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  • il y a 1 semaine
Donald Trump a annoncé, samedi 3 janvier, que les forces américaines avaient enlevé le président vénézuélien Nicolas Maduro après avoir lancé une "attaque de grande envergure" contre le pays sud-américain. Le Président américain a assuré que les États-Unis étaient désormais "aux commandes" au Venezuela. Jean-Marc Laforêt, ancien ambassadeur au Venezuela et président de la maison de l'Amérique Latine, est l'invité de RTL Soir.
Regardez L'invité d'Anne-Sophie Lapix du 05 janvier 2026.

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Transcription
00:00Les cours privilégiés, la marche ou le vélo.
00:02Anne-Sophie Lapix, RTL Soir.
00:04Notre grand invité dans RTL Soir est Jean-Marc Laforêt, ancien ambassadeur au Venezuela
00:08et actuel président de la Maison de l'Amérique Latine.
00:11Bonsoir.
00:12Bonsoir.
00:13Le président vénézuélien Nicolas Maduro, soupçonné de corruption,
00:17de complaisance avec le trafic de drogue, d'avoir ordonné des exécutions,
00:21est jugé à New York 48 heures après son arrestation.
00:25Est-ce que c'est un jour heureux ou humiliant pour le Venezuela ?
00:30Je pense que c'est un peu les deux.
00:32C'est-à-dire que je pense que pour une bonne partie de la population
00:35qui s'était sans doute exprimée majoritairement en juillet 2024
00:39pour le candidat de l'opposition, c'est un des éléments de satisfaction.
00:46Mais c'est quand même un jour humiliant de voir une puissance étrangère
00:49vouloir dicter sa loi.
00:51Et au-delà finalement des différents arguments évoqués par M. Trump,
00:55il semble que finalement une fois qu'on a un petit peu enlevé la rhétorique,
00:59ce qui reste c'est le pétrole.
01:01Donc c'est forcément humiliant pour un pays de se voir ainsi attaqué
01:05pour qu'on lui prenne ses ressources naturelles.
01:09Mais en l'occurrence, les crimes dont on l'accuse, il les a commis ?
01:14Nous verrons exactement ce qu'il y a dans l'acte d'accusation
01:17puisqu'il lui est remis je crois en ce moment.
01:19D'ailleurs il n'est pas accusé de corruption ou d'atteinte aux droits de l'homme,
01:24il est accusé de narcoterrorisme.
01:27Jusqu'à ce jour, aucune preuve n'était apportée d'une application directe
01:30de M. Maduro dans les circuits de narcotrafic.
01:34Ce qu'il faut quand même rappeler, c'est que d'après les éléments des spécialistes,
01:39il n'y a qu'entre 8 et 10% de la cocaïne qui est donc produite en Colombie.
01:44Il n'y a pas du tout de production de cocaïne au Venezuela
01:46qui transite en direction des Etats-Unis
01:48et il n'y a jamais eu de fentanyl au Venezuela
01:53qui est la drogue qui tue, c'est vrai, des dizaines de milliers d'Américains chaque année.
01:56La réaction d'Emmanuel Macron se réjouissant de l'arrestation de Maduro
02:00sans même revenir sur les circonstances de cette arrestation,
02:05cette intervention hors la loi, ça vous a choqué ?
02:09Non, parce qu'il faut prendre les choses dans leur séquence, si j'ai bien compris.
02:13On a de la peine à suivre les événements puisqu'ils s'enchaînent à une vitesse qui est assez grande.
02:17Mais entre la première déclaration du quai d'Orsay officiel du ministre Jean-Noël Barraud,
02:23ensuite les premiers éléments d'intervention du président de la République
02:27et ce qu'il a indiqué à la fin du Conseil des ministres ce matin,
02:30je crois que là, on a de manière globale quand même les éléments qui devraient structurer.
02:35Et on peut faire de la couture en ramassant toutes les petites déclarations.
02:38Mais lui, officiellement, il n'a pas fait une déclaration comme ça médiatique.
02:42Enfin, devant les caméras, disant effectivement qu'il condamnait cette intervention.
02:47C'est vrai, il ne l'a pas fait.
02:49C'est vrai qu'aussi au niveau de l'Union Européenne, la situation,
02:52les réactions sont un petit peu composites, disons.
02:55Oui, alors justement, qu'est-ce que vous en pensez ?
02:57On sent que l'Union Européenne a de la peine à se mettre d'accord.
02:59Je pense que c'est dommage parce que ce n'est malheureusement pas un acte isolé.
03:04Ce qui se passe là, malheureusement, risque de se reproduire.
03:06Vous voyez les appétits de M. Temp, Trump qui ne cache pas son appétit pour le Groenland.
03:11Donc, que feront les pays européens à ce moment-là,
03:13si jamais ils passaient à l'axe, s'ils avaient été trop timorés dans la dénonciation ?
03:17Parce qu'il ne s'agit pas de dénoncer M. Trump,
03:19il s'agit de dénoncer la violation d'un principe de base du droit international.
03:23Et la non-agression d'un État par un autre, c'est une question de principe.
03:30Et les principes, si vous commencez à vous asseoir dessus,
03:33parce que la personnalité de M. Maduro n'est évidemment pas la plus plaisante qu'il y a sur la planète.
03:38Mais enfin, il y a 193 pays aux Nations Unies.
03:41Si nous devions faire ensemble la liste de ceux qui sont dirigés par des gens
03:44qui peuvent être soupçonnés de corruption ou de l'atteinte aux droits de l'homme,
03:47je ne sais pas si ça dépassera le cadre de votre émission.
03:49Et on n'enverra pas des bombes sur ces gens-là.
03:52Je le disais, vous avez été ambassadeur au Venezuela.
03:54Vous savez comment les Vénézuéliens vivent la situation ?
03:57L'intervention des forces armées américaines sur leur sol,
03:59puis la traduction en justice de leur président en exercice ?
04:04Alors, je ne vais pas prétendre vous dire ce qu'en pensent les Vénézuéliens.
04:07Moi, les échos que j'ai d'amis ou d'amis de ma fille, par exemple,
04:11qui a gardé beaucoup de contact puisqu'elle a passé 4 ans au lycée français à Caracas,
04:15le sentiment dominant, c'est quand même l'inquiétude.
04:18Donc les gens restent chez eux, ne sachant pas trop comment ça va tourner.
04:22Donc là, vous voyez, il y a une différence qui est d'ailleurs tout à fait compréhensible
04:25entre les réactions des Vénézuéliens de la diaspora,
04:28qui n'ont pas de difficulté à exprimer leur satisfaction,
04:30puisque la plupart d'entre eux, ayant dû quitter le pays,
04:33soit pour des raisons politiques, soit pour des raisons économiques,
04:35soit pour des raisons de sécurité,
04:37puisque la délinquance avait atteint des niveaux très importants au Venezuela,
04:41ces gens-là se réjouissent de manière publique.
04:45C'est plus compliqué au Venezuela,
04:46parce que personne ne sait comment ça va tourner.
04:48Donc je comprends très bien qu'on stocke des vivres
04:52et on attend de voir ce qui se passe.
04:53Mais au Venezuela, est-ce qu'on est tous derrière le président Maduro ?
04:56Parce que le pays est divisé, il y a une crise aussi qui fera tout le monde.
05:00Oui, le pays est très polarisé.
05:02Mais le pays était déjà très polarisé comme moi j'y étais,
05:05ce qui remonte déjà quand même à quelques années,
05:08depuis la crise économique s'est accentuée.
05:10Aujourd'hui, le pays effectivement...
05:12Si 8 millions de personnes sont parties,
05:14elles ne sont pas parties parce que 8 millions étaient persécutées par M. Maduro,
05:17elles sont parties parce que la situation économique était devenue déplorable.
05:20Quand un quart de la population quitte son pays
05:23parce qu'elle ne peut plus rester,
05:24n'a plus les moyens de vivre dans le pays,
05:26la situation est effectivement catastrophique.
05:29Alors, quel est l'appui ?
05:30Moi, je ne sais pas si on en croit même.
05:32Prenons les chiffres que l'opposition,
05:34mais qui était difficile aussi à vérifier de l'élection de 2024,
05:36M. Maduro aurait en gros récolté le tiers des voix et non pas 50%.
05:41C'est quand même le tiers, donc.
05:44Et surtout, ce qui est important,
05:46c'est le tiers qui contrôle l'appareil d'État vénézuéen,
05:49qui contrôle l'armée, qui contrôle la police,
05:51qui a des milices paramilitaires,
05:53qui contrôle la justice, qui a des armes.
05:55Enfin, donc, ce n'est pas un tiers qui pèse peu.
05:58Vous craignez que le pouvoir fragiliser
06:01est la tentation d'une répression ?
06:04Vous savez, tout peut arriver.
06:07Il y a plusieurs scénarios possibles.
06:09Soit une partie du pouvoir
06:11accepte des accommodements avec les États-Unis
06:15et, sans être dans la main des États-Unis,
06:17lâche un peu de l'aise pour essayer de préserver leur pouvoir.
06:21Ça, c'est une possibilité.
06:25Évidemment, le scénario qu'il faut à tout prix éviter,
06:29c'est celui d'une confrontation violente,
06:31armée entre les partisans et les opposants de M. Maduro.
06:34Ce qui serait, évidemment, dans un pays, encore une fois,
06:37très polarisé, où il y a beaucoup d'armes qui circulent,
06:39où la répression du régime était très importante
06:41depuis une dizaine d'années,
06:43évidemment, ce serait une situation tout à fait inquiétante.
06:47Vous êtes diplomate, puisque vous avez été
06:49notamment ambassadeur au Venezuela.
06:51Est-ce que les diplomates jouent encore un rôle
06:53dans le monde de Trump ?
06:55Bonne question.
06:57Moi, je suis à la retraite depuis cinq ans,
06:58donc je ne suis pas affecté directement par...
07:00Non, mais je pense que leur rôle est d'autant plus important
07:03que la situation est difficile,
07:04parce que des diplomates qui interviendraient
07:05dans un monde totalement pacifié,
07:07où le droit international s'impose sans aucune difficulté,
07:10bon, ils seraient juste là, les garants des traités.
07:13Ce sera un peu notarial, vous voyez.
07:14Donc aujourd'hui, au contraire,
07:15on a besoin de plus de diplomatie qu'avant.
07:17Mais les conditions d'exercice du métier diplomatique
07:20sont effectivement beaucoup plus difficiles.
07:23Merci beaucoup Jean-Marc Laforêt,
07:25ancien ambassadeur au Venezuela
07:26et président de la Maison de l'Amérique latine.
07:29Dans un instant, on retrouve votre équipe d'RTL Soir,
07:32Florian Gazan, qui a repêché l'info essentielle
07:34qu'on a failli manquer,
07:35et Marie Giquel, qui a suivi la chanteuse Alizé,
07:37qui fait un retour canon 25 ans après.
07:39A tout de suite.
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