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  • il y a 3 mois

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00:00On passe à la politique internationale. On aura l'occasion de revenir dans deux jours sur ces attentats du 13 novembre.
00:07Leurs conséquences et la suite et l'actualité également.
00:10Hier à la Maison Blanche, vous avez vu que Donald Trump avait reçu Al-Sharek, le nouveau président syrien.
00:16C'est un ancien djihadiste qui était à la Maison Blanche.
00:20Écoutez ce qu'en pense Catherine Vautrin, ministre des armées et des anciens combattants, sur cette venue du président syrien aux Etats-Unis.
00:27Elle était l'invité de Sonia Mabrouk ce matin sur CNews et Europe 1.
00:30La difficulté pour les dirigeants quels qu'ils soient est d'organiser au mieux la sécurité de nos pays qui nécessitent de discuter.
00:40Ce n'est pas parce que vous recevez, vous travaillez avec quelqu'un que vous recevez forcément votre meilleur ami.
00:45Ne confondons pas des relations qui se font en raison de position de telle ou telle personne et évidemment des relations de partenariat et d'amitié.
00:57D'abord, j'oserais dire que Donald Trump reçoit qu'il veut, ce n'est pas à moi d'en juger.
01:01Mais ce qui est certain, c'est que nous avons une obligation de travailler à l'échelle mondiale.
01:07Malheureusement, les conséquences aujourd'hui de l'instabilité mondiale peuvent être partout, y compris sur nos intérêts nationaux.
01:14Il y avait beaucoup de dossiers régionaux qui ont été abordés lors de cette entrevue entre le président syrien et le président américain,
01:20notamment la levée des sanctions américaines contre la Syrie.
01:24Mais cet homme-là peut-il gagner la confiance de Trump et des Occidentaux plus généralement ?
01:29Xenia Fedorova.
01:31En général, si on regarde cette situation, elle est assez révélatrice.
01:35Pourquoi ? Parce qu'on voit l'ancien terroriste, on peut dire, qui est bienvenu un peu partout dans le monde.
01:42Et pas seulement aux Etats-Unis.
01:43Je pense qu'Emmanuel Macron aussi sert les mains assez chaleureusement et s'embrassait avec lui, si je ne me trompe pas.
01:52Mais en tous les cas, les images étaient assez impressionnantes.
01:55Ça montre aussi à quel point les Etats sont prêts de changer la narrative.
02:01Par exemple, si on parle des Etats-Unis, souvenez-vous qu'à l'époque, Oussama Bin Laden était un héros aux Etats-Unis.
02:07Et en fait, même les CIA, il y a des rapports que les CIA allaient financer contre l'Union soviétique en Afghanistan.
02:14Et après, les Divinus, le tarif numéro un.
02:17Et un peu l'inverse aussi, ce qu'on voit aujourd'hui.
02:19Donc, bien avant les attentats de 2001.
02:21Exactement, bien avant.
02:23On peut regarder les anciens papiers dans les grands médias américains.
02:30Mais ça montre en fait à quel point tout s'est politisé.
02:33Et aujourd'hui, si on regarde à Syrie, ils lèvent les sanctions, mais pas les sanctions, par exemple, pour la coopération entre la Syrie et la Russie.
02:46Donc, il y a cette... je sais qui est géopolitique, comme on peut dire.
02:49Mais il reste un point moral, il reste un point, une question en fait, des morales de tout ça.
02:56Comment c'est possible qu'on oublie en fait tout ce qui était fait par un terroriste ?
03:01Parce que lui, spécifiquement, si je ne me trompe pas, il a participé dans les choses horribles, en fait, dans les massacres.
03:12Oui, dans les exactions sur place.
03:13Exact, exactions. Et je pense qu'il s'était même diffusé.
03:16Donc, pour moi, c'est une grande question.
03:18C'est cette hypocrisie, en fait, qui reste toujours.
03:21C'est ce qu'on appelle, et c'est le principe de la réale politique.
03:24Pour faire simple, oui, je sais, c'est pour faire simple Sébastien Ligné.
03:27Mais est-ce qu'elle n'est pas nécessaire aussi, justement, pour essayer de le ramener dans notre giron ?
03:32Non, mais discuter avec un chef d'État, même s'il est autoproclamé, pour essayer de garantir la sécurité de la région, bien entendu.
03:40Maintenant, il y a une manière de le recevoir.
03:41Est-ce qu'on est obligé de recevoir un djihadiste ?
03:44Parce que c'est le terme qui lui va.
03:46C'est-à-dire qu'un djihadiste qui met un costume cravate, ça reste un djihadiste, pardon.
03:49Est-ce qu'on est obligé de le recevoir à la Maison Blanche ?
03:51Est-ce qu'on est obligé de le recevoir à l'Élysée ?
03:53Pas de presse, pas de conférences, pas de photos, pas eu...
03:57Voilà, il y a eu... Non mais...
03:58Je vous donne les conditions.
04:00J'entends, mais je trouve que symboliquement, ça reste quand même un message assez catastrophique.
04:04Parce que soit on est extrêmement naïf sur ce personnage et on pense sincèrement que l'homme a évolué et que c'est devenu un grand démocrate.
04:10Moi, je n'y crois pas une seule seconde.
04:12Soit on fait une erreur géopolitique parce qu'on entend beaucoup de gens qui nous disent
04:16« Oui, mais on a toujours fait ça avec les pays arabes, même quand c'était à l'époque Kadhafi, Saddam Hussein, Moubarak,
04:22on discutait avec ces dictateurs-là. »
04:25Mais pardon, mais il y a une différence majeure avec les dictateurs de cette époque et M. Al-Shara,
04:29c'est que vous prenez Saddam Hussein, vous prenez Kadhafi,
04:32c'était certes des dictateurs, mais ils étaient déjà laïcs.
04:35Ce qui change beaucoup de choses.
04:36Ils n'étaient pas dans une guerre civilisationnelle, religieuse, comme Al-Shara l'a été, notamment en Irak.
04:41Je rappelle que cet homme-là a été condamné et il a fait de la prison en Irak après 2003.
04:47Il a fondé des organisations terroristes qui sont considérées comme telles par les États-Unis.
04:52Je ne peux pas mettre un signe d'égalité entre les relations géopolitiques de l'époque,
04:57de l'ancien Irak ou avec l'Égypte, etc. et ce qu'on fait aujourd'hui.
05:01Là, on parlait des terroristes quand même, ce n'était pas le cas à l'époque.
05:04Donc il ne faudrait pas, selon vous, si je suis heureusement,
05:06qu'il y ait une sorte de cordon sanitaire et qu'on ne leur parle pas.
05:10Mais ça aussi, ça peut être contre-productif.
05:11Il peut y avoir des discussions de renseignement à renseignement,
05:14des discussions privées, comme ça existe avec tous les États du monde.
05:17Mais pas des rencontres...
05:18Des rencontres formelles, officielles, dans les lieux de pouvoir,
05:22que ce soit à Paris ou à Washington, même s'il n'y a pas de caméra, s'il n'y a pas de presse,
05:25vous envoyez un message qui est, selon moi, assez dramatique.
05:29Je suis absolument d'accord avec vous,
05:31parce qu'on a vu cet personnage à l'ONU, en fait, même faire les discours à l'ONU.
05:37Donc ça les donne une place qui, pas seulement, ne les mérite pas,
05:42mais en fait, cette hypocrisie après toutes les attaques terroristes,
05:46les Bataclan, on peut parler de ça aussi.
05:48C'est juste quel message ça donne, en fait, à tout le monde.
05:53Et pour moi, je suis d'accord avec le fait qu'il faut avoir les échanges, c'est sûr.
06:01Surtout quand il y a les intérêts directs.
06:04Par exemple, c'était hyper compliqué pour les Russes d'accepter un échange
06:08entre Vladimir Poutine et lui,
06:09parce que c'est la Russie qui, en fait, a battu contre les jihadistes en Syrie.
06:14Et à un moment, ces messieurs arrivent à Kremlin, et ça choque tout le monde.
06:18Et on voit, c'était pas la même image comme avec Emmanuel Macron,
06:21c'était pas chaleureux du tout.
06:22Mais à moi, il y a une base militaire en Syrie,
06:27qui est dans la base militaire russe,
06:29et les questions de la future de cette base
06:32posent une question géopolitique, stratégique, militaire,
06:36dont on peut comprendre les échanges.
06:38Mais en tous les cas, pour les gens comme nous,
06:40pour les personnes qui sont pas politisées,
06:43politiques, c'est compliqué, c'est dur à accéder.
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