- il y a 6 jours
DB - 02-01-2026
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00:00:00Musique
00:00:28Musique
00:00:29Et ce n'est pas la seule opinion du vieil homme ému qui vous parle.
00:00:34Si nous fêtons aujourd'hui notre ami José Stefano Poulos,
00:00:38c'est que quelques centaines de milliers de lecteurs depuis 25 années
00:00:42lui témoignent la même aveugle confiance.
00:00:47Applaudissements
00:00:48Dans notre merveilleux pays, messieurs, tout est possible.
00:00:53Mais en fait il veut venir banquier, industriel, saletabon, professeur, champion du monde de toutes catégories,
00:01:01et même journaliste.
00:01:05Applaudissements
00:01:07Oh là là là là là !
00:01:15Mais ici, comme partout d'ailleurs, on ne devient pas un grand journaliste.
00:01:25On l'est !
00:01:27Dorace, c'est dans le sang !
00:01:29On peut devenir cul-de-jatte, Lewis, asthmatique, opiumane.
00:01:38Les grands journalistes, on ne le devient pas, c'est dans les globules.
00:01:42Alors toi et moi, c'est couru d'avance. Qu'est-ce qu'on sera dans 25 ans ?
00:01:45Continue, tu m'intéresses.
00:01:47Deux petits journalistes.
00:01:49Pourquoi tu ne viens pas avec nous ?
00:01:51Pour la même raison, tout à fait foutre le camp.
00:01:5450 bonshommes dans la même pièce s'affûtent.
00:01:57Je suis chargé d'un boulot important à surveiller l'enregistrement des discours
00:02:00et les livrer demain à la consommation publique
00:02:02après avoir rectifié quelques erreurs de style.
00:02:05On va retourner là-bas, tu vas perdre le meilleur.
00:02:07Oh, ça ne m'intéresse pas.
00:02:09Moi, si.
00:02:11Quel meilleur exemple que le bourse aujourd'hui, Stéphano Foulourouz.
00:02:16Oui, libre, fils, de notre libre amérique.
00:02:19Dont la lente ascension n'est du qu'au seul courage,
00:02:23oui, au seul désir violent et presque sensuel
00:02:26de promener à coup de bras cette fille superbe et nue, l'actualité.
00:02:34Rien ne doit arrêter le bon journaliste.
00:02:37Rien ni personne.
00:02:39Non, ce qui compte, c'est l'information.
00:02:44Comme elle demeure percutante,
00:02:46ces citations extraites de notre âge.
00:02:49Mère Joseph.
00:02:50Son œuvre.
00:02:51Regardez, garçon.
00:02:54Regardez, notre José.
00:02:56Mais ce qu'il est devenu,
00:02:58ce jeune homme au poil blanc,
00:03:00oui, cette adolescence exagénaire,
00:03:04il le doit au plus beau métier du monde.
00:03:08Le vôtre.
00:03:09Bravo !
00:03:10Bravo !
00:03:11N'oubliez ni son exemple, ni sa devise.
00:03:19Il vaut mieux être le premier à se tromper
00:03:21que le second.
00:03:30Laisse tomber !
00:03:31Tâche plutôt de me prouver une bouteille de bière.
00:03:34La seule chose qui m'emmerde plus qu'un discours,
00:03:35c'est un téléphone qui est un fils.
00:03:36Oui, ben, il se fatiguera avant nous.
00:03:38Tu paris que c'est une fille ?
00:03:39Alors là, ça change tout.
00:03:41Je te la joue à pile ou face.
00:03:42Pas question.
00:03:43Bonjour, beauté.
00:03:51Lewis.
00:03:52Mais si vous me connaissez, Lewis Burns,
00:03:54le seul beau gars de se fout du journal.
00:03:56Et vous, je devine très bien.
00:03:58Vous êtes la petite blonde du standard.
00:04:00Non ?
00:04:01Alors si vous n'êtes pas la petite blonde,
00:04:02vous êtes cette brune merveilleuse qui me fait penser...
00:04:04Mais regarde, il y a aussi une roquine.
00:04:06T'as raison, c'est la roquine.
00:04:08Et qu'est-ce que vous voulez ?
00:04:10Oui.
00:04:11Qu'est-ce qu'il veut, ce type ?
00:04:13Vous ne savez pas ?
00:04:14Eh ben, dites-lui de rappeler plus tard.
00:04:17Ah.
00:04:18Et alors ?
00:04:21Surtout s'il insiste.
00:04:24Oui.
00:04:25Bon, bon, bon, bon, bon, bon, bon, bon, bon,
00:04:28passez-le moi !
00:04:29Tu sais qu'elle a un seul caractère ?
00:04:30Elle a du caractère, comme toutes les roquines.
00:04:32Ça n'a rien à voir avec un seul caractère.
00:04:34Allô, Los Angeles Chronicles, je vous écoute.
00:04:38À qui désirez-vous parler personnellement ?
00:04:41Monsieur Stéphano Poulos ?
00:04:44José Stéphano Poulos ?
00:04:46Ah ben, ça tombe bien.
00:04:48Il est justement devant moi.
00:04:49Oui, on se fait des signes.
00:04:52Il me dit qu'il n'y a rien à faire pour le moment, qu'il est occupé et qu'il voudrait bien que je raccroche.
00:04:56Parce qu'il doit appeler la Maison Blanche.
00:04:57Vous avez tort de le prendre sur ce ton-là.
00:05:02Parce que n'importe comment, pour parler personnellement à Stéphano Poulos, il ne suffit pas de décrocher son téléphone, vous savez.
00:05:07Il faut écrire 15 jours à l'avance et quand je...
00:05:09Attention, c'est peut-être une huile.
00:05:11Qui est à l'appareil ?
00:05:13Oui, je demande qui est à l'appareil.
00:05:17Mais si ça a de l'importance.
00:05:18Si vous ne voulez pas répondre, je raccroche.
00:05:22Et si je raccroche, c'est forcément important pour la suite de votre communication.
00:05:27Monsieur Smith, vous blaguez ou quoi ?
00:05:31John Smith, et vous êtes un ami de José.
00:05:34Alors là, c'est loupé.
00:05:36Eh oui, il n'a pas d'amis.
00:05:38Non, il a un journal, des lecteurs, six bagnoles, deux maîtresses, une bonne demi-douzaine de dents en or et pas mal de créanciers, mais des amis zéros.
00:05:46Pas un, ça se saurait.
00:05:49C'est Jupiter, si vous voyez ce que je veux dire.
00:05:52Pire que ça.
00:05:53L'Everest, le Nombril et le Toi du Monde.
00:05:59Mais bon Dieu, si vous étiez même la moins importante de ces relations, vous sauriez qu'aujourd'hui on fait son jubilé.
00:06:04Vous avez une idée de ce que ça représente pour lui ?
00:06:07Tout le monde est là.
00:06:08La banque, la politique, l'armée, le cinéma, tout.
00:06:10Y compris le gouverneur de l'État et quatre chaînes de télévision.
00:06:13Et lui, il est au milieu de tout ça.
00:06:14Il n'a qu'à cligner de l'œil, ils applaudissent.
00:06:16Passe-le-moi.
00:06:17Et vous voudriez que j'aille le tirer par la manche pour lui annoncer que son fameux ami John Smith le demande à l'appareil ?
00:06:22C'est important, je vous jure que c'est important.
00:06:23Mais c'est toujours important !
00:06:25Allez le chercher, vous n'avez pas le droit de m'empêcher, je vais vous expliquer.
00:06:28Bon ben alors ça je pouvais le faire moi-même.
00:06:30C'est ce que je me demandais plus à nuire.
00:06:32Si tu savais raccrocher, on est des raseurs.
00:06:33Je sais.
00:06:34Mais j'attendais le bon moment.
00:06:36Ah mais c'était le bon moment.
00:06:38Juste avant qu'il te raconte sa vie.
00:06:39Salut.
00:06:42Qu'est-ce que c'est à ton avis ?
00:06:44Un tapeur ?
00:06:46Pas forcément pour du fric.
00:06:47Une place, une médaille, un article.
00:06:49Tous les mêmes, des tapeurs.
00:06:51Ah bah, ils se trompent de numéro.
00:06:53T'as raison.
00:06:56Seulement on ne peut pas leur reprocher d'essayer.
00:06:57Tiens, prends le paquet et il y trouvera toujours les mêmes mots.
00:07:03Solidarité humaine, générosité, loyauté et tout le Bataclan.
00:07:08L'évangile selon José.
00:07:10Il y croit peut-être ?
00:07:12Oui, peut-être.
00:07:14En tout cas, je donnerais bien cinq ans de ma vie pour devenir ce qu'il est devenu.
00:07:18Et lui donnerais le triple pour revenir où tu en es.
00:07:21Lui ?
00:07:22À ton âge, il avait encore le nez propre.
00:07:25Qu'est-ce que tu lui reproches ?
00:07:27Quand il est arrivé ici, c'était tout juste un petit grec avec un accent du tonnerre de Dieu.
00:07:32Qui livrait les journaux à domicile et qui payait son loyer avec six mois de retard.
00:07:38Il est devenu un pacha, c'est tout.
00:07:42Tu l'aimes pas, hein ?
00:07:45J'ai un roulement soif.
00:07:48Tu devrais me trouver une bouteille de bière, tu serais gentil.
00:07:53Ah non, il va pas remettre ça.
00:07:54Ah, je t'ai dit qu'il se fatiguera avant nous.
00:07:56Mais bon, en attendant, il nous l'est, hein.
00:07:57Alors ça, et la roulette du dentiste ?
00:08:13Je me donne l'air.
00:08:14Pas du tout, j'en ai trop.
00:08:16Alors laisse-le-moi.
00:08:18Et prends-en de la grème.
00:08:21Allô, Buster Conan, j'écoute.
00:08:22J'écoute.
00:08:24J'écoute.
00:08:26Mais non, mademoiselle, je ne crie pas.
00:08:28Seulement, je vous entends mal, c'est plus fort.
00:08:30C'est un réflexe.
00:08:32Flexe, un réflexe.
00:08:34Non, mademoiselle, c'est juré, je ne couperai pas.
00:08:37Faites la livraison.
00:08:38C'est ton client.
00:08:39Il est furieux d'avoir été coupé, alors il a engueulé la rouquine et la rouquine.
00:08:42Non, non, non, non, non, non, je ne quitte pas.
00:08:45Ma bière.
00:08:45Oui, alors ta bière, tu vas te la, hein ?
00:08:47Oui.
00:08:49Ah, bonjour, monsieur.
00:08:51Bonjour, oui, monsieur.
00:08:53Ah, non, non, non, non, non, non, non, c'était pas moi.
00:08:56Attendez, hein.
00:08:57Attendez une seconde, je prends un crayon pour noter votre appel.
00:09:02Oui.
00:09:03C'est monsieur...
00:09:06Smith.
00:09:06Ah, John, peut-être.
00:09:08Mais aujourd'hui, monsieur, la plupart des Smiths se prénomment John.
00:09:13Bien sûr que c'est une plaisanterie.
00:09:15Ah, mais vous choisissez le prénom qui vous convient.
00:09:19Peut-on vous rappeler, monsieur ?
00:09:21Non.
00:09:22Mais, non, non, non, non, c'est pas grave.
00:09:24Vous me laissez une commission, je...
00:09:26Il n'y a pas de commission.
00:09:28Oh, alors je vais vous donner un bon conseil.
00:09:31Vous rentrez chez vous, bien tranquille, tout seul,
00:09:34ou avec une demoiselle si la solitude vous effraie,
00:09:37ou vous allez manger un morceau quelque part,
00:09:40ou bien encore vous allez dans un cinéma, enfin bref.
00:09:42Vous vous arrangez pour passer une heure ou deux en oubliant ce sacré téléphone,
00:09:47et puis vous vous rappelez dans la soirée.
00:09:51Mais je suis très sérieux, au contraire.
00:09:57Mais quand bien même vous seriez le président en personne,
00:10:00vous ne pourriez toucher le patron avant une bonne heure.
00:10:02Bon, enfin, soyez raisonnable, Johnny.
00:10:07Vous avez une montre ?
00:10:08Bon, quelle heure marque-t-elle ?
00:10:12Pardon ?
00:10:15J'ai mal compris.
00:10:21Disons dans...
00:10:22dans 20 minutes.
00:10:25Oui, le quart pile.
00:10:27C'est ça, 8h15.
00:10:28Qu'est-ce que tu racontes, 8h15 ?
00:10:30Ne quittez pas.
00:10:30Il y en a, non ?
00:10:31Je t'expliquerai.
00:10:39Je viens de réfléchir.
00:10:40Il y a peut-être une petite chance.
00:10:42Ah non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non.
00:10:44Je ne vous garantis rien.
00:10:46Mais si c'est important pour vous...
00:10:47Voilà.
00:10:49Stéphano Poulos est en réunion, vous le savez.
00:10:52Il doit répondre au discours par un autre discours.
00:10:54S'il n'a pas commencé son speech, j'essaie de parvenir jusqu'à lui, je lui fais part de votre appel, et puis je viens vous donner la réponse.
00:11:03Mais tout de suite, je vous répète que c'est impossible.
00:11:10Impossible.
00:11:12Mais même s'il n'a pas commencé, il voudra des précisions.
00:11:15Il y a des chances pour que des Smiths, il en connaisse plusieurs.
00:11:20Mais donnez-moi au moins votre qualité.
00:11:23Si je lui dis que c'est Maître Smith, l'avocat, ou le docteur, ou le sénateur...
00:11:29Le quoi ?
00:11:32Saxophoniste ?
00:11:33Vous êtes saxophoniste ?
00:11:37Et vous pensez que ça lui dira quelque chose ?
00:11:41Non ?
00:11:43Écoutez, mon vieux, je n'y comprends pas grand-chose, mais...
00:11:45Ne quittez pas, je vais voir ce que je peux faire pour vous.
00:11:48Ne quittez pas, surtout !
00:11:49Il faut que je parvienne jusqu'à lui.
00:11:52D'accord, d'accord, aussi vite que possible.
00:11:59Tu m'as demandé tout à l'heure si j'aimais José.
00:12:18Et j'ai préféré ne pas te répondre.
00:12:20Parce que c'était quand même une réponse.
00:12:21Quand j'ai débuté, j'avais des dons de loups.
00:12:26Et une envie formidable d'avoir une carte au club des Pachas.
00:12:31Lui en était déjà un, il a décidé que je n'avais pas l'étoffe d'entrer dans son club.
00:12:35Alors il m'a mis le pied sur la tête et il l'a appuyé assez longtemps et assez fort pour qu'elle s'enfonce entre mes épaules.
00:12:41Et il ne l'a jamais enlevé.
00:12:43Entre lui et moi, c'est comme de l'amour.
00:12:46Enfin comme...
00:12:47Comme le contraire de l'amour.
00:12:49Oui, on a du coup de foudre.
00:12:51Mais du côté de la haine.
00:12:53Du côté de ce que j'ai toujours éprouvé pour mes pions, mes sous-offres.
00:12:57Oui, je sais, je sais, je sais.
00:12:59C'est romantique, mais enfin c'est comme ça.
00:13:01Je ne voudrais pas qu'un autre type que moi le déboussole.
00:13:05Tu sais ce que c'est que l'instinct ?
00:13:08Instinctivement, je sens qu'il y a là-dedans de quoi faire.
00:13:10Remuer la statue.
00:13:12La foutre par terre.
00:13:13Peut-être.
00:13:14Grâce à lui.
00:13:15Parce que si je n'avais pas eu la trouille de le déranger, comme toi, comme tous ceux
00:13:19qui le connaissent, je ne sentirais pas ce que je suis en train de ressentir.
00:13:25Cette petite chose que je sais maintenant.
00:13:29Quelle petite chose ?
00:13:32Pendant que je regardais ma montre qui indiquait cinq heures, j'entendais l'autre là-bas
00:13:35qui me disait huit heures.
00:13:37Je vais faire répéter.
00:13:39Huit heures.
00:13:41Et alors ?
00:13:42Alors ?
00:13:43On ne se trompe pas de trois heures.
00:13:48Trois heures de différence, ça veut dire qu'il est à 5000 kilomètres de Los Angeles.
00:13:54De ce côté-ci, ce n'est pas possible.
00:13:58Mais par ici, oui.
00:14:01Trois heures, c'est la côte Est.
00:14:03Tu commences à réaliser ?
00:14:06Qu'est-ce qu'il est ce Smith ?
00:14:08Une ville ?
00:14:09Penses-tu ?
00:14:11Saxophoniste.
00:14:11Saxophoniste.
00:14:12Du talent à deux dollars de l'heure.
00:14:14Quinze dollars pour une nuit.
00:14:16Cette communication, ça, ça lui coûte une nuit de turbin toutes les trois minutes.
00:14:20Je lui raccroche au nez, hein, mais ça.
00:14:22On se fout de lui, il insiste.
00:14:24Je lui demande d'attendre, il perd un peu les pédales.
00:14:27Mais il attend.
00:14:29Il a peut-être raccroché ?
00:14:30Non.
00:14:33Tu vas lui dire de tenir encore un petit moment et...
00:14:36S'il n'est pas resté au bout du fil, je veux bien passer sur la chaise.
00:14:39Tu crois ?
00:14:40Vas-y.
00:14:48Allô ?
00:14:49Allô ?
00:14:51Allô ?
00:14:51Allô ?
00:14:52Allô ?
00:14:54Ne quittez pas, monsieur.
00:14:55Monsieur Cronan va revenir d'un moment à l'autre.
00:14:58L'instinct !
00:14:58Il attend.
00:15:02Quinze dollars toutes les trois minutes.
00:15:04Une nuit de turbin qui tombe toutes les trois minutes et il attend.
00:15:07Mais c'est formidable, non ?
00:15:09Pour lui, pour lui, c'est vital.
00:15:12Et ce nom, Smith, ça ne te dit rien ?
00:15:14Alors, Smith, chez nous, c'est comme Schmitt en Allemagne ou Dupont en France, hein ?
00:15:17Exact.
00:15:18Une planque.
00:15:20Petit effort.
00:15:20Il n'y a pas si longtemps, tout le métier courra au cul d'un certain Smith.
00:15:25L'affaire Mourad.
00:15:26Le boiteux de l'affaire Mourad.
00:15:29Oh non, c'est pas possible.
00:15:30Ah, ça ne t'exciterait pas autant si c'était pas possible.
00:15:34Il est ferré comme une truite.
00:15:36Je le tiens.
00:15:37Et si je le tiens, je tiens José.
00:15:39Oh oui, il y a quelque chose entre eux.
00:15:41C'est à lui qu'il peut parler.
00:15:42À lui, il n'y a personne d'autre.
00:15:43Pourquoi ?
00:15:43Hein ?
00:15:44Pourquoi, si c'est pas compromisant ?
00:15:46Et lui raconter quoi ?
00:15:48Mais ça, je le saurais.
00:15:51Je le saurais.
00:15:52Tu deviens dingue, si c'est pas lui.
00:15:53Si c'est pas lui, ce sera tout juste une fausse piste, un fait divers.
00:15:56Un changement de boulot pour moi et pour toi aussi si tu marches avec moi.
00:15:59Et moi, je suis bien comme je suis.
00:16:01Oui, oui, oui, oui, on dit ça.
00:16:04On dit ça jusqu'au jour où on en a marre de voir les autres signer les articles qu'on s'est crevé à prendre la nuit.
00:16:10Crois-moi, je sais que je ne peux pas me tromper.
00:16:14C'est le boiteux.
00:16:15Je vois si on partage.
00:16:16Ce sont les autres qui se mettront à gratter pour nous.
00:16:19On vit dans un monde comme ça, mon bonhomme.
00:16:21Faut en profiter.
00:16:22Se coller une fois pour toutes dans le projecteur et que le monde entier sache qu'on existe.
00:16:26Après, ça roule tout seul.
00:16:28Enfin, je ne te demande pas la lune.
00:16:30Tu restes là, tu essaies d'y comprendre quelque chose et tu te maintiens en rapport avec la police sur un autre poste.
00:16:36C'est pas joli joli ton scénario ?
00:16:38Tu le connais ce Smith ?
00:16:40S'il se faisait écraser dans la rue, tu porterais un claque ?
00:16:43Ben la vie c'est comme la rue.
00:16:44Et notre boulot c'est d'être là à chaque fois qu'on écrase un Smith.
00:16:47Un peu avant si possible.
00:16:48Il n'y a pas eu une chance sur mille pour que ce soit le bon numéro.
00:16:51D'accord.
00:16:52Mais il n'y a pas eu une chance sur cent mille pour que tu retrouves un jour où nos si jolies vins.
00:16:55Un coup de poker, avec un papier sensationnel sur le tapis.
00:17:01Et les Smiths, un perdu, ils se disent en coulure.
00:17:07Dès que je serai sûr du coup, tu demandes l'inspecteur Norton.
00:17:11Ah non Lewis, un peu de cran quoi.
00:17:12Tu lâches tes chiens, c'est tout.
00:17:14Après qu'ils sont lâchés, si la bête en crève, c'est plus tafaux.
00:17:16De l'heure.
00:17:19Allô ?
00:17:20Allô ?
00:17:21Ah, j'ai eu peur.
00:17:23J'ai cru que vous m'aviez laissé tomber.
00:17:27Bon.
00:17:29J'ai dû jouer les coups dans tous les sens.
00:17:31Ils sont après lui comme des sangsues.
00:17:34Alors, voilà où nous en sommes.
00:17:37J'ai pu faire passer un billet au patron et...
00:17:39Et sous les yeux.
00:17:41Faites attendre.
00:17:43Je sais, je sais, je sais.
00:17:45Vous ne faites que ça depuis un bon moment, mais...
00:17:47J'y suis pour rien, moi.
00:17:51Il vaudrait peut-être mieux que...
00:17:53Vous rappeliez demain, entre 9 et 10, le matin.
00:17:59Et je vous dis ça parce que...
00:18:02Ah oui, si vous ne pouvez pas, c'est différent, oui.
00:18:06C'est ce que je ferai à votre place.
00:18:10Oh !
00:18:1210 minutes, un quart d'heure ?
00:18:14Oh, je ne pense pas que ça puisse être long.
00:18:16Ils vont tomber comme des mouches d'un moment à l'autre.
00:18:18Tout le monde doit être prêts et d'en finir, maintenant.
00:18:23Encore vous, vous êtes chez vous en train de siroter un scotch ?
00:18:28Ah !
00:18:29Évidemment, c'est plus gai.
00:18:33Oui.
00:18:34Surtout si la barmède est jolie.
00:18:37Un barman ?
00:18:39Dites-lui...
00:18:39Dites-lui qu'il serait gentil de m'apporter une bouteille de bière.
00:18:44Non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, ne vous en faites pas pour moi, j'adore bavarder.
00:18:49Pardon ?
00:18:50Plus aimable que qui ?
00:18:52Que celui qui vous a répondu tout à l'heure.
00:18:55Quoi, celui qui vous a répondu tout à l'heure ?
00:18:56Non, ça ne m'étonne pas.
00:18:58Tous ces genoux adorent se faire mousser.
00:19:01Ah, non, non, non, c'est pas un collègue, non, c'est le petit gars qui va me chercher des cigarettes.
00:19:05Salaud.
00:19:09C'est l'orchestre de Flick Jimmonds, ce qu'on entend dans votre boîte.
00:19:13Oh, le jukebox.
00:19:15Oui, j'ai une bonne oreille, oui.
00:19:16D'ailleurs, c'est, ben, c'est idiot ce que je disais au sujet de l'orchestre.
00:19:22Eh, celui de Fitzsimons, il est à Boston en ce moment-là, il ne peut pas être partout à la fois.
00:19:27C'est vrai que vous êtes peut-être à Boston.
00:19:32Columbus ?
00:19:33Lequel ?
00:19:36Columbus, Ohio ?
00:19:38Eh, ben, dites-donc, vous allez sentir passer la communication.
00:19:42Je disais Boston en blaguant, mais Columbus, c'est pas mal non plus.
00:19:46C'est un chouette disque, d'ailleurs.
00:19:50Vous devriez leur dire de remettre ça.
00:19:53Je vous rembourserai le jeton si on se rencontre un jour.
00:19:56Je parie que vous êtes un fameux danseur.
00:20:01Je n'aurais pas eu.
00:20:04Ah, non, non, non, non, non, non, c'est pas l'envie qui manque, mais j'ai une patte folle.
00:20:09Alors, la danse ?
00:20:11Ne quittez pas, ne quittez pas, il y a un petit pousseur de La Réunion.
00:20:14Je reviens tout de suite.
00:20:16J'ai dû me tromper, merde.
00:20:19Le nôtre est boiteux et lui, il n'a pas bronché, ni sur la danse, ni sur la patte folle.
00:20:22Oh, tu sais, c'est peut-être vrai qu'il est bon danseur.
00:20:25Il y a des filles que ça amuse.
00:20:26Elles ont l'impression de faire un tour sur les chevaux de bois.
00:20:28Oui.
00:20:29Ben, si c'est lui, il est malin comme trois seins, j'ai méfiant comme dix.
00:20:32Ça va être du sport.
00:20:33Mais le sport, ça me va.
00:20:34Moi aussi.
00:20:35Fausse alerte.
00:20:42Enfin, je veux dire, fausse joie.
00:20:45Ah, mais c'est quand même bon signe, le premier gars qui flanche.
00:20:47Oh, ils ne pourront plus tenir des heures dans cette fumée et cette chaleur.
00:20:55Dites-moi, il y a longtemps que vous connaissez José ?
00:20:59Non, non, non, non, je vous dis ça comme ça parce que si vous ne l'avez pas vue depuis longtemps.
00:21:06Ah oui, c'est comme sa voix.
00:21:09Vous ne la reconnaîtrez peut-être pas.
00:21:13Ça change avec le reste, la voix.
00:21:16Oh oui, il a drôlement changé, le grec.
00:21:19Ah, à son avantage, d'ailleurs.
00:21:22C'est comme si vous, c'est comme si vous aviez fait du gring à une chenille
00:21:25et que vous la retrouviez quand elle est devenue papillon.
00:21:28Il avait quelle touche, la dernière fois que vous l'avez vue ?
00:21:32Il avait quelle touche, la dernière fois que vous l'avez vue ?
00:21:35Il avait quelle touche, la dernière fois que vous l'avez vue ?
00:21:38Il avait quelle touche, la dernière fois que vous l'avez vue ?
00:21:41Il avait quelle touche, la dernière fois que vous l'avez vue ?
00:21:58La dernière fois que vous l'avez vu.
00:22:02Je ne l'ai jamais vu.
00:22:04Je ne l'ai jamais entendu non plus. Jamais.
00:22:09Je vous ai dit ça parce que vous auriez refusé d'en entendre davantage.
00:22:14Il faut que je lui parle.
00:22:17Et en quoi ça vous intéresse-t-il que je sois ou non son ami ?
00:22:21Ami, ennemi, vous connaissez tous les vôtres, vous ?
00:22:23Pas moi.
00:22:26Je suppose qu'il est mon ami.
00:22:29Parce que je suis grec comme lui.
00:22:31Enfin, lui était grec.
00:22:33Moi, je le suis encore et vous ne m'avez pas donné l'envie de changer.
00:22:37C'est l'une des raisons de cet appel.
00:22:39J'ai besoin de son appui pour le renouvellement de mon permis de séjour.
00:22:43Et mon avocat m'a conseillé de...
00:22:46Oui, j'ai un avocat.
00:22:49Je n'ai pas à vous dire pourquoi. J'en ai un, c'est tout.
00:22:55S'imaginer que ça sent mauvais parce que j'ai un avocat.
00:22:58Et ça vous excite.
00:23:00Les chiens aussi collent leur nez partout. Ça sent mauvais.
00:23:05Non, je ne m'énerve pas.
00:23:09Avouez que vous avez une façon de dire les choses comme...
00:23:11Peut-être.
00:23:17Mais moi, je n'ai pas le goût à plaisanter, monsieur.
00:23:24Dans mon pays, c'était différent.
00:23:27Tout le monde chante, il y a le soleil.
00:23:30Ici...
00:23:31Vous connaissez la Grèce ?
00:23:36Mais vous ne connaissez pas Prévez-Dzav ?
00:23:41Oui.
00:23:43C'est ma ville, monsieur.
00:23:47Oui.
00:23:50Oui.
00:23:52Et on démarche le ciel, c'est ça ?
00:23:54J'y suis né.
00:23:57Il y a encore une maison à nous, là-bas.
00:24:02Il y a si peu de gens qui savent que Prévez-Dzav existe.
00:24:04En février 58, j'y étais encore.
00:24:12Mais je me souviens très bien, vous aviez trois destroyers en manœuvre.
00:24:15Et vous avez débarqué un samedi soir.
00:24:19Mais alors, nous nous connaissons.
00:24:22Mais nous nous sommes probablement serrés la main.
00:24:24Je t'ai interprète.
00:24:25Quelle mémoire !
00:24:30Oui, oui, cet examen, je venais d'être blessé.
00:24:33Un camion.
00:24:35Oui.
00:24:36Oui, l'interprète à la canne, c'était moi.
00:24:41Le monde est petit, c'est vrai.
00:24:44Et ma Grèce, c'est si petit sur la carte du monde.
00:24:50Je vous remercie, monsieur, de connaître Prévez-Dzav.
00:24:55Non, non, bien sûr.
00:24:59Je préfère le vrai.
00:25:00Mon vrai nom est...
00:25:02Canelli Riades.
00:25:03Mathias Canelli Riades.
00:25:05Riades.
00:25:08Vous voyez bien.
00:25:10Si vous aviez autant de formulaires que moi à remplir,
00:25:12autant de fiches d'hôtels et de polices et de contrôles,
00:25:16je ne sais quoi d'autre,
00:25:18vous aussi vous feriez appeler Smith.
00:25:21Est-ce qu'on l'entend ?
00:25:23Non, cette fois, ce n'est pas un disque.
00:25:25C'est une sirène, un cargo, je pense.
00:25:31Alors, je ne vous comprends pas.
00:25:33Parlez plus fort, je vous entends mal.
00:25:35Je disais qu'ils se mettent bien à Columbus
00:25:37s'ils font passer des cargos dans les rues.
00:25:40Pas dans les rues.
00:25:42Sur la rivière.
00:25:43Quelle rivière ?
00:25:45Le lac.
00:25:46Quel lac ?
00:25:48Je ne sais pas, c'est un cargo.
00:25:50Un tout petit alors, juste assez grand pour trimballer sa sirène.
00:25:54Tout ce qu'ils ont de plus profond à Columbus, ce sont des piscines.
00:25:57Alors, si c'est un cargo et ça m'en a tout l'air,
00:25:59vous n'êtes pas à Columbus et vous mentez comme un nègre.
00:26:02Je ne vous permets pas de me donner la leçon.
00:26:25Je ne vous le permets pas.
00:26:26Vous êtes un larbin, vous comprenez ?
00:26:28Je ne suis pas venu de répondre aux questions d'un larbin.
00:26:31Je n'ai rien à vous dire ni où je suis, ni le motif de mon appel, ni rien.
00:26:34Vous n'avez pas à me juger, même si je mens.
00:26:36Vous n'avez jamais menti, vous ?
00:26:38Vous n'êtes jamais caché derrière un mot, vous ?
00:26:39Les mots, j'en vends. Je sais ce que ça vaut. Calmez-vous.
00:26:43Ce n'est pas Columbus ici. Vous avez raison.
00:26:46C'est Babel, la tour de Babel.
00:26:49Et partout où je suis passé dans votre pays, c'est Babel.
00:26:51Les uns à côté des autres, et jamais les uns avec les autres.
00:26:54Toute la liberté dans une statue.
00:26:56Mais pour un oui ou pour un non, on est un rouge ou un métèque.
00:27:01La Grèce, c'est un pays d'hommes, monsieur.
00:27:06Du rocher jaune et rouge.
00:27:08Sur la carte du monde, on voit que c'est une ruine qui croule dans la mer.
00:27:12Le vôtre est si neuf.
00:27:14Vous en êtes si orgueilleux que vous ne vous apercevez même pas que depuis plus de cent ans,
00:27:19il a l'air d'un chantier qui ne sera jamais terminé. Jamais !
00:27:23Et vous donnez des leçons. Et vous me prêtez de menteur.
00:27:25Vous n'avez pas le droit. C'est peut-être pas de ma faute, si je mens.
00:27:29Bon. C'est fini. Chacun son tour.
00:27:33La différence, c'est que je n'ai pas l'intention de vous engueuler, moi.
00:27:36Que vous soyez agressif, je pense que vous avez une raison pour ça.
00:27:39Et je me balance de la connaître.
00:27:41Vous voulez que ça change à ma feuille de paille que vous me racontiez ou non vos salades, hein ?
00:27:44Mais je me fous éperdument que vous soyez à Savannah, Galveston ou Babel.
00:27:50Mais vous me parlez de Columbus et vous me collez une sirène de cargo dans l'oreille.
00:27:54Enfin, c'est comme si vous vouliez me faire croire que vous faites du skinautique sur le lac salé.
00:27:57Ben, je n'aime pas qu'on me prenne pour un imbécile.
00:27:59Et ça s'arrête là.
00:28:03Je sais que c'est crispant d'attendre, mais j'y suis pour rien, moi.
00:28:05Je ne suis pas le patron. Je suis le larbin.
00:28:08Un des larbins.
00:28:12Mais qui vous dit...
00:28:14Mais qui vous dit que je ne suis pas votre ami ?
00:28:16Ami, ennemi, vous connaissez tous les vôtres, vous ?
00:28:20Mais non, mais non, mais je ne veux pas le savoir.
00:28:23Si ça vous arrange de le garder pour vous, gardez-le pour vous.
00:28:25Mais vous êtes où vous êtes.
00:28:26Ah, évidemment, je comprends mieux.
00:28:33Baltimore.
00:28:35Eh ben, bravo.
00:28:37Vous m'auriez dit ça tout de suite.
00:28:38On s'évitait un coup de sang tous les deux.
00:28:41Mais bien sûr que je vous crois.
00:28:43Même si vous êtes à Honolulu.
00:28:45Mais enfin, nom de Dieu, mais vous n'êtes plus coléreux qu'un chat de gouttière.
00:28:49Baltimore, je vous crois.
00:28:50Non.
00:28:52Ne quittez pas.
00:28:53On dirait qu'il y a du nouveau à côté, hein.
00:28:55Ne quittez pas.
00:28:56Alors, qu'est-ce que tu en dis ?
00:29:10Ça te suffit comme coïncidence ?
00:29:13Parce que c'est le boiteux, mon bonhomme.
00:29:15Il n'a peut-être plus de canne, mais il a une jambe plus courte que l'autre, figure-toi.
00:29:18Et il manque comme un arracheur de dents.
00:29:20Même pas.
00:29:21Eux, eux, savent mentir.
00:29:24Lui, c'est contre sa nature.
00:29:26Il ment parce qu'il a la trouille.
00:29:28Et pourquoi aurait-il la trouille, hein, s'il n'était pas coincé dans l'affaire Mourade ?
00:29:33Tout s'en mange parfaitement.
00:29:34Bon.
00:29:35C'est le moment d'attaquer les flics.
00:29:38Mes pianos, hein.
00:29:39Tu ne vends la mèche qu'un Horton.
00:29:40Si c'est pas lui qui te répond, tu le demandes de ma part.
00:29:42On est en compte, tous les deux, il viendra.
00:29:43Buster, on ne lui laisse pas beaucoup de chance à ce type.
00:29:49Toutes les chances.
00:29:515000 kilomètres et un avocat.
00:29:53S'il est bon, il le sortira du trou.
00:29:55S'il est moche, ben, il n'avait qu'à mieux choisir.
00:29:59Je ne peux pas savoir comme il est à bout.
00:30:02Toute griffe d'or, il saute pour un autre travers.
00:30:05Il se planque.
00:30:07Sa voix, tiens.
00:30:07Rien que sa voix me dit qu'il se planque.
00:30:09Il a une barbe de bijoux et les mains moites.
00:30:13Attends, attends, attends.
00:30:19Vérifie par le standard qu'il appelle bien Baltimore avant de déclencher le bazar.
00:30:23Moi, je vais activer le mouvement.
00:30:25Lancer ma boule dans les quilles, Lewis.
00:30:26Qu'est-ce que tu veux dire ?
00:30:27Je secoue l'affaire Mourad.
00:30:29Mais il est sur ses gardes, tu vas l'aller...
00:30:30Je vais le sonner, oui.
00:30:32Lui faire perdre les pédales.
00:30:33Pour le moment, c'est lui qui mène la danse.
00:30:37Seulement, tu sais ce que c'est que la peur ?
00:30:40Il arrive un moment où on ne peut plus rien lui ajouter.
00:30:41La peur sur la peur, c'est comme si tu...
00:30:44C'est comme si tu effaçais la peur.
00:30:46On ne sait plus ni ce qu'on dit, ni ce qu'on fait.
00:30:48Je veux l'amener là, et qu'il me lâche le morceau.
00:30:51Et s'il raccroche ?
00:30:53Tout simplement.
00:30:58On verra bien.
00:31:00Mais il a besoin de José.
00:31:01C'est probablement sa dernière chance.
00:31:04Non.
00:31:09Oh non, il ne raccrochera pas.
00:31:12Lui et moi, on est en train de faire copain-copain.
00:31:15Je le laisse mijoter encore un peu.
00:31:17Je le secoue.
00:31:19Et toi, tu t'occupes de Norton.
00:31:21Attention avec Norton, hein.
00:31:23Tu vends la mèche.
00:31:24Rien à l'œil.
00:31:25Tu vends.
00:31:26C'est même du troc.
00:31:27Smith contre l'exclusivité des opérations.
00:31:30Une exclusivité Poster-Lewis.
00:31:33Et pas de précision sur les moyens
00:31:34pour qu'il nous flanque sur une table d'écoute.
00:31:36Tu restes dans le bague.
00:31:37Bon, bon, bon, bon, bon, bon.
00:31:38Voilà.
00:31:50Qu'il en profite un peu, lui aussi.
00:31:51C'est en qualité de gouverneur de l'État de Californie
00:31:58que vous m'avez aujourd'hui accepté parmi vous.
00:32:03C'est donc en qualité de gouverneur de l'État de Californie
00:32:06que je tiens à proclamer mon admiration sans borne
00:32:12pour les hommes de votre trempe,
00:32:15José Stéphanopoulos.
00:32:17La démocratie a besoin de rois
00:32:22qui soient nés dans le peuple
00:32:24et vous êtes l'un d'eux.
00:32:29Salut Bertie.
00:32:30Salut Bess.
00:32:31Je ne peux plus tenir dans leur aquarium
00:32:32mon âge dans la fumée.
00:32:34J'étais sous un ventilateur qui est tombé en panne.
00:32:36Qu'est-ce que tu veux ?
00:32:37L'idéal, ça serait deux jolies filles
00:32:39qui m'aideraient à faire ma planche
00:32:41quelque part sur le Pacifique.
00:32:42Et à défaut ?
00:32:43Bon, je vais m'allonger là, piquer un somme.
00:32:45J'ai un rendez-vous.
00:32:46Et si je veux être à la hauteur ?
00:32:47Avec le boulot que j'ai, c'est pas possible.
00:32:50Un type qui ronfle, allongez-la sur les chaises.
00:32:52Enfin, c'est pas possible.
00:32:53Qui ronfle ?
00:32:54Je n'ai jamais ronflé de ma vie.
00:32:55D'accord, mais en fait, tu pourrais commencer aujourd'hui.
00:32:56Dis donc, t'as oublié de raccrocher.
00:32:57Ne touche pas, je suis en ligne.
00:32:59Oh, le saligo !
00:33:01Il est en train d'entortiller une môme
00:33:03et il veut me flanquer dehors.
00:33:05Je ne marche pas, Bess.
00:33:06Je veux savoir comment tu t'y prends avec les filles.
00:33:09Retiens l'autre, je me charge de lui.
00:33:11Écoute Bertie, Bertie, Bertie.
00:33:12Bertie, tu serais chouette
00:33:13s'y retrouver Gloria de ma part.
00:33:17Gloria ? Vous n'êtes plus ensemble ?
00:33:18Si, si seulement.
00:33:20Je l'ai invité à dîner
00:33:21et je crois que je serai, tu sais, un peu en retard.
00:33:24Allô ?
00:33:26N'inquiétez pas, monsieur.
00:33:27Monsieur Cronan va revenir d'un moment à l'autre.
00:33:29Oui.
00:33:30Et en ce moment, il plaide pour vous.
00:33:33Oui.
00:33:34Je crois bien que vous pouvez le remercier.
00:33:38Il fait quel temps à Baltimore ?
00:33:39Ah oui ?
00:33:41Ah bah, nous, c'est le contraire.
00:33:42Plutôt chaud.
00:33:44Oui.
00:33:45Mister ?
00:33:47Ah oui, je le connais depuis pas mal de temps, oui.
00:33:49C'est un type bien.
00:33:50C'est un type bien.
00:33:51C'est pas seulement...
00:33:53Non, non, c'est un type bien.
00:33:54Je me demande ce que tu maquilles.
00:33:56Mais rien du tout.
00:33:57Bon, ouais.
00:33:57Tu sais que je suis un sacré coureur de jupons, Bess.
00:33:59Je sais, je sais.
00:34:00Je te croyais jaloux comme un tigre.
00:34:02On dit ça.
00:34:03Enfin, je te conseille quand même de te tenir à carreau.
00:34:05Mais Gloria et une frangine de ce côté-là,
00:34:07m'en fous.
00:34:08Alors, si ça t'amuse...
00:34:09J'aimerais mieux, Gloria.
00:34:11Oui, bah, taille-toi avant que je me fâche.
00:34:12Je disais ça en blaguant.
00:34:14Mais moi aussi, vieux, je blaguais.
00:34:16Non, mais...
00:34:16Non, mais écoutez-moi, Smith.
00:34:18Non, mais écoutez-moi.
00:34:19Je voudrais vous dire quelque chose d'important.
00:34:22Quelque chose de très important, oui.
00:34:24C'est au sujet de Cronan.
00:34:26Cronan, oui.
00:34:27Je voulais dire Stéphano Poulos, le patron.
00:34:29Eh bien, ne comptez pas trop sur son aide.
00:34:32Si vous êtes sûr de lui, c'est différent.
00:34:34Monsieur Cronan est de retour.
00:34:35Je vous le passe tout de suite.
00:34:36À son air, il a certainement de bonnes nouvelles.
00:34:40Allô ?
00:34:41Je suis nabré de vous avoir fait attendre.
00:34:44Le gouverneur.
00:34:46Oui, le discours du gouverneur.
00:34:49Oui, c'est lui que vous entendiez tout à l'heure
00:34:50lorsque j'ai ouvert la porte.
00:34:51Tout de suite après, ce sera la réponse de José.
00:34:56Je le connais, ça ne traînera pas.
00:34:58Faites-moi confiance.
00:35:00Je vous l'amènerai...
00:35:01Mais s'il viendra,
00:35:03je vous l'amènerai par l'oreille au besoin.
00:35:06Mais, allô ?
00:35:07Allô, vous m'écoutez ?
00:35:10J'ai cru que vous me lâchiez.
00:35:12La déception.
00:35:15Écoutez,
00:35:16si c'est de rester au bout du fil qui vous ronge les nerfs,
00:35:19donnez-moi un numéro où on peut vous rappeler.
00:35:23Je dis ça pour vous aider.
00:35:24Vous, ça vous coûte une fortune
00:35:25et moi, c'est le journal qui fait.
00:35:29Comme vous voudrez, mon vieux.
00:35:33D'accord.
00:35:34D'accord, on continue comme ça.
00:35:38Vous êtes plus tranquille.
00:35:39Parfait.
00:35:43Il y a quand même un service
00:35:45que je peux essayer de vous rendre.
00:35:46Vous avez des amielles à Baltimore ?
00:35:52Non.
00:35:53Et du boulot ?
00:35:55Non plus.
00:35:56Bon, alors, prenez un papier et notez une adresse.
00:36:00Benbeni.
00:36:01Vendôme.
00:36:03Benbeni.
00:36:05Vendôme.
00:36:06Thierry.
00:36:08Thierry, c'est un quartier.
00:36:10Comment vous expliquer ?
00:36:11Vous êtes loin du port, là.
00:36:17Vous avez raison, je suis idiot.
00:36:18Si vous en étiez loin, je n'aurais pas entendu cette sirène.
00:36:22Oui, mais vous êtes sur quelle rive ?
00:36:25Mais non, je ne recommence pas.
00:36:27Je connais la ville, c'est tout.
00:36:28J'ai écrit une série d'articles sur les entrepôts de tabac.
00:36:30Et Benbeni est un copain qui tient une boîte.
00:36:33Le Vendôme à Thierry.
00:36:36Allez le trouver de ma part, il vous trouvera sûrement un job.
00:36:40Peut-être même chez lui, d'ailleurs.
00:36:42Oui, c'est la meilleure boîte de jazz.
00:36:45Si vous êtes bon saxo, il y a assez d'amateurs abattis pour que vous y laissiez un poumon.
00:36:48Comment ?
00:36:53Mais je...
00:36:53Mais je ne vous demande...
00:36:55Mais je ne vous demande rien, Mathias.
00:36:57Surtout si c'est important.
00:36:59Il va lâcher le morceau, ça y est.
00:37:01Norton.
00:37:02Oui, oui, oui, oui, je vous écoute.
00:37:06Mais si c'est pour les confidences, on les regrette toujours.
00:37:11Bon.
00:37:13Dieu veuille que je puisse vous aider.
00:37:15Dieu veuille que je puisse vous aider.
00:37:17Dieu veuille que je puisse vous aider.
00:37:27Dieu veuille, oui.
00:37:28Dieu veuille.
00:37:31Il est impossible que j'aille trouver votre camarade Benvenu.
00:37:34Impossible.
00:37:35Ni lui, ni personne d'autre.
00:37:38Je suis accusé de meurtre.
00:37:41Mais si, vous avez compris, meurtre.
00:37:44C'est mal, monsieur, de jouer l'étonnement.
00:37:45Depuis le début, je sentais que nous devions arriver là, que c'est là que vous m'attendiez.
00:37:50Eh ben, nous y sommes.
00:37:55Voilà, c'est mieux.
00:37:58L'affaire Mourad, oui.
00:38:00Vous connaissez.
00:38:01Qui ne la connaît pas, d'ailleurs.
00:38:06Qui ne sait le nom de l'assassin du riche moide.
00:38:09Smith.
00:38:10Et le Smith en question, c'est moi.
00:38:12À 5000 kilomètres de vous, je peux me permettre le luxe d'un homme de ce genre.
00:38:19C'est la première fois que je fais porter si loin ma voix.
00:38:21Réfléchissez, monsieur.
00:38:26Chaque mot que je dis fait la moitié du chemin qui me sépare de Preveza.
00:38:31Cronique-le après moi, Preveza.
00:38:40Vous voyez ?
00:38:42Le mot a fait l'aller et le retour.
00:38:45Toute la longueur de la route,
00:38:47au bout de laquelle il y a la vieille maison,
00:38:49coincée entre la mer et les villes.
00:38:51Smith.
00:38:57Ça fait dix jours que je ne sortais pas de manteau.
00:39:01Et maintenant, je viens d'avouer qui je suis un homme de votre milieu.
00:39:05Sous de fatigue.
00:39:07Mort de fatigue.
00:39:09Même mon avocat n'en sait pas autant.
00:39:12Un homme qui devrait me défendre,
00:39:13je n'ai pas dit ce que j'avoue à un homme qui m'accusera demain.
00:39:16Qui m'accusera ?
00:39:17Si !
00:39:18J'achèterai votre journal demain.
00:39:19Et si vous n'avez pas pondu vos six colonnes, je veux bien être pendu.
00:39:22Au moins que quelqu'un vous en empêche.
00:39:23Quelqu'un de puissant et devant qui vous ne devez pas emmener l'argent.
00:39:29Et après tout, faites-le.
00:39:32J'en ai tellement, tellement, tellement marre que ça m'est égal.
00:39:37Ça m'amuse même de vous savoir là-bas.
00:39:40Tout bavant.
00:39:43Inoffensif à cause de toute cette distance entre nous.
00:39:46Vous avez le bras trop court de 5000 kilomètres.
00:39:49Et vous griffez dans le vide.
00:39:51Baltimor est une grande ville, monsieur Cranon.
00:39:54Et vous ne saurez jamais où je suis dans Baltimor.
00:39:56Jamais !
00:39:57On peut se passer de manger à sa faim pendant dix jours.
00:40:04On peut se passer de boire, mais il faut parler à quelqu'un.
00:40:08Même s'il n'y a ni amitié ni confiance.
00:40:12Parler.
00:40:12Se faire entendre.
00:40:15Depuis cette histoire, je ne sortais pas de mon trou.
00:40:16Avec vous, j'ai cette certitude de n'être pas encore tout à fait fou.
00:40:21C'est à moi que je parle, mais vous êtes mon alibi.
00:40:25Un avant-goût du jury.
00:40:26Vous êtes tout le jury à vous seul.
00:40:30Ils me condamneront.
00:40:34Je ne suis pas des vôtres.
00:40:37Mais ils ne me tiennent pas.
00:40:42Écoutez-moi attentivement.
00:40:44Je vais être obligé de parler plus bas.
00:40:45Il est entré une jeune fille dans le bar depuis un bon moment.
00:40:46Et elle se tourne de plus en plus souvent vers la cabine.
00:40:48J'ai donné 200 dollars d'avance au patron pour cette communication.
00:40:52Je ne pourrais pas l'en donner plus.
00:40:54S'ils exigent que je paie le verre qui m'ont servi, je ne pourrais pas.
00:40:56Je n'ai plus un cent.
00:40:58Oh, cette fille qui se retourne encore.
00:40:59Si elle veut prendre la ligne, je ne sais pas ce que je ferai.
00:41:03Alors faites attention, très attention.
00:41:05Vous pouvez prendre des notes.
00:41:07Après tout, si les choses tournaient mal pour moi,
00:41:09je pourrais avoir besoin de votre témoignage.
00:41:12Car c'est la vérité que je vais vous dire.
00:41:15La vérité.
00:41:18Mouad.
00:41:24Mouad était courtillant, joie aérie.
00:41:28Un brave homme.
00:41:30Cordial, tout rond.
00:41:32Je promenais une collection de pierres précieuses deux fois par semaine
00:41:34entre Richmond et New York.
00:41:36New York et Richmond.
00:41:38Moi, je promenais mon saxophone et mes ennuis.
00:41:41Assez souvent entre Baltimore et Philadelphie.
00:41:44Il n'aimait pas la voiture et moi, je n'ai pas les moyens de m'en offrir une.
00:41:48Un jour, il n'est pas descendu du train à New York.
00:41:51Il était mort.
00:41:52Vous savez tout ça certainement, mais je tiens à remettre les choses dans l'ordre.
00:41:56On a retrouvé son corps dans les toilettes du wagon.
00:42:00Il avait été tué à coups de piolets de montagne.
00:42:01Un peu comme Trotsky, oui.
00:42:05Et deux choses demeuraient introuvables.
00:42:08L'assassin et la valise aux pierres précieuses,
00:42:11qui gardaient attaché à son poignet par une petite chaîne.
00:42:14La chaîne, on s'y manquait.
00:42:15Très vite, la police n'a retenu que trois suspects.
00:42:20Les deux premiers ont pu fournir un alibi.
00:42:23Le troisième, c'était un étranger.
00:42:28Un boiteux.
00:42:29Sur lequel il ne pouvait mettre la main.
00:42:31Trois raisons d'en faire un coupable.
00:42:33Et croyez-moi, les gens adorent que l'assassin ne soit pas tout à fait normal.
00:42:36Ça les rassure.
00:42:37Tous les gens se croient normaux.
00:42:38Bref, la chasse était ouverte.
00:42:42On s'est allé partout dans ma présence.
00:42:44À Richmond, à Pittsburgh, à Cincinnati.
00:42:47Ce matin à Columbus.
00:42:47Mais c'est pour ça que j'ai dit Columbus tout à l'heure.
00:42:50Le dernier nom de la liste.
00:42:51Et le premier qui me souvient à l'esprit.
00:42:54Dommage qu'il y ait eu cette sirène.
00:42:58Maintenant, il me croit loin de Baltimore, je ne sais où.
00:43:04Comme si j'existais encore quelque part.
00:43:05Comme si j'étais autre chose qu'une envie de dormir.
00:43:10De manger.
00:43:13Si j'avais été trouver la police.
00:43:16Peut-être que rien ne serait pareil, peut-être.
00:43:20J'ai perdu la tête.
00:43:23Mon permis de séjour n'était pas en règle.
00:43:25Mon contrat avec l'orchestre avait déjà été résilié.
00:43:29Je me suis caché.
00:43:32Et j'attendais un miracle.
00:43:33Pas un de ceux qui tombent du ciel.
00:43:36Un autre genre de miracle.
00:43:38Qui me permettrait de reprendre le bateau et de rentrer chez nous.
00:43:44Je suis joueur, monsieur.
00:43:48Grec, joueur.
00:43:49C'est dans la note.
00:43:51Mourad jouait lui aussi.
00:43:52Gros jeu.
00:43:53C'est à cause de ça que nous étions devenus presque des amis.
00:43:57Et vous savez comment ça vient.
00:43:58On joue pour le plaisir d'abord.
00:43:59Et puis petit à petit, on joue pour le jeu.
00:44:03Sans plaisir.
00:44:05Religieusement, ouais.
00:44:07Avec ferveur.
00:44:08Et peu importe si on perd, on joue.
00:44:11Nous nous retrouvions deux fois par semaine.
00:44:13Passant à l'heure, l'excitation est double.
00:44:15Le temps compte.
00:44:15Comprenez-vous, le temps est mesuré pour le miracle.
00:44:17Non, nous avions un code.
00:44:23Pour ceux qui étaient pas dans le coup, nous n'étions que des...
00:44:25Disons des maniaques très inoffensifs.
00:44:28Mais nous jouions vraiment.
00:44:29Une fois, j'ai raté ma gare.
00:44:32Un jour...
00:44:33Un jour, Mourad...
00:44:36Mourad a perdu 3000 dollars.
00:44:40Je pouvais prendre le bateau.
00:44:43Mais il ne payait pas.
00:44:43Je me suis fâché.
00:44:47Malgré la valise noire et la fortune qui leur met dedans,
00:44:49ils refusaient de payer.
00:44:51Je suis allé le trouver à Richmond.
00:44:55Je ne suis pas fort.
00:44:59Mais...
00:45:00La colère...
00:45:01J'ai la valise chez moi.
00:45:1050 000 dollars de rubis, de diamants, de perles.
00:45:1750 000 dollars chez moi et puis un copain qu'en poche.
00:45:21La valise, c'était une garantie.
00:45:23Nous avons crié très fort Mourad menacé de porter plainte,
00:45:25mais il ne pouvait pas.
00:45:26Il ne pouvait pas avouer cette histoire de jeu.
00:45:28Et moi, je pensais lui rendre sa valise le lendemain contre un chèque.
00:45:30Il était mort.
00:45:36Le journeau m'a appris.
00:45:38C'est la vérité, je le jure.
00:45:44D'un jour à l'autre, j'étais devenu...
00:45:46l'homme traqué.
00:45:48L'assassin à la démarche louche.
00:45:52Toutes les polices ont fait ça une jambe trop courte.
00:45:54On ne peut pas défiler comme une majorette.
00:45:56Allô ?
00:45:58Allô ? Allô ?
00:45:59Je suis là ! Je suis là !
00:46:03Oh, j'ai eu peur.
00:46:05Ne me laissez pas seul, je ne veux plus être seul.
00:46:06Vous n'avez pas le droit de me laisser seul.
00:46:08Et qu'est-ce qu'on va entendre derrière vous ?
00:46:10C'est le discours du gouverneur.
00:46:12Il vient de terminer son speech.
00:46:14Des applaudissements ?
00:46:15Est-ce que c'est fini ?
00:46:16Est-ce que vous avez honte de passer Stéphanopoulos ?
00:46:18Un instant, un instant, mon adjoint est allé voir.
00:46:21Attends, je ne vais pas me expliquer.
00:46:28Pris le plus vite possible.
00:46:30La fille est allée parler au patron et ils vont venir.
00:46:33Vous n'imaginez pas l'entêtement d'une fille qui veut appeler son petit ami.
00:46:36Le patron est un brave type.
00:46:42Il calme la fille.
00:46:42Je continue.
00:46:49Pour comprendre la suite,
00:46:51imaginez que nous sommes dans le sud.
00:46:54Que vous avez un frère.
00:46:56Et que moi,
00:46:57moi je suis le nègre chargé.
00:47:00Chargé et soupçonné du meurtre de votre frère.
00:47:03Imaginez aussi que vous êtes flic.
00:47:06Et ben voilà.
00:47:07C'est exactement ce qui m'arrive.
00:47:10Moi, j'avais un frère dans la police.
00:47:13Il a juré de m'avoir.
00:47:17Est-ce que c'est permis d'avoir quelqu'un ?
00:47:19Un homme ?
00:47:21Est-ce que c'est permis de parler d'un homme comme d'une bête ?
00:47:23De dire celui-là, je l'aurai et je le tuerai.
00:47:25C'est la même chose.
00:47:25Mais si !
00:47:26Vous n'avez jamais entendu parler du chasseur qui traque un blaireau.
00:47:29C'est pas celui qui l'aura.
00:47:33Est-ce que quelque chose vous échappe encore ?
00:47:36La naturalisation ne change pas le sang.
00:47:39C'est Mourad, monsieur.
00:47:41Ce sont des Turcs.
00:47:42Et moi, je suis grec.
00:47:45Entre nous, il y a un tout petit peu de mer et beaucoup de haine.
00:47:51Bien avant, Chypre, monsieur.
00:47:52Bien avant.
00:47:54Chez nous, tout ce qui est honteux, nous mettons sur dos des Turcs.
00:47:56Et ils nous le rendent bien.
00:47:57Il y a une maladie, vous savez, une certaine maladie que les femmes tiennent du singe et les hommes de la femme.
00:48:02Nous l'appelons le mal des janissaires.
00:48:05Eux, ils disent que c'est le mal grec.
00:48:08Mourad va me tuer.
00:48:09Vous pensez que c'est à cause de la valise noire qu'est chez moi, à cause du frère mort ?
00:48:14Pas du tout.
00:48:15C'est parce que je suis grec.
00:48:17Ni prison, ni jugement.
00:48:19Non, la mort tout de suite.
00:48:20Le Turc me cherche et il me trouvera.
00:48:27La haine est une boussole, il me trouvera.
00:48:30Si je ne m'en sors pas très vite, il me trouvera.
00:48:33Il est peut-être le seul à deviner que je n'ai pas quitté la ville.
00:48:36En ouvrant ses fenêtres le matin, il doit respirer très fort et me sentir dans la ville.
00:48:43Il sourit.
00:48:45Il viendra, il sera là.
00:48:48Toutes les lois derrière lui.
00:48:49Et si je ne tire pas le premier ?
00:48:53Mais c'est mon droit, monsieur de tirer.
00:48:55C'est mon droit d'être armé contre le chasseur.
00:48:57La différence qu'il y a entre cette chasse et la chasse au blaireau, la seule,
00:49:00c'est que moi aussi je peux faire peur et montrer les dents.
00:49:02Et tirer le premier, à travers une foule, à travers une porte.
00:49:09Ça y est, elle vient, cette fille.
00:49:10Je vais lui demander d'appeler dans un autre endroit.
00:49:13Un instant, mademoiselle, je vais vous expliquer.
00:49:14C'est très important pour moi.
00:49:16Allô, le sang de presse, n'acquitez pas la carrière, il n'y a aucun prix.
00:49:18Allô, allô, je ne vous ai pas dit l'essentiel.
00:49:21Je ne vous ai pas dit l'essentiel.
00:49:22Allô, allô, je ne vous ai pas dit l'essentiel.
00:49:28Allô, je ne vous ai pas dit l'essentiel.
00:49:31Allô, je ne vous ai pas dit l'essentiel.
00:49:36Allô, allô, Smith, mademoiselle, mais qu'elle lui fout de la paix, mon dieu.
00:49:42Mademoiselle, mais qu'elle se taille.
00:49:44Allô, allô.
00:49:45Allô, c'est terminé, Louis, ils sont fermes.
00:49:49Un instant, je reviens.
00:49:51Qu'est-ce qui se passe ?
00:49:52Une souris là-bas qui veut la cabine escorneux qui ne saura pas se défendre.
00:49:55Ah, c'est foutu, Louis, c'est foutu.
00:49:57Ah bon ? Alors eux, je les décommande.
00:49:59On croirait que ça te fait plaisir.
00:50:00Non, non, et puis d'ailleurs, il va rappeler.
00:50:02Avec quoi il n'a pas un nickel ?
00:50:03Et les autres y vont à piquer, la meute.
00:50:09Mais qu'est-ce que j'ai fait au ciel pour que tout craque maintenant ?
00:50:12J'allais avoir l'adresse, je le sais.
00:50:14Je le sais.
00:50:15Allô, allô, mais dépends-toi, Mathias.
00:50:19Ah, ils gueulent tous là-dedans.
00:50:22Dans un sens, vis-à-vis de José, si ce type est réellement dans ses papiers, c'est mieux pour nous.
00:50:26Pour tout le monde.
00:50:27Non, pauvre Louis, tu aurais dû te mettre garçon coiffeur ou quelque chose dans ce genre.
00:50:30Vous en êtes-tu avec Norton ?
00:50:31Il est d'accord pour l'exclusivité, Louis Buster.
00:50:33Buster, Louis.
00:50:34Au début, il croyait à une blague, il avait d'un seul coup drôlement excité.
00:50:36Il est né avant toi, lui, il a du flair.
00:50:38Il a établi la liaison avec Baltimore.
00:50:40Ça ne sert plus à rien, sa liaison.
00:50:44N'importe comment, on peut faire un papier sensationnel.
00:50:46Ouais, c'est nous qui met la trace, non ?
00:50:4820 minutes avec l'assassin.
00:50:50Un papier sensationnel ?
00:50:51Et quoi au bout du papier ?
00:50:53Quelqu'un ? Une photo ?
00:50:55Rien ! Zéro !
00:50:56Ça ne passera pas chemin de 5 en déligne.
00:50:58Allô ? Allô ?
00:51:00Et merde !
00:51:03Norton parlait de venir ici lui-même diriger les opérations.
00:51:08Et tu gardais ça pour toi ?
00:51:09À aucun prix.
00:51:10Il ne faut pas qu'il puisse s'en tirer sans nous.
00:51:11Reste là.
00:51:12Allô ?
00:51:16Norton ?
00:51:17Passez-le-moi.
00:51:19Cronan ?
00:51:20Ben, prends le bon Dieu !
00:51:22Salut, Norton.
00:51:26Non, non, non, rien de grave, non.
00:51:29Non, juste une petite complication.
00:51:31Il a demandé une pause.
00:51:32D'un mi-temps, quoi.
00:51:34D'un mi-temps, quoi.
00:51:34Mademoiselle.
00:51:36Ben, rien de bien précis.
00:51:40Baltimore.
00:51:42Le port, le port, le port.
00:51:44Il peut aussi être ailleurs.
00:51:46Mais non, mais non, je ne sais pas de tomber les ficotés.
00:51:49Seulement, il a fait allusion à une sorte de dancing.
00:51:54Le Vendôme, à Thierry.
00:51:59Je n'ai pas besoin de toi ici.
00:52:00Si tu viens, je coupe la communication.
00:52:02Oui, ben, c'est comme ça.
00:52:04Écoute, écoute, je ne suis pas contre la discussion en général,
00:52:07mais aujourd'hui, j'ai ma dose.
00:52:09Bon, alors, tu prends ou tu laisses.
00:52:12Mais non.
00:52:14Mais non, mais c'est toi qui puis plaider.
00:52:16Mademoiselle, s'il vous plaît.
00:52:18D'accord.
00:52:18On n'aurait parlé plus d'entre nous.
00:52:19D'accord, j'en parle pas plus.
00:52:20Je ne comprends pas.
00:52:24Ah, rendez-vous, je comprends.
00:52:29Mais qu'est-ce que vous m'avez dit avant ?
00:52:30Oui, paracalot, paracalot, avant.
00:52:33Paracalot.
00:52:34Allô.
00:52:35Oui.
00:52:35Mademoiselle.
00:52:36Mademoiselle.
00:52:37Où ?
00:52:37Le monsieur qui téléphone.
00:52:39Le, le, le...
00:52:39Vous faites ?
00:52:40Euh...
00:52:41Au Kyrios qui téléphone.
00:52:43Au Kyrios ?
00:52:43Oui, il faut lui laisser la ligne, mademoiselle.
00:52:45Il a un petit enfant, il a un petit enfant malade.
00:52:47Orite ?
00:52:48Euh...
00:52:49Arrosto.
00:52:50Arrosto, pédaki.
00:52:52To pédaki, n'arrose ?
00:52:53Oui, mademoiselle.
00:52:53Alors, il téléphone ici, ici, c'est hôpital, ici.
00:52:57Ah, non socomion ?
00:52:58Non socomion, voilà, mademoiselle.
00:53:00Alors, il faut lui laisser la ligne.
00:53:02Vous comprenez ?
00:53:03Mademoiselle, vous avez compris ?
00:53:06Katalavès.
00:53:11Mais est-ce que vous avez...
00:53:13Oui, mademoiselle, vous avez compris ?
00:53:15Katalavès.
00:53:17Katalavès.
00:53:18Katalavès.
00:53:18Katalavès, monsieur Chorite, l'Hippoume.
00:53:20Excusez-moi.
00:53:21Ah, merci.
00:53:22Merci beaucoup, mademoiselle.
00:53:24Pour le...
00:53:25Sauf que l'autre ne soit pas foutu le camp, maintenant.
00:53:27Au Kyrios, Lewis.
00:53:29Au Kyrios, c'est du grec.
00:53:31Je n'ai pas retenu l'ordre grec, mais quand j'étais là-bas, je connaissais une cinquantaine de mots.
00:53:35Au Kyrios.
00:53:35Parakalo.
00:53:40Parakalo.
00:53:41Mais ça y est.
00:53:43Ça y est, tu piges.
00:53:45Non.
00:53:46Mais si !
00:53:47Il est dans une boîte grecque.
00:53:49Il doit y avoir une boîte grecque sur le port.
00:53:51Et lui, dedans ?
00:53:52Et lui, dedans, comme un rat dans une nasse.
00:53:53Il s'y sent beaucoup plus à l'aise, beaucoup plus en sécurité que n'importe où d'ailleurs dans Babel.
00:53:57Allô ?
00:53:58Allô ?
00:54:00Dianorton, le premier inspecteur Mourad.
00:54:03Allô ?
00:54:04Allô ?
00:54:05L'inspecteur Mourad, c'est absolument nécessaire ?
00:54:07Absolument, si tu veux un gros titre à la une.
00:54:09Dis-leur qu'il est dans une boîte grecque sur le port, il ne doit pas y en avoir 36.
00:54:11Mais dès qu'ils seront au sale, les carottes seront cuites là-bas.
00:54:13Impossible de reculer, toute la machine sera en route.
00:54:15Mais c'est des fois loin à partir une machine.
00:54:16C'est pour ça qu'il faut les prévenir tout de suite.
00:54:18Allô ?
00:54:19Allô ?
00:54:20Allô ?
00:54:22Allô ?
00:54:23Allô ?
00:54:24Allô ?
00:54:25Allô ?
00:54:26Il est là, Lewis.
00:54:28Il est au bout.
00:54:30Ah, c'est pas du saxo qui devrait jouer.
00:54:33C'est du téléphone.
00:54:34Champion du monde.
00:54:35Allô ?
00:54:37Mathias ?
00:54:38Qu'est-ce qui s'est passé ?
00:54:41J'allais couper ?
00:54:43Je croyais qu'on nous...
00:54:43Je croyais qu'on nous avait coupé.
00:54:46Une compatriote à vous ?
00:54:49Heureusement que vous n'avez pas l'écouteur.
00:54:50C'est le métier qui veut ça.
00:54:54On doit des fois trouver la solution 5-7, oui.
00:54:59Non, ce qui m'étonne, c'est qu'elle n'est pas raccrochée.
00:55:04Ah, elle a essayé, mais la ligne est bloquée.
00:55:07Je ne cherchais pas à comprendre, mon vieux.
00:55:09Ce sont les choses qui arrivent et pour une fois ça tombe bien.
00:55:12Une fameuse chance, oui.
00:55:17Quoi ?
00:55:19Oh, ça ne doit pas durer longtemps maintenant.
00:55:22Ils ne doivent pas être loin de sabler le champagne.
00:55:23Non, ne vous en faites pas pour moi, ça ne me prive pas.
00:55:28Le champagne, après tout, ça n'est qu'une sorte de vin blanc avec un peu d'eau de sel.
00:55:33Mais si !
00:55:35Mais si !
00:55:36Mais bientôt fini tout ça !
00:55:39Si !
00:55:39Et nini, fini !
00:55:41Vos empoisonnements, ils restent.
00:55:45Vous ne me croyez pas ?
00:55:47Ah, vous avez tort.
00:55:48C'est comme si la fin était déjà en route.
00:55:53Ici Price, ici Price.
00:56:06Inspecteur chef Price, inspecteur Gyps.
00:56:09Abandonnez le Vendôme.
00:56:10Smith, signalé dans le port.
00:56:13Ici Gyps, ici Gyps.
00:56:15Bien reçu.
00:56:16Descendons vers le port.
00:56:18Quelle destination exactement ?
00:56:20Secteur nord, limite quai 8.
00:56:23Bien reçu.
00:56:24Bien reçu.
00:56:25Secteur nord, limite quai 8.
00:56:29Attendez-la bien sagement, je vous donnerai de nouvelles instructions.
00:56:32Sans savoir pourquoi, mais je suis inquiet.
00:56:35Justement, non, vous ne pouvez pas vous mettre à ma place.
00:56:37Je ne vous souhaite pas d'y passer un jour.
00:56:39Écoutez, il faut que je n'ai pas le temps d'attendre maintenant.
00:56:41Que je sois obligé de filer d'un instant à l'autre.
00:56:46Ça ne s'appelle même plus de la peur.
00:56:47C'est au-delà.
00:56:50Comme si j'avais trois buts.
00:56:51Non, laissez-moi parler, il faut que je parte d'ici.
00:56:52Quelque chose dans l'air qui ne me plaît pas.
00:56:56Je n'attendrai pas Stéphano Poulos.
00:57:00Je vais rentrer dans ma tanière quelques heures.
00:57:02Et je m'en irai à l'aube sur un petit pétrolier.
00:57:04J'ai un copain qui me fera embarquer, tout est combiné.
00:57:06Je reprends le chemin vers ma vieille maison, le vieux soleil de chez moi.
00:57:11Je vous enverrai une carte lorsque tout sera tassé.
00:57:13Oui, une carte de Prévet.
00:57:16Dans un an peut-être, mais vous l'aurez.
00:57:20Je me préférais lui parler à lui-même, mais je ne peux plus attendre.
00:57:23Je vous ferai la commission, n'oubliez pas.
00:57:25Il faudra qu'il sache le plus tôt possible ce qu'il me reste à vous dire.
00:57:27Non, je vous dis que maintenant, je ne peux plus attendre.
00:57:34Ici Gyps, ici Gyps.
00:57:37Gyps demande de nouvelles instructions à l'inspecteur Chef Price.
00:57:41Bien reçu.
00:57:43Qui est avec vous ?
00:57:44Sergent Smohatti et Van Hoover.
00:57:47Inspecteur Johnson part vous rejoindre avec Sergent Bonnings dans une autre voiture.
00:57:52Vous vous dirigerez ensemble vers le Samos.
00:57:54Pas de sirène.
00:57:55Éteignez les phares.
00:57:56Qu'est-ce que c'est le Samos ?
00:58:00Une boîte grecque.
00:58:01Van Hooks connaît.
00:58:02Gyps, je ne veux pas de chambard.
00:58:06Bien reçu.
00:58:07Ok, pas de chambard.
00:58:11Il faudra d'abord qu'il vienne à Baltimore.
00:58:14Il viendra, il viendra, mais le plus tôt possible.
00:58:15Demain !
00:58:17Moi, je serai parti, mais qu'il vienne demain.
00:58:19Qu'il se rende à l'Athéna Hotel.
00:58:23Il y aura un gros paquet pour lui en consigne au bureau de l'hôtel.
00:58:26Un paquet qu'il demandera de la part de Théodora Tathès.
00:58:31Rien que ce nom, vous verrez.
00:58:32Rien que ce nom le fera changer de visage.
00:58:35C'est celui de la femme qu'il a épousée en 1939 à Salonique.
00:58:39Vous voyez.
00:58:43Oui, il vient avec lui.
00:58:43Et vous savez pas ce que je sais, moi, qu'il ne l'ai jamais vu ni entendu.
00:58:47En 1939, il était à Salonique.
00:58:49Et il a épousé Théodora Tathès.
00:58:53Et ils ont vécu heureux ensemble.
00:58:54Deux ans.
00:58:56Exactement deux ans.
00:58:57Ici, sergent Bonnings.
00:59:11Sergent Bonnings.
00:59:13Vous m'entendez, inspecteur Gyps?
00:59:15Je vous entends et je vous vois.
00:59:18Éteignez vos phares.
00:59:19Qu'est-ce qu'on attend?
00:59:22On attend que Price donne le départ.
00:59:26Bon, alors j'ai le temps d'en griller une.
00:59:28Oh, il doit ignorer qu'il est neuf.
00:59:54Un matin de septembre 1940, il est parti.
00:59:56Elle ne l'a jamais revu.
01:00:00Soi-disant, il partait pour la crête quelques jours.
01:00:02C'est ce qu'il a dit.
01:00:03Je pars pour l'île.
01:00:05Et il n'est jamais revenu.
01:00:07Il faut dire qu'un mois après, c'était la guerre pour nous aussi.
01:00:10Peut-être qu'il fuyait le mariage.
01:00:12Peut-être qu'il fuyait la bataille.
01:00:13Peut-être les deux.
01:00:16Elle est morte au début de l'année suivante.
01:00:19Tout ce qui reste de la réunion passagère, c'est un fils.
01:00:24Il ne porte même pas son nom.
01:00:26Elle n'a rien fait pour obtenir le divorce.
01:00:31C'était une actrice.
01:00:33Une petite actrice.
01:00:35Tates est un homme théâtre.
01:00:37Son vrai nom, elle l'a donné à l'enfant.
01:00:39Elle s'appelait Canely Riadès.
01:00:41Et son fils, Mathias Canely Riadès.
01:00:44C'est moi, monsieur.
01:00:47Sergent Bonings, comment se fait-il que ce ne soit pas l'inspecteur Johnson qui prenne le micro ?
01:00:51Il y a une laryngite ou quoi ?
01:00:54L'inspecteur Mourad a été substitué à Johnson sur sa demande.
01:00:58Et où est-il ?
01:01:00En piste.
01:01:01Il n'a pas pu attendre une seconde de plus.
01:01:03Mon Dieu.
01:01:04Allons-y, Bonings.
01:01:05Rattrapons-le.
01:01:05Je suis venu en Amérique pour gagner ma vie, pas pour retrouver mon père.
01:01:22Sans même désirer le connaître.
01:01:24Pourtant, je savais ce qu'il était devenu.
01:01:26Mais il y a eu cette affaire Mourad.
01:01:29Mourad qui me devait 3 000 dollars et refusait de payer.
01:01:32J'ai décidé de consulter un avocat, Maître Zacharias, un ami de ma mère.
01:01:36Zacharias.
01:01:37106 Church Street, Harrisburg.
01:01:40Vous pourrez vérifier.
01:01:42Il se fait plusieurs affaires à traiter avec lui.
01:01:44Mon permis de séjour, comment coincer Mourad.
01:01:47Je vais lui remettre la valise aux pierres précieuses afin de prouver ma bonne foi en cas de complications.
01:01:53Au dernier moment, je n'ai pas osé lui confier cette valise.
01:01:56Il lui avouait comment je m'en étais emparé la veille, de force, chez Mourad.
01:02:01C'est un homme de loi, il n'aurait pas compris.
01:02:04Je me suis contenté de mon histoire de permis de séjour et je lui ai demandé conseil sur le moyen de me faire payer ma dette légalement.
01:02:09Aucun moyen.
01:02:11Ça compte si peu maintenant.
01:02:12Ce que je veux, c'est que José Stéphanopoulos, mon père, monsieur, consente à m'aider.
01:02:21Je ne lui ai jamais rien demandé, mais il faut qu'il aille personnellement chercher ce paquet.
01:02:24Il trouvera les bijoux dedans et quelques papiers de famille qui lui prouveront que je ne manque pas.
01:02:30Je n'ennuierai plus jamais après ça, mais qu'il y aille et qu'il rencontre aussi Maître Zacharias.
01:02:34Moi, je serai parti.
01:02:39C'est plus facile de prouver son innocence vivant que mort.
01:02:42Et bon, mon père, ce sera peu de choses que mon père fasse ça pour moi.
01:02:45C'est tellement plus facile de se faire entendre.
01:02:46C'est parce qu'on est un Américain riche et puissant.
01:02:50C'est parce qu'on est un petit musicien grec et bâtard.
01:02:54C'est par respect pour lui que je n'ai rien voulu dire encore.
01:02:57Que lui aussi me respecte.
01:02:59Qu'il respecte ma vie.
01:03:00Dites-lui que la dernière fois que j'ai vu Maître Zacharias chez lui, et il le confirmera, c'est le 18 juin.
01:03:08Le 18 juin, le jour de l'assassinat de Mourad.
01:03:11Un vendredi.
01:03:12Le seul vendredi de l'année où je n'ai pas pris le train pour Philadelphie parce que j'allais à Harrisburg.
01:03:16C'est pas à moi, on dit aux filles qu'il suisse.
01:03:19C'est à mon père, c'est lui qui doit en avoir le courage.
01:03:24Je suis allé à Harrisburg.
01:03:25Je n'ai pas pris le train de Mourad.
01:03:27Et la valise, je l'avais depuis la veille.
01:03:29Je la lui avais arrachée de force, mais il était vivant.
01:03:33Vivant !
01:03:33Et il a pris ce train vivant.
01:03:35Et moi, j'étais à Harrisburg.
01:03:40Je ne suis pas un assassin.
01:03:43Mais je ne veux être ni mauvais fils.
01:03:46ni mauvais grec.
01:03:49Ces histoires, ça me concerne, fais-moi.
01:03:54Allô ?
01:03:55Allô ?
01:03:56Il y a un flic qui vient d'être ici, je le vois.
01:03:58Il y en a un autre avec lui.
01:04:00C'est Mourad.
01:04:01Je suis sûr que c'est Mourad.
01:04:02Il ressemble à son frère.
01:04:03Oui, il y a des rapproches.
01:04:05Dites-leur, monsieur, que ce n'est pas moi que j'étais à Harrisburg.
01:04:07Allô ?
01:04:08Allô ?
01:04:09Le turc m'avait.
01:04:10Je tirerai le premier.
01:04:13Dites-leur que je suis innocent.
01:04:14S'il met la main à sa poche, je tirerai le premier.
01:04:16Oh, bien.
01:04:16Ça y est.
01:04:19Allô ?
01:04:20Allô ?
01:04:21Allô ?
01:04:22Allô ?
01:04:23Allô, Spice ?
01:04:24Mathias ?
01:04:26Allô ?
01:04:28Répondez-moi.
01:04:32Allô ?
01:04:32Allô ?
01:04:33Buster Cronan.
01:04:41Il est Los Angeles Chronicle.
01:04:45Oui, c'est moi qui ai déclenché l'alerte, inspecteur.
01:04:47Non, non.
01:04:52Non, il ne s'appelait pas Smith.
01:04:56Pourquoi l'avez-vous tué ?
01:04:58J'avais donné mon arme à Bonnings.
01:04:59Moi, je voulais ce type vivre.
01:05:01Il a tiré le premier, Bonnings l'a eu.
01:05:03De quoi vous a-t-il parlé ?
01:05:05De votre frère.
01:05:10De la Grèce.
01:05:14De la Grèce.
01:05:16Quoi encore ?
01:05:18Allô ?
01:05:19Tu feras l'article, Lewis.
01:05:30Moi ?
01:05:32Il me semble que...
01:05:34Il est mort.
01:05:39Tu l'as assez cherché, non ?
01:05:42C'est trop tard pour revenir en arrière, Buster.
01:05:46Rappelle-toi ce que tu m'as dit.
01:05:47Quand les chiens sont lâchés, s'ils la paient en crève, c'est plus ta faute.
01:05:52C'est la leur.
01:05:57Je pense que les flics vont nous demander un certain nombre d'explications.
01:06:03Peut-être même qu'ils vont nous filer une médaille.
01:06:06Doit bien en exister une pour ceux qui ont réussi à buter un type à coup de téléphone.
01:06:17Tu le tiens, Josée, maintenant.
01:06:31Oh non, mon amour.
01:06:37C'est encore lui qui me tient.
01:06:38Le désir violent et presque sensuel de promener à coup de bras, cette fille, superbe et nue, l'actualité.
01:06:51Rien ne doit arrêter le vrai journaliste.
01:06:54Rien ni personne.
01:06:56Non, ce qui compte, c'est l'information.
01:06:58Comme elle demeure percutante, ces citations extraites de votre oeuvre, mon cher Josée.
01:07:08Regardez, garçon.
01:07:10Regardez, notre Josée.
01:07:13Mais ce qu'il est devenu, ce jeune homme au poil blanc,
01:07:17oui, cette adolescence exagénaire,
01:07:19il le doit au plus beau métier du monde.
01:07:25Le vôtre.
01:07:26N'oubliez ni son exemple, ni sa devise.
01:07:35Il vaut mieux être le premier à se tromper que le second.
01:07:40Bravo.
01:07:40Bravo.
01:07:41Bravo.
01:07:56Bonsoir.
01:08:13Bonsoir.
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