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  • il y a 14 minutes
Tous les soirs, les chroniqueurs du 22h BFM font leur choix dans l'actualité.

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00:00Et vous gardez la parole, votre choix ce soir c'est de nous parler donc évidemment de 2027, la présidentielle,
00:04une majorité de français veulent la rupture.
00:06Oui alors c'est pas vraiment le bisou là, vous voyez c'est une enquête très intéressante qui a été
00:10conduite au début du mois de septembre sur quelques 13 000 français
00:14et qui a été conduite par, alors il y a beaucoup de partenaires mais c'est l'Ipsos, grosso modo,
00:19l'Ipsos s'est publié dans le monde
00:21et ça a été fait aussi par le CEVIPOF qui est l'Institut d'études politiques de sciences politiques à
00:27Paris.
00:28Et qu'est-ce qu'ils disent ? Ils disent que 71% des 13 000, c'est-à-dire
00:337 sur 10, veulent une rupture franche par rapport à la politique qui est conduite aujourd'hui.
00:40Alors c'est pas très étonnant quand on voit le contexte dans lequel la France est aujourd'hui engluée, c
00:46'est-à-dire que ça fait quand même 10 ans qu'elle a le même président
00:49et on parlait, c'est la suite de la conversation de tout à l'heure, les Français sont des Français
00:55qui ne sont jamais contents,
00:58tout ce qu'ils ont adulé, ils veulent le décapiter et on a une grande expérience dans ce domaine, donc
01:05là Macron ils veulent tourner la page,
01:07il y a un contexte géopolitique qu'on ne peut plus compliquer, qui n'a jamais été aussi, je dirais,
01:13aussi vif avec la guerre au Moyen-Orient, avec l'Ukraine.
01:17Il y a aussi ce qui s'est passé cet été d'ailleurs, aussi, c'est-à-dire la menace
01:21climatique avec ce changement et cette transition climatique
01:24qui pointe aussi des problèmes identitaires, on ne va pas se voiler la face, il y a un communautarisme qui
01:30fait que les Français,
01:31eh bien entre eux, ne s'aiment pas nécessairement et tout ça, eh bien ça fait une inquiétude très forte
01:38des Français.
01:38Alors il y a cinq mots qui reviennent dans cette étude, qui sont en gradation d'ailleurs, le premier c
01:43'est inquiétude,
01:44le deuxième c'est incertitude, et quand c'est l'incertitude, c'est une espèce d'insécurité, si vous voulez,
01:50générale.
01:51Trois, la fatigue, les Français sont lassés. Quatre, la colère. Et cinq, la révolte.
01:57La campagne reflète bien justement cet état d'espoir.
02:00Alors il suffit de prendre le week-end, le week-end qu'on vient de passer, eh bien écoutez, c
02:03'est très simple,
02:04c'est un week-end de discours révoltés de la part de nombreux candidats, c'est pas très étonnant.
02:10D'abord vous avez d'un côté Le Pen-Zemmour, et de l'autre côté vous avez eu ce week
02:16-end M. Mélenchon et M. Fabien Roussel
02:21du Parti Communiste à la fête de l'Humanité. Alors, les mots ont claqué, les mots ont claqué.
02:27C'est-à-dire Marine Le Pen vous a envoyé la priorité nationale, c'est un vieux sujet.
02:31On en parlera dans un instant avec Amélie.
02:35Écoutez maintenant Éric Zemmour.
02:37Il ne suffit pas de prôner l'immigration zéro, mais d'enclencher l'immigration négative.
02:44Il faut ce que je réclame depuis des années, la remigration.
02:48Alors ces quatre discours enflammés, parce que c'est pareil chez Le Mélenchon,
02:54c'est pareil avec d'autres mots et pour d'autres revendications évidemment,
02:57c'est pareil chez Roussel.
02:58Mais ce qui est intéressant, sur quoi ça peut déboucher ?
03:02Alors, on va écouter d'abord M. Mélenchon à la fête de l'Humanité.
03:06Non, M. Roussel à la fête de l'Humanité.
03:09Écoutez ce qu'il dit.
03:10Je vous propose de passer à l'action maintenant.
03:14Je vous propose de faire la révolution maintenant, dans la rue, avant les urnes.
03:21Parce que c'est maintenant que l'on souffle et c'est maintenant que l'on doit agir.
03:26Alors lui, c'est dans la rue.
03:27Ça rejoint d'ailleurs ce qu'on dit aujourd'hui, les reportages qu'on fait sur les ronds-points,
03:32les gilets jaunes, pas gilets jaunes.
03:34Enfin bon, il y a une atmosphère un petit peu comme ça.
03:36Et puis il y en a un autre qui dit autre chose.
03:39Regardez bien ce qu'il dit, parce que c'est intéressant.
03:43Travailleuses, travailleurs, vous autres gens du peuple, ne croyez pas que vous soyez accablés par autre chose
03:50qu'un rapport de fonds que vous devez inverser.
03:53Et vous allez le faire avec des bulletins de vote, autant que par l'action.
04:01C'est dans les urnes que ça se passe.
04:02C'est la révolution, ce qu'il appelle lui la révolution citoyenne.
04:06C'est très intéressant entre le parti communiste et LFI, d'un côté, les héritiers de Staline
04:12et les autres, les héritiers de Trotsky, de voir la différence qui est manifeste.
04:16Alors tout ça fait qu'on est à l'heure quand même du dégagisme.
04:20C'est ce qui ressort de cette enquête du Cevipov.
04:23Et pendant ce temps-là, est-ce que vous entendez tous ceux qui barbotent là au milieu,
04:27dans le bloc central, où on ne les entend absolument pas ?
04:33Alors il y a une chose qui est intéressante et qui est en sous-texte dans l'étude du Cevipov,
04:37qu'il faudra suivre de très près, c'est que les Français, ils sont contre,
04:44ils veulent la rupture, ils veulent tout changer, mais ils ne veulent pas casser la vaisselle.
04:49C'est ça qui est intéressant.
04:51Alors c'est peut-être Jean-Luc Mélenchon qui est aujourd'hui,
04:56qui sent la chose plutôt que Fabien Roussel.
05:00En tous les cas, ce qui est sûr, c'est que les extrêmes ont la part belle.
05:05Anne ?
05:05Je trouve ça très intéressant ce sondage, notamment sur la question de l'inquiétude,
05:09parce que ça arrive en numéro 1 et le sondage est même détaillé.
05:1475% des Français pensent que la situation de la France va se dégrader dans les mois à venir.
05:17C'est 30% de plus qu'en 2022. C'est absolument énorme.
05:22Et là où je trouve ça intéressant, c'est qu'effectivement, on parle beaucoup de la colère.
05:25Vous dites que les Français ne sont jamais contents,
05:27mais les Français, ils sont aussi quand même, je pense, beaucoup plus raisonnables,
05:30beaucoup plus résilients, beaucoup plus courageux,
05:33beaucoup plus lucides et beaucoup plus républicains qu'on ne le pense
05:35et qu'on ne l'entend parfois dans la bouche de certains politiques.
05:38Il y a un sondage qui m'a marqué le mois dernier.
05:40C'était le Figaro qui l'avait fait d'ailleurs, je crois.
05:42Plus de 50% des Français voudraient un candidat qui n'est pas celui qu'on vient d'entendre,
05:46qui est un candidat qui n'est pas déclaré du tout.
05:48C'est-à-dire que dans l'offre actuelle, personne n'a...
05:50Malgré l'offre pléthorique.
05:51Malgré l'offre pléthorique, et Dieu sait qu'on n'en a jamais eu autant,
05:5540, plus de 50, quasi 50, voilà, plus de 50% des Français disaient
05:59« Moi, dans ce que j'entends, il n'y a rien qui me séduit vraiment. »
06:03Ça laisse espérer, ça veut dire une grosse colère qui est justifiée,
06:06ça veut dire une inquiétude, surtout qui est majeure et bien plus grave que la colère,
06:09mais ça veut dire aussi que mettre les choses au feu, oui,
06:15mais pas pratiquement, vous voyez, c'est pas littéralement, c'est symboliquement.
06:20Anne, ce que vous dites est grave, ça veut dire qu'il y a une rupture énorme,
06:25énorme, entre le personnel politique et les Français.
06:27Mais elle n'a jamais été aussi majeure dans notre pays.
06:29Parce que l'offre ne correspond pas à la demande.
06:31Exactement.
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