- il y a 2 mois
Pour cet épisode de Chocs du monde, le magazine des crises et de la prospective internationale de TVL, Edouard Chanot reçoit Nikola Mirkovic, fondateur de l'ONG Ouest-Est.
« Un accord n'a jamais été aussi proche », selon Donald Trump. Le président américain l'a déclaré dans la nuit, après s'être entretenu avec Volodymyr Zelensky. Il avait, rappelons-le, utilisé quasiment les mêmes termes avant l'accord de paix à Gaza, il y a plusieurs semaines. Volodymyr Zelensky a toutefois nuancé, évoquant des « positions différentes » sur les « questions complexes » qui concernent les territoires. En clair, le Donbass. Pendant ce temps, l'UE ne trouve rien d'autre à faire que de sanctionner le colonel Jacques Baud et l'analyste franco-russe Xavier Moreau.
« Un accord n'a jamais été aussi proche », selon Donald Trump. Le président américain l'a déclaré dans la nuit, après s'être entretenu avec Volodymyr Zelensky. Il avait, rappelons-le, utilisé quasiment les mêmes termes avant l'accord de paix à Gaza, il y a plusieurs semaines. Volodymyr Zelensky a toutefois nuancé, évoquant des « positions différentes » sur les « questions complexes » qui concernent les territoires. En clair, le Donbass. Pendant ce temps, l'UE ne trouve rien d'autre à faire que de sanctionner le colonel Jacques Baud et l'analyste franco-russe Xavier Moreau.
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00:00Deux semaines nous séparent de la fin de la campagne de dons, le 31 décembre, comme un coup près.
00:05Et c'est maintenant que tout se joue.
00:07Si la mobilisation des téléspectateurs et des donateurs de TV Liberté s'amplifie,
00:12alors nous pourrons projeter la chaîne vers 2026, 2027,
00:15toujours plus libre, toujours plus forte, plus audacieuse que jamais.
00:20Mais si le rythme actuel se maintient,
00:22alors l'avenir de la première chaîne alternative de France sera compromis.
00:28Et quel cadeau ce serait ?
00:29Un cadeau pour ceux qui rêvent de 2026 et de 2027 sans contestation de leur monopole.
00:34Une victoire pour ceux qui veulent des médias tenus par l'État, par un oligarque ou par les annonceurs.
00:40Un triomphe pour ceux qui ont tenté de nous réduire au silence par la censure bancaire.
00:45Ne leur offrons pas cette victoire.
00:47Ne les laissons pas pavoisés.
00:49Protégez TV Liberté.
00:51Protégez TVL.
00:52Faites un don.
00:53Bonjour à tous et bienvenue dans Choc du Monde,
01:21le magazine des crises et de la prospective internationale de TVL.
01:25Un accord n'a jamais été aussi proche.
01:28Selon Donald Trump, le président américain l'a déclaré dans la nuit.
01:32Après cette entretenue avec Volodymyr Zelensky une nouvelle fois,
01:36il avait, rappelons-le, utilisé quasiment les mêmes termes pour Gaza,
01:40avant l'accord de paix à Gaza, il y a donc plusieurs semaines.
01:43Volodymyr Zelensky, quant à lui, a nuancé les propos, bien sûr,
01:47évoquant des positions différentes sur les questions complexes
01:50qui concernent les territoires, en clair, qui concernent le Donbass.
01:54Alors, selon plusieurs sources, en effet, au fait des négociations,
01:57Washington demande toujours à Kiev d'abandonner le Donbass à la Russie,
02:01ce que Kiev refuse encore.
02:03Le dirigeant ukrainien essaie d'obtenir des garanties de sécurité américaines
02:07inspirées de l'article 5 de l'OTAN,
02:10sans bien sûr faire partie de l'Alliance Atlantique.
02:12Alors, pendant ce temps, l'Union européenne, elle, ne trouve rien d'autre à faire
02:16que de sanctionner le colonel Jacques Baud ou Xavier Moreau.
02:19Nous allons aussi en parler.
02:21Et pour en parler, je reçois quelqu'un qui connaît le Donbass,
02:24Nicolas Mirkovic. Nicolas Mirkovic, bonjour.
02:26Bonjour.
02:27Merci beaucoup d'avoir une nouvelle fois répondu présent à l'appel de Choc du Monde.
02:32Vous avez postfassé récemment l'ouvrage La Guerre,
02:34un maître de violence d'Olivier Battistini aux éditions Perspectives Libres.
02:39D'ailleurs, nous allons recevoir Olivier Battistini dans quelques semaines.
02:42Et vous êtes aussi l'auteur, bien sûr, de l'Amérique Empire et le chaos ukrainien.
02:46Vous êtes le fondateur de l'ONG West-Est.
02:49Et c'est pour cela que je disais il y a un instant que vous connaissez bien le Donbass
02:53parce que vous y avez mené des missions humanitaires depuis presque dix ans.
02:56Exactement.
02:57Le retrait des troupes ukrainiennes du Donbass, donc, c'est le cœur des négociations.
03:02Alors, Nicolas Mirkovic, pour ou contre ?
03:04Je pense que c'est aux Ukrainiens et aux Russes vraiment de décider.
03:08Et c'est à eux de discuter cet accord de paix.
03:11On voit l'influence des États-Unis et les Européens qui jouent les troubles faites.
03:16Les Russes ont très clairement dit qu'ils voulaient garder ces nouvelles régions.
03:20Ils les ont annexées officiellement.
03:21On pourrait parler de réunification pour certains d'entre eux.
03:24N'oublions pas qu'une partie de la population du Donbass se réclame de la Russie,
03:28se sent plus proche de la Russie
03:30et qu'à l'origine de cette guerre qui a éclaté non pas en 2022 mais en 2014,
03:34il y a eu quand même un coup d'État en Ukraine
03:36et que les Ukrainiens ont eu une guerre civile dans l'Est du pays
03:39qui a été à l'origine de plus de 10 000 morts, 30 000 blessés et plus d'un million de réfugiés.
03:43Donc, du coup, peut-être qu'on pourrait demander aussi d'ailleurs aux habitants de ces régions ce qu'elles préfèrent.
03:47Ça semble un peu ubuesque aujourd'hui et complètement farfelu vu les dommages de la guerre.
03:52Mais je pense que ça fait partie de ces lignes rouges que la Russie n'acceptera pas.
03:57Et on voit que l'Ukraine, Kiev, s'arc-le-boute là-dessus.
04:01Est-ce que Kiev est si sûre que ça qu'elle pourra récupérer ces régions sans problème ?
04:04On voit bien que des villes comme Pacrof, quand l'armée russe y arrive,
04:09les personnes qui habitent encore accueillent l'armée comme des libérateurs.
04:13Donc, ça, c'est un sujet qui est important.
04:15Et le sentiment, en tout cas l'envie des populations locales est rarement pris en compte.
04:19En revanche, bon, c'est un sujet de discussion dans ces dialogues un peu compliqués.
04:23Il est évident que chacun va céder sur la chose qui lui paraît le moins important,
04:27tout en essayant de se défendre vraiment ce qui est fondamental.
04:31Donc, c'est un sujet, je pense, qui peut être débattu aujourd'hui.
04:33Et c'est bien que ça soit débattu parce que ça veut dire qu'on se rapproche de la paix.
04:36Alors, bon, le grand risque, c'est évidemment que la guerre redémarre.
04:41Nous allons en parler d'ailleurs un peu plus, mais est-ce que céder ces territoires qui n'ont pas encore été conquis,
04:47objectivement, par la Russie, n'est-ce pas la possibilité d'alimenter un désir de revanche de la part de Kiev
04:53et de revoir évidemment toute cette tragédie redémarrer dans quelques mois, années, que sais-je.
04:58C'est pour ça qu'il est extrêmement important qu'on n'ait pas un cessez-le-feu.
05:02Sinon, le cessez-le-feu serait le prodrome de guerre future.
05:05Il faut un véritable traité de paix, mais un traité de paix qui dépasse l'Ukraine.
05:09Et ce qui était très intéressant dans les 28 points initiaux de Donald Trump,
05:13c'est qu'il parlait de revenir en arrière sur 30 ans de mésentente.
05:17Et ça, c'est extrêmement important.
05:19Il faut une nouvelle architecture de la paix en Europe.
05:21La Russie restera toujours le plus grand pays européen, qu'on le veuille ou qu'on ne le veuille pas.
05:25Ça sera toujours un voisin, comme pour la France.
05:27L'Angleterre a été l'ennemi voisine, l'Allemagne a été l'ennemi voisine.
05:30Et heureusement, aujourd'hui, on a été capable de surmonter le passé pour travailler sur un monde plus pacifique, plus stabilisé.
05:37C'est ce qu'il faut faire avec la Russie.
05:39Et il faut revoir cet accord de paix, qui doit être un véritable accord de paix pérenne,
05:45dans le cadre d'un accord plus global, pour que les Européens puissent entendre sur leur propre continent.
05:51C'est dans l'intérêt de tous les Européens d'avoir et la paix et la stabilité.
05:55Donc, c'est majeur qu'il y a ce traité de paix qui dépasse l'Ukraine,
06:02pour qu'on soit sûr qu'il n'y ait pas de reprise de la guerre ou d'esprit revanchard.
06:06Alors, vous parlez du plus global.
06:08J'en viens au plus particulier, même si nous allons revenir sur toutes ces questions.
06:12J'aimerais évoquer un sujet très sensible, que j'ai esquissé aussi il y a quelques instants.
06:16Selon le média initialement américain, mais maintenant financé par l'UE Radio Free Europe la semaine dernière,
06:21le colonel Suisse Jacques Beau et le français Xavier Moreau devaient être inscrits sur la liste, je cite,
06:25des citoyens privés impliqués dans des activités déstabilisatrices contre l'UE et les États partenaires.
06:31L'information a été confirmée hier par le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barraud.
06:37Alors, je vous propose, pour que tout soit clair, de l'écouter.
06:40Et puis, les sanctions à l'encontre de 12 agents de la déstabilisation russe en Europe,
06:4612 responsables des ingérences étrangères ou des ingérences numériques étrangères.
06:51Et je veux citer notamment les sanctions qui vont être décidées aujourd'hui à l'encontre de Xavier Moreau,
06:57ressortissant franco-russe, basé en Russie, qui est un relais de la propagande du Kremlin en Europe,
07:02ou encore les sanctions qui cibleront John Mark Duggan, responsable d'ingérences numériques en Europe,
07:09et en particulier l'un des artisans de cette campagne que les services français de Viginum ont dénoncé, Storm 15-16,
07:17et qui a visé à plusieurs reprises le débat public français et européen.
07:21Xavier Moreau, de son côté, a ironisé, remerciant le ministre d'avoir reconnu, je cite, la qualité de son travail.
07:28On reconnaît bien Xavier Moreau là et son sens de l'humour.
07:32Sur RT, un peu plus tard, dans la nuit, RT, rappelons-le, interdit de diffusion en France,
07:38Xavier Moreau a dénoncé une décision sans procès, sans condamnation donc, et évidemment l'absence d'un état de droit.
07:46Alors je précise qu'on ne sait pas encore parfaitement de quoi il est sanctionné à l'heure actuelle.
07:51Je penche, à titre personnel, pour l'interdiction d'entrée et de transit sur le sol de l'Union Européenne,
07:55mais Xavier Moreau est encore, soulignons-le, citoyen français,
07:58et cela pourrait donc s'accompagner d'une interdiction de diffusion, d'un gel des avoirs,
08:03d'une interdiction d'effectuer des transactions avec lui,
08:06donc ce qui évidemment toucherait son lectorat.
08:10Question, Nicolas Mikovitch, quand on apprend cela, faut-il revoir ce que l'on dit ?
08:15Faut-il désormais se taire ?
08:17Surtout pas, plus que jamais, il faut parler, il faut exclamer la vérité partout.
08:23On voit à quel point, que ce soit Paris ou Bruxelles, on veut nous contraindre,
08:29qu'on veut nous obliger à penser d'une certaine manière.
08:31C'est le contraire complet de la liberté.
08:33On n'arrête pas de nous dire à longueur de journée que nous nous battons pour les valeurs de la démocratie,
08:38des droits de l'homme, de la liberté,
08:40et aujourd'hui vous avez Bruxelles et Paris qui condamnent un citoyen européen
08:44qui habite en Russie, dont le seul crime est de penser différemment,
08:47de dire les choses d'une autre manière.
08:49Est-ce que ce n'est pas normalement un des piliers de nos démocraties de pouvoir s'exprimer librement ?
08:54Pourquoi cette accusation ?
08:56Pourquoi le calomnier, le traité de tous les noms ?
08:58Pourquoi en plus, ils vont assez loin, puisqu'ils risquent qu'on lui confisque ses biens en France,
09:03ils risquent de ne pas pouvoir revenir en Europe.
09:06On bafoue ainsi totalement la déclaration universelle des droits de l'homme.
09:10Vous prenez les articles 11, 12, 13, 15, 16, 17, 18, 19, jusqu'à la liberté d'expression,
09:14qui sont complètement piétinés par Paris et Bruxelles.
09:18Donc je pense que c'est quand même qui était extrêmement grave.
09:20Alors, Xavier Moreau peut s'estimer heureux.
09:22Je rappelle que le général de Gaulle, en 1940, lui, a été condamné à mort.
09:26Donc on n'en est pas encore là, mais ça doit aussi rassurer les personnes
09:28qui voient quand même dans la liberté d'expression l'élément majeur de toute démarche de résistance,
09:38juste de vouloir s'informer, de savoir, de comprendre ce qui se passe.
09:41Et c'est inquiétant.
09:43C'est inquiétant, mais au contraire, nous, ça doit nous réveiller,
09:45parce que quel que soit le sujet, on voit qu'il y a cette espèce de rouleau compresseur médiatique
09:49qui veut nous obliger à penser des choses, qui fuit le débat.
09:52Pourquoi est-ce qu'il n'y a pas de véritable débat sur les médias dominants aujourd'hui,
09:54sur ce qui se passe en Ukraine, sur la France, sur l'Europe, sur ce qui se passe aux Etats-Unis ?
09:58C'est parce qu'ils veulent contrôler cette information.
09:59Et ils ne supportent pas que des personnes puissent penser différemment.
10:03Et je rappelle que sur cette liste, des personnes qui ont été sanctionnées,
10:06qui sont sorties il y a plus tôt cette semaine,
10:09vous avez Diana Panchenko.
10:10Qui est Diana Panchenko ?
10:12On n'en a quasiment pas parlé dans les médias occidentaux dominants.
10:16C'est une journaliste ukrainienne.
10:18C'est une journaliste star de la télévision ukrainienne.
10:22Jusqu'en 2021, elle a dû fuir l'Ukraine.
10:24Et aujourd'hui, quel est son crime ?
10:26C'est qu'elle dit, elle aussi, qu'aujourd'hui,
10:27elle critique la corruption en Ukraine.
10:29Elle critique le fait que la vision atlantiste et bruxelloise de l'Ukraine,
10:34elle rappelle qu'il y a une partie de la population ukrainienne
10:36qui n'a pas envie de rejoindre l'OTAN,
10:39qui n'a pas envie de rejoindre l'Union Européenne
10:41et qui se sent plus proche de la Russie.
10:43Elle est ukrainienne.
10:44Même Zelensky n'a pas appliqué de sanctions contre elle.
10:46L'Union Européenne, qui n'a aucun droit d'appliquer des sanctions
10:50sur cette journaliste ukrainienne,
10:52lui impose des sanctions.
10:54Elle, qui n'a fait que son boulot de journaliste,
10:55et quel est son crime ?
10:57Elle pense différemment.
10:58Les criminels de Kiev, qui ont détourné de l'argent
11:01et qui sont corrompus,
11:03et qui sont partis avec l'argent du contribuable européen
11:05au lieu d'aider leurs jeunes et leurs moins jeunes d'ailleurs
11:08qui sont en train de se battre sur la ligne de front,
11:10ils ne sont pas sur la liste de sanctions des Européens.
11:12Donc les Européens, l'Union Européenne ne sanctionne pas
11:14les voleurs, mais sanctionne les personnes qui pensent différemment.
11:17Donc oui, c'est inquiétant,
11:18et cela doit nous réveiller
11:20et nous inciter tous à plus que jamais
11:22clamer la vérité, chercher la vérité,
11:24exiger la liberté d'expression.
11:26La dernière des choses qu'il faille faire,
11:27en ce moment, c'est de se cacher et d'avoir peur.
11:29On n'a plus le temps d'avoir peur
11:31et l'avenir de notre pays en dépend.
11:33Je disais, De Gaulle a eu le courage
11:34de mener la résistance,
11:35il a été condamné à mort,
11:37mais grâce à des gestes comme ceci,
11:39eh bien, il y a eu un esprit de résistance.
11:41Esprit de résistance pour la défense de nos libertés.
11:44Ça, c'est extrêmement important,
11:45et il faut le maintenir,
11:45il faut se battre pour garder notre liberté.
11:48Se battre pour garder notre liberté.
11:50Alors, Nicolas Mirkovic,
11:51j'en reviens donc au global,
11:52au général, au grand problème.
11:54Après, évidemment, cette affaire
11:56qui concerne Xavier Moreau,
11:58affaire à suivre,
11:59les Européens, jeudi, dans 48 heures,
12:02les dirigeants de l'Union Européenne
12:03devront décider comment financer l'Ukraine.
12:06S'en prendront-ils, pardon,
12:08donc définitivement aux avoirs russes gelés ?
12:11Alors, pour la chef de la diplomatie américaine,
12:14européenne, Kajak Alas,
12:15le lapsus, c'est un petit lapsus.
12:16C'est révélateur !
12:17Il est préférable que les contribuables européens
12:19ne paient pas pour l'Ukraine,
12:21qui demande donc entre 70 et 90 milliards d'euros pour 2026.
12:25On ne sait jamais, d'ailleurs, tout à fait.
12:27On est plus à 20 milliards d'euros près.
12:29Mais a-t-elle quand même confessé ?
12:31Les négociations au sein des 27 sont,
12:33je cite, de plus en plus difficiles.
12:35Écoutons-la, si vous le voulez bien.
12:37Comme je l'ai dit,
12:40c'est une semaine très importante
12:42pour les questions financières.
12:45Nous avons plusieurs options sur la table
12:48qui seront discutées jeudi.
12:54Comme l'a dit le président Kosta,
12:58nous ne quitterons pas la réunion
12:59avant d'obtenir un résultat
13:01sur le financement de l'Ukraine.
13:05Le plus crédible est un prêt de réparation
13:08et c'est ce sur quoi nous travaillons.
13:11Nous n'y sommes pas encore
13:13et c'est de plus en plus difficile,
13:15mais nous avons encore quelques jours.
13:17Donc, dilemme pour les Européens.
13:22Faut-il voler les 190 milliards d'euros
13:24d'avoir russes gelés chez Eurocler en Belgique
13:26pour sauver les contribuables français ?
13:28Qu'en pensez-vous, Nicolas Mirkou ?
13:29Bien sûr qu'il ne faut pas le faire.
13:30Qu'est-ce que la Russie a fait ?
13:31Même pour sauver les contribuables français ?
13:32Non, même pour sauver les contribuables français
13:34parce que ça ne va pas sauver les contribuables français.
13:36Cet argent va servir le complexe militaire
13:39ou industriel américain.
13:40Je vous rappelle qu'il y a à peu près
13:40une dizaine d'années,
13:41quand les Européens préparaient la guerre
13:43ou les pays membres de l'OTAN,
13:4460% des achats d'armement
13:47étaient faits auprès d'entreprises européennes.
13:49Aujourd'hui, 60% de ces achats
13:51se font auprès d'entreprises américaines.
13:53Donc, on peut comprendre
13:54pourquoi le complexe militaire industriel américain
13:56serait très content que les Européens fassent cela.
13:58Mais c'est interdit, c'est illégal
14:00et c'est dommageable.
14:01D'abord, parce que la Russie
14:01n'a rien fait à l'Union Européenne,
14:03il y a des pays membres de l'Union Européenne.
14:04Aujourd'hui, ce sont des armes
14:05des pays membres de l'Union Européenne
14:06et des États-Unis
14:07qui tuent des Russes.
14:08Ça, c'est la réalité.
14:09Ça, c'est la vérité.
14:10Il faut pouvoir négocier pour s'en sortir.
14:11Ça, c'était aussi une réalité.
14:13Mais en confisquant, en gelant,
14:14en volant ces avoirs,
14:16quel autre pays va vouloir investir
14:18en Union Européenne ?
14:19Est-ce que vous pensez
14:19que d'autres pays qui ont des richesses,
14:21que ce soit la Chine,
14:22que ce soit des pays africains,
14:23du Moyen-Orient,
14:24auront envie d'investir en Europe,
14:27d'acheter des bons du trésor
14:29de pays européens
14:30si un jour,
14:31on va leur confisquer leurs avoirs
14:32parce qu'ils ne vont pas être d'accord
14:33sur une décision géopolitique ?
14:35C'est catastrophique
14:36pour la réputation de l'Europe.
14:38Et puis, je vous rappelle
14:38que cet argent n'est même pas confisqué
14:40pour redynamiser l'économie.
14:42Ça serait l'économie européenne.
14:44Ça serait de la pirasserie.
14:45Strict au censure,
14:46on parle de prêts garantis par.
14:48Oui, on parle de ça pour l'instant
14:49parce que ça veut dire
14:50qu'il va falloir le rembourser.
14:51Qui va rembourser ça ?
14:52L'Ukraine.
14:53L'Ukraine, qui était déjà
14:53le pays le plus pauvre d'Europe
14:55avant même le coup d'État de 2014,
14:58sera incapable de rembourser ça.
15:00C'est un don.
15:01Il faut parler très clairement
15:02aux Européens et aux Français.
15:04C'est un don qu'on ferait
15:05à un pays qui n'a même pas
15:06membre de l'Union européenne.
15:08Donc, c'est-à-dire qu'on ne va
15:09même pas investir pour améliorer
15:10la situation économique
15:11et sociale des Européens.
15:13N'oublions pas que tous
15:13les indicateurs sociaux
15:14sont au plus bas,
15:16qu'on a des problèmes
15:16extrêmement graves en Europe
15:17de sécurité,
15:19d'investissement dans la recherche
15:20et le développement.
15:21Notre système scolaire
15:22n'arrête pas de dégringoler.
15:24Et nous, on va donner
15:26plus de 200 milliards
15:27à l'Ukraine pour la guerre,
15:28pour tuer des personnes
15:29sur notre propre continent.
15:31Les générations qui vont nous suivre
15:32vont nous juger
15:33avec beaucoup, beaucoup,
15:34beaucoup de sévérité.
15:36Quand on voit l'idiotie
15:38des dirigeants
15:39que nous avons aujourd'hui
15:39qui sont complètement
15:40déconnectés du monde,
15:41qui sont des fanatiques,
15:42qui sont toujours dans leur modèle
15:44mondialiste, atlantiste,
15:45qui n'ont pas compris
15:46le nouveau monde
15:47dans lequel nous sommes aujourd'hui.
15:48Même les États-Unis
15:49ont commencé à le comprendre.
15:50C'est-à-dire que nous,
15:50on est les plus fanatiques
15:51des fanatiques.
15:52On est le Frankenstein
15:53créature des Américains
15:56qui est devenu
15:56complètement fou
15:57et qui pense qu'en faisant
15:58la guerre en Ukraine,
15:59on va sauver quoi que ce soit.
16:00Ça va se retourner contre nous.
16:02On va s'appauvrir.
16:02Notre image va se dégrader
16:04et on va se retrouver
16:05vraiment dans...
16:06On va se retrouver un jour
16:07peut-être un pays du tiers-monde
16:09où les autres pays
16:10n'auront plus de considération
16:11pour nous.
16:12On n'aura plus de moyens
16:13et on n'aura plus
16:13que nos yeux pour pleurer
16:14pendant quelques générations.
16:15Alors, Victor Orban,
16:16le 13 décembre,
16:17lui, il a qualifié cela
16:18d'acte de guerre,
16:19ni plus ni moins.
16:20Il a prévenu que la réponse russe,
16:21d'ailleurs, serait dure,
16:23serait très dure.
16:24Il y a quand même
16:24un certain nombre d'actifs européens,
16:26notamment allemands en Russie,
16:28qui pourraient être à leur tour saisis.
16:30Et d'ailleurs,
16:31en parlant d'Allemagne,
16:32Orban a dénoncé quand même
16:33trois Allemands à la manœuvre.
16:35D'abord, Friedrich Merz,
16:36le chancelier, bien sûr,
16:37Ursula von der Leyen,
16:38qui dirige donc évidemment
16:39la Commission,
16:40et Manfred Weber,
16:40qu'on connaît un peu moins,
16:41mais qui dirige quand même
16:42le PPE,
16:43le Parti Populaire Européen,
16:44le plus grand parti
16:45du Parlement.
16:48Acte de guerre, pour vous ?
16:49On ira jusqu'alors ?
16:50Oui, bien sûr, c'est un vol.
16:51Et ce serait la même chose
16:52si la Russie confisquait
16:53des avoirs français.
16:54C'est interdit,
16:55ce sont des actifs
16:56qu'on doit protéger
16:58et qui appartiennent à un pays.
16:59On ne peut pas les voler.
17:00Enfin, on ne peut pas,
17:01pareil,
17:02par rapport à ce qu'on disait
17:02à quelques instants,
17:03si on est un État de droit,
17:05on respecte l'État de droit.
17:06Si on respecte,
17:07on ne peut pas être
17:08un État de droit
17:09si on vole des avoirs
17:10d'un pays étranger,
17:12quel que soit ce pays.
17:13Et en faisant cela,
17:14eh bien,
17:14on se comporte comme des pirates
17:15et donc il faut s'attendre
17:16à des représailles.
17:17C'est normal,
17:18personne ne pourrait accepter ça.
17:19Si la France se faisait voler
17:20des avoirs,
17:21dans je ne sais quel pays,
17:22d'Afrique,
17:23ailleurs en Europe
17:24ou au Moyen-Orient,
17:26eh bien,
17:26elle ferait tout
17:26pour les récupérer
17:27comme n'importe qui
17:28ferait tout pour récupérer
17:29un bien qui lui a été volé.
17:30Personne ne peut dire,
17:31c'est pas grave,
17:31c'est juste 200 milliards,
17:32prenez-les,
17:33allez faire la guerre,
17:34on s'en fiche.
17:35Non,
17:35et de nouveau,
17:36c'est une couche supplémentaire
17:38dans cette escalade
17:39vers la guerre
17:39que certains appellent de vivre.
17:41On a vu Fabien Mandon,
17:42le chef d'État-major français
17:43qui disait
17:44qu'il fallait se préparer
17:45à la guerre.
17:45Le chef d'État britannique,
17:48Knighton,
17:48il y a encore quelques jours,
17:50disait que les Britanniques
17:51devaient se préparer
17:52à faire la guerre
17:53contre la Russie.
17:54Il a été encore plus loin.
17:55Comment donc ?
17:55Qu'est-ce que c'est
17:56que cet état d'esprit ?
17:57Est-ce que ces personnes
17:58n'ont jamais lu
17:59de livre d'histoire ?
17:59Est-ce qu'ils n'ont pas vu
18:00le mal ?
18:00Nous allons revenir
18:03aux leçons de l'histoire
18:04dans un instant.
18:07Steve Wittkopf,
18:08le négociateur,
18:09l'émissaire de Donald Trump
18:10dans les négociations,
18:12a annulé d'ailleurs
18:13une discussion
18:13avec les dirigeants européens
18:14sur l'Ukraine
18:15le 14 décembre.
18:17Alors,
18:17on se rappelle,
18:18vous vous rappelez
18:18sans aucun doute,
18:19Nicolas Mirkovic,
18:20Victoria Nuland
18:21en 2014,
18:22lors du Maïdan,
18:23qui avait élégamment
18:23déclaré au téléphone
18:25« Fuck the EU ».
18:26Alors,
18:2611 ans plus tard,
18:27Washington a changé de camp,
18:29mais dit toujours
18:29« Fuck the EU ».
18:30N'est-ce pas ?
18:30Bien sûr,
18:31l'Union européenne,
18:32on le sait,
18:33vous pouvez relire
18:33Éric Branca,
18:34j'en parle dans mon livre
18:35aussi sur l'Amérique Empire,
18:36est une création
18:38des Etats-Unis.
18:39Pas à 100%,
18:40beaucoup d'Européens
18:40y ont contribué.
18:42Zbigniew Brzezinski
18:43concerne l'Europe de l'Ouest,
18:44globalement,
18:45je le cite comme
18:46un protectorat américain.
18:48L'Europe de l'Ouest
18:49est globalement
18:49vassalisée aux Etats-Unis.
18:51Et d'ailleurs,
18:52c'est une situation
18:52qui est compliquée
18:53à gérer pour Donald Trump
18:54parce qu'aujourd'hui,
18:55l'état d'esprit
18:56a changé aux Etats-Unis.
18:57Ils veulent quand même
18:58contrôler ce qui se passe
18:59en Union européenne,
18:59mais avec des dirigeants
19:00européens qui,
19:01comme je le disais
19:01il y a quelques instants,
19:02n'ont pas compris
19:03que le scénario
19:04a changé.
19:05Aujourd'hui,
19:06les Etats-Unis
19:07sont en train
19:07de discuter en direct
19:08et avec la Russie,
19:09avec l'Ukraine.
19:10Premier déjà,
19:11attaque directe
19:11contre l'Union européenne,
19:13l'Union européenne
19:13est incapable
19:14de négocier la paix
19:15sur son propre continent.
19:16Donc déjà,
19:17ça va montrer
19:17les limites politiques
19:18de l'Union européenne.
19:20Et aujourd'hui,
19:20c'est clair et net
19:21que c'est Washington
19:22et Moscou
19:22qui vont finalement
19:23décider ce qui se passe.
19:24Là,
19:24une espèce de tentative
19:26de bravade
19:27de la part des dirigeants
19:28européens
19:29pour faire croire
19:29qu'ils existent,
19:30mais eux qui,
19:30depuis 2014,
19:32ont été incapables
19:33de négocier la paix
19:34alors que la France
19:35et l'Allemagne
19:35étaient garants
19:36des accords de Minsk.
19:37Je rappelle que
19:37si les accords de Minsk
19:382 étaient mis en place
19:40et que Emmanuel Macron
19:42avait fait le travail
19:43qu'il aurait dû faire
19:43pour s'assurer
19:44que Kiev avance
19:45de son côté
19:45pour la mise en place
19:46de ces accords
19:47et que Moscou aussi,
19:48le Donbass ferait partie
19:49de l'Ukraine aujourd'hui.
19:51Il n'y aurait jamais eu
19:52toute cette guerre.
19:52Donc quand on parle
19:53vraiment de l'incompétence
19:54de l'Union européenne,
19:55on a un exemple clair
19:56en géopolitique.
19:57Et Trump veut discuter.
19:58Maintenant,
19:58c'est sûr et certain
19:59que les Européens
20:00embêtent Trump
20:02dans cette discussion
20:03parce qu'il n'arrête pas
20:05de galvaniser,
20:05d'exciter Zelensky
20:06vers la guerre.
20:07Aujourd'hui,
20:08les Etats-Unis
20:09ne financent quasiment plus rien.
20:10Ils sont très présents
20:11en Ukraine
20:11d'un point de vue militaire.
20:13Beaucoup d'images satellitaires
20:14parviennent à l'armée ukrainienne
20:15de la part
20:16des satellites américains.
20:18Il y a beaucoup
20:19de renseignements américains
20:19et il y a des généraux
20:20très haut placés
20:20qui sont en train
20:21de continuer d'aider
20:22l'armée ukrainienne.
20:24Là, vous pensez ?
20:24C'est sûr, c'est sûr et certain.
20:25Même depuis quelques semaines
20:28et le renversement
20:29de Donald Trump,
20:30il y a eu d'ailleurs
20:31plusieurs informations
20:32en sens contraire
20:33comme quoi Washington
20:35aurait arrêté en effet
20:36depuis quelques semaines.
20:38Le financement, oui.
20:39Le financement, oui.
20:39Et d'ailleurs,
20:40le but, c'est quand même
20:41de basculer la patate chaude
20:42aux Européens.
20:43Donc, il y a un peu
20:43un jeu de dupe aussi.
20:45D'un côté,
20:45Trump veut la paix en Ukraine.
20:47D'un autre côté,
20:48il demande aux pays membres
20:49de l'OTAN
20:49d'augmenter leur budget militaire
20:51à hauteur de 5%
20:52pour justement acheter
20:53des armes.
20:53Donc, si vous n'avez pas
20:55calmé les vats en guerre
20:56et que vous leur donnez
20:57des armes,
20:57à la fin,
20:58ils vont faire la guerre.
20:59Donc, il y a quand même
20:59un jeu de dupe
21:00de la part de Washington.
21:01Pour autant,
21:01on voit très bien
21:02qu'il n'y a peu de personnes
21:04en Europe aujourd'hui
21:05capables de comprendre
21:06le discours de Donald Trump
21:08au niveau des responsables
21:09d'États européens.
21:11Et ça, évidemment,
21:12ça risque de faire capoter
21:13ces discussions de paix.
21:14Parce que si vous avez
21:15un camp qui n'arrête pas
21:16d'exciter l'autre,
21:17alors que Washington et Moscou
21:18essaient de discuter...
21:19En effet, on entend constamment
21:20Kajakala,
21:21sur la fin de l'Élène,
21:22Frédéric Schmerz,
21:22évidemment Emmanuel Macron,
21:24tous répètent le même refrain.
21:26Maintenant, en l'occurrence,
21:27en plein contexte
21:29de négociation,
21:30Poutine, selon eux,
21:31ne s'arrêtera pas au Donbass.
21:33Il voudra toute l'Ukraine.
21:34Et puis plus encore,
21:35évidemment,
21:35on parle des Pays-Baltes à minima.
21:36On a l'impression
21:36d'être tous menacés.
21:38Vous, ça vous fait dire quoi ?
21:39Moi, je n'y crois pas.
21:40Enfin, qui nous donne les preuves.
21:41Pourquoi est-ce que la Russie
21:42ferait ça ?
21:43Aujourd'hui, la Russie
21:44est intervenue en Ukraine
21:45parce qu'il y avait
21:46une guerre civile,
21:46parce qu'il y a des personnes
21:47qui se réclament
21:48de la nationalité russe
21:50et parce que la Russie
21:50ne peut pas laisser
21:51sur cette frontière particulière,
21:54si vous prenez
21:54cette espèce d'énorme plaine
21:55qui recouvre aujourd'hui
21:56l'Ukraine et la Biélorussie,
21:58c'est exactement par là
21:59que les Européens de l'Ouest
22:00sont entrés
22:00à de nombreuses reprises,
22:02que ce soit les Polonais,
22:03les Lituaniens,
22:03les Suédois,
22:04les Français,
22:05les Allemands.
22:05Deux fois,
22:06c'est toujours par là
22:06que l'Europe de l'Ouest
22:07a envahi la Russie.
22:09Ça, on n'en parle pas souvent.
22:11Donc du coup,
22:11ils ne peuvent pas.
22:16Joe Biden avait lâché
22:18il y a encore quelques jours
22:18que c'est clair
22:19que si l'Ukraine
22:20était devenue neutre,
22:21on n'aurait jamais eu la guerre.
22:23Quel est le problème
22:24que l'Ukraine devient neutre ?
22:24C'est une zone sensible
22:25de l'Europe.
22:26Il vaut mieux
22:27qu'elle soit neutre
22:28comme l'est la Serbie,
22:29l'Autriche, l'Irlande,
22:30le Mexique
22:31sont des pays neutres.
22:32Ce ne sont pas des pays
22:32qui ont quand même
22:33le droit de se défendre.
22:34Si c'est le prix à payer
22:35pour la paix en Europe,
22:37est-ce que ce n'est pas
22:38un prix qui vaut la peine
22:39d'être payé justement ?
22:41Et donc aujourd'hui,
22:42c'est une zone sensible.
22:44Les Russes qui apprennent
22:45encore l'histoire à l'école
22:46le savent
22:47et ils ne pouvaient pas
22:47faire confiance
22:48à une Ukraine
22:49qui était reprise en main
22:50par des faucons de guerre américains,
22:52par l'OTAN
22:52qui est très clairement
22:53une organisation anti-russe.
22:54Ils ne pouvaient pas les laisser
22:55s'installer sur leurs frontières.
22:58Donc ça,
22:58je pense que c'est quelque chose
22:59qui n'est pas pris en compte
23:00par les attentistes
23:01qui font comme si un jour
23:02Vladimir Poutine
23:03s'était réveillé,
23:05s'est dit
23:05je ne sais pas quoi faire aujourd'hui,
23:07je vais envoyer mon voisin.
23:08Ça ne s'est pas passé comme ça.
23:09Et d'ailleurs,
23:09de nombreux spécialistes américains,
23:11Mersheimer,
23:13d'autres,
23:15disent devant la même lignée,
23:17disent que Hudson,
23:18j'en pense que j'en ai plein
23:19qui reviennent à main,
23:20Richard Saqua
23:21qui est britannique,
23:21disent la même chose.
23:22Il y a eu une provocation
23:23de la part des atlantistes
23:24qui n'ont cessé
23:25d'approcher leur base
23:26de l'OTAN
23:27et qui n'ont cessé
23:27de faire des exercices militaires.
23:29Combien d'exercices militaires
23:30est-ce que la Russie
23:30a fait le long
23:31des côtes françaises ?
23:33Combien de...
23:33Je joue un peu
23:35à l'avocat du diam.
23:36De chaque côté,
23:37il y a eu des exercices,
23:38des exercices Vostok,
23:39du côté russe.
23:41Mais bien sûr,
23:41mais qui se sont passés
23:42le long de leurs propres frontières.
23:44Pourquoi est-ce que
23:45les soldats français
23:45sont allés faire des exercices
23:47sur la frontière russe ?
23:48Je ne parle même pas de la guerre,
23:48je parle d'avant la guerre.
23:49Donc forcément,
23:50vous avez un climat de tension
23:51parce que vous faites un exercice
23:52une fois, deux fois, trois fois
23:53et puis la fois d'après,
23:54vous franchissez la frontière.
23:56Donc il faut
23:57cette nouvelle architecture de paix
23:59pour l'ensemble de la stabilité.
24:02La Russie,
24:02ça sera toujours la Russie.
24:03On verra ce qu'il reste de l'Ukraine.
24:05La Pologne,
24:05les autres États-nations d'Europe
24:07doivent trouver un accord
24:09qui leur permette
24:09de vivre en stabilité.
24:10C'est dans notre intérêt.
24:11Vous savez,
24:11dans le monde multipolaire
24:12qui est en train de naître,
24:13avec un milliard de Chinois,
24:15un milliard d'Indiens,
24:15avec l'Afrique
24:16qui a une démographie galopante,
24:17avec la Russie
24:18qui s'est affirmée
24:19comme une grande puissance,
24:20on a l'intérêt
24:20et l'Amérique
24:21qui a envie de redevenir,
24:22enfin,
24:22qui ne veut pas trop perdre
24:23sa position hégémonique,
24:25même si on conçoit
24:26ou on comprend
24:27qu'elle a envie
24:27de revoir un petit peu
24:28sa portion du gâteau,
24:30eh bien,
24:30il va falloir une place
24:31pour les nations souveraines.
24:33C'est d'ailleurs
24:33ce que dit
24:34Donald Trump
24:34et puis dit
24:35dans le document
24:36sur la sécurité.
24:38Voilà,
24:39l'Europe a intérêt
24:40à retrouver
24:40une certaine puissance,
24:42mais pas l'Union Européenne.
24:43Elle n'en est pas capable.
24:44Tout ce qu'elle touche,
24:44elle se transforme en bout.
24:45C'est le contraire de Midas.
24:47D'accord.
24:47Alors,
24:48vous réévoquez
24:49de nouveau
24:50l'Union Européenne.
24:52On a évoqué
24:52les 70,
24:5380 milliards
24:54d'euros
24:55réclamés par Kiev.
24:57Vous y croyez
24:57à l'Ukraine
24:58qui pourrait entraîner
24:59l'Union Européenne
24:59dans sa chute ?
25:00Bien sûr.
25:01Bien sûr,
25:02parce que du coup,
25:02l'Ukraine,
25:04c'est aujourd'hui
25:04le tonneau des Danaïdes
25:05de l'Union Européenne.
25:06On n'arrête pas
25:06de mettre de l'argent
25:07et plus on met de l'argent,
25:08plus l'Ukraine est corrompue,
25:10plus l'Ukraine perd
25:11sur le champ de bataille,
25:12plus les Ukrainiens
25:12ont envie de fuir.
25:14Où est le succès ?
25:15Où est la réussite
25:15de la politique européenne ?
25:17On se demande déjà
25:17où elle est
25:18pour nos agriculteurs,
25:19pour notre sécurité,
25:20pour nos universités,
25:21pour la santé,
25:21nos hôpitaux.
25:22On se demande déjà
25:22pour nous
25:22et vous pensez
25:23que ce qu'elle a loupé
25:24chez nous,
25:25elle va la réussir.
25:26C'est que tout
25:27ce que l'Union Européenne
25:28touche, je vous dis,
25:29ne fonctionne pas.
25:29Et l'Ukraine
25:30est un exemple type
25:31d'État failli.
25:32D'ailleurs,
25:32l'Union Européenne
25:33se fiche complètement
25:34des Ukrainiens
25:35ou des personnes
25:35qui habitent aujourd'hui
25:36en Ukraine,
25:37qu'elles se revendiquent
25:38de la Russie
25:38ou qu'elles se revendiquent
25:39d'une Ukraine indépendante.
25:40Elle se bat
25:41par des intérêts privés,
25:42propres,
25:42qui ne sont pas
25:43les intérêts
25:44des Ukrainiens sur place.
25:44Parce que si elle avait
25:45le souci des intérêts
25:47des Ukrainiens,
25:47elle ferait tout
25:48pour la paix.
25:49Parce que c'est ce que
25:49veulent globalement
25:50les Ukrainiens.
25:51Et s'il y a des Ukrainiens
25:51qui veulent être autonomes,
25:52indépendants avec la Russie
25:54ou complètement indépendants,
25:56que les Ukrainiens décident,
25:57que les habitants
25:58de cette région
25:58ou de ce pays,
26:00selon son point de vue politique,
26:02décident.
26:02L'Union Européenne
26:03n'a rien fait pour ça.
26:04Et aujourd'hui,
26:04elle en est à censurer
26:05les personnes
26:06qui osent émettre
26:07l'idée que la paix
26:08puisse être une bonne solution
26:09pour les habitants
26:10de cette région.
26:12Bon, alors Nicolas Mirkovic,
26:13pour résumer
26:13d'une certaine manière,
26:14vous croyez,
26:14bon, les jeunes diraient
26:15au karma.
26:16Vous croyez au juste
26:17retour des choses.
26:18Bien sûr.
26:18D'ailleurs, c'est ce qui ressort
26:19de votre postface
26:20au livre d'Olivier Battistini
26:22que j'ai évoqué
26:22en début d'émission.
26:24Vous narrez
26:25la guerre du Péloponnèse,
26:27de Thucydide, donc.
26:29Et l'Amérique,
26:30dites-vous,
26:31écrivez-vous,
26:31nous entraîne
26:32dans le piège de Thucydide.
26:33Vous avez évoqué cela
26:34d'ailleurs sur TVL
26:35au début du conflit ukrainien.
26:37Donc, pour dire
26:38la chose simplement,
26:39l'Amérique nous entraîne,
26:40nous a entraînés
26:40dans des guerres
26:41contre des puissances
26:42ascendantes
26:43à nos dépens,
26:44contrairement à nos intérêts.
26:45Mais là,
26:46vous avez évoqué
26:46le rapport stratégique américain
26:48publié il y a une semaine
26:49à peu près
26:49par la Maison-Blanche.
26:51L'Amérique a changé,
26:52en tout cas,
26:53ses lignes directrices.
26:57Cela ne contraditille pas
26:58ce que vous évoquez
26:59à l'instant,
27:00à savoir que désormais,
27:01Washington ne veut plus
27:02nous entraîner
27:03en guerre
27:03contre des puissances ascendantes.
27:05Alors,
27:06il faut d'abord,
27:06on juge un arbre à son fruit,
27:08c'est ma phrase préférée.
27:09Je la sors tout le temps.
27:11Moi, je ne donne pas encore
27:11de chèque en blanc
27:12à Donald Trump.
27:12Je pense qu'il va
27:13dans une bonne direction.
27:14Maintenant,
27:15Donald Trump est là
27:15pour quatre ans,
27:16il a ses mid-terms
27:17dans un an
27:17et on ne sait pas
27:18qui sera là au pouvoir
27:19encore à sa suite.
27:20Donc,
27:20il faut être extrêmement prudent.
27:22Je pense qu'il a un côté
27:23qui est sincère
27:24où il veut faire bouger
27:25les lignes.
27:26Je pense que dans
27:26l'entourage de Trump
27:27et au sein de l'appareil
27:28administratif américain,
27:29ils se rendent
27:30très clairement compte
27:32qu'ils ne sont plus
27:33la puissance hégémonique
27:34qu'ils ont été
27:35à la fin de la Deuxième Guerre mondiale.
27:36Ils ne sont plus
27:37la puissance
27:37qui,
27:38à la chute de l'URSS,
27:38était capable
27:39de bombarder
27:40illégalement la Yougoslavie,
27:42d'attaquer illégalement l'Irak,
27:43de mener des guerres
27:45à travers le monde entier,
27:46de tuer 4,5 millions de personnes.
27:47Ce n'est pas un homme de guerre,
27:48mais ça reste un homme
27:49qui a l'ambition de la puissance.
27:51Il a l'ambition de la puissance
27:52et il veut que les États-Unis
27:53demeurent la première
27:54puissance mondiale.
27:54Il le dit très clairement
27:55dans ce document,
27:56il faut que les États-Unis
27:57soient le numéro un
27:57dans la recherche et le développement
27:59au niveau de l'armée
28:00et ils veulent une grande puissance.
28:01Pour autant,
28:02il commence à définir
28:02des quartiers,
28:04on va dire,
28:05qui seraient des quartiers
28:06propres aux États-Unis.
28:07Il rappelle cette doctrine
28:08de Monroe de 1823
28:09que les Amériques
28:10sont une chasse gardée
28:11des États-Unis.
28:12Les Amériques, exactement.
28:13Et c'est d'ailleurs pour ça
28:14qu'il est tout de suite,
28:15d'une fois élu,
28:15il a dit qu'il voulait
28:16récupérer le Groenland,
28:18le Panama,
28:18le Groenland,
28:18qui fait partie
28:19du continent américain.
28:20Il reconnaît,
28:21enfin,
28:22le document est nettement
28:23moins hostile à la Russie,
28:24même pas du tout hostile
28:25par rapport aux documents précédents.
28:27Donc, je pense qu'il est prêt
28:28à négocier pour autant
28:29dans l'appareil administratif
28:31et militaire américain.
28:32Il y a encore beaucoup
28:33de personnes qui veulent
28:33ces confrontations
28:34qui sont persuadées
28:35qu'un monde sûr,
28:37c'est la politique atlantiste,
28:38c'est un monde
28:38qui est dirigé
28:38par les États-Unis
28:39où il n'y a pas de rival.
28:40Et d'ailleurs,
28:41ce document de Trump
28:42dit un peu la même chose
28:43par rapport à la doctrine
28:44de Wolfowitz
28:44du début des années 90,
28:46dit qu'il n'y a pas de rival.
28:47Comment est-ce que vous allez dire
28:48qu'on va entrer
28:49dans un monde multipolaire
28:50mais il n'y a pas de rival ?
28:50Je ne pense pas
28:51que si vous demandiez
28:51aux Indiens,
28:53aux Chinois,
28:53aux Russes,
28:54de dire
28:55est-ce que vous êtes d'accord
28:55d'entrer dans un monde
28:56où vous n'avez pas le droit
29:03Il est plutôt consignant
29:05avec Moscou et Pékin
29:07dans ce document ?
29:07Les États-Unis
29:08n'ont pas le choix.
29:09C'est-à-dire que
29:09ou alors vous avez
29:10une aile qui dit
29:11c'est la surextension impériale,
29:14on a perdu
29:14dans la recherche
29:15et le développement,
29:16notre modèle civilisationnel
29:17est en train de s'y crouler,
29:18il est en train
29:18d'imploser.
29:20Aujourd'hui,
29:21le modèle mondialiste
29:22qui a été poursuivi
29:22par les élites américaines
29:24depuis les années
29:24au moins 70-80
29:26est un échec.
29:27Les Européens
29:28sont divisés entre eux,
29:29nos modèles
29:29ne font rêver
29:30plus personne.
29:31Et en même temps,
29:33vous avez des pays
29:33qui se sont dit
29:34on va travailler
29:34sur le temps long,
29:35on va investir
29:36dans la recherche
29:37et le développement,
29:37on va investir
29:38dans nos universités,
29:40dans nos systèmes
29:40de sécurité,
29:41on va faire
29:41de véritables états
29:42de droit.
29:43Et ces pays-là
29:43disent aujourd'hui
29:44nous on veut
29:44notre part légitime
29:45du gâteau.
29:45Ce qui est tout à fait logique,
29:46c'est la géopolitique,
29:47c'est l'essence même
29:48de la géopolitique
29:49et Trump reconnaît
29:50un peu de ça
29:51mais maintenant
29:51il faut qu'il s'en sorte.
29:53Le problème de Trump
29:54c'est qu'il s'est éparpillé.
29:55Gaza, Venezuela, l'Ukraine,
29:57il a plein de sparras
29:58qui l'empêche lui aussi
29:59de se focaliser
30:01sur les Américains
30:03qui l'ont élu
30:03pour amener
30:04du pouvoir d'achat,
30:05pour amener
30:05une société stabilisée,
30:08pour lutter
30:09contre le wokisme.
30:09C'est pour ça
30:10qu'il a été élu
30:11et ses adversaires
30:12américains,
30:13je vais terminer
30:13juste là-dessus,
30:14Edouard Chaneau,
30:15les adversaires américains
30:16de Donald Trump
30:17au sein de l'établissement,
30:19de l'establishment
30:20américain,
30:21veulent que Trump
30:22se plante.
30:23Ils veulent,
30:23ils rêvent
30:23de faire cette guerre,
30:24ils rêvent de mêler
30:25une guerre
30:25contre le monde entier.
30:27Pourquoi ?
30:27Parce que si l'hubris
30:28c'est le fanatisme,
30:29c'est l'empire américain
30:30qui est seul
30:31au-dessus de tous,
30:32le problème c'est
30:33que le reste du monde
30:33ne le voit pas comme ça
30:34et que le reste du monde
30:34aujourd'hui
30:35peut très clairement
30:36répondre à l'OTAN
30:38et aux Américains,
30:39on l'a très clairement vu
30:39avec les Russes
30:40en Ukraine.
30:41L'hubris
30:42que vous dénoncez
30:42d'ailleurs
30:43dans la postface
30:44de l'ouvrage
30:45d'Olivier Battistini
30:46La guerre,
30:46un maître de violence,
30:48audition Perspective libre.
30:50Je rappelle aussi
30:50que vous avez publié
30:51L'Amérique Empire
30:52et le chaos ukrainien
30:53que vous pouvez retrouver
30:54sur la boutique de TVL.
30:56Merci Nicolas Mirkovic
30:58d'avoir encore une fois
30:58répondu présent
30:59à l'appel de Choc du Monde.
31:00Merci à tous
31:01d'avoir suivi cet épisode.
31:03Surtout, surtout, surtout,
31:04n'oubliez pas
31:04de le commenter
31:05et de le partager.
31:06Merci à tous
31:07et bonne soirée.
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