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00:00Soyez les bienvenus dans votre magazine.
00:06Alors que la confusion régnait depuis plusieurs jours en France,
00:09Emmanuel Macron a repris la main et a annoncé jeudi le retour du service militaire sur la base du volontariat.
00:16Ce dispositif concernera d'abord quelques 3000 jeunes recrutés à l'été 2026,
00:20avec une ambition de 50 000 hommes et femmes en 2035.
00:24Bonjour à vous, Aude Leroy.
00:26Merci de nous accompagner cette semaine pour ce magazine.
00:28Vous êtes grand reporter spécialiste des questions de défense et des armées.
00:32Avant de lancer notre échange, Aude, je voudrais qu'on écoute ensemble un extrait de la prise de parole du président de la République,
00:37Emmanuel Macron, lorsqu'il s'exprimait depuis Vars et il faisait cette annonce.
00:42Ce monde incertain où la force prime sur le droit et la guerre se conjugue au présent,
00:50notre nation n'a le droit ni à la peur, ni à la panique, ni à l'impréparation.
01:04Ni à la peur, ni à la panique, ni à l'impréparation.
01:06Aude Leroy, on doit être préparé à quoi ?
01:09Eh bien écoutez, si j'en crois le chef d'état-major des armées,
01:13on doit être préparé à un choc qui doit arriver dans 3-4 ans.
01:17Donc intuitivement, je me dis qu'en fonction de la façon dont ça tourne avec l'Ukraine,
01:24on pourrait se retrouver à un choc face à un grand pays de l'Est.
01:27Et le président de la République a en tout cas apporté des clarifications,
01:30je le disais, après ce qu'avait dit le chef d'état-major,
01:33quand il avait dit que la France devait se préparer à perdre des enfants.
01:35Alors Emmanuel Macron a apporté de la clarté en disant qu'il n'était pas question
01:40d'envoyer des Français au front en Ukraine,
01:42mais qu'il fallait tout de même relancer ce service national-militaire
01:47sur l'ensemble du territoire.
01:49Pas de mission à l'étranger.
01:50Est-ce qu'on sait dans la manière la plus concrète possible,
01:54même si le chef de l'État en a donné quelques éléments,
01:56à quoi va ressembler ce service national-militaire ?
01:59On sait que c'est 10 mois de formation, et avec quel objectif, vraiment ?
02:02L'idée, c'est déjà en sélectionnant,
02:05parce que tous les candidats ne seront pas forcément pris,
02:08c'est aussi en fonction des besoins des armées, des unités.
02:12Donc c'est pour venir renforcer dans des unités,
02:16ça peut être aussi renforcer Sentinelle, vous savez, les patrouilles,
02:20ça peut être dans une unité, je ne sais pas, peut-être un mécanicien,
02:26un informaticien, etc.
02:28En fait, le but, c'est aussi de, pendant, donc il y a 10 mois,
02:32un mois de formation militaire vraiment basique,
02:36et puis après, l'apprentissage d'un métier,
02:39ou peut-être que c'est dans le prolongement des études qu'aura fait le jeune,
02:42pouvoir s'investir vraiment au sein des armées.
02:47Il y a une question de la temporalité aussi, évidemment, qui se pose.
02:51Alors, vous parliez tout à l'heure de cette menace qui vient de la Russie,
02:54en tout cas, on pense tous à la Russie.
02:56On sait que certains voisins européens n'ont jamais renoncé au service militaire,
02:59on va regarder une carte ensemble,
03:01au moins 6 pays de l'Union européenne ont maintenu,
03:04et puis 4 l'ont rétabli ces dernières années.
03:06Est-ce qu'Emmanuel Macron se sentait aussi obligé de suivre cette tendance-là,
03:10avec le rétablissement des 4 pays qui l'ont fait dernièrement,
03:13et 6 qui ne l'ont jamais ?
03:14Oui, alors ceux qui l'ont conservé, le service national,
03:18c'est ceux qui sont très proches, en fait, géographiquement de la Russie.
03:24Le géant russe leur a toujours fait peur.
03:27Et puis la temporalité, mais c'est qu'il y a un moment, en fait,
03:31ça fait 4 ans qu'il y a eu l'invasion de l'Ukraine,
03:34et je pense que les Européens commencent à se rendre compte
03:38que discuter, ça ne sert à rien avec l'État russe,
03:42et qu'il faut montrer la force et surtout acquérir de la masse.
03:46C'est ce que disait le patron de l'armée de terre,
03:48il faut de la masse pour que le jour où la France a besoin
03:52de mobiliser des soldats,
03:54eh bien, il y en ait en réserve où ces jeunes, justement...
03:58Parlons chiffres, parce qu'aujourd'hui, on compte
04:00quelques 200 000 soldats, ce qu'on appelle militaires d'actifs,
04:05quelques 45 000 réservistes, je crois,
04:07plus donc cet objectif de 50 000 hommes d'ici 2035.
04:13Pour le service national, mais après, effectivement,
04:16ils seront basculés dans la réserve pendant 5 ans.
04:19Et à côté de ça, les réserves, qui sont effectivement autour de 47 000,
04:23doivent grossir jusqu'en 2032 pour atteindre 105 000.
04:28Et ça ferait donc, ce qu'avait dit le ministre des Armées il y a deux ans,
04:34ça ferait un réserviste pour deux soldats d'actifs.
04:36Et est-ce qu'on sait comment est-ce qu'elles ont été reçues,
04:39ces annonces, par les principaux concernés ?
04:41Puis ensuite, on verra ce qu'on dit la classe politique.
04:42C'est-à-dire par les jeunes ?
04:44Parce que là, ce qui est ciblé, ce sont les jeunes hommes et femmes
04:47de 18 à 19 ans.
04:50Est-ce qu'on a pu quantifier ?
04:51Est-ce que ça a pu être sondé ?
04:52Est-ce que ça a pu être jaugé ?
04:53Déjà, il y a 800 000 jeunes par tranche, par classe d'âge.
04:58Et on va avoir un creux démographique dans quelques années.
05:01Donc je pense que les armées, là, anticipent déjà ce creux démographique.
05:06Par exemple, l'armée de terre, elle recrute chaque année 16 000 jeunes.
05:10Si le vivier se rétrécit, forcément, ce sera plus compliqué.
05:14Donc avec ce système de service national volontaire,
05:18ça permet, en fait, de commencer à amortir, peut-être, ce déclin démographique.
05:24Il est volontaire pour l'heure.
05:26Vous pensez que ça peut évoluer vers une obligation dans quelques temps ?
05:30Même si, pour l'instant, ce n'est pas dit.
05:33On ne pourra jamais refaire le service militaire tel qu'il a été suspendu par Jacques Chirac en 1996.
05:39Parce qu'on n'a plus les infrastructures.
05:41Et si on manque de candidats, puisque c'est la base du volontariat,
05:43mais si on se rend compte qu'il n'y a pas assez de jeunes hommes et de jeunes femmes qui souhaitent s'engager ?
05:47Il y a quand même des gens qui s'engagent dans les réserves.
05:51Il y a des accords qui sont passés avec les entreprises pour que des salariés puissent se dégager du temps
05:55pour aller faire des périodes de réserve.
05:58Bon, je ne peux préjuger de rien.
06:00Je ne suis pas Madame Irma, mais il y aura de toute façon des candidats pour ce service.
06:06Est-ce qu'on a les moyens de le financer ?
06:08Au moment où il y a des crispations autour des budgets,
06:11et on sait que la première année, c'est 2 milliards d'euros.
06:13Oui, mais la première chose, c'est qu'il faut que le budget soit voté.
06:17Parce que cette année, dans le cadre de la loi de programmation militaire,
06:20il y avait une marche de 3 milliards d'euros.
06:23Emmanuel Macron a parlé cet été d'une surmarche de 3,5 milliards.
06:27Donc ça fait 6,7 milliards à peu près.
06:30Donc déjà, vous n'avez plus à payer le SNU, le service national universel,
06:34qui vient d'être enterré.
06:36Donc il y a de l'argent là, et il faut que le budget soit voté.
06:41Et du coup, effectivement, ce service national pourrait manger la part
06:47que certains officiers pensaient consacrer à du réarmement,
06:52des munitions, ou à lancer des programmes.
06:54Peut-être, oui, mais ça, je ne suis pas dans les arcaines.
06:58Et on verra aussi si la classe politique, évidemment, suit dans son ensemble.
07:02Aude Leroy, vous couvrez ces questions de sécurité, de défense et d'armée
07:07depuis plus de 20 ans maintenant.
07:09Ce que vous voyez aujourd'hui avec la menace russe,
07:11quel est vraiment l'état réel de cette menace ?
07:14Il y a aussi un débat en France qui explique qu'on est peut-être en train de la surévaluer
07:18ou d'avoir ce discours plus alarmiste qu'alarmant.
07:22C'est quoi, vous, votre sentiment ?
07:23Je pense qu'au bout de 4 ans, en fait, de guerre en Ukraine,
07:28en voyant l'attitude de l'état russe, on ne peut pas se dire qu'il n'y a pas de menace.
07:35Et il ne faut pas oublier quand même que l'Ukraine, elle se bat pour elle,
07:39mais c'est quand même un tampon pour l'instant par rapport à l'Europe.
07:43Et que si ce pays tombe, rien ne dit que Vladimir Poutine ne sera pas tenté d'aller envahir d'autres pays.
07:50C'est peut-être pour ça que certains États baltes avaient conservé, ont conservé leur service militaire obligatoire.
07:56Donc, déjà, la menace, elle est là, elle est hybride.
08:00C'est-à-dire qu'elle est juste sous le seuil de ce qui pourrait déclencher un conflit.
08:03Vous avez les problèmes cyber, vous avez les problèmes de désinformation.
08:07On en a encore vu, là, avec le 13 novembre, avec des faux comptes qui alimentaient des fausses rumeurs, etc.
08:13Donc, en fait, elle est déjà là, cette espèce de guerre.
08:16Elle est larvée, mais on y est, quoi.
08:20Est-ce que ce n'est pas, quelque part, aussi un constat d'échec pour les Européens d'être contraints, aujourd'hui, de prendre ce type de mesures ?
08:26Donc, la France qui annonce ce service national volontaire.
08:29Quatre pays européens qui l'ont dernièrement aussi annoncé.
08:32Est-ce que, quelque part, ce n'est pas aussi un aveu d'échec ?
08:34En pensant qu'on pouvait miser sur la diplomatie, il y a quatre ans, au commencement de cette guerre ?
08:38Mais c'est le fruit, en fait, des dividendes de la paix.
08:43Et pendant tout ce temps béni, entre guillemets, où il n'y avait pas de conflit particulier,
08:48les gens, les États ont oublié, en fait, que la guerre pouvait ressurgir.
08:52Elle a toujours existé, la guerre.
08:54Donc, voilà, ça a été une faute, oui, mais en même temps, ça ne s'y prêtait pas non plus.
08:59Là, il faut agir.
09:01Il faut agir.
09:01Merci beaucoup, Aude Leroy, grand reporter spécialiste des questions de défense et de sécurité.
09:06Merci d'avoir pris quelque temps sur le plateau de France 24.
09:08On poursuit ce magazine avec cette nouvelle qui va franchement pas ravir les touristes.
09:13Et surtout, les touristes originaires de pays non européens.
09:16Ils vont devoir faire un effort financier s'ils souhaitent visiter le château de Versailles,
09:20celui de Chambord, la Sainte-Chapelle, l'Opéra de Paris ou encore le musée du Louvre,
09:24pour aller admirer la Joconde, par exemple.
09:25Il faudra désormais débourser 32 euros, c'est 10 euros de plus que le tarif jusqu'alors appliqué.
09:34Si vous renoncez à visiter Paris et que vous êtes plutôt dans la région ouest du pays,
09:38du côté de Strasbourg, par exemple, en Alsace,
09:41vous aurez la chance de profiter du célèbre marché de Noël.
09:44La magie, vous allez le voir, c'est déjà emparé de la ville.
09:47Marthe Dolphin et Antoine Husser se sont rendus sur place.
09:49Reportage.
09:55Le grand sapin illuminé, la magie de Noël s'empare des rues de Strasbourg
10:01et émerveille les premiers visiteurs.
10:05Je n'ai jamais vu ça avant.
10:08Vous voyez ?
10:10Je me sens chanceuse.
10:12C'est l'un des plus beaux et des plus grands marchés de Noël en Europe.
10:18Dans les allées, les traditionnels chalets se succèdent
10:22et les exposants s'activent pour accueillir les premiers clients.
10:26Il y a encore des détails à régler, mais bientôt on sera au point.
10:31Durant un mois, les brés de l'eau, célèbres biscuits de Noël, vont se vendre ici.
10:36Des bénéfices supplémentaires à ne surtout pas manquer pour l'entreprise.
10:40Ah non, il ne faut pas le rater, il ne faut pas le rater.
10:42C'est très important parce que ça rapporte beaucoup d'argent quand même.
10:46À quelques pas de la cathédrale, ce restaurant de 35 couverts
10:50se prépare à afficher complet pendant le marché.
10:53Il va falloir courir un peu, mais c'est un mois d'art annuel.
10:55Un marathon annuel pendant lequel il faut tenir le rythme.
10:59Pour assurer le service, un renfort en sale et un extra viennent prêter main forte.
11:04Entre le mois de novembre et le mois de décembre,
11:07on va avoir une différence entre 15 000 et 20 000 euros.
11:09Donc pour une petite entrée comme nous, en fait, c'est vraiment important.
11:12Dans cet hôtel en face de la gare,
11:14les touristes venus de l'autre bout du monde défilent depuis hier.
11:18Turcs, Américains ou Allemands récupèrent leurs clés.
11:22Depuis octobre ici, les chambres disponibles se font rares.
11:25Là du coup, c'est la semaine prochaine
11:27et on est complets presque tous les jours de la semaine.
11:30Et ça continue du coup jusqu'à la semaine d'après.
11:33On est complets presque tous les jours en fait jusqu'à la fin du marché de Noël.
11:35Une fois la nuit tombée, la capitale de Noël s'illumine.
11:40A chaque coin de rue, deux fenêtres, d'autres décorations.
11:43Et partout, des visiteurs la tête en l'air.
11:47Sur le vin chaud, il est bon, il est blanc, il est chaud.
11:50Malgré la pluie, les touristes ont savouré leur premier vin chaud de l'hiver.
11:55C'est déjà une belle journée pour une ouverture pluvieuse.
11:58On a déjà eu beaucoup de monde
11:59et puis il y a beaucoup de gens qui ont apprécié notre vin blanc chaud.
12:03Une ouverture réussie pour les professionnels.
12:06De quoi espérer une nouvelle fréquentation record cette année.
12:10Et ainsi s'achève ce magazine.
12:12Merci à vous de l'avoir suivi.
12:13Merci à vous.
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