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00:00Alors Jean-Baptiste Marty du service police-justice d'Europe 1 est donc avec nous.
00:0590 000 policiers et gendarmes mobilisés ce soir, 10 000 rien qu'en Ile-de-France, c'est évidemment conséquent.
00:12Quelles sont les menaces auxquelles ils vont devoir faire face ce soir ?
00:16Tout d'abord il y a la menace terroriste qui est toujours présente.
00:19On est toujours, on le rappelle, en plan vigie pirate.
00:22Et ensuite il y a bien sûr...
00:23Au niveau le plus élevé je crois.
00:24Au niveau le plus élevé, ça reste.
00:28Et ensuite il y a les violences urbaines et qui pourraient commencer dès la fin d'après-midi.
00:32Parce qu'on le rappelle, il y a l'Algérie qui joue son dernier match de face de poule contre la Guinée équatoriale
00:38dans le cadre de la Coupe d'Afrique des Nations.
00:40Match à 17h.
00:42Et à l'issue de ce match, voilà...
00:44C'est un match qualificatif.
00:45Ils sont déjà qualifiés, mais ils pourraient se qualifier directement en quart de finale.
00:49Si je ne dis pas de bêtises.
00:51Et en cas de victoire, on pourrait encore assister à des scènes de violences urbaines dans plusieurs villes de la France.
00:56Comme il y en a déjà eu à Roubaix, à Lille, à Toulouse, à Marseille, à Paris.
00:59On a eu une personne blessée d'ailleurs, je crois que c'était à Toulouse me semble-t-il.
01:03Il y a eu deux personnes blessées.
01:04Avec une automobiliste qui a un petit peu perdu le contrôle de sa voiture.
01:07Qui a eu peur en fait.
01:08Tout simplement deux automobilistes qui ont été prises de panique, qui ont eu peur parce qu'elles ont été encerclées en fait par ses supporters.
01:14Et ces deux automobilistes en fait ont roulé sur un supporter occasionnant des blessures.
01:20Ce qui m'épate quand même, c'est qu'on mobilise autant de forces de l'ordre aujourd'hui.
01:24Et en même temps, on nous dit, bon, à Paris, le feu d'artifice sera bien tiré, je crois, à minuit.
01:30Enfin, il n'y a pas eu de changement par rapport à ça, je pense.
01:33En revanche, on aurait pu avoir un concert vers 23h.
01:37Mais ça, on ne le fait pas parce qu'on a peur des mouvements de foule.
01:39C'est déjà arrivé.
01:40On craint de ne pas pouvoir assurer la sécurité.
01:43Enfin, ce n'est pas la peine d'avoir autant de forces de l'ordre sur le terrain.
01:45pour ne même pas être capable d'assurer la sécurité d'un concert.
01:48Oui, parce qu'on le rappelle, déjà, les forces de l'ordre sont pleinement mobilisées.
01:51On a plus de 30 compagnies de CRS quand même qui sont mobilisées ce soir sur une soixantaine en France.
01:57Donc quand même plus de la moitié des compagnies de CRS, c'est un chiffre énorme.
02:0190 000 policiers, à titre de comparaison, pendant les JO, quotidiennement, c'était 45 000 policiers partout en France.
02:06On est quand même au double sur une soirée.
02:09Voilà, à Strasbourg, moi j'ai eu des policiers au téléphone qui me disaient qu'ils ont été rappelés.
02:1480 % des effectifs doivent être présents ce soir.
02:17Donc voilà, c'est quand même un dispositif très conséquent parce qu'ils s'attendent à des violences urbaines.
02:20Surtout qu'à Strasbourg, il y a tout ce marché des pétards achetés en Allemagne, des fusées, etc.
02:26Parce qu'en Allemagne, c'est autorisé.
02:27Donc voilà, il y a énormément de contrôles qui ont été déjà effectués à la frontière.
02:31Parce que beaucoup de jeunes qui veulent commettre des exactions vont se fournir les jours précédents en Allemagne.
02:37Mais ils ne se rendent pas compte que c'est dangereux.
02:39Et ça a déjà commencé la nuit dernière.
02:41On a eu la nuit dernière, selon une source policière, les policiers ont été appelés pour des feux de poubelle.
02:48Et en fait, c'était un guet-apens.
02:50Ils ont été la cible de mortiers d'artifice.
02:5320 voitures brûlées cette nuit.
02:5520 voitures brûlées ?
02:5614 poubelles brûlées et 3 mineurs ont été interpellés.
03:00Ils sont tellement intelligents, en plus, tellement intelligents, que les voitures qui sont brûlées,
03:07ce sont les voitures de leurs voisins la plupart du temps.
03:10Des gens qui se lèvent tôt le matin pour aller bosser.
03:12Et qui n'ont même plus de voiture pour pouvoir aller travailler le 2, le 3 ou le 4 janvier.
03:17Donc c'est quand même scandaleux de leur part.
03:19C'est ridicule.
03:20Ils ne s'en aperçoivent même pas.
03:22Je ne sais pas si moi je crois qu'ils s'en aperçoivent, mais qu'ils n'en ont rien à tirer.
03:25On va être honnête.
03:26Voilà, soyons clairs.
03:29D'ailleurs, du reste, qu'on soit riche ou pauvre, chacun a le droit de garder sa voiture intacte.
03:32Bien sûr.
03:33Vous avez raison de le dire.
03:34Non mais souvent, ils sont dans les quartiers populaires.
03:37Vous avez raison.
03:37Et c'est eux, c'est les gens qui habitent là, qui souffrent des situations qu'ils leur font vivre.
03:43Non mais vous avez infiniment raison.
03:44Et puis ce qui me frappe, c'est que souvent, on dit, bon, finalement, c'est une tradition, c'est une fatalité.
03:49Il n'y a que un millier de voitures brûlées.
03:51Mais imaginons le drame individuel pour chacun.
03:54Bien sûr.
03:55Il y a l'aspect financier, il y a les démarches administratives, etc.
03:58Donc tout ça, c'est extrêmement compliqué.
04:00Moi, je pense aussi aux forces de l'ordre mobilisé qui ont un coût pour la société.
04:03Il n'y a pas seulement les dégradations.
04:05Il y a aussi la mobilisation un soir de fête de ces gendarmes, de ces policiers.
04:09Le coût affectif, si j'ose dire, je ne sais pas comment l'appeler, humain, c'est-à-dire que c'est des familles qui sont seules, comme pour Noël, comme pour des policiers, des gendarmes.
04:18Mais on va en parler.
04:19On va en parler tout de suite parce que figurez-vous que...
04:21Il y a à ces mots que personne ne semble être capable de juguler au plus haut sommet de l'État.
04:26Figurez-vous que sur Europe 1, Thierry Clair, secrétaire général de l'UNSA Police, est avec nous.
04:31Bonjour Thierry Clair.
04:33Oui, bonjour.
04:34Merci beaucoup d'être là au téléphone avec nous sur Europe 1 ce matin.
04:38On a déjà dit évidemment beaucoup de choses.
04:40Alors c'est vrai qu'on pense à vous parce que vous allez être au boulot ce soir dans des conditions qui ne sont pas forcément faciles.
04:49D'abord, les policiers sont dans quel état d'esprit ?
04:51À souler, les policiers sont résignés à accomplir leur mission, quoi qu'il en soit.
04:57Aujourd'hui, effectuer ces missions de services publics de sécurité dans la police nationale,
05:02mais je pense aussi à nos collègues gendarmes, policiers municipaux et autres, je veux dire, c'est compliqué, c'est difficile.
05:07Comme chaque année, on va avoir de nombreux de nos collègues qui vont passer le réveillon,
05:12non pas autour de leurs proches ou de leur famille, mais qui seront présents sur la voie publique,
05:17dans les services d'investigation, pour traiter les procédures suite aux interpellations,
05:20pour être présents sur le terrain, pour faire de la dissuasion, pour faire de l'interpellation le cas échéant,
05:27pour faire de la prévention, de la dissuasion et de la répression, quoi.
05:30Voilà, parce qu'on est des acteurs de la sécurité, on n'est pas là en tant que spectateurs,
05:34même si quand on passe le 31 sur le terrain, je veux dire, on a des moments de partage de joie aussi
05:40avec des gens qui sont sur la voie publique, mais on est là et on a affaire aussi à des, malheureusement,
05:47quelquefois, des groupes d'individus, alors qu'ils soient sous l'emprise de l'alcool,
05:51de stupéfiants ou autres, ou pas du tout d'ailleurs,
05:54et qui n'ont qu'un objectif, c'est d'exister en commettant des violences,
05:59et qui s'en prennent notamment à nos collègues.
06:01On le voit avec l'utilisation notamment des mortiers d'artifice, en fait, ce sont quoi ?
06:06Ce sont des armes, aujourd'hui ?
06:08Ce sont des armes, ce sont des artifices de divertissement qui sont utilisés comme armes, en fait.
06:13Donc, il y a un détournement de la fonction festive de l'artifice,
06:16on enferme des armes par destination à l'encontre de nos collègues,
06:18mais pas que, je dirais, également à l'encontre de personnes qui sont sur la voie publique
06:23simplement pour fêter le début de la nouvelle année.
06:26Thierry Clair, une question.
06:28Quand le ministre de l'Intérieur, votre ministre de tutelle,
06:33dit ce soir « tolérance zéro », mais bon, on ne pourra pas éviter les débordements,
06:37vous répondez quoi ?
06:39C'est vrai que c'est une réalité dans le sens où « tolérance zéro »,
06:42ça veut dire qu'en fait, on ne va pas être passif,
06:44ça veut dire que dès lors qu'il y aura des exactions,
06:46dès lors qu'il y aura des tirs de mortiers, il y aura intervention.
06:50Donc ça, c'est ce qu'on appelle effectivement la « tolérance zéro »,
06:52on ne va pas tolérer effectivement des dépassements et des exactions.
06:56Cela étant, on sait, parce que ça se passe malheureusement tous les ans,
07:01depuis déjà un certain nombre d'années comme ça,
07:03qu'il y aura des exactions, qu'il y a des risques de violence,
07:06qu'il y a des risques de dérapage,
07:07et que nos collègues sont là pour tenter de contenir les mouvements de foule,
07:12et puis également faire face à de potentiels risques terroristes,
07:17qui sont toujours présents, vous l'avez dit tout à l'heure.
07:19On a des services d'ailleurs de renseignement qui ont déjoué tout au long de l'année
07:24plusieurs attentats, plusieurs projets d'attentats terroristes.
07:27On en a eu en janvier, de mémoire en avril, au mois d'août, septembre et octobre,
07:33des projets d'attentats terroristes qui étaient déjà très très bien avancés,
07:37et sur lesquels nos collègues du renseignement,
07:39de la DGSI, de la DRPP, ou également des renseignements territoriaux,
07:43je veux dire, ont pu apporter des informations, mener des enquêtes,
07:48et déjouer ces projets d'attentats qui auraient malheureusement commis,
07:54enfin qui auraient eu pour conséquence en tout cas de nombreuses victimes.
07:57Thierry Clerc, secrétaire général de l'UNSA Police,
08:00est avec nous sur Europe 1 ce matin.
08:02Vous restez avec nous, j'ai encore une question à vous poser.
08:07Je vais donner la parole à Frédéric de Bordeaux dans un instant,
08:12mais avant, je termine avec Thierry Clerc du syndicat UNSA Police, effectivement,
08:17parce que, je le disais, on pense à vous,
08:20parce que ce soir, on sait que ça va être parfois difficile, inévitablement.
08:25J'ai envie de vous dire, vous qui êtes policier,
08:27quand vous partez de chez vous comme ça, en ce jour, en cette veille du Nouvel An,
08:33et que vous allez sur le terrain, que vous savez que ça va être difficile,
08:36c'est votre boulot, d'accord, on le sait, vous êtes formés pour ça, bien entendu,
08:40mais quand même, est-ce qu'il n'y a pas une petite appréhension ?
08:43Qu'est-ce que vous vous dites ?
08:45Et qu'est-ce que vous dites à vos familles, à vos femmes, à vos enfants ?
08:48Je pense qu'en fait, les familles sont plus inquiètes que des collègues,
08:53et que même moi, quand j'ai été en activité,
08:57en fait, ce sont les familles qui sont les plus inquiètes.
08:59Quand on est policier, on ne part pas au travail avec la peur aux ventes,
09:03par contre, on a l'appréhension de certaines missions,
09:06et je dirais, dans la difficulté, vous savez, vous avez une montée d'adrénaline
09:09qui fait que, en fait, vous n'avez pas la peur aux ventes,
09:12mais vous faites vos missions, vous assumez vos fonctions
09:15sur des situations difficiles, tendues, dangereuses,
09:19mais en fait, vous assumez véritablement votre fonction,
09:21et vous ne pensez pas au reste.
09:23Ça étant, je dirais, c'est plus aussi, après, les implications que ça peut entraîner,
09:27il faut travailler dans le respect des textes, dans le respect du droit,
09:30ce qui est tout à fait normal,
09:31et je veux dire, on a souvent, en face de nous,
09:34des gens qui, eux, ne respectent rien, n'ont pas le droit en tête,
09:37et je veux dire, voilà, il faut faire face à tout ça.
09:39Et donc, c'est plus cette difficulté-là qui...
09:41Et donc, il y a quand même une crainte d'intervenir, parfois, peut-être,
09:45parce qu'on se dit, s'il n'y a pas, je risque pour moi, pour ma carrière, etc.,
09:50comme c'est arrivé à d'autres moments, et ça arrive régulièrement, quand même.
09:53Bien sûr, en fait, comment j'interviens au mieux ?
09:55Qu'est-ce que je dois faire ?
09:56Alors, voilà, sur le coût de l'action, on n'y pense pas vraiment,
09:58mais après, voilà, il faut habiller droit l'ensemble des procédures,
10:02il faut travailler dans le respect du droit aussi,
10:03et puis, en face de nous, il y a des gens qui ne respectent rien,
10:06et surtout pas le droit, et donc, voilà,
10:08et c'est cette situation aussi qui fait qu'avec les réseaux sociaux,
10:11des images qui sont, des captations d'images qui sont dévoyées,
10:15parce qu'en fait, c'est seulement une partie d'une action
10:17qui peut être ensuite diffusée, qui peut faire le buzz sur les réseaux,
10:20forcément, chaque policier, à un moment donné, peut y penser,
10:23et peut avoir ça en tête, et donc, voilà, ça, c'est une réalité aussi.
10:26Cela étant, nos collègues travaillent vraiment avec l'abnégation,
10:29ils vont faire le boulot, ils seront présents sur le terrain,
10:31et, comme d'habitude, je veux dire, on a des collègues qui auront été rappelés,
10:36d'autres qui vont faire des heures supplémentaires,
10:38qui vont être loin des proches, loin de leur famille,
10:42et, voilà, qui vont assumer le service public,
10:44de la sécurité, de la sécurité publique,
10:46pour que chacun puisse, en tout cas, faire le réveillon
10:49dans les meilleures conditions possibles.
10:50En tout cas, 90% des Français, c'est ce que disent les études,
10:54soutiennent leur police, et ça, c'est quand même plutôt réjouissant,
10:57j'ai envie de dire, ceux qui posent problème, ce sont les 10% restants,
11:01bien entendu, qui, souvent, sont ceux qui crient le plus fort aussi,
11:04donc, forcément, on en parle, mais c'est vrai qu'il faut le reconnaître,
11:07les Français sont derrière leur police, et c'est plutôt une bonne nouvelle,
11:11et on vous souhaite, évidemment, à vous, le meilleur
11:14pour cette nuit du nouvel an, et pour 2026,
11:17mon cher Thierry Clerc, qui était avec nous, donc, sur Europe 1.
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