00:00On vote sur l'ensemble du projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026.
00:07C'est bon ? Tout le monde est à sa place ? Le scrutin est ouvert.
00:16Le scrutin est clos.
00:18Votants 574, exprimés 481, majorité 241, pour 247, contre 234.
00:32L'Assemblée nationale a adopté.
00:37Je vous remercie, la séance est suspendue.
00:41Et levée.
00:41Le projet de loi sur la Sécurité sociale est donc définitivement adopté solennellement avec 13 voix d'avance, si on a bien compté, Marie Chantret.
00:54On est à peu près dans l'écart qu'on annonçait tout à l'heure, c'est-à-dire de manière très très très serrée, mais c'est passé.
01:00Oui, beaucoup plus serrée d'ailleurs que sur le volet recette du budget de la Sécurité sociale.
01:04Je pense qu'on fait un gros ouf du soulagement du côté de Matignon, du Premier ministre, de toutes ses équipes et de tout son gouvernement.
01:14C'est une première victoire quand même politique pour le Premier ministre.
01:18Vous en parliez Alain Duhamel, ça valide aussi sa méthode, celle qui a été du compromis.
01:24Alors certains ont parlé de compromission, on pourra en reparler.
01:27Mais effectivement, ses ultimes négociations, même de dernière minute, tout ce qu'il a mis dans la bataille, il n'a pas ménagé ses efforts.
01:36Il a pris beaucoup la parole dans l'hémicycle pour tenter de convaincre.
01:39Et ce soir, 9 décembre, c'est une nouvelle haie de franchie pour Sébastien Lecornu, qui sans doute gagne encore un peu de temps, quelques semaines, quelques mois,
01:49qui ne présage rien, et j'en arrêterai là, sur le budget de l'État.
01:52Est-ce que sera le vote sans doute bien différent concernant ce vote crucial également ?
01:57Michel Barnier, il y a un an, a chuté sur le budget de la Sécu, c'était sur une motion de censure.
02:04Et François Bayrou n'a pas réussi à franchir même l'étape de...
02:09Lui, il a demandé la confiance, donc il a pris encore plus de risques.
02:12Mais c'est vrai que si on se reporte sur la dernière année, c'est un vote qui ne conforte pas,
02:18je ne dirais pas que ça conforte Sébastien Lecornu, mais ça valide sa méthode.
02:23C'est un vote artisanal, parce que c'est vraiment Sébastien Lecornu qui l'a bouclé, petit groupe par petit groupe,
02:36coup de téléphone par coup de téléphone...
02:38Première réaction du patron des Républicains, Bruno Retailleux.
02:49C'était très furtif, la première réaction de Bruno Retailleux.
02:52Je n'ai pas entendu exactement ce qu'il a dit, lui qui avait qualifié ce budget de la Sécu il y a quelques heures de hold-up fiscal.
02:58C'est une défaite pour lui.
03:00C'est une défaite pour Bruno Retailleux, ça c'était évident, puisqu'il était beaucoup engagé quand même contre ça.
03:06Mais je reviens à Sébastien Lecornu, ce qui est vraiment original,
03:11c'est que ça n'est pas la victoire de groupe parlementaire contre d'autres groupes parlementaires,
03:17ni de parti politique contre d'autres partis politiques.
03:20C'est un artisan qui a tissé des liens, pas clandestins, mais artisanaux, un à un, et qui y est arrivé.
03:30La même méthode peut produire les mêmes effets,
03:34et donc il va falloir que nous nous y mettions tous, encore et encore,
03:39débattre, discuter, voter dans l'hémicycle, et j'espère que nous y parviendrons.
03:44Je vous remercie beaucoup.
03:45Non, le chemin n'est pas fini, puisqu'il y a maintenant, le Sénat va se prononcer à nouveau,
03:51et nous aurons une lecture définitive.
03:54Mais ça montre que sur les équilibres que nous avons trouvés,
03:56il y a une majorité à l'Assemblée nationale, et donc c'est un très bon signe.
04:01Et l'immense probabilité pour la suite des événements, c'est que le texte puisse être adopté définitivement.
04:08Mais la navette se poursuit, vous êtes bien connaisseurs de notre procédure parlementaire.
04:13Pardon ?
04:14Alors, je n'ai pas de détails à vous donner à l'heure actuelle sur la suite de la navette,
04:19mais ça va venir très vite maintenant.
04:20Merci à tous. Merci.
04:23Voilà, on sent quelques sourires.
04:25Mathilde Panot, chez les Insoumis.
04:26Quand elle confirme le changement d'alliance du Parti Socialiste, qui décide donc de rejoindre le camp des soutiens au gouvernement.
04:34Et je rappelle qu'en démocratie, lorsqu'on vote un budget, on est donc dans la majorité et dans le soutien au gouvernement.
04:41Et lorsqu'on vote contre un budget, on se place dans l'opposition.
04:44Les socialistes et la direction du Parti Socialiste a donc fait un choix extrêmement clair aujourd'hui.
04:49En votant pour le budget, non seulement ils permettent à un budget cruel de pouvoir passer,
04:55mais en plus de cela, ils sauvent Emmanuel Macron, puisque je le rappelle, il y a un mois tout juste,
05:00la discussion qui existait dans ce pays était de savoir si Emmanuel Macron devait partir.
05:06Ce qui est toujours, ce qui est majoritaire dans le pays.
05:10Et ce qu'ont permis les socialistes, c'est de faire en sorte non seulement de leur donner un sursis,
05:15de faire perdre du temps au pays et d'adopter un budget comme celui que nous venons d'adopter en seconde lecture,
05:21qui permet par exemple de faire 4 milliards de coupes sur la santé et sur l'hôpital public,
05:26dont tout le monde comprendra que c'est extrêmement cruel.
05:28Évidemment, ce vote n'a rien à voir avec le mandat qui a été donné par les électeurs et les électrices
05:34qui les ont fait élire dans cette Assemblée, dont le mandat était justement de construire une alternative
05:38en rupture avec le macronisme et non pas de s'allier et de fusionner avec la Macronie,
05:43comme ils sont en train de le faire.
05:45De même, nous sommes surpris de voir que ce vote passe grâce à l'abstention de plusieurs députés écologistes
05:51qui eux aussi ne respectent pas le mandat qui leur a été donné par les électeurs et les électrices.
05:56Sachez qu'il reste une force disponible dans ce pays pour appliquer un programme de rupture avec le macronisme,
06:03c'est celle que nous représentons aujourd'hui,
06:05et nous redisons comme une promesse que les insoumis et insoumises seront toujours du côté du peuple
06:11et ne seront jamais dans les petits arrangements de couloirs dans le dos des citoyens et des citoyennes.
06:16Nous sommes donc au vote à la seconde lecture.
06:19Il reste un prochain vote, donc en dernière lecture, qui devrait avoir lieu la semaine prochaine.
06:23Et j'invite toutes celles et ceux qui nous écoutent, et notamment les soignants et les soignantes,
06:28mais aussi celles et ceux qui attendent pendant des heures aux urgences,
06:31à aller interpeller leurs députés pour savoir s'ils continueront de garder le même vote en dernière lecture,
06:37parce que c'est de cela dont il s'agit.
06:38– En votant pour le Parti Socialiste, sauve Emmanuel Macron, Alain Dommel,
06:45un gros tacle pour le PS, mais un petit aussi pour les écologistes,
06:48nous sommes les derniers à gauche, dit en quelque sorte Mathilde Panot.
06:52– Ce qui est frappant, c'est que Mathilde Panot, c'est la politique à la tronçonneuse, c'est-à-dire qu'elle veut…
06:58– N'allez pas lui dire ça, la référence à Milley ne va pas lui plaire.
07:01– Bon, non mais on a l'impression qu'elle veut que la rupture soit…
07:07– Deuxième tentative pour Bruno Retailleau, le patron des Républicains.
07:11– Et puis c'est toujours plus de dettes, toujours plus de déficits, sans doute 25 milliards,
07:1725 milliards d'euros de déficits, je veux rappeler qu'en 2023,
07:21le déficit de la Sécurité sociale, c'était 13 milliards.
07:25Donc tout est empiré, moins de travail, plus d'impôts, plus de dépenses et plus de têtes.
07:32Voilà, donc je persiste et je signe.
07:37C'est un budget qui permettra sans doute au gouvernement, Emmanuel Macron, de durer un peu plus.
07:43Mais c'est un budget qui emmène la France dans le mur.
07:46Et je le regrette profondément.
07:47– Laurent Wauquiez avait appelé à l'abstention pour finalement ce budget.
07:51Qu'est-ce que vous en pensez ? Il aurait dû prôner de voter contre ?
07:54– Non, j'avais indiqué aux députés, vous savez c'est difficile,
07:57parce qu'on est dans un moment de confusion et chacun essaie de limiter la casse.
08:02J'avais indiqué moi que j'étais pour la position contre,
08:08mais aussi pour l'abstention pour les députés qui en fonction de leur conscience souhaitaient s'abstenir.
08:15Donc je n'ai pas plus de commentaires à faire.
08:18– Et pour la suite, est-ce que vous êtes favorable à une dissolution,
08:21une élection présidentielle anticipée comme Édouard Philippe ?
08:24– Écoutez, colline après colline, voilà, donné au PLFSS.
08:29– Juste une dernière question, M. Rotaillot ?
08:31– Il n'y aura pas de dernière question pour Bruno Rotaillot qu'on a connue plus souriants.
08:39Ce n'est pas une très très bonne soirée pour lui,
08:41qui s'était opposé très fortement à ce budget de la Sécu,
08:45adopté donc de justesse d'une grosse dizaine de voix.
08:47Alain de Vamel.
08:47– Ce n'est pas une très bonne soirée pour lui,
08:49mais ce n'est pas une très mauvaise soirée non plus,
08:52parce qu'il est évident que dans l'électorat auquel il s'adresse,
08:58la proposition qui était au vote est extrêmement impopulaire.
09:04Et donc en prenant les positions qu'il prend,
09:08c'est-à-dire en gros un blâme implicite à Laurent Wauquiez,
09:13il se donne le beau rôle dans l'électorat de droite le plus conservateur.
09:17– Je croyais que la phrase n'était pas finie.
09:20– Elle est finie parce que Bruno Rotaillot est très mécontent du vote,
09:32a été contre ce vote, son électorat est certainement hostile au vote,
09:36et bon, il a le sentiment qu'on est à un moment où ses thèses à lui sont confortées,
09:45c'est-à-dire ses thèses c'est l'opposition des républicains,
09:50de la droite républicaine vis-à-vis du gouvernement doit être une opposition frontale,
09:56alors que là ça a été un compromis.
09:58– Marie Chantray.
09:59– Réaction à l'instant du Premier ministre Sébastien Lecornu sur ses réseaux sociaux,
10:04notamment X, il se félicite évidemment de l'adoption.
10:07– Boris Ballot, le patron, les députés sociaux.
10:08– Et faire le pari du débat parlementaire, c'est-à-dire tout simplement de la démocratie.
10:16D'autres ont fait des choix différents.
10:20On préférait soit être les passagers clandestins de ce débat,
10:24soit faire le pari de la politique du pire.
10:26Nous, nous avons regardé aujourd'hui où nous en étions après plusieurs semaines
10:31d'un débat qui était âpre, rugueux, exigeant, où il a fallu chercher des compromis.
10:40Rappelez-vous au moment de la chute de François Bayrou.
10:44Il y avait la suppression de deux jours fériés, il n'en est plus question.
10:50Il y avait une nouvelle réforme de l'assurance chômage, il n'en est plus question.
10:53Il y avait le gel des pensions, il n'en est plus question.
10:55Il y avait le gel des minima sociaux, il n'en est plus question.
10:58Il y avait le gel du barème de la CSG, il n'en est plus question.
11:01Il y avait le doublement des franchises médicales, il n'en est plus question.
11:04Il y avait la remise en question d'un certain nombre d'exonérations pour les apprentis,
11:08pour les chèques déjeuners ou les chèques vacances, il n'en est plus question.
11:11Il y avait la remise en cause des aides à l'embauche outre-mer, il n'en est plus question.
11:15Les moyens de l'hôpital étaient réduits à pas grand-chose, si bien que la tarification était négative.
11:21Nous avons augmenté dans le débat de 4 milliards le niveau des dépenses de santé.
11:28Nous avons suspendu la réforme des retraites et ce sont plusieurs centaines de milliers de Français
11:32qui pourront en bénéficier dès 2026.
11:35Eh bien je crois que ce soir nous pouvons vous dire que nous avons fait œuvre utile.
11:39Certains font feu sur les socialistes.
11:42Eh bien je dois vous dire que ça ne nous impressionne pas.
11:46Nous n'avons jamais perdu de vue ni les raisons de nous battre,
11:49mettre de la justice dans ce budget,
11:52faire reculer les brutalités qu'il contenait,
11:55effacer le musée des horreurs qu'avec nous les organisations syndicales avaient dénoncées.
11:59Je crois que sans que ce soit notre budget, nous y sommes parvenus.
12:05Nous ne sommes pas parvenus seuls.
12:07D'autres, sur les bancs notamment de la gauche, se sont battus avec nous.
12:12Et je crois que ce soir, c'est d'abord les Françaises et les Français
12:16qui étaient légitimement inquiets, qui peuvent souffler.
12:19C'est assez difficile pour vous quand même,
12:21parce que vous avez négocié imprement.
12:23Vous avez fait des files de diverses places.
12:29Bon, Boris vient de dire l'essentiel.
12:31Nous avons effectivement, pendant un mois et demi,
12:35évolué dans nos positions.
12:37Nous sommes partis, au début de cette discussion,
12:40nous étions absolument contre le projet qui nous était présenté.
12:44Et il a fallu un mois et demi de discussion
12:46pour qu'au fur et à mesure,
12:49nous puissions trouver la voie d'un compromis
12:51dans un Parlement qui, pour la première fois,
12:54votait librement, puisque 149.
12:56Et donc, cette victoire, elle est d'abord celle du Parlement lui-même
13:00qui a su trouver avec celles et ceux qui sont prêts
13:04à rechercher les voies du compromis, de la négociation.
13:07C'est exigeant, c'est difficile.
13:09Ça a été dit avant moi, ce budget n'est le budget de personne, au fond.
13:13Tous ceux qui vont se succéder à vos micros vous diront la même chose.
13:16Si nous avions été majoritaires seuls, nous aurions fait différemment.
13:19Et c'est vrai.
13:19Chacun d'entre nous a fait différemment,
13:21certainement de manière très différente,
13:24puisque nous sommes de gauche
13:25et que la majorité très relative qui nous fait face reste de droite.
13:30Mais nous avons cherché à être utiles aux Françaises et aux Français.
13:34Et je crois que nous n'avons trahi personne.
13:37Et au contraire, nous sommes de ceux qui n'avons pas attendu
13:40un grand soir hypothétique pour obtenir des victoires.
13:43Nous avons ce soir la possibilité de dire à ceux
13:46qui nous ont demandé de les représenter
13:48que nous avons été là pour soutenir
13:50classe populaire, classe moyenne,
13:52toutes celles et ceux qui n'avaient pas d'autre moyen
13:54d'attendre, une fois encore, une élection supplémentaire.
13:58Laquelle, quand, avec quelle certitude,
14:01ce soir, ils savent qu'à la veille des vacances de Noël,
14:05au moment où tous s'interrogent sur ce que sera leur pouvoir d'achat l'an prochain,
14:09que nous avons préservé leur pouvoir d'achat,
14:12que nous avons préservé leur accès à la santé.
14:14Et que pour ceux qui vont partir à la retraite,
14:16ils pourront partir plus tôt parce qu'il y a des gens
14:19qui ont pris leur responsabilité.
14:20Voilà ce que l'on voulait vous dire ce soir.
14:23Et c'est vrai qu'il n'y a non pas de fanfaronnade,
14:26parce que ce que nous avons obtenu,
14:28Boris vient de le dire, nous l'avons obtenu avec d'autres.
14:30Il n'y a aucune volonté de tirer à nous une couverture
14:33qui n'appartient pas qu'à nous.
14:35Elle appartient à l'ensemble de celles et ceux
14:36qui ont voulu faire progresser ce débat.
14:39Voilà. Donc ça prouve que le débat est possible.
14:40Ça prouve que quand il y a une recherche sincère et loyale,
14:46on peut y arriver.
14:47Mais c'est aussi une leçon pour le gouvernement.
14:49Parce que dans ce débat sur le projet de loi
14:51de financement de la sécurité sociale,
14:53il a accepté d'avancer.
14:55Et sa majorité a accepté aussi pour une part d'avancer.
14:58Merci.
Commentaires