, il faut rappeler que les États-Unis sont intervenus l'année dernière
04:28de manière massive contre le programme nucléaire iranien.
04:33Ensuite, qu'ils connaissent parfaitement la géographie du pays
04:36avec tous les moyens de renseignement.
04:39Et n'oublions pas également qu'il y a l'appui du Mossad israélien.
04:44Donc la cartographie, en quelque sorte, iranienne, ils la connaissent parfaitement.
04:48Alors certes, ils n'ont pas de porte-avions dans la région pour le moment,
04:52mais ils ont des bases à Oman, à Bahreïn, au Qatar.
05:00Donc il y a une capacité de frappe aérienne importante.
05:03La question est de savoir frapper qui et où ?
05:06Alors, frapper le régime, c'est-à-dire, est-ce que c'est de s'agir d'éliminer le guide suprême Ramenei ?
05:12Aller chercher Ramenei comme ils sont allés chercher Maduro, Venezuela.
05:15Ça risque d'être quand même beaucoup plus compliqué comme opération.
05:19Parce que ça voudrait dire, très d'abord, Ramenei, justement,
05:23il ne faut pas oublier qu'il y a eu un certain nombre de dirigeants,
05:27n'oubliez pas du Hamas et du Hezbollah qui ont été éliminés à Téhéran.
05:31Donc Ramenei, il a pris ses précautions.
05:34Donc on n'est pas dans la même configuration technique
05:36que ce qui s'est passé à Caracas contre Maduro.
05:39Donc ça serait compliqué.
05:41Mais ils peuvent frapper les bases des gardiens de la Révolution.
05:45Il faut comprendre qu'il y a les Molas, les Ayatollahs,
05:49mais le pilier du régime, ce sont les gardiens de la Révolution.
05:53C'est une espèce d'armée parallèle et qui contrôle également l'économie.
05:57Et là, ils pourraient frapper, en quelque sorte,
05:59les installations des gardiens de la Révolution,
06:02avec, bien sûr, une interrogation.
06:04La problématique, c'est qu'on met qui à la place du régime actuel ?
06:10Pour Ramenei, sa succession, elle a été consolidée par les Ayatollahs.
06:18Pour la partie, en quelque sorte, gardien de la Révolution, c'est plus compliqué.
06:22Donc un changement de régime, c'est plus compliqué en Iran qu'au Venezuela.
06:28Avant un éventuel changement de régime,
06:30on suivra évidemment attentivement ce qui se passe ce soir, Thierry Arnault.
06:33Et tout au long du week-end, il semble probable que ces manifestations continuent encore ce soir.
06:39Oui, ça ne fait absolument aucun doute.
06:40Et maintenant, évidemment, la grande question qui est posée,
06:42c'est de savoir si Donald Trump va mettre ses menaces à exécution, bien sûr.
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