00:008h13, la grande interview, c'est News Europe 1 avec Sylvain Maillard. Bonjour Sylvain Maillard.
00:06Bonjour Romain Desarmoins.
00:07Député ensemble pour la République de Paris, commissaire aux finances.
00:10On va parler évidemment du budget, on va parler de Chine, on va parler de la campagne des municipales à Paris.
00:16Je voulais qu'on commence avec ce qui se passe dans le monde paysan, la colère des paysans qui ne désemplit pas, la colère des agriculteurs.
00:23L'accord du Mercosur a été repoussé d'un mois, on l'a appris cette nuit.
00:27C'est de la gestion à la petite semaine, on ne fait que repousser le problème.
00:31On va retrouver exactement le même problème dans un mois.
00:33Écoutez, c'est déjà une victoire de la France, aidée par l'Italie.
00:38Le président de la République est depuis maintenant deux jours sur place à Bruxelles, dans les discussions,
00:43en disant on ne peut pas signer le Mercosur en l'état, parce que vous allez mettre en difficulté forte l'agriculture française, l'agriculture européenne.
00:52Et donc il s'est fait entendre, il faut trouver une majorité, vous savez bien, à Bruxelles.
00:56Et c'est le travail qu'a mené Emmanuel Macron depuis plusieurs jours.
01:00C'est qu'un report, ça laisse un mois supplémentaire pour discuter, pour trouver les modalités.
01:05Nous on a fait beaucoup de propositions.
01:06Mais Emmanuel Macron a dit cette nuit, je pourrais le signer comme pas le signer.
01:09Non, non, non, Emmanuel Macron il est vraiment aux commandes.
01:12Il cherche une solution pour faire en sorte de protéger notre agriculture française.
01:16Par exemple, d'organiser les tests sanitaires sur les bovins, les ovins que nous importerions du Brésil, directement sur place.
01:25Qu'ils ne rentrent pas dans le bateau pour venir en Europe, s'ils n'ont pas toutes les conditions d'hygiène.
01:31Tout ce que nous exigeons de nos agriculteurs français, il faut que nous exigions des importations brésiliennes.
01:36Justement, le gros sujet d'inquiétude sont les importations de viande d'Amérique du Sud vers l'Europe.
01:42L'Union Européenne, pour rassurer les agriculteurs, dit qu'elle va s'assurer que les quotas d'importation de viande seront respectés.
01:49Ils peuvent lui faire confiance à l'Union Européenne, les agriculteurs ?
01:52L'Union Européenne est incapable de contrôler ses frontières.
01:55Comment est-ce qu'on va contrôler les quantités de viande qu'on importe ?
01:59Il y a deux choses. D'abord sur les quantités. Oui, il y aura des quotas, et c'est bien normal, c'est comme ça que ça fonctionne, les grands accords.
02:06Mais le problème, il est de la qualité de la viande importée.
02:10Comme je vous le dis, ce que nous exigeons, ce que la France exige, c'est qu'il y ait des tests directement sur place.
02:16Il y a un problème de qualité, mais il y a également un problème de quantité.
02:20Mais vous avez raison.
02:21Si vous ne surveillez pas les quantités, le respect des quotas.
02:23Le plus grand danger, c'est d'avoir de l'importation massive de viande, de mauvaise qualité, en tout cas avec des exigences qui ne sont pas celles qu'on demande à nos agriculteurs français.
02:33Donc non seulement elle arrivera moins chère, ce sera de la mauvaise qualité, ou de la moins bonne qualité que ce que nous avons en France, et en plus on va ruiner nos paysans.
02:40Donc je comprends la colère des paysans, ils ont raison là-dessus, et le président de la République porte cette voix en disant,
02:46« Il faut qu'on trouve une majorité à Bruxelles pour faire en sorte qu'on ne ruine pas notre agriculture ».
02:53Donc il y a un mois, ça ne veut pas dire que ça s'est arrêté, c'est pendant un mois, on continue à discuter.
02:58Mais nous, nous exigeons que les normes de traçabilité, que les normes appliquées aux agriculteurs français soient les mêmes que les normes des importations.
03:06La colère des agriculteurs ne semble pas retomber ce matin.
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