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  • 5 weeks ago
Transcript
00:00Bonjour Flore Simon, on va revenir sur la réponse politique de la ministre de l'agriculture Annie Gennevard
00:05qui a attendu tout à l'heure à Toulouse, mais d'abord sur le fond du problème, c'est la question de l'abattage
00:12systématique des troupeaux dès le premier cas de cette maladie virale dans le cheptel.
00:21Oui exactement, donc dès qu'une vache, un bovin est touché par la dermatose nodulaire, le troupeau entier est abattu.
00:28Et là-dessus, les syndicats agricoles s'opposent. D'un côté il y a la FNSEA qui est le principal syndicat agricole du pays
00:36qui dit qu'en fait il se base sur un comité d'experts scientifiques qui a rendu d'ailleurs par trois fois ses conclusions
00:43en estimant que la seule solution pour éradiquer ce problème c'était bien l'abattage scientifique.
00:49Et d'ailleurs Arnaud Rousseau, le président de la FNSEA, a pris la parole, c'était sur son compte X il y a quelques jours
00:55pour expliquer pourquoi finalement cette solution était celle qu'il fallait suivre. Écoutez-le.
01:02Notre boussole dans ce moment de grande tension, où l'émotion parfois l'emporte sur la raison,
01:07nécessite que nous prenions le juste recul.
01:10Quelle est notre boussole ? La première, c'est celle du sanitaire, appuyée sur l'expertise scientifique.
01:16Et j'ai interrogé aujourd'hui, suite à des questions du terrain,
01:19la direction générale de l'alimentation qui m'a confirmé que la seule solution à court terme
01:23promue par les scientifiques était celle de l'abattage total.
01:28Voilà, et de l'autre il y a la coordination rurale et la confédération paysanne
01:33qui bloquent donc une partie du sud-ouest du pays,
01:37qui critiquent la méthode du gouvernement, qui voudrait un assouplissement des règles,
01:42par exemple isoler les bĂŞtes malades du reste du troupeau,
01:45et puis surtout qu'il y ait une campagne de vaccination qui soit massivement déployée.
01:51Sauf que le problème, Pauline, c'est que d'une part il n'y a pas assez de vaccins,
01:54on l'entendait d'ailleurs dans le sujet, et puis d'autre part, si on vaccine massivement,
01:58après il faut attendre plusieurs mois pour pouvoir de nouveau exporter notamment de la viande bovine.
02:03Donc vous imaginez les pertes pour les éleveurs bovins.
02:06Donc vous voyez que la question est extrêmement compliquée.
02:09D'autres pays d'Europe ont été touchés par la dermatose nodulaire, je pense par exemple à la Grèce.
02:14Ils ont donc mis en place ce système d'abattage massif des troupeaux, ça a apporté ses fruits,
02:20et puis en Savoie, là où était le premier foyer de dermatose nodulaire,
02:26on a abattu les troupeaux, et aujourd'hui, pour l'instant en tout cas, la maladie, le virus, est éradique.
02:32Donc on comprend qu'il y a débat sur la réponse scientifique et vétérinaire à apporter à cette crise sanitaire,
02:40qui est, je le disais, devenue une crise politique en quelques jours,
02:44ou en tout cas, qui est en passe de le devenir, d'où ce déplacement de la ministre de l'Agriculture aujourd'hui ?
02:50Oui, Annie Gennevard qui se rend donc en fin d'après-midi en Occitanie.
02:53Elle va déjà lancer une campagne de vaccination massive.
02:57Un million de bovins doivent être vaccinés en quelques jours.
03:01Donc c'est énorme.
03:01Elle va aussi, bien sûr, rencontrer des agriculteurs, des représentants des syndicats agricoles
03:06pour essayer, évidemment, d'éteindre l'incendie à l'approche des fêtes de fin d'année.
03:12Et elle l'assure, la ministre de l'Agriculture, elle l'a dit ce matin, le dialogue est ouvert.
03:16Écoutez-la.
03:18La discussion est ouverte sur ce point.
03:21Et je ne veux pas vous donner de réponse catégorique aujourd'hui,
03:24parce que ce temps de dialogue, il est indispensable.
03:27Et il faut pouvoir y associer les professionnels.
03:29Bien sûr, il y a de l'angoisse, parce que chacun s'imagine que le virus est à la porte de leur bâtiment d'élevage.
03:36Mais non, la situation, elle est contrôlée aujourd'hui.
03:40Nous avons deux situations France entière d'exploitation touchée par le virus.
03:49VoilĂ , et la ministre de l'Agriculture le dit ainsi.
03:51On ne fait rien, on perdra 10% du cheptel français.
03:55Alors, évidemment, la colère des agriculteurs, elle est extrêmement crainte par les autorités.
04:00Souvenez-vous, il y a maintenant un peu moins de deux ans, en janvier 2024,
04:04le pays avait été bloqué pendant des semaines par une crise agricole profonde.
04:09Et évidemment, aujourd'hui, c'est ce que craint le gouvernement à l'approche, encore une fois, des fêtes de fin d'année.
04:14Le monde agricole, il est en général soutenu dans l'opinion.
04:18Et puis aujourd'hui, en plus, ce qu'il y a, c'est qu'il y a une forme de compassion avec les agriculteurs,
04:22qui voient parfois tout un troupeau abattu.
04:25Et c'est presque le travail d'une vie.
04:26Donc évidemment, là, pour l'instant, tant que c'est vrai que les gens, pour l'instant, ne sont pas bloqués pour les fêtes de Noël,
04:33soutiennent largement ce mouvement.
04:34Donc la ministre, aujourd'hui, elle va devoir faire preuve de beaucoup de pédagogie,
04:38de compassion et d'écoute pour que le mouvement ne se durcisse pas plus au cours de la semaine.
04:43Sachant que le contexte, ce sont aussi des esprits échaudés par ce traité de libre-échange avec les pays du Mercosur,
04:52qui est censé être ratifié, là, dans les jours qui viennent ?
04:54Oui, tout Ă  fait.
04:55Donc, traité de libre-échange entre des pays d'Amérique latine et l'Union européenne,
05:00qui fait bondir les agriculteurs, qui estiment qu'il y a une concurrence déloyale.
05:04Sachez que le gouvernement est opposé au traité en l'État.
05:07Alors, d'Emmanuel Macron à Annie Gennevar, en passant par Sébastien Lecornu,
05:11tous disent que ce traité est inacceptable.
05:14D'ailleurs, la France a demandé un délai supplémentaire pour pouvoir réexaminer certains points,
05:19notamment liés à la concurrence déloyale,
05:22ou en tout cas pour que les produits importés qui entrent sur le marché
05:25respectent les normes européennes et environnementales.
05:29Donc, voilĂ .
05:30Alors, c'est vrai que cet accord, il favorise certaines exportations et importations,
05:33notamment pour les véhicules.
05:35En revanche, c'est sûr que sur, par exemple, les viandes bovines,
05:41c'est un problème, en tout cas pour la France et certains pays européens.
05:44La France n'est pas seule Ă  s'y opposer.
05:45Une manifestation d'ampleur des agriculteurs est prévue jeudi à Bruxelles.
05:50Et évidemment, si cet accord est ratifié,
05:52la grande crainte, c'est que ce soit la goutte d'eau qui fasse déborder le vase.
05:55On sent que la tension est extrĂŞmement palpable dans le monde agricole.
05:58Merci beaucoup, Flore.
06:01VoilĂ  ce que l'on pouvait dire sur cette mobilisation des agriculteurs ici en France.
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