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  • il y a 6 semaines

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Transcription
00:00Vous parliez de colère, écoutez la colère des agriculteurs, écoutez Hervé Lapis, secrétaire général de la FNSEA,
00:05à Elver dans le Grand Est, qui a réagi ce matin au courrier du Premier ministre envoyé vendredi soir au syndicat agricole.
00:11Nous sommes déçus et nous demandons au Premier ministre de revoir sa copie
00:14parce qu'effectivement il y a un enjeu assez marqué sur l'écheur de la future politique agricole commune
00:19où on a martelé au Premier ministre que dans l'Union Européenne, la France c'est le premier pays agricole.
00:25Manifestement, les politiques français ne sont pas la manœuvre pour défendre les paysans français.
00:29Il manque tous les sujets autour de l'indemnisation des animaux bloqués dans le cadre de la vaccination aujourd'hui.
00:34Donc ce courrier, on a fait notre réponse avec tous ces éléments-là, le conjoncturel, le structurel.
00:40Il faut une véritable ambition pour que la culture française redevienne un pilier stratégique de la nation.
00:45Trois hivers, trois mobilisations, 2023, 2024, 2025.
00:49Si on exclut un tout petit peu les raisons particulières de cette colère agricole en ce moment,
00:55notamment la dermatose ou le mercosur, si on prend un tout petit peu plus de hauteur,
00:59a-t-on une vision claire de l'agriculture française aujourd'hui, de ce que l'on veut ?
01:03Est-ce que ce n'est pas là le problème ?
01:05Il semble le dire Hervé Lapie dans le son que l'on vient d'écouter dans sa déclaration.
01:10Finalement, les agriculteurs, ils sont peut-être perdus.
01:13On leur demande d'être compétitifs, on leur demande plutôt d'avoir une taille familiale,
01:18on leur demande aussi d'être...
01:19Ils croulent sous les contraintes écologiques et environnementales.
01:22Peut-être qu'on demande trop de choses sans avoir une vision claire.
01:26Thomas Bonnet.
01:26Oui, et en plus, on ne va pas demander à Sébastien Lecornu,
01:29englué dans les questions et les débats budgétaires,
01:32qui de son propre aveu dit qu'il est le Premier ministre le plus faible de la Ve République,
01:37de répondre par un courrier en une après-midi
01:39sur quelle orientation pour la politique agricole de la France sur les 40 prochaines années.
01:43Évidemment qu'il n'est pas en mesure de le faire.
01:46Mais est-ce qu'il faudrait le faire quand même ?
01:47Mais bien sûr qu'il faudrait le faire.
01:48Après, le problème, c'est que vous avez plusieurs problèmes.
01:51D'abord, il y a plusieurs types d'agriculture, évidemment.
01:52Et donc, les éleveurs, aujourd'hui, on a bien compris que c'était les parents pauvres
01:56de l'accord sur le Mercosur, parce que d'autres filières vont, à l'inverse, en profiter.
02:01En revanche, pour les éleveurs, évidemment, ce sera très compliqué.
02:03Donc, qu'est-ce qu'on fait avec les éleveurs ?
02:04Ça, c'est une véritable question politique.
02:06Et ce que je constate, c'est que partout, quasiment dans tous les partis politiques,
02:10il y a un double discours entre ce qu'on essaye de faire croire,
02:14de dire aux agriculteurs, et puis ce qui se passe dans la réalité.
02:16La réalité, ce sont les votes au Parlement européen,
02:18où la droite, par exemple, est alliée au PPE d'Ursula von der Leyen,
02:22où Emmanuel Macron dit au Brésil qu'il est pour le Mercosur,
02:26dit à Bruxelles autre chose.
02:27Vous voyez, ce double discours, ça devient inaudite pour les agriculteurs.
02:29Ils ont besoin qu'on leur explique, et ils ont l'impression, à mon avis,
02:32à juste titre, d'être un peu les sacrifiés de la mondialisation,
02:36vantés par une grande, grande partie de notre échec et politique.
02:38Ce discours-là, ça fait longtemps qu'on l'entend, les sacrifiés de la mobilisation.
02:42Sauf que là, ça fait depuis 40 ans, disons, qu'il y a cette marche forcée,
02:45et les agriculteurs se réduisent d'année en année.
02:49Ils veulent continuer à exister, pardonnez-les,
02:50ils ont envie de continuer à faire vivre leurs troupeaux
02:52comme leurs ancêtres le faisaient.
02:55Moi, je pense que ça se défend, je pense qu'il faudrait justement
02:57pouvoir leur permettre de le faire.
02:59Mais ils n'arrivent pas à se faire entendre, c'est ça ?
03:00J'ai l'impression qu'il y a un dialogue impossible, justement.
03:02Parce qu'il y a d'autres intérêts, d'autres côtés,
03:04qui sont, à mon avis, aussi soutenus par des lobbies,
03:06notamment par le membre européen.
03:07Moi, je trouve tout au contraire qu'ils arrivent à se faire entendre
03:10et que les paysans, les ploucs, pour reprendre les expressions
03:15que l'on peut entendre dans les milieux parisiens,
03:17sont à l'avant-garde, précisément, de cette révolution conservatrice.
03:19Vous avez raison de dire qu'en effet, l'agriculture a été sacrifiée
03:22depuis 40 ans sur l'autel du mondialisme.
03:25Et on s'est dit qu'effectivement, la souveraineté alimentaire,
03:27comme toutes les autres souverainetés, même industrielles,
03:29n'avaient plus d'intérêt dans une sorte de grand marché de libre-échange.
03:33Et on se rend compte aujourd'hui que ça a été une erreur de jugement.
03:35qu'aujourd'hui, vous avez partout en Europe, partout en France,
03:37partout dans le monde, un retour aux frontières et aux nations
03:40et aux peuples, naturellement.
03:41Et les agriculteurs, qui ne représentent que maintenant 1,5% de la population,
03:47fédèrent une grande majorité de Français
03:51qui, comme eux, ne veulent pas disparaître.
03:53Et c'est ceci qui apparaît au-delà de leur combat.
03:55C'est un véritable combat existentiel
03:57qui est mené par cette France que j'ai appelée la France des oubliés,
04:00la France des invisibles, la France ordinaire.
04:02Dans le fond, cette France qui, en effet, n'apparaissait plus
04:05dans les radars des politiques qui étaient obnubilées
04:07par Davos, par Soros et tous ces mots en os, si je puis dire, pardon.
04:12Et qui, aujourd'hui, on se rend compte aujourd'hui
04:15que tous ces peuples-là, qui ont été donc vulnérabilisés
04:19par une mondialisation impensée et par une immigration
04:22qui allaient être paire, naturellement,
04:23avec un sans-frontierisme,
04:26que toute cette population se réveille, se réveille en colère.
04:29Et cette colère des paysans, en l'occurrence,
04:31même si elle est minoritaire en nombre,
04:34est très majoritaire, me semble-t-il, dans les esprits français.
04:36Et donc, c'est pour ça que je pense qu'il faut faire très attention
04:38aux répercussions politiques.
04:41D'ailleurs, le gouvernement fait très attention
04:42à ces répercussions politiques, bien sûr,
04:44parce qu'au-delà de cette colère-là,
04:46c'est une colère qui pourrait rejoindre, notamment,
04:48la colère même des gendarmes.
04:50On a vu que des agriculteurs se sont mis à genoux
04:52devant des gendarmes pour dire qu'ils étaient
04:54du même bord, si je puis dire,
04:56et qu'ils défendaient la même cause.
04:57Et l'on peut imaginer, peut-être dans des situations tendues,
04:59que certaines forces de l'ordre
05:01ne refusent, effectivement,
05:05d'avoir à répondre
05:06à des assauts
05:09trop brutaux, par exemple.
05:10Je prends cet exemple-là, parce que j'ai l'image
05:12de ces agriculteurs
05:14qui chantent la marseillaise devant
05:16des gendarmes en se mettant à genoux.
05:18Donc, il y a quelque chose de très important
05:20de l'ordre d'un phénomène révolutionnaire,
05:23de mon point de vue, j'insiste là-dessus,
05:24je pense qu'on vit vraiment la fin d'une époque
05:26à tout point de vue,
05:27au point de vue politique,
05:28mais au point de vue sociologique,
05:29au point de vue environnemental,
05:31et que tout ceci
05:34donne à ce qu'on avait appelé
05:38la France moisi.
05:39Vous vous souvenez,
05:40Soler avait parlé de la France moisi
05:41d'une manière très dédaigneuse,
05:43en parlant justement de cela,
05:44en parlant de ces agriculteurs,
05:45enfin de ces provinces-là.
05:46C'est cette France moisi
05:48qui est en train d'ouvrir la voie
05:49à, me semble-t-il, un nouveau monde.
05:51Thomas Bonnet ?
05:52Oui, après l'ère de la mondialisation,
05:53c'est un peu l'ère de la souveraineté,
05:55le retour à la souveraineté.
05:57D'ailleurs, je note avec ironie
05:58que l'intitulé du ministère de l'Agriculture,
06:00c'est Ministère de l'Agriculture
06:01et de la Souveraineté Alimentaire.
06:03En fait, c'est là toute la question.
06:04C'est-à-dire que,
06:05quand vous êtes à la tête
06:06d'un pays comme la France,
06:07vous avez normalement
06:08la nécessité de décider
06:10quels sont les secteurs
06:11qui sont souverains.
06:12Et il se trouve qu'à mon sens,
06:13l'alimentation en fait partie,
06:15et je pense qu'il est important
06:16qu'on garde,
06:16qu'on conserve sur notre territoire,
06:18ceux qui nous nourrissent chaque jour,
06:20avec les normes que nous avons choisies,
06:22avec les codes, les valeurs,
06:23les traditions que nous avons choisies.
06:24Ce qui est vrai pour l'agriculture,
06:25d'ailleurs, est vrai pour
06:26tout un autre tas de secteurs
06:27qui font moins de bruit,
06:29qui sont moins mobilisateurs,
06:30mais dans les secteurs de la santé,
06:32de l'industrie, de l'armement,
06:33vous avez tout un tas de secteurs,
06:34là aussi,
06:35qui participent à notre souveraineté
06:37et qui sont bradés,
06:38malheureusement, trop souvent.
06:39Un mot très courant.
06:39Et là encore, on voit Macron
06:41essayer de corriger
06:42une autre posture,
06:43une autre de ses erreurs
06:44qui est effectivement
06:45d'avoir décidé que les souverainistes
06:47n'étaient pas crédibles.
06:49Et aujourd'hui,
06:50à travers son refus qu'il a
06:51du Mercosur
06:53qu'il a accepté auparavant
06:54parce que ça répondait
06:55à son libre-échangisme,
06:56il se rend compte aujourd'hui
06:56qu'il s'est trompé
06:57et qu'il essaye maintenant
06:58de défendre la souveraineté agricole,
07:00mais c'est sans doute
07:00trop tard pour lui.
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