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  • il y a 6 semaines
Chaque matin dans son édito, Vincent Trémolet de Villers revient sur l'actualité politique du jour. Ce vendredi, il s'intéresse à la fin tant attendue des débats sur le Budget durant les fêtes de d'année.

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Transcription
00:00Un matin.
00:01L'édito politique sur Europe 1 avec le Figaro. Bonjour Vincent Trémolet de Villers.
00:04Bonjour Dimitri, bonjour Anissa, bonjour à tous.
00:07Vincent, ce matin il faut encore et toujours parler du budget.
00:10La commission mixte paritaire se réunit aujourd'hui.
00:13Qu'il y ait accord ou non, on a compris que le Sénat et l'Assemblée ne s'entendraient pas
00:16et qu'il faudrait probablement une loi spéciale et un nouveau débat en janvier.
00:21Tout ça pour ça.
00:22Vous voulez que je vous dise mon sentiment profond Dimitri ?
00:24Quand un Français entend le mot budget, il sort son oreiller.
00:28Le désintérêt profond pour les dernières péripéties du projet de loi de finances
00:32est peut-être l'un des rares points qui peut réunir nos concitoyens.
00:36Comme le disait tout à l'heure l'éditorialiste Olivier de Lagarde, la France s'en fout.
00:40Et ceux qui comme nous s'acharnent à suivre ont compris qu'il faudrait une loi spéciale,
00:43sans doute un débat en janvier, peut-être les retrouvailles avec le 49.3.
00:47Mais tous les autres ont depuis très longtemps intégré le triptyque du renoncement de ces textes,
00:52pas d'économie, beaucoup plus d'impôts et le sacrifice de la réforme des retraites.
00:56Un budget que la députée macroniste Astrid Panosian qualifie de passéiste et électoraliste.
01:01L'ancienne ministre sauve l'honneur d'un bloc central qui débloque.
01:05Mais vous croyez que ces débats provoquent de l'indifférence, de la colère ?
01:09Peut-être les deux en alternance ?
01:10C'est un mélange de fatigue et d'exaspération devant le spectacle franchement médiocre
01:14donné par une Assemblée nationale transformée en Conseil Général.
01:17En privé, les plus honnêtes protagonistes de cette histoire,
01:20qu'ils soient députés ou membres du gouvernement,
01:22confient même un sentiment de honte.
01:24Il faut dire que rien n'est reluisant dans cette affaire.
01:27La capitulation sur le fond, mais aussi l'acharnement à se présenter sur la forme
01:31comme les sauveurs d'une patrie en danger.
01:33Déjà, on doit subir l'augmentation de la dette et des taxes,
01:36mais en plus, Dimitri, il faut voir comment on nous parle.
01:38On nous inflige une bouille sémantique de fortune,
01:41une éloquence qui est aussi entre le maire de Champignac et le sabir technomanagérial.
01:46Dans un festival de celles et ceux, le Premier ministre et son adjoint Olivier Faure
01:49ont cherché des bougées, car pour la stabilité,
01:53il fallait un chemin vers l'indispensable compromis.
01:56La traduction en bon français est plus simple,
01:58tout cédé aux socialistes avec l'accord tacite des LR pour tenir au moins jusqu'au municipal.
02:02Vous pensez donc que la rentrée politique sera particulièrement tendue ?
02:05Il suffit de regarder le mouvement des agriculteurs
02:07pour comprendre que l'exercice du pouvoir ne se résume pas
02:09à négocier des amendements pour satisfaire le parti socialiste.
02:13Le Mercosur reviendra en janvier, tout comme l'insécurité, l'immigration, la fermeture des usines.
02:18Vous savez, François Bayrou aime à dire que le soir de Noël, autour du Chapon,
02:21se cristallise le sentiment politique commun.
02:24Quand les familles se retrouveront dans quelques jours,
02:26il est peu probable qu'entre deux bouchées, on entende les mots stabilité ou compromis.
02:31En revanche, on risque fort de retrouver chez les jeunes, les moins jeunes,
02:33les cousins de droite et de gauche,
02:35le ras-le-bol d'un pouvoir qui s'achève dans la petite tambouille.
02:38On risque de vérifier que la politique n'est plus une espérance,
02:40mais une entrave, une impasse dont tout le pays voudrait enfin sortir.
02:44Mais finalement, Sébastien Lecornu a atteint son triple objectif,
02:47tenir, tenir, tenir.
02:49Vu sous cet angle, c'est indiscutable.
02:51La gauche s'est finalement vendue à très bon prix.
02:54La droite, toujours bonne pomme, elle, elle s'est donnée gratuitement.
02:57LFI et le RN se sont frottés les mains en voyant tomber les dividendes de l'opposition.
03:01Mais pendant ce temps, les urgences françaises, et Dieu sait s'il y en a, ont carrément été oubliées.
03:06On est passé de gouverner ses prévoirs à gouverner ses subirs.
03:08La politique a rétrécié, elle s'est vidée de sa substance,
03:11en se configurant au seul exercice budgétaire, sans même parvenir à ses fins.
03:16Alors au terme de ces trois mois parlementaires déprimants et assommants,
03:20on attend impatiemment les fêtes de fins d'ennui.
03:22L'édito politique sur Europe 1.
03:24Merci beaucoup Vincent Trebolet de Villers.
03:26À l'aide du Figaro ce matin, le budget, l'impossible accord entre l'Assemblée et le Sénat.
03:30Merci beaucoup Vincent.
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