- il y a 2 jours
DB - 27-11-2025
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01:00Alors, notre Henri décide de lui porter secours.
01:02Bonjour, François !
01:04Le gros Mayenne se renferme dans Paris,
01:07mais le Jacques-Clément Pognard de Henri III,
01:10qui, avant de mourir, désigne le Vernet comme son successeur.
01:18Cet été, là, c'est oublié, ces beaux mignons de papistes.
01:23Ils refusent tous d'obéir, ils refusent tous d'obéir.
01:29Tant qu'ils se dresseront contre un roi calviniste,
01:34tu n'as point, pauvre France, achevé de souffrir.
01:59Depuis mille ans, le premier roi de France a s'assiné.
02:08Fasse le ciel, mon Henri,
02:10que mille années s'écoulent avant que ta l'horreur revienne.
02:16Moi qui porte encore mon costume de guerre.
02:18Il me faut un vêtement violet, avec...
02:23Un vêtement de deuil.
02:29Crousez-moi ça comme vous pourrez, mes amis, éprentement.
02:31Oh, sire, vous ne pouvez point porter le deuil avec un vêtement de travers.
02:34Le feu-roi a pris ce costume pour la mort de sa mère,
02:36je n'en veux point d'autre.
02:37Il fait partie de mon héritage, comme le royaume.
02:38M. Tau, surintendant des finances de sa majesté.
02:41Qu'il entre, il verra que j'économise même le tissu.
02:44Je vous écoute.
02:46L'attentat épouvantable de Jacques Clément, sire,
02:49fait de vous à l'improviste le nouveau roi de France.
02:51Aïe !
02:52M. Tardons, sire.
02:52Non, c'est une aiguille qui m'a piqué.
02:54Continuez.
02:55Mais le roi de France n'est véritablement tel qu'après le sacre.
02:59Pardon ?
03:06Je demande donc à votre majesté d'abjurer aujourd'hui même,
03:11sinon nous ne pourrons la servir.
03:14La parole du feu-roi me désignant comme son successeur s'est-elle déjà évanouie ?
03:20Me prendre à la gorge sur le premier pas de mon avènement,
03:24à une heure si dangereuse.
03:30Et que voudrait une abjuration décidée dans la hâte,
03:34et non dans le recueillement ?
03:38Ne comptez pas sur moi pour dépouiller mon âme et mon cœur à l'entrée de la royauté.
03:44Ne comptez pas sur moi pour dépouiller mon âme et mon âme et mon âme et mon âme.
03:50Ne comptez pas sur moi pour dépouiller mon âme et mon âme.
03:57Quand vous auriez les vents collés sous les aisselles,
04:00ou quand l'aube du jour vous prêterait ses ailes,
04:02quand mon vous ouvrirait le plus profond rocher,
04:06quand la nuit tâcherait en sa nuit vous cachée,
04:09vous ne fuirez de Dieu ni le doigt ni la vue.
04:12Tu es le plus grand poète vivant, Agrippa.
04:18Mais l'heure est à la politique,
04:21au salut de l'État.
04:23Ce qui veut dire ?
04:24Qu'il me faut rassurer mon peuple.
04:28Défie-toi, Henri.
04:30A trop rassurer, on avoue sa faiblesse.
04:32Sois gentil, compagnon.
04:35Fous-moi la paix.
04:36Mornay, prenez la plume.
04:57Vous pouvez connaître partout en France ma première déclaration,
05:00datée de cette nuit à cinq jours.
05:02J'espère bien qu'elle édouffera les papistes.
05:04Il n'y a plus de papistes, Agrippa.
05:07Non plus de Huguenot.
05:12Il y a mes sujets, tous pareils devant moi.
05:20La religion officielle du royaume
05:22restera la catholique.
05:29La catholique.
05:34Et tous ceux qui la reconnaissent
05:36n'auront jamais rien à craindre de moi.
05:43Aux catholiques,
05:45comme aux tenants de la foi réformée,
05:47je proclame
05:48que je ne suis pas venu régner
05:51dans la guerre des citoyens,
05:54mais dans la paix.
05:56Votre majesté sera un grand roi.
06:01J'aime grandement mon pays, c'est tout.
06:04Je continue.
06:07En ce qui concerne mes sentiments particuliers,
06:12par respect pour l'antique et nécessaire cérémonie du Sacre,
06:17par respect mêmement de la croyance
06:20du plus grand nombre de mes sujets...
06:21Henri, je m'engage
06:23à me faire instruire
06:28dans les dispositions de la foi catholique.
06:30Tu ne vas pas signer cela.
06:33Pourvu que je jouisse
06:34d'un délai raisonnable
06:35afin d'éclairer ma conscience.
06:39J'appelle cette déclaration de Saint-Cloud
06:41une folie,
06:42une insulte à nous tous.
06:45Moi, Agrippa,
06:45je l'appelle
06:47amour de mon peuple.
06:53Intolérance.
06:54Mais ce roi de Saint-Cloud
06:56déjà nous fait l'annique
06:58en restant du quenon
07:00m'acheté de catholique.
07:05Je vide sous la déclaration de Saint-Cloud.
07:09Les mensonges,
07:10ça ne prend pas à Paris.
07:12Déjà les...
07:13Il ne s'agit pas de danser
07:14et de joie dans les carrefours.
07:16Mais, chers frères,
07:18il ne s'agit même pas de prier.
07:21Il faut agir.
07:23Henri,
07:24soi-disant quatrième,
07:26par son ignoble déclaration de Saint-Cloud,
07:29veut nous faire tomber dans le piège.
07:32Mais Paris lui répondra
07:34pas de pitié pour l'imposteur.
07:36Agri, je l'ai dit !
07:38Descendants du ciel,
07:41la voix de notre martyr Jacques Clément
07:43nous crie notre devoir.
07:45Prenons en main la serpe et le couteau.
07:48Toulons le roi de Saint-Cloud.
07:50Toulons le roi de Saint-Cloud.
07:52Toulons le roi de Saint-Cloud.
07:53Regardez bien Paris, messieurs.
07:56Nous ne l'enverrons pas de sitôt.
07:59Tu lèves le siège ?
08:00Que faire d'autre ?
08:03Presque tous mes grands seigneurs catholiques
08:04sont repartis avec leurs troupes.
08:06Sans parler des désertions.
08:09Messieurs, nous partons pour Dieppe.
08:10Je recevrai les renforts d'Angleterre
08:13et Mordius, nous battrons Mayenne et la Ligue
08:15en racampagne.
08:16La reine Elisabeth est prête à vous envoyer
08:18fantassins et cabalerie.
08:19Brave Elisabeth.
08:21Mais elle veut qu'elle est ?
08:22Jamais !
08:23Pas un pouce de terre française.
08:31À une puissance étrangère,
08:32pas un brin d'herbe.
08:36Messieurs, je suis un mari sans femme.
08:39Un soldat sans argent.
08:41Un roi sans royaume.
08:43Paris, les grandes villes.
08:45Tout est à la Ligue,
08:46aux guises, aux espagnols.
08:47Mais vous avez le droit.
08:49L'espoir.
09:03Messieurs !
09:05Je vais vous expliquer mon plan de bataille.
09:07Vous n'en travaillerez que mieux.
09:09Ah, que j'aime le vent de la mer.
09:12Ce n'est pas le vent de mon pays, bien sûr,
09:14mais il ne faut pas trop en demander.
09:17Messieurs, si je vous enferme dans Dieppe, là-bas,
09:20finis la liberté de manœuvre, mes petits,
09:22nous serons étranglés.
09:23Sire, c'est la première fois qu'un général nous explique.
09:26Ça fait du bien.
09:27Parbleu, donc, je ne m'enferme pas.
09:29En vous faisant fortifier ce grand espace
09:31autour de la ville,
09:33je nous donne de l'air.
09:35La possibilité de contre-attaquer
09:36quand je le voudrais.
09:37la chance de vaincre.
09:39La solde est en retard.
09:41Mais vive le roi !
09:42Vive le roi !
09:45Messieurs, criez aussi,
09:46vive Biron, qui sera mon lieutenant,
09:48et vive Rony, qui commandera mes canons.
09:50Vive le roi !
09:52Vive le roi !
09:54Vive le roi !
09:56Vive le roi !
09:57Les premiers bâtons ongelés arrivent avec les renforts.
09:59Vive Mordet, qui a tout obtenu sans rien céder.
10:02Adieu que je suis bien servi.
10:04Vive le roi !
10:05Vive le roi !
10:06Vive le roi !
10:07Vive le roi !
10:08Et si nous battons Mayenne, messieurs,
10:12je prépare à la Ligue une ruse foudroyante.
10:16Monsieur l'ambassadeur, nous tenons la victoire.
10:19Et nouvelle, t'aviennes.
10:23Sur les portes de l'arc,
10:25une petite rivière désormais glorieuse,
10:27mon frère Mayenne et l'armée de la Ligue
10:30qui ont enfoncé le camp retranché d'Euguenot,
10:33qui s'est enfui avec ses derniers partisans.
10:36Nous allons faire la guerre chez l'éguise.
10:39Sa Majesté d'Espagne, mon maître, n'en a jamais douté.
10:43De là, ces troupes nombreuses,
10:44quel entretient pour vous à Paris ?
10:46Ces braves gens peuvent rentrer chez eux.
10:48Tout est fini.
10:48Pas exactement, madame.
10:51Que voulez-vous de plus qu'une victoire
10:52et l'usurpateur traqué comme un chien ?
10:55Nous voulons que monsieur votre frère
10:56aille chercher sur les bords du Loire
10:57le cardinal de Bourbon,
11:00que les Euguenot tiennent prisonniers.
11:01Ce vieil homme sans intérêt ?
11:03Sans intérêt.
11:05Vous semblez oublier, madame,
11:06que votre sainte Ligue
11:08et le gouvernement de Paris
11:09l'ont nommé roi de France,
11:11avec notre accord,
11:13pour faire pièce à Henri IVe.
11:15Tout cela, il est changé à présent.
11:17Jusse aimer le savoir.
11:18Monsieur l'ambassadeur.
11:22Mon frère Mayenne est victorieux.
11:24Il est aimé du peuple et il est guise.
11:27Qu'avons-nous encore besoin
11:28de ce roi de paille ?
11:30Que le cardinal de Bourbon
11:31reste dans son coin,
11:32le prochain roi de France,
11:34le vrai, ce sera Mayenne.
11:36J'apprécie votre enthousiasme fraternel,
11:39madame la buchesse,
11:41mais l'Espagne a engagé trop de soins,
11:43trop d'hommes et trop d'argent en France
11:45pour que la politique
11:47s'y fasse désormais sans elle.
11:50Nous déciderons de tout.
11:53Qui vous dit autre chose ?
11:54Personne, j'espère.
11:58À cheval, compagnon !
12:00Je vous avais promis une ruse, messieurs,
12:02la voici.
12:03Après notre victoire sur Mayenne,
12:05j'ai envoyé des messagers à Paris
12:07pour dire que j'avais perdu.
12:09J'imagine la duchesse de Montpensier
12:12à cette nouvelle.
12:13De joie, elle laissera les portes
12:15de la ville ouverte
12:16et se saouler la garnison.
12:18Nous entrerons dans Paris
12:20sans coups férir.
12:21En avant, compagnon !
12:23Je le prendrai, ce pari,
12:32et sans un coup d'arc-buse.
12:34La surprise nous ouvrira à la place.
12:45Sans ce contre-temps, Morbleu,
12:46je trouvais les portes de Paris ouvertes.
12:49Entrez dans la ville,
12:49donnez la paix à ces gens.
12:50Je me vois si piafant à Montmartre
12:53devant ces maudites murailles.
12:55Mais chez moi, mon amour.
12:59La baisse de Montmartre
13:00ouvrant son lit au roi Huguenot.
13:05Tu ne pensais pas que j'allais t'oublier ?
13:09Quand je te vis pour la première fois,
13:12avant l'assassinat de mon pauvre cousin,
13:15ce fut éblouissement.
13:18Et notre première nuit,
13:20soleil.
13:20Fidèle,
13:31mais Huguenot.
13:33Toujours.
13:34Votre majesté avait pourtant déclaré à Saint-Cloud...
13:36J'ai déclaré à Saint-Cloud que je voulais un délai.
13:39Tu ne vas pas me harceler comme les autres.
13:41Je ne suis pas les autres.
13:43Je fais l'amour avec toi,
13:44j'ai le droit de penser aussi à ton âme.
13:46Mais comprends donc, petite abbesse.
13:47Si je me convertis maintenant,
13:50j'aurais figure d'un hypocrite, d'un comédien
13:52qui change de rôle pour plaire à la galerie.
13:55Cela se retournera contre moi.
13:58Je ne suis pas assez puissant pour paraître sincère.
14:00Et regarde ma chemise.
14:05Trouée comme celle d'un pauvre.
14:08J'aurais l'air de me convertir pour en acheter une neuve.
14:10Alors quand ?
14:12Quand ?
14:15J'ai défait ma hyène une fois,
14:17il me faut le défaire deux, trois, quatre fois.
14:20Je sais que dans Paris,
14:21quelques-uns souffrent de l'odieuse occupation espagnole
14:24et souhaitent en silence le roi français.
14:29Il me faut attendre que ces quelques-uns
14:31deviennent des milliers
14:32et crient qu'ils m'aiment à pleine voix.
14:35Un roi qui se convertit doit être un roi incontestable.
14:41Le moment n'est pas venu de mon saut périlleux.
14:44Saute dans mes bras.
14:46Ce sera déjà une petite conversion.
14:51Baccarpoult, salut gno !
14:52Et toi, maudit papiste, va au diable !
14:54Tu retrouveras les tiens !
14:55Tous les sorciers, tant que vous êtes !
14:56Vous êtes avec le bernet !
14:58Vous soyez du chacromé !
15:00Garonne ! Garonne, il y en est-il !
15:01L'assassin souffle-vous de la sabre !
15:03L'assassin souffle-vous de la sabre !
15:33Tirez en l'air !
15:35Je vous fais sauter la tête !
15:36Oh, majesté, ils nous ont !
15:38Assez !
15:40Mes propres soldats se battront entre eux.
15:42Quelle indignité !
15:44Catholiques ou huguenots !
15:47Ne serez-vous pas les mêmes demain matin
15:48quand la bataille aura commencé ?
15:52N'aurez-vous pas...
15:54même souffrance et même grimace
15:56si vous recevez un coup de sabre ou d'arc-buse.
16:00Même angoisse et même espoir dans le même dieu
16:02si vous perdez vos tripes !
16:04Imbécile !
16:05Sire, on vous donnera la victoire.
16:09J'ai promis de ne jamais vous mentir.
16:12L'affaire sera rude.
16:13Maillelle a 15 000 hommes.
16:15Nous en avons moitié moins.
16:19Mais s'il faudra faire notre travail...
16:21Vive le roi !
16:29Messieurs, si vous perdez vos drapeaux dans la mêlée,
16:33ralliez-vous à mon panache blanc.
16:35Vous le trouvez sur le chemin de la victoire et de l'honneur.
16:46Antoinette, ma troubelle, me laisserez-vous enfin monter ?
16:49Voilà 15 nuits que j'ai ressemblance d'un écolier
16:51à vous faire la cour de bas en haut, sans rien obtenir.
16:54Votre majesté se moque.
16:56Je t'aime.
16:57Votre majesté oublie qu'elle est mariée ?
16:59Laisse ma femme où elle est, dans son foutoir d'Auvergne,
17:01où elle me trompe avec tout ce qui bouge.
17:04Regarde les étoiles, elles brillent.
17:06Ma jolie, je t'aime.
17:08Je suis votre servante.
17:10Je monte.
17:11Si vous montez, je m'enferme.
17:13Mordiouz, je livre de ma bataille à ce gros cochon de Mayenne
17:15et ce moment de me refuser un peu de tendresse.
17:18Battez Mayenne, Sire, et revenez demain soir.
17:22On ne résiste pas à un roi victorieux.
17:24Je t'adore !
17:26Parole de Mayenne, messieurs,
17:27ce champ de bataille d'ivris doit devenir le tombeau de l'usurpateur.
17:31Regardez-le, c'est lamentable.
17:34Il fait changer la ligne de son armée juste avant les premières charges.
17:37Comme un débutant.
17:38Victoire, on les enfonce !
18:02Le roi est fou de témérité.
18:19Il se bat et charge avec une telle furie qu'il a failli être encerclé.
18:21Envoyez des renforts !
18:22Il s'est dégagé.
18:44Il leur donne la contre-attaque.
18:46C'est l'homme prodigieux.
18:47Dieu est avec lui.
18:48Vive Dieu.
18:49Ah, mon chien, l'enragé.
18:56De l'avoir battu un contre deux,
18:59il ne faut que de sorcellerie s'emmêle.
19:01J'ai une autre idée, monsieur le duc.
19:04Si tu prétends qu'il est plus courageux que nous,
19:06je te brise le crâne.
19:08Au début de la bataille,
19:09s'il a fait bouger ses pouces,
19:11c'est pour qu'elles n'aient point salées dans l'œil,
19:13ni vent debout qui rabat la fumée des pouceux,
19:16ni le méprisant trop.
19:19arcs, ivry,
19:28et de deux sur Mayel.
19:29Votre admirable imprudence, sire,
19:32finira par vous tuer.
19:34Ne serait-ce pas trop cher payé, la victoire ?
19:37Nous avions notre plan établi, monsieur le maréchal.
19:41Je me suis amusé un peu, c'est tout.
19:42Dieu nous a donné un vrai roi de chevalerie.
19:47Et fierté de le servir.
19:50Et Ronnie ?
19:51Où est mon Ronnie ?
19:55Grâce à bonne assistance de Dieu,
19:56mes blessures ne sont pas trop graves.
19:59D'ici peu de mois, j'irai en chercher d'autres au service de votre majesté.
20:02Guéris-toi, Vitroni.
20:06Le vieil hérétique compte tété pour que nous prenions Paris.
20:11Le vieil hérétique, je croyais que vous et moi avions la même religion.
20:14Oui.
20:17Cela te ferait-il quelque chose si je me décidais au Sopéry ?
20:21Sire, d'un Huguenot entêté,
20:23vous ne sauriez exiger qu'il vous conseille d'aller à la messe.
20:27Tu n'as point fini ta phrase.
20:31Parce qu'elle me fait mal.
20:34Mais tant pis.
20:35Votre Sopéryeux me semble le moyen le plus rapide
20:38pour que toute machination contre vous se réduise à néant.
20:42Au revoir, mon ami.
20:45Dieu m'est témoin que, si je m'accrois en puissance,
20:48tu auras ta part.
20:51Je m'accrois dans une chambre.
21:20Antoinette !
21:22Antoinette !
21:24C'est ton roi victorieux et amoureux !
21:27Antoinette !
21:30Toi, enfin !
21:31S'il vous plaît, sire, n'avancez pas.
21:32C'est du supplice de tantal.
21:34Pour moi aussi, sur l'honneur.
21:36Tu m'avais promis.
21:37Sire, je suis de bien trop petite famille pour devenir votre femme,
21:41mais de trop grande pour devenir votre maîtresse. Adieu.
21:44Antoinette !
21:50Prends le galop, ma belle. Mon cheval te rattrapera toujours.
22:04Petite dame, tu peux courir.
22:07Je te baisserai.
22:16Mordius.
22:17Il va me falloir des lunettes.
22:22Il se vit au miroir et dit adieu jeunesse
22:29Sans poursuivre plus loin, la belle qui s'enfuyait
22:34On se croit vif encore, puis les rits de bougresse
22:39Au rappel soudain, l'âge qu'on oubliait
22:44Mordius, l'ami, redescend chez nous au pays, tu es triste comme un homme du Nord.
22:49Eh eh, par force.
22:51Quel est ce malheureux de ta chanson qui ne poursuit plus les drôlesces ?
22:54Eh bien, notre indique.
22:55Nostre Henri ? Tu te moques.
22:57Le roi est le plus jeune homme de France et de Navarre.
23:00Tout bouillant par gaillardise.
23:02Eh oui, il le fut.
23:03Il le fut.
23:04Mais, à être un roi qui n'a pas de royaume, qui bataille sans cesse, on se met du poil gris dans la barbe et méchanterie sous les yeux.
23:11Non, en Irak, pardi, quand je l'ai connu, il avait l'apparence d'un jeune homme, l'oeil plein de soleil, la moustache en haut.
23:20Maintenant, il la porte en bas, mélancorie sur tout le visage. Les affaires vont mal. La guerre, l'argent, l'amour et cette carogne de ville de Chartres qui nous résiste.
23:32Bonsoir, compagnon.
23:40Qu'est-ce que je te disais ?
23:41Cadetius.
23:48Ah !
23:51C'est là le roi Nostre Henri ?
23:53Eh oui.
23:54On se croit vif encore.
23:57Et puis...
23:58Je présente me respire, votre majesté.
24:00Oh ! Le bel accent !
24:03Oh ! Ventre-saint gris, l'accent de ma jeunesse.
24:06Avec quelques amis, Sire, je suis venu vous apporter mon épée.
24:10Là-bas, chez nous, on dit que votre armée manque de soldats.
24:14Honneur passe par vous.
24:16Merci, mon ami.
24:18La guerre est grande misère. Encore faut-il la gagner.
24:23Buvons à la victoire. Mieux.
24:26Buvons à la paix.
24:27A la paix et à votre santé, Sire.
24:30Que sentais-tu tout à l'heure, quand je suis entré là ?
24:34Rien, majesté. Des bêtises, des souvenirs.
24:37Ah, oui.
24:41D'autres villes que Chartres ont refusées de vous abéir.
24:45Eh bien, votre majesté a su chaque fois les y contraindre.
24:48Elle fera de même pour Chartres.
24:49Qui vous parle de Chartres ?
24:51Depuis un an, Belgaard, je me bats partout contre Mayenne.
24:53Rien n'y fait.
24:54Ce maudit pari me résiste toujours.
24:56Un espion nous a tantôt appris que la famine y est devenue si grave que...
25:00Je sais qu'on y fabrique fausse farine avec les eaux des cimetières.
25:04Et on attrape des enfants la nuit pour les manger.
25:06J'aime quasi mieux n'avoir point à Paris que d'avoir tout ruiné.
25:11Mais on n'est pas en roi sans Paris.
25:13Sire, j'ai remède infaillible pour chasser la tristesse de votre cœur.
25:18À une lieu d'ici,
25:21m'attend la plus belle des maîtresses.
25:23Pourquoi pas ?
25:24Au Manoir de Coeuvre !
25:26Ah, heureux Belgaard !
25:28Heureuse jeunesse !
25:31Dans sa famille, la séduction est héréditaire.
25:33Songez, sire, que sa grand-mère couche avec un roi, notre François 1er.
25:38Avec un empereur, Charles Quint.
25:40Et avec un pape, Clément VIème.
25:43Ah, foutre !
25:46Son nom même est une caresse.
25:49Gabriel.
25:51Gabriel Destré.
25:53Mon ange du paradis.
25:54Pour me jeter en enfer.
25:58Donnez-la-moi.
26:00Ce n'est pas le roi qui le demande.
26:03C'est le voyageur de passage.
26:08Le temps va vite, mademoiselle.
26:11Bronsard l'a dit avec les roses.
26:14Ne suis-je point trop fané pour vous plaire ?
26:19Quelle étrange question, sire.
26:21Pardonnez-moi, d'habitude les hommes commencent par me dire
26:23que je leur plais.
26:26Parbleu.
26:27Ne voulais-je point dire par mes regards
26:28que vous me brûliez tout en fait.
26:30Sire, vous êtes le plus galant des rois.
26:36Sans oublier les 28 maîtresses
26:37que la renommée attribue à votre majesté.
26:40Plus, bien sûr, les simples patates.
26:42Fais-je compter les amants de votre grand-mère ?
26:45Allons, embrassons-nous pour nous réconcilier.
26:49Forte la tentation, sire.
26:50Mais Bellegarde est très jaloux.
26:55Bellegarde !
26:57Bellegarde !
26:59Vous nous abandonnez, mon ami.
27:06La tendresse de Bellegarde pour votre majesté est incroyable.
27:09est incroyable.
27:13Alors ?
27:15Il t'a fait la cour, je pense.
27:18Naturellement.
27:22Eh bien ?
27:25Un vieux, avec les dents gâtées,
27:27et qui puent autant qu'il est sale.
27:44Mes amis !
27:46Mes amis, nous vaincrons le Huguenot.
27:48Je vous le promets.
27:50En attendant, il va vous prendre Chartres.
27:52À part l'Espagne !
27:54Et les dents, allez !
27:58Attention !
28:00Attention, les Espagnols !
28:02Les Espagnols !
28:03Regardez !
28:11Allez !
28:12Allez !
28:26Allez !
28:28Allez !
28:31Allez !
28:33Vous restez enfermés dans cet hôtel, ma sœur a remué vos grands projets ?
28:34Vous restez enfermés dans cet hôtel, ma sœur a remué vos grands projets.
28:39Je veux la couronne, pour vous.
28:41Moi, je circule dans les rues, j'ai des espions.
28:44Beaucoup de gens se mettent à penser que Paris ne défend plus la vraie religion contre le gnome,
28:49l'Espagne contre la France.
28:51C'est l'Espagne qui vous fera roi.
28:54Elle a refusé.
28:55Elle acceptera, nous signerons un traité d'alliance perpétuelle, peu importe.
28:59L'important, c'est d'être roi.
29:01Nous, nous faisons tuer les Français.
29:05Pendant ce temps, le Bernay autorise la sortie de 3000 femmes et enfants.
29:09Nous sommes en train de nous perdre.
29:20C'est lui qui se perd.
29:22On lui dit tout occupé après une nouvelle putain, qui lui résiste.
29:27Il prendra la fille et il prendra charte.
29:31Peu à feu, le diable, il prendra.
29:38Il s'est battu comme un lion.
29:40Et tel que je le connais,
29:44comme un lion, il te montra.
29:47Il joue le jeu à la perfection,
29:48comble toute ma famille de titres, de cadeaux, de privilèges
29:51et fait semblant d'ignorer mes froideurs à son égard.
29:53Mon ange, belle ange aux étreintes de diablesse.
29:59Bah, elle te possédera.
30:01Et moi, elle me fera maréchal pour me donner consolation.
30:05Mais rien n'empêchera que j'ai été ton premier amant.
30:07Où est la plus belle, mon dieu,
30:10à qui je veux dédier, victoire de charte ?
30:13Le roi, vite, cache-toi.
30:16À la guerre, il se bat comme un lion,
30:17mais en amour, il est jaloux comme un titre.
30:20Vite, vite, vite, vite.
30:22Regarde, la plus belle femme de France
30:28que je suis en humeur de conquête.
30:31Votre majesté prendra aussi Paris,
30:33c'est écrit dans le ciel.
30:34Bon, je m'en parlerai de ma capitale, assurément.
30:37Mais pour l'heure, charmante Gabrielle,
30:39je parle d'une autre place forte à conquérir,
30:42une place forte qui a vos yeux bleus,
30:46qui a votre bouche de frambouise et coquelicot,
30:49et vos tétons de neige.
30:52qui me rendent fou de ne les plus voir.
30:54Mais Sire, que faites-vous ?
30:56Ce que je fais, coquine.
30:59Je sonne la charge.
31:14Bonjour.
31:15Bonjour, mon enfante.
31:19Je ne me sens jamais mieux, mon amour.
31:22Tu as pris une bonne nuit blanche.
31:25Mange, Gabrielle.
31:27Reprends des forces,
31:29car nous n'avons point fini de zouter.
31:33Il y a quelqu'un ici ?
31:35Non, personne, personne que votre majesté, moi et Cupidon.
31:40C'est pour l'amour qui aura toussé sous le lit.
31:44Oh, allons chaluer, le petit dieu.
31:47Non.
31:48Tu as peur de l'amour ?
31:50Non, j'ai peur des fantômes,
31:51et puis je suis si bien que je sens tout ton corps près du mien.
31:56Non plus, je reste au lit.
31:57Oh, à propos.
32:02Comment se porte notre amie,
32:04oh,
32:05Belgarde ?
32:07Belgarde ?
32:08Mais comment le serais-je ?
32:09Je ne l'ai pas vu depuis hier matin,
32:11avant la bataille.
32:12Sur ta parole ?
32:14Sur ma parole.
32:18Sire.
32:19Chut.
32:20Il faut bien que tout le monde mange.
32:27Je suis revenu au service de votre majesté
32:30pour la supplier une nouvelle fois de se faire catholique.
32:33À Saint-Cloud, M. Doe,
32:34il ne m'avait point semblé que ce fût une supplication.
32:38C'en est une aujourd'hui,
32:39dans cette cathédrale de Chartres
32:40que le feu roi jugeait plus belle qu'aucune autre.
32:43Oh, revoir.
32:44Ses pèlerinages, ses pieds ensemble,
32:46j'en fais pour rien.
32:48Mais vous aussi.
32:50Vous pouvez tout avoir.
32:51À Paris,
32:52contre les outrances de la Ligue
32:53et du gouvernement des 16 quartiers,
32:55tout aux ordres des guises,
32:56un nouveau parti se forme.
32:58Le parti de ceux qui vous espèrent.
33:00Bien peu nombreux encore.
33:02Mais plus nombreux chaque jour.
33:04Comment, perfide ?
33:05Je retourne assiéger Paris.
33:07Tu me quittes ?
33:07Tu oses te marier dans mon dos.
33:09Crois-tu que ma seule occupation
33:10doit te courir après ?
33:11Allais-je désobéir à mon père ?
33:13En me trompant ?
33:14Non, ne redoutez rien.
33:15Au déduit, M. Deliancourt
33:17ne saurait me rendre heureuse.
33:20Maladroit ?
33:23Avant d'être un bon ou mauvais ouvrier,
33:25il faut d'abord avoir l'outil.
33:27Mordieu, fais-moi vivre ce grotesque !
33:29Je présente mes respects à Votre Majesté.
33:40Présentez-moi plutôt vos excuses, monsieur.
33:44Condamnez au mariage une beauté
33:45qui ne demande qu'à fleurir,
33:47vous, un impuissant.
33:49Votre Majesté a été mal informée.
33:52J'ai eu quatre enfants d'un premier lit.
33:53Eh bien, madame ?
33:55Votre Majesté veut-elle permettre
33:57que je me retire ?
33:59Ce n'est pas là un entretien
34:00pour une innocente jeune fille.
34:02Restez.
34:04Une jeune fille ?
34:06Direz-vous le contraire ?
34:07Peu de jours avant la cérémonie,
34:09j'ai reçu un coup de sabot.
34:11dans l'intervalle.
34:16Pensez-vous guérir, monsieur de Liancourt ?
34:18Ce sera...
34:21comme Votre Majesté le voudra.
34:23Parfait.
34:24Venez, jeune fille.
34:25Que tous ceux qui osent penser à la paix
34:38et aux règles d'ugleaux maudits
34:41connaissent le même supplice,
34:44le feu,
34:45le feu purificateur.
34:48Seul le feu peut nous délivrer du péché.
34:51Seul le feu peut vaincre les hérétiques.
34:54Le peuple parisien se décourage,
34:56monsieur l'Ambassadeur.
34:57En dépit des exhortations de la Sainte Ligue,
34:59il aspire à la paix
35:00à la fin des privations terribles qu'il endure.
35:02Pour le réconforter,
35:03il lui faut un vrai roi.
35:05Ici.
35:07Au Louvre.
35:08Il lui faut mon frère.
35:12Sa Majesté d'Espagne
35:13a étudié la succession au trône de France
35:15et a décidé d'appuyer la candidature
35:18de son Altesse Royale, Clara Eugénia.
35:20Une infante espagnole
35:22sur le trône de Saint Louis.
35:24Avez-vous perdu l'entendement,
35:26monsieur Mendoza ?
35:28Avez-vous perdu la mémoire ?
35:30La reine d'Espagne,
35:31mère de l'infante Clara Eugénia,
35:33était une princesse française.
35:34Une princesse valois.
35:36La continuité du sang est indiscutable.
35:38La continuité par les femmes,
35:39cela ne compte pas.
35:41Je vous le ferai compter.
35:42Voilà tout.
35:43En échange,
35:44nous marierons volontiers l'infante
35:45avec l'un de vos cousins.
35:47Jamais.
35:48Vous préférez Henri IV ?
35:49Monsieur, je vais réunir
35:50les états généraux ici, à Paris.
35:52Votre infante ne réunira jamais.
35:53Les états généraux du Gros Mayenne
35:55s'enlisent dans discussion
35:56comme charrette dans marécage.
35:58Excellent.
35:59Alors profitons-en
36:00et attaquons la ville.
36:01Ah, cela peut se faire.
36:03Mais nous y laisserons des plumes.
36:04J'aime trop mes soldats
36:05pour les envoyer à la boucherie.
36:06Et trop mes pauvres parisiens
36:08pour ajouter à leur misère.
36:09Oui, sire,
36:10c'est l'âme de Paris
36:11qu'il nous faut,
36:11avant les murailles.
36:12Votre majesté doit maintenant
36:13annoncer qu'elle se fait catholique.
36:15Les états généraux,
36:16la ligue,
36:16les guises,
36:17tout s'écroulera à cette nouvelle.
36:18Dis-moi que les papistes
36:19ne croiront jamais
36:20à la sincérité de cette conversion.
36:22Ils la prendront pour ce qu'elle est,
36:24une manœuvre.
36:26Ainsi, tu peindras sur les deux tableaux,
36:27les papistes et nous.
36:30Tu ne vois donc pas
36:30que je suis dans le déchirement.
36:32Je vois
36:32que le temps de la navarre
36:34et de la persécution
36:35était le plus beau.
36:36Nous étions pauvres,
36:37pourchassés, pitoyables,
36:39mais dans l'honneur de Dieu.
36:41Et vous, Mornay,
36:43qui ne dites rien ?
36:44Il est vrai que les états généraux
36:46s'embourbent.
36:46Il est vrai qu'il faut d'en profiter.
36:48Sire, je vous en supplie,
36:50la conversion est le sacre.
36:53Mais que Votre majesté
36:54prenne garde au désespoir
36:55de ceux qui se sentiront
36:56abandonnés par elle.
36:58Le désespoir mène loin.
37:00Tu aurais perdu ton âme.
37:02Et j'aurais perdu mon âme.
37:05Encore une de ces prophéties
37:06de ton cher Dobinier.
37:08Dobinier, mon ami,
37:10il entend la voix de Dieu.
37:11Mais plus la voix du peuple de France
37:14et cette voix te supplie
37:16d'abjurer pour que tu montes
37:17sur le trône.
37:19La voilà, la vraie parole de Dieu.
37:21Vox populi, vox dei.
37:23Je ne sais pas, Gabriel.
37:25Je ne sais plus.
37:28Je t'en supplie, Henri.
37:30Convertis-toi.
37:33C'est assurer le triomphe
37:34de ta politique.
37:35Assez avec la politique.
37:38Vous ne voyez pas tous
37:39que je suis en train de jouer
37:41mon salut éternel.
37:43Où est Dieu ?
37:45Où est Diable ?
37:47Je deviens fou.
37:50Mon bel amant, si tourmenté.
37:55Ce n'est pas le moment
37:56de parler d'amour, Marose.
37:59Voici la seule occasion de ma vie
38:00où l'erreur sera irrémédiable.
38:04Dans une bataille,
38:05je peux réparer les fautes.
38:07Je peux lancer un contrôle.
38:08Mais mon abjuration,
38:12ce sera pour l'éternité.
38:14Sans espoir de raccommodement.
38:19Tu as déjà abjuré
38:20après la Saint-Barthélemy.
38:24Tu n'es pas mort pour cela.
38:26Sois gentil, Gabriel.
38:28Laisse-moi seul.
38:30Te laisser ici
38:31pour que tu continues
38:32à te mordre.
38:33Jamais.
38:33J'ai besoin d'être seul.
38:37Seul en face de moi.
38:40Je suis plus qu'un évêque, Henri.
38:42Je suis plus qu'un pasteur.
38:45Et plus que M. Do,
38:46que Ronnie,
38:47que Mornay,
38:48que Dobinier.
38:50Oui, beaucoup plus.
38:53Je t'aime.
38:55mon ange.
38:58Assurément.
39:00Ton âme n'est pas en danger.
39:03Deviens catholique.
39:05En faisant le salut de la France,
39:07tu feras aussi le tien.
39:09C'est notre dernier voyage
39:13ensemble, Henri.
39:15Je ne regarderai pas
39:16la basilique de Saint-Denis
39:17t'ouvrir ses portes.
39:19Je ne te regarderai pas abjuré.
39:20Reste, Agrippa.
39:23Le cher Montaigne
39:23était ma raison.
39:25Toi, tu es ma conscience.
39:26Que tu n'écoutes plus.
39:27Reste.
39:30Montaigne mort.
39:31Toi parti.
39:32Je serai civil.
39:34Depuis ma tendre jeunesse,
39:35je t'ai vu à mon côté.
39:36Reste.
39:37Nous avons encore
39:37tant de choses
39:38à édifier ensemble
39:40l'avenir du royaume.
39:42Tu regardes l'avenir.
39:45Moi, le passé.
39:47Il me retient, Henri.
39:49Comme une barrière flamboyante
39:50hérissée d'épées
39:51et de rêves morts.
39:53Adieu.
39:53Sire.
39:56Monseigneur Larchevêque
39:57vous attend et...
39:58Oui, oui.
40:01Quarante ans déjà.
40:05Toutes les années
40:05qui me sont données
40:06je t'attendrai.
40:08pique une bonne rage
40:11et crie-nous
40:11trois cents vers sublimes
40:13et reviens-moi.
40:16Une part de moi-même
40:17m'empêche de te quitter.
40:19Mais non,
40:21je prierai pour toi
40:22en fidèle Huguenot
40:23jusqu'à la mort.
40:26Adieu.
40:27Sire.
40:32Tout est prêt.
40:36Allez,
40:37j'atteste.
40:43Qui êtes-vous ?
40:45L'étrange interrogatoire.
40:48Voilà trois mois,
40:49mon compère Larchevêque
40:50que nous discutons jour après jour
40:51de la communion
40:52et de la Vierge Marie.
40:54Nous nous connaissons,
40:55je pense.
40:57Je suis le roi.
40:58Que demandez-vous ?
40:59Voici le grand moment
41:00de sauter mon âme
41:01pour mon salut
41:02et celui du royaume.
41:04Je demande
41:05d'être reçu
41:06au giron de l'église
41:08catholique,
41:09apostolique
41:09et romaine.
41:11Le voulez-vous
41:11sincèrement ?
41:13Tu as un bon regard,
41:14vieille archevêque.
41:16Tu m'auras aidé
41:17jusqu'au bout.
41:18Oui,
41:19je le veux
41:20sincèrement.
41:26Lève-toi,
41:27mon fils.
41:30Levez-vous,
41:30Majesté.
41:34Vous étiez des milliers
41:35à Saint-Denis,
41:35criant vive le roi.
41:36J'ai ramassé
41:37de locteux,
41:38de millérables,
41:39acheter avec des tonneaux
41:40de vingt,
41:40ce n'est pas difficile.
41:42Nos prédicateurs
41:42de la Ligue
41:43ont beau se déchaîner
41:44et crient
41:44devant les chaises-vites.
41:46Sincère ou non,
41:47cette conversion
41:47est un désastre.
41:48Toute notre lutte
41:49marchait contre
41:49un roi Hido
41:50et maintenant...
41:51Mon frère,
41:52vous devriez aller
41:52à Constantinople
41:53aux études des sultans.
41:55Votre Grèce
41:55vous envahit le cerveau.
41:57Navarre catholique.
41:58Et après ?
41:59Comment et après ?
42:01Pour être roi de France,
42:02véritablement,
42:03il faut être sacré à Reims
42:04et recevoir l'onction
42:05de la Sainte Ampoule.
42:06Mais à qui appartient Reims ?
42:09Reims n'est qu'une tradition,
42:11pas un devoir.
42:12Louis le Gros
42:13s'est fait sacrer à Orléans.
42:15La preuve ?
42:16Il a Sainte Ampoule,
42:18morné.
42:19Je ne peux tout de même
42:19pas aller la voler.
42:21L'archevêque m'a donné son accord.
42:22Nous utiliserons
42:23le baume de Saint-Martin-de-Tours,
42:24très ancien
42:25et très révéré.
42:25Vous avez pensé à tout ?
42:27Service de votre majesté.
42:29M. de Rony
42:29s'occupe de faire
42:31fabriquer une couronne,
42:32un sceptre
42:32et une main de justice.
42:34Tout sera prêt.
42:34Quelle cathédrale proposez-vous ?
42:37Orléans ?
42:38Comme Louis le Gros ?
42:39Et moi,
42:39je suis Henri le Maigre.
42:41Ce sera Chartres,
42:42en hommage
42:43à mon pauvre cousin assassiné.
42:44Outre je tâcherai faire
42:59qu'en toute vocation
43:00cesse rapine
43:02et iniquité.
43:04Outre je commanderai
43:06qu'en tout jugement
43:07l'équité et la miséricorde
43:09aient lieu
43:10à cette fin
43:12que Dieu
43:12clément
43:13et miséricordieux
43:15fasse miséricorde
43:17à moi
43:19et à vous.
43:21Et maintenant
43:22le plus rude.
43:23Outre
43:23je tâcherai
43:25à mon pouvoir
43:26en bonne foi
43:28de chasser
43:29de ma juridiction
43:31et terre
43:31de ma suggestion
43:32tous hérétiques
43:35dénoncés
43:36par l'Église.
43:37Tu oserais nous chasser ?
43:40Huguenots
43:41ne sont au point hérétiques.
43:44Ils adorent même Dieu,
43:45même Christ,
43:47même Esprit Saint que nous.
43:51Nous sommes frères séparés,
43:54mais nous sommes frères.
43:56Ainsi,
43:58Dieu
43:58m'aide.
44:03Nous sommes frères séparés.
44:07Mais nous sommes frères.
44:11Vive mon roi.
44:14Tu es enfin Henri IV
44:15par la grâce de Dieu,
44:17roi de France.
44:21Et moi,
44:22je porte un enfant de toi.
44:24Un roi de contrebande,
44:27sacré dans une cathédrale
44:28de remplacement,
44:30avec une sainte ampoule
44:31de pacotille.
44:32Paris ne s'en rendra jamais !
44:34Mais Paris n'attend que lui.
44:38Lisez cette horreur,
44:39cette maudite satire minipée
44:40qui circule partout,
44:41que le peuple s'arrache,
44:42que 50 imprimeries clandestines
44:43reproduisent jour et nuit.
44:45On nous insulte ?
44:46On nous assassine
44:47par l'arme plus féroce
44:49que couteau ou arc-buse.
44:50Le ridicule.
44:51Tandis que passé
44:52M. de Mayenne
44:53pour aller faire
44:54le charlatan
44:55aux États-Généraux,
44:56il y eut un peu
44:58de garbouille
44:59entre Mme de Belin
45:00et de Bussie
45:01à l'occasion
45:02que l'une
45:02ayant lâché
45:03quelques mauvais vents
45:04pseudo-catholiques,
45:07Mme de Belin
45:08dit tout
45:08à la Bussie,
45:10allons procureuse,
45:11la queue vous fume !
45:12Vous venez ici
45:15parfumer
45:16les armoires
45:16inéguisent !
45:18Allons procureuse,
45:22la queue vous fume !
45:23Dis-moi encore
45:24de cette belle satire
45:25ménipée,
45:26c'est rappelé à Paris.
45:27C'est surtout
45:28le dernier chapitre
45:29qui me plaît.
45:30Que le duc de Mayenne
45:31sache bien
45:31que nous,
45:32habitants de Paris,
45:33reconnaissons
45:33pour notre vrai roi
45:34légitime et souverain
45:36seigneur
45:36le seul Henri IV
45:37de Bourbon
45:38ci-devant
45:39roi de la navarre française.
45:40Ah, les braves gens !
45:43C'est lui seul
45:43par mille bonnes raisons
45:44qui est capable
45:45de tenir l'état de la France
45:46et la grandeur
45:48de la réputation
45:49des Français.
45:50Vive le roi Henri !
45:51Vive le roi Henri !
45:55C'est lui seul
45:56qui peut nous relever
45:57de notre chute,
45:58qui peut remettre
45:58la couronne
45:59dans sa première splendeur
46:00et nous donner la paix.
46:02Les monstres !
46:02Qu'on mène
46:03les auteurs au bûcher !
46:05Trop tard,
46:05le peuple est avec eux.
46:06Dieu même manque du peuple !
46:07Nous avons Brissac
46:08et la garnison !
46:09Mais Brissac,
46:10ils sont le point de trahir !
46:11Navarre le fera maréchal
46:11si les troupes ne bougent pas.
46:13Nous avons les Espagnols !
46:14Vous vous êtes point demandé
46:15pourquoi Mendoza
46:16ne venait plus ?
46:17Il sent le vent tourner.
46:18Nous avons le pape !
46:19Les émissaires de Navarre
46:20sont à Rome
46:21pour négocier
46:21l'absolution du Saint-Père.
46:25Mayenne,
46:26Mayenne,
46:26mon frère,
46:28vous étiez si près du but.
46:30Je me battrais en Normandie,
46:31en Bretagne,
46:32en Bourgogne,
46:33partout !
46:34Gabriel,
46:35je vais enfin entrer
46:36dans Paris.
46:37Et si la Sainte Ligue
46:38cherche à te tuer ?
46:40Mon Dieu me protégera
46:41parce que je suis
46:42l'héritier de Saint-Louis
46:43et parce que
46:44je ne suis pas
46:45un méchant homme.
46:47Ou Henri,
46:47le jour le plus beau
46:48de ta vie,
46:49dire que je n'y serai pas.
46:51Non,
46:52la foule t'étoufferait,
46:54ma Rose.
46:56Vous serez,
46:57dans mon cœur,
46:58très près de moi,
46:59toi,
47:00ce petit enfant
47:01qui naîtra où ?
47:02Oh,
47:09votre sang et gris,
47:11la vie est une musique.
47:18Mes Parisiens,
47:21mes Parisiens,
47:23comme je vous aime,
47:24comme je vous ai attendu,
47:27ma belle route de cathédrale,
47:29Chazenille,
47:30Chard,
47:31Paris.
47:36Faudra me suspendre
47:37quelques jambons
47:37dans la cheminée.
47:38J'ai toujours faim,
47:39moi,
47:39votre sang et gris.
47:41Qu'allons-nous faire maintenant
47:42de tous les meneurs de la Ligue,
47:43la prison ou la potence ?
47:45Pour ceux qui ont tué
47:45des innocents,
47:46la colère de ma justice.
47:47Et pour les autres,
47:48tous les autres,
47:49la liberté.
47:50Votre Majesté a reçu
47:51les compliments d'Elisabeth.
47:52Ah,
47:53vive l'Ange de Terre,
47:54Pardis,
47:54puisque nous avons gardé Calais.
47:56Et l'ambassadeur d'Espagne
47:57demande d'être reçu.
47:58Pour que je lui dépucèle
48:00son infante,
48:00jamais.
48:04Votre Majesté a invité
48:05la Montpensier
48:06à se joindre à nous.
48:07Bien sûr.
48:08Elle est là.
48:11Quelle honte.
48:12Vous êtes belle, madame.
48:25Et assurément,
48:26vous avez du caractère.
48:29Bienvenue au Louvre.
48:32Chez moi.
48:33Je remercie le roi de France.
48:42Il a la bonne grâce
48:44de me reconnaître la beauté
48:45qu'il me permette
48:47de lui reconnaître l'esprit.
48:49Ici, rien n'a changé.
48:52Regardez cette image, messieurs.
48:54Elle me faisait déjà
48:55regretter mon berne
48:56quand, tout petit,
48:58je jouais avec mes cousins valois
49:00dans cet escalier.
49:02Je suis battu dans cet escalier
49:03pour ma peau
49:05la nuit de la Saint-Barthélemy.
49:07J'y ai discuté fort
49:08avec la reine Catherine
49:10et le duc de Guise.
49:12Mais,
49:14laissons les morts
49:14à leur paix.
49:16Nous allons faire nos moyaumes.
49:17Avec monsieur de Biron,
49:19nous regrettons
49:19que la diplomatie
49:20de Votre Majesté
49:21nous ait privé
49:21d'une belle prise guerrière
49:22de la capitale.
49:23Mais, après tout,
49:24il y aura d'autres batailles
49:26où nous distinguer.
49:27Et,
49:28Paris vaut bien une messe.
49:30Non, monsieur le maréchal de Biron,
49:32je n'ai jamais dit
49:32Paris vaut bien une messe
49:34comme s'il s'agissait
49:36d'un chien
49:36à qui on jette un os.
49:39J'ai dit Paris vaut bien une messe
49:41avec un grand respect
49:42pour la ville
49:42et pour Dieu.
49:45Venez.
49:52Où est-elle, mon cher,
49:53la cour des Valois ?
49:54La belle époque
49:55des rois qui savaient se tenir.
49:57À l'assassin !
49:59À l'égard !
50:01Rattrapez-vous !
50:02À l'égard !
50:03À l'égard !
50:04À l'égard !
50:05Le coup de poignard
50:18m'a déchiré la lèvre.
50:20Pauvre Gabriel.
50:23Je vais être encore plus laid.
50:25Je veux que ce misérable châtel
50:26soit écartelé à quatre chevaux,
50:28arrosé d'huile bouillante
50:29et pendu pour en finir.
50:31Cet attentat m'a fait
50:33concevoir un grand projet.
50:36Tu vas renforcer ta garde, enfin.
50:39Le peuple de France
50:40est encore tout fiévreux.
50:43Il a besoin d'une
50:43belle action
50:45qui le rassemble,
50:48qui rassemble mon royaume.
50:52Je déclare la guerre à l'Espagne.
50:54Une offensive en Bourgogne
50:55contre les Espagnols
50:56et contre ce démon de Mayenne
50:58devrait faire merveille.
51:00Mais votre majesté
51:01me donne grand oeil.
51:02Ah, pardon !
51:03Un roi fraîchement catholique
51:04qui se jette dans la guerre
51:05contre la Sainte Espagne.
51:07Je compte sur toi
51:08pour une belle lettre au pape
51:09lui expliquant le pourquoi de la chose.
51:11Elle est partie ce matin.
51:12Oh, mon cher Rony.
51:17Que serais-je sans toi ?
51:18Et que ferais-je sans vous, sire ?
51:20Quelle bonne vie
51:21nous aurons passé ensemble.
51:22Oh, tu te souviens
51:23tout là-là-bas
51:23quand je t'apprenais
51:25à pêcher des écrevilles.
51:27J'avais 20 ans
51:28et tous mes cheveux.
51:29Ah, ah, ah !
51:30Oh, et moi, je coucher
51:31avec une belle meure.
51:32Oh, quel rire
51:33elle avait, Mordius !
51:34Oh, les beaux titans !
51:36Ah, ah, ah !
51:37Le connétable de Castille
51:39avance à gauche.
51:40Mayenne est au centre
51:41avec sa cavalerie à droite.
51:43Ils n'ont pas encore
51:44franchi la saule.
51:45Deux fois plus nombreux
51:46que nous, comme d'habitude.
51:48Peu importe, sire.
51:49Le plaisir de les vaincre
51:50sera deux fois plus vif.
51:53Ah, Biron,
51:54pour ma première bataille
51:56de rois.
51:58Dieu m'a choisi ce village
51:59qui porte le plus beau nom
52:01qui soit.
52:02Fontaine française.
52:04Mes hommes étaient là
52:05dans la plaine.
52:06Moi, sur ce petit mamelon
52:08et mon artillerie
52:09sur cet autre mamelon.
52:11l'ennemi arriva plus tôt
52:13que prévu.
52:14La mêlée fut tout de suite
52:15terrible et Biron admirable.
52:17Et toi ?
52:18Moi ?
52:19Ah, comme il faut d'être
52:20quand on porte mon panache blanc.
52:23Mayenne et l'Espagnol
52:25se sont gênés l'un l'autre.
52:28Sans attendre mes renforts,
52:29je me suis jeté sur eux
52:31comme sur toi.
52:31Qui va là ?
52:36Il est arrivé ici.
52:37Je viens remettre
52:38à votre majesté
52:39l'assurance de ma soumission
52:40la plus complète
52:42et définitive.
52:43Il me remet à son bon plaisir.
52:44Relevez-vous, mon cousin.
52:48Et venez visiter mon parc.
52:50J'aime les grands arbres.
52:51Je ferai planter ici
52:52des peupliers par dizaines.
52:54Ils viendront jouer mes enfants.
52:55Ils pousseront ensemble.
52:56Je félicite votre majesté
52:58mais pourrait-elle marcher moins vite ?
53:01Un roi ne doit point
53:02se confiner dans les châteaux
53:03mais au contraire
53:04reprendre des forces
53:05dans la nature
53:05et y admirer la grandeur
53:07du spectacle de Dieu
53:08présent sous chaque flume
53:09de pauvettes,
53:10chaque feuille de romarin.
53:13Je meurs d'épuisement.
53:15Faites-moi jeter
53:15en quelques bastilles
53:16et laissez-moi prendre un sou.
53:18Touchez-la, mon cousin,
53:20car notre seigneur
53:21m'en soit témoin.
53:22C'est le seul mal
53:23et des plaisirs
53:23que vous recevrez jamais de moi.
53:25Je fus si longtemps votre ennemi ?
53:28Sire, quel roi êtes-vous donc ?
53:29Le roi de l'amitié.
53:31La force et la violence
53:32peuvent beaucoup
53:33mais n'ont pas toujours tout.
53:35Montaigne,
53:36Essay,
53:37livre second,
53:39chapitre 17.
53:43Depuis trente-trois ans,
53:45France a cherché la paix.
53:47La route jusqu'au bout,
53:49lui fut sanglante et rude.
53:51Mais si tous,
53:52aujourd'hui t'apportent le respect,
53:55garde-toi vigilant
53:57au roi qui vient du sud.
54:00Sous-titrage Société Radio-Canada
54:35...
55:05...
55:07...
55:09...
55:11...
55:13...
55:17...
55:19...
55:23...
55:27...
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