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  • il y a 8 mois
Rencontres les rencontres littéraires et artistiques dans un domaine viticole ou une cave coopérative. Auteurs, musiciens, plasticiens sont réunis pour un dialogue singulier dans des cadres inspirants.

Samedi 9 septembre, au domaine de l'Herbe Sainte à Mirepeïsset avec Manuel Garcia et lecture musicale de Cyrille Marche et de Gérald Gimenez.
Transcription
00:00:00...
00:00:00Mesdames et messieurs, bonjour.
00:00:20Je suis très heureuse de vous accueillir ici dans le cadre de cette première rencontre
00:00:28« Terre et d'aide » qui met des actions culturelles dans les cœurs des vignobles
00:00:36autour d'un auteur et d'un musicien.
00:00:40Je tiens à remercier Madame Greusard.
00:00:43Nous sommes aujourd'hui au domaine de l'air de Sainte
00:00:46et nous sommes chaleureusement alliés par Madame Greusard.
00:00:51Votre domaine s'appelle l'air de Sainte.
00:00:53Ce n'est pas un hasard si nous sommes ici.
00:00:55Nous allons en parler avec Manuel Garcia.
00:00:58Nous dites donc peut-être pourquoi ce domaine s'appelle l'air de Sainte.
00:01:02Alors l'air de Sainte, c'est vrai que c'est un nom pas connu.
00:01:09C'est-à-dire que si vous avez aimé, on a retrouvé des cartes
00:01:13qui dadaient du premier tracé du canal du Midi.
00:01:17Et sur ce tracé, c'était noté en légende
00:01:21donc l'air de Sainte, c'était l'ensemble des plantes aromatiques et médicinales.
00:01:27Et à l'époque, c'était une bergerie et un jardin de plantes.
00:01:31Voilà, donc un jardin de Sainte, je pense.
00:01:38Donc aujourd'hui, le domaine de l'air de Sainte,
00:01:41nous sommes un premier PC, ce n'est pas un hasard.
00:01:44Nous retrouvons Manuel Garcia, qui va se présenter dans un petit moment,
00:01:50avec son livre « Les avants du canal du Midi »
00:01:53pour cette rencontre qui s'intitule « Frissons au bord du canal du Midi ».
00:01:57Et des frissons sans musique, ce ne sont pas tout à fait des frissons.
00:02:03Alors, nous avons le grand plaisir et l'honneur d'accueillir deux musiciens
00:02:09qui ont créé une musique spécialement pour cette rencontre aujourd'hui.
00:02:15Gérald Jimenez et Cyril Marche, si vous voulez dire un mot de votre parcours.
00:02:22Je vais pouvoir parler sans micro, je pense.
00:02:26Je m'appelle Gérald Jimenez, ça fait à peu près 25 ans que je fais de la musique.
00:02:32Donc un parcours de création et d'animation.
00:02:35Voilà, je ne sais pas quoi dire de plus.
00:02:39J'espère que cette rencontre va vous satisfaire.
00:02:45Eh bien, bonjour à tous.
00:02:47Moi, je m'appelle Cyril Marche.
00:02:49C'est moi qui vais jouer de ce gros instrument.
00:02:52Donc, effectivement, on a composé ensemble de la musique
00:02:55à partir du roman de Manuel Garcia.
00:02:59Et on va commencer d'ailleurs cet après-midi avec un premier morceau.
00:03:04Commencez la lecture.
00:03:07Et là, on est Manuel Garcia, votre livre, les amants du canal du Midi.
00:03:13Vous êtes un...
00:03:14Rappelez-nous peut-être très très brièvement votre parcours.
00:03:19Dites-nous en quelques mots votre parcours et votre arrivée en écriture.
00:03:23Tout d'abord, permettez-moi de remercier les grands armes et vous-mêmes
00:03:27de m'avoir fait l'honneur de m'inviter à cette première rencontre de terre-éveil.
00:03:33Et je vous souhaite qu'elle se perpétue au cours des années qui vont venir
00:03:37et qu'elle connaisse du résultat.
00:03:40Ceci dit, effectivement, je m'appelle donc Manuel Garcia, comme vous l'avez précisé.
00:03:43Je suis donc un auteur et j'écris des livres sur les affaires que j'ai venues
00:03:49ou que j'ai eues à connaître tout au long de ma carrière professionnelle.
00:03:53Bien évidemment, les livres que j'écris sont un peu romanciers.
00:03:58Quand je dis un peu romanciers, c'est que souvent,
00:04:01elles sont transportées de taille et de lieu.
00:04:03En revanche, toute la partie enquête est exacte.
00:04:07Nous sommes un RPC.
00:04:13Écoutons l'inspiration de Cyril et de Gérard.
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00:05:55La plupart des hommes travaillent en plein air, vignerons aguerris par leur dure confrontation
00:06:01avec la nature.
00:06:02Au terme de leur journée, ils aiment se retrouver sur la placette au café chez Léon, pittoresque
00:06:09composante de la sacro-sainte trilogie rurale que forment l'école, l'église et le bistrot.
00:06:15Le bistrot est la version française de l'art de se rencontrer tel qu'on le pratique dans les pays latins.
00:06:25Ancré dans notre patrimoine culturel, il est un peu le point névralgique du village.
00:06:30Bien plus qu'un lieu de consommation, le bistrot est un peu le sénat de la cité où les histoires se font et se défont.
00:06:37Il est par excellence le point de rencontre des générations.
00:06:41C'est dans ce café que tous les jours, dès 18h, les hommes se retrouvent, jusqu'au souper,
00:06:47pour disputer la rituelle partie de belote dont l'apéro est l'enjeu.
00:06:51Le pastis, la suze et même le klaxin dont on dit que les femmes sans poitrine ont abusé, emplissent les verres.
00:06:59Les vapeurs de ces troublants breuvages étant, ont refait le monde.
00:07:07On se confie.
00:07:09On évoque volontiers le passé douloureux de la guerre d'Algérie et des premiers immigrés espagnols de la commune,
00:07:15qui ont ouvert la voie à leurs compatriotes, chassés de leur pays par le chômage et la dictature de Franco.
00:07:21Les Hispaniques de Myropésel viennent surtout d'Andalousie.
00:07:29Ils se cooptent pour travailler dans le même terroir, souvent chez le même patron,
00:07:34et apportent avec eux leurs coutumes, leurs sens de la fête et leur convivialité.
00:07:41Le café de Léon, seul lieu de distraction de la cité, a pendant des décennies été le creuset de rapprochements infinis,
00:07:53et a résonné d'histoires tant enjolivées qu'elles en sont devenues imprésemblables.
00:07:58La jeunesse fréquentait cet établissement.
00:08:02Que de couples se sont formés ici.
00:08:05Que d'amoureux et conduits ou comblés se sont assis sur ces banquettes de cuir.
00:08:10Ah ! Si les murs pouvaient parler !
00:08:14Mais par bonheur, les vieux murs ont toujours, eux, pratiqué la discrétion.
00:08:21Vous savez, Manuel Tertia, vous avez un attachement particulier pour mettre en valeur les territoires, pour mettre en valeur le village.
00:08:42Et pour vous, à vos yeux, quels sont les endroits un petit peu pilés du village ?
00:08:47On l'a entendu. Est-ce que vous pouvez développer un petit peu ?
00:08:50Bien évidemment. Donc, je suis donc réginaire de la région.
00:08:54Et pour moi, c'est un plaisir d'un livre, de mettre en avant tous les bâtiments que comporte le village que je décris demain dans les livres.
00:09:03Et je vous ferai une confidence.
00:09:05J'ai certains élus qui m'appellent pour me dire, est-ce que dans ton prochain livre, tu pourrais parler de ton village ?
00:09:12Ah oui ?
00:09:13Tout à fait.
00:09:14Donc, ce que je vous disais, en fait, dans la trilogie, c'est effectivement après, dans un village, vous avez la trilogie qui est toujours la même.
00:09:23qui est la même, qui est l'école, qui est le café, et qui est également des visites. Et j'ajouterai également, qui est l'Amérique. Et c'est autour de cette trilogie plus d'Amérique que le village vivant.
00:09:36Voilà. C'est une trilogie qu'on va retrouver dans votre livre, par contre, votre livre. Et je crois que même la lecture de votre livre a donné envie à des personnes venues à visiter ma place.
00:09:48Tout à fait. Ça fait réjure aux habitants de l'Europe PC. Lorsque le livre « Les avants du Camerouni » est sorti, qui a eu un véritable succès,
00:09:58sur mon site officiel, j'ai mes lecteurs qui m'ont dit qu'à la lecture du livre, ils étaient allés visiter les endroits que je décrivais, c'est-à-dire l'église, le bâtiment, la rue où se passe l'action, la garelle.
00:10:13La seule chose qu'ils ne trouvent pas, c'est le trou du diable. Voilà. Donc, c'est l'église. Sinon, ils se regardent de venir visiter ce village.
00:10:23Le rôle du livre, qui est aussi important par rapport à un territoire, par rapport à la découverte de ce territoire. Donc, c'est bien de le rappeler aussi.
00:10:35Alors, nous sommes dans le travail, nous sommes dans un précis du village, quand survient un événement qui va véritablement chambuler sa vie de tout le monde.
00:10:45C'est la mort de José Salvador. Alors, racontez-nous un petit peu, au départ, comment cela apparaît ?
00:10:52Alors, la mort de José Salvador, je dois dire que d'un biais, ce n'est pas mon équipe qui est saisie.
00:11:00Puisque c'est la brigade locale qui est saisie. Donc, ils sont aussi saisie. C'est un jeune garçon, d'une caractéristique, qui est à l'instance de divorce.
00:11:09Et il va se réfugier, bien sûr, puisque sa femme l'a mis d'or. Il va se réfugier chez son père. C'est la maison de la vigneronne. Et son père a 87 cas.
00:11:19Et au bout de quelques mois, qu'il cohabite ensemble, comme les gens veillent de certain âge, se lèvent de l'heure.
00:11:26À 4 heures de nuit du matin, quand il se lève, il descend dans la cuisine, il voit que son fils est mort.
00:11:31Et c'est à partir de là, donc, qu'il appelle la brigade locale, pour dire que son fils est mort.
00:11:38Alors, chose extraordinaire, c'est que quand il appelle la brigade, il dit, voilà, je viens de découvrir mon fils qui est allongé dans la cuisine,
00:11:47mais je suis persuadé que c'est tout un accident. À partir de là, donc, tout se met en marche et il n'a jamais rien interdit.
00:11:54Et dans votre livre, ce qui est intéressant pour le lecteur, c'est de voir aussi comment vous appréhendez les apparences.
00:12:06Les apparences qui peuvent être trompeuses et qui peuvent constituer comme des faisceaux d'indices
00:12:13qui conduisent à peut-être des erreurs judiciaires. Et ce travail que vous menez entre la première partie et la deuxième partie de votre livre
00:12:24est très intéressant parce que, finalement, on se prend au jeu et on devient soi-même un petit peu enquêteur, entre guillemets.
00:12:33Entendez-vous bien, vous avez évoqué la première partie. La première partie, je le répète, elle est effectuée par la brigade locale.
00:12:41La donnée, on intervient dans la deuxième partie, lorsque le jeune qui est accusé du meurtre, donc, crie son innocence.
00:12:52Et effectivement, au travers de son avocat, donc, il y a une constitution qui est faite auprès du jeu de l'instruction.
00:12:59Et c'est le jeu de l'instruction, donc, qui saisit notre équipe pour mener l'enquête, pour vérifier les premiers éléments.
00:13:06Non, effectivement.
00:13:07Et ça, on va le voir un petit peu plus tard, parce que là, on est déjà...
00:13:12L'événement vient d'arriver, et pour l'indudent qui est en charge de l'enquête, c'est une histoire très simple,
00:13:21c'est une affaire très simple, qui va être résolue très facilement.
00:13:24Alors, absolument, c'est l'indudent de la fond qui commande le majeur d'arrivée, donc, et donc, c'est le vieil individuel qui est à quelques mois de sa retraite.
00:13:32Dans sa brigade locale, à part les infractions au contenu de la route, il n'a jamais eu une affaire, donc, une affaire de leur train.
00:13:41Et donc, quand il intervient, il y a donc des témoignages.
00:13:45Il voit donc le futur accusé qui est imbibé de salle de la victime.
00:13:51Il fait quelque chose de bien, il fait des photos, et il fait analyser le salle qui se trouve sur l'événement de la personne accusée.
00:13:59Effectivement, donc, tout correspond, et c'est à partir de là qu'il est incarcéré avec l'accusation de meurtre.
00:14:05Nous allons écouter Cyril et Gérald, qui vont évoquer ce moment-clé, l'arrestation de Lucien Duval.
00:14:15Neuf heures du matin.
00:14:30Les gendarmes Laffont et Dupont se dirigent, non loin de la mairie, vers une maison au volet vert usé et à la façade aux intres.
00:14:38Une bâtisse désuète dont la vétusté et le médiocre état d'entretien ne font pas honneur aux propriétaires.
00:14:45La boîte aux lettres, encastrée au bas de la porte d'entrée, porte le nom de Lucien Duval.
00:14:53Il s'agit d'un enfant du village, un ouvrier agricole du même âge que José Salvador, 35 ans.
00:14:59Amis d'enfance, ils ont usé les mêmes bancs d'école primaire et, au cours de leur vie, ne se sont jamais éloignés l'un de l'autre.
00:15:06Ils ont joué ensemble dans la même équipe de rugby du village voisin, ou veillant.
00:15:12Lucien Duval était le témoin du mariage de José, mais cette union a passablement distendu leurs relations.
00:15:18Il est bien connu que le mariage suspend et parfois interrompt à jamais les amitiés d'enfance.
00:15:25Lucien, quant à lui, ne s'est jamais marié. Adolescent, il a fréquenté la fille du maréchal Ferrand du village, Mathide, alors très éprise de lui.
00:15:35Ce prometteur amour a duré des années jusqu'au jour où Mathilde, titulaire du baccalauréat, a résolu de devenir institutrice.
00:15:45Comme cela était possible autrefois, elle a accepté pendant cinq ans le dépaysement d'un poste lointain d'intérimaire,
00:15:52dont la récompense prendrait la forme d'une titularisation et de ses avantages, un salaire régulier et la sécurité de l'emploi, autrement dit la liberté.
00:16:02Elle avait sincèrement espéré que Lucien la suivrait.
00:16:06« Tu trouveras du travail là-bas », lui disait-elle, ce qui à l'époque n'avait rien d'invraisemblable.
00:16:12Hélas, c'était sans compter sur l'attachement de Lucien Duval à son village, à son clocher, ses habitudes, ses rassurants visages familles.
00:16:22Non, il ne suivrait pas Mathilde. L'arrachement qu'elle lui demandait, elle l'emportait sur toute autre considération.
00:16:30« Du moins, pas tout de suite », disait-il pour temporiser, sans grande conviction.
00:16:36Le temps a passé, et chacun a continué sa vie.
00:16:46Mathilde a épousé un breton et n'est revenu que rarement dans le village.
00:16:52Sa dernière visite remonte au mois d'août dernier, lors de la fête locale.
00:16:58Elle est apparue souriante, vêtue d'une robe noire aux épaules dénudées, laissant apparaître un léger bronzage qui accentuait sa beauté naturelle.
00:17:08Il l'a d'abord aperçu de loin, puis il a senti son cœur se serrer en la croisant.
00:17:14Il n'a jamais oublié cet amour de jeunesse.
00:17:17Certes, il n'a pas sombré dans la solitude ses données des dérivatifs dont il attendait l'abaisement.
00:17:22Il a accumulé les conquêtes, attiré par son physique avantageux d'athlète au regard de braise, souriant, sûr de lui,
00:17:30à la bonne humeur teintée de cette pointe de détachement qui suscite irrésistiblement le désir.
00:17:37Mais il n'a pas éprouvé de sentiment durable et a papillonné pour cacher le chagrin de sa rupture avec Mathilde.
00:17:45Ce tombeur cachait un cœur meurtri.
00:17:58Les gendarmes tombourent plusieurs fois sur la porte.
00:18:03Elle s'ouvre enfin et lui sient du mal apparu.
00:18:07Cheveux ébouriffés, regards voilés de sommeil, interrompus, mal facultés dans ses vêtements de la veille.
00:18:14Une chemise bleu pâle et un pantalon de jean dont l'usure n'est pas un effet de mode.
00:18:19De toute évidence, il n'a même la force de se déshabiller avant de se coucher.
00:18:25D'emblée, Lafon remarque les taches de sang sur la chemise.
00:18:30Il réprime un froncement de son cible, s'impose un sourire de bonne compagnie et amorce le dialogue par un bonjour, sec.
00:18:38Lucien s'étonne de cette intrusion matinale.
00:18:43Comme le vent glacial qui valait la place s'engouffre dans la maison.
00:18:47Il leur fait signe d'entrée.
00:18:49Les militaires découvrent un intérieur modeste.
00:18:55Une cuisine-salon, la belle cheminée de marbre, inutilisée, comme l'indiquent les objets hétéroblites qui encombrent l'âtre.
00:19:03Un étroit couloir desserre une chambre et une salle d'eau.
00:19:08Le désordre ambiant, cofino, la farnade.
00:19:12Lafon l'interroge d'abord sur les taches de sang visibles sur la chemise, mais sans dramatiser.
00:19:20Après tout, Lucien a pu se blesser sans s'en rendre compte.
00:19:25Toujours un gars, Lucien baisse les yeux et, de sa main gauche, tire sa chemise vers le bar comme s'il découvrait à son tour ce qui intrigue le gendarme.
00:19:36Cette fiquette devient suscrite.
00:19:40Son regard, d'abord incrédule, se durcit quand il comprend ce que peut signifier cette saissure.
00:19:48Et Béthéine parvient à marmonner.
00:19:52Je ne sais pas.
00:19:55Je n'avais rien marqué.
00:19:58Ces quelques mots sont vrais.
00:20:01Mais Lafon, perplexe, lui demande son emploi du temps de la veille.
00:20:07Cette question surprend Lucien, qui souhaite connaître le motif de leur visite.
00:20:11Nous enquêtons sur la découverte d'un cadavre.
00:20:15« José Salvador était découvert mort à son domicile et vous êtes le dernier à l'avoir vu vivant », répond la Djudon.
00:20:23Lucien est consterné.
00:20:25Il n'en croit pas un mot et réplique fortement.
00:20:28« Vous me faites marcher ! »
00:20:31La Djudon Lafon lui explique alors qu'il mène les investigations sur ce décès.
00:20:36« Dans le cadre de la découverte d'un cadavre, qu'il s'agisse ou non d'une mort violente et si la cause en est inconnue,
00:20:43l'officier de police judiciaire se transporte sans délai sur les lieux et procède aux premières constatations.
00:20:50Ce que je fais. »
00:20:53Et après un silence pesant, il ajoute « Je ne plaisante jamais avec ces choses-là. »
00:21:04Lucien a compris.
00:21:05Il se trouve désormais dans une situation délicate.
00:21:09La brume se dissipe enfin sur une perspective de désolation.
00:21:13La ruine d'une paisible vie détruite par une imminente accusation.
00:21:18Son visage blé.
00:21:20Il regarde fixement devant lui le souffle court.
00:21:23En un rien de temps, il est passé de la paix à la tourrente.
00:21:28Il tremble, se passe la main dans les cheveux comme pour se rendre plus présentable face à l'adversité.
00:21:34Recule l'une des deux chaises de la table et s'assied.
00:21:38D'une voix à peine audible, il s'exprime enfin.
00:21:43« Ce n'est pas possible. »
00:21:49Nous avons passé la soirée au café.
00:21:51Quand je suis parti de chez lui, il a voulu m'accompagner jusqu'à chez moi.
00:21:56Il m'a dit à demain, je vous jure, qu'il était alors bien vivant.
00:22:00Il se têle, puis éclate en semblant.
00:22:06Le temps semble s'arrêter.
00:22:08Les enquêteurs respectent le silence qui s'instaure, à la fois pour le rassurer en se montrant patient et compréhensif,
00:22:15mais aussi pour lui permettre de se reprendre, car il souhaite poursuivre la discussion dans le calme.
00:22:21Quelques secondes s'écoulent, et soudain, Lucien explose.
00:22:27« Vous n'allez quand même pas m'accuser de meurtre. Je n'y suis pour rien, moi. Je vous vois venir. »
00:22:33D'un revers de la main, il se défoule en jetant au sol le verre et le journal qui se trouvent sur la table.
00:22:38Sans élever la voix, l'adjudant le prit de se calmer et fait remarquer qu'à aucun moment il n'a parlé de meurtre.
00:22:47« Je suis ici parce que vous êtes le dernier à avoir vu José vivant. »
00:23:00Le piège vient de se refermer d'un cran.
00:23:07Les souvenirs, les pensées de Lucien s'entrechoquent.
00:23:13De nouveau, il éclate en sanglots, se prend la tête entre les mains, hurle son désespoir et supplie qu'on veuille bien le croire une fois pour toutes.
00:23:26La fond ne se laisse pas attendre rien. Il en a vu d'autres. Il sait que tout suspect nie ou tente de relativiser son acte.
00:23:35Dans le cas présent, instantanément, Lucien Duval a parlé de meurtre.
00:23:42« Comment peut-il le savoir ? »
00:23:46« Moment décisif. »
00:23:48« Comment peut-il le savoir ? »
00:23:58« Comment peut-il le savoir ? »
00:24:02« Comment peut-il le savoir ? »
00:24:12« Comment peut-il le savoir ? »
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