Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 7 semaines
Pour briser le tabou autour de la santé mentale, Raphaël Varane, Olivier Giroud, Blaise Matuidi, Samuel Umtiti ou encore Djibril Sidibé, champions du monde 2018, se livrent sur leurs propres angoisses et dépressions à travers des cercles de parole avec des jeunes.

Catégorie

🥇
Sport
Transcription
00:00Moi je me souviens il y a une période qui était assez folle dans dans ma carrière c'est quand
00:22je quitte la France je vais en Espagne à 18 ans donc à la fois je vivais le rêve au niveau
00:29professionnel et à la fois au niveau personnel j'étais j'étais pas bien j'étais en dépression
00:33La santé mentale au sens large on en a tous une plus ou moins bonne plus ou moins efficiente
00:41Oui mentalement ça pas toujours été rose j'étais au bout du bout du bout de ma santé mentale
00:51Ouais ça m'avait fait souffrir je vais vous répondre je vais répondre mais j'aime pas montrer que je
00:59vais pas bien cette dépression mais j'ai dû la combattre en utilisant des les mauvais moyens je
01:07faisais vraiment mine que tout allait bien en fonction de ce parcours de vie et ben on n'est
01:12pas tous égaux face aux aléas de la vie aux difficultés rencontrées et certains peuvent
01:17développer des troubles psychopathologiques dans ma famille on est assez réservé quand
01:22on a un problème on a du mal à l'exprimer
01:25Une personne sur quatre peut développer un trouble au cours de sa vie
01:31Les maladies mentales sont des maladies comme les autres tôt j'ai compris que ce que je vivais
01:39c'était pas normal pour moi si tu vas très très haut dans ta capacité d'encaisser au moment où ça tombe
01:46tu descends très très très bon c'était c'était tout noir
01:50je pense que durant notre carrière il n'y a pas beaucoup de monde qui le sait parce que quand
02:08t'es champion du monde ben on voit la coupe et elle est en or quoi
02:12on voit que ça et derrière derrière il ya beaucoup de choses qui se passe dans dans la tête des joueurs
02:23quand tu es arrivé tout en haut tu as atteint le graal une redescente après qui n'est pas facile à
02:33gérer je me souviens de l'adil qui disait qu'il avait fait un espèce de burn out après le mondial
02:41il y avait quoi qu'il arrive un sujet important là dessus sur la santé mentale
02:46que ça soit tous les niveaux en tant qu'athlète le très haut niveau mais pas que chez les jeunes aussi
02:51génération 2018 c'est ça a été créé par les joueurs on a choisi la santé mentale parce que
02:59on voulait mettre le sujet sur la table et en parler ça a été une volonté laisser une trace
03:04un héritage de ce qu'on a pu réaliser ensemble et aussi de l'aide qu'on peut apporter à chacun
03:11le but de génération 2018 c'est avoir un impact aussi sur la jeunesse donc on aide les autres mais
03:19on s'aide aussi nous mêmes
03:20la santé mentale c'est au fond tout ce qui permet d'être bien on sait que le logement est un énorme
03:31facteur de santé mentale on sait également que le travail qu'on va faire à l'importance de
03:35l'ambiance au travail les amis la météo peut-être l'ambiance internationale le sport qu'on peut faire
03:42et parmi tous ces déterminants il ya l'état psychologique est ce que je suis bien est ce que
03:46je suis plutôt heureux plutôt malheureux en ce moment parce que j'ai des conflits est ce que je
03:50me pose des questions les études même médicales sérieuses le montrent il ya sur le plan de l'anxiété
03:55sur le plan de la dépression en particulier une aggravation constante sur les dix dernières
04:01années qui s'est évidemment pas mal aggravée au moment du confinement et de la crise du kovid
04:08évidemment qui a amené beaucoup de changements la santé mentale des jeunes semble s'être assez
04:14considérablement dégradé depuis 2019 aujourd'hui avoir une souffrance psychique et encore plus une
04:28maladie mentale reste quelque chose qui est honteux et il ya une forme de stigmatisation importante dans
04:36la société ça c'est une réalité c'est donc quelque chose qui freine y compris les
04:44jeunes pour venir en parler ils s'inquiètent et se demandent s'ils ne sont pas fous entre guillemets
04:50le déclic qui vient souvent d'une rencontre parce qu'à un moment donné c'est l'histoire de aller vers
04:56pour moi la santé mentale c'est comment tu te sens à l'intérieur de soi genre si tu vas bien ou si tu vas
05:15mal c'est le bien-être du cerveau dans la tête dans le coeur dans le ventre souvent aussi finalement
05:24c'est un petit peu comme la santé physique la santé physique on peut un jour avoir une mauvaise santé
05:29physique et un autre jour avoir une très bonne santé physique c'est tout un équilibre et si on n'a pas
05:35pas ça ben on n'a plus envie de rien faire être bien aussi physiquement parce que quand on va pas
05:41forcément super bien mentalement on voit que ça a des conséquences physiques et je dirais même que
05:47c'est connaître finalement sa propre écologie il y en a qui vont mieux réagir aux événements que la
05:52vie que d'autres pas c'est vraiment ce qu'on appelle chez nous la résilience ou la vulnérabilité c'est
05:57qu'est ce qui nous construit quand on passe tout en haut là on est en haut du la montagne pour
06:10sauver une coupe une coupe du monde et que quelques mois après on est tout en bas parce qu'on peut plus
06:18jouer un peu plus courir j'avais du mal à même le matin me réveiller c'était dur je me demandais ce
06:25que j'allais faire parce que pour moi il y avait que le foot dans la vie ce que les gens ne savent pas
06:30c'est que moi de base en en jouant cette compétition là je ne pensais pas du tout que ça allait se
06:36passer comme ça pour pour mon corps après la compétition j'étais mal accompagné parce que
06:44j'étais sûrement un joueur sur qui en comptait donc on avait besoin de ma présence donc quand je devais
06:49me faire soigner on disait non non non l'entraîneur il a besoin de toi il faut que tu joues et vu que toi
06:53bah tu as envie de jouer aussi je vais jouer et en faisant ça bah j'ai dégradé je pense mon genou
07:01donc ce qui se passait c'est que à chaque fois que je parlais avec le avec le médecin à chaque
07:08fois que je parlais avec quelqu'un du club tout ce qu'on pouvait dire toutes les discussions bas dans
07:15les minutes qui suivait bas ça se retrouvait dans la presse et on faisait comprendre que j'étais un peu
07:21le un peu le un poids pour pour ce pour ce club là parce que je peux pas me faire opérer je j'ai
07:29décidé de faire autrement dans notre métier on il ya les spectateurs il ya le public il ya les fans on
07:37va dire qui sont autour qui t'encourage normalement au cours de la saison et moi bah vu que mon image a
07:44été un peu a été un peu on va dire tâché que le club pensait que je devais peut-être partir au final
07:53de sortir de chez soi et les gens te regardent d'une manière comme si bas tu as été malhonnête comme si
08:01tu l'avais volé leur argent je l'avais volé telle telle chose et ma santé mentale a été tellement touché
08:07parce que les autres pouvaient dire je suis rentré dans une solitude où même des amis je ne pouvais
08:16même pas inviter des amis chez moi j'avais que ce besoin de ce besoin là d'être seul je pouvais
08:21pas me permettre de sortir parce que je savais que j'allais croiser des gens je ne pouvais même
08:24pas avoir l'envie de répondre à certains messages pendant des mois et des mois donc je suis rentré dans
08:32une solitude qui pour moi m'a m'a m'a bousillé au final de mettre on va dire un club des groupes de
08:44supporters contre moi ça m'a mis tellement au plus bas alors que je disais à mes façons lui il est
08:52blessé il gagne son argent et sa vie va très bien alors que c'est pas la réalité même pour vous dire
08:58le matin je passais ma journée dans la chambre je sortais pas de mon lit à part pour aller aux
09:05entraînements mais dès que je rentrais je restais dans mon lit toute la journée c'était tellement des
09:10choses qui me prenaient dans au coeur et c'est des choses que je pense qu'il faut le vivre pour
09:16le comprendre et que je me demandais qu'est ce que j'ai fait pour mériter ça j'avais plus de vie
09:22sociale ni mes amis qui essayait de me parler parce que ils me connaissaient c'est avec je suis pas
09:29quelqu'un qui parle beaucoup mais il faisait à la ça va pas mais même ça pendant des mois et des mois
09:33je voulais pas les voir et je restais chez moi je faisais pas grand chose mon liste et mon meilleur
09:37ami je suis il y avait rien de plus la solitude c'est quelque chose de très fort et qui peut vraiment
09:46tuer une personne la solitude de pas parler ça peut tuer une personne de pas parler de pas prendre le
09:51temps de parler aux gens ça peut tuer aussi ça peut tuer et moi c'est ce qui m'est arrivé pendant
09:56des mois et des mois pour moi j'étais j'étais là sans être là sur le moment je pensais pas du
10:03tout à ce mot là parce que pour être honnête pour moi quand j'entends des dépressions je me disais
10:07ah il est fou parce que je l'avais pas vécu peut-être et je l'assume totalement j'étais totalement
10:12dans une dépression sans même le savoir sans même j'ai même pas pu mettre les mots à ce moment là et ça
10:18personne le savait et tout le monde pensait que j'étais heureux parce que assam tu as un cadre
10:23de vie assam tu gagnes bien ta vie mais c'était pas gagner de l'argent qui me rendait heureux c'était
10:29pas ça c'était l'humain jouer au football et j'avais ni l'un ni l'autre c'est hyper intéressant ce que tu
10:39racontes parce que quand même comment tu le décris quand tu fais une grosse dépression tout ce que tu
10:45t'as pas envie de faire c'est ce qu'il faut que tu fasses c'est plus confortable de rester enfermé
10:50de voir personne de faire ce qu'on a à faire d'aller faire son job de rentrer à la maison de parler à
10:53personne n'est pas beaucoup moi je me suis fait virer de mon équipe de hante par ma coach donc ma coach
11:10qui m'a clairement dit je préfère quelqu'un de moins fort que toi mais de stable mentalement
11:17plutôt que toi qui est instable mentalement j'étais à l'époque joueuse en national au handball mon monde
11:24un petit peu basculé sur la deuxième fois où je me suis fait un ligament croisé pour moi le hand c'était
11:33tout je passais trois soirs par semaine au gymnase je passais tous mes week-ends au gymnase donc en
11:40fait c'était c'était plus que mon sport qui s'écroulait c'était mon monde et c'est à ce moment
11:45là en fait où j'ai commencé à avoir des idées suicidaires j'ai commencé à me scarifier et ça mes amis
11:54le voyait je j'essayais de cacher mais il le voyait quand même ma mère un jour elle l'a vu et et moi je
12:04faisais vraiment mine que tout allait bien je mentais un petit peu sur ce que c'était et et en fait elle
12:11m'a très clairement dit d'arrêter néphanry et moi c'est quelque chose que j'ai vraiment très mal pris
12:17parce que je me suis pas sentie comprise et c'est à ce moment là en fait où je me suis renfermée moi ma
12:22famille a toujours été dans le paraître il faut paraître fort c'est un petit peu elle a été éduquée
12:26comme ça faut paraître quand tu es une femme pour paraître féminine faut paraître forte faut pas
12:31montrer ses faiblesses et ça fait que j'avais peur de montrer quoi que ce soit aujourd'hui tu as plein
12:38de parents qui mettent une pression énorme sur les enfants que ce soit dans le foot que ce soit dans
12:42différents sports et je pense que mon enfant faut et j'en suis quasi sûr faut l'accompagner et ce terme là
12:49est important parce que si on lui met à la notion de compétition alors qu'il n'est même pas formé
12:54j'ai encore tout frêle ses os ses organes et tout ça bah ça va être une charge pour lui mentalement
13:02et physiquement aussi un an après j'ai pu reprendre le sport avec du coup à des cicatrices blanches qui
13:10étaient dues à mes scarifications et j'arrivais pas à faire comprendre en fait à cette coach que ben non
13:16tout allait bien c'était juste du passé et elle était butée sur le fait que non j'étais instable
13:22mentalement et en fait j'ai presque cru parce qu'en fait je me suis vraiment rendu compte que la santé
13:28mentale dans le sport c'était tabou et qu'il fallait vraiment aussi être dans le sport quelqu'un de fort
13:35et qu'il ne fallait rien montrer
13:37dans mon parcours avec le recul j'ai compris certaines choses qui se passait qui est en fait un mal invisible
13:50c'est une vie hors norme c'est quelque chose d'exceptionnel mais il ya aussi l'homme la personne derrière
13:56et et des fois il ya un décalage entre les deux ou alors on se rend pas compte on voit pas et c'est
14:02c'est quelque chose qui est compliqué à exprimer à expliquer et que ça soit compris et je me
14:10souviens moi ce qui marque le plus au niveau perso c'est que le pro c'était c'était 10 sur 10 quoi
14:16c'était je pouvais pas demander plus c'était magnifique et à côté de ça je me sentais hyper seul
14:22je me sentais je me sentais vraiment pas bien je me disais mais j'ai fait toutes ces années là j'ai
14:29sacrifié mon enfance tout ça pour ça niveau perso c'était c'était ultra difficile alors évidemment
14:36vous allez me dire beaucoup de gens peuvent être tristes et ce qu'ils sont tous déprimés non parce
14:40que la tristesse est un sentiment au fond commun on peut être triste pour différentes raisons quand
14:45ça dure que quelques jours c'est pas une dépression quand ça dure plusieurs semaines et que vous n'arrivez
14:49vraiment pas à vous en sortir alors là c'est une dépression moi je l'ai vu chez énormément de joueurs qui
14:55qui souffrent en silence qui disent rien qui vont vraiment pas bien et donc des fois selon comment
15:01tu réagis à ça il y en a qui vont pas bien ils vont se blesser tout de suite il y en a qui vont pas
15:06bien ils vont faire des ils vont avoir des mauvaises périodes pendant trois quatre mois il y en a
15:11après leur carrière ils vont exploser les objectifs passent avant tout et même dans la tête des joueurs
15:20c'est à dire que quand tu arrives dans le vestiaire il n'y a pas de place pour les faibles ils imaginent
15:27qu'ils ont tout à gagner à se taire je pense qu'ils imaginent que c'est plus sécure que c'est plus sûr
15:32voilà il ya le terrain il faut il faut être meilleur que l'autre pour avoir sa place le week-end je dis pas
15:41que c'est ce qu'on m'a appris c'est ce que moi aussi je me suis fixé je vais pas remettre la faute sur
15:48les autres ils ont le droit d'être malheureux ils ont le droit d'être en colère ils sont le
15:52droit d'être dépressif ils ont le droit de pas être heureux dans leur vie de footballeur ils ont le
15:57droit et c'est ce que le monde du football est il ya beaucoup de monde qui a tendance à considérer que
16:05certaines chandleurs sont interdites parce que ils gagnent bien leur vie le fond du problème c'est
16:12que eux mêmes se l'interdisent tu vas pas ressentir que ton coéquipier il a un problème
16:16j'avais 14 ans et puis mon petit frère avait à peine deux mois et ma mère elle me l'a laissé
16:26il m'a dit s'il se réveille battu tu lui donne le biberon et jusque quelques instants après ma
16:33mère elle a pris le petit dans ses bras j'ai vu qu'elle fait des va-et-vient toutes les pièces
16:39de l'appartement prier mon oncle qui est venu près des gens de la famille deux trois quatre cinq dix
16:44personnes puis tu as les pompiers qui viennent au bout de 40 minutes et aux et s'enferme dans la
16:49chambre avec le petit et que ma mère et ou puis tu as un monsieur qui s'arrête au midi je suis
16:53désolé les morts wow donc quand j'ai entendu ça ça m'a vraiment fait mal parce que je me suis senti
17:00coupable je me suis dit c'est ma faute et tôt j'ai dû faire quelque chose de pas bien je me souviens
17:05j'ai couru dans ma chambre et j'ai voulu même carrément sauter par la fenêtre et ma mère elle m'a dit
17:13j'ai déjà perdu mon fils et tu veux que je te perds toi tout ça ces petites paroles là ça m'a
17:17là mais j'étais vraiment pas bien pendant trois quatre mois comme ça j'en ai pas parlé à part les
17:25gens qui étaient dans le quartier et ma famille mais sinon même au foot je l'aurais pas annoncé
17:31parce que pour moi c'était je vais pas encore remettre ça dans ma tête et tout tout ça
17:35en fait globalement je pense qu'il ya une espèce de confusion entre force mentale et puis justement
17:43résilience au moment de vulnérabilité quoi c'est pas parce qu'on est mal qu'on n'est pas fort quand
17:49on va avoir un problème physique le plus souvent on sait que c'est pas changé que c'est traitable on va
17:53chez le médecin on prend un traitement médicaments ou autre on ressort on sait qu'on va revenir à la
17:57normale et là le problème c'est qu'effectivement les gens quand ils ont un problème de santé mentale ou quand
18:03ils sentent pas de bien ils as ils associent ça à une faiblesse et donc ce serait un signe de
18:09faiblesse donc ils vont pas voir quelqu'un donc ils essayent pas de se traiter et ça c'est un vrai souci
18:13je suis sportive de haut niveau et depuis très longtemps donc j'ai vécu des des épreuves à travers
18:25le sport et aussi à travers la vie et j'ai vécu cette angoisse dans deux moments différents très
18:30jeune j'ai perdu une de mes coéquipières d'une maladie et moi j'avais 20 ans et j'ai apparenté
18:38cette ce décès et cette maladie au fait qu'on puisse mourir du jour au lendemain et j'ai commencé
18:44à ressentir des de l'angoisse de l'anxiété mais j'avais pas de mots pour le dire donc j'avais des
18:50des ressentis physiques qui étaient assez puissants et je me suis retrouvée à avoir un vrai souci avec mon
18:57corps qui lui m'envoyait des signaux que j'arrivais pas à contrôler alors que je contrôlais mon quotidien
19:03et ça ça a été très compliqué et toutes ces choses là que j'ai vécu assez jeune dans ma vie où j'ai
19:10commencé à découvrir ce qui était un petit peu l'angoisse et je l'ai revécu de manière très
19:15puissante dans le contexte d'une coupe du monde je me suis retrouvée de passer à meilleure joueuse meilleure
19:25buteuse à bande touche ce qui n'est pas très grave en soi sans explication je me suis retrouvée
19:32totalement enfermé dans une bulle et isolé en étant en train de lutter sur je ne veux pas être le
19:41problème parce que l'équipe de france doit gagner donc je me tais donc je contrôlais toutes mes émotions
19:47en essayant d'être impassible à l'extérieur et très très mal quand je rentrais dans ma chambre et le
19:53dernier match de la compétition quart de finale de coupe du monde on joue contre l'allemagne donc
19:58moi je suis sur le banc de touche depuis de trois matchs je suis en train de m'échauffer on m'appelle
20:04donc ça fait huit jours que personne ne me parle dans le staff les joueuses ça se passe bien et au
20:14moment d'arriver donc je suis persuadé très positive en me disant c'est là quoi c'est mon moment et je vais
20:21pour rentrer sur le terrain donc je suis au bord et je me retourne je regarde le staff et je dis je
20:27remplace qui est en fait j'attendais juste un sourire un regard je pense lié à ma sensibilité avec le
20:35recul et au moment où je pose cette question le coach baisse la tête et me répond pas et je rentre
20:42sur le terrain je me dis putain mais il suffisait juste de me faire un sourire ou de me répondre
20:47dernière minute dépongation la 120e et je suis toute seule face au but le centre il arrive la
20:53gardée au premier poteau but vide et le ballon moment où je vais pour le reprendre il rebondit
20:59et au lieu de taper mon pied il tape le tibia et il passe à 20 cm du poteau à gauche et je rate le but
21:08et en fait en ratant je me dis putain si juste il m'avait dit qui je remplaçais je suis encore là
21:17dessus quoi c'est terrible après ça on a suivi le retour en france et et les problèmes de sommeil
21:25ont commencé là et du coup tout ce que j'avais connu avant est revenu un peu à ce moment là et ça a
21:33duré un an un an et demi où j'ai continué de jouer j'ai été retiré de l'équipe de france je suis
21:40une personne lambda quand je me suis retrouvé tout seul dans mon canapé parce que j'en ai pas
21:44parlé dans l'équipe j'en ai pas parlé à ma famille j'en ai pas parlé aux joueuses de mon club j'étais
21:50capitaine de mon club je suis rentrée personne ne savait ce qui se passait j'avais perdu trois
21:54kilos je dormais pas de la nuit et quand j'arrivais j'étais capitaine et quand je rentrais chez moi
21:59fallait que je trouve des outils donc les outils c'était de trouver quelqu'un qui parlait et je
22:04les ai trouvés au fur et à mesure c'est à dire j'avais des choses à exprimer mais j'avais des
22:07filtres avec tout le monde parce que je voulais protéger tout le monde mais j'ai réussi à avancer
22:13avec tout ça et à me dire que à pas me blesser déjà parce que tous les jours j'étais sur le terrain
22:19à continuer à être performante à lutter contre moi même pour que je sois toujours leader sensible et
22:26altruiste et ça a été des situations très très complexes mais qui m'ont appris beaucoup sur la
22:34vie on sait pas que nos histoires faisaient écho à ce point là moi aussi j'ai perdu une amie très
22:43fière quand j'avais 15 ans et en fait quand je t'entends parler il ya des trucs moi qui me saute aux
22:47yeux quand tu dis bah en fait du coup moi j'ai cru qu'il pouvait m'arriver telle chose ou telle chose et
22:52que du jour au lendemain je pouvais partir les gens quand ils vont pas bien quand c'est plutôt un
22:59trouble du type anxio dépressif qui est réactif enfin une réaction à ce qui se passe à l'extérieur se
23:05met tout de suite dans la caisse du fou et donc de la honte aussi moi il ya un peu plus d'un an
23:10je suis retrouvé dans une situation assez difficile c'est là où tout vraiment a commencé même au plus
23:17petit échelon de ma santé mentale dans le négatif c'est ma rentrée de sixième mes crises d'angoisse
23:24sont dues à mon passé c'est à dire les traumatismes et que je n'ai pas accepté que je n'arrive pas
23:29à accepter ou pardonner les personnes aux émotions que je ne gère pas j'ai pas vraiment de souvenirs
23:34de moi heureux quand j'étais petit j'ai toujours été un garçon souriant et c'est tout de façade mais
23:39dans ma tête j'ai pas de souvenirs de bons moments j'ai effacé plein de trucs aussi de mon
23:43enfance donc il ya plein de souvenirs qui me manque j'étais hyper occupé par ma vie professionnelle qui
23:48est une vie associative en fait un projet que j'ai moi même monté auquel je crois beaucoup et qui a
23:54énormément d'importance mais malheureusement je pense que je me suis beaucoup oublié dans tout
23:59ce que j'ai fait où je passais ma vie à travailler et c'est à partir de là que mon mal-être a vraiment
24:06un peu commencé à petit échelon et qui s'est empiré d'année en année jusqu'à atteindre un stade de phobie
24:12scolaire où j'ai raté plusieurs mois d'école peu importe combien de temps je passais en classe
24:18peu importe s'il restait deux minutes ou cinq minutes je finissais par faire une crise d'angoisse et donc
24:22même quand j'allais en cours je finissais par faire une crise d'angoisse aller à l'infirmerie et c'est
24:27au moment où je me sentais le plus seule parce que même si l'infirmerie ça me permettait d'être
24:31seule et pouvoir canaliser cette crise d'angoisse bah j'étais seule toute la journée parce que bah j'allais
24:37pas à la cantine j'étais avec des gens à la cantine mais vu que je mangeais pas j'étais
24:42seule dans mon esprit je j'étais seule en cours vu que j'étais à l'infirmierie à toujours être dans
24:47une salle seule pour me calmer par exemple samedi j'ai eu un match et dix minutes avant la fin je fais
24:55une crise je tombe au sol mon équipe et mes coachs ils pensent que je fais exprès ou j'arrivais pas à
25:00courir d'un coup je me retrouve sur le dos mal aise et ce qui m'a fait peur c'est c'est en fait
25:12me dire que peut-être mais j'allais j'allais mourir ce que jouer avec mes yeux se fermaient et que
25:21on arrêtait pas de créer mon prénom je travaillais la nuit je comptais pas mes heures j'ai jamais compté mes
25:28heures il ya un an mon corps a dit stop alors je pense que j'ai je pense que j'ai ignoré beaucoup
25:34de choses ou des des signes aussi de mon corps qui me disait en fait arrête un peu plus tôt où
25:40j'avais des douleurs chroniques à la cuisse mais en fait c'est devenu pire après parce qu'à partir
25:48au moment où on est conscient de la réalité on sait qu'il ya un problème du coup on se dit qu'il faut le
25:51traiter et j'ai pris ma douche je suis sortie de la douche et malheureusement j'ai vu un trou
25:57énorme et béant sur ma tête et en fait de sortir de la douche et de voir vraiment un trou chaud sur
26:04son crâne c'est terrifiant je pense que ça a été l'épreuve la plus difficile de ma vie parce que ça
26:12a remis ma confiance en moi complètement à zéro alors que j'en avais quand même un peu j'ai essayé de
26:19penser enfin on va dire aux personnes qui m'aiment et à mon futur comme quoi je pouvais pas lâcher
26:28maintenant après la douleur elle est partie elle est revenue dans la nuit où d'un coup comme tu disais
26:34j'ai ressenti des fourmis dans mon bras je le ressentais plus et j'étais toujours en train d'hésiter
26:40à est ce que j'appelle le 15 est ce que j'appelle pas et j'ai pas appelé je me suis endormée avec la
26:49douleur comme tout le temps on va dire oh je savais pas que j'allais pleurer excusez moi moi ma dépression
27:00elle a vite commencé à partir des cours ou très vite on m'a mis la pression et je me suis mise la pression
27:06et donc ça ça s'est enchaîné à la phobie scolaire et puis après on a eu la la pression du monde qui
27:12nous entoure ou du coup ça a déclenché mais tca donc l'anorexie l'hyperphagie tout s'est enchaîné
27:17en quatrième et où là tout m'est tombé dessus et physiquement j'étais dans un état où j'étais en
27:25sous poids j'étais pâle j'avais je perdais à poignée mes cheveux j'étais plus en état physique de rien de nos
27:33études on sait qu'effectivement beaucoup une pression à la réussite un au moins 7 8 sur 10
27:39ont une pression à la réussite plus ou moins forte et plus la santé forte et bien plus effectivement
27:44ils ont un risque anxieux dépressifs qui est élevé j'ai grandi dans un quartier populaire à villeurbanne
27:51dans la banlieue de lyon on s'appelle la ferrandière j'ai été en primaire dans la cité à côté j'étais au
27:57collège dans mon quartier j'étais au centre social et ma vie ma vie gravité autour de ces quelques rues
28:03où je me suis posé beaucoup de questions très tôt et il y avait il y avait des trucs où c'est de la
28:10souffrance du quotidien où tu rentres le soir tu sais pas trop si tu vas manger tu sais même pas si
28:14t'auras encore une maison tu d'avoir des pas tu regardes la télé et tu vois des parents qui partent
28:21en vacances avec leurs enfants qui leur font des câlins et toi tu sais t'es seul dans ton appartement à
28:2718 heures à faire le goûter pour ton petit frère tu vois il ya plein de trucs où tôt j'ai compris que ce
28:33que je vivais c'était pas normal mon rôle familial c'était d'être la solution d'être le un peu
28:39vulgairement mais d'être le sauveur soit sur lequel du coup il y avait beaucoup beaucoup de pression je
28:44te sens responsable d'une situation de gens mais qui t'en demande beaucoup par rapport à ce que tu peux
28:49faire en fait parce qu'il ya aussi ça et à 17 ans dès que j'ai eu mon bac je suis parti à paris je suis
28:55parti dans une colocation dans le fond du 91 et j'étais juste heureux parce que j'habitais plus
29:02là où j'habitais quand il ya eu le confinement je suis rentré à lyon et pendant les mois de
29:10confinement plus un peu après j'ai eu une c'était c'était tout noir
29:15j'ai été embatté je n'arrivais pas à voir autre chose que j'ai raté la chance de ma vie de fuir quoi
29:22comme quand comme une comme une biche en forêt qui esquive le premier coup de fusil et qui et qui
29:27tombe au deuxième quoi tu as vu autre chose tu as vu la possibilité que cette vie pouvait être
29:34différente et et c'est et c'était compliqué et à mon retour j'étais dans un truc où quasiment
29:42pendant un an j'avais plus la force d'aller à l'école du coup ma seule réaction c'était de
29:51m'isoler du coup j'ai arrêté de traîner en bas de chemin je partais loin tout seul j'étais souvent
29:57seul du coup j'étais dans une logique un peu jusqu'au boutiste dans cette idée là un peu un peu
30:02mauvaise j'étais en mode si j'ai eu un premier échec c'est pas grave la vie elle est fou ma vie
30:07elle est foutue autant autant niquer ma vie jusqu'au bout quoi et et oui je suis passée par plusieurs
30:16étapes comme avoir des idées noires c'est à dire penser à se faire du mal ou avoir des idées qu'il ne
30:26faut pas avoir je ne suis pas passée à l'acte tous les jours j'ai mal au coeur je m'aurai avec une
30:33douleur on dirait que ça va être la fin quoi comme tu disais ou qu'il va m'arriver quelque chose ou peu
30:40importe et je prends sur moi je le sors je me dis ouais je dois réussir ma vie et du coup je remets
30:48mon sourire on va dire un masque seulement 18 ans je m'inquiète pour plus tard et et surtout la peur
30:55de ne pas réussir me dire que j'ai fait tout ça que j'ai vécu tout ça pour pas réussir ça porte un
31:02c'est un poids lourd et pour toi le là où tu as tiré le plus sur la corde ton ressenti perso c'est
31:10plus au niveau physique ou psychologique déjà il ya les deux puisqu'on avait un rythme très très fort
31:15très fort très très fort dans l'assaut on avait beaucoup d'événements on avait beaucoup de
31:19choses beaucoup de déplacements et à chaque fois on tirait un peu plus on se disait ouais mais on va
31:23on sait pas grave on va se reposer la semaine prochaine on va se reposer la semaine prochaine
31:27au final il n'y avait jamais de semaine prochaine le rythme il baissait pas il baissait jamais et donc
31:32ça c'était physique mais aussi émotionnel en fait pour le surmenage il est souvent lié actuellement
31:39on parle beaucoup du travail effectivement c'est vrai on entend beaucoup mais c'est le travail souvent
31:44associé autre chose du cumulatif comme on appelle ça avec d'autres tâches ménagères les enfants etc qui
31:52amène la personne à se sentir surmenée quand de surmenage devient chronique c'est là que ça pose
31:57question et souvent on va venir interroger la fonction qu'est ce qui se passe pourquoi vous
32:02sentez surmené et je pense qu'à un moment mon cerveau il s'est dit stop faut se calmer il faut
32:13s'arrêter donc je pense il y avait une grosse surcharge émotionnelle je pense et c'était
32:19vraiment une période compliquée où en fait je me disais que en fait mine de rien j'avais des
32:23parents qui vivaient ensemble et qui m'aimaient un grand frère une vie des amis une maison de la
32:30nourriture de l'eau courante et en fait j'arrivais toujours à aller mal et du coup je me trouvais pas
32:35digne d'avoir mal fin de je me sentais pas légitime d'avoir mal comme ça j'espère en voir le bout mais
32:44en tout cas chaque jour je vois une petite amélioration donc je me satisfais de cette
32:51amélioration et j'avance en tout cas quand je vois le sourire des filles que j'accompagne je pense que
32:57c'est la plus belle chose qui me fait tenir et qui m'a fait ne jamais abandonner globalement si
33:03on sait qu'on va mieux grâce à l'échange à pouvoir parler de sa situation pour échanger dessus
33:08ça va dépendre de l'oreille que vous avez en face c'est de cet échange que naît en fait la
33:15possibilité d'aller mieux ma psy elle me dit souvent une phrase c'est arrête de trop réfléchir et en fait
33:22pas du coup j'arrête de concrétiser tout dans ma tête sachant que je réfléchis énormément tout
33:28le temps pour tout j'ai arrêté de concrétiser plein de choses la prévision j'arrête de la
33:32réfléchir le stress pareil et ça me permet de prendre mes distances avec ça j'ai un blocage je
33:39me confie j'ai pas confiance ou sinon je tombe sur des psys qui qui étaient pas bien après avoir
33:46entendu mon histoire c'est à dire voir un psy pleurer je me dis que je me dis que tu fais
33:53pleurer les psys ouais c'est à dire qu'il peut pas m'aider c'est super dur de trouver les bonnes
34:01personnes genre une personne dans qui tu as confiance et qui te comprend en plus là il ya plein de il ya
34:07plein de professionnels complètement différents avec des méthodes complètement différentes donc
34:11moi je trouve je pense faut pas que tu lâches parce que c'est pas parce que tu en as tu es tombé sur
34:16trois pas bien que le quatrième ou la quatrième ou la cinquième ou le cinquième va pas être bien et
34:22je trouve vraiment trouver le bon professionnel de santé pour t'accompagner c'est quelque chose de très
34:28difficile mais quand on l'a trouvé pour un certain moment peut-être ça fait du bien que là dessus c'est
34:35faut pas que tu lâches tu vas trouver à vous que les sportifs de niveau ont plus tendance à dire je
34:41vais voir un prépa mental j'ai un coach mental que j'ai un psychologue parce que il ya cette
34:46définition du psy qui fait un peu peur mais après chacun le dit comme il veut tu peux dire moi j'ai
34:54un coach mental moi je sais que moi j'ai une coach mental moi je fais de la muscu du cerveau chacun son
35:00truc et donc pour le coup il n'y a pas d'échec aller voir un psychologue et que ça marche pas
35:06il ya plein de personnes qui vont voir plusieurs avant de se dire c'est la bonne personne parce
35:11qu'il ya la bonne écoute il ya la bonne compréhension il ya le bon retour j'ai compris
35:19qu'en fait quand bien même je faisais mon boulot sur le terrain où les choses bien il y allait
35:24toujours avoir des personnes qui allaient me haïr me détester pour quelconque raison si quelqu'un
35:31dit qu'il est harcelé il est harcelé c'est ça la définition du harcèlement
35:33même sur les réseaux cette paire là je me dis je suis même pas légitime de mettre une photo de
35:46mettre de publier quelque chose parce que parce que c'est limite moi le problème le problème du réseau
35:51social c'est qu'il ya l'effet boule de neige et l'effet d'emportement et globalement quand on vous
35:55aurait dit une chose désagréable là on a beaucoup plus de personnes qui sont capables de vous dire
35:59cette chose désagréable il y avait des photos des émoticônes des choses comme ça où on montrait
36:05comme comme désolé du terme mais comme un comme du caca comme une merde c'est pas une histoire de force
36:10mentale c'est de toute façon quand on vous tape dessus à un moment physiquement vous vous écroulez
36:14c'est exactement la même chose c'est le même principe il ya tellement de choses et que les gens
36:20se permettent qui m'ont fait aussi énormément de mal et qui m'ont plongé clairement encore plus
36:25dans cette dépression dépression là globalement souvent des gens qui sont harcelés sont des gens
36:30qui vont bien et le plus souvent ce sont les harceleurs qui sont des gens qui sont pas bien
36:35qui sont pas bien dans leur vie qui sont pas heureux et qui vont avoir une forme d'envie et
36:41donc qui vont harceler ces gens qui sont normaux et là en fait il ya un phénomène de renversement
36:45bonjour salut ça va merci d'accepter de parler de sentimentale comme le harcelé est une victime c'est
36:57lui qui définit s'il se sent harcelé je tente à mon échelle de faire en sorte de déstigmatiser la
37:04santé mentale parce que c'est encore trop tabou dans notre société dans laquelle on vit certaines
37:10personnes ne se rendent pas compte des mots qui peuvent avoir à travers un écran mais ça je
37:16connais voilà je pense que je connais aussi les haters tout ça on avait vu ouais donc voilà si tu
37:22veux me parler de ton expérience fin de cinquième il commence à y avoir des des frictions en réel au
37:32collège des menaces physiques alors pas physiques mais de la violence psychologique de de m'humilier de
37:44me dire des mots méchants il ya aussi du chantage des choses comme ça donc ça ça me ruine vraiment
37:54mon estime de toi même ça affecte ma santé mentale forcément et à peu près à cette période j'ai
38:02commencé à me faire du mal et forcément après ça il ya eu des rumeurs qui ont circulé au collège il
38:09ya eu des des mots assez blessant c'est que j'avais conscience que cette situation était malsaine mais je
38:19mettais pas le mot d'harcèlement dessus parce que en fait ça ne prenait pas la forme qu'on voit
38:25dans le mans physique voilà on prend souvent au harcèlement physique et rarement au harcèlement
38:30psychologique moral et c'est seulement il ya un an et demi que on m'a dit pas en fait ce que tu as
38:41vécu c'est du harcèlement ça a découlé sur des comportements tôt dommageable du type
38:47pas scarification ou tentative de suicide quel est quel a été l'élément déclencheur tu peux en
38:52parler j'ai perdu pied un moment et je j'avais besoin d'extérioriser après il ya eu aussi beaucoup
39:02sur les réseaux sociaux le fait que je suis tombé sur des contenus d'abord c'était des musiques qui
39:10parlaient du mal être du chanteur on m'a proposé d'autres musiques de ce style et bref toute la toute
39:18la chaîne de l'algorithme et en fait je suis tombé sur des contenus qui glamouriser qui incitait au
39:28comportement tôt dommageable qui incitait au suicide et qu'en fait on ça se passe déjà mal à l'école
39:35on rentre on veut aller sur les réseaux sociaux même si c'est pas quelqu'un qu'on connaît directement
39:42qui nous envoie ses vidéos bah ça nous plombe et tu ça a duré combien de temps cette période où tu
39:51t'es fait du mal alors samedi ça faisait les un an où je me suis pas scarifié bon anniversaire
40:02mon anniversaire de sobriété et sobriété de voilà c'est cool donc ça va ça fait un an ça c'est
40:12bien il faut le fêter ça c'est parce que tu l'as fêté les réseaux sociaux sont probablement une très
40:19bonne chose qui permet d'être en contact avec le monde entier et puis de s'ouvrir et ça permet à des
40:24artistes de se faire connaître enfin bon il ya énormément de facteurs positifs il ya aussi des
40:28facteurs négatifs ces facteurs négatifs on les connaît c'est les algorithmes toxiques qui vous
40:35enferment un peu dans ce que vous regardez tout le temps et quand vous avez commencé à regarder des
40:38chats ou des voitures vous voyez plus que des chats et des voitures vous avez l'impression de vivre dans
40:43une espèce de ce qu'on appelle de bulles numériques effectivement ceux qui regardent des shorts toute la
40:48journée ou des petites vidéos toute la journée sans avoir choisi ce qu'ils regardent pour passer le temps
40:53et que ça empiète une grande partie de leur vie cela forcément ça n'a pas le même effet sur leur santé
40:58mentale ce qui s'est passé moi dans ma vie c'est que en seconde mon frère a trois ans plus que moi
41:07donc il part en études sup à paris donc loin et ça fait bizarre de voir quelqu'un pour quel on tient
41:16partir loin plus une relation un peu compliquée avec mes parents je me sentais pas très bien de
41:22pouvoir leur parler de beaucoup de choses et beaucoup de problèmes qui m'arrivaient dyslexie
41:28hypersensibilité anxieux un univers un peu anxiogène quoi je je me sentais plus bien et donc tous ces
41:37facteurs m'ont mené à faire une dépression et je je me suis perdu à ce moment là je me suis
41:43complètement isolé je me suis dit que ça allait passer que que je dramatise tout enfin j'étais
41:49vraiment dans le plus gros déni cette dépression j'ai dû la combattre en utilisant des les mauvais
41:57moyens et pour moi ça me faisait du bien mais je me rendais bien compte que c'était vraiment une
42:04sorte de spirale qui me qui m'emmenait vers le bas vers vers les enfers plus je tombais sur des vidéos
42:11sur instagram et tiktok qui qui montrait comment se pendre ou comment se scarifier les bienfaits les
42:20je tombais sur en fait je vais tomber sur une sorte de communauté où je me sentais compris mais en même
42:25temps je savais très bien que c'était que c'était mauvais parce que de plus regarder ses vidéos et ses
42:30vidéos m'incitent à le faire et quand mes parents l'apprennent mon père réagit assez mal parce que pour lui
42:38il n'avait rien vu venir et puis c'est compliqué de voir son enfant dans un mal-être surtout aussi
42:46jeune plus ma mère qui traversait aussi une période assez compliqué enfin son fils qui part et là son
42:55autre fils qui qui a de doit de mourir me sentait mal je j'avais juste envie de partir et les laisser
43:02vivre leur vie tranquillement quoi sans moi et donc j'ai fait plusieurs ts la première c'était avec
43:12des médicaments et c'est là que je me rends compte j'ai fait une bêtise j'appelle ma mère je dis maman
43:18je crois que j'ai fait une bêtise j'ai avalé des médicaments parce que je voulais mourir quoi donc on
43:24m'emmène à l'hôpital je me sens que j'avais mon pyjama à l'envers une chaussette blanche une chaussette
43:29noire mes pantoufles c'était un peu un peu à la va vite et puis je rends compte que non j'ai pas
43:35envie de vivre ça et au final je rentre à l'école au bout de deux semaines d'hospitalisation je rentre
43:42à l'école tout le monde me pose la question tu étais où tu étais où je leur dis j'étais malade j'ai
43:47fait une bêtise des trucs comme ça et puis sarro ça retombe ça je me sens plus bien je n'arrive plus à
43:55manger je dors plus je je prends des médicaments et donc c'est une pression plus les cours plus les
44:01devoirs devoir garder la pêche alors que qu'en fait on se sent pas bien à l'intérieur c'est super
44:07compliqué et je refais une ts et là je vais dans une dans un hôpital psychiatrique un hp et c'est là
44:14que je me dis je suis pas fait pour pour mourir en fait je peux pas je peux pas je peux pas faire ça
44:20ma famille je peux pas faire ça aux autres qui m'aiment je me suis dit que là c'est pas possible
44:25qu'il faut que j'arrête ça et donc au bout de deux ou trois semaines d'hospitalisation dans
44:31l'hôpital je ressors donc je retrouve mes amis je leur explique un peu ce qui s'est passé tu parlais
44:38des réseaux sociaux moi j'ai vraiment mon avis aussi là dessus je trouve que ton algorithme parfois il te
44:46propose des vidéos qui sont terribles enfin moi par exemple que je dis je disais que j'avais peur
44:51d'avoir une maladie grave bah moi mon algorithme vraiment il n'y avait que des personnes qui
44:56allaient mourir dans mon algorithme dans les vidéos proposées est-ce que c'est aussi des vidéos qui ont
45:02accentué ton ton mal je regardais je l'avais que les vidéos parce que je me sentais bien je sais pas si
45:09pour toi c'est pareil mais j'avais une sorte de réconfort dans ce genre de vidéos je me dis ben ah bah ouais au final
45:15je suis pas seul enfin je suis compris j'ai envoyé des commentaires j'ai reçu beaucoup de messages en
45:20me disant oui tu pourrais tu peux nous en parler et tout donc je me sentais bien mais en même temps
45:25tomber sur ce genre de contenu et ça te mettais ça te mettait dans la barre j'étais tout le temps triste
45:30quoi et j'aimerais bien savoir un peu vous par où vous êtes passé et et commencer le process en fait
45:41pour sortir de tout ça j'ai toujours été passionnée par l'équitation la relation que j'ai avec les
45:49animaux ça me permet de canaliser et à peu près tout de stopper mon cerveau je pouvais laisser tous
45:54mes problèmes en dehors et c'est ce qui vraiment ce qui me permettait de tenir parce que de temps en
45:58temps tu tu as justement une phrase ou quelque chose qui te parce que tu as peut-être des coups de
46:04mou de temps en temps qui te remettent la tête hors de l'eau après l'hôpital je me suis rendu compte
46:09que la vie elle mérite d'être vécu peu importe l'âge qu'on a on n'est pas on n'est pas trop vieux
46:15pour mourir ni trop jeune pour mourir de la fatalité ça arrive mais pour moi c'était pas
46:21maintenant et quand j'ai ce coup de mood quand je suis pas bien je pense aux personnes que j'aime
46:26et je me dis que je fais ça pour eux même si je fais ça pour moi et ce qui m'a permis surtout de
46:33m'en sortir et de retrouver goût à la vie c'est c'est vraiment faire les choses que j'aime ou beaucoup
46:40de dessins sortir avec mes amis voilà profiter de la vie quoi tout ce que tout ce que j'ai envie de
46:49faire faire du shopping faire faire si manger reprendre goût vraiment à la vie quoi si vous
46:56traversez ça c'est hyper ok d'un moment se sentir anxieux et anxieuse et se sentir complètement dépassé
47:05faut être acteur de sa vie est acteur avec les épreuves qu'on vit et ici tous on a vécu des
47:12épreuves qui sont différentes qui sont pas plus ou moins qui sont différentes et chacun est là
47:19aujourd'hui est acteur puisqu'on a la volonté de le partager je suis en train d'entamer un processus qui va
47:25être long qui dans lequel je ne vois pas le bout mais j'ai fait comme je disais au début tout ce que
47:32j'avais pas envie de faire c'est à dire manger bien me mettre au sport parler avec une psychologue
47:39j'achetais un cahier tac j'écrivais ma colère ma tristesse je cherchais à comprendre dès que j'ai
47:46une crise d'angoisse notez qu'elle a été l'élément déclencheur quelles ont été les suites de cet élément
47:52déclencheur pour en fait petit à petit déconstruire tout ce qui tout ce qui a pu se passer je sais pas
47:58si un jour ça ira mieux je l'espère mais je sais que j'aurais pas rien fait et je pense que déjà ça
48:05pour déculpabiliser ça peut être ça peut être une bonne piste ça c'est important pour moi de dire je
48:12trouve que on voit d'un mauvais oeil en tout cas beaucoup de personnes qui n'en ont jamais pris voit
48:17d'un mauvais oeil les traitements les médicaments les antidépresseurs et il ya beaucoup de préjugés
48:23là dessus alors qu'en fait bah oui c'est un traitement qui peut être lourd mais au final
48:29quand il est bien utilisé ça peut vraiment aider ce que tu as vécu c'est grave tu as voulu mettre fin à
48:36ta vie c'est terrible mais la réalité c'est que tu es là et tu es en train de le dire et ça c'est beau
48:40moi je vois ce côté là ça c'est beau tu es fort tu montes à paris pour raconter ça ça c'est une
48:46force exceptionnelle et ça va te servir dans ta vie et j'espère que c'est ce qu'on est en train de
48:51faire ça va donner beaucoup de force à tout le monde ma grande soeur qui est venue me voir et qui
48:56m'a dit appelle une ligne d'écoute et c'était pas des professionnels qui derrière cette ligne d'écoute
49:00c'était des étudiants des étudiants comme comme moi et c'est comme ça que j'ai commencé à appeler et en
49:07fait j'ai commencé à déballer mon histoire parmi les solutions il ya des numéros nationaux après
49:13des fois quand on sent pas bien c'est bien d'en parler à quelqu'un déjà après il faut avoir cette
49:19force de caractère pour savoir en parler aux bonnes personnes même si c'est votre ami
49:25quelqu'un de votre confession prêtre rabbin iman peu importe chacun va chercher l'oreille attentive ou elle
49:35peut en tout cas il n'y a pas de il n'y a pas de meilleure personne à qui en parler le fait
49:39d'en parler à certaines personnes qui vont te réconforter peut-être avec un resto passer une
49:44soirée ensemble un voyage ensemble ça va te débloquer puis ça va te libérer de ce point là
49:49j'ai eu la chance d'être entouré de copains c'était avec l'équipe de france et quand l'équipe
49:54a titré le mal aimé le lendemain et batta les mecs qui sont mis à chanter la chanson de clo clo
50:01mal aimé je suis le mal aimé et donc en fait on en a rigolé je pense que ça c'est important ne
50:08jamais trop garder en soi il faut être à l'écoute il faut être à l'écoute il faut pas avoir peur de
50:14de se livrer encore une fois des personnes compétentes parlez-en à un adulte que ce soit
50:21à l'école chez vous quelqu'un dans votre vie dans votre association et on va tous bien
50:27aller un jour on va tous réussir voilà c'est ça ma conclusion du coup génération 2018 vous avez
50:36créé une assoc en fait c'est un fonds de dotation on lève des fonds et après on donne pour une cause
50:40on choisit chaque année une thématique c'est pas tous les jours qu'on parle de santé mentale avec
50:45un champion du monde salut on est l'association et enfance 30 18 en lutte contre le harcèlement et
50:57les violences numériques chez les jeunes appelle nous quand tu veux au 30 18 on est dispo et le
51:01toi c'est nasserine de nightline une association qui a pour but d'améliorer la santé mentale des
51:05jeunes et des étudiants à travers différents dispositifs c'est en vue d'en savoir plus sur
51:09la santé mentale n'hésite pas à aller voir notre site internet nightline.fr ou à nous suivre sur nos
51:13résistus tu cherches de l'information fiable et accessible sur la santé mentale rendez vous
51:18sur psycom.org pour découvrir nos ressources pour t'informer et prendre soin de ta santé mentale
51:431
52:35...
Écris le tout premier commentaire
Ajoute ton commentaire

Recommandations