- il y a 9 mois
Dominique de Villepin, ancien Premier ministre et ancien ministre des Affaires étrangères, était l’invité de BFM Politique.
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00:00Dominique de Villepin, merci d'être notre invité.
00:03On va voir dans un instant quelles sont les conséquences de cette incroyable actualité internationale et de cette opération américaine.
00:10Mais d'abord, un mot sur ce terrible drame qui s'est déroulé en Suisse à Accra-en-Motarna.
00:15On voit toujours ces images d'hommages.
00:1816 nouveaux corps ont été identifiés, dont un Français de 39 ans, 24 défunts identifiés au total.
00:25Les autorités helvétiques ont annoncé qu'il y avait 40 morts, plus de 115 blessés.
00:30Qu'est-ce que vous ressentez quand vous voyez ces images et que vous avez appris ce terrible drame ?
00:34Qui peut imaginer perdre un enfant dans de telles conditions, un 31 décembre ?
00:43C'est une tragédie terrible que nous ressentons tous profondément et qui appelle un besoin d'information, un besoin de savoir, un besoin de justice.
00:55Et peut-être, je le dis fortement ce matin, un besoin de responsabilité.
01:01Tous ceux qui accueillent du public, dans quelques circonstances que ce soit, un bar, une boîte de nuit, un restaurant, doivent aujourd'hui se préoccuper de cette exigence de sécurité.
01:15Ces drames arrivent. Et quand ils arrivent, c'est trop tard pour réagir.
01:19Et donc, les accès de sécurité, les données sensibles, un plafond en plastique, un plafond en bois, tout ce qui peut contribuer à créer un tel drame,
01:30Eh bien, c'est au-delà des contrôles qui sont nécessaires. C'est la responsabilité, bien sûr, de ceux qui tiennent de tels locaux.
01:37Et j'espère que chacun, ce matin, a à cœur de faire le tour de ces installations, de faire le point pour que de tels événements ne se reproduisent pas.
01:47Cela n'arrive pas qu'aux autres. Ce sont malheureusement des événements qui peuvent être créés par des circonstances particulières.
01:53On l'a vu, des champagnes avec des bougies festives. Ces drames arrivent. Et il faut être capable aussi, en conscience, de les anticiper.
02:03Des personnes extrêmement jeunes. On a vu 14, 15, 16 ans. Des témoignages bouleversants et poignants, effectivement, à la fois des rescapés et puis des familles des victimes.
02:11Bien sûr. C'est un profond désarroi pour la station de Grand-Montana, pour toutes ces familles, pour la Suisse et pour nous tous qui, parents, nous mettons facilement à la place de ceux qui vivent ce drame.
02:23Parce que cela n'arrive pas qu'aux autres. Et c'est pour cela que l'exigence de responsabilité, l'exigence d'action, chacun doit prendre la mesure, pour sa part, de ce qui peut arriver face à de telles circonstances.
02:37Dominique de Villepan disait « Actualité internationale extrêmement forte ». 24 heures après cette incroyable opération américaine qui a capturé, effectivement, le président vénézuélien Nicolas Maduro.
02:50On voit des images ce matin incroyables. On a découvert, regardez, le président vénézuélien dans les couloirs de la DEA. On l'a vu arriver sur le sol américain.
03:00Il est désormais incarcéré à New York. C'est du jamais vu. Alors que révèlent ces opérations ? Que révèle ce passage en force ?
03:08Est-ce que les États-Unis mettent le Venezuela sous tutelle ? Est-ce que Donald Trump a ouvert la boîte de Pandore ?
03:14Quel rôle pour nous dans ce monde qui est décrit aujourd'hui comme un monde de prédateurs ?
03:18Dominique de Villepin, qu'est-ce que vous vous dites quand vous voyez ces images ce matin du président vénézuélien ?
03:24Que nous avons un peu plus changé de monde, changé de seuil. Progressivement, nous nous habitions à un monde où toutes les règles sont effacées, où le droit n'existe plus, le droit international qui est censé régir les relations entre États.
03:42Tout cela n'existe plus. Et on voit bien à travers les réactions sur la scène internationale et en particulier sur la scène européenne, pour certains, cela n'a plus beaucoup d'importance.
03:53L'importance serait ailleurs. Alors en effet, le Venezuela, c'est loin. Ne l'oublions pas, nous Français, à 1000 kilomètres du Venezuela, dans le pourtour, en Guyane, dans les Antilles, il y a un million de Français.
04:06Nous avons également, au-delà de l'éloignement, le sentiment que tout cela est passager. Après Donald Trump, les choses reviendront à la normale.
04:17Non, c'est un changement profond qui se prépare depuis des années. C'est la marche vers des nouveaux empires. Et l'Amérique, aujourd'hui, est prise par une forme d'hubris où tout est possible.
04:28Et c'est la marque d'un illimitisme. Il n'y a plus de limite. Pas de limite à la puissance, pas de limite à l'appétit, à l'appétit prédateur, la quête de ressources,
04:39derrière Nicolas Maduro et derrière l'argument du narcotrafic qu'on peut comprendre, compte tenu du drame que cela représente pour les États-Unis.
04:46C'est l'un des arguments avancés par Donald Trump.
04:48Mais justement, M. Dilpin, pour justifier son opération, Donald Trump a évoqué justement la question du narcotrafic,
04:57narcoterrorisme, puisqu'il serait inculpé pour ça dans un comté américain. Est-ce que ce n'est pas un élément à prendre en compte ?
05:05Barack Obama lui-même avait dit que le Venezuela était une extraordinaire menace pour les États-Unis. Il n'y a pas que Donald Trump. Déjà, il y a quelques années.
05:13Il faut d'abord et avant tout dire à quel point personne ne regrettera Nicolas Maduro.
05:22Vous ne le regretterez pas ?
05:23Certainement pas. Nicolas Maduro est à la tête d'un régime qu'il a mis en faillite.
05:28Un pays richissime, un pays pétrolier, un pays qu'il a mis en ruine.
05:33Un pays qui connaît depuis des années une catastrophe humanitaire absolument sans précédent pour cette région.
05:39Donc vous saluez son départ ou vous condamnez cette opération ?
05:43– Laissez-moi terminer. – Avec 8 millions d'exilés qui sont en Amérique latine et en Europe et aux États-Unis.
05:53Et bien sûr, une complicité avec un certain nombre de trafics et donc complicité mafieuse.
05:59Est-ce que cela justifie une opération comme celle-ci ? Clairement, non.
06:04La souveraineté d'un État ne peut pas être mis en cause unilatéralement.
06:10Il y a un processus pour ça. Est-ce que les Nations Unies ont donné leur accord ?
06:15Est-ce qu'il y a le consentement de l'État ? Non.
06:18– Y compris pour un président qui a volé les élections en 2024.
06:23– Vous avez raison, mais est-ce que le premier réflexe de Donald Trump,
06:28c'est d'inviter le président élu à l'époque, M. Urrutia,
06:34à prendre le pouvoir à Caracas ? Non.
06:38Et est-ce que le narcotrafic est véritablement la vraie raison ?
06:41Ne l'oublions pas.
06:42– Donald Trump a pris une mesure très importante il y a quelques jours.
06:47Il a gracié l'ancien président du Honduras,
06:51accusé pour plusieurs dizaines d'années de prison de narcotrafic,
06:57le président hernandaise.
06:59Donc, manifestement, il y a d'autres arguments.
07:01Alors justement, il faut prendre la mesure de ce qui se passe.
07:05Mépris du droit international, atteinte à la souveraineté du Venezuela,
07:10convoitie, je parlais d'illimitisme, bien sûr.
07:14Nous sommes dans un monde de rareté.
07:15Et la quête, par les nouveaux empires, de ressources, de territoires,
07:19constitue un objectif majeur.
07:21Le Venezuela, c'est la première réserve de pétrole au monde.
07:26C'est, Donald Trump vient de mettre la main
07:28sur la plus grosse station d'essence du monde.
07:32– Mais il ne s'en cache pas, précisément hier,
07:34dans sa conférence de presse, il assume parfaitement
07:36de vouloir envoyer les compagnies pétrolières américaines.
07:39Est-ce que, pour vous, on peut même dire que la principale raison,
07:41aujourd'hui, c'est une prédation américaine,
07:43une volonté de faire de l'argent avec le pétrole ?
07:46– Il y a une argumentation qui s'appuie sur le narcotrafic
07:50pour des raisons de légalité,
07:52également sur une opération de police
07:54qui trouve son fondement dans la décision de l'État de New York en 2020
08:00et qui peut justifier un mandat d'arrêt contre Maduro.
08:03Mais nous voyons bien que cela ne suffit pas
08:05à justifier l'opération américaine.
08:06D'autant que nous sommes au milieu d'un processus
08:08dont nous ne connaissons pas exactement aujourd'hui l'aboutissement.
08:13Les forces américaines sont intervenues
08:14pour exfiltrer le président, sa famille, ses enfants.
08:17– On va revoir ces images, pendant que vous parlez,
08:19qui sont absolument incroyables.
08:20– Les images sont parlantes.
08:22Mais, contrairement à ce qui s'est passé en Irak,
08:26il y a un changement de personne,
08:28pas encore un changement de régime.
08:31les principaux protagonistes du régime sont en place.
08:34Le ministre de l'Intérieur, M. Diosdado Cabello,
08:37la vice-présidente, Delcy Rodriguez,
08:40le président du Parlement, le frère de Mme Rodriguez,
08:43tous ceux-ci sont en place.
08:45La vraie question, c'est,
08:46est-ce que c'est une opération qui se fait
08:48avec le maintien en place du régime,
08:52quitte à ce qu'une couverture soit donnée à ce régime,
08:54pour prendre la main sur les ressources pétrolières américaines
08:58ou est-ce que c'est une véritable opération
09:01de régime et de protectorat sous direction américaine ?
09:04– Donc vous vous appelez à une forme de transition,
09:09de réorganisation du pouvoir ?
09:12– La première décision des États-Unis,
09:16c'est de reprendre le fil là où il a été interrompu
09:18sur le plan démocratique.
09:20Et donc, de faire en sorte que le président élu,
09:22M. Urrutia, puisse prendre le pouvoir,
09:25que Mme Corina Machado, la prix Nobel de la paix,
09:28puisse jouer un rôle compte tenu
09:30de la force morale qu'elle représente.
09:33– Mais Donald Trump le fait saluer les ex-méritaires.
09:34– Et que le peuple vénézuélien puisse être amené à choisir.
09:38– Donald Trump, Dominique de Villepin.
09:39– Manifestement, nous sommes dans une opération
09:40qui aujourd'hui laisse présager
09:42une transition au long cours,
09:45le temps pour les États-Unis, et il l'affirme.
09:47– Il dit que les États-Unis vont diriger le Venezuela.
09:50Ça vous choque pas ça ?
09:50– Diriger l'administration, faire un...
09:52– Mais bien sûr que ça me choque.
09:53– C'est quoi ? C'est une occupation ?
09:55– Établir, bien sûr, établir un protectorat,
09:58et à partir de là, gérer, bien sûr,
10:01les ressources du Venezuela.
10:03Ne l'oublions pas, le Venezuela est frontalier du Guyana,
10:05où viennent d'être découvertes également
10:08des ressources pétrolières tout à fait considérables.
10:11Donc il y a un enjeu économique majeur.
10:13– Comment vous qualifiez le fait
10:15que Donald Trump dise « on va diriger le pays » ?
10:18C'est une colonisation ? C'est une occupation ?
10:20C'est quoi ? C'est une mise sous tutelle pour vous ?
10:21– C'est une intervention totalement illégale,
10:25qui porte atteinte à la souveraineté du Venezuela,
10:27c'est un protectorat qui est établi sur le Venezuela,
10:31et c'est en cela que nous devons,
10:33et c'est parfois difficile sur les plateaux,
10:35prendre la mesure de ce qui est en train de se passer.
10:37– C'est un bouleversement de l'histoire ?
10:39C'est un basculement historique,
10:41et la réaction que nous devons avoir doit prendre en compte
10:45ce qui est susceptible de venir, ce qui est en train de venir.
10:48Premier élément, permettez-moi,
10:50premier élément qui doit guider notre réaction.
10:53Le message qui est apporté est interprété par certains
10:57comme un message très dur vis-à-vis de la Chine et vis-à-vis de la Russie.
11:01Je crois exactement l'inverse.
11:03– Pourquoi ?
11:03– Parce que c'est un message d'un empire
11:06qui se comporte de façon impériale
11:08et qui en quelque sorte dit aux autres empires,
11:11moi dans ma zone d'influence,
11:12selon les principes de la doctrine Monroe,
11:16dans l'hémisphère occidental,
11:18je fais ce que je veux, je me sers,
11:20je prends les richesses là où elles sont.
11:23Et le message donc adressé à la Chine et à la Russie,
11:27dans votre propre hémisphère, libre à vous de vous servir.
11:30Voilà ce qu'aujourd'hui le président Xi
11:32et le président Poutine peuvent comprendre.
11:34– Donc c'est la logique des blocs qui prêvent aujourd'hui.
11:36– C'est la logique des blocs et c'est la logique de l'influence.
11:38Et malheureusement, qu'est-ce qu'on constate ?
11:40C'est qu'il y a un endroit, un continent
11:43où ceci n'est pas compris, c'est l'Europe.
11:45La réaction des dirigeants européens,
11:47la réaction d'Emmanuel Macron, montre deux choses.
11:49– La réaction d'Emmanuel Macron, on va la voir,
11:51Monsieur le Premier ministre,
11:52le président de la République qui juge, je cite,
11:54que le peuple vénézuélien est aujourd'hui débarrassé
11:56de la dictature de Maduro et ne peut que s'en réjouir.
11:59La transition à venir doit être pacifique, démocratique
12:02et respectueuse de la volonté du peuple vénézuélien.
12:05Aucune condamnation de l'usage de la force.
12:08Qu'est-ce que vous pensez de cette réaction du président français ?
12:10– Que l'on puisse se réjouir ou ne pas regretter
12:15le départ de Nicolas Maduro, je le redis,
12:17je le comprends parfaitement et je partage ce sentiment.
12:21Mais ce qui se joue va bien au-delà du Venezuela,
12:25à une dimension politique et symbolique extrêmement forte.
12:27Ce qui se joue, et c'est en cela que ça nous concerne,
12:30nous Français et Européens,
12:32c'est un changement complet de l'ordre international.
12:35Et le mépris du droit, l'illimitisme des empires
12:40va nous conduire à des situations où Emmanuel Macron,
12:44les Européens, tous les dirigeants français
12:47seront devant une situation qui les concernera de beaucoup plus près.
12:50– Mais alors vous qualifiez comment cette réaction du président français ?
12:52Comment vous la qualifiez ?
12:53– Aveugle.
12:54– Aveugle ?
12:55– Inconsciente des réalités, irresponsable en ce qui concerne
13:00l'avenir de notre pays et l'avenir de l'Europe.
13:02Pourquoi ? Pourquoi ?
13:04Que fera-t-on demain quand Donald Trump fera le même raisonnement
13:08qu'il a fait pour adapter bien sûr aux circonstances
13:11qu'il fait aujourd'hui pour le Venezuela quand il le fera pour le Groenland ?
13:15Quelle réaction sera celle de M. Macron ?
13:18Quelle réaction sera celle des dirigeants européens ?
13:21Il faut comprendre que ce qui se joue, c'est un changement de monde.
13:24– Mais pourquoi les États européens aujourd'hui, Dominique de Villepin,
13:27beaucoup d'entre eux se comportent comme des vassaux encore vis-à-vis des États-Unis ?
13:30Pourquoi cette faiblesse ?
13:31– Mais parce que nous sommes devant un choix qu'il faut mesurer.
13:35Les nouveaux empires ne travaillent pas seuls.
13:38Ils ont des complices, des complicités.
13:40Les nouveaux empires, ils agissent avec des forces oligarchiques
13:45qui leur servent de soutien.
13:48Forces oligarchiques numériques, on le voit en Europe très fortement.
13:53J'attends toujours la condamnation par les Européens
13:55de ce qui s'est passé, les mesures prises par les Américains
13:58concernant Thierry Breton et un certain nombre d'autres Européens.
14:00– Thierry Breton, ancien ministre français, ancien commissaire européen
14:02qui a été banni du seul Américain.
14:04– Donc, alliance avec des forces puissantes, oligarchiques,
14:09numériques, financières, technologiques, médiatiques.
14:14Ce sont ceux qui soutiennent aujourd'hui ces nouveaux empires.
14:18C'est vrai du côté russe, c'est vrai du côté chinois,
14:20c'est vrai du côté américain.
14:21Et, deuxième type de forces qui soutiennent l'action des nouveaux empires,
14:26ce sont les forces identitaires, populistes et libérales.
14:30Nous voyons donc qu'il ne s'agit pas d'une situation ponctuelle.
14:34Nous changeons de monde.
14:35Et quels sont ceux qui sont visés ?
14:38Ce sont les démocraties.
14:41Et au premier chef, les États-nations forts des pays comme la France.
14:45Ces États-nations, eh bien, ils constituent une gêne pour ces empires.
14:49Ils sont embarrassants.
14:50Et donc, il faut balayer tout ce qui est susceptible de gêner ces empires
14:56sur leur volonté illimitiste.
14:58– Sur le Groenland, vous citiez, l'Europe n'est pas restée inerte.
15:02Emmanuel Macron s'est même rendu, fait un déplacement au Groenland.
15:06Que peuvent-ils faire de plus de concret pour la défense de ce territoire européen situé en Amérique ?
15:13– Vous avez raison, on est sur la logique américaine.
15:16En gros, du Groenland à la terre de feu, Donald Trump veut régner.
15:19– La meilleure défense, la meilleure défense, elle est double.
15:23Elle est d'abord de comprendre que tout est lié.
15:25Nous sommes dans un monde où tout est lié.
15:27Le national et l'international.
15:30La première défense, c'est la défense de ce que nous sommes,
15:34de nos valeurs, des principes du droit contre la force.
15:39Face à cela, il y a une première leçon à tirer.
15:41C'est que le droit, c'est très sympathique, mais ça ne suffit pas.
15:45– Mais est-ce que le droit international, c'est pas l'arme des faibles aujourd'hui ?
15:48– C'est bien pour ça que je vous réponds.
15:50Le droit ne suffit pas, il faut la puissance.
15:52C'est la première leçon que nous devons tirer, nous, aujourd'hui, ce matin.
15:55Et les Européens, c'est que nous devons nous doter des attributs de la puissance.
16:00Ça commence aujourd'hui par un grand pacte européen de souveraineté.
16:04Parce que ce qui est visé par les États-Unis, comme par la Russie, voire par la Chine,
16:10c'est la souveraineté européenne et la souveraineté française.
16:14– Cette souveraineté, elle est belacée, je l'ai dit, sur le plan du numérique,
16:18sur le plan technologique, sur le plan financier,
16:21et évidemment sur le plan de la défense.
16:23Donc ce que nous pouvons faire, c'est rappeler l'importance de la règle de droit,
16:27se doter des moyens de la puissance.
16:29Et la première chose que devraient faire les Européens,
16:31c'est d'abord marquer clairement ce qui est inacceptable pour nous
16:35dans la décision américaine, se doter des leviers.
16:39Et ça, c'est une urgence absolue.
16:40– Donc ce n'est pas ce qu'a fait Emmanuel Macron hier soir dans sa réaction.
16:43– De ce qu'il a fait, et ça fait des mois que les Européens tergiversent.
16:47– Mais concrètement, si Donald Trump…
16:49– Donc au Groenland, qu'est-ce qu'il faut faire au Groenland ?
16:51Il faut aller déployer des troupes sur place ?
16:53– Oui, c'est ça, c'est immédiat, c'est dans quelques mois peut-être.
16:56– Nommer les choses sur le plan international, c'est une première barrière.
17:00Nommer, s'organiser, se doter des moyens,
17:04et c'est pour cela, je dis, un grand pacte de souveraineté
17:06qui implique que nous réagissions quand nous sommes agressés sur le plan du numérique,
17:10quand nous sommes agressés par les stable coins,
17:13quand nous voyons la prédation américaine sur le plan de la planète.
17:16– Si dans six mois, il se saisit du Groenland en deux jours,
17:20les Européens doivent faire quoi ?
17:22– Réagir, s'organiser, structurer une réponse à l'échelle internationale,
17:27regarder l'émotion que crée la décision américaine à travers le monde.
17:30Nous ne sommes pas seuls, nous les Européens.
17:31Si l'Europe, avec le bloc des puissances du Sud global,
17:36tous les États qui souhaiteraient voir se développer un certain multilatéralisme,
17:41qui souhaiteraient éviter que ces logiques de puissance
17:44et ces logiques impériales ne se multiplient,
17:47sont susceptibles d'être les alliés de l'Europe.
17:49L'Europe a des alliés.
17:50Le problème, c'est que nous nous trompons de combat.
17:53Comme vous dites, nous sommes saisis par la peur,
17:55et donc nous nous soumettons en pensant que cela va passer.
17:58– Emmanuel Macron se soumet ?
18:00– Emmanuel Macron se soumet,
18:01et quelle est la logique auxquelles nous sommes confrontés ?
18:03Permettez-moi d'aller jusqu'au bout.
18:05Cette logique de soumission et de vassalisation,
18:08elle nous conduit peu à peu,
18:10et c'est là où nous retrouvons un clivage qui était déjà celui de 2003,
18:15quand les États-Unis ont décidé d'intervenir en Irak.
18:17– Dire non aux États-Unis aujourd'hui, vous avez un homme qui a dit non, c'est quoi aujourd'hui ?
18:21– Et quel était l'objectif en 2003 ?
18:23En 2003, l'objectif, c'était d'éviter une bataille structurée par les États-Unis
18:28avec les pays européens, contre l'Irak, contre un autre monde,
18:34et qui engageait les États-Unis dans une véritable bataille de civilisation.
18:39Aujourd'hui, ce qui est derrière la démarche américaine,
18:41c'est une logique de combat d'un monde contre un autre,
18:45c'est-à-dire des États-Unis contre la Chine.
18:47Et la question, c'est de savoir si l'Europe sera une variable d'ajustement dans ce combat,
18:52si l'Europe sera le champ de bataille,
18:55ou si l'Europe sera capable d'être la puissance qui jouera son rôle d'équilibre
19:00et empêchera cet affrontement.
19:02Nous devons donc prendre conscience que nous avons un rôle actif à jouer
19:08pour empêcher ce monde d'arriver.
19:09– Vous décrivez Emmanuel Macron comme aveugle et inconscient dans sa réponse.
19:13– Non, alors, permettez-moi de compléter, parce que Jean-Luc Mélenchon dit…
19:18– Permettez-moi de compléter, parce que ce sont des points importants
19:22et je ne veux pas caricaturer la situation.
19:25Emmanuel Macron a préféré, il a fait un choix,
19:29il a préféré ne pas sur-réagir,
19:32puisqu'il a craint à un moment donné d'irriter Donald Trump,
19:35il a préféré ne pas sur-réagir par rapport à la décision américaine d'intervenir à Caracas,
19:42parce qu'il a le sentiment de devoir mener un combat qui pour lui est plus important,
19:50qui est le combat de l'Ukraine.
19:51Et donc il a choisi, en quelque sorte, sa cible.
19:54Ce qu'il ne comprend pas, ce qui lui échappe,
19:56c'est que l'ensemble de ces sujets sont aujourd'hui liés.
20:01Ne pas réagir à ce qui se passe au Venezuela,
20:03c'est s'affaiblir dans la négociation sur l'Ukraine.
20:07Comme ne pas réagir à ce qui se passait au Proche-Orient,
20:11c'était s'affaiblir dans le combat pour l'Ukraine.
20:14– Sur le… – Sur le…
20:15– La règle qu'il faut éviter à tout prix,
20:18c'est ce qui nous a affaiblis en Ukraine.
20:20Par rapport à ce qui se passait à Gaza,
20:23c'est la loi du deux poids, deux mesures.
20:25Nous ne sommes pas crédibles quand nous ne sommes plus sur nos principes.
20:28Et c'est en cela que nous, Français,
20:30on a une responsabilité historique dans ce qui se déroule aujourd'hui.
20:33On a un rôle unique,
20:35qui est celui d'incarner un combat qui vient de loin,
20:39depuis la Révolution française,
20:40qui est un combat de principes,
20:42de valeurs,
20:43de respect de l'eau,
20:44de valeurs universelles,
20:45d'humanisme.
20:46– Donc votre…
20:47– Cette responsabilité-là est la seule qui puisse nous permettre d'éviter
20:51ce combat de civilisation qui se prépare.
20:54– Monsieur le Premier ministre,
20:54donc votre raisonnement, c'est Emmanuel Macron brade le multilatéralisme à travers sa réaction.
21:00– Il privilégie, il privilégie ce qu'il croit être,
21:03sa capacité à agir sur l'Ukraine avec les Européens.
21:06Et donc, au nom de l'action nécessaire sur l'Ukraine,
21:10il considère comme secondaire ce qui se passe à Caracas,
21:16parce qu'il n'attache pas d'importance aux principes.
21:19Vous savez, il y a, dans le fond, deux types de responsables.
21:23– Mais en même temps, ce qui est important pour nous, Européens, aujourd'hui,
21:27c'est ce qui se passe sur le sol européen,
21:29c'est le soutien à l'Ukraine,
21:32sauver l'Ukraine,
21:33et Emmanuel Macron, dans sa logique,
21:35– Merci de cette question,
21:36parce que je vois bien que dans la classe politique française,
21:39il y a ceux qui se vendent d'être pragmatiques
21:41et de vouloir privilégier l'efficacité.
21:44Dans les deux cas, ils se trompent.
21:46– Pourquoi ?
21:46– Parce que ce n'est pas être pragmatique
21:48que ne rien dire à un empereur décrété
21:52qui agit au Venezuela.
21:54Ce n'est pas être pragmatique.
21:55C'est ne pas voir la nature
21:58de son comportement et de sa politique,
22:01qui, une fois de plus, est marquée par l'illimitisme,
22:04les ressources pétrolières Venezuela,
22:06les ressources en terres rares du Groenland
22:09ou les ressources en Afrique
22:11ou ailleurs en Amérique latine,
22:13tout cela, c'est un même ensemble.
22:15– Comment vous qualifiez de notre homme ?
22:17– Deuxièmement, permettez-moi de dire jusqu'où.
22:20Premier élément d'autre, pragmatisme.
22:22Ce n'est pas être pragmatiste,
22:23c'est être, au contraire, hypocrite, hypocrite
22:29et ne pas voir l'ampleur de la menace qui nous saisit.
22:34Deuxièmement, sur l'efficacité,
22:36nous ne serons pas plus efficaces sur l'Ukraine
22:39en fermant les yeux sur le Venezuela.
22:41Au contraire, nous serons encore moins crédibles.
22:44– Vous voulez dire que…
22:46– Emmanuel Macron croit qu'il ne se passe pas.
22:47– Il a ouvert la boîte de Pondor, Donald Trump.
22:49– Bien sûr, mais Emmanuel Macron…
22:50– Il a donné carte blanche aux empereurs chinois et russes.
22:52– Mais regardons, Emmanuel Macron,
22:54regardons ce qui s'est passé à travers l'Ukraine
22:56et à travers le deal qui a été signé
22:59par Mme von der Leyen à Bruxelles.
23:02L'absence de réaction à l'attitude américaine,
23:06dans les deux cas, a conduit les Européens
23:08à un comportement d'une très grande servilité,
23:12à l'image des bourgeois de Calais.
23:13Ils sont venus comme des élèves dans une classe
23:18autour du bureau ovale devant Donald Trump.
23:23Ils ont accepté l'augmentation des tarifs douaniers
23:29sans réagir.
23:31Ils ne réagissent pas sur le numérique.
23:33Ils croient être courageux en se concentrant
23:36sur certains sujets.
23:37La vérité, c'est que de seuil en seuil,
23:41les États-Unis deviennent irratrapables.
23:43Et la soumission européenne devient encore plus grande.
23:46Donc on ne sera pas plus efficace sur l'Ukraine
23:48en ne revoyant pas ce qui se passe au Venezuela.
23:51Comment vous qualifiez Donald Trump ?
23:53C'est quel type de dirigeant ?
23:56Ça reste un dirigeant démocrate au sens de la démocratie,
23:59c'est un dirigeant autorisé.
24:00Comment vous le qualifiez ?
24:00Donald Trump est à la tête d'un nouvel empire.
24:04Et donc il ne se sent tenu par aucune règle,
24:07par aucun droit.
24:09Il ne respecte aucune parole.
24:11Et c'est l'intérêt des États-Unis,
24:13tel qu'il le conçoit,
24:14qui le guide.
24:15Et c'est en cela que nous sommes dans l'obligation aujourd'hui
24:19de mettre un frein aux appétits de Donald Trump.
24:23C'est en cela que l'Europe a la responsabilité,
24:26ne serait-ce que si elle veut être respectée,
24:29écoutée,
24:30pouvoir agir dans le monde,
24:32de réagir.
24:33Regardez pourquoi M. Poutine,
24:36pourquoi M. Xi Jinping aujourd'hui,
24:38n'éprouve même pas le besoin de parler aux Européens.
24:40Mais parce qu'autant aller parler directement à Donald Trump,
24:43nous sommes en train d'être littéralement effacés
24:47de la scène internationale.
24:49Nous ne comptons plus.
24:51Parce que nous ne défendons pas nos principes,
24:53nos valeurs,
24:54et que nous ne nous dotons pas
24:56des outils de la puissance.
24:58Aujourd'hui, il faut donc réagir
25:01en disant le droit,
25:02en défendant le droit,
25:04en défendant nos valeurs.
25:05Et il faut d'urgence
25:06se mobiliser pour se doter des moyens.
25:08Nous avons réussi à le faire sur l'Ukraine.
25:11On a mobilisé pour 2026-2027
25:1490 milliards d'euros.
25:15Nous avons, vous savez,
25:17nous sous-estimons nos capacités.
25:19Quand je vois par exemple
25:20le côté misérabiliste
25:23de la classe politique française.
25:25Misérabiliste ?
25:26Misérabiliste.
25:27Parlant de la France,
25:28nous sommes un pays riche.
25:30Nous sommes un pays qui est doté.
25:31Nous sommes un pays...
25:32Il y a beaucoup de dettes quand même.
25:33Mais je prends en compte les dettes.
25:36Mais nous sommes un pays
25:37qui a d'énormes possibilités.
25:38Est-ce qu'on ne se fait pas
25:39un peu plaisir en disant ça ?
25:40Non, on ne se fait pas du tout plaisir.
25:41C'est la stricte réalité.
25:43Malheureusement,
25:43regardez l'épargne des Français.
25:4519% de leur budget
25:47qui est aujourd'hui épargné.
25:49Regardez la part de l'épargne européenne
25:51qui va se placer
25:52et investir aux Etats-Unis.
25:54Nous ne mettons pas les moyens
25:55là où il faut.
25:56Pourquoi ?
25:57Parce que la parole politique
25:58ne dit pas aux Français
26:00et aux Européens
26:01quelle est l'urgence.
26:02Nous avons changé de monde.
26:03Nous sommes devant des menaces
26:04existentielles pour l'Europe.
26:06Je le dis bien,
26:08comme l'Ukraine est confrontée
26:09à une menace existentielle,
26:10nous sommes confrontés aujourd'hui
26:11à une menace existentielle.
26:14Si nous voulons que l'Europe existe encore
26:15dans 5 ans ou dans 10 ans,
26:17si nous voulons que la France
26:18ne soit pas balayée
26:19par les forces identitaires
26:20et populistes
26:21et que nous ayons encore
26:22la capacité à vivre libre
26:24dans notre pays,
26:25eh bien, nous devons retrouver
26:27le goût de l'action
26:28et le goût de la vérité
26:30de ce que nous sommes.
26:31car nous sommes en train
26:33de nier
26:33notre propre identité
26:35historique.
26:37Dans ce monde
26:37qui change précisément,
26:38est-ce que les États-Unis
26:39de Donald Trump
26:40à la tête, comme vous dites,
26:41d'un nouvel empire
26:42sont toujours notre allié
26:44ou pas ?
26:45Est-ce qu'il faut que l'Europe
26:46coupe les ponts désormais
26:47avec les États-Unis
26:48ou doit-elle maintenir
26:49ce lien d'allié historique ?
26:51Cela ne servirait à rien
26:53aujourd'hui
26:54de vouloir jeter
26:55le bébé avec l'eau du bain.
26:57Il faut donc être pragmatique.
26:58Si les États-Unis
27:00peuvent encore apporter
27:00une aide à l'Europe
27:01et je pense en particulier
27:02à l'Ukraine
27:03en matière de renseignement,
27:05en matière de livraison
27:05d'armes et de défense aérienne,
27:07soyons pragmatiques
27:07et bien évidemment
27:08continuons à négocier
27:10et à travailler
27:11avec les Américains
27:12comme nous le faisons
27:13avec tous les autres États
27:14du monde.
27:15Donc on condamne
27:16mais ce n'est pas un adversaire.
27:17Mais, mais, mais,
27:19imaginez que nous pouvons
27:21compter sur les Américains.
27:23Alors je crois que nous sommes
27:24dans l'illusion.
27:25Vous savez, le général de Gaulle
27:26concernant le parapluie nucléaire
27:28apporté par les Américains
27:30à l'Europe
27:30a eu des doutes
27:32depuis le début
27:33des années 60.
27:34Il a tout de suite compris
27:35que tout ça
27:36n'avait pas beaucoup
27:37de réalité.
27:38Et bien aujourd'hui,
27:39nous qui sommes bien placés
27:41en France
27:42pour ouvrir les yeux,
27:44regardons les choses en face,
27:45nous ne pouvons plus compter
27:47sur les États-Unis
27:47à moins de nous mettre
27:49sous l'aile américaine
27:51et de devenir
27:52le 51e État
27:53des États-Unis.
27:54Aucun d'entre nous
27:55ne souhaite cela
27:56et pourtant,
27:57c'est le jeu
27:58que fait une partie
27:59importante de notre classe politique
28:00en refusant
28:01de fermer les yeux
28:02et en avançant l'idée
28:04qu'il serait
28:06à la fois
28:07pragmatique
28:09et plus efficace
28:12de choisir
28:13l'alliance
28:14avec les États-Unis
28:14et de fermer les yeux
28:15sur ce qui se passe
28:16sur les États-Unis.
28:16Vous évoquiez, je cite,
28:17la menace identitaire
28:18en France
28:19il y a quelques instants.
28:20Néanmoins,
28:21on a vu que les réactions
28:22par exemple de Marine Le Pen
28:23et Jordan Bardella
28:24au coup de force
28:24de Donald Trump
28:25au Venezuela
28:25ont plutôt été saluées
28:27parce que,
28:28même s'ils ne regrettent pas
28:29le départ de Maduro,
28:30ils disent que le droit international
28:32n'a pas été respecté.
28:33Est-ce que vous,
28:33finalement,
28:34vous saluez cette réaction
28:35de Marine Le Pen
28:35et Jordan Bardella ?
28:36Mais je me réjouis
28:37vis-à-vis
28:39de l'échiquier politique
28:41quand je vois
28:42tous ceux
28:42qui aujourd'hui
28:43rappellent
28:44ce qui est
28:44aujourd'hui une évidence
28:45et qui est une ligne
28:46de protection
28:47pour tout ce que nous sommes,
28:49pour la France
28:50et pour les Européens.
28:50Vous vous retrouvez plus
28:51dans la réaction
28:51de Marine Le Pen
28:52que d'Emmanuel Macron ?
28:53Monsieur Daré,
28:55je sais que c'est un jeu
28:56traditionnel
28:57mais c'est un jeu
28:58traditionnel sur les plateaux.
28:59Je vous ai dit
29:00ce que je pense
29:00de la réaction
29:01d'Emmanuel Macron.
29:02Je ne la crois pas adaptée.
29:03Je crois que le calcul
29:04qu'il fait
29:04de se soumettre
29:06à la décision américaine
29:08au Venezuela
29:09en espérant
29:10pouvoir faire
29:11un meilleur deal
29:11sur l'Ukraine
29:13est une erreur.
29:14Vous savez,
29:15dans une table de jeu,
29:17dans l'esprit
29:18de quelqu'un
29:18comme Donald Trump,
29:19quand on fait un deal,
29:21on évalue
29:21la capacité
29:23du partenaire
29:24à réagir
29:25et à pousser.
29:26Ce n'est pas le cas aujourd'hui.
29:27Sauf que là,
29:27ce n'est pas un jeu.
29:28C'est des centaines
29:30de soldats ukrainiens,
29:31de kréniens
29:32qui meurent chaque jour.
29:34L'armée de Poutine
29:35continue à attaquer
29:36l'Ukraine
29:37régulièrement
29:37et la France
29:39soutient
29:40avec les autres
29:41pays européens
29:42l'Ukraine
29:42et sans leur soutien.
29:43Vous dites exactement
29:43ce que je pense,
29:44mais je ne suis pas sûr
29:45que vous puissiez dire cela
29:46à Donald Trump.
29:47Donald Trump
29:47se moque complètement
29:49de ce qui se passe
29:50en Ukraine.
29:51Il se moque de l'Ukraine
29:52comme il se moque de Gaza.
29:53Il a passé une année
29:54à essayer de trouver
29:56les voies et les moyens.
29:57À rechercher un deal
29:58qui puisse satisfaire
30:00Vladimir Poutine
30:01qui n'en peut pas.
30:03Vous êtes diplomate.
30:04Vous savez très bien
30:05que dans la diplomatie,
30:06à un moment,
30:06il faut discuter.
30:07Bien sûr.
30:08Mais je ne suis pas sûr
30:08que Donald Trump
30:09ait encore compris
30:10la nécessité,
30:11à un moment donné,
30:12d'expliquer à Vladimir Poutine
30:14que l'Ukraine
30:15a fait tous les gestes
30:16de bonne volonté
30:17pour marquer
30:18sa volonté de paix.
30:19puisque, rappelons-le,
30:22Volodymyr Zelensky
30:22a accepté le gel
30:25dans la région du Donbass
30:27et avoir une zone
30:30démilitarisée
30:31entre les deux lignes
30:33de front.
30:34Je crois qu'il y a là
30:34une série de gestes,
30:36des garanties
30:36et c'est pour cela
30:37que nous serions
30:38sur le papier
30:39très près d'un accord
30:40de cessez-le-feu.
30:41Encore faut-il
30:42convaincre Vladimir Poutine.
30:44Et de ce point de vue-là,
30:45tout reste à faire.
30:46Comment faire ?
30:47Tout reste à faire.
30:48Comment faire pour convaincre
30:49Vladimir Poutine ?
30:49Est-ce qu'Emmanuel Macron
30:50doit lui reparler ?
30:52Eh bien,
30:52en tout état de cause,
30:54encore faut-il
30:55que Donald Trump
30:56veuille convaincre
30:57Vladimir Poutine
30:58parce qu'aujourd'hui,
30:58nous voyons bien,
31:00l'Ukraine a fait les gestes,
31:03un accord sur le papier
31:04est possible,
31:06mais Vladimir Poutine
31:07n'a pas changé
31:08d'un iota sa position.
31:09Donald Trump
31:10est complice
31:10de Vladimir Poutine ?
31:12Donald Trump
31:13espère
31:15que la relation
31:16avec la Russie
31:17lui permettra
31:18dans le même esprit
31:19que ce qu'il fait
31:20au Venezuela
31:20ou ce qu'il aimerait faire
31:22au Groenland,
31:23lui permettra
31:23des débouchés
31:24illimités
31:25de gestion
31:27de richesse,
31:28de gestion
31:29de ressources
31:30avec la Russie.
31:31L'objectif
31:32de Donald Trump
31:33à travers l'Ukraine,
31:34ce n'est pas l'Ukraine,
31:35c'est véritablement
31:36la Russie.
31:38Quelle concession
31:39doit accepter l'Europe,
31:41doit accepter l'Ukraine en tout cas ?
31:42Est-ce qu'il faut
31:43qu'elle accepte
31:43de perdre des territoires ?
31:45Donald Trump lui en demande
31:46énormément des concessions,
31:47mais où est la limite ?
31:48Je crois que l'équation
31:50de la négociation
31:51est clairement fixée.
31:54Déjà,
31:54l'Ukraine a accepté
31:55le gel
31:57et
31:58de démilitariser
32:00la zone
32:02entre les deux lignes
32:02de front.
32:03C'est un geste
32:04extrêmement important.
32:05Donc,
32:06je crois que les bases
32:07d'un accord
32:07sont aujourd'hui possibles.
32:08D'un cessez-le-feu,
32:09je le dis bien,
32:09je crois qu'un traité de paix
32:10serait beaucoup trop demandé.
32:13mais les bases
32:14d'un cessez-le-feu
32:15sont possibles.
32:16Une fois de plus,
32:17le seul obstacle,
32:18c'est que jusqu'à maintenant,
32:19nous n'avons pas vu
32:20le moindre
32:22élément
32:22témoignant
32:23de la volonté
32:24de Vladimir Poutine
32:26de négocier.
32:27Le monde bascule
32:27partout, Bruno,
32:29et c'est le cas également,
32:30peut-être en Iran.
32:31En Iran,
32:32Donald Trump
32:33est intervenu
32:33pour dire
32:34qu'il soutenait
32:36les manifestants
32:36et ça a ressemblé
32:39dans sa réaction
32:40à une forme
32:40de mise sous surveillance
32:41du régime
32:42des Mola.
32:45Quel est votre point
32:46de vue sur l'Iran ?
32:47Que faut-il faire
32:47par rapport
32:48à ce régime
32:48qui, une nouvelle fois,
32:50est vivement contesté
32:52par la rue
32:53avec les arrestations
32:55qui vont avec ?
32:57Est-ce qu'on doit
32:57rester passif
32:58ou est-ce que,
32:59finalement,
33:00Donald Trump,
33:01il y a quelques mois,
33:02quand il est intervenu
33:03militairement en Iran,
33:05n'avait finalement
33:06pas fini le travail ?
33:07Il a dit qu'il était
33:08prêt à intervenir,
33:08là, d'ailleurs,
33:09s'il y avait des personnes tuées.
33:10Il l'a redit.
33:11Nous sommes, là encore,
33:12devant un régime
33:13qui n'est pas possible
33:15de soutenir
33:16politiquement
33:17puisque c'est un régime
33:19théocratique
33:20qui a fait connaître
33:23à son peuple
33:24des souffrances
33:24immenses.
33:26Et nous voyons bien,
33:27aujourd'hui,
33:27qu'il y a
33:28plusieurs dimensions
33:29dans la colère
33:30qui s'expriment,
33:30bien sûr,
33:31une dimension
33:32qui s'est exprimée
33:33à partir de la mobilisation
33:35des commerçants,
33:35du bazar,
33:36des étudiants,
33:37mais qui dépasse
33:38de loin
33:38la simple dimension économique,
33:40même si,
33:41il faut savoir,
33:42les femmes,
33:43bien sûr,
33:43il faut savoir
33:44qu'il y a un stress hydrique,
33:45une grande sécheresse
33:46qui frappe l'Iran
33:47et qui est en partie
33:48responsable
33:49de cette mobilisation.
33:50Mais il y a un rejet
33:51très profond du régime.
33:53Face à cela,
33:53quelle est la bonne attitude ?
33:54Est-ce que c'est,
33:55là encore,
33:55l'ingérence,
33:56une intervention
33:57israélo-américaine ?
33:59Je ne le crois pas.
34:01Je crois que
34:01les Iraniens
34:03doivent agir
34:03par eux-mêmes
34:04et je crois
34:05que toute intervention,
34:07toute immiction,
34:07toute ingérence
34:08serait contre-productive.
34:10Il y a un très fort
34:11nationalisme persan,
34:12il y a une très forte
34:13identité persane
34:15et je crois
34:16qu'autant nous devons
34:18apporter notre soutien
34:19au peuple iranien,
34:20autant toute idée
34:21d'immiction
34:22serait contre-productive
34:24et irait à l'encontre
34:26de ce que nous souhaitons.
34:28C'est la libération
34:29du peuple iranien.
34:31Moyennant quoi,
34:32ça fait plus de 35 ans,
34:3336 ans
34:33que ce régime
34:35met à mis
34:36sous coupe réglée
34:37le peuple persan
34:38dont vous venez
34:39de dire
34:40tout le bien qu'on pensait.
34:41Mais,
34:42M. Bruno Jeudy,
34:43tirons les leçons
34:43de l'histoire.
34:44L'histoire se répète.
34:46Nous avons déjà
34:47fait ce rêve
34:48d'une intervention
34:50qui réglerait les problèmes,
34:51d'un régime
34:52qui serait changé
34:52par la force.
34:54Et que s'est-il passé
34:54en Afghanistan ?
34:55Et que s'est-il passé
34:56en Irak ?
34:57Que s'est-il passé
34:58en Libye ?
34:59Que s'est-il passé
35:00au Sahel ?
35:00Exactement l'inverse
35:01de ce que nous souhaitions.
35:03Le chaos,
35:04la misère
35:04et un peu plus
35:07de drame
35:08sur le plan humain
35:09pour ces populations.
35:10Donc,
35:10nous ne pouvons pas
35:11aujourd'hui
35:12faire abstraction
35:13de l'expérience,
35:14de ce qui s'est passé
35:15historiquement
35:16à chaque fois.
35:17Nous devons donc
35:18prendre cette mesure
35:19et agir
35:20avec les yeux ouverts,
35:22avec un esprit
35:23de responsabilité
35:24pour éviter
35:25une nouvelle fois
35:26que le pire
35:27se produise.
35:28Dominique de Villepin,
35:29il est 12h43
35:30sur BFM TV.
35:32L'édition spéciale
35:33se poursuit.
35:33Invité exceptionnel
35:34pour une actualité
35:35exceptionnelle
35:36puisqu'on revoit
35:37ces images
35:37effectivement du président
35:38Maduro
35:39qui est arrivé
35:40cette nuit aux Etats-Unis.
35:41On le voit ici
35:41dans le couloir
35:43de la DEA.
35:44Le président Maduro
35:46qui a donc
35:46été inculpé
35:48et qui va être inculpé
35:50à New York
35:50qui est incarcéré.
35:51On le voit ici
35:52à bord
35:52du navire américain
35:54qu'il a ramené
35:55vers les Etats-Unis.
35:56Opération incroyable
35:57effectivement
35:57qui a été décrite
35:58dans le détail
35:59hier par Donald Trump
36:00et par tout son entourage.
36:02On vous sent
36:03extrêmement combattif
36:04sur le plan international
36:04sur le plan français.
36:05Vous le disiez
36:06tout est lié.
36:07Vous êtes engagé.
36:08Vous avez créé
36:09un mouvement
36:09la France humaniste
36:10Dominique de Villepin.
36:12Vous avez envie
36:12de le porter ça.
36:13Est-ce que 2026
36:14ce sera l'année
36:15de votre candidature
36:16à la future élection présidentielle ?
36:182026
36:19malheureusement
36:20et contrairement
36:21au vœu du président
36:22de la République
36:22a de fortes chances
36:23de ne pas être
36:24une année d'action
36:25et une année
36:26de décision
36:27pour la France
36:27alors que nous aurions besoin
36:29d'être mobilisés
36:30sur tous ces fronts
36:31pour agir
36:31et ne l'oublions pas
36:33la situation
36:34de nos compatriotes
36:35le pouvoir d'achat
36:36le nombre de problèmes
36:39non réglés
36:40dans notre pays
36:41mais l'enjeu
36:42de 2027
36:43sera un enjeu
36:44majeur
36:44un enjeu historique
36:45comme on en a rarement eu
36:47parce que
36:47c'est toute la question
36:49de la démocratie
36:50qui sera
36:51mise en avant.
36:53c'est la question
36:54du maintien
36:55de la France
36:56comme démocratie
36:57c'est la question
36:58de la défense
36:59de la souveraineté française
37:00et de la souveraineté
37:01européenne
37:02menacée
37:03par ces nouveaux empires
37:05menacée par des forces
37:06je le redis
37:07qui sont à la fois
37:08oligarchiques
37:09et identitaires
37:10qui servent
37:11de point d'appui
37:11dans ce combat
37:12et qui ont donc
37:13des relais
37:13sur le plan politique
37:14dans un pays
37:15comme le nôtre
37:16et cette défense
37:18de la démocratie
37:19c'est un combat
37:21terrible
37:22parce qu'il faut
37:23être capable
37:24dans le même temps
37:25de répondre
37:26aux problèmes
37:27des français
37:28de répondre
37:28aux aspirations
37:29des français
37:29or
37:30l'un des drames
37:31de notre pays
37:31depuis des années
37:32j'ai quitté la politique
37:34en 2007
37:35en quittant Matignon
37:36je constate
37:38l'effondrement
37:39de l'état
37:39or
37:40tous les problèmes
37:42auxquels nous sommes
37:43confrontés
37:43supposent un état
37:45fort
37:45supposent une capacité
37:47à remettre en marche
37:48des politiques publiques
37:49concernant l'hôpital
37:50concernant l'école
37:51concernant l'écologie
37:52alors que l'on voit
37:53une régression
37:54dans le domaine écologique
37:55sur tous ces sujets
37:56il faut
37:57bien sûr
37:59et sur tous les sujets
38:01la sécurité
38:02l'immigration
38:03regardez comme aujourd'hui
38:04nous nous divisons
38:06sur ces questions
38:07avec d'un côté
38:07ceux qui pensent
38:08qu'il suffit
38:09de tourner le bouton
38:10sécuritaire
38:11autoritaire
38:12pour régler les problèmes
38:13alors que
38:14une immigration maîtrisée
38:15ça suppose
38:16un état fort
38:17un état capable
38:18de se faire respecter
38:19un état capable
38:20de faire des choix
38:21c'est tout cela
38:22qui aujourd'hui
38:23demande d'être reconstruit
38:25est-ce que vous serez
38:26candidat à l'élection
38:27présidentielle
38:27oui ou non ?
38:28je l'ai dit
38:29à de plusieurs reprises
38:30je suis engagé
38:31je serai aux avant-postes
38:32de ce combat
38:33la France humaniste
38:34je l'ai créée
38:35pour participer
38:36à cette échéance
38:37les municipales
38:38seront à un moment
38:39très important
38:40parce que
38:40ce sera l'occasion
38:41de discuter
38:42des enjeux
38:44comme ceux
38:44des services publics
38:45de proximité
38:46le bon équilibre
38:48des pouvoirs
38:50entre Paris
38:50et
38:51donc vous serez
38:52candidat
38:53je le dirai
38:54le moment venu
38:55nous ne sommes pas
38:56dans ce combat-là
38:56voyez les sujets
38:57que nous avons évoqué
38:58ce n'est pas le moment
38:59d'en parler
38:59mais manifestement
39:01c'est un combat
39:02qui suppose
39:03une capacité
39:04aujourd'hui
39:05à remettre en marche
39:07notre état
39:08et à mettre en avant
39:09de l'expérience
39:10vous savez
39:11je ne sais pas
39:14si vous prenez
39:14l'avion
39:15de temps en temps
39:15ça arrive
39:15est-ce que vous monteriez
39:18dans un avion
39:19vous avec vos enfants
39:21qui seraient pilotés
39:24pour un vol de 5 ans
39:25sans escale
39:26par quelqu'un
39:29qui a 0 heure
39:31de vol
39:31à son compteur
39:33vous parlez de Jordan Bardella
39:34pas uniquement
39:35et justement
39:36Jordan Bardella
39:36Nicolas Sarkozy
39:38que vous connaissez
39:39vous connaissez bien
39:39il a été votre
39:40votre ministre
39:41c'était à l'époque
39:42vous faisiez de la politique
39:43lui
39:44il compare
39:45il estime
39:46que Jordan Bardella
39:47il n'a peut-être pas
39:48l'expérience
39:48mais que c'est un
39:49Jacques Chirac
39:50ça vous dit quelque chose
39:52il compare
39:52Jordan Bardella
39:53au fond il dit
39:54c'est un jeune
39:55qui ressemble
39:57à ce que je
39:57quand je l'ai rencontré
39:58Jordan Bardella
39:59m'a fait penser
39:59au RPR du temps
40:00Chirac
40:01son discours
40:01n'est pas très différent
40:02d'une autre à l'époque
40:03exactement
40:03qu'est-ce que ça vous inspire
40:05vous êtes d'accord
40:05avec cette formulation
40:06je reste perplexe
40:09car en effet
40:10j'ai connu
40:12le RPR
40:13l'UMP
40:13de la grande époque
40:15et j'ai bien connu
40:17Jacques Chirac
40:17j'ai occupé
40:18le bureau voisin
40:19pendant 7 ans
40:19et j'ai travaillé
40:20avec lui
40:20pendant 25 ans
40:23Jacques Chirac
40:25a mené un combat
40:25toute sa vie
40:26sans faiblir
40:28contre l'extrême droite
40:30contre l'interlérance
40:32contre la xénophobie
40:33contre l'antisémitisme
40:35et il serait comparé
40:38à quelqu'un
40:39qui a pour idole
40:42ou a eu pour idole
40:43Jean-Marie Le Pen
40:44condamné pour un jurat racial
40:45à plusieurs reprises
40:46condamné pour antisémitisme
40:47vous voyez
40:48un des drames de l'époque
40:50c'est la confusion
40:51la confusion des esprits
40:53comment voulez-vous
40:54quand vous commettez
40:55de telles confusions
40:56regarder le monde
40:57avec lucidité
40:58regarder le monde
40:59avec la capacité d'agir
41:01aujourd'hui
41:03regarder le monde
41:04lucidement
41:05c'est le préalable
41:07indispensable
41:07si on veut
41:08offrir aux français
41:10un nouvel horizon
41:10les français
41:11s'ils sont malheureux
41:12c'est parce qu'il y a
41:13un dérèglement du temps
41:14nous avons le sentiment
41:16aujourd'hui
41:16de ne plus avoir d'avenir
41:17nous avons le sentiment
41:19que tout devient flou
41:20de douter
41:20cet avenir
41:22nous ne le voyons pas
41:23pour nous
41:23et nous ne le voyons pas
41:24pour nos enfants
41:25et de la même façon
41:25le passé devient
41:27un passé fiévreux
41:28nous n'arrivons pas
41:29à digérer
41:29la décolonisation
41:30nous restons
41:31dans des combats
41:31très anciens
41:32regardons à la question
41:34est-ce que
41:35la décolonisation
41:36a été marquée par des crimes
41:37un certain nombre
41:38de responsables politiques
41:39considèrent que non
41:40c'est dit à quel point
41:42confusion
41:43confusion
41:44et en même temps
41:44Jean-Dade Bardella
41:45comme Marine Le Pen
41:46c'est 35%
41:47dans les sondages
41:47c'est énorme
41:49et pourquoi
41:49et pourquoi
41:50tout simplement
41:51parce que
41:52aujourd'hui
41:53les français
41:53ne voient pas
41:54d'alternative
41:55ils ne voient pas
41:55de voix
41:56ils ne voient pas
41:57d'expérience
41:58capable
41:58aujourd'hui
41:59d'offrir
41:59une réponse
42:01et surtout
42:01ils ne sont pas
42:03dans l'élection
42:03présidentielle
42:04ils ne se sont pas
42:05posé la question
42:06est-ce que vous monteriez
42:08dans un A380
42:09avec à sa tête
42:11un pilote
42:12qui aurait
42:13zéro
42:14heure de vol
42:15au compteur
42:16zéro
42:17heure de vol
42:18au compteur
42:18ça ne veut pas dire
42:20et je refuse
42:21ceux qui font
42:21un procès
42:22en compétence
42:23à Jordan Bardella
42:24ou à tout autre candidat
42:26la question
42:26elle n'est pas seulement
42:27de compétence
42:28elle est surtout
42:29d'expérience
42:30alors me dira-t-on
42:31les français
42:31à juste titre
42:32peuvent penser
42:33que Emmanuel Macron
42:35avait de l'expérience
42:35François Hollande
42:36avait de l'expérience
42:37et pourtant
42:37les résultats
42:38n'ont pas été
42:39au rendez-vous
42:40et bien c'est là
42:41où il faut
42:41être capable
42:42de différencier
42:43les responsables politiques
42:44il y a des responsables
42:45politiques
42:45qui n'apprennent pas
42:46et malheureusement
42:47la marque de fabrique
42:48d'Emmanuel Macron
42:49tout au long
42:50des presque 10 ans
42:52c'est qu'il n'a jamais
42:53été capable
42:53de tirer des leçons
42:55de ses erreurs
42:56or avec le temps
42:57et vous vous avez tiré
42:58des leçons de vos erreurs
42:59avec le temps
43:00on se bonifie
43:01et moi j'ai essayé
43:02de le faire
43:02j'ai essayé de le faire
43:03parce que d'abord
43:0418 ans d'éloignement
43:06de ce qui fait
43:07votre vocation
43:08servir
43:08servir la France
43:09servir les français
43:10ça vous rend humble
43:11ça vous rend humble
43:13ce qui ne veut pas dire
43:14qu'on devienne
43:15modeste pour la France
43:16et pour les français
43:16parce que je fais partie
43:18de ceux qui pensent
43:18que la France a un destin
43:20que les français
43:21ont un rôle à jouer
43:22dans le monde
43:22et aujourd'hui
43:23nous le voyons bien
43:24il n'y a plus de frontière
43:25entre le national
43:27et l'international
43:27c'est une seule et même chose
43:29le combat que nous menons
43:31en France
43:31pour redresser la France
43:32il est indispensable
43:34pour pouvoir peser
43:36dans le monde
43:36on dit toujours
43:37retrouver un destin
43:37retrouver une histoire
43:39c'est tout simplement
43:40la garantie
43:41que nous allons pouvoir
43:42rester nous-mêmes
43:44dans un pays libre
43:45dans un pays
43:46qui fera respecter
43:48le droit pour tous
43:48dans un pays
43:49qui sera fidèle
43:50à ses valeurs
43:51des valeurs universelles
43:52et humanistes
43:53c'est ça la France
43:54c'est la France
43:55auquel j'aspire
43:57il faut un âge minimum
43:58pour être président
43:58de la République
43:59mais certainement pas
44:00hier
44:01vous parliez de l'expérience
44:02certainement pas
44:03certainement pas
44:04l'expérience
44:04elle peut s'acquérir
44:05rapidement
44:06à condition
44:07de ne pas se tromper
44:08de combat
44:09si l'expérience
44:10c'est se regarder
44:10dans un miroir
44:12dans un exercice
44:13de communication
44:13avec des effets de manche
44:14et de style
44:15alors oui
44:16on n'apprend pas
44:17mais si l'expérience
44:18c'est se coltiner
44:19avec le terrain
44:19avec les dures réalités
44:21les rugueuses réalités
44:23alors oui
44:23on apprend
44:24et c'est pour cela
44:25que hier
44:26j'ai servi
44:27Jacques Chirac
44:28qui m'a appelé
44:29au gouvernement
44:30pour diriger
44:31le gouvernement
44:32de notre pays
44:33et bien aujourd'hui
44:34je le redis
44:35vous me posez la question
44:35pour 2027
44:36oui
44:37j'entends
44:38avec la France humaniste
44:39être présent
44:40pour ce grand combat
44:42et vous savez
44:43il y a quelque chose
44:44aujourd'hui
44:44qui n'apparaît pas
44:45à ceux qui scrutent
44:46la politique au quotidien
44:47les municipales
44:49vont être une rupture
44:50fondamentale
44:51dans la politique française
44:52parce que tout à coup
44:53le centre droit
44:55le centre gauche
44:56le centre
44:56vont voir s'affaisser
44:58toutes les promesses
45:00toutes les illusions
45:01auxquelles ils sont
45:01aujourd'hui attachés
45:02et donc
45:03il va y avoir
45:04une redistribution
45:05des rôles
45:06il va y avoir
45:07des choix à faire
45:08et c'est pour cela
45:09que le
45:09vous pensez que ça va être
45:09un bouleversement
45:10les municipales
45:11un bouleversement
45:11les maires en place
45:13vont être battus
45:14alors que les gens
45:14qui ont une élection locale
45:15non je ne parle pas
45:16de ce point de vue
45:17je dis ça va être
45:18un bouleversement
45:19pour les partis politiques
45:21qui vont
45:21parce que bien évidemment
45:23ils sont soucieux
45:24de préserver leur place
45:25à chaque élection
45:26ils vont constater
45:27que leur force
45:29leur capacité
45:30à parler au pays
45:30et bien
45:31n'est plus aussi forte
45:33que par le passé
45:33Dominique de Villepin
45:34le président
45:34et c'est pour cela
45:36qu'à partir
45:37des municipales
45:38c'est un chemin
45:39de convergence
45:40que j'entends mettre en oeuvre
45:41convergence
45:42de toutes les forces
45:44démocratiques
45:45sociales
45:45économiques
45:46écologiques
45:47parce que c'est un combat
45:48qu'ils ne peuvent pas
45:48laisser au placard
45:49vous êtes un peu
45:50un homme seul
45:50pour l'instant
45:51la France humaniste
45:52c'est un parti récent
45:53c'est pas un parti de marge
45:56quand je vois
45:56vous avez connu
45:57l'RT
45:57l'UMP
45:58des centaines de milliers
45:59d'adhérents
46:00on n'en est pas là
46:01mais voyez la situation
46:02des partis politiques
46:03quels sont les partis politiques
46:04qui affichent des centaines
46:05de milliers d'adhérents
46:06Monsieur Jeudy
46:06quels sont les partis politiques
46:08les républicains
46:09vous aurez un peu plus de 100 000
46:10Dominique de Villepin
46:11nous on est en train
46:13de marcher vers 60 000
46:14le président en 2027
46:14qui va rentrer
46:15et beaucoup de jeunes
46:17donc les choses
46:18les choses avancent
46:20et croyez-moi
46:21le mouvement
46:22et l'enthousiasme
46:23le président qui va entrer
46:24à l'Elysée en 2027
46:25est-ce que finalement
46:27les principaux concurrents
46:28face à lui
46:29dans la présidentielle
46:29ce ne sera pas
46:30plutôt Donald Trump
46:31Poutine
46:31Xi Jinping
46:31ça va être ça
46:32le débat aussi
46:33de la présidentielle
46:33en quelques mots
46:34le président
46:35ou la présidente
46:37qui en 2027
46:38prendra
46:39l'immense responsabilité
46:41de la France
46:43devra être capable
46:44de jouer dans la cour des grands
46:45et jouer dans la cour des grands
46:47ça veut dire
46:47être capable
46:48de défendre
46:49non seulement
46:50les intérêts de la France
46:51mais de défendre
46:52la vision de la France
46:53les idéaux de la France
46:55dans un monde
46:56en profond bouleversement
46:58profondément marqué
46:59par des douleurs immenses
47:01et la France doit être capable
47:02d'apporter des réponses
47:03Merci beaucoup
47:04Monsieur le Premier ministre
47:05on vous accueillera
47:05pour votre déclaration
47:06de candidature
47:06ce ne sera pas tout de suite
47:07mais on sent que vous en avez envie
47:09et vous en avez envie