00:00Bonjour Christophe Bex.
00:01Bonjour et merci de votre accueil, de nous recevoir et d'être venu directement sur le barrage de la 64.
00:06Député du secteur LFI, cette septième circonscription de Haute-Garonne.
00:11Il se l'a depuis huit jours, vous êtes déjà venu ces huit derniers jours, Christophe Bex, les soutenir ?
00:15Oui, je suis venu dès le premier jour justement occuper ce rond-point parce que ça m'interpelle justement.
00:20Nous, ça fait cinq mois qu'on avait alerté la ministre, dès le mois de juillet, dès qu'il y a eu le premier cas en Savoie,
00:25une de mes collègues, Manon Meunier, était allée auprès de l'éleveur et on avait élaboré un protocole,
00:29c'est-à-dire qu'on avait déjà travaillé sur ce sujet-là, sur la dermatose,
00:32et on avait soumis ce protocole à la ministre, et on voit que ce protocole a été repris justement par les organisations syndicales.
00:38Retard, selon vous ?
00:39Disons qu'il y a un manque d'impréparation, je veux dire, quand on est face à une épidémie,
00:43et je pense que cette épidémie, il y en aura d'autres, il fallait mettre en place directement ce protocole,
00:48c'est-à-dire éliminer les bêtes qui sont malades et protéger celles qui ne sont pas malades,
00:52c'est-à-dire avec quarantaine et vaccination massive.
00:54Là, on abat tout un troupeau, dès qu'il y a un cas aujourd'hui, 400 000 doses de vaccins qui sont arrivées,
00:59et est-ce qu'enfin, ça va dans le bon sens, cette politique du gouvernement ?
01:01Alors, il y a un affléchissement qu'on peut dire, mais 400 000 doses, il y a 17 millions de bovins en France,
01:06il faut faire une vaccination massive, et ce qu'on peut reprocher, c'est qu'on n'a pas anticipé, pas prévu, pas planifié,
01:11et que là, ils espèrent avoir un million de vaccins, mais sauf que les vaccins, ils viennent des Pays-Bas.
01:16Donc là, il y a déjà un problème, qu'on ne fabrique pas nos vaccins,
01:19et il aurait fallu plus s'anticiper, et non pas être dans la crise.
01:22À chaque fois, le gouvernement réagit quand il y a une crise, quand les gens se mobilisent,
01:26il faut anticiper, parce que ce genre d'épidémie, il y en a déjà eu, il y en aura d'autres dans les mois et dans les années qui viennent.
01:31Il n'y a pas de nouveau cas officiel ces dernières heures, sauf si vous nous donnez une information ce matin,
01:35est-ce que ça veut dire qu'on voit le bout du tunnel ou pas ?
01:37On peut s'en féliciter, déjà, qu'il n'y a pas de nouveau cas,
01:39mais justement, c'est l'occasion, quand il y a une crise agricole,
01:43de travailler sur pourquoi les gens se mobilisent, parce qu'il n'y a pas que l'histoire de la dermatose,
01:47il y a aussi le revenu agricole, la place de l'agro-industrie, la place de la grande distribution,
01:52comment on fait pour être éleveur ou agriculteur dans ce pays, et pouvoir vivre tout simplement de son travail ?
01:58C'est ça la question centrale, et on voit qu'actuellement, il y a eu les négociations sur le Mercosur au niveau européen,
02:03que ça a été repoussé, mais c'est un combat à mener,
02:07les accords de libre-échange sont néfastes pour notre agriculture,
02:11comme ils sont néfastes aussi pour notre industrie.
02:13Il y a beaucoup d'inquiétudes encore ce matin ?
02:15Oui, beaucoup, beaucoup, parce que justement, les personnes qui sont là,
02:18il faut quand même les féliciter, ils sont là depuis une semaine, ils dorment sur place,
02:21et pour l'instant, ils n'ont pas les réponses.
02:22Le gouvernement n'a apporté aucune réponse aux agriculteurs.
02:25Vous vous demandez au gouvernement de revoir encore sa copie ?
02:28Bien sûr qu'on demande déjà vaccination massive,
02:31je veux dire, respecter le protocole qu'on a alerté dès le mois de juillet
02:36et qui a été repris par les organisations syndicales agricoles.
02:39Je pense que le gouvernement doit dialoguer au plus près avec ceux qui sont concernés,
02:44c'est-à-dire les éleveurs, les agriculteurs.
02:46Vous, vous avez pris votre part de responsabilité en tant que député de la France Insoumise,
02:51de l'Assemblée Nationale et de la circonscription ?
02:53Après, c'est normal que dès qu'il y a des gens qui sont en mobilisation,
02:56alors que ce soit des agriculteurs, que ce soit des parents d'élèves
02:58qui se battent pour une classe qui va fermer,
03:01que ce soit des infirmiers ou des personnes de l'aide de santé
03:03qui se battent pour que les urgences fonctionnent à mûrer,
03:06je suis partout là où il y a des gens qui se battent tout simplement
03:08pour revendiquer des meilleures conditions de travail et des revenus.
03:11On a l'impression que le gouvernement, pour l'instant, ne bouge pas,
03:13continue dans sa politique.
03:15qui a fait ses preuves en Savoie ?
03:16Oui, oui.
03:17Là où la crise a démarré.
03:19Oui, mais en Savoie, c'était un autre cas,
03:21mais nous, ce qu'on préconisait, c'était la vaccination.
03:23Parce qu'il y a eu 110 cas depuis, je veux dire, il y a eu la Savoie,
03:26il y a eu le Doubs, il y a 110 cas qui ont été détectés partout en France
03:30et que dès ce moment-là, dès le mois de juillet,
03:33au moins la ministre aurait pu rentrer en dialogue et non pas être en réaction.
03:36C'est ça qu'on reproche à la ministre.
03:38Et on voit bien que c'est le Premier ministre qui a repris l'affaire en main.
03:40Il y a cette autoroute qui est derrière nous, toujours bloquée ce matin au niveau de carbone.
03:45Est-ce que vous appelez à la levée des blocages, Christophe Bex ?
03:48Non, c'est pas un mot appelé à la levée des blocages.
03:51C'est eux qui mènent la lutte, c'est eux qui vont décider collectivement.
03:55Non seulement il y a les ultras de la 64, il y a la coordination rurale,
03:58il y a la confédération, il y a les jeunes agriculteurs,
04:01il y a tout un ensemble et puis je rappelle quand même 40%.
04:03Il y a des centaines de milliers de Français dans la région
04:05qui soutiennent les agriculteurs, mais pas forcément les blocages.
04:08Oui, parce que quand on parle d'agriculture, on parle d'alimentation
04:11et tout le monde est concerné parce que tout le monde mange.
04:13Et moi j'appelle la population à s'intéresser à ce qui se passe ici,
04:17à venir en soutien, c'est ce qui est déjà prenant,
04:20mais que ce problème est central dans notre vie de tous les jours.
04:23Parce que manger de bons aliments, il en va de notre santé.
04:26Et si on veut réduire justement les dépenses de sécurité sociale,
04:29ça va aussi par une bonne alimentation.
04:31Et les accords de libre-échange vont à l'inverse justement avoir de la mauvaise bouffe
04:36et c'est une concurrence déloyale vis-à-vis de nos producteurs locaux.
04:39Vous l'avez évoqué, le Mercosur avec cet accord qui est reporté,
04:44ça a été annoncé hier soir, Emmanuel Macron qui a réussi à arracher un report avec l'Italie,
04:49reporté ces négociations au mois de janvier.
04:52Merci beaucoup Christophe.
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