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00:00Générique
00:00Bienvenue dans la semaine de l'économie sur France 24.
00:08Une citation pour commencer.
00:09Globalement, la situation ne s'est pas vraiment améliorée.
00:12Propos signé Dominique de Villepin, celui qui était Premier ministre en 2005.
00:16Cette année-là, les banlieues françaises se sont embrasées après la mort de Zied et Bounah,
00:21deux adolescents qui cherchaient à échapper à un contrôle de police.
00:24Aujourd'hui, 20 ans plus tard, on parle des banlieues comme des quartiers prioritaires
00:28de la politique de la ville, les fameux QPV, où le chômage peut culminer à 20% de la population
00:34et où le taux de pauvreté est parfois de 40, voire 60%.
00:38Pourtant, certains voient dans ces territoires une réserve de croissance des opportunités économiques.
00:44C'est ce sujet qui était au cœur du deuxième forum économique des banlieues cette semaine
00:49et parmi les participants, certains des invités de la semaine de l'économie.
00:54Bonjour Luna Xibi.
00:56Bonjour.
00:56Vous êtes la cofondatrice de Meet My Mama, traiteur engagé.
01:01Et vous allez nous expliquer dans un instant ce que c'est qu'un traiteur engagé.
01:04Salwa Maslaga, bonjour.
01:06Bonjour.
01:06Vous êtes la présidente du directoire du groupe Emova.
01:09Alors Emova, peut-être que le nom ne dit rien à personne.
01:11En revanche, peut-être qu'on vous connaît mieux la marque Monceau Fleur que vous dirigez.
01:16C'est le numéro un des fleuristes en France.
01:18Bonjour Marie-Adeline Pex.
01:20Bonjour.
01:20Directrice exécutive en charge des partenariats régionaux, de la création et de l'action
01:25territoriale de BPI France.
01:27BPI qui accompagne pas mal de projets économiques et d'entrepreneurs.
01:31Et bonjour à Christian Lema.
01:33Bonjour.
01:34Vous êtes le directeur RSE de Noud.
01:36C'est un opérateur, un promoteur immobilier.
01:39Là encore, je vous demanderai d'expliciter un petit peu ce que vous faites exactement.
01:43Alors ce fameux forum économique des banlieues, il est présenté comme le Davos des banlieues.
01:50Marie-Adeline Pex, en quoi est-ce que l'économie des banlieues est particulière, spécifique,
01:56originale par rapport au reste de l'économie ?
01:58Je ne sais pas si je peux vraiment répondre à cette question.
02:01Nous, on dit chez BPI, et je pense qu'on partage pas mal cette vision autour de cette table,
02:07que les entrepreneurs dans les quartiers ou dans les banlieues, ce sont des entrepreneurs comme les autres.
02:15Ils ont une diversité de secteurs d'intervention, d'ambition, de projets.
02:24Et il faut qu'ils puissent être accompagnés et bénéficier des mêmes soutiens que ce qui existe partout sur le territoire.
02:32Il y a sans doute, et c'est certain, des spécificités territoriales dans les quartiers.
02:38Mais là encore, d'un quartier à l'autre, il n'y a pas d'homogénéité.
02:42Il y a plus de 1300 quartiers politiques de la ville en France.
02:45Selon que vous êtes à Grigny ou que vous êtes à Ménimur, à Vannes, vous habitez dans deux quartiers.
02:52Vous n'avez pas la même vie, vous n'avez pas le même écosystème, vous n'avez pas les mêmes réalités territoriales.
02:57Donc il y a quand même un grand tout derrière le thème de quartier ou de banlieue qui comporte des spécificités et des différences assez fortes.
03:08Pour autant, il y a un certain nombre de sujets sur lesquels on va revenir, de réalités, de freins, de difficultés qu'on retrouve dans ces endroits
03:16et sur lesquels nous, on s'engage très fortement pour pouvoir remédier à ce qui contraindrait des gens à une association, à une assignation territoriale ou économique.
03:25Alors, Loubnaxibi, vous venez de banlieue, vous opérez en banlieue.
03:29Est-ce que les difficultés dont parle Marie-Adeline Peix, vous les ressentez dans votre quotidien entrepreneurial ?
03:37Alors, je ne viens pas forcément de banlieue, mais en effet, j'opère en banlieue et je permets à des femmes qui majoritairement habitent en banlieue
03:43de pouvoir devenir des femmes chefs, entrepreneurs, indépendantes, de pouvoir changer leur carrière, leur vie finalement.
03:51Et quand on a commencé Meet My Mama, on a d'abord pris le temps de comprendre quels étaient leurs freins.
03:59Pourquoi ces femmes ne parvenaient pas à se lancer dans l'entreprenariat ?
04:05Pourquoi elles ne...
04:07Quels étaient leurs freins au-delà des freins professionnels, les freins périphériques, les freins sociaux ?
04:14Et on s'est rendu compte que si on ne levait pas ces freins, elles n'allaient pas réussir.
04:19Et donc pour ça, on a vraiment créé tout un écosystème avec une association qui va vraiment faire de l'accompagnement social sur toutes les problématiques.
04:27Ça peut être problématique de logement, de mobilité, de garde d'enfants.
04:31Et au début, on s'est beaucoup posé la question.
04:34On s'est dit, est-ce que c'est notre rôle finalement de faire ça ?
04:36Mais en fait, si on ne fait pas ça, on ne permet pas à tous d'avoir les mêmes chances.
04:39Et donc on s'est dit, on va lever ces freins-là.
04:43On va également lever les freins à la formation.
04:46Et donc on a créé une école qui s'appelle la Mama Academy, qui a une formation très ambitieuse.
04:51On ne voulait pas les former à être commis.
04:52On voulait les former à être chef pour vraiment changer même de classe sociale, leur permettre d'avoir du pouvoir ensuite, leur permettre ensuite à elles d'embaucher.
05:03Et aujourd'hui, on est hyper fiers puisque nos mamas, elles sont traiteurs, mais elles sont aussi chefs d'entreprise.
05:09Donc elles créent de l'emploi et notamment dans leur quartier.
05:12Et c'est ça qui est génial.
05:13Et ça, c'est permis aussi par du coup notre activité économique, qui est un traiteur, qui propose des cocktails, banquets, dîners.
05:19Et non seulement tout est cuisiné avec beaucoup d'amour et avec beaucoup de professionnalisme par ces femmes,
05:26mais ça permet aussi très concrètement aux mamas de pouvoir avoir une bonne rémunération, une rémunération juste.
05:33Pour nous, c'est important.
05:34Et ça permet aussi aux entreprises de pouvoir faire une action sociale et avoir de l'impact de manière très concrète finalement.
05:41Ça, ça doit parler au directeur RS, l'impact social des entreprises.
05:46Tout à fait, ça me parle.
05:47Tout d'abord, c'est important de vous rappeler ce qu'est Noud ou quelle entreprise est Noud.
05:52C'est une très belle entreprise qui gagnerait à être bien plus connue qu'elle ne l'est.
05:56Et donc, nous sommes opérateurs urbains, global.
05:59Et donc, nous transformons les quartiers.
06:02Nous gérons, opérons également les quartiers et différents objets immobiliers, tels que les centres commerciaux.
06:08Et donc, Noud, c'est 1300 collaborateurs, est parti dans 12 pays.
06:12On gère à peu près 15 milliards d'euros de valeur d'actifs et on est implanté en Europe, en Afrique.
06:18Et donc, une très belle entreprise avec de belles ambitions et avec la volonté de créer ou de transformer plutôt les lieux qui nous sont confiés en lieux en mieux.
06:27En mieux.
06:27Mais la vision RSE, c'est une notion qui est assez récente.
06:33Vous arrivez à aligner cette vision RSE avec la problématique des quartiers ?
06:38Chez Noud, elle est au cœur de nos préoccupations.
06:41Lorsque nous avons créé l'entreprise, nous avons placé trois choses au cœur de l'entreprise.
06:47People, planet, profit.
06:48C'est-à-dire mettre l'humain au cœur de tout ce que l'on fait, la planète, mais également le développement économique.
06:55Parce que les trois vont de pair et il n'y en a pas un plus important que l'autre.
06:58Et j'ai la chance de porter ces sujets au sein du comité exécutif international.
07:02Et donc, positionner ces sujets au niveau du COMEX a été un élément important pour que finalement, ces sujets à la fois de justice sociale, de justice environnementale, soient représentés au plus haut niveau de l'entreprise.
07:15Et ce sont des sujets que l'on porte au quotidien, notamment par rapport aux banlieues, en menant des études, en faisant déjà des analyses.
07:22Et donc, on a identifié que 90% des sites que nous gérons en France sont à moins de 6 kilomètres d'un QPV.
07:31Et 30% d'entre eux sont au cœur des QPV.
07:34Ce qui nous a permis de nous rendre compte que nous sommes un acteur économique important de ces banlieues et que nous avons un rôle à jouer.
07:43Salwa Maslaga, vous n'avez pas tout à fait la même problématique, puisque Montsau-Fleur n'est pas directement dans les banlieues.
07:51Mais vous étiez à ce forum. Pourquoi est-ce que vous étiez allé à ce forum économique des banlieues ?
07:57Alors, on y est aussi dans les QPV. C'est-à-dire qu'on a 50 magasins dans les quartiers prioritaires de la ville.
08:05Et 70% de nos magasins sont à moins de 2 kilomètres des quartiers prioritaires de la ville.
08:10Alors, pourquoi on était dans ce forum ?
08:12C'est initialement, en fait, on a pris contact l'année dernière avec Quartier d'Affaires en se disant, nous, on veut aller à la rencontre des candidats.
08:19Et là, traditionnellement, on va dans les forums de franchise.
08:22Et j'ai demandé à mon équipe d'être un peu plus créatif et de se dire, plutôt que d'attendre que les candidats viennent à nous,
08:27on va décloisonner, en fait, l'approche et on va aller voir les associations comme Quartier d'Affaires qui vont à la rencontre de ces candidats,
08:36de ces potentiels candidats, pour leur expliquer les opportunités qu'on peut avoir avec Emova Group,
08:41et notamment, principalement, avec Monceau Fleur.
08:44C'est une opportunité parce qu'aujourd'hui, on a 300 points de vente, en fait, on a 300 emplacements disponibles en France.
08:50Et dans ces 300 emplacements disponibles, on va prendre le même ratio.
08:54Il y en a 70% qui sont proches de QPV.
08:57Il n'y a pas de raison que ça change.
08:58Et les magasins, aujourd'hui, chez nous, qui sont les plus dynamiques,
09:01ce sont les magasins qui sont, on va dire, les plus holistiques
09:05et qui ont une approche avec l'ensemble des CSP, l'ensemble des cultures, l'ensemble des cultes.
09:11Et c'est là qu'on voit les meilleures croissances de chiffre d'affaires
09:13qui sont aujourd'hui portées par des entrepreneurs issus de QPV ou non.
09:20Parce qu'on a aussi des entrepreneurs qui ne sont pas issus de QPV
09:23et qui savent très bien, en fait, valoriser l'environnement,
09:30comprendre le client, adresser localement le besoin.
09:34Et ça, c'est la force de notre groupe.
09:36Donc, parfaitement, Loubna, c'est que nous, l'idée, c'est vraiment d'accompagner, en fait,
09:41nos entrepreneurs, nos franchisés, et surtout apporter une réponse à nos clients
09:45qui sont aussi issus des QPV et derrière, à qui on apporte de l'emploi,
09:51de l'emploi, des stages, des apprentissages.
09:54C'est toute la chaîne de valeurs qui est importante dans ce qu'on aborde là, ce soir.
10:01En préparant cette émission, j'ai trouvé un chiffre dans un sondage qui est assez récent,
10:06fait par IFOP pour la Fédération bancaire française.
10:11Près de 6 Français sur 10 seraient prêts à acheter du made-in banlieue.
10:17On va mettre des gros guillemets.
10:19Mais est-ce que ça raconte quelque chose sur la vision qu'on peut avoir de l'entrepreneuriat
10:25venu des quartiers ?
10:29Je vais vous redire ce que je viens d'exprimer.
10:33C'est-à-dire que moi, je ne crois pas qu'il y a un entrepreneuriat de ceci ou un entrepreneuriat de cela.
10:40On vient tous de quelque part.
10:46On n'est pas réduit à de là où on vient.
10:49On n'est pas réduit au genre auquel on appartient.
10:52On n'est pas réduit à la catégorie sociale.
10:55Tous ces éléments-là viennent structurer un individu.
11:02Mais sinon, il n'y a plus de liberté, il n'y a plus rien.
11:04Une fois que j'ai dit ça, je pense et on le sent, et on le sent aussi dans le made-in-France,
11:12on le sent, l'appropriation territoriale, l'importance de la proximité.
11:16On parlait de RSE.
11:18Il y a des tas de raisons qui poussent à ça.
11:20La souveraineté, la nécessité de limiter l'impact écologique des achats qu'on fait.
11:26Cette prise en compte est un élément essentiel.
11:30Et il n'y a aucune raison, effectivement, que l'aspect made-in-banlieue,
11:34notamment pour des gens qui ont la préoccupation du développement économique de ces territoires,
11:39ne soit pas un élément valorisable qui présente, au-delà de sa valeur économique,
11:45une réelle valeur d'engagement.
11:49Mais ce que je trouve intéressant dans tout ce qui vient d'être dit,
11:52c'est que les entrepreneurs des banlieues, ils ont besoin que l'on valorise ce qu'ils font,
11:58exactement ce que fait Loubna avec ses mamas.
12:01Mais Loubna avec ses mamas, je me permets, Loubna, je ne pense pas qu'elle valorise
12:05tant le fait qu'elle vienne des banlieues que le fait que ce sont des chefs
12:09qui produisent de façon extrêmement talentueuse des ingrédients de qualité.
12:15Et Loubna, comme ce que vous faites sur la franchise,
12:19elle répond à un enjeu auquel on cherche tous à répondre,
12:22qui est de rompre la solitude de l'entrepreneur,
12:26qui est encore plus forte.
12:28Vous me disiez, c'est quoi la spécificité de l'entrepreneur des banlieues ?
12:30Je pense que l'entrepreneur dans les quartiers,
12:33il a, une fois encore, un certain nombre de réalités socio-économiques et culturelles
12:38qui font qu'il est, en tant qu'entrepreneur, encore plus seul.
12:42Et il faut l'accompagner.
12:43Il faut l'accompagner avec des dispositifs comme ceux que vous portez
12:47ou en le mettant en lien avec des solutions,
12:51parce que c'est ça qui va lui permettre de se développer.
12:53Alors justement, quels sont les freins que vous avez rencontrés
12:55quand vous avez monté Meet My Mama ?
13:00Qu'est-ce que vous avez concrètement vu comme obstacle à la constitution de votre dispositif ?
13:07Les freins, il y en a plusieurs.
13:10C'est le propre de l'entrepreneur de relever ses freins,
13:13mais je pense qu'ils sont tout entrepreneur à des freins
13:17et ça fait partie du métier.
13:23Je pense qu'on a aussi été beaucoup poussés
13:26par des personnes qui, justement, étaient très engagées,
13:29qui avaient très envie de voir réussir les mamas.
13:32Et donc, je me suis plutôt concentrée sur ça.
13:37Et en effet, tu disais...
13:39Moi, je trouve ça un peu, juste pour revenir sur la question,
13:41un peu bizarre de se dire, j'achète pas de banlieue.
13:44Enfin, pourquoi ?
13:45Je trouve ça un peu bizarre.
13:47Je pense que ce qui est le plus important,
13:49c'est de créer quelque chose qui a de la valeur.
13:51Si ça a de la valeur, si c'est bien fait,
13:53les gens achètent.
13:55Et ton business, il fonctionne.
13:56Et donc, nous, on s'est plutôt concentré sur avoir une entreprise
14:01avec des bons produits, faire les choses correctement.
14:04Et forcément, les freins se lèvent.
14:07Et forcément, on réussit.
14:09Quand on a commencé Meet My Mama, très rapidement,
14:12on a fait un super chiffre d'affaires.
14:14Et les investisseurs sont venus d'eux-mêmes.
14:17Pas parce qu'on était de banlieue ou pas de banlieue,
14:19mais juste parce que, tout simplement...
14:20Votre modèle marchait.
14:22Intéressant, voilà.
14:22Donc, je pense qu'il faut aussi remettre ça un peu au centre.
14:27C'est le plus important, finalement, quand on est entrepreneur.
14:30Alors, Aziz Senni, le créateur de ce Davos des banlieues,
14:35dit qu'il y a un vivier à activer juste derrière le périphère.
14:38Vous êtes d'accord avec ça ?
14:39Oui, moi, je pense que le vivier, il est déjà actif.
14:43En fait, et c'est pour ça qu'avec beaucoup d'humilité,
14:48j'ai accompagné, je communique,
14:51parce que généralement, je ne le fais pas.
14:53Autour de moi, j'ai beaucoup de personnes de mon âge
14:58qui, donc, qui a 30 ans,
15:00parce qu'avant les émeutes de 2005,
15:02il y en a eu d'autres, des émeutins.
15:04Donc, sont à mes côtés, ont étudié,
15:08ont de très bonnes situations,
15:11que ce soit des professeurs, des ingénieurs,
15:15des directeurs généraux.
15:16Et je pense qu'on a tendance à minimiser, en fait,
15:21ce qui a été fait sur ces 30 dernières années en France,
15:25sur les banlieues.
15:26Alors, oui, il y a un brassage,
15:28oui, il y a de l'immigration.
15:29Donc, oui, on recommence.
15:30Mais on remet des graines
15:32pour refaire pousser de nouvelles success stories.
15:35Et après, nous, il faut qu'on soit peut-être un peu moins timide.
15:37Donc, on est autour de la table,
15:37un peu là pour s'exprimer, c'est important.
15:40Et montrer qu'il ne faut pas regarder le verre à moitié vide.
15:43Il est à moitié plein et on avance.
15:45Je ne suis pas d'accord avec M. Dominique de Villepin.
15:48Oui, les médias font un focus
15:50sur tout ce qui ne va pas.
15:52Faisons aussi un focus sur tout ce qui va bien.
15:54Et ça, c'est très, très important
15:56parce que ce n'est pas un message d'espoir.
16:00C'est très rationnel, très pragmatique, très concret.
16:04C'est des euros qui tombent.
16:06Et ces forces vives, on en a besoin.
16:09On parle de l'exercice budgétaire
16:11depuis plein de mois en France.
16:14Utilisons ces forces vives
16:15pour préparer les prochaines années en France.
16:18Elles existent en banlieue.
16:19Je vous propose, parce que ça fait deux fois qu'on le cite
16:22et j'aimerais bien qu'on l'entende.
16:24Comme ça, vous pourriez directement commenter ces dires.
16:28On va écouter Dominique de Villepin,
16:30ancien Premier ministre français.
16:31En 2005, le problème des banlieues a éclaté au grand jour
16:36pour beaucoup de nos compatriotes.
16:40La situation n'a pas changé.
16:42Il faut en avoir conscience pour une raison très simple.
16:44C'est que nous continuons à traiter les banlieues en tant que banlieues.
16:50Il faut sortir de cette logique d'exception
16:52pour accepter de rentrer dans le droit commun.
16:55Le droit commun, c'est de mettre autant de services publics dans les banlieues
16:59qu'il y en a sur l'ensemble du territoire.
17:02Ce qui n'est pas le cas.
17:04Et qui plus est, rentrer dans une logique
17:06qui consiste à mettre plus d'efforts
17:10là où il y a plus de problèmes.
17:14Christian Lema, vous êtes d'accord avec ça ?
17:16Parce que je comprends que vous ne soyez pas totalement d'accord
17:18avec Dominique de Villepin,
17:19mais il tempère quand même son propos.
17:23Les choses évoluent, mais on manque de services publics, dit-il.
17:26Je suis parfaitement d'accord pour ma part,
17:29en tout cas sur cette partie de la vidéo.
17:30Je n'ai pas suivi le reste de l'intervention.
17:33Moi, je viens des quartiers, personnellement.
17:37Et donc, je me rends vraiment compte encore du gap qu'il y a
17:41et des écarts qui existent encore,
17:43même s'il y a un grand travail qui a été fait.
17:46Et notamment dans les horizons.
17:48Lorsqu'on est entrepreneur ou lorsqu'on est étudiant dans les quartiers,
17:52on n'a pas les mêmes horizons que les autres.
17:54À titre personnel, quand en 2005, j'étais tout jeune,
17:58je n'avais même pas 10 ans,
17:59si on me demandait ce que j'allais faire dans la vie,
18:01je n'aurais jamais dit que je serais dans le comex
18:03d'une multinationale dans l'immobilier.
18:05Voilà.
18:06Et donc, c'est ce sujet aussi de la perspective du temps long,
18:12de la capacité à se projeter dans l'avenir,
18:14qui pose problème aujourd'hui.
18:16Et en fait, la question, c'est la justice sociale
18:19et aussi la justice territoriale,
18:22pour ne plus que ces zones soient des zones de périphérie,
18:25mais soient des zones comme toutes les autres,
18:27incluses dans le tissu économique,
18:29incluses dans l'ensemble des éléments
18:31que peuvent apporter la nation.
18:33Et nous, dans ce qu'on porte sur le volet immobilier,
18:37on accompagne des entrepreneurs au quotidien.
18:39Dans une galerie marchande,
18:40vous avez des entrepreneurs qui viennent s'installer,
18:43il n'y a pas que des grandes enseignes,
18:44il y a aussi des indépendants,
18:46et donc c'est aussi un levier d'entrepreneuriat.
18:48Et en fait, moi, je rêve que ces entrepreneurs,
18:50parce qu'il y en a certains qui osent passer la porte
18:53pour venir nous rencontrer,
18:54mais certains ne s'imaginent pas
18:56qu'ils peuvent venir travailler avec un grand groupe comme nous.
18:59Et donc nous, le fait de venir parler au Forum économique des banlieues,
19:03c'est de pouvoir casser les murs ou les barrières
19:06et casser un petit peu les croyances limitantes qui peuvent exister,
19:10que moi, j'ai pu avoir dans le passé,
19:13mais que d'autres ont encore,
19:14pour que justement, on puisse accélérer
19:16l'émergence de talents de nos quartiers,
19:18parce qu'il y en a énormément.
19:19Oui, moi, je voulais rebondir.
19:22On s'est posé la même question avec Dominique de Villepin.
19:25Dans nos mamas, dans la communauté,
19:28on a des mamas très différentes.
19:29On a des mamas qui étaient très éloignées de l'emploi
19:31et de l'entrepreneuriat,
19:32avec énormément de freins, de difficultés.
19:35Et on a des femmes qui étaient plutôt en reconversion professionnelle,
19:38qui ont fait de très hautes études
19:39et qui avaient de super jobs.
19:42Certaines étaient diplomates, etc.
19:43Donc, au départ, on avait un programme qui était commun
19:47et toutes bénéficiaient de la même chose.
19:50Est-ce que ça a marché ? Non.
19:51Et c'est là où est toute la différence
19:53entre l'égalité et l'équité.
19:55Là, ce que propose Dominique de Villepin,
19:57c'est de l'égalité.
19:58Moi, je pense qu'il faut de l'équité.
20:00Si certaines personnes ont plus de freins
20:02et ont besoin de plus pour arriver au même niveau,
20:05finalement, c'est ce qu'il faut faire.
20:07Je prends un exemple.
20:08On a des mamas qui s'expriment très bien en français,
20:11des mamas qui ne parlent pas français.
20:12Celles qui ont des difficultés,
20:14on leur a fait des cours de français
20:15et pour arriver au même niveau d'équité.
20:19Pour moi, c'est important,
20:20mais pas forcément que dans les banlieues.
20:22Moi, je viens de territoire.
20:25Il y a d'autres sujets à adresser,
20:27comme la mobilité, etc.
20:28Il faut pouvoir l'adresser.
20:30Donc, je pense que si certains territoires
20:33ont besoin de plus,
20:34il faut donner plus pour garantir l'équité entre tous.
20:37C'est le cas, je vois que vous avez un grand sourire.
20:40En fait, je suis mille fois d'accord.
20:43Parce que le sujet, c'est, oui, il y a les banlieues,
20:46mais il y a aussi le rural.
20:48Moi, ce que je vois dans l'opportunité sur la périphérie,
20:52c'est que ça fait le pont entre le rural
20:54et la grande agglomération.
20:57Et donc, ça fait, demain, on peut créer, en fait,
20:59de la cohésion nationale.
21:00On peut créer de l'emploi qui permettrait
21:03à celui qui est loin dans les territoires
21:06de se rapprocher d'un emploi
21:10et de ne pas vivre aussi sa précarité.
21:12Je ne supporte pas quand on oppose les Frances.
21:15Il y a la France.
21:17Et oui, il y a le sujet des banlieues.
21:19Je ne suis pas du tout une experte en service public.
21:21Est-ce qu'il y en a ou est-ce qu'on n'a pas ?
21:22Donc, je ne me permettrai pas de commenter ça.
21:25Et je ne vis plus dans Mante-la-Jolie.
21:27Je vais souvent à Mante-la-Jolie.
21:28Je n'y vis plus.
21:30Et moi, quand j'y ai vécu, il y a maintenant quoi,
21:32il y a 30 ans, il y avait le service public.
21:37J'avais de quoi.
21:38J'ai pu aller à Paris.
21:39J'ai pu étudier.
21:41On m'a mis à disposition des conseillers d'orientation.
21:45Mes parents avaient un logement social.
21:48Donc, j'avais la sécurité sociale.
21:49Bref, j'ai aussi grandi.
21:51Et je suis ce que je suis aujourd'hui.
21:53Parce qu'autour de moi, il y avait des dispositifs
21:56qui m'ont permis d'acquérir ces compétences.
21:58Et moi, je dis aussi aux jeunes, aux talents de banlieue,
22:00bougez-vous.
22:02Il y a des informations qui existent.
22:04Et osez.
22:05Alors, on est timide.
22:06On a la boule au ventre.
22:07C'est vrai.
22:08On n'a pas grandi en étant de grands orateurs.
22:12Eh bien, on ose.
22:13Et on a toujours une personne qui vient à nous
22:16pour nous écouter, nous tendre la main.
22:18Et autour de la table, on est, je pense,
22:19on fait partie de ceux qui vont tendre la main.
22:22C'est sur les mains.
22:23Oui.
22:23Et ce qui est important, et je relève ce que vous dites,
22:26c'est la dynamique des territoires.
22:29Et en fait, dans les territoires,
22:31la vraie question à se poser,
22:33c'est quelle est l'offre que l'on...
22:35Quelles sont les choses que l'on met en place ou à disposition des habitants ?
22:40Et en fait, quels qu'ils soient, qu'on parle de territoires ruraux,
22:43qu'on parle de banlieues, c'est à quoi toutes ces personnes ont accès.
22:47Et en fait, finalement, on se rend compte que la justice territoriale,
22:51quelque part, c'est un vrai sujet d'équité.
22:54Et en fait, le vrai enjeu, c'est de transformer finalement
22:58pas mal d'éléments urbains existants.
23:00Typiquement, moi, je parle des centres commerciaux,
23:03mais il y a un certain nombre de choses
23:04sur lesquelles, en fait, on peut réinvestir,
23:07on peut venir mettre plus de moyens
23:09pour apporter beaucoup plus d'usages.
23:11Et en fait, nous, on parle de plus en plus de mixité d'usages
23:14ou mixité urbaine, en disant que la manière dont on a conçu la ville,
23:18en ayant la zone industrielle d'un côté,
23:20la zone commerciale de l'autre, les logements de l'autre,
23:23c'est plus le sujet, c'est has-been, c'est dépassé.
23:26Et aujourd'hui, l'intérêt, c'est comment,
23:28à 15 minutes de chez moi,
23:30on parle de plus en plus de la ville du quart d'heure,
23:32je peux trouver l'emploi à proximité,
23:35je peux trouver du loisir,
23:37je peux trouver de la culture, le beau,
23:40on en a besoin aussi dans nos territoires.
23:42Et donc, à un moment donné,
23:43toutes ces réflexions que sont portées
23:46autour de la ville du quart d'heure,
23:47comment on le réintègre dans notre manière
23:49de concevoir la ville,
23:51et pour créer beaucoup plus, finalement,
23:53de justice et d'équilibre
23:55à l'intérieur de nos territoires.
23:57Alors, quand on travaille un petit peu sur le sujet,
24:00on se rend compte que ces quartiers
24:02dont on est en train de parler,
24:03les QPV,
24:03ils représentent 75 milliards d'euros
24:05de chiffre d'affaires global,
24:07pourtant, ils attirent moins de 2%
24:10des investissements privés.
24:11Comment on explique ce déséquilibre ?
24:15C'est pas juste ça, moi j'ai toujours la question
24:18pour dire que ça va pas.
24:19Et pourtant, je suis tellement d'accord
24:22avec tout ce qui vient d'être fait par ailleurs.
24:27Je pense que des déséquilibres,
24:28on peut les regarder dans tous les sens,
24:30en réalité.
24:31Qu'est-ce qu'il y a derrière les chiffres ?
24:35Quelles sont les réalités ?
24:37Moi, je pense qu'il faut dépasser les chiffres
24:41et qu'il faut effectivement...
24:44Plus dans ses terrains ?
24:45Revenir à des choses très concrètes.
24:47Et dans les choses très concrètes,
24:49et je me permets de rebondir
24:50sur un certain nombre de choses
24:51qui ont été dites,
24:52il y a une force incroyable
24:53que vous avez dans ces territoires,
24:54c'est la jeunesse.
24:57Ce sont les territoires les plus jeunes.
25:00Seine-Saint-Denis,
25:00c'est le territoire le plus jeune de France.
25:02Cette jeunesse, c'est celle qui,
25:04aujourd'hui, si on investit dans cette jeunesse,
25:06créera la valeur demain.
25:08Et Dieu sait,
25:08vous parliez du budget de l'État,
25:10que la création de valeur,
25:11c'est la principale difficulté
25:13à laquelle la République est confrontée.
25:16Et donc, cette jeunesse,
25:17il faut investir dans cette jeunesse
25:19pour lui permettre, effectivement,
25:20de libérer toute son énergie
25:22dans la création de valeur.
25:24Ça, c'est la première chose.
25:25La deuxième chose qui a été dite
25:26sur l'équité,
25:28je pense qu'on partage tous ici
25:30l'idée qu'il ne faut absolument pas
25:33enfermer les gens dans des dispositifs
25:35qui en ferait une espèce de zoo spécifique
25:39de cocon en dehors de tout d'assistanat.
25:45Mais en revanche,
25:46il faut effectivement apporter des solutions
25:49pour répondre à un certain nombre de freins
25:51qui existent et qu'on ne peut pas nier.
25:53Quand on fait le programme
25:54Entrepreneuriat Quartier 2030,
25:56on fait quoi ?
25:57On injecte, là où on sent
25:59qu'il y a des faiblesses,
26:00de l'énergie pour aller vers
26:03les habitants de ces territoires
26:05et notamment les jeunes
26:05pour leur dire oui, c'est possible.
26:08On injecte des moyens supplémentaires
26:10pour faire de l'accompagnement renforcé.
26:12On met des dispositifs de financement
26:14qui permettent d'accéder à des financements
26:17plus simplement là où on sait
26:19que l'accession au financement bancaire
26:20est parfois compliquée.
26:22Donc, on vient renforcer la situation
26:25des individus qui ont envie
26:27de se lancer dans l'entrepreneuriat
26:28pour pouvoir leur permettre de réussir.
26:29Et le point important
26:31sur lequel je voudrais insister
26:33et que vous avez évoqué,
26:35vous avez dit,
26:36il faut qu'on prenne la parole.
26:38Et il y a quelque chose,
26:40nous, auquel on croit énormément,
26:42c'est que pour convaincre
26:43quelqu'un de se lancer
26:44dans l'entrepreneuriat,
26:46il faut faire parler les entrepreneurs.
26:48Et les rôles modèles
26:49sont des éléments absolument essentiels
26:52pour montrer que,
26:53oui, c'est possible.
26:55Parce que quand je te regarde,
26:57quand je regarde mon voisin,
26:58quand je vois que lui a réussi,
27:00quand je regarde une maman,
27:01je me dis, après tout,
27:03pourquoi pas moi ?
27:04Et cette lutte
27:05contre l'assignation
27:06à résidence économique,
27:07je continue.
27:08L'assignation à résidence,
27:09elle est d'abord dans les têtes.
27:11Et donc, les rôles modèles,
27:13ce qu'on fait à Quartier Général,
27:14ce que d'une certaine manière
27:15est fait aujourd'hui
27:16avec le Forum des banlieues,
27:19c'est montrer concrètement
27:21que réussir,
27:23quand on est issu de ces territoires,
27:25s'engager dans une aventure
27:26entrepreneuriale ou dans autre chose,
27:27c'est possible.
27:28Alors, il y en a une
27:29qui a théorisé les difficultés
27:32des quartiers populaires,
27:33je pense parce que vous parliez
27:34d'égalité, d'équité,
27:36c'est Marine Tondelier,
27:37elle a intervenu,
27:38elle aussi,
27:38à la tribune
27:38du Forum économique des banlieues.
27:41Et pour la secrétaire nationale
27:43des écologistes,
27:43le problème dans ces quartiers,
27:45c'est l'inégalité organisée.
27:48Alors, c'est quoi
27:49l'inégalité organisée ?
27:50Écoutez.
27:51Pour la gauche
27:52et les écologistes,
27:54le problème est clair,
27:55c'est celui
27:55de l'inégalité organisée.
27:58Pourquoi je dis
27:59l'inégalité organisée ?
28:00Parce que c'est elle
28:01qui pousse à faire
28:02toujours plus avec moins.
28:05On dit qu'il faut
28:06s'en sortir, entre guillemets,
28:08mais avec moins de transports,
28:09avec moins de services publics,
28:11écoles, santé,
28:12avec moins de partenaires économiques,
28:14avec moins d'investisseurs,
28:16et en plus de tout ça,
28:17en étant confrontés
28:18aux barrières des discriminations.
28:20Alors, Salwa Maslaga,
28:22vous comprenez
28:23ce qu'elle veut dire
28:23quand elle parle
28:24d'inégalité organisée ?
28:26Il n'y a pas que moi
28:30qui ai les questions pièges.
28:33Ouais, mais en fait,
28:35j'ai toujours du mal
28:38avec ces mots-là.
28:39En tout cas, moi,
28:40qui ai grandi à Mante-la-Jolie,
28:41je ne m'y retrouve pas.
28:44Oui, il y a des défauts,
28:46on le sait, de médecins,
28:48mais c'est pas que dans...
28:49C'est pour ça que je dis,
28:50c'est pas qu'un sujet
28:51des banlieues,
28:52des déserts médicaux,
28:54on le sait, ça existe.
28:59Inégalité organisée,
29:00ça fait complotiste,
29:03et je n'aime pas
29:03ce type de messages négatifs,
29:05qui ne sont pas,
29:06au contraire,
29:07des messages
29:08qui permettent
29:08de mettre la graine
29:09qui va donner envie
29:11à des jeunes
29:12de se dire
29:13on peut y arriver,
29:14il y a des leviers,
29:15on va trouver les leviers
29:16et ok, d'accord,
29:18c'est peut-être compliqué
29:18de trouver les leviers
29:19parce qu'on n'a pas
29:19les mêmes codes
29:20de communication,
29:22on ne sait pas
29:22comment aller chercher
29:23l'information,
29:25mais parler de...
29:28C'est quoi les mots-là ?
29:28Inégalité organisée.
29:30Là, on rentre
29:32dans une sphère
29:33qui pour moi
29:35même est dangereuse
29:36pour des jeunes
29:37qui ne pourraient
29:38ne pas comprendre.
29:39En gros,
29:39c'est quoi que je fasse
29:40dans ma vie,
29:41je suis assignée
29:42à résidence,
29:43je suis assignée
29:44à l'échec.
29:46Non,
29:46il y a des entrepreneurs
29:47qui réussissent,
29:49il y en a aussi
29:49qui échouent,
29:50mais ça,
29:51effectivement,
29:52c'est valable
29:53pour tout le monde.
29:54Tout le monde en France.
29:55Christian Lema ?
29:56Oui,
29:57peut-être au-delà
29:57des mots de Marine Tondelier,
29:58je pense qu'il y a
30:00deux réflexions
30:01à avoir
30:01dans la relation
30:03avec l'État,
30:04avec les partenariats
30:05publics-privés.
30:06La première chose,
30:07c'est,
30:08si je retourne
30:08dans l'angle immobilier
30:09par rapport à Noud,
30:11notre enjeu à nous,
30:12c'est de transformer
30:14l'existant
30:15ou de le redynamiser
30:16pour apporter
30:16plus de vitalité économique.
30:18Mais transformer un site,
30:19c'est dans du temps long.
30:21C'est parfois 10 ans,
30:22parfois plus.
30:23Et en fait,
30:24comment finalement
30:25l'État
30:25favorise les entrepreneurs
30:27ou les entreprises
30:28déjà implantées
30:30dans ces territoires
30:31et facilite
30:32en fait ces entreprises
30:33par rapport
30:34aux millefeuilles
30:34réglementaires,
30:36administratives
30:37qui existent
30:38pour que
30:38les entrepreneurs
30:40ou les entreprises
30:41puissent réellement
30:42avoir plus de pouvoir
30:44d'investissement
30:44et plus d'agilité.
30:47Et le deuxième levier,
30:48parce que j'ai rejoint
30:49depuis peu
30:50le conseil d'administration
30:52du MEDEF
30:52de l'Est parisien,
30:53donc les entrepreneurs
30:54du 93,
30:55du 94,
30:57j'ai commencé
30:58à rencontrer...
30:58MEDEF,
30:58pour ceux qui ne savent pas,
31:00c'est l'organisation,
31:01la principale organisation
31:02patronale en France.
31:02Et en fait,
31:04en rencontrant
31:05ces entrepreneurs,
31:06ce qu'ils demandent,
31:07ce n'est pas
31:08des subventions,
31:09vous parliez
31:09d'assistanins
31:10tout à l'heure,
31:11ce n'est pas
31:11qu'on leur donne
31:12de l'argent,
31:13mais c'est qu'on facilite
31:14la capacité
31:15à entreprendre,
31:17qu'on sécurise
31:18finalement
31:18ces entrepreneurs
31:19par rapport
31:19aux risques
31:20qu'ils prennent
31:21en investissant.
31:22Et en fait,
31:23le jour où
31:24on sera vraiment
31:25sur une volonté
31:26de pousser
31:27l'entrepreneuriat,
31:28d'aider
31:29tous ces investisseurs,
31:30tous ces génies
31:32qu'on a
31:32dans tous nos territoires,
31:33parce qu'on en a partout,
31:34la France est belle,
31:35on a un pays
31:36plein de talents,
31:37et en fait,
31:37on parle beaucoup
31:38de choses négatives,
31:39mais je pense qu'on doit
31:40être un peu plus optimiste
31:41sur la qualité
31:42des gens
31:43qui composent
31:44notre pays.
31:45Je vous laisse rebondir
31:46là-dessus,
31:46comme ça vous n'allez pas
31:47m'accuser
31:47de vous poser une question.
31:48Écoutez,
31:53moi je vais rebondir
31:54en vous disant
31:54deux choses.
31:56D'abord,
31:57quand on regarde,
31:59on fait
32:00depuis 2018
32:03ce qu'on appelle
32:05l'indice entrepreneurial
32:06français,
32:06on interroge
32:075000 personnes
32:08et on leur demande
32:10de se positionner
32:11dans la chaîne
32:12entrepreneuriale.
32:13Est-ce qu'ils sont
32:13chefs d'entreprise,
32:14anciens chefs d'entreprise,
32:16porteurs de projets
32:17ou intentionnistes ?
32:18Un intentionniste,
32:19aujourd'hui,
32:20il est journaliste,
32:21demain,
32:21il va se lancer
32:21dans l'entrepreneuriat.
32:23Quand on interroge
32:245000 Français,
32:25on a un Français
32:26sur trois
32:26qui se dit
32:27dans la chaîne
32:28entrepreneuriale.
32:30Depuis 2018,
32:31c'est assez stable.
32:32On a une Française
32:32sur quatre.
32:33Loumna,
32:34je compte sur toi
32:34pour faire évoluer
32:35les statistiques.
32:37On y travaille.
32:39En 2018,
32:39on avait un habitant
32:40des quartiers
32:41sur sept.
32:42Donc,
32:43l'assignation
32:43morale,
32:45mentale
32:45de,
32:46en fait,
32:46l'entrepreneuriat,
32:47ça n'est pas pour moi.
32:48Je ne suis pas fils
32:49d'entrepreneur.
32:50Je n'ai pas fait HEC,
32:52je n'ai pas de réseau,
32:53je n'ai pas de moyens financiers,
32:55l'entrepreneuriat,
32:55ce n'est pas pour moi.
32:57En 2023,
32:582025,
33:00vous devez attendre
33:00dix jours
33:01pour avoir les résultats,
33:02mais en 2023,
33:04on avait un habitant
33:05des quartiers
33:05sur quatre.
33:07C'est-à-dire que
33:07la petite graine,
33:09elle a été semée
33:10et effectivement,
33:13l'entrepreneuriat,
33:14pourquoi pas moi ?
33:15Et je pense que
33:15personne ne dit ici
33:16que tout le monde
33:17doit devenir entrepreneur.
33:18Tout le monde dit
33:19que si vous avez envie
33:21de vous lancer,
33:22il ne doit pas y avoir
33:23de déterminisme social,
33:24territorial ou genré
33:25qui fait que vous dites
33:27non,
33:27ce n'est pas pour moi
33:28parce que,
33:29ce n'est pas pour moi
33:29parce que je suis une femme,
33:30parce que j'habite à Mante-la-Jolie
33:31ou parce que je n'ai pas fait HEC.
33:34Et d'ailleurs,
33:34on peut habiter à Mante-la-Jolie,
33:35être une femme
33:36et faire HEC,
33:37by the way.
33:37Ça, c'est mon premier message
33:40d'optimisme
33:40et je suis complètement d'accord
33:41sur le fait
33:42qu'il faut à un moment
33:44porter des messages optimistes
33:46sinon on enferme les gens
33:48dans le défaitisme.
33:50Et mon deuxième message,
33:52c'est pour lutter
33:53contre la morosité ambiante,
33:56venez à Quartier Général
33:58le 4 décembre
33:59à la Communale.
34:02C'est la deuxième édition.
34:04L'année dernière,
34:05vous alliez à la Communale
34:06début décembre,
34:07sous un ciel bas et lourd.
34:11Vous traversiez l'intégralité
34:13de la zone
34:14pour arriver à la Communale
34:16et vous disiez
34:16la journée va être longue.
34:17Vous rentrez là-dedans
34:18et vous êtes dans un espèce
34:20d'incroyable chaudron
34:23de dynamisme,
34:25de gens qui font réseau,
34:28qui rencontrent des gens
34:29qui vont pouvoir les aider,
34:31qui écoutent des témoignages
34:33d'entrepreneurs inspirants
34:35et qui repartent avec une niaque
34:37d'enfer.
34:38Et ces rôles modèles
34:40et cette visibilité des solutions,
34:42c'est le deuxième sujet
34:43qui est vraiment important,
34:44c'est comment est-ce qu'on fait
34:45pour faire connaître,
34:47faire savoir tout ce qui existe
34:49pour accompagner l'entrepreneuriat
34:50en France.
34:51Donc j'ai deux messages.
34:53Venez à la Communale
34:54le 5 décembre à Quartier Général
34:56et deux,
34:57si vous avez envie
34:58de vous lancer dans l'entrepreneuriat,
35:00créez un passe-créa,
35:02monpasse-créa.fr
35:03et vous trouverez partout en France
35:05le réseau d'accompagnement
35:07qui correspond à votre besoin,
35:10mais y compris
35:10Trois-Rues-des-Moineaux
35:12à Grigny.
35:12Vous avez l'impression,
35:16Loumna,
35:17que vous avez réussi
35:19à semer une petite graine
35:22qui est en train
35:22de bien prendre,
35:24d'éclore,
35:24et que les autres regardent
35:26en se disant
35:26c'est peut-être bien pour moi,
35:28pour reprendre l'expression
35:29employée par Mme Aline Pex.
35:32J'espère qu'on a semé des graines.
35:34Récemment,
35:35il y a une jeune fille
35:36qui m'a dit
35:37il y a un avant
35:38et un après
35:38Meet My Mama,
35:39donc ça m'a fait beaucoup plaisir.
35:41Mais je pense que
35:42la partie
35:43semé des graines
35:44elle est hyper importante
35:45et pour répondre aussi
35:46à la question
35:46sur l'investissement,
35:48pourquoi il n'y a pas plus
35:49d'investisseurs
35:50en banlieue,
35:51je pense qu'il y a deux raisons
35:52et moi je suis entrepreneur
35:53donc j'aime bien aussi
35:54donner des solutions
35:55et trouver des solutions,
35:56je pense qu'il y en a deux.
35:57La première c'est qu'il faut
35:58déjà que les entrepreneurs
36:00de banlieue
36:00sachent qu'il existe
36:02des investisseurs,
36:03des investissements.
36:04La dernière fois je parlais
36:04avec des jeunes,
36:06un jeune qui avait un projet
36:07il ne savait même pas
36:08qu'il pouvait avoir
36:09du financement
36:10donc je pense que ça
36:11c'est hyper important
36:12déjà pour se projeter
36:13et pareil sur le sujet
36:15du comex
36:16tu disais que tu ne savais
36:17même pas,
36:17en effet moi je ne savais pas
36:19ce que c'était qu'un comex
36:20donc en fait si déjà
36:20on ne sait pas ce que c'est,
36:22si on ne sait pas ce qui...
36:23c'est la partie des codes
36:24qu'il faut acquérir.
36:26Exactement,
36:26donc je pense que c'est
36:27hyper important
36:28de semer ces graines,
36:29de donner cette information
36:31pour donner cette équité
36:33des chances.
36:34Et la deuxième chose,
36:35pourquoi il n'y a pas plus
36:36aussi d'investisseurs
36:37en banlieue,
36:39je pense qu'il faut que
36:40dans les fonds d'investissement
36:41il y ait plus de gens
36:42qui viennent des banlieues,
36:44il faut plus de gens
36:45comme nous au pouvoir
36:46parce qu'il y a encore,
36:49même si c'est censé être
36:50du risque l'investissement,
36:51finalement beaucoup de personnes
36:52ne prennent pas encore ce risque
36:53alors que,
36:54et c'est ce qu'on avait fait
36:55d'ailleurs avec Systam
36:57et sur le sujet des femmes,
36:58inciter les fonds d'investissement
37:01à ce qu'il y ait des femmes
37:02dans les fonds
37:03et investir dans les femmes
37:04et je trouve que c'est
37:06hyper important
37:06de le faire aussi.
37:08S'il y a plus de personnes
37:10comme nous dans les fonds,
37:11forcément ça va découler,
37:12on va beaucoup plus financer
37:13ce type d'entreprise
37:15et ce profil d'entrepreneur.
37:17Salam Maslaga,
37:18tout à l'heure vous parliez
37:18de ne pas avoir les codes,
37:21il y a un véritable problème
37:22de représentativité
37:24dans les grandes instances financières,
37:29dans les banques ?
37:31Dans les banques,
37:32moi je trouve,
37:33non plutôt,
37:34je trouve que moi,
37:34en tout cas moi,
37:35dans mon environnement,
37:36dans la banque,
37:37où on a beaucoup de matheux,
37:38etc.,
37:39je trouve qu'il y a
37:39beaucoup de diversité,
37:40en tout cas dans ceux
37:41que je côtoie.
37:42le fonds Perceva,
37:45qui nous accompagne,
37:47voilà,
37:47c'est des sujets
37:48qu'on traite.
37:49Nous,
37:49on a une charte RSE
37:50qu'on a signée
37:51il y a cinq ans,
37:54et moi c'est ça le point,
37:55je me dis,
37:56effectivement,
37:57investissement,
37:57charte RSE,
37:59ESG,
38:00ok,
38:00il y a plein de trucs
38:01à faire juste à côté,
38:02on n'est pas obligé
38:02d'aller à 30 000 kilomètres.
38:04Donc,
38:05voilà,
38:05ça c'est vrai que les fonds,
38:07sur la partie,
38:07en tout cas moi,
38:08quand je parle avec les fonds,
38:09quand j'ai parlé en fait
38:10de l'initiative
38:11et quartier d'affaires
38:11et du forum économique,
38:12j'ai eu un écho positif.
38:14Les fonds savent-ils,
38:16connaissent-ils ces initiatives ?
38:18Je ne sais pas.
38:19En fait,
38:19c'est dans les deux sens.
38:20C'est faire savoir,
38:22et faire savoir
38:23au plus grand nombre.
38:24Donc,
38:24la raison d'être
38:26du forum économique
38:27des banlieues,
38:28donc c'est la deuxième édition,
38:30et j'espère juste
38:30vraiment en longue vie,
38:32c'est qu'elle continue
38:33et qu'elle persiste
38:34dans le temps
38:35avec des acteurs
38:36comme la BPI
38:37qui accompagnent
38:38pour expliquer
38:39ce potentiel,
38:40mettre en connexion
38:42des investisseurs
38:43et donc des entrepreneurs.
38:46Ça,
38:46c'est hyper important
38:47et ça ne va pas se faire
38:48du jour au lendemain.
38:49Et on a souvent,
38:50alors je sais qu'on est
38:51dans l'ère de Instagram
38:52et de l'immédiateté,
38:53mais la vraie vie,
38:54c'est que tout ça,
38:55ça prend du temps.
38:56Donc,
38:57acceptons ce temps
38:59qui va permettre
39:00de faire éclore
39:01des projets
39:02qui seront durables
39:04et non pas
39:05du buzz éphémère
39:06qui in fine
39:08ne créera pas
39:09de valeur.
39:10Alors,
39:11on arrive au terme
39:12de cette émission,
39:12je vais vous demander
39:13à chacun,
39:13en 15 secondes,
39:15je suis un jeune
39:16de banlieue,
39:17entre guillemets,
39:18voilà,
39:18je veux monter ma boîte,
39:20quel est votre conseil
39:21en 15 secondes ?
39:23Loumna.
39:23Mon conseil,
39:26c'est déjà,
39:27lance-toi tout simplement,
39:28n'attends pas le bon moment,
39:29n'attends pas d'avoir
39:30les compétences,
39:31lance-toi.
39:32L'avantage,
39:33quand on vient de loin,
39:35c'est que souvent,
39:35on n'a rien à perdre.
39:37Et ça,
39:37c'est une énorme force.
39:39Moi,
39:39quand je me suis lancée,
39:39j'étais étudiant,
39:40je n'avais absolument
39:41rien à perdre.
39:41Et donc,
39:42finalement,
39:42on a tout à gagner.
39:43Et il y a plus de risques
39:44à ne pas se lancer
39:45qu'à se lancer.
39:46Donc,
39:46à ce jeune,
39:46je lui dirais,
39:47lance-toi et peut-être
39:48que dans quelques mois,
39:49tu vas te retrouver
39:50sur un plateau
39:51comme celui-ci,
39:52tu vas te retrouver
39:52à lever des fonds,
39:53tu vas te retrouver
39:54à faire des millions.
39:55Et donc,
39:55vas-y.
39:56Marie-Adeline Peck.
39:58Moi,
39:58mon conseil,
39:59c'est l'entrepreneuriat,
40:00c'est porté par des gens
40:01qui sont tous uniques.
40:03Pour autant,
40:04c'est un sport d'équipe.
40:05Il ne faut pas être seul.
40:06Et donc,
40:06mon conseil,
40:07c'est faites-vous accompagner.
40:08C'est monpasse-creas.fr
40:09pour trouver
40:10qui peut vous accompagner.
40:1110 secondes.
40:12Oula.
40:12Allez-y,
40:1310 secondes.
40:13Oui,
40:14non,
40:14mais on arrive vraiment
40:15c'est vraiment de dire
40:17que c'est possible
40:18de réussir
40:19et qu'en fait,
40:20les entreprises
40:20sont là aussi
40:21pour vous accompagner.
40:22Merci beaucoup
40:23à tous les quatre.
40:24Merci Lumna Ksibi,
40:25Saloua,
40:26Maslaga,
40:26Marie-Adeline Peck,
40:27Christian Lema.
40:28Merci d'avoir été
40:28les invités
40:29de la semaine
40:30de l'économie
40:31sur France 24.
40:31Surtout,
40:32restez avec nous.
40:32L'information continue
40:33sur votre chaîne.
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