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Tous les jours, actualité, débats et bonne humeur rythment L'Heure des pros. Ce jeudi, il revient sur les nombreux incendies qui touchent la France.

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00:00On est ce matin avec François de Rugy, ancien ministre et ancien président de l'Assemblée Nationale.
00:04Monsieur le ministre, bonjour.
00:06Georges Fenech est avec nous. La politique est une question de symbole également.
00:11On ne vous a jamais appelé M. Transat ?
00:13J'espère que non.
00:16Franchement, je ne crois pas.
00:17On est également avec Philippe de Gestas, ancien officier et sous-préfet.
00:21Merci d'être avec nous.
00:22Et puis on échangeait juste avant de prendre l'antenne.
00:24Et vous-même, en tant que sous-préfet, vous aviez dû, à l'époque, gérer des catastrophes naturelles, notamment des
00:31incendies.
00:32À nombreuses reprises, oui.
00:33À nombreuses reprises, déjà, malheureusement.
00:34C'est un des métiers du corps préfectoral.
00:36Eh bien, justement, vous allez pouvoir nous en parler et raconter un peu ce que vous avez vécu au cœur
00:40du réacteur.
00:42On est aussi avec Maxime Loguet, journaliste au service politique de CNews.
00:47Cher Maxime, ravi de vous retrouver.
00:49Le terrain, parce que c'est un début d'optimisme qui gagnent les pompiers, les militaires et les forestiers,
00:56ainsi que tous les bénévoles mobilisés, tout en restant extrêmement prudents et humbles,
01:01tant on sait que la situation est précaire.
01:03Ce feu est toujours stabilisé, jeudi matin, autour de 42 000 hectares,
01:08ce qui veut dire qu'en 48 heures, le feu n'a pas progressé.
01:12Et on ne va pas mentir ou créer, si vous voulez, de l'anxiété pour les Français,
01:17une sorte de course au sensationnalisme.
01:20On va essayer d'être le plus clair et le plus précis possible.
01:24On envisage une météo plus favorable qui laisse espérer un retour à la normale
01:28pour les 220 000 évacués dans les prochains jours.
01:32Mais encore une fois, il faut rester très prudent.
01:34Mathilde Ibanez est avec nous.
01:36Cher Mathilde, merci d'être en direct pour Europe 1 et pour CNews.
01:41CNews, vous êtes accompagné d'Antoine à Sainte-Hélène.
01:44Comment s'est passée la nuit ?
01:46Derrière vous, on voit ces nombreux camions de pompiers.
01:49La fatigue commence à gagner les rangs du côté des pompiers, des soldats du feu.
01:57Exactement, ce qu'on peut vous dire, c'est qu'à Sainte-Hélène, dans le gymnase,
02:00il y avait très peu de pompiers mobilisés.
02:02Ceux qu'on a pu croiser, espérer pouvoir dormir quelques heures,
02:07prendre une douche avant de repartir sur le terrain.
02:09Là, nous, on se trouve à Le Porge et vous pouvez voir tout ce dispositif de pompiers.
02:15Ils viennent de partout, de Seine-et-Marne, de la Moselle, de la Charente, de la Gironde également.
02:21Ils sont venus ici pour connaître déjà leur mission de la journée.
02:25Alors, beaucoup seront sur des noyages de fumeroles.
02:29D'autres seront positionnés en alerte pour éviter que les flammes ne renaissent
02:35et qu'un incendie se propage à nouveau.
02:38C'est Libanaise et restons sur ces images des camions de pompiers qui sont présents
02:43et qui n'attendent qu'une chose, c'est de repartir au combat.
02:46Et vous savez, j'essaie toujours de trouver des séquences qui sont au plus près de ce que vivent
02:51nos sapeurs-pompiers, nos soldats du feu, nos agriculteurs.
02:54Des images bouleversantes qui sont relayées sur les réseaux sociaux
02:57et qui ensuite sont reliées, mais des millions de fois.
03:00Et on attaque souvent les réseaux sociaux.
03:03On essaye d'expliquer qu'aujourd'hui, ça peut être un danger, surtout pour nos plus jeunes.
03:08Il faut constater aujourd'hui que grâce aux réseaux sociaux,
03:12il y a aussi une prise de conscience nationale, pour ne pas dire mondiale,
03:16de ce qui est en train de se passer chez nous.
03:18Et voyez cette séquence parce que Mathilde, à juste titre, disait
03:21vous avez des sapeurs-pompiers de partout en France qui viennent aujourd'hui
03:26appuyer les sapeurs-pompiers girondins.
03:28Les sapeurs-pompiers de Paris sont présents.
03:30Et ils ont diffusé une séquence, mais bouleversante hier.
03:34C'est un message qui leur a été adressé.
03:37Un girondin qui a laissé un message aux sapeurs-pompiers de Paris pour les remercier.
03:41Écoutez, tendez l'oreille pour les auditeurs d'Europe 1.
03:43C'est vraiment une séquence extrêmement forte.
03:47Bonjour les pompiers de Paris.
03:50Je me permets juste de vous faire ce petit message vocal pour vous dire une chose.
03:54Merci.
03:55Merci d'avoir quitté Paris pour venir renforcer ceux qui se battent déjà
03:58contre les feux de forêt dans ma région, en Gironde.
04:02On voit les flammes, les camions, mais on oublie parfois ce qu'il y a derrière.
04:06Des journées qui n'en finissent plus.
04:08La chaleur, la fumée, les visages noircis, les corps fatigués,
04:13les nuits trop courtes.
04:14Et pourtant, le lendemain, vous repartez.
04:17Ce qui m'impressionne, c'est pas seulement votre courage.
04:20C'est cette façon d'être toujours là, les uns pour les autres.
04:23Quand un département a besoin d'aide, un autre répond présent, sans hésiter.
04:27Parce qu'entre pompiers, il y a quelque chose de plus fort que la distance.
04:31Il y a une solidarité qui ne se raconte pas toujours,
04:34mais qui se voit dans chaque relève, dans chaque regard, dans chaque geste.
04:39J'ai vu aussi que cette solidarité, elle ne s'arrêtait pas seulement aux casernes.
04:43Elle est aussi dans ces agriculteurs, qui remplissent vos citernes,
04:46qui prêtent leurs engins, donnent de leur temps.
04:49Chacun, à sa manière, aide à tenir la ligne.
04:52Dans ces moments-là, on comprend vraiment qu'un feu ne secoue pas jamais seul.
04:56Vous ne cherchez pas les applaudissements.
04:58Vous faites simplement ce qu'il faut, ensemble.
05:03Je crois qu'on ne vous dit jamais à quel point vous êtes inspirant.
05:06Pas seulement pour ce que vous faites, mais pour la façon dont vous le faites.
05:09Avec humilité, avec professionnalisme.
05:12Avec cette idée que personne ne doit rester seul face au danger.
05:15Alors voilà, je voulais simplement vous dire merci.
05:19Prenez soin de vous.
05:21Quelle belle séquence.
05:22Oui, c'est très émouvant.
05:23Quelle merveilleuse séquence, Georges Fenech.
05:26Peut-être qu'il faudrait se tourner aussi vers le ministre, François Drugy.
05:29Parce que là, c'est le lien que vous avez pu avoir.
05:33Vous-même, en tant que ministre, vous avez dû peut-être gérer ces situations de crise.
05:38Et on voit toute la solidarité des pompiers qui, aujourd'hui, malgré la fatigue, se mobilisent.
05:45Ces images, elles donnent presque la chair de poule.
05:48Parce que c'est à la fois la force des images et puis le propos qui est tenu.
05:53Et comme vous le disiez, finalement, ça fait du bien de voir que ce type de petit montage vidéo circule
06:00sur les réseaux sociaux.
06:00Parce qu'on n'est pas dans la fake news.
06:02On n'est pas dans la polémique.
06:04On est dans un message assez fort qui touche tous les Français.
06:07Mais moi, je me souviens aussi, quand il y a eu l'incendie de Notre-Dame, on ne l'a
06:10su qu'après.
06:11Mais que des pompiers ont pris le risque de mourir dans un effondrement pour tenter de sauver Notre-Dame.
06:19Là, c'est pareil. On dit les soldats du feu. D'ailleurs, les pompiers de Paris, comme ceux de Marseille,
06:23sont des militaires.
06:24Mais les autres qui sont des civils, ce sont aussi des soldats du feu.
06:28Ils mènent la guerre depuis des semaines, maintenant.
06:30Et de fait, c'est une guerre de tous les instants.
06:33C'est une guerre, j'allais dire, de position et de mouvement.
06:36Vraiment, ça ne peut que forcer l'admiration.
06:39Et espérer surtout qu'une fois que tous ces feux auront été maîtrisés, qu'ils ont été arrêtés,
06:44on n'oubliera pas.
06:45On n'oubliera pas pourquoi il y a eu des feux.
06:48Il y a quand même des gestes criminels derrière ça.
06:50Il y a de l'irresponsabilité.
06:51Il y a le réchauffement climatique, évidemment.
06:53Et puis aussi, on n'oubliera pas, je l'espère, qu'il faut augmenter les moyens
06:57pour faire face à ces crises qui vont malheureusement se répéter.
07:01Vous dites qu'on n'oubliera pas.
07:03Pardonnez-moi, sur ces dernières crises, et notamment celles de 2022, François de Rugy,
07:08toutes les caméras étaient braquées sur la test de bûche pendant tout l'été.
07:16Septembre 2022, c'était terminé.
07:18Oubliez.
07:19Et d'ailleurs, ce sont les sapeurs-pompiers qui l'ont rappelé cette année,
07:22en disant, ne nous refaites pas le même coup.
07:24Que ce soit les politiques, les médias, ne nous refaites pas le même coup.
07:27Là, on est en train de vivre une situation absolument catastrophique,
07:31et il va falloir que les Français se réveillent, mais surtout que les politiques se réveillent.
07:35Le lieutenant-colonel Éric Agrigny est en direct avec nous.
07:38Vous êtes membre de la Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France.
07:42Merci d'être avec nous, lieutenant-colonel.
07:45D'abord, donnez-nous votre état d'esprit, votre sentiment face à ces 48 dernières heures
07:51qui ont été, oserais-je dire, maîtrisées par les sapeurs-pompiers,
07:56par tous ceux qui sont mobilisés pour lutter contre ces flammes.
07:58Et ce matin, je n'ai pas envie d'être alarmiste.
08:02Ça ne veut pas dire que la guerre est gagnée,
08:05mais j'ai l'impression que les batailles se succèdent
08:08et que les batailles sont remportées par les sapeurs-pompiers.
08:13Oui, bonjour.
08:14Écoutez, oui, on voit que progressivement,
08:18le travail acharné qui est mené depuis effectivement huit jours
08:22porte progressivement ses fruits.
08:25Les images se succèdent, les reportages se succèdent
08:29et démontrent que l'ampleur du dispositif qui est mis en place
08:33et l'engagement massif dès la première heure
08:37des pompiers locaux dans un premier temps,
08:40puis ensuite toute la montée en puissance
08:41d'un point de vue zonal dans un premier temps
08:44et puis extra-zonal pour rejoindre une mobilisation nationale
08:48porte ses fruits, tout en, je me permets de le préciser,
08:52tout en continuant sur le reste du territoire
08:54à faire face à d'autres départs de feu.
08:56Parce qu'effectivement, il y a ce feu
08:59gigantesque en Gironde, mais il y en a plein d'autres
09:03qui sont traités tous les jours.
09:05On a encore vu hier de nouveaux départs de feu
09:08dans le Var, en Côte d'Or,
09:11à nouveau dans la forêt de Fontainebleau
09:13et là aussi sur des feux entre guillemets plus modestes,
09:17moins médiatisés du coup,
09:19d'autres sapeurs-pompiers luttent, d'arrache-pied,
09:22protègent des vies, protègent des habitations,
09:24protègent des infrastructures.
09:25Et donc, la mission se poursuit.
09:28Et en Gironde, moi, je vais quand même vous donner un ordre d'idée.
09:33Le commandant des opérations de secours
09:35parlait hier d'environ 150 kilomètres de lisière.
09:40Donc, je me permets de rappeler ce qu'est la lisière.
09:42C'est la frontière entre la partie non brûlée et brûlée
09:46de l'enveloppe globale du feu.
09:48150 kilomètres de lisière à traiter.
09:52À traiter mètre par mètre.
09:54Donc, même si nous sommes dans une situation qui redevient favorable,
09:58le travail qui reste à mener reste colossal.
10:02C'est effectivement très important,
10:06le chiffre que vous nous apportez, lieutenant-colonel,
10:08parce que c'est là où on voit finalement l'étendue.
10:12On imagine que ça va être un travail, un combat
10:15qui va non pas durer quelques jours,
10:18mais qui va durer des semaines, pour ne pas dire des mois.
10:21Oui, bien sûr.
10:23Et vous avez très justement rappelé l'été 2022,
10:27où nous avions vécu déjà, malheureusement,
10:31dans cette même région, ce type de feu.
10:35Et ce type de feu a duré plusieurs semaines,
10:39de mémoire à quasiment trois mois.
10:41Trois mois après le jour d'éclosion,
10:43le feu a été passé éteint par le commandant des opérations de secours.
10:48Donc, je me permets de rappeler cette temporalité,
10:55parce qu'il y a fort à parier que, malheureusement,
10:59ce travail acharné, alors dans une autre phase,
11:03parce que la phase aiguë semble être terminée,
11:06puisque Mme la Préfète a commencé à autoriser une partie de la population
11:13à regagner leur domicile.
11:14Ce qui démontre et qui confirme cette deuxième phase de lutte,
11:22mais le travail conséquent reste devant nous,
11:27certes beaucoup moins spectaculaire,
11:28mais avec toujours la même importance,
11:31pour éviter, encore une fois, je le répète,
11:33que ce feu puisse reprendre à l'extérieur de cette enveloppe
11:37qui est désormais à peu près contenue.
11:40Lieutenant-colonel Eric Agrigny,
11:43vous êtes membre de la Fédération des sapeurs-pompiers de France.
11:46Et on voit, et on sera dans un instant, par exemple,
11:49avec un lieutenant qui vient de Seine-et-Marne,
11:52du Stiste Seine-et-Marne.
11:54C'est toute la France qui se mobilise aujourd'hui,
11:56pas seulement en Gironde, vous l'avez très bien rappelé,
11:59ça peut être également dans le Var.
12:01Et puis, il y a cet élan de solidarité,
12:03les agriculteurs, les forestiers, les habitants de la région.
12:07Lorsque vous étiez en train de vous exprimer,
12:09on voyait ces images d'illustration avec parfois des gens,
12:12ne serait-ce qu'avec un seau,
12:13qui essayaient d'éteindre ces retours de flammes,
12:18ces reprises de flammes.
12:19Qu'est-ce que vous inspire cet élan-là de solidarité
12:22que nous, finalement, depuis Paris, on redécouvre ?
12:27En tous les cas, on découvre.
12:31– Écoutez, la solidarité, elle est souvent…
12:37En fait, ce qui se passe à une échelle très importante
12:42et je dirais à l'échelle de ce feu inédit,
12:46on la rencontre très souvent sur des situations
12:49beaucoup plus modestes à l'échelle d'un petit feu,
12:52du feu qui touche la proximité d'un village
12:56et peu importe l'endroit où ça se trouve en France.
13:00Il y a culturellement un lien très fort
13:04entre les sapeurs-pompiers de France,
13:06la population, toutes les institutions.
13:09Il y a une entraide immédiate
13:11qui se met systématiquement en place
13:14dès lors qu'une région, un village, un département
13:18est touché par une catastrophe.
13:20C'est, je crois, quand même l'ADN de notre pays.
13:24Alors, évidemment, ça fait chaud au cœur.
13:26Évidemment, ça renforce la détermination des sapeurs-pompiers.
13:32Vous savez, toutes ces relèves qui s'organisent
13:34sur l'ensemble du pays,
13:36lorsque un véhicule, une colonne, un groupe
13:39part d'un département pour rejoindre notre département,
13:42pour aller aider les collègues
13:44qui doivent lutter contre l'incendie,
13:47dès que cet engagement se fait,
13:49dans les casernes, déjà, on prépare la relève.
13:51C'est-à-dire qu'on sollicite les autres collègues
13:53pour déjà se préparer 24 heures, 48 heures, 72 heures après
13:57à aller relever ceux qui sont partis.
13:59C'est une mécanique qui est bien guidée,
14:02qui fonctionne et on voit d'ailleurs
14:03que cette organisation, malgré la sollicitation très forte,
14:08depuis le début du mois de juin,
14:09il ne faut pas oublier ça,
14:11ça fait deux mois que les sapeurs-pompiers
14:12sont sur tous les fronts.
14:16Ce système-là, grâce à l'engagement
14:18des sapeurs-pompiers professionnels,
14:20des pompiers volontaires,
14:21grâce à l'entraide entre les départements,
14:23grâce à cette solidarité nationale
14:26de toutes les strates de la société,
14:29on arrive à faire face tous ensemble,
14:31collectivement, et ça fait plaisir.
14:33– Lieutenant-Colonel Eric Cagrinier,
14:35merci d'avoir réagi en direct,
14:37membre de la Fédération nationale
14:38des sapeurs-pompiers de France,
14:39on va aller rejoindre un autre lieutenant,
14:41un sapeur-pompier qui est sur le terrain,
14:43je vous le disais,
14:43lieutenant Olivier Grignot,
14:45merci d'être avec nous,
14:46vous êtes membre du SDIS Seine-et-Marne,
14:49et merci de réagir en direct.
14:52La première question qui me vient,
14:54c'est comment allez-vous ?
14:55Comment vont vos collègues,
14:57vos frères d'armes ?
14:58Racontez-nous les dernières heures
14:59que vous avez passées.
15:03– Écoutez, ça va,
15:05effectivement, les corps sont un peu usés,
15:06mais vous savez,
15:08comme le disait mon collègue précédemment,
15:09on a tous à cœur de venir aider la population,
15:13nos collègues girondins,
15:15et la force du collectif fait la différence,
15:18et on espère effectivement être vainqueur à la fin.
15:22– Vous savez combien de temps
15:23vous allez devoir rester sur place,
15:26et je vois que vous êtes membre du SDIS Seine-et-Marne,
15:29peut-être que vous étiez déjà mobilisé
15:31pour l'incendie de Fontainebleau ?
15:33– Oui, oui, effectivement,
15:38on a effectivement été engagé
15:40pendant plusieurs jours sur Fontainebleau,
15:42et ensuite,
15:44une partie de mes collègues et moi-même
15:46sommes arrivés ici dès la semaine dernière,
15:49donc ça fait 7 jours que nous sommes sur la Gironde,
15:52et on devrait être désengagé dans les jours qui viennent.
15:55– Vous pouvez nous résumer cette semaine
15:57de bataille contre les flammes,
15:59est-ce que d'expérience,
16:00c'est peut-être l'incendie le plus virulent
16:03auquel vous avez été confronté ?
16:07– Oui, vous savez,
16:09tous les experts en parlent,
16:10on est bien face à une situation exceptionnelle,
16:1342 000 hectares qui partent en fumée,
16:15vous comprenez bien que c'est un drame
16:16économique, écologique et autre,
16:18et même pour notre corporation,
16:21ça reste le plus gros feu
16:23des dernières décennies,
16:25donc oui, il a fallu aider
16:26comme on pouvait nos collègues
16:28en venant prêter main forte.
16:31– Lieutenant Olivier Grineau,
16:33et on parle beaucoup de la solidarité,
16:35je le disais tout à l'heure,
16:37sur le terrain,
16:38vous avez vu cette solidarité à l'œuvre,
16:40ces agriculteurs,
16:41vous avez pu travailler peut-être,
16:43opérer avec finalement
16:45des Français qui ne sont pas forcément
16:47habilités à lutter contre les flammes,
16:50mais qui n'ont pas vocation à venir
16:52faire ce travail-là,
16:54il y a cet élan de solidarité
16:55qui crée cette émotion
16:57à travers le pays.
16:58– Oui, effectivement,
17:02on voit le monde agricole
17:03très sensibilisé,
17:04et ils ont une vraie bienveillance
17:06à notre égard,
17:07ils mettent des moyens à disposition,
17:09ils nous évitent de ce qu'on appelle
17:11des norias,
17:11donc des allers-retours
17:12pour aller chercher de l'eau,
17:13et c'est vraiment
17:15facilitateur pour nous,
17:16on le voit ici,
17:17comme on l'a pu le voir en Seine-et-Marne,
17:18ce sont des gens qui aiment leur métier,
17:21qui ici aiment la forêt
17:22et veulent la défendre,
17:23comme tous,
17:24donc oui,
17:25ils sont vraiment des partenaires
17:27avec les bénévoles
17:28très riches
17:29à avoir à nos côtés.
17:31– Merci lieutenant Olivier Grineau,
17:33je ne veux pas vous déranger
17:34plus que ça,
17:34parce que j'imagine que là,
17:35vous allez,
17:36après une courte pause,
17:37repartir sur le front,
17:39et saluer toutes vos équipes,
17:41et ce serait un plaisir
17:42puisque vous êtes de Seine-et-Marne,
17:44vous n'êtes pas très loin
17:45des studios
17:46de Seine-et-Marne,
17:49vous serez le bienvenu
17:50pour venir
17:51quand vous aurez un petit moment
17:52et si vous le souhaitez,
17:53venir nous raconter
17:54justement cette lutte acharnée
17:56contre les flammes
17:57sur le plateau,
17:59vous êtes vraiment le bienvenu
18:00et je vous remercie
18:01d'avoir pris le temps
18:02de répondre à nos questions.
18:04– Je vous en prie,
18:06je vous en prie,
18:07avec plaisir,
18:07un peu de repos
18:08et on viendra vous voir.
18:09– Eh bien merci,
18:10tant mieux,
18:10on a hâte de vous retrouver
18:11sur le plateau
18:13de Seine-et-Marne,
18:15et d'Europe 1.
18:15là aussi très importante
18:17ce qu'on entend,
18:19c'est-à-dire
18:19cette motivation
18:20de tout un corps
18:23qui est le corps
18:23des sapeurs-pompiers
18:24en sachant que
18:25c'est une année
18:27particulièrement meurtrière,
18:28on l'a dit
18:28à malheureusement
18:29plusieurs reprises,
18:30mais on a quatre soldats du feu
18:31qui depuis cette saison
18:32des incendies
18:32qui a commencé
18:33très tôt cette année,
18:35eh bien quatre soldats du feu
18:36ont péri,
18:37Philippe de Gestas,
18:38je rappelle que vous êtes
18:38ancien officier
18:39et sous-préfet.
18:40– Oui, en fait,
18:41ce qui est intéressant
18:41notamment c'est de comprendre
18:42que le combat
18:43ne se mène pas seul,
18:44d'ailleurs c'était
18:45un des messages
18:46que j'ai retenus
18:46dans le témoignage
18:47qu'on a entendu tout à l'heure
18:48et donc c'est le corps entier,
18:50le corps national
18:51des sapeurs-pompiers
18:52qui est mobilisé
18:52et pas uniquement
18:53les pompiers locaux
18:54mais au-delà
18:55des sapeurs-pompiers
18:56n'oublions pas
18:56que sont mobilisés
18:58des gendarmes,
18:58des policiers,
18:59la sécurité civile,
19:00la protection civile,
19:01les hôpitaux locaux,
19:02les services de la préfecture
19:03pour la coordination
19:04et en première ligne
19:05également n'oublions pas
19:06les maires
19:07qui sont les premiers responsables
19:08de la sécurité
19:09de leur commune
19:09et à ça s'ajoute
19:11et ça qui est beau
19:12c'est effectivement
19:13la contribution
19:13solidaire, bénévole
19:15des habitants
19:16et des agriculteurs
19:17mais pas uniquement
19:17on l'a vu
19:18et tout ceci
19:19permet précisément
19:20d'arriver au résultat
19:22qu'on espère maintenant proche
19:23qui est la maîtrise d'un feu
19:25en attendant
19:25qu'il soit complètement éteint
19:26et fixé.
19:28Toute cette solidarité
19:29cette dévotion
19:30d'une France silencieuse
19:32d'une France enracinée
19:34vient se percuter
19:36à des symboles politiques
19:37on disait
19:38la politique
19:38est une question de symboles
19:40et on pourrait considérer
19:41d'ailleurs je vais vous demander
19:42à vous si c'est anecdotique
19:44mais on a appris hier
19:47que la ministre
19:48de la transition écologique
19:49madame Barbu
19:50était une ministre
19:51aux premières heures
19:52de cet incendie
19:52pour ne pas dire
19:53au premier jour
19:54puisque c'est du 22 au 27 juillet
19:57qu'elle était
19:58à Sainte-Maxime
19:59dans le Var
19:59dans sa villa
20:00on avait une ministre
20:01en télétravail
20:02c'est pas n'importe laquelle
20:04de ministre
20:04c'est la ministre
20:05de la transition écologique
20:06c'est le Canard
20:08et RTL
20:09qui ont donné
20:10cette information
20:12ça lui a donné
20:14visiblement
20:14un surnom
20:15au sein même
20:16du gouvernement
20:18du moins des conseillers
20:19près du gouvernement
20:20c'est plus madame Barbu
20:21c'est madame Transat
20:22et je vais vous proposer
20:24d'entendre d'abord
20:25la réaction
20:26d'un sapeur-pompier
20:27qu'on a eu hier
20:28sur
20:29madame Barbu
20:30qui donc
20:31les premiers jours
20:32était en télétravail
20:33plutôt qu'au cœur
20:34du réacteur
20:35c'est-à-dire
20:35de voir qu'il y a
20:36cet incendie
20:37elle prend
20:38le premier avion
20:38le premier train
20:39que sais-je
20:40elle fonce à Paris
20:41elle est en réunion
20:42de crise
20:42non
20:43elle est en télétravail
20:44télétravail
20:45à 800 km
20:46de la place Beauvau
20:48puisque les premières
20:49réunions interministérielles
20:51c'était au ministère
20:52de l'intérieur
20:53je vous propose
20:54d'écouter
20:54donc le témoignage
20:55du sapeur-pompier
20:56qu'on avait hier
20:56et qui a réagi
20:58à cette information
20:59anecdotique
21:00ou symptomatique
21:00c'est la question
21:01que je vais vous poser
21:03On n'est pas surpris
21:04quand on voit les propos
21:05de notre président
21:05lors de sa venue
21:07en Gironde
21:09une ministre
21:10qui reste dans le Var
21:12et qui n'ose même pas
21:14se déplacer
21:15voir nos collègues
21:16qui sont
21:17sur le feu
21:18dans le Var
21:18à Pont-Eves
21:20qui passent aussi
21:21qui ont risqué
21:21leur vie également
21:23et donc voilà
21:24moi je trouve
21:25que c'est
21:27misérable
21:28c'est miséreux
21:29de voir
21:29ces ministres
21:30qui n'ont aucun respect
21:31pour nous
21:31et je rejoindrai
21:34les propos
21:34du maire de Biganos
21:37il faut qu'ils viennent
21:38il faut qu'ils viennent
21:39il faut qu'ils arrêtent
21:40d'être parisiens
21:41et qu'ils viennent
21:42nous voir
21:43justement sur le terrain
21:44et voir
21:45comment on lutte
21:4724h sur 24
21:48sur des feux
21:49de grande ampleur
21:51C'est miséreux
21:52qu'ils viennent nous voir
21:54je ne suis pas sûr
21:54que ce soit
21:55dans le calendrier
21:55de Madame Barbu
21:56de venir
21:57et je n'imagine pas
21:58l'accueil
21:59qu'elle pourrait recevoir
22:01Maxime Leguay
22:01déjà hier vous étiez
22:02avec nous
22:03vous nous confirmiez
22:04peu ou prou
22:04les informations
22:05du Canard et d'RTL
22:06est-ce que vous avez
22:07pu échanger par exemple
22:08avec hier soir
22:10ou ce matin
22:11avec des membres
22:12du gouvernement
22:12qui n'ont pas forcément
22:14bien vécu
22:15cette séquence ?
22:15du côté de Matignon
22:17en tout cas
22:17on a fait savoir
22:19demander à Madame Barbu
22:20de faire un peu
22:21profil bas
22:22parce qu'il faut
22:23un tout petit peu
22:24remonter le fil
22:25de cette séquence
22:26on est le 22 juillet
22:28Madame Barbu propose
22:29sa vraie fausse démission
22:31qui est refusée
22:32par le Président
22:32de la République
22:33digne d'un vaudeville
22:35et puis
22:35il faut redire
22:37quels étaient
22:38les motifs
22:38de son maintien
22:39au gouvernement
22:39parce que ça prend
22:40tout son sens
22:41elle a accepté
22:42de rester
22:43pour faire face
22:43à l'urgence
22:44des conséquences
22:45liées au dérèglement climatique
22:47qu'est-ce qui se passe ?
22:48on a ces incendies
22:49ces méga-feux
22:51historiques
22:52et elle est
22:53à distance
22:54elle suit
22:55depuis
22:56sa résidence secondaire
22:59en télétravail
23:00vous demandiez
23:01si c'était
23:01anecdotique
23:02ou symptomatique
23:02je crois qu'au contraire
23:04c'est très révélateur
23:05c'est très révélateur
23:06de cette déconnexion
23:07avec cette France
23:08solidaire
23:08des sapeurs-pompiers
23:09des agriculteurs
23:10dont on ne fait que parler
23:12un personnel politique
23:13qui est à l'écart
23:14et puisque Mme Barbu
23:16était en vacances
23:17le Premier ministre
23:18a décidé
23:18de lui donner des deux
23:19elle n'est pas en vacances
23:20elle n'est pas en vacances
23:22c'est parce que justement
23:22ses équipes disent
23:23elle a travaillé
23:25d'arrache-pied
23:26en télétravail
23:27mais c'est la start-up nation
23:28on est en tété
23:30Georges Fenech
23:30c'est très intéressant
23:31ce que vous avez dit
23:32sur le symbole
23:32elle dit qu'elle reste
23:34parce qu'elle est pleinement
23:35mobilisée pour lutter
23:36contre le changement climatique
23:38et apporter des nouvelles mesures
23:40et dès que
23:41vous avez un incendie
23:43aussi ravageur
23:43que celui de Gironde
23:45vous restez dans le Var
23:46et vous revenez que lundi
23:47alors que ça fait une semaine
23:49que les
23:50ça fait déjà plusieurs jours
23:51pardon
23:51que les pompiers se battent
23:53c'est pas très sérieux
23:54mais on est au-delà du symbole
23:56vous avez raison d'insister
23:57sur les symboles
23:58mais là on est au-delà
23:59il s'agit de l'efficacité
24:01et de la conscience politique
24:02d'un membre
24:04important du gouvernement
24:05surtout en ce moment
24:06mais Mme Barbu
24:07que je sache précisément
24:08appartient
24:09appartient à une équipe
24:10gouvernementale
24:11il y a un premier ministre
24:12et comment laisse-t-on faire
24:15une telle
24:16ce qui apparaît
24:17comme une désinvolture
24:18quelque part
24:20ça c'est la question
24:21que je me pose
24:22surtout dans une situation
24:24dramatique
24:25dramatique
24:26entendons-nous
24:26on a quatre pompiers
24:28qui sont décédés
24:29mais nous avons
24:30zéro victime
24:31dans la population
24:31c'est ça
24:32il faut vraiment souligner
24:33ce travail exceptionnel
24:34des sapeurs-pompiers
24:35donc Mme Barbu
24:36qui déjà
24:37avait des difficultés
24:39à rentrer dans l'hémicycle
24:40paraît-il
24:41elle a envoyé son adjoint
24:42enfin son ministre délégué
24:44Mathieu Lefebvre
24:45qui pour le coup
24:46est lui
24:47un vrai politique
24:47c'est-à-dire qu'il va au front
24:49il va en matinale
24:50en interview
24:51ils ont bien conscience
24:52qu'on avait
24:53vous avez mis
24:54à la tête
24:56de ce ministère
24:57une femme
24:58très compétente
24:59mais idéologue
25:01qui s'occupe
25:02beaucoup plus
25:03du changement climatique
25:04que des personnes
25:06si vous voulez
25:07des humains
25:07c'est très intéressant
25:08d'ailleurs de voir
25:10sa première déclaration
25:11sa sortie
25:11au moment de la climatisation
25:12on va la réécouter
25:13juste après la pub
25:14sa sortie sur la clim
25:15elle s'inquiète de tout
25:16elle s'inquiète des forêts
25:18visiblement
25:18elle s'en inquiète
25:19que pour parler
25:20de la climatisation
25:20parce que quand
25:21les forêts brûlent
25:22elle n'est pas en Gironde
25:24elle s'inquiète de tout
25:25sauf
25:27des humains
25:28c'est très particulier
25:30dans la hiérarchie
25:31qu'elle va faire
25:31et déjà
25:32lors de cette première sortie
25:34elle aurait pu
25:35être écartée
25:36de ce gouvernement
25:37puisqu'au moment
25:37où elle hurlait
25:38contre la climatisation
25:39le gouvernement
25:40investissait massivement
25:41pour qu'il y ait
25:4230 000 climatiseurs
25:43qui puissent être commandés
25:44pour les établissements
25:45publics
25:46mais elle est soutenue
25:48par Emmanuel Macron
25:49elle est soutenue
25:50par Emmanuel Macron
25:51et résultat
25:53vous avez une ministre
25:55qui est dans le Var
25:56faites ce que je dis
25:57mais pas ce que je fais
25:58dans sa villa
25:58dans le Var
25:59en télétravail
26:00j'espère qu'elle n'a pas
26:01la clim dans sa villa
26:02parce que là
26:02ça va être le scandale absolu
26:03après ce qu'elle a dit
26:04sur la clim
26:05mais mieux vaut en sourire
26:06plutôt qu'en pleurer
26:07on revient dans un instant
26:09l'heure des...
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