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Transcription
00:00Et la Suisse a demandé, vous l'avez entendu, à plusieurs pays de les aider, d'accueillir des blessés, notamment une cinquantaine d'entre eux ont été transférés ou vont l'être prochainement dans des pays européens.
00:11Le lieutenant-colonel Frédéric Harraud est avec nous. Bonsoir.
00:14Bonsoir.
00:14Vous êtes porte-parole de la sécurité civile. Est-ce que vous pourriez tout d'abord nous parler de comment s'organise la collaboration entre la France et la Suisse à la suite de cet incident ?
00:24Écoutez, cette collaboration, elle est très proche depuis le début de la crise où les autorités françaises sont en contact avec les autorités suisses pour leur offrir des places d'hôpital.
00:33Je rappelle que ce type de pathologie avec des brûlures graves sont très, très lourdes à prendre en charge.
00:38Et finalement, nos pays ont de quoi répondre à nos problématiques du quotidien. On doit avoir une cinquantaine de lits à même de pouvoir prendre en charge ce type de brûlure-là.
00:46Et là, on voit que ça peut être des centaines de personnes et aucun pays n'est dimensionné pour pouvoir faire face à cela.
00:52Et donc, ça veut dire que d'emblée, il y a de toute façon une nécessité de coopération internationale.
00:58Et donc, dès le début, la France a offert des places d'hôpital pour accueillir ces blessés-là.
01:03À ce stade, combien de blessés sont accueillis en France ?
01:06Alors, les chiffres donnés, on part sur une cinquantaine d'ici demain.
01:10En France ?
01:11Non, enfin, pardon, une cinquantaine au total qui vont être dans les pays.
01:14Pour la France, il y en a déjà qui sont arrivés dans les hôpitaux de Lyon et d'autres hôpitaux en région parisienne.
01:19Et d'autres vont encore arriver demain.
01:21On a envoyé une burn assessment team, donc une équipe qui est partie là-bas,
01:26avec des médecins français et un pompier français pour aller au plus près des victimes,
01:30voir en fonction des pathologies et des spécialités que nous avons nous,
01:35quels sont ceux que nous serions plus à même de pouvoir traiter efficacement.
01:39Et puis, on passe par le mécanisme de protection civile de l'Union européenne,
01:42qui nous offre une logistique, notamment de transport et de coordination
01:46pour évacuer ces victimes-là en hélicoptère, en avion,
01:50et avec tout ce qu'on imagine de lourdeur technique pour leur offrir les meilleurs soins.
01:54Ce sont clairement des blessures liées à l'incendie.
01:59Donc, ce sont des grands brûlés essentiellement qui sont arrivés en France ?
02:02Principalement. En fait, sur ce type d'événement-là, on va avoir évidemment des brûlures.
02:07On a vu ce feu qui se propage très, très vite
02:08et qui va très rapidement brûler, irradier les gens qui sont en train de s'enfuir.
02:13On va voir quelques blessés liés à l'évacuation,
02:16qui vont être piétinés, qui vont être coincés
02:18et qui auront de toute façon des brûlures aussi.
02:21Donc, effectivement, la chose la plus primordiale à ce stade
02:24reste des brûlures à traiter.
02:27Les 48 premières heures sont essentielles.
02:30Ces grands brûlés doivent recevoir des traitements lourds et spécifiques
02:33dans les 48 premières heures.
02:34Et donc, il y a vraiment une course contre la monde pour ça.
02:36On sait qu'il y a une quinzaine de Français qui ont été blessés.
02:39Est-ce que vous avez d'autres chiffres à nous communiquer ?
02:42Et sur leur état, notamment, est-ce que la France est allée aux informations auprès des Français ?
02:48Alors, évidemment, notre ministère des Affaires européennes et internationales
02:52est en contact très proche avec les autorités suisses
02:55pour suivre justement les Français qui potentiellement s'y trouveraient.
02:59Ce seront des personnes qui pourront potentiellement venir en France,
03:02évidemment, pour être accueillies au plus proche de leur famille.
03:04Je n'ai pas les chiffres exacts parce qu'ils évoluent de heure en heure.
03:07Et puis, on a bien vu la prudence des autorités suisses
03:09à communiquer sur les chiffres et sur les identités des victimes.
03:13Un mot, votre regard d'experts en sécurité maintenant
03:16sur ce qui s'est passé exactement.
03:17Quels ont été les manquements ?
03:19Alors, les manquements, c'est la justice qui les donnera.
03:22Maintenant, il y a des choses qui sont effectivement déjà très visibles,
03:24notamment sur les vidéos.
03:26D'abord, ça nous ramène à d'autres événements qu'on a connus, nous, en France.
03:28Je pense au coup balibré en 2016 et un événement beaucoup plus ancien
03:31qui est le dancing le 5-7 en 1970, 146 morts.
03:36Sur un scénario qui est à peu près le même, un départ de feu
03:39qui se propage sur des éléments en mousse, des éléments très combustibles
03:43et puis une évacuation qui rapidement bouche
03:45et des personnes qui s'entassent les unes sur les autres
03:47avec un feu qui les rattrape.
03:49On est sur un scénario qui, malheureusement, est classique.
03:51Une fois par an dans le monde, on va avoir ce type de feu-là
03:55et qui, malheureusement, est dû à notre société,
03:58notre société qui va avoir des fêtes avec des flammes,
04:02avec des bougies, avec des feux de Bengale, comme on a vu là,
04:04et puis des matériaux qui, potentiellement, sont combustibles.
04:07Alors aujourd'hui, on a tiré des enseignements
04:09de ces événements qu'on a connus.
04:10On a créé des lois, des textes réglementaires.
04:13On fait des contrôles périodiques.
04:15Ils sont toujours autorisés, ces feux de Bengale, en France, par exemple,
04:18dans les pièces fermées ?
04:20Dans les pièces fermées, oui,
04:22mais dans des établissements recevant du public,
04:25notamment pour des événements festifs
04:27et des boîtes de nuit ou discothèques,
04:30on ne doit pas avoir ce type de feu-là.
04:32Et puis, on doit avoir sur les murs des matériaux
04:34qui sont ce qu'on appelle M1,
04:36qui ont une résistance très forte à la combustion,
04:38qui ne doit pas prendre feu dès lors qu'ils y sont exposés.
04:41Maintenant, il peut y avoir des manquements, effectivement,
04:44à ces règles-là.
04:46Et puis, on peut aussi avoir des événements qui sont ponctuels,
04:50avec des décorations qui sont rajoutées le moment venu,
04:52et qui vont rajouter une charge calorifique.
04:54Pour la Suisse, l'approche est un petit peu différente.
04:57On est un peu plus sur un droit souple,
04:58où on va engager la responsabilité, finalement, du tenancier,
05:02qui va devoir, lui, prouver qu'il a bien pris toutes les dispositions
05:06pour assurer la sécurité des gens qui y étaient.
05:09Et donc, c'est le travail de la police suisse, aujourd'hui,
05:12de faire la lumière sur tout ça.
05:13Il y a une première réaction du propriétaire du Constellation,
05:16justement, très brève, dans la tribune de Genève,
05:19qui dit « Nous avons été contrôlés trois fois en dix ans.
05:22Tout s'est fait dans les normes. »
05:25C'est crédible ?
05:27Ça, il devra en répondre devant la justice, très clairement.
05:33Ce qui va, aujourd'hui, être vraiment scruté par les policiers,
05:37c'est d'abord l'origine du départ de feu,
05:38donc ce feu de Bengale qui fait assez peu de doute, aujourd'hui,
05:41qui s'est propagé à cette mousse qui était au plafond.
05:44Donc, cette mousse, sûrement dans un but d'insonorisation.
05:47On voit que c'était un dancing, finalement,
05:49qui était sous un immeuble d'habitation.
05:50Donc, on imagine, aujourd'hui, en France,
05:54avec notre système réglementaire,
05:56il serait illusoire d'avoir une telle installation dans une discothèque.
06:01Et les normes sont différentes en Suisse, c'est bien ça ?
06:03Les normes sont évidemment différentes en Suisse.
06:06Et puis, on a ces degrés de résistance au feu des matériaux
06:09qui sont un point essentiel dans cette affaire.
06:13Merci, merci beaucoup d'avoir été notre invité,
06:15lieutenant-colonel Frédéric Harraud.
06:17Merci, merci beaucoup d'avoir regardé cette vidéo !
06:20Merci, merci beaucoup d'avoir regardé cette vidéo !
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