- il y a 5 semaines
Delphine Verheyden et Thomas Clay, deux des avocats de Kylian Mbappé, reviennent sur la décision des prud'hommes de Paris ce mardi. Le PSG doit en effet verser près de 61 millions d'euros à son ancien joueur.
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00:00Ok, vous avez déployé, on va dire, toutes ces armes, mais si le PSG a fait durer et a accepté d'aller jusqu'au prud'homme
00:07et avait intérêt à le faire, c'est parce qu'en termes d'image, ils voulaient abîmer l'image de Kylian Mbappé.
00:13Et en l'occurrence, ce soir...
00:15Et ils ont réussi.
00:16Non, ils n'ont pas réussi.
00:16Si, puisque vous disiez que la bataille médiatique était en partie gagnée par Laurent Ragnard.
00:20Ils ont réussi à installer un narratif qui, aujourd'hui, ils le prennent en boomerang.
00:24La réalité, c'est pourquoi ils n'ont pas payé.
00:26Pourquoi ils n'ont pas payé ?
00:27À vous suivre, on dit que c'est évident, etc.
00:30Pourquoi ils n'ont pas payé ?
00:32Ils n'ont pas payé par orgueil.
00:34Parce qu'ils n'ont pas accepté, ils n'ont pas supporté que leurs joyaux partent au Real Madrid.
00:39Ça, c'est la première étape.
00:43Celle d'après, c'est de salir son image, ce qu'ils ont fait pendant des mois, des mois,
00:48et ça a marché auprès de tous les supporters du PSG,
00:51à tel point qu'aujourd'hui, même si Kylian Mbappé a gagné, ce qui était tout à fait logique en droit,
00:55beaucoup de gens qui suivent le PSG vont dire
00:59« Ouais, ok, le droit, mais ça n'améliorera pas son image. »
01:04Ça n'améliorera pas son image.
01:05On dira, de toute façon, il est déjà archi-blindé,
01:08il demande en plus 60 millions,
01:10ce sont des sommes qui, pour le commun des mortels, sont tellement énormes,
01:12que ça paraît être de l'abus, c'est toujours trop.
01:15Et vous savez par quoi va répondre le PSG ?
01:17Aujourd'hui, ils n'ont pas voulu, on l'aura proposé.
01:18Puisque vous veniez, il était logique, nous, c'est notre métier.
01:21Bien sûr, bien sûr.
01:22On a demandé la réaction.
01:23On les a beaucoup vus dans les instances.
01:27Ils avaient peut-être pas envie de vous croiser ce phare,
01:28mais s'ils veulent venir demain, ils sont les bienvenus.
01:31Quand ça les a rangés de me parler, ils m'ont parlé.
01:33Quand j'ai demandé aujourd'hui, on m'a dit non.
01:35On m'a dit non, on va faire un communiqué.
01:37Ils ont fait un communiqué samedi, avant-hier, ils ont fait un communiqué.
01:40Et je vais dire même comment ils vont répondre.
01:42Et ils seront suivis, et toujours dans cette entreprise de salière, l'image de Mbappé,
01:45en disant, pardon, mais nous, on s'en fout, on est déjà dans le match de demain.
01:48On a la finale, la compagnie, quand il y a un tel, les affaires de Mbappé, on s'en fout.
01:50Et je fais plus loin de toi, Daniel, les éléments de communication qui filtrent...
01:52Ils vont répondre par le mépris.
01:53Les éléments qui filtrent aujourd'hui sur la communication du PSG,
01:56c'est la justice se rend certes au tribunal, mais il y a une question d'honneur.
01:58Ils sont beaucoup sur ce sujet-là pour, encore une fois,
02:02salir l'image de Kélène Mbappé en disant,
02:03OK, il y a une décision de justice qui a été prise,
02:05mais personne n'est dupe, entre guillemets,
02:07parmi le public de la parole non respectée.
02:10Si c'était arrivé dans un autre club, avec un autre joueur,
02:17mais est-ce que, pardonnez-moi,
02:18est-ce que la Ligue serait intervenue ?
02:19Est-ce que l'UNFP serait intervenue ?
02:21Est-ce que la FEDE serait intervenue ?
02:23C'est quand même le capitaine de l'équipe de France.
02:25Est-ce qu'on a entendu la 3F ?
02:26Est-ce qu'on a entendu la LFP ?
02:31Bon, alors c'est vrai qu'on ne l'entend pas,
02:32parce que Vincent Laporte,
02:32il occupe à nettoyer sa piscine, il ne peut pas tout faire.
02:35Mais est-ce qu'on l'a entendu ?
02:37Non, parce que sinon, il prend un coup de fil de Nasser Adra Léfi,
02:39et il se fait taper sur les doigts.
02:40Tout le monde le sait.
02:41Mais la vraie question que vous posez,
02:42indirectement, au-delà des questions de piscine,
02:44c'est la question de savoir
02:45pourquoi, après les deux décisions
02:47que Delphine Verheiden a obtenues devant la Ligue,
02:50pourquoi est-ce que le PSG ne les a pas exécutées ?
02:52Moi, je vais vous dire.
02:53Pourquoi ? Parce que c'est la même personne.
02:54Daniel Riolo, j'ai été membre de ces commissions pendant 20 ans.
02:57J'étais membre de la commission juridique,
02:58puis membre de la commission d'appel.
02:59Ou à la LFP ?
03:00À la LFP.
03:00Je n'ai jamais vu un club qui n'exécute pas les décisions
03:04qui sont rendues par les commissions.
03:07Il y a une première instance et il y a un appel.
03:09Et là, tout d'un coup, le PSG,
03:10parce qu'il réagit avec orgueil,
03:12refuse de les éclaturer.
03:13Mais parce qu'il contrôle la LFP !
03:15Parce qu'il contrôle la LFP, voyons !
03:17Le PSG le fait pour une autre raison
03:22qui est effectivement sur l'image et la notoriété.
03:24En fait, l'idée, c'est de dire
03:25« Ok, le droit est pour Mbappé, pourquoi pas ? »
03:29Mais la parole donnée, ça a de l'importance pour nous.
03:32Je vous fais le narratif.
03:33Et de dire que Mbappé, en fait, ils le font passer pour un sale type.
03:37Donc, le sale type, ce n'est pas seulement l'argent,
03:39c'est aussi de dire « Vous voyez, il avait tapé dans la main,
03:41il n'a pas respecté. »
03:42Ben, nous, on n'est pas comme ça.
03:43Alors qu'en fait, effectivement, dans le droit,
03:44ni du travail, ni du foot, ni de nulle part,
03:46ça ne se passe comme ça.
03:47Ça ne devrait se passer comme ça.
03:48Surtout si derrière, la relation était plus qu'abîmée.
03:51Plus ça dure, plus effectivement...
03:52On en parle pas.
03:54Oui, mais justement, nous, on est sidérés.
03:55On le sait, c'est qu'il s'est éprouvé.
03:57Moi, je connais des gens proches de moi,
04:00qui sont fans du PSG,
04:01mais je suis sidéré de voir à quel point
04:03ils renoncent à avoir un maillot de Mbappé chez eux.
04:06Ça devient un délire.
04:08Comme s'ils avaient trahi le Paris Saint-Germain.
04:11Et donc, alors que c'est sur un point de droit
04:14qui est évidemment...
04:16Et pas qu'un point de droit,
04:17parce qu'au niveau de la parole donnée,
04:19c'est pas parce qu'on nous ressasse
04:22une pensée magique en provenance du club
04:24qui dit, qui redit, qui re-redit
04:27qu'il y avait un accord
04:28et qu'une parole a été donnée.
04:29C'est pas parce qu'on nous ressasse cette histoire
04:31que c'est vrai.
04:32Et d'ailleurs...
04:33Et d'ailleurs, est-ce que Louis Campos est venu
04:35alors que, soi-disant, il était dans le bureau
04:36au moment de cette fameuse échange ?
04:37Mais non !
04:38Louis Campos n'est pas venu.
04:39Aucun témoignage, aucun document,
04:40aucun début de preuve, rien.
04:42Alors qu'on n'a pas arrêté de nous dire
04:43que Campos et Louis Sénriquet
04:44étaient peut-être présents ?
04:45Rien.
04:46Ils ne sont pas venus témoigner.
04:47Et on leur a demandé.
04:48Le PSG leur a demandé de témoigner.
04:50Ils ne sont pas venus.
04:50Alors, il y a quand même eu cette phrase
04:51de Kylian Mbappé...
04:52Justement, il faut dire qu'eux,
04:53ils ont eu une parole et un honneur.
04:54Il y a quand même eu cette phrase
04:55de Kylian Mbappé qui dit
04:56avec l'accord qu'on a,
04:58toutes les parties vont trouver leur compte.
04:59Oui.
05:00Mais ils ont trouvé leur compte.
05:01Le PSG, il a trouvé son compte
05:02avec Kylian.
05:02Il a gagné énormément d'accord.
05:03Quand il dit cette phrase,
05:04on comprend qu'effectivement,
05:05il y a eu un accord et un truc.
05:06Il faut arrêter cette fiction
05:07que le PSG a perdu de l'argent
05:09avec Kylian Mbappé.
05:10Enfin, soyons réalistes,
05:11vous connaissez bien le foot.
05:12On peut s'entendre
05:12sur un manque à gagner quand même.
05:13Mais un manque à gagner,
05:14mais ils ont gagné tellement.
05:16Pendant des années...
05:17Et ils ont versé énormément d'argent
05:18à Kylian Mbappé aussi.
05:20C'est dans les deux sens
05:20que ça c'est le projet.
05:21Bien sûr, c'est un employé,
05:22un employeur.
05:22On ne peut pas dire
05:23que le PSG s'est fait flouer
05:24par Kylian Mbappé.
05:25Pitié.
05:26Revenons à la réalité.
05:27Et je voudrais vous répondre
05:28sur la question juridique.
05:29Et après, on reprends une pause.
05:30Parce que moi,
05:31je suis aussi professeur de droit.
05:33Et donc, les questions de droit,
05:34ça m'intéresse.
05:36Et contrairement à ce qu'on peut croire,
05:38il y avait une vraie question juridique
05:39sur l'existence,
05:40Delphine Verreden l'a bien décrit,
05:42d'une sorte d'avenant verbal.
05:45Et si le PSG n'y avait pas cru,
05:46il n'aurait pas mis autant d'énergie
05:48à produire des consultations juridiques
05:50de professeurs de droit.
05:51Il en a produit trois
05:52dans la procédure.
05:53Alors, elles n'étaient pas très convaincantes.
05:55Certes.
05:55Mais malgré tout,
05:56ils ont essayé de marteler l'idée
05:58qu'il y avait bien un contrat
06:00par lequel Kylian Mbappé
06:01avait renoncé à 55 millions d'euros.
06:03Évidemment, vu comme ça,
06:05c'est absurde,
06:06c'est même extravagant.
06:07Qui va renoncer à 55 millions d'euros
06:09par accord verbal ?
06:10Ça n'existe pas.
06:12Mais malgré tout,
06:12il y a eu un narratif juridique
06:14qu'ils ont tenté d'imposer
06:16dans la procédure et dans les médias.
06:17Deux des avocats de Kylian Mbappé,
06:19parce que vous étiez quatre.
06:21Oui, on peut les citer.
06:22Delphine Verreden et Thomas Clé sont là.
06:23Oui, qui sont les deux autres ?
06:24On peut les citer
06:25parce qu'on les étions
06:25une équipe de quatre,
06:26soudés,
06:27sous la baguette de notre chef,
06:29Delphine Verreden.
06:31Le bâtonnier Pierre-Olivier Sûr
06:32qui s'est occupé de la partie pénale
06:34et notre conseil Frédéric Cassereau
06:36qui s'est occupé de la partie
06:37prud'homale, sociale
06:38et qui a notamment plaidé
06:39avec Delphine Verreden
06:40devant le conseil de Boulogne.
06:41Et en face, côté PSG,
06:43ils étaient combien ?
06:44Alors, d'abord,
06:44on en a vu arriver à l'audience
06:45qu'on n'avait jamais vu.
06:46Donc, on ne peut même pas
06:47vous donner leur nom.
06:48En tout cas,
06:48à l'audience prud'homale,
06:49ils étaient six
06:50et on a donc vu
06:53cette armada arriver
06:54qui a demandé 440 millions
06:57et qui en a obtenu zéro.
06:58Mais pourquoi ils demandaient eux ?
06:59Attends, attends, attends.
07:00J'aimerais juste quand même
07:01que, Jimmy,
07:02tu nous précises
07:02la réponse aujourd'hui du PSG.
07:05Il y a eu deux étapes, en fait.
07:07Il y a eu une communication officielle,
07:08vous avez tous juste communiqué.
07:08Le PSG prend acte
07:09du jugement prononcé
07:10par le conseil des prud'hommes de Paris
07:11qu'il exécutera
07:12tout en se réservant
07:13le droit de faire appel.
07:14Le PSG a toujours agi
07:16de bonne foi
07:16et avec intégrité
07:17et continuera à le faire.
07:18Le club se tourne désormais
07:19vers l'avenir,
07:20fondé sur l'unité
07:20et la réussite collective
07:21et souhaite au joueur
07:22le meilleur pour la suite
07:23de sa carrière.
07:23Ça, c'est la version officielle.
07:25La version officieuse
07:26et les éléments de langage
07:26qui ont gravité
07:27autour du PSG aujourd'hui,
07:29c'est que, finalement,
07:30d'une part,
07:31l'argent avait été provisionné
07:33et qu'il n'y a pas de gains
07:34ou de pertes
07:35au-delà de ce qui était prévu
07:36de lui donner au départ.
07:37C'est que la justice,
07:39comme je le disais tout à l'heure,
07:39peut se rendre au tribunal
07:40mais que, finalement,
07:41tout le monde sait
07:42à travers la séquence
07:44qu'on vient de vivre
07:44qui est loyal
07:46et qui ne l'est pas
07:47dans cette affaire.
07:48Sous-entendu,
07:48encore une fois,
07:50je cite l'entourage du club,
07:51sous-entendu Kylian Mbappé
07:52aux yeux des supporters
07:54a montré qu'il n'avait pas été
07:55loyal avec le club.
07:57Évidemment,
07:57on se réjouit au club
07:58et on rappelle
07:59qu'on a pu gagner
07:59sans Kylian Mbappé,
08:01que le PSG
08:01continuera sans Mbappé
08:04et que, finalement,
08:05cette décision de justice
08:06n'est pas contestable
08:07mais que, je cite,
08:10la justice ne se rend pas
08:11uniquement dans les tribunaux
08:13et que, finalement...
08:14Ils se rendent où ?
08:15Voilà,
08:16c'est ce que disait Florent
08:17tout à l'heure,
08:18en fait.
08:18C'est la question de l'image,
08:20c'est la question
08:21de vouloir sortir
08:22une vision un peu manichéenne
08:24de l'histoire.
08:25C'est que, d'un côté,
08:25on est les gentils
08:26qui avons été floués.
08:27C'est une vision
08:27très qatarienne de la vie.
08:28C'est une vision aussi
08:30qu'on a entendue récemment
08:31en politique
08:31et c'est pour ça que je dis
08:32que ce qui est inquiétant
08:33à l'heure actuelle
08:34sur les fameux piliers
08:35de la démocratie,
08:36c'est-à-dire que si on ne rend pas
08:36la justice,
08:37c'est qu'on dans les tribunaux.
08:38Si on la conteste,
08:40y compris d'anciens présidents
08:41de la République,
08:41effectivement,
08:42on arrive à des choses
08:43comme ça
08:43où on peut se dire
08:44la décision, c'est ça,
08:45mais en fait,
08:45la réalité,
08:46c'est que c'est autre chose.
08:48Ce qui est dit
08:49du côté du PSG,
08:50c'est qu'une parole donnée,
08:51on ne peut pas juger
08:52via tribunal.
08:53Encore une fois,
08:54la parole donnée,
08:55on en a parlé
08:55sur ce sujet.
08:57Effectivement,
08:57il y a une ambiance
08:59pour corroder un peu
09:00les institutions de la République
09:01et notamment
09:02les institutions judiciaires
09:03et quand une décision est rendue,
09:04ce n'est pas la faute
09:05de celui qui est condamné,
09:06c'est la faute du juge.
09:07C'est ce qu'on a entendu
09:07dans l'affaire
09:11le PSG qui condamnait
09:13et le meilleur ami aussi
09:14de Nasser Ralefi.
09:15Là, on est devant
09:16une juridiction très particulière.
09:18Le conseil de Prud'homme,
09:19comme vous le savez sans doute,
09:20c'est une juridiction
09:21où il n'y a pas de juriste.
09:22Ce sont quatre conseillers,
09:25deux conseillers employeurs,
09:26deux conseillers employés
09:27qui n'ont pas de formation juridique
09:29et qui sont paritaires.
09:31Et honnêtement,
09:32moi, ce que je pensais aujourd'hui,
09:33compte tenu des questions
09:34très juridiques
09:34qu'on a posées
09:35au conseil de Prud'homme,
09:36c'est qu'ils allaient renvoyer
09:37une autre juridiction,
09:38c'est-à-dire eux-mêmes,
09:38plus un magistrat professionnel,
09:40c'est-à-dire un juriste.
09:41Mais le dossier leur a paru
09:42tellement évident
09:43qu'ils n'ont même pas fait ça.
09:44C'est-à-dire que l'argumentaire
09:46du PSG en disant
09:47« il y a les tribunaux, etc. »
09:49Mais là, ce ne sont même pas
09:50les tribunaux,
09:51c'est un tribunal,
09:51mais ce sont des citoyens.
09:53Et ces citoyens ont trouvé
09:54une majorité,
09:55peut-être l'unanimité,
09:57pour dire au PSG
09:57« mais pourquoi vous ne payez pas
09:58votre employé ? »
10:00Voilà.
10:00Et d'ailleurs,
10:00nous avions demandé initialement
10:0255 millions
10:02et finalement,
10:03on obtient 61 millions.
10:04– Mais vous avez aussi demandé
10:05plusieurs autres dommages
10:08intérêts,
10:09notamment justement
10:09de harcèlement moral
10:11à travers ce qu'on évoquait là.
10:13Le fait de faire durer,
10:14le fait de déterminer
10:14l'image de Kylian Mbappé.
10:15– Alors, j'y arrive.
10:16Le harcèlement moral
10:17n'a pas été retenu ?
10:18– Non, il n'a pas été retenu.
10:19– Bon, ça c'est une déception
10:20pour vous ?
10:21– Non.
10:22Tout l'objectif de cette procédure
10:23était d'obtenir les salaires
10:25et la fameuse prime qui manquait.
10:26C'était ça,
10:27la feuille de route donnée
10:27par Kylian.
10:29– Bon, donc le harcèlement moral,
10:30OK, et la requalification.
10:31– Juste un juste.
10:32– Non, mais là-dessus,
10:32est-ce que ça veut dire
10:33que si on demande
10:33un peu tout le temps,
10:34on a l'impression beaucoup,
10:36c'est pour être sûr
10:37d'obtenir un peu le plus.
10:38– Pour demander au PSG.
10:40– Pour tous ceux
10:40qui ont eu la malchance
10:42d'aller un jour au Prud'homme
10:44devant leur employeur,
10:45eh bien,
10:46c'est un exercice un peu convenu.
10:48Maintenant qu'on y est,
10:49eh bien, on demande tout.
10:50On demande les congés payés,
10:51on demande les bulletins de salaire,
10:53on demande le solde de tout compte,
10:54on demande...
10:55C'est notre travail à nous, avocats,
10:57de faire l'inventaire
10:58de tout ce qui peut être demandé.
11:00C'est pas parce qu'on fait ces demandes
11:02qu'on les obtient automatiquement.
11:04Et il y a des points
11:05pour lesquels les conseillers
11:06ont estimé que les conditions
11:08n'étaient pas remplies.
11:09La motivation des conseillers,
11:10on la découvrira
11:11lorsqu'on aura le jugement
11:12entre les mains.
11:13Et ça, ça va prendre
11:14plusieurs semaines
11:14avant qu'on ait ce jugement
11:15entre les mains.
11:16Et puis, il y a d'autres points
11:17qui étaient plus juridiques.
11:19Par exemple,
11:19ce sujet de la requalification
11:20CDD-CDI.
11:22Là, c'était plus technique.
11:24On le demandait,
11:24et on pourrait en parler
11:25si vous voulez,
11:25mais c'était beaucoup plus technique.
11:27– Ça change l'économie du football.
11:29– Là, le tribunal
11:30n'a pas requalifié le contrat.
11:32– Non.
11:32– Donc, ça aurait pu être
11:33une révolution dans le paysage,
11:34comme vous le dites.
11:34– S'il y a appel,
11:35c'est une question
11:36qui va se poser devant
11:37une cour d'appel,
11:37c'est-à-dire composée de magistrats.
11:38C'est une question
11:39qui est très juridique.
11:40Est-ce que ces contrats
11:41qui durent 7 ans
11:41peuvent être requalifiés
11:43en contrat à durée indéterminée,
11:45en CDI ?
11:46C'est une question
11:46vraiment complexe
11:47et qui va changer
11:48l'économie générale du football
11:50si on gagne là-dessus.
11:51– Et qui fait écho
11:51à l'affaire Diarra
11:52qu'on a suivi
11:53il y a quelques mois ?
11:54– Ça fait écho à l'affaire Diarra.
11:55– Mais on n'a pas parlé d'ailleurs,
11:56vous parlez d'appel,
11:57on n'a pas parlé de ça
11:58depuis le début.
11:59– On ne sait pas.
11:59– On ne sait pas s'il y a appel,
12:01mais il y a des conditions d'appel
12:02qui sont différentes.
12:03La composition du tribunal
12:05sera différente.
12:06– Oui, c'est une bonne question.
12:07Là, comme je le disais tout à l'heure,
12:08on est devant le conseil de Prud'homme,
12:10qui est donc une juridiction paritaire
12:11faite pour les employés
12:12et les employeurs.
12:13Mais s'il y a appel,
12:14on sera devant la cour d'appel
12:15de Paris classique
12:16avec cette fois-ci
12:17des magistrats professionnels,
12:19des juristes.
12:19Et franchement,
12:21c'est intéressant
12:21d'aller poser cette question
12:22à la cour d'appel
12:23de la requalification du contrat.
12:24C'est intéressant.
12:25J'aimerais bien qu'on puisse la poser.
12:27Pas de là à faire appel nous-mêmes
12:28puisqu'on a gagné.
12:29Mais on verra.
12:30– Il y a autre chose
12:31que vous avez demandé
12:31et qui a été cette fois acceptée
12:32par le tribunal,
12:34c'est que le PSG publie
12:35sur son site internet
12:37le rendu du jugement.
12:39Et le PSG va donc être obligé
12:40pendant une période donnée
12:42sur sa home page.
12:45Alors le site du PSG,
12:46c'est un site super fréquenté.
12:47En plus,
12:48c'est un site de business.
12:50Et sur la home page,
12:51là,
12:51ils vont avoir l'obligation
12:52de mettre le message
12:53du jugement.
12:56Pourquoi vous avez fait
12:57cette dérange ?
12:58– Ça a été demandé.
12:59Mais Kylian n'était pas
13:00dans un combat personnel.
13:02Il était simplement…
13:03– Ça semble un petit peu humiliant
13:05pour le PSG
13:05de leur demander ça.
13:06– Ou une manière
13:07de répondre
13:08à tout ce qui s'est passé
13:09pendant ces plusieurs mois.
13:10– Est-ce que c'est humiliant
13:11de devoir écrire
13:12qu'on doit payer
13:12ce qu'on devait ?
13:14Ça dépend comment
13:14on prend les choses.
13:15Mais Kylian n'était pas
13:16dans un combat personnel.
13:18Il était dans un combat
13:19de principe.
13:20Quand on travaille,
13:20quand on a signé un contrat,
13:21on mérite d'être payé.
13:23Eh bien, désormais,
13:24en demandant cette publication
13:25en home page du site du PSG,
13:27l'idée,
13:28c'est qu'en fait,
13:29ça mérite d'être su.
13:30Parce que,
13:30comme vous l'avez rappelé
13:31à plusieurs reprises,
13:32il y a eu quand même
13:33en coulisses
13:33tout un débat d'image,
13:35une volonté quand même probable
13:37de vouloir nuire
13:37à l'image de Kylian.
13:39Et ce n'est pas juste.
13:40Et finalement,
13:41je ne vais pas vous dire
13:41que c'est le pot de fer
13:42contre le pot de terre,
13:43mais un peu quand même.
13:44Et quels sont nos moyens
13:45à part faire savoir
13:46ce qui s'est réellement produit,
13:49les décisions qui sont réellement rendues
13:50et les afficher au plus grand nombre ?
13:52Après,
13:53si ceux qui sont
13:54pour le club,
13:55contre le joueur,
13:55ne veulent pas lire tout ça,
13:56ne veulent pas comprendre,
13:58on ne pourra plus rien pour eux.
13:59Mais au moins,
13:59on aura tout fait
14:00pour que les choses soient posées
14:01sur la table.
14:01Alors,
14:02j'aimerais qu'on rentre un peu
14:02dans les chiffres,
14:03si vous permettez.
14:04Juste sur ce point
14:05de la publication,
14:07je pense que si le PSG
14:08avait exécuté spontanément
14:09les décisions de la Ligue,
14:11il n'aurait pas eu
14:12cette mesure vexatoire.
14:13Cette mesure vexatoire,
14:14parce que c'est une mesure vexatoire,
14:15vous avez raison de le soulever,
14:16cette mesure vexatoire,
14:17c'est de dire,
14:18écoutez, ça suffit,
14:19là, c'est la troisième fois
14:19que vous êtes condamné,
14:20arrêtez de raconter n'importe quoi
14:22et maintenant,
14:23vous vous êtes obligés
14:23de le mettre à home page.
14:24Et,
14:25et,
14:26c'est en exécution provisoire.
14:27C'est-à-dire qu'ils doivent le faire
14:28même s'ils font appel.
14:30Même s'ils font appel,
14:31ils devront payer ce qu'ils doivent
14:32et ils devront mettre
14:34cette information sur leur site.
14:35À compter de la notification
14:36du jugement,
14:37c'est bien ça.
14:37Exactement.
14:38Juste,
14:38vous avez échangé avec Kylian Mbappé
14:39depuis la décision
14:40qui a été rendue ?
14:41Oui.
14:41Son état d'esprit,
14:43j'imagine qu'il est soulagé.
14:44Il est soulagé,
14:45content,
14:46fidèle à lui-même.
14:47Voilà,
14:48plus de dix ans,
14:48moi,
14:48que je le représente
14:49et Kylian,
14:50c'est toujours le même.
14:51Il est déterminé,
14:53avant tout,
14:53il est passionné
14:54par son métier
14:55et par le prochain match.
14:56Mais,
14:57il était satisfait,
14:58il était content
14:59et je pense content
15:00que tout ça se termine.
15:00Il a suivi cette procédure
15:01de très près
15:02en rentrant dans les détails
15:04ou il a regardé ça
15:05d'un peu loin ?
15:06Il a suivi,
15:06mais il a aussi
15:07une grande confiance,
15:08je crois,
15:08dans le travail
15:09qui est fait par ses équipes.
15:11Et non,
15:11non,
15:11il n'a pas suivi
15:11dans le détail.
15:13On ne lui envoie pas
15:13nos écritures
15:14pour qu'il corrige.
15:15Non, non.
15:16Sa famille suit de très près
15:18et quand on a fait
15:19la conférence de presse
15:20au mois d'avril dernier
15:20en disant
15:21voilà tout ce qu'on va faire
15:21parce que tout ça,
15:22on l'a annoncé
15:23avec nos deux confrères
15:24Pierre-Olivier Sûr
15:25et Frédéric Astreau,
15:26on a annoncé
15:27à la conférence de presse
15:28en avril
15:28voilà tout ce qu'on va faire
15:30si le PSG ne paye pas.
15:31Donc si vous voulez,
15:31on a mis notre stratégie
15:33sur la table,
15:34on avait déjà saisi
15:34les comptes bancaires
15:35du PSG le matin même,
15:36mais on a mis notre stratégie
15:38sur la table
15:38et on a dit voilà,
15:39donc maintenant soit vous payez
15:40soit vous serez condamné à payer.
15:42J'aimerais rentrer un peu
15:42dans l'état des chiffres
15:43parce qu'il y a quelque chose
15:44qu'il faut savoir.
15:45Là, on parle de 61 millions
15:47brut.
15:48Oui.
15:48Donc il y a une partie
15:49qui va partir à l'État,
15:51évidemment,
15:52pour passer du brut honnête,
15:53il y a une partie d'impôts.
15:54Oui.
15:55Est-ce qu'on a une évaluation
15:56de ce qui va rester
15:57à Kylian Mbappé à la fin ?
15:57Oui.
15:58Alors,
15:59comme vous le soulignez,
16:00en fait dans un salaire,
16:01il y a des charges sociales patronales,
16:04des charges sociales salariales.
16:07Il y a sa retraite
16:07à Kylian Mbappé quand même.
16:08Et puis le salarié,
16:09par ailleurs,
16:10va payer des impôts.
16:11Donc schématiquement,
16:13il va rester à peu près
16:14dans la poche du joueur
16:1525 à 26 millions
16:16quand,
16:17dans la poche de l'État,
16:18il va arriver à peu près
16:2075 millions d'euros.
16:22Ce n'est pas rien quand même
16:22et merci de me poser cette question.
16:23Donc il y avait un enjeu
16:24pour la puissance publique.
16:26Merci de poser cette question.
16:27Comment vous arrivez
16:28à faire 75 millions
16:29sur un jugement de 61 millions ?
16:30Parce qu'il y a des charges patronales.
16:31Des charges patronales en plus.
16:32Ah,
16:32et ne sont pas données dans la somme ?
16:34D'accord.
16:34Donc le PSG,
16:35en fait,
16:35ça va coûter beaucoup plus cher
16:37au PSG.
16:37Oui,
16:38mais il y a une autre manière
16:39de la collectivité.
16:39On peut évaluer ça,
16:40ce que ça va coûter au PSG ?
16:41Ça va coûter aux alentours
16:42le 100 millions d'euros.
16:43Mais ça veut quand même dire
16:44que ces sommes qui étaient dues
16:45à Kylian Mbappé
16:45depuis un an et demi,
16:47pendant un an et demi,
16:48vous avez le PSG
16:48qui a thésaurisé sur ces sommes
16:49et qui en a fait des choses,
16:50qui a acheté des joueurs,
16:51qui a vendu des joueurs,
16:52qui a...
16:52Donc cet argent,
16:53en fait,
16:53qui appartient à l'État français,
16:56qui appartient à...
16:56Cet argent,
16:57il revient,
16:58c'est le nôtre,
16:59nous les contribuables.
16:59Et bien finalement...
17:00Le PSG peut vous répondre,
17:01écoutez,
17:01nous on contribue quand même
17:02grandement depuis quelques années
17:04à l'impôt.
17:06Est-ce qu'on aurait pu imaginer
17:09des sanctions sportives
17:10contre le PSG
17:13du fait de ce non-paiement
17:15l'année dernière ?
17:16Il aurait dû y avoir
17:17des sanctions sportives.
17:18D'ailleurs,
17:19lorsque le PSG
17:21a été condamné
17:22par la commission juridique
17:23de la Ligue,
17:24puis en appel
17:25devant cette même Ligue,
17:26ensuite,
17:27j'ai saisi la commission
17:28de discipline.
17:29Et l'objet,
17:29c'était ça,
17:30que le club soit sanctionné
17:31parce qu'il refusait
17:33d'exécuter
17:33les deux sanctions.
17:35Comme le disait
17:35Thomas Clé tout à l'heure,
17:36c'est inédit.
17:37On n'a jamais vu un club
17:39qui refusait
17:39d'exécuter ces sanctions.
17:41Et là...
17:41Et qu'est-ce qu'il a fait ?
17:42Le PSG,
17:43il a saisi le tribunal judiciaire
17:45contre la Ligue
17:46et contre Kylian
17:48en disant
17:49les commissions de la Ligue
17:50ne sont pas compétentes
17:51pour rendre ces décisions.
17:52C'est une commission
17:52qui existe depuis 50 ans
17:53et qui sont l'instance
17:55de régulation
17:55du football français.
17:56Le PSG
17:57a court-circuité le système
17:59et nous a empêché
18:00effectivement
18:00de continuer
18:02à saisir
18:03les instances sportives.
18:04Mais on l'a fait
18:04quand même à l'UEFA.
18:05Oui.
18:06Donc elles ont été saisies
18:07mais elles se sont
18:08neutralisées elles-mêmes
18:09en disant
18:10ah bah oui effectivement
18:11le tribunal judiciaire
18:12est saisi
18:12donc nous ne sommes pas compétents.
18:14Je ne veux pas rentrer
18:15dans des détails techniques
18:16un peu rébarbatifs
18:17mais en réalité
18:17ce n'était pas vrai.
18:19Au moment de l'audience
18:20le tribunal judiciaire
18:20n'était pas saisi
18:21donc cette affaire
18:23est allée en appel
18:24devant la fédération
18:25cette fois.
18:26Décision de la fédération
18:27qui a dit
18:27ah oups excusez-nous
18:29effectivement on s'est trompé
18:30en réalité
18:31on aurait dû sanctionner
18:32en disciplinaire
18:33mais alors là finalement
18:34vous nous demandez
18:35de pouvoir faire appel
18:37d'une décision
18:38qui ne vous a pas donné raison
18:39donc l'appel n'est pas possible
18:40ce qui était faux aussi.
18:42Donc là on a un peu
18:43marché sur la tête
18:44et ça a été la fin
18:45de cette longue première période
18:46où nous nous étions dit
18:48stratégiquement
18:49si on peut dire
18:50qu'il fallait passer
18:51par la voie sportive
18:52que tous les outils étaient là
18:53et que Kylian Mbappé
18:55voulait
18:55ses salaires
18:56et sa prime
18:57et c'est tout
18:58c'est tout ce qu'il voulait.
18:59Mais à partir de là
19:00on s'est rendu compte
19:01que ça ne serait pas possible
19:02donc à la demande
19:02de Kylian et de sa famille
19:03j'ai constitué
19:04cette équipe de travail
19:05avec mes trois confrères
19:06et nous avons fait
19:07une conférence de presse
19:08on ne les a pas pris en traître
19:09on a dit
19:10voilà tout ce qu'on va faire
19:11vous êtes sûr
19:12vous ne voulez pas payer
19:12ils n'ont pas voulu payer
19:13on a continué à dérouler
19:15jusqu'à aujourd'hui.
19:16Et pour répondre à votre question
19:17on a également saisi
19:18on a un moment
19:20on s'est interrogé
19:21sur la qualification du PSG
19:22à la Champions League
19:24de cette année
19:242026-2027
19:25parce qu'il y a une disposition
19:27qui prévoit que lorsqu'un club
19:29enfin un club n'est qualifié
19:31dans la Champions League
19:32que s'il est à jour
19:32de ses arriérés de salaire
19:33à l'égard de ses joueurs.
19:35Ça ça existe ça ?
19:35Ça ça existe bien sûr
19:36donc nous avons saisi
19:38l'UEFA
19:40nous avons également
19:41saisi la ministre
19:42la ministre des Sports
19:43UEFA
19:43vous avez raison
19:45on n'a pas saisi l'UEFA
19:46on a saisi la Fédération Française de Football
19:48en lui demandant
19:48de saisir l'UEFA
19:49et comme elle l'a refusé
19:50on a saisi la ministre
19:51et oui
19:52on a fait tout ça
19:53vous voyez qu'on n'a pas
19:54tellement communiqué
19:55on a saisi la ministre
19:56pour lui demander de faire
19:56l'UEFA vous connaissez
19:57les biens entre Seferin
19:58et Nasser Raleigh
19:59d'accord
20:00mais moi je raisonne
20:01juridiquement
20:01et donc la ministre
20:05nous a envoyé bouler
20:06pour le dire
20:06c'est un peu juridique
20:07est-ce que c'est pas un mal
20:08pour un bien en termes d'image
20:09pour Kylian Mbappé
20:09qui ne se soit pas terminé
20:10comme ça ?
20:10on n'a pas fait appel
20:11pour parler clair
20:12nous on préfère
20:13que le PSG gagne
20:14la Champions League
20:15plutôt qu'il ne la gagne pas
20:16imaginez le message envoyé
20:18si Paris ne participe pas
20:19à la Ligue des Champions
20:20à cause de Kylian Mbappé
20:21peut-être qu'à ce moment-là
20:22ils auraient payé tout de suite
20:23oui c'est ça aussi
20:25bien sûr
20:26mais vous avez raison
20:27de raisonner en termes d'image
20:28et à un moment
20:28on en tient compte également
20:29mais notre analyse
20:31nous elle est juridique
20:31et c'est pour ça
20:32qu'on a attaqué
20:32sur tous les terrains
20:33en même temps
20:33vous avez eu un peu de shallots
20:35et vous avez eu un peu de shallots
20:37qui est un peu de shallots
20:38et vous savez
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