00:00L'urgence, c'est évidemment d'abord l'Ukraine. Pourquoi ? Parce que les émissaires de Donald Trump, ceux qui sont allés voir Vladimir Poutine à Moscou, ont voulu débriefer les Ukrainiens.
00:10Donc ils les ont invités pendant trois jours en Floride pour mettre sur la table évidemment tout ce qu'il pouvait y avoir.
00:17Et c'est intéressant parce qu'au bout de ces trois jours, les deux partis ont réussi à publier un communiqué commun dans lequel on peut lire ceci.
00:26Un accord dépend de la capacité russe à prouver un engagement sérieux pour une paix de long terme, ce qui nécessite des étapes de désescalade et un arrêt des tueries.
00:37A ma connaissance, on n'avait jamais été aussi loin, en tout cas côté américain, pour dire à Vladimir Poutine, il faut maintenant que tout cela s'arrête.
00:46C'est intéressant, c'est donc le langage des Ukrainiens et ça montre à quel point évidemment, côté russe, on n'a pas réussi finalement à faire pression sur les Américains, en tout cas comme on pouvait le craindre.
01:00Regardez d'ailleurs ce que disait Yuri Ushakov, vous savez, le conseiller diplomatique de Poutine, qui était à Moscou pour les recevoir.
01:07Voilà ce qu'il a dit en marge de son déplacement en Inde. Pour le dire gentiment, les Européens n'aident pas Washington et Moscou à parvenir à un accord au sujet de l'Ukraine.
01:18Autrement dit, on est dans un double jeu de pression. Pression sur Poutine, on a vu comment ça a essayé de fonctionner, mais pression sur Trump également.
01:27Et au milieu, ben oui, vous avez les Européens et les Ukrainiens qui essayent de sauver les meubles.
01:31Et tout cela, François, a coïncidé avec la publication vendredi de la revue annuelle stratégique américaine. Cela n'a pas aidé les choses ?
01:38Oui, alors vous en avez évidemment longuement entendu parler tout ce week-end parce que ce document, il est absolument terrible, préfacé par Donald Trump
01:45et qui dit de la façon la plus crue que les États-Unis veulent voir l'Union européenne s'aligner sur leur propre agenda nationaliste
01:54et éventuellement de voir l'Amérique se désengager de l'Union européenne et de l'OTAN au cas où elle ne correspondrait pas à ce modèle.
02:03Vous le voyez, l'influence croissante des partis patriotiques européens, sous-entendez Rassemblement national, AFD ou d'autres partis d'extrême droite en Europe,
02:11est une réelle cause d'optimisme pour les États-Unis. Il faut mettre fin à la perception que l'OTAN est en perpétuelle expansion.
02:17C'est assez dramatique pour nous, Européens, et oui, on va en discuter forcément à un moment ou à un autre à Londres aujourd'hui.
02:25On dit à l'Élysée que ce document américain, il n'est pas définitif, qu'il y aura évidemment des partis à compléter,
02:31mais il faut que les Européens regardaient ce qu'en pense l'entourage d'Emmanuel Macron.
02:36Le but du jeu, ce n'est pas de faire une bataille de tweets avec des officiels de second rang,
02:40mais de se donner les moyens de maîtriser la souveraineté stratégique européenne.
02:44C'est ça l'agenda et il faut absolument accélérer parce que sinon, effectivement,
02:49l'une ou l'autre ou les deux partis, russes et américaines, prendront le dessus.
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