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  • il y a 2 mois

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00:00Revue de presse d'Europe 1 à présent, Olivier Delagarde, avec un choix cornélien ce matin.
00:04Et oui mon cher Dimitri, que vous racontez, que citer aujourd'hui entre la capitulation du gouvernement sur les retraites,
00:10la libération de Boilem Sansal, il y aurait déjà fort à dire, et puis évidemment, évidemment,
00:15tous vos journaux reviennent sur des pages et des pages sur les attentats de Paris et de Saint-Denis.
00:19Dossier le plus souvent remarquable, alors que choisir après la lecture de ces dizaines de papiers,
00:25d'histoires encore ignorées, de ces paroles d'experts, faire notre métier c'est choisir, dit-on.
00:30Alors j'ai choisi l'équipe.
00:33D'abord parce qu'il est très rare que le journal déroge à sa règle d'or ne parler que de sport.
00:39Ensuite parce que le quotidien sportif a choisi de nous raconter en détail ce qui s'est passé au Stade de France ce 13 novembre 2015.
00:47On l'a parfois oublié parce qu'ensuite le carnage du Bataclan a tout emporté,
00:51mais c'est à Saint-Denis que tout a commencé.
00:53C'est au Stade de France où notre équipe nationale de foot affrontait l'Allemagne pour un match amical.
00:57Le stade est plein, François Hollande, alors président, est dans la tribune officielle.
01:01A l'extérieur, trois kamikazes enveloppées de ceintures d'explosifs ont pour mission de se faire sauter.
01:07C'est d'ailleurs ce qu'ils vont faire.
01:08Trois explosions à 21h17, 21h20 et 21h53 en ne faisant qu'une seule victime.
01:16La suite, ce sont les joueurs qui la racontent à Sébastien Tarrago.
01:19On joue, la 17ème minute, lorsque la première explosion retentit.
01:23On pense à une bombe agricole, ça arrive souvent, on se souvient, Blaise Batuidi.
01:27Le bruit ne m'alerte pas du tout, poursuit encore Olivier Giroud.
01:30Trois minutes plus tard, ce n'est plus la même histoire, reprend Batuidi.
01:33La deuxième explosion, je m'en souviens comme si c'était hier.
01:37J'ai le ballon, je le donne à Patrice Evra et là ça pète.
01:40Le bruit n'a absolument rien à voir.
01:42Pat ne regarde même plus le ballon.
01:44Pendant une demi-seconde, le temps s'est arrêté.
01:47Mais les joueurs ne sont pas les seuls à se dire qu'il se passe quelque chose de bizarre.
01:50En tribune officielle, François Hollande a déjà compris.
01:53On apprend que des terroristes se sont fait exploser à l'extérieur
01:55et que des tueries sont en cours à Paris.
01:58Il faut trouver le moyen de maintenir sur place les spectateurs, raconte François Hollande.
02:02Donc que le match continue.
02:04Il faut faire en sorte que les joueurs ne soient pas informés.
02:06Sinon, ils auraient sans doute souhaité d'arrêter le match.
02:08Mais mon autre crainte, c'est qu'il y ait encore des terroristes à l'extérieur du stade,
02:13raconte le président à l'époque.
02:16Tant que le match continue, les gens sont en sécurité.
02:19Pour éviter la panique, on ne prévient pas le public.
02:21On brouille les bornes de raison internet.
02:23Les commentateurs de TF1 ont ordre de continuer comme si de rien n'était.
02:27Mais comment se fait-il qu'il n'y ait pas eu plus de victimes ?
02:30Alors c'est effectivement une énigme.
02:31Et ça reste une énigme.
02:33Et c'est miraculeux.
02:34D'abord, cela paraît incroyable, mais les terroristes se seraient gourés dehors.
02:38Leurs montres étaient à l'heure de Londres.
02:40Ils sont arrivés une heure trop tard.
02:42Et puis, il y a eu le sang-froid de l'un des stadiers que l'équipe a retrouvé.
02:47Il s'appelle Salim Torabali.
02:49Ce soir-là, je travaillais pour la première fois au Stade de France, à Comte-Hille.
02:53J'étais affecté à la porte L.
02:55Un jeune homme s'est présenté à moi.
02:56Il voulait rentrer dans le stade à tout prix.
02:59Il n'avait pas de billet.
02:59Il a essayé de passer le portillon avec un autre spectateur.
03:02Mais je me suis interposé avec mes bras.
03:04C'est à ce moment-là que nous avons conversé.
03:06Je dois rentrer, il faut que je rentre.
03:08Il était calme, mais il semblait désorienté.
03:10C'est ce qui m'a alerté.
03:12L'homme ne réussira pas à rentrer, se fera sauter quelques minutes plus tard à l'extérieur.
03:18Dix ans plus tard, comment vous portez-vous ? interroge Sébastien Tarrago.
03:21Le traumatisme est toujours là, répond l'ancien stadié.
03:25J'ai des faiblesses psychologiques.
03:27J'ai fait une tentative de suicide.
03:29Par son sang-froid, cet homme a sans doute évité un carnage à l'intérieur du stade.
03:33Voilà l'une des très nombreuses histoires que vous pourrez lire ce matin.
03:37Autre chose dans les journaux, pour finir Olivier ?
03:39Non, Dimitri.
03:41Je ne vais pas vous parler de ce petit papier du Parisien, parce que je n'ai pas le droit.
03:44Et pourtant, il est très très sympa.
03:46C'est un papier sur les audiences radio.
03:48La mesure du nombre d'auditeurs se fait quatre fois par an dans notre métier.
03:52Et c'est donc aujourd'hui.
03:52Mais il y a ce qu'on appelle un embargo.
03:56Interdiction d'en dire un mot avant quoi huit heures.
03:58Oui, c'est ça.
03:58Bon, le Parisien s'est assis dessus, mais nous pas.
04:01Donc, je ne vous en parle pas.
04:02Pas la peine de me supplier.
04:04Je ne vous dirai rien.
04:06D'autant que vous savez déjà tout.
04:08Merci beaucoup.
04:09Il a un beau sourire en tout cas.
04:10Ça donne une indication.
04:11Ah oui, non, c'est vrai, c'est vrai.
04:12Merci beaucoup Olivier Delacarde.
04:13Votre revue de presse sur Europe 1 revient tout à l'heure, 9h moins le quart.
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