Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 6 jours
DB - 02-01-2026

Catégorie

📺
TV
Transcription
00:00Musique
00:30Ce soir, histoire du docteur Johan Faust, très célèbre magicien et nécromant.
00:39Comment à date fixée, il vendit son âme au diable,
00:41quelles aventures il connut, vécu et provoqua,
00:44avant de recevoir enfin sa récompense bien méritée.
00:47Musique
00:47Je me rends parfaitement compte qu'il peut paraître déplacé ou tout au moins étrange,
00:56et je m'en excuse que la présentation du spectacle ait été confiée ce soir à une simple marionnette.
01:05Quand je dis simple marionnette, c'est une façon de parler.
01:08Je ne suis pas une simple marionnette.
01:11Je m'appelle Kastel, et mon nom est aussi célèbre en Allemagne
01:15que celui de Guignol en France ou que celui d'Arlequin en Italie.
01:19Du XVIIe au XIXe siècle, j'ai été la vedette la plus applaudie, la plus populaire de toute l'Europe centrale.
01:26Et c'est grâce à moi, Kasperl, je ne crains pas de le dire,
01:31que le nom du docteur Faust est passé à la postérité.
01:36Musique
01:36Approchez, approchez messieurs et madames, prenez place.
01:42Ce soir, à la demande générale, docteur Faust, drame allégorique en quatre parties.
01:46Au cours du spectacle, vous pourrez voir Ferdinand, duc de Parme,
01:50Louise, son épouse, Frôlaine de Lucin, de leur servante,
01:52Carlos, Camille de Luc, Johannes Faust, docteur, Johan, Christophe Wagner, son élève,
01:58prendront également par l'action huit esprits infernaux,
02:01nombreuses machines volantes, changements de décor à vue.
02:04Musique
02:05Kasperl, interprétera lui tout seul, un serviteur en voyage,
02:10un envoyé au point du docteur Faust, un homme volant et un veilleur de nuit,
02:13et mettra tout en œuvre pour distraire ses fidèles admirateurs.
02:17Musique
02:17J'étais annoncée, la représentation pouvait commencer.
02:23Pluton sortait alors des enfers, il lançait aussitôt ses démons à la poursuite du docteur Faust,
02:29qui déçut dans sa vaine recherche de la vérité,
02:32parafait alors de son sang le pacte diabolique avec Mephistophélès,
02:37retrouvait jeunesse et beauté, voyait ses souhaits exaucés, jusqu'au moment fatal,
02:42où malgré ses supplications, il était précipité dans les flammes éternelles,
02:47tandis qu'étincelait dans la fournaise la sentence inexorable,
02:53accusatus est, iudicatus est, condamnatus est.
02:57Accusatus, iudicatus, condamnatus.
03:02Voilà comment, pendant plus de deux siècles, on a écrit mon histoire en latin de cuisine,
03:08voilà ce que quelques montreurs de marionnettes ont fait de moi.
03:11Oui de moi, Jean-Just, Faustus, Amélicus Junior, prince de Décrement,
03:16de moi, le réel, le vrai docteur Faust, tel qu'il vécu au XVIe siècle,
03:22de moi, qui pendant 70 ans, est défrayé les chroniques de l'Europe.
03:26Votre réputation était détestable.
03:27Auprès des imbéciles.
03:29En 1528, le conseil communal d'Ingelstad nous a bel et bien chassé de la ville.
03:34Peut-être, mais auparavant, le prince évêque de Bamberg m'avait fait verser 70 fleurins
03:39pour établir son horoscope.
03:42Et c'est à moi que les plus hautes autorités de l'État se sont adressées à 1536
03:46pour obtenir un pronostic valable sur le résultat de la troisième guerre entre Charles Quint et François Ier.
03:52Oui, n'empêche que si un soir à Weimar, le docteur Goethe,
03:57n'était pas venu assister à l'une de mes représentations,
03:59il ne lui serait jamais venu à l'esprit d'utiliser un charlatan de votre espèce.
04:03Un charlatan qui va proprement te régler ton compte, mon petit bonhomme.
04:10Car moi aussi, j'en connais un bout dans vos sortilèves de carton-pâtes.
04:14Et la poudre de l'icapode, c'est moi qui l'ai inventée.
04:17Disparaissez, Casper.
04:18Non, non, non, non, non.
04:18Disparaissez, Disparaissez, Disparaissez.
04:24Plus de Casper.
04:33Oui, commencer à m'échauffer les oreilles, c'est un borton.
04:36Et puis, ne fallait-il pas un peu de magie avant de céder la place à ceux qui m'ont vraiment aimé,
04:49à ceux qui m'ont vraiment compris, aux poètes enfin, aux musiciens, aux compositeurs de génie
04:57qui, pendant plus de quatre siècles, m'ont intercédé pour moi
05:00et dont les visages fraternels m'apparaissent chaque fois que je me penche
05:05sur le miroir transparent de l'éternité.
05:10Le musée imaginaire de l'éternité.
05:15Christopher Marlowe
05:21Le premier, il remit mon dossier entre les mains de Jésus-Christ.
05:28Anglais, miséricordieux, mort à vingt-neuf ans.
05:33Sa fin fut aussi mystérieuse que la mienne,
05:37car en effet, on ne sut jamais ce qu'il advint de moi.
05:40Je disparus d'une façon subtile.
05:45Mon éminent compatriote,
05:50Gotthold Ephraïm Lessie,
05:53il m'a refusé à l'enfer.
05:57Goethe, le plus grand de tous,
06:01toi qui m'as consacré presque entièrement à ta vie,
06:04puisque tu commences à ton faust à vingt-cinq ans pour ne l'achever qu'à quatre-vingts.
06:08Nous avons dû reste au rendez-vous tout à l'heure
06:10avec la première image que tu te faisais de moi.
06:15Je reconnais ce visage.
06:17C'est celui de Nicolas Ouslena,
06:20que la jeunesse romantique avait surnommé
06:22le centre de la douleur universelle.
06:26Certes, je ne l'approuve pas de m'avoir acculé au suicide,
06:29mais je ne lui garde pas rancune.
06:33Je lui donne même une certaine reconnaissance,
06:36puisque le poème qu'il me dédia,
06:39avant de succomber à la folie,
06:41inspira dix ans plus tard au génial Franz Liszt
06:44les cadences de cette Mephisto-Valse,
06:48où je me plais à retrouver ma jeunesse aventureuse,
06:52en proie à toutes les séductions du démon.
06:56C'est parti, c'est parti.
07:26C'est parti, c'est parti.
07:56C'est parti.
08:26C'est parti.
08:28...
08:30...
08:32...
08:34...
08:36...
08:38...
08:40...
08:42...
08:44...
08:46...
08:48...
08:50...
08:52...
08:54...
08:58...
09:00...
09:10...
09:12...
09:30...
09:40...
09:42...
09:44...
09:54...
09:56...
09:58...
10:12...
10:14...
10:16...
10:30...
10:32...
10:34...
10:50...
10:52...
10:54...
11:08...
11:10...
11:28...
11:30...
11:32...
11:34...
11:36...
12:08...
12:10...
12:24...
12:26...
12:30...
12:34...
12:36...
12:38...
12:44...
12:48...
12:50...
12:52...
12:54...
13:10...
13:12...
13:14...
13:16...
13:26...
13:28...
13:30...
13:46...
13:48...
13:50...
13:52...
13:54...
13:56...
13:58...
14:00...
14:02...
14:30...
14:32...
14:36...
14:40...
14:42...
14:44...
14:48...
14:50...
14:52Eh bien, où en sommes-nous ?
14:58As-tu avancé mes affaires avec la jeune fille ?
15:02Dans peu de temps, Marguerite est à vous. Elle vous attend.
15:05Fort bien.
15:06J'ai fait le nécessaire.
15:22Si c'est un grand seigneur, dites-moi qu'il se nomme.
15:41Pauvre Marguerite, elle voudrait bien connaître le nom du gentilhomme qui lui a parlé ce matin quand elle sortait de l'église.
15:52...
16:03Il était un roi de Thurie
16:10Qui, jusqu'à la tombe fidèle
16:16Il était un souvenir de sa belle
16:23Une coupe en âme si solide
16:28Il avait bonne grâce à ce qu'il m'a semblé
16:40Une crée d'or n'avait pas de charbre
16:50Une crée d'or n'avait pas de charbre
16:57Dans des grands jours, il s'en souvait
17:06Et chaque fois qu'il y buvait
17:16Ses dieux se remplissent de l'or n'avait
17:25Quand il sautait venir la mort
17:35Et aujourd'hui sur sa froide couche
17:42Pour l'apporter jusqu'à sa bouche
17:44Et aujourd'hui sur sa froide couche
17:46Pour l'apporter jusqu'à sa bouche
17:48Et aujourd'hui sur sa froide couche
17:52Pour l'apporter jusqu'à sa bouche
17:54Pour l'apporter jusqu'à sa bouche
17:58Comme un pite si près mes poids
18:02Je ne savais que dire
18:04Et j'ai rougi d'abord
18:06Et puis à l'honneur de sa dame
18:16Et puis à l'honneur de sa dame
18:20Et puis à l'honneur de sa dame
18:26Et puis à l'honneur de sa dame
18:28Et puis à l'honneur de sa dame
18:32Et puis à l'honneur de sa dame
18:34Et puis à l'honneur de sa dame
18:37Il vit du monde de l'amour
18:40Il vit du monde de l'amour
18:44La coupe tremble dans ses doigts
18:58Et doucement il rendit l'amour
19:02Il a rendu l'amour.
19:18Sans mes faits, l'inquiétude a gagné à jamais le cœur innocent de la jeune fille.
19:25Que peut-elle bien penser du coffret de bijoux que j'ai glissé dans l'armoire de bois blanc de sa petite chambre ?
19:30Gai un instant, triste le plus souvent.
19:36Elle chante de temps à autre pour se rassurer en regardant passer les nuages sur la vieille muraille de la ville.
19:49Mais quel plaisir un homme aussi instruit que vous peut-il trouver à s'entretenir avec moi ?
19:57Un regard.
20:05Une seule parole de toi m'en dise plus que toute la sagesse du monde.
20:08Pour me ménager, je le sens bien.
20:22Et vous vous inclinez pour ne pas me faire honte.
20:26Comment pouvez-vous baiser ma main ?
20:29Elle est si rude, si peu soignée.
20:31Pourquoi faut-il que la simplicité et l'innocence
20:41méconnaissent toujours ainsi leur sainte dignité ?
20:46Quand vous m'aurez quittée, pensez à moi un tout petit moment.
21:00Et j'aurai du temps de reste pour penser à vous.
21:02Vous êtes donc souvent seule ?
21:12Très souvent.
21:15Notre ménage est modeste, certes.
21:18Mais il faut s'en occuper, nous n'avons pas de servante.
21:20Je dois préparer les repas, balayer, coudre, tricoter, courir du matin au soir.
21:32Et ma mère est exigeante dans les plus petites choses.
21:34C'est pourtant pas le besoin qui la rende ainsi.
21:43Et nous pourrions vivre beaucoup mieux que bien des gens.
21:45Mon père nous a laissé une petite maison et un jardin à l'entrée de la ville.
21:52Mon frère est soldat.
21:56Ma petite sœur est morte.
22:04Un ange, si elle te ressemblait.
22:13Je l'avais élevée.
22:21Elle me met de tout son cœur.
22:34Incident, tu m'as reconnu lorsque je suis entré dans le jardin ?
22:43Vous n'avez pas vu ? J'ai baissé les yeux.
22:49Et...
22:50Tu me pardonnes la liberté que j'ai prise.
22:55Pris ce que j'ai osé faire l'autre jour lorsque tu sortis de l'église.
22:58Je fus profondément troublée.
22:59Jamais une chose pareille ne m'était arrivée.
23:17Y a-t-il eu, me disait-je dans mon attitude, quelque chose d'immodeste ?
23:21De provoquant ?
23:24C'est que vous sembliez disposer du premier coup à me traiter comme une fille, sans plus vous gêner.
23:29Pourtant...
23:32Pourtant...
23:34Pourtant, je l'avoue,
23:38un je-ne-sais-quoi se mit aussitôt à parler en votre faveur.
23:43Et pour tout dire, j'étais furieuse contre moi-même de ne pas vous en vouloir davantage.
23:46Bien aimé.
23:56Bien aimé.
23:57Bien aimé.
23:59Bien aimé.
24:00Bien aimé.
24:01Bien aimé.
24:02Bien aimé.
24:03Bien aimé.
24:04Bien aimé.
24:05Bien aimé.
24:06Bien aimé.
24:07Bien aimé.
24:08Bien aimé.
24:09Bien aimé.
24:10Bien aimé.
24:11Bien aimé.
24:12Bien aimé.
24:13Bien aimé.
24:14Bien aimé.
24:15Bien aimé.
24:16Bien aimé.
24:17Bien aimé.
24:18Bien aimé.
24:19Bien aimé.
24:20Bien aimé.
24:21Bien aimé.
24:22Bien aimé.
24:23Bien aimé.
24:24Bien aimé.
24:25Tu veux faire un bouquet ?
24:33Non, c'est un jeu.
24:36Un jeu ?
24:38Vous allez vous moquer de moi.
24:45Mais, que murmures-tu ?
24:48Il m'aime.
24:51Il ne m'aime pas.
24:53Douce créature du ciel.
24:55Il m'aime.
25:00Non, il m'aime.
25:02Non, il m'aime.
25:09Oui, mon enfant.
25:15Ce que dit cette fleur, c'est l'oracle des dieux.
25:22Il t'aime.
25:23Comprends-tu ce que cela signifie ?
25:27Il t'aime.
25:31Oh, j'aime.
25:31Ne te trouble pas.
25:33Que ce regard, ce serment de main te dise ce qui ne peut s'exprimer.
25:41La joie d'être l'un à l'autre.
25:48De connaître l'un près de l'autre un bonheur sans fin.
25:55Sans fin.
25:56Oh, le meilleur des hommes.
26:18Je t'aime.
26:19Je t'aime.
26:22De tout mon cœur.
26:30Qu'y a-t-il ?
26:31Que me va-t-il ?
26:33La nuit vient.
26:35Il est temps de prendre congé.
26:44Et ne peut-on attendre encore un instant ?
26:47Il est bien tard.
26:59Puis-je au moins vous...
27:00vous accompagner ?
27:04Oh, mais que penserait ma mère ?
27:06Non, il vaut mieux que vous partiez seul de votre côté.
27:12Soit.
27:15Puis-il le faut.
27:18Au revoir.
27:25Au très prochain.
27:27Au revoir.
27:28Au revoir.
27:31Oui.
27:33Au très prochain.
27:36À quoi un homme comme celui-ci n'a-t-il pas appliqué sa pensée ?
28:01Il connaît tout.
28:03J'ai honte devant lui.
28:08Je dis oui à toutes ses paroles.
28:13Et pauvre ignorante que je suis,
28:15je n'arrive pas à comprendre ce qu'il peut bien trouver en moi.
28:18Toute réflexion faite, je crois qu'un amour aussi touchant
28:32aurait peut-être changé le cours de mon existence.
28:37Hélas !
28:38Les servantes particulièrement accueillantes que je fréquentais à la taverne d'Ouerbach
28:43en avaient décidé tout autrement.
28:45Tant pis pour moi.
28:48Et tant mieux pour vous.
28:50En effet, si j'avais bourgeoisement épousé une pure jeune fille,
28:55personne ne se fût intéressé à mon histoire.
28:59Et toi, Goethe, le plus grand poète de toute l'Allemagne,
29:04qui n'aurait certainement pas consacré 50 ans de ton existence à la transfigurer.
29:08Ce fut Gérard de Nerval qui traduisit en français le texte de Goethe.
29:20Après avoir fait de moi le fauste des poètes,
29:25il perdit la raison.
29:27Et le miroir qu'il m'avait tendu un jour dans l'enthousiasme de ses 18 ans
29:33ne s'est jamais terné.
29:38Et c'est sa traduction exemplaire
29:40que Charles Gounod,
29:43premier prix de Rome à 23 ans,
29:45a emporté dans ses bagages
29:47le 27 janvier 1840
29:49à la Villa Médicis.
29:52Le jeune musicien habitait Naples
29:55à la belle saison.
29:57Et c'est à Capri,
29:59entre les pentes du Posilip et les versants du Vésuve,
30:02non loin de la plage
30:03où Gradiela rencontra Lamartine,
30:06qu'il déchiffra face à la mer étincelante
30:09le livre de ma vie.
30:13Et qu'il inscrivit dans ses marges
30:15les premières mesures de l'opéra
30:18qui ne devait composer que vingt ans plus tard.
30:22...
30:23...
30:24...
30:25...
30:29...
30:30...
30:31...
30:32...
30:33...
30:34...
30:36...
30:38...
30:40...
30:41...
30:42...
30:46...
30:50...
31:03...
31:05...
31:07...
31:09...
31:26...
31:30...
31:47...
31:49...
31:51...
32:10...
35:42...
36:01...
36:03...
36:20...
36:22...
36:54...
37:11...
37:13...
37:45...
38:04...
38:06...
38:25...
40:27...
40:44...
40:46...
40:48...
41:05...
41:07...
42:39...
42:58...
44:30...
44:49...
45:21...
45:26...
45:40...
45:41...
46:12...
46:13...
46:17...
46:18...
46:19...
46:20...
46:21...
46:22...
Écris le tout premier commentaire
Ajoute ton commentaire

Recommandations