00:00Et vous voulez nous parler ce matin de l'exécutif et d'une petite musique qui vous agace, Arthur ?
00:04Oui, parce que plus l'orchestre gouvernemental l'entonne, ou plutôt l'annonne, plus cette mélodie sonne faux.
00:11Hier encore, il fallait voir Maude Bréjon, la porte-parole du gouvernement, Roland Lescure, le ministre de l'Économie,
00:18et Amélie de Montchalin, la ministre du Budget, tous les trois sortant du Conseil des ministres
00:23et nous expliquant que la loi spéciale n'était, je cite, « pas un budget », que ce service minimum était un risque maximum
00:32et que, tenez-vous bien, ils en appelaient à l'esprit de responsabilité de la classe politique
00:38pour parvenir à un compromis budgétaire dès la rentrée de janvier, soit mot pour mot,
00:44ce qu'ils martelaient déjà en octobre, puis en novembre, qu'ils continuent de dire en décembre
00:49et qu'ils rediront sans doute en janvier, avec le résultat que l'on connaît, une impasse
00:55où les positions restent irréconciliables entre la droite et la gauche
00:59et où le bloc central reste, lui, spectateur, en imaginant qu'il suffira de nier suffisamment longtemps
01:06la réalité pour que les choses finissent miraculeusement par changer.
01:10Je peux me tromper, Arthur, mais je vous sens demi-convaincu.
01:13Vous ne vous trompez pas et d'ailleurs, je ne suis pas le seul à être à moitié convaincu
01:16parce que même si les ministres donnent le change pour l'instant, les lignes sont en train de bouger au sommet de l'État.
01:22Emmanuel Macron ne prend d'ailleurs même plus la peine de faire semblant,
01:25que ce soit devant son gouvernement ou auprès de ses interlocuteurs.
01:29Le président de la République ne cache plus son mécontentement et surtout son empressement.
01:35Je le cite, il est temps de mettre fin aux ultimes négociations, a-t-il tranché hier soir.
01:42Autrement dit, si un accord n'est pas trouvé dans les 15 jours, le chef de l'État demandera, exigera de Sébastien Lecornu
01:49qu'il prenne ses responsabilités et donc qu'il y ait recours soit aux ordonnances, soit au 49-3.
01:55Deux éléments que refuse le Premier ministre pour l'instant.
01:58La question qui se posera alors, c'est que fera le chef du gouvernement ?
02:02Eh bien, il aura le choix entre deux options, deux options qu'il connaît déjà.
02:06Soit la démission, il l'avait fait début octobre, soit la contrition, il l'a déjà fait sur les retraites.
02:11Sous-titrage Société Radio-Canada
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