00:00Une petite dizaine de tweets, et il n'en a pas rédigé véritablement, qui n'étaient jamais adressés d'ailleurs à Mme Macron,
00:08qui étaient adressés à ses propres correspondants, qui sont modestes, quelques dizaines de correspondants, tout au plus.
00:19Et nous contestons en réalité la commission de l'infraction, parce que le ministère public et la jurisprudence
00:26ajoutent à notre sens des éléments qui ne figurent pas dans le texte de loi qui est reproché à mon client.
00:35Quels sont vos arguments de défendre justement à cette école ?
00:37C'est des problèmes d'intention d'infraction.
00:41Le fait que le texte de loi vise un harcèlement dirigé contre une personne, et là ça n'a jamais été adressé à la victime Mme Macron.
00:55Et donc c'est pour cette raison, et puis pour d'autres considérations purement juridiques,
01:01essentiellement encore une fois, le fait que nous trouvons en matière pénale, dans le cadre d'un délit,
01:08et qu'un délit ça suppose une intention, une intention de porter un peu justice,
01:13ce qui n'a jamais été le cas de mon client qui a d'ailleurs déclaré à l'adresse.
01:17Jamais j'ai pensé que Mme Macron lirait les quelques tweets, retweets que j'ai écrits ou que j'ai retranscrits.
01:25On a entendu le témoignage de la fille de Brigitte Macron tout à l'heure.
01:28Elle a déclaré qu'elle a constaté une dégradation des conditions de vie de sa maman. Vous l'entendez ?
01:33Oui, alors écoutez, ça, il n'y a pas au dossier de certificat médical qui atteste véritablement une dégradation des conditions de vie.
01:42C'est les affirmations de sa fille, et bon, elle reste sa fille, et donc ça n'a pas de valeur juridique en ce fond.
01:48Mais c'est aussi un des éléments de défense, disant, le préjudice, il faut le prouver,
01:53la partie civile prétend qu'il n'y a pas lieu de prouver un préjudice,
01:58que le simple fait qu'elle ait eu globalement connaissance de ses tweets, constitue en soi un préjudice.
02:06Ce sera ce qu'on discutera tout à l'heure.
02:07Elle a aussi déclaré que sa mère Brigitte Macron avait consulté la plupart de ses tweets.
02:11Alors, ça n'est pas ce qu'elle a déclaré lorsqu'elle a été interrogée par les services de police.
02:17Il a dit, je ne les ai pas lues, j'en ai eu connaissance globalement,
02:22je voulais qu'il y avait des tweets qui la concernaient,
02:24mais pas les tweets, objet des infractions qui sont reprochées à la plupart des prévenus, et donc de mon client.
02:31Qu'est-ce que vous espérez pour votre client ?
02:32Écoutez, moi je plaide la relaxe, donc je pense qu'également mes confrères,
02:36qui vont plaider tout à l'heure, plaideront la relaxe,
02:40parce que nous considérons que les éléments constitutifs de l'infraction ne sont pas réunis en l'espèce.
02:46L'argument selon lequel les prévenus ont beaucoup parlé de liberté d'expression, d'esprit chargé...
02:52Oui, alors c'est effectivement un débat, si vous voulez,
02:54parce qu'on est à la limite d'avoir peur de parler,
02:59puisque aujourd'hui, si vous exprimez une opinion,
03:03qui ne soit pas, en quelque sorte, dans le bon entendement de l'air ambiant,
03:11eh bien vous risquez d'être poursuivis.
03:13C'est effectivement un problème qui sera soulevé lorsque nous défendrons les intérêts de nos clients.
03:19La liberté d'expression est fondamentale, c'est d'ailleurs la Cour d'appel de Paris,
03:23dans une affaire qui intéressait Mme Macron le 10 juillet dernier,
03:27qui a dit que la liberté d'expression était une condition fondamentale à la démocratie.
03:33Bon, alors bon, est-ce qu'on a le droit de dire où s'arrête, où commence la liberté d'expression ?
03:40C'est un vrai débat que le tribunal aura à trancher.
03:43De dire d'une personne qui est transsexuelle, pédophile, ça fait partie de la liberté d'expression ?
03:49Écoutez, aujourd'hui, vous avez la possibilité de le dire à la personne en face,
03:57à se défendre si elle souhaite qu'elle ait offensé, je ne sais pas quoi faire,
04:02mais après on est au domaine de la diffamation et de l'injure.
04:06Là on est dans le harcèlement aujourd'hui, ce qui est encore une différence,
04:09parce qu'éventuellement vous pouvez effectivement considérer injurier ou diffamer,
04:13par ce qu'on veut dire, mais ça n'est pas l'objet du procès d'aujourd'hui.
04:16Aujourd'hui c'est le harcèlement, c'est-à-dire la répétition d'échanges entre des personnes
04:23qui ne sont pas, parce que le problème aussi c'est que ces échanges de tweets
04:30ne sont pas adressés à Mme Macron, on n'a pas envoyé ces tweets à Mme Macron,
04:36c'est des personnes qui échangent entre elles.
04:38Ce n'est pas la même chose que d'être insulté directement.
04:41C'est des échanges publics, oui, si tant est qu'effectivement les échanges sur Internet
04:49aujourd'hui sont considérés comme étant des échanges publics.
04:54Si adverse fait valoir que la liberté d'expression est encadrée par la loi
04:58et qu'elle s'arrête au harcèlement, qu'est-ce que vous répondez à cet argument ?
05:01La liberté d'expression, c'est tout le débat.
05:04Aujourd'hui, on a souvent fait référence à la Constitution américaine,
05:10son article 1 qui est fondamental, qui dit que vous avez le droit de dire ce que vous avez envie de dire.
05:16Aujourd'hui, on est dans un pays où apparemment, on a de moins en moins le droit de dire ce qu'on a envie de dire.
05:21Toutes les libertés sont tous les jours un peu entravées.
05:25Après, les Américains s'en sortent très bien avec cette liberté totale d'expression.
05:30pourquoi notre société à nous devrait la limiter, alors qu'encore une fois,
05:36la Cour d'appel vient de nous dire récemment, la Cour d'appel de Paris,
05:40que c'était un élément fondamental du fonctionnement de la démocratie.
06:00La Cour d'appel vient d'expression, c'est un élément fondamental du fonctionnement de la démocratie.
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