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  • il y a 2 mois

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00:00Europe 1 soir week-end, 19h, 21h, Stéphanie Demureux.
00:04Toujours en compagnie d'Antonin André et Raphaël Stainville, on parlait il y a quelques instants avec le restaurateur très en forme, Stéphane Manigold, de ses barrages, notamment la colère des agriculteurs.
00:16Alors c'est vrai que, je ne sais pas si vous avez remarqué tout à l'heure, des taxis qui venaient, des pompiers, on peut évidemment se poser la question d'une convergence des luttes, puisqu'il y a beaucoup de colère dans le pays.
00:27Sébastien Lecornu a échoué hier à avoir un budget.
00:32C'est vrai qu'on peut peut-être se dire que le mois de janvier ne va pas être simple pour le gouvernement d'Antonin André, c'est un euphémisme.
00:40Oui, c'est vrai que la crise agricole, c'est toujours délicat à gérer pour les autorités publiques, parce que ce sont des professions qui sont assez populaires, dont on considère que la cause est assez légitime,
00:52et qui sont des gens qui sont très bien organisés et qui savent parfaitement mener des actions pour bloquer le pays sans la plupart du temps de violence.
01:02D'ailleurs, c'est important de le souligner, c'est-à-dire que les seules fois où il y a des débordements, c'est souvent dû à des individus d'ultra-gauche.
01:07Et donc, c'est un sujet très délicat à gérer pour le gouvernement.
01:09En plus, vous avez ce week-end les départs en vacances, et on sent effectivement une fébrilité dans un certain nombre de professions,
01:16et tout ça est renforcé par l'incertitude budgétaire qui s'annonce très compliquée, parce qu'après la semaine qui vient de s'écouler,
01:24Sébastien Lecornu n'a aucun espoir de faire adopter un budget d'ici la fin de l'année, ce qui veut dire aussi qu'il y aura une loi spéciale,
01:30mais surtout que les discussions budgétaires vont reprendre en janvier.
01:33Donc, le feuilleton n'est pas terminé, et l'incertitude qui pèse aujourd'hui, notamment sur l'économie et sur les marchés,
01:39est de plus en plus préjudiciable, à mon avis, à l'économie française.
01:42Raphaël Stambit.
01:44Oui, je partage ce que vient de dire Antonin.
01:46J'ajouterais que pour les agriculteurs, certes, ils sont organisés,
01:52certes, leur colère est légitime et très bien comprise par les Français,
01:57mais il y a un facteur supplémentaire, je dirais, c'est que c'est une profession qui aujourd'hui est au bord de l'asphyxie,
02:05au bord du gouffre, ils n'ont plus rien à perdre à continuer ce mouvement.
02:09Pour beaucoup d'entre eux, on parle des agriculteurs comme s'ils faisaient tous le même métier,
02:15il y a des variantes en fonction des différents secteurs entre l'élevage et les céréaliers,
02:20et pour autant, un grand nombre d'entre eux n'ont plus rien à perdre dans cette affaire,
02:25parce qu'ils ont déjà tout perdu, parce qu'ils sont asphyxiés par les dettes,
02:28et donc s'ils ne sont pas entendus et compris suffisamment soutenus par le gouvernement,
02:33il y a à craindre que malheureusement, ce mouvement ne prenne de l'ampleur et peut-être ne se radicalise.
02:41Raphaël Stambit a raison quand même de préciser qu'il y a plein d'agriculteurs différents dans ce pays,
02:46on le voit avec le prisme du Mercosur, c'est vrai que beaucoup le critiquent,
02:49mais beaucoup l'appellent de leurs vœux aussi.
02:52Les viticulteurs, les producteurs de fromage et d'autres secteurs, comme l'automobile, ça n'a rien à voir.
02:57La difficulté là, c'est qu'on agrège différents sujets,
02:59il y a un climat de misère et de difficultés chez les agriculteurs, mais qui n'est pas nouveau,
03:05sur lequel l'événement de la dermatose nodulaire est venu allumer, j'allais dire, un foyer.
03:12Et c'est là où il faut quand même aussi faire preuve de discernement,
03:14c'est-à-dire qu'on ne peut pas dire que le gouvernement n'ait pas pris les mesures qu'il fallait en fait,
03:19pour endiguer cette épidémie, c'est douloureux pour les agriculteurs qui sont frappés.
03:23Mais en Savoie et dans l'Ain, cette épidémie a été jugulée par les mesures qu'ont pris le gouvernement.
03:28Et on sait que ce qui a provoqué les épidémies dans le Sud-Ouest,
03:32ce sont les transports de bec malade.
03:34C'est ce que disait un jeune agriculteur d'ailleurs.
03:36Non, si vous voulez, il faut aussi garder un peu de discernement.
03:39C'est-à-dire que c'est difficile de mettre en accusation le gouvernement,
03:42de ne pas faire ce qu'il faut pour protéger l'élevage français.
03:43Non, mais vous l'avez dit vous-même, c'est ce qui a allumé la flamme.
03:47Moi, je ne suis pas tout à fait d'accord avec Antonin.
03:49Certes, le gouvernement essaye de faire ce qu'il faut,
03:52mais il y a un retard à l'allumage du côté du gouvernement,
03:56parce qu'un certain nombre de syndicats, à l'exception de la FNSEA,
03:59depuis des mois réclamaient, dès lors que cette maladie est apparue,
04:04une vaccination généralisée de tous les cheptels.
04:07Et il a fallu que la FNSEA, de manière très tardive,
04:10après que le sud-ouest soit touché,
04:13consente à faire vacciner les cheptels.
04:17Mais encore qu'aujourd'hui, ce n'est que très localisé.
04:20Il est probable que cette solution devrait déjà être généralisée
04:24pour éviter justement l'abattage systématique des cheptels
04:29qui est vécu de manière insupportable par les éleveurs.
04:33Sauf qu'il y a un problème d'approvisionnement.
04:34C'est-à-dire que ça avait déjà été le cas en Savoie et dans le Doubs plus récemment.
04:42Produire des masses de vaccins, il y a 17 millions de têtes de bovins en France,
04:46donc produire autant de vaccins aussi vite, c'est très compliqué.
04:49Ce qui fait qu'on concentre les campagnes de vaccination dans les régions...
04:52Il est bien connu qu'il y a des frontières qui sont imperméables
04:58entre le sud-ouest, le grand est...
05:01On interdit de transporter les animaux dans les régions malades.
05:04Je vous rappelle que c'est les mouches, les moucherons, les thons,
05:07les thons qui véhiculent cette maladie.
05:09Ils n'ont pas les thons, ils sont dans la mer.
05:11Antoine André, est-ce que les services, par exemple ceux de Laurent Nunez,
05:18que je crois que vous avez interrogé, interviewé pour le JDD demain,
05:21est-ce qu'ils craignent justement un mouvement d'ampleur,
05:24une convergence des luttes pour le jardin ?
05:25Laurent Nunez est très prudent et très précautionneux avec la crise agricole,
05:28dont il dit lui-même qu'il a à cœur de faire en sorte
05:31que cette colère puisse s'exprimer et qu'elle est d'une certaine façon légitime.
05:35Donc le gouvernement n'a pas d'attitude de répression frontale et brutale
05:39vis-à-vis des agriculteurs.
05:41Ce qui se passe, c'est que les Français partent en vacances
05:43et qu'il faut concilier la liberté de mouvement et d'aller y venir pour les uns
05:46et le droit de manifester pour les agriculteurs.
05:48Donc il redit dans l'école du JDD à paraître demain
05:51qu'il n'y aura plus de nouveaux points de blocage qui seront tolérés.
05:55C'est ce qu'il disait hier.
05:57Ensuite, tout dépend du nombre d'actions qui peuvent être menées simultanément
06:00et qui peuvent, le cas échéant, certains peuvent échapper aux forces de l'ordre.
06:03Alors, le reste du temps, quand il y a des points de blocage,
06:06ça a été le cas à Carcassonne, ça a été le cas au Goulou,
06:08les autorités locales, c'est des négociations qui se font vraiment localement,
06:11le préfet discute avec les agriculteurs
06:13et bien souvent, on trouve un accord pour laisser une voie de passage
06:16et pour faire en sorte que la circulation puisse quand même se déployer.
06:18Mais il y a une volonté très ferme tout de même dans la parole publique
06:21de dire, nous n'accepterons pas de nouveaux blocages
06:24et d'une certaine façon qui anticipe le risque,
06:28effectivement, on l'a vu, d'une contagion de ce mouvement
06:31qui serait évidemment ce qu'il y a de pire qui puisse arriver pour le gouvernement.
06:34Est-ce qu'on le craint au lieu ?
06:35C'est toujours redouté par un gouvernement.
06:37Il y a toujours une crainte qu'un mouvement,
06:39surtout comme celui qui est porté par les agriculteurs,
06:41qui est populaire, puisse agréger d'autres luttes.
06:43Vous avez parlé des taxis,
06:45il y a peut-être d'autres professions qui pourraient avoir la tentation
06:47de s'agréger à ce mouvement.
06:49Voilà, la situation économique est difficile pour tout le monde.
06:52C'est vrai qu'on parle beaucoup de charges, de taxes et de contraintes
06:54et que c'est durement ressenti par certains corps professionnels.
06:58Le gouvernement suit ça d'extrêmement près
07:00parce qu'effectivement, rien ne dit que ce mouvement s'éteindra
07:03avec les fêtes de fin d'année.
07:04Avec un nouveau record de la dette publique,
07:06il y a quelques jours,
07:08117% du PIB quand même.
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