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  • il y a 5 semaines

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00:00La grande interview sur CNews et Europe 1. Mon invité est le général d'armée Pierre de Villiers. Bonjour et bienvenue à vous.
00:08Bonjour madame.
00:09Merci de votre présence. Pierre de Villiers, vous avez été chef d'état-major des armées.
00:13Vous publiez pour le succès des armes de la France aux éditions Fayard.
00:17Alors ce matin, nous allons beaucoup parler de la chose militaire.
00:20Le mot « guerre » d'ailleurs est souvent utilisé dans tous les domaines.
00:24On parle de guerre contre les narcotrafiques.
00:26Nous allons en parler de guerre également contre l'antrisme islamiste et en particulier après le terrible attentat antisémite à Sydney.
00:34Monsieur le général, est-ce qu'on se paye de mots ou est-ce qu'on mène véritablement cette guerre existentielle ?
00:41Je crois que le monde a profondément changé. C'est pour ça que j'ai repris ma plume.
00:45J'avais senti en 2017, c'était l'objet de mon différent avec le président de la République quand j'ai démissionné.
00:51J'avais senti que ce monde était de plus en plus instable, volatile, incertain, sous le coup du retour des États-puissances,
01:00qui réarmait de 5 à 10% par an depuis une vingtaine d'années, quand nous, les démocraties européennes, nous savourions les délices des dividendes de la paix.
01:07Et puis j'ai vécu les attentats de 2015, depuis le 7 janvier 2015, le Bataclan et tout ce chapelet.
01:16Je l'ai vécu en quelque sorte dans ma chair et je savais que cette idéologie islamiste radicale allait se poursuivre dans le monde entier.
01:23C'est ce qui s'est passé.
01:24J'avais pressenti aussi le désengagement progressif américain vers le Pacifique et vers son adversaire, la Chine.
01:34Et donc tous ces facteurs m'avaient fait penser qu'il était grand temps de réarmer.
01:41Alors nous avons fait un effort budgétaire, mais qui n'est pas suffisant par rapport à la gravité de la situation.
01:47Et nous n'avons fait que boucher les trous finalement, les trous qui avaient été creusés pendant des décennies, notamment avec la Revue Générale des Politiques Publiques.
01:58Des trous béants, Pierre Devilliers, face à des défis existentiels, on va les énumérer.
02:03Et vous a répété un vieux principe que l'armée vous a appris, seule la force fait reculer la violence.
02:08Alors très concrètement, aujourd'hui par exemple, dans certaines villes, les quartiers entiers vivent au son des tirs de Kalachnikov.
02:16Des enfants marchent sur des sachets de drogue à l'école.
02:19Des barrières sont érigées à l'entrée de certaines cités par des narcos trafiquants.
02:24Où est la force ? Où est la force face à cette ultra-violence ?
02:28Oui, la force, elle repose sur l'autorité.
02:31Et le carburant de l'autorité, c'est la confiance.
02:34En fait, aujourd'hui, les Français n'ont plus confiance dans leur autorité, dans leur gouvernant.
02:41Il y a un fossé qui s'est creusé, qui est énorme, entre ceux qui décident et ceux qui vivent.
02:46Et ces décisions sur le terrain, la situation d'aujourd'hui est d'ailleurs illustrative.
02:51D'un côté, le déplaçant du président de la République à Marseille avec le cartel de la drogue.
02:56Et de l'autre, les paysans qui bloquent la liberté de circulation avec toutes les difficultés qu'ils rencontrent.
03:05Quelle image nous renvoient ces deux Frances ?
03:07Écoutez, moi, cette image de la France, anéantie par ses propres factures et ses propres décisions,
03:16et dans une violence, dans une brutalité énorme,
03:22quand je vois ça par rapport à la situation extérieure et à tout ce qui se passe dans le monde aujourd'hui,
03:28je me dis que ce décalage est éminemment dangereux.
03:30Vous dites aussi, Général Pierre de Villiers, que la peur fait réagir.
03:36Et en grande partie, en tout cas une partie des Français ont peur,
03:38on va parler de la situation également en Europe et internationale,
03:42et que le courage fait décider.
03:44Et ensuite, c'est le sursaut qui doit arriver.
03:46Nous en sommes où dans cet enchaînement, dans cette étape ?
03:49Alors, je crois que nous sommes dans la première étape.
03:52Depuis quelques mois, moi, je trouve que les Français commencent sérieusement à avoir peur.
03:56C'est ce qu'on vous dit ?
03:57Vous faites évidemment de nombreuses éducaces un peu partout en France.
04:00Oui, je fais un, deux déplacements par semaine depuis huit ans,
04:04et je vois bien le climat évoluer.
04:06Les Français commencent à avoir peur.
04:08Ils ont peur à l'intérieur pour leur propre sécurité,
04:11parce que, contrairement à ce qu'on nous dit depuis des années,
04:14ce n'est pas un sentiment de sécurité.
04:16Enfin, on est des grands garçons, on voit bien ce qui se passe quand même.
04:19Il faut dire la vérité.
04:20Ça, c'est un principe de l'exercice de l'autorité.
04:23Dire la vérité.
04:24Sinon, la confiance est rompue.
04:26On est toujours rattrapé par ses propres mensonges ou ses faux semblants.
04:32Je crois que la vérité, l'authenticité, c'est ce qu'attendent les Français.
04:35Et puis, quand on voit la situation dans certains quartiers,
04:40effectivement, il faut restaurer l'autorité.
04:43Il faut restaurer l'ordre.
04:44C'est ce que j'entends, mon général.
04:45Alors, on attend, il faut restaurer l'ordre.
04:49L'ordre, par la force, c'est-à-dire, Général Pierre de Villiers,
04:52que l'on soit très concret ce matin, parce que la deuxième étape, c'est le courage,
04:57y compris s'il y a des conséquences difficiles,
05:00y compris s'il y a des effets qui peuvent provoquer des choses extrêmement,
05:03peut-être indésirables sur notre sol.
05:06Mais on n'a pas le choix.
05:07Après la peur, ça fait réagir.
05:11C'est ce qu'on est en train de faire, on réagit.
05:13Mais après, il faut décider.
05:14Et il faut décider pour restaurer l'autorité.
05:18Et ensuite, il y aura le sursaut.
05:21Et le peuple attend ce sursaut.
05:23Moi, je vous le dis, le peuple de France que je côtoie,
05:25moi, j'habite en Vendée, je vois bien,
05:28les gens, ils attendent maintenant quelque chose de solide,
05:31parce qu'on ne peut plus continuer comme ça.
05:32Sinon ?
05:33Sinon, le grand danger, quand on voit l'histoire de France,
05:37c'est la rupture.
05:39Si vous voulez, la France, quand elle est en difficulté,
05:42elle se réforme souvent dans la brutalité et dans la rupture.
05:45C'est ce qu'il faut éviter, à mon avis,
05:47parce que cette rupture, elle pourrait aussi provenir de l'extérieur.
05:53Je répète, seule la force fait reculer la violence,
05:56parce que vous faites ce même constat,
05:57c'est très important, face aux États puissances.
05:59Il faut la force.
06:00Et justement, au sujet de la guerre en Ukraine,
06:02Pierre Devilliers, Donald Trump a affirmé,
06:04et c'est tout récent, qu'un accord n'a jamais été aussi proche.
06:07Est-ce que cette guerre est la nôtre ?
06:09Bien sûr, elle se situe aux confins de l'Europe,
06:11mais est-ce qu'elle est la nôtre au sens des intérêts premiers
06:13de l'Europe et plus singulièrement de la France ?
06:16L'intérêt de la France, c'est la paix en Ukraine et face à la Russie.
06:21L'intérêt de tous, c'est la paix, non ?
06:22Bien sûr, bien sûr qu'il y a un agresseur.
06:25La Russie a agressé l'Ukraine.
06:27Bien sûr qu'il fallait aider l'Ukraine pour éviter
06:29qu'elle ne s'effondre.
06:31C'est ce que nous avons fait.
06:32Mais l'objectif stratégique, vous savez,
06:34la stratégie, c'est important.
06:35La stratégie, c'est ce qui gagne les guerres.
06:37La tactique gagne les batailles.
06:38Mais ça ne suffit pas de gagner les batailles.
06:40Il faut gagner la guerre.
06:41Et là, en l'occurrence,
06:42la seule stratégie utile pour la France,
06:45c'est la paix.
06:46Une paix qui soit juste,
06:48sur les territoires en particulier,
06:49et qui soit durable,
06:51avec des forces de garantie qui garantissent
06:53que la Russie ne va pas recommencer
06:55à envahir l'Ukraine
06:56ou d'autres pays limitrophes.
06:58Je reprends vos mots.
06:59Une paix juste et durable.
07:01Paix juste et pérenne.
07:02C'est ce que dit le président de la République.
07:05Certaines voix,
07:05Pierre de Villiers,
07:06je cite par exemple,
07:07Pierre Lelouch,
07:08Michel Onfray,
07:09Luc Ferry,
07:09et d'autres ont tapé depuis longtemps,
07:11à la fin de la guerre,
07:11le plus rapidement possible,
07:13au risque peut-être
07:13d'avoir un accord de paix déséquilibré.
07:17Certains les ont traités
07:18de municois,
07:20de capitulards.
07:22Quelle est la vérité ?
07:23Qui sont les vrais pacifistes aujourd'hui ?
07:25Écoutez, moi je suis très à l'aise
07:27sur ce plan,
07:27puisqu'il y a trois ans,
07:28quand j'ai sorti mon livre précédent,
07:30j'avais demandé la paix.
07:31À cette époque,
07:32on m'a traité de municois
07:34et de russophiles.
07:36Comment vous expliquez aujourd'hui
07:37cette inversion des choses et des valeurs ?
07:40Parce que je crois que notre société
07:43a oublié ce qu'est la guerre.
07:45Surtout sur les plateaux
07:47avec la moquette parisienne.
07:49Mais la guerre, c'est atroce.
07:51Il y a parfois des journées
07:52à mille morts aujourd'hui
07:54en Ukraine.
07:55Il faut arrêter ce massacre.
07:58Et vous savez,
07:59ensuite, la haine,
08:00pour qu'elle retombe,
08:01je l'ai vu dans toutes mes interventions,
08:03que ce soit au Kosovo,
08:04en Afghanistan,
08:05en Afrique,
08:06c'est très long.
08:07Et donc,
08:08si on veut la paix,
08:10vraiment,
08:11et une paix durable,
08:12notamment en Europe,
08:14il faut préparer la guerre.
08:15Si,
08:15vis,
08:16pachem,
08:16para,
08:17bellum,
08:17c'est la devise de l'école de guerre.
08:19Moi, j'ai fait l'école de guerre
08:20en 89-91,
08:22au moment de la chute du mur de Berlin.
08:24On a gagné
08:25parce qu'on était forts.
08:26On avait une dissuasion nucléaire
08:27couplée avec des forces conventionnelles
08:30au même niveau de suffisance
08:32et de crédibilité.
08:34Ce n'est plus le cas aujourd'hui
08:35pour les forces conventionnelles.
08:37Et nous avions,
08:37Pierre Devilliers,
08:38également,
08:38peut-être,
08:39une souveraineté
08:40beaucoup plus importante,
08:41beaucoup plus affirmée.
08:42Est-ce qu'aujourd'hui,
08:43là, je parle de la voie de la France
08:44dans cette guerre,
08:45est-ce qu'on peut être souverain
08:47quand une partie de nos compétences
08:48est aujourd'hui fédéralisée,
08:50qu'on a laissée être fédéralisée ?
08:53Est-ce qu'on peut l'être encore ?
08:54J'ai un chapitre dans mon livre
08:56sur le mythe de l'armée européenne.
08:58Je crois qu'il ne faut pas se tromper.
09:01Bien sûr qu'il faut préparer
09:02la défense de l'Europe.
09:03On est déjà en retard.
09:04On aurait déjà dû aller
09:06beaucoup plus vite
09:07sur des accords inter-étatiques
09:09à géométrie variable,
09:11sur des programmes d'armement,
09:12le char futur,
09:13l'avion futur,
09:14les drones, etc.
09:15Le SCAF, alors ?
09:16Le nouvel avion de combat européen
09:17avec toutes les difficultés
09:18que l'on connaît ?
09:19Mais on voit bien.
09:20Nous sommes dans la technostructure.
09:22Nous sommes dans des accords d'appareils,
09:25pas des accords inter-étatiques sérieux.
09:27Et c'est ça qu'il faut retrouver.
09:28C'est cette Europe-là
09:29qu'il faut construire.
09:30Moi, je ne crois pas du tout
09:31à cette Europe fédérale
09:33qui ne dit pas son nom.
09:34Vous savez,
09:34quand on est au combat,
09:36moi, j'ai commandé en Afghanistan
09:37une coalition de 15 pays.
09:38Je sais comment ça se passe
09:39quand on est confronté
09:40à des décisions sérieuses,
09:42pas simplement des décisions
09:43qui engagent la finance,
09:46le social ou l'économie.
09:47Mais la mort,
09:48la mort,
09:49eh bien, à ce moment-là,
09:50on se retourne vers son drapeau,
09:52vers sa patrie,
09:53vers sa capitale.
09:54Et c'est là qu'on prend les ordres.
09:56Général, il y a un pays en Europe
09:57qui se tourne beaucoup
09:58vers son drapeau,
09:59vers son armée
10:00et vers les armes de guerre.
10:03D'ailleurs, c'est inédit.
10:04L'effort de réarmement de l'Allemagne
10:06en ce moment,
10:06c'est historique.
10:07Jamais depuis la Seconde Guerre mondiale,
10:09ce pays n'a déployé
10:10un tel effort de réarmement.
10:12Est-ce que c'est inquiétant ?
10:13J'ai vu un très bon papier
10:15récemment là-dessus.
10:17Bien.
10:18Et je partage ce papier,
10:21figurez-vous.
10:22Je pense que...
10:24Moi, j'ai été
10:24le chef d'état-major des armées
10:26de l'armée
10:27la plus importante,
10:29la plus puissante
10:30en Europe.
10:32Et ceci m'a donné
10:33une capacité de leadership
10:35dès qu'il s'agissait
10:36d'opérations en Europe.
10:38Aujourd'hui,
10:39l'Allemagne est en route
10:41vers la reconstitution
10:42d'une armée.
10:44Alors, ça va être long.
10:45Oui.
10:45Parce que leur loi fondamentale
10:47leur interdit la guerre.
10:49Donc, il va falloir quand même
10:50modifier la culture
10:51de cette armée
10:52qui n'est pas une culture
10:53de la guerre.
10:55Mais je pense que,
10:56avec les moyens économiques
10:57qu'ils mettent en place,
10:58ils n'ont pas la dissuasion
10:59à payer,
11:00nucléaire.
11:02Je pense qu'ils vont aller vite.
11:03Et incontestablement,
11:05ceci devrait
11:06nous pousser
11:07à réarmer
11:08à vitesse grand V.
11:10Donc, le sursaut
11:11encore et toujours.
11:12Sursaut également,
11:13mais alors là,
11:14c'est très intéressant.
11:15Général Pierre Devilliers,
11:16quand il est demandé,
11:18en tous les cas,
11:19mis en avant
11:19par l'administration Trump,
11:20j'imagine que vous êtes
11:21beaucoup intéressé
11:22à ce document
11:23sur la stratégie
11:24de sécurité nationale,
11:25on peut y lire
11:26une charge contre l'Europe
11:27ou alors un appel
11:29au sursaut
11:29et surtout ce risque
11:30d'un effacement
11:31civilisationnel de l'Europe.
11:33Est-ce que vous faites partie
11:33de ceux qui disent
11:34c'est la réalité
11:35qui nous menace
11:35ou alors d'autres qui disent
11:36mais ce n'est pas à lui
11:37de nous donner des leçons
11:38et de donner des leçons
11:39à l'Europe ?
11:41Non, mais cette stratégie
11:43ne m'a absolument pas surpris.
11:44Tout est écrit
11:45depuis 20 ans.
11:46America First,
11:48ce n'est pas récent,
11:49ce n'est pas nouveau.
11:50On le sent,
11:51on le sait.
11:52En 2017,
11:53dans cette réunion
11:54que je raconte
11:54dans mon livre
11:55avec le président Trump,
11:58j'avais senti
11:59ce désengagement
12:00progressif,
12:01évidemment.
12:02Qui ne l'a pas vu ?
12:04Qui n'a pas voulu le voir ?
12:05Il n'y a pas pire sûr
12:06que celui
12:07qui ne veut pas entendre
12:08cette myopie,
12:10ce somnambulisme.
12:12Vous en parlez
12:12de ces élites
12:13ou élites
12:13auto-préclamées
12:14bruxelloises,
12:15les experts géostratégiques
12:16médiatiques
12:17en prenant aussi
12:18en prenant pour leur grade.
12:20Ils sont épinglés,
12:21dites-vous,
12:22pour leur déni d'hier
12:23et leur virage guerrier
12:24d'aujourd'hui.
12:25Mais oui,
12:25c'est incroyable
12:26ce réveil brutal.
12:27Ah bon ?
12:28La guerre,
12:28ça existe ?
12:29Ah oui,
12:29il faudrait peut-être
12:30augmenter le budget
12:30des armées.
12:31Ah oui,
12:32d'accord.
12:32Il faudrait peut-être
12:33rétablir un service militaire.
12:35Ah oui,
12:36peut-être,
12:36après avoir fait
12:37huit ans
12:38de service national
12:39et universel,
12:40une sorte de colonie
12:41de vacances
12:42qui a coûté très cher.
12:43Non,
12:43je crois que
12:44maintenant,
12:45c'est fini,
12:46il faut passer
12:47la vitesse supérieure.
12:48On arrête de rire,
12:49la guerre est à nos portes.
12:50On va parler
12:51de cette vitesse supérieure,
12:51simplement,
12:52une précision,
12:53général Pierre Devilliers.
12:54Pourquoi est-ce qu'on a besoin
12:55de réarmer
12:56alors qu'on a
12:56la dissuasion nucléaire ?
12:57Le général De Gaulle
12:58disait que ça permet
12:59de sanctuariser
13:00notre territoire.
13:01Pourquoi alors
13:01un effort
13:02de réarmement parallèle ?
13:03Alors,
13:03le général De Gaulle,
13:04effectivement,
13:05a instauré
13:06la dissuasion nucléaire
13:07anticipation
13:08absolument incroyable.
13:10C'était un stratège,
13:12c'était un véritable prophète
13:16dans la matière.
13:17Il a pris ce risque,
13:18mais il a couplé
13:18la dissuasion nucléaire
13:20avec des forces conventionnelles
13:21puissantes.
13:22La dissuasion nucléaire
13:23fonctionne
13:24à la condition
13:25qu'elle s'accompagne
13:26d'une capacité
13:28pour l'action classique.
13:29et on voit bien
13:30aujourd'hui la faille
13:31parce que la guerre
13:33en Ukraine,
13:34elle a lieu
13:34et pourtant la Russie
13:36a le nucléaire.
13:37Donc,
13:38la dissuasion nucléaire
13:39qui a été préservée
13:40et qui est autonome,
13:42et ça,
13:43c'est remarquable
13:43parce que nous avons
13:44un parc industriel
13:45avec des grands groupes
13:47industriels exceptionnels
13:48en France
13:48que nous avons su conserver.
13:50Il faut les saluer.
13:51Il faut les saluer.
13:51Il faut les encourager.
13:52Ils attendent les commandes.
13:53Ils sont larmes au pied,
13:54mais les commandes
13:54ne viennent pas
13:55parce que la bureaucratie,
13:57la technostructure,
13:58Bercy,
13:59les procédures de temps de paix.
14:00Nous ne sommes pas
14:01en économie de guerre.
14:02Donc,
14:02il faut restaurer
14:03cet outil classique
14:05à la hauteur d'une guerre.
14:07Nous avons une belle armée
14:08des soldats marins
14:09et aviateurs extraordinaires.
14:10Je ne doute
14:10à aucun moment
14:11de leur engagement
14:12jusqu'au sacrifice suprême
14:14s'il le faut.
14:15Mais il faut leur donner
14:16les moyens d'une guerre.
14:17La guerre,
14:18ça consomme des munitions,
14:19des pièces de rechange.
14:20Il faut une épaisseur,
14:21une capacité à durer.
14:23Dans votre livre
14:24et depuis le début
14:25de notre entretien,
14:25vous évoquez
14:26ces différents défis.
14:27On pourrait avoir
14:27un esprit,
14:29on pourrait,
14:29je dis bien,
14:30défaitiste,
14:31mais quand on regarde
14:31une partie de la jeunesse,
14:33général Pierre Devillé,
14:34c'est tout l'inverse.
14:35Ils veulent de la grandeur
14:36et du sens.
14:36Ils veulent quelque chose
14:37qui les dépasse.
14:38Que leur dites-vous
14:39ce matin
14:39si certains d'entre eux
14:41nous écoutent
14:42et nous regardent ?
14:43Moi,
14:44j'aime la jeunesse.
14:45Aiment notre jeunesse,
14:46elle nous le rendra.
14:48Et je rencontre
14:49des jeunes incroyables.
14:50Ils ont soif,
14:52mais on leur parle
14:53de procédures,
14:54de normes,
14:55de matériel,
14:56de réseaux sociaux.
14:58Eux,
14:58ils veulent quelque chose
14:59de grand.
15:00Et je le vois
15:01avec les 25 000 jeunes
15:02qui rentrent tous les ans
15:03dans l'armée.
15:04On les appelle
15:05à se surpasser,
15:08à se dépasser,
15:09à s'engager
15:10pour la France,
15:11pour le drapeau,
15:12pour la patrie,
15:12pour le pays.
15:13C'est ça qu'on leur apprend.
15:14Et c'est ce qu'il faut
15:16apprendre à notre jeunesse.
15:18Et ce qu'ils vous disent,
15:18peut-être certains,
15:19lors de vos dédicaces,
15:21il faut un homme fort
15:21à la tête du pays.
15:23Plus de 4 citoyens sur 10
15:24seraient prêts
15:24à voir arriver
15:25un homme autoritaire
15:26au pouvoir,
15:27sans doute,
15:28pense-t-il,
15:28à un militaire
15:29quitte à renier
15:29sur la démocratie.
15:31Quelle est la différence
15:32entre autorité
15:33et autoritarisme,
15:34selon vous ?
15:35Alors,
15:35quand on parle autorité,
15:37en France,
15:37on pense autoritarisme.
15:38C'est toute la difficulté.
15:40Autorité,
15:40ça vient de
15:41auguerrer,
15:42augmenter,
15:43élever vers.
15:43L'ordre est exécuté
15:44avant d'avoir été donné.
15:46C'était ma grande fierté
15:47quand j'étais en situation
15:48de commandement.
15:49C'était que
15:49je n'avais même pas besoin
15:50de donner l'ordre.
15:51Là, je me disais,
15:52là, vraiment,
15:52c'est de la vraie autorité.
15:54Et ça repose
15:55sur la confiance.
15:56C'est ça, l'autorité.
15:57L'autoritarisme,
15:58c'est le petit chef.
15:59Je décide,
15:59il exécute.
16:00C'est tout l'inverse
16:01de l'autorité.
16:02Et l'autorité,
16:03c'est ce fil étroit
16:04entre la bienveillance
16:05et l'exigence,
16:06entre la fermeté
16:08et l'humanité.
16:10Aujourd'hui,
16:11il n'y a plus de fermeté.
16:12Regardez ce qui se passe.
16:14Et il n'y a plus
16:14d'humanité.
16:15On est dans une société
16:16de plus en plus déshumanisée,
16:18dans le tout à l'égo.
16:19Y compris jusqu'au sommet,
16:21d'ailleurs.
16:21Le tout à l'égo.
16:22Mon prochain poste.
16:24Une dernière question
16:25pour conclure,
16:26Pierre de Villiers.
16:26C'est une question
16:27qui est souvent posée
16:27par quelqu'un
16:28que vous connaissez bien.
16:29Votre frère,
16:30Philippe de Villiers,
16:31qui est sur notre antenne
16:32tous les vendredis,
16:34avec le succès
16:35que vous connaissez.
16:37C'est l'espérance française.
16:38Il y tient beaucoup,
16:39tout comme vous.
16:40D'ailleurs,
16:40beaucoup de choses
16:40vous rassemblent,
16:41contrairement à ce que pensent
16:42certains.
16:43Si vous deviez définir
16:44ce chemin
16:45pour l'espérance française,
16:46que diriez-vous ?
16:48Je crois que l'espérance
16:50n'est pas un optimisme,
16:51c'est un désespoir surmonté.
16:53Il faut dire ce que l'on voit,
16:54mais plus difficile,
16:55il faut voir ce que l'on voit,
16:56disait Peggy.
16:58Et la phrase précédente,
16:59c'était Bernanos.
17:00Et avec Bernanos et Peggy,
17:03on a l'espérance
17:04qui permettra à la France
17:06de se surpasser,
17:08d'avoir ce sursaut
17:10que j'appelle de mes voeux,
17:12ce sursaut qui passe
17:13par la force,
17:14qui passe par le succès
17:16des armes de la France.
17:17Eh bien,
17:18soyez-vous entendus,
17:19on l'espère,
17:20Pierre Devilliers.
17:20Merci beaucoup,
17:21Général.
17:22Je rappelle le titre
17:23de votre livre
17:24pour le succès
17:25des armes de la France
17:26aux éditions FIRE.
17:27Merci pour cette parole
17:28directe.
17:29Et je suis sûre
17:30qu'il va beaucoup faire réagir.
17:31Merci encore et à bientôt.
17:32Merci, Madame.
17:33Merci.
17:33Merci.
17:37Merci.
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