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00:0013h-14h, Europe 1 Info.
00:02Avec Lélie Mathias sur Europe 1, il est 13h18 lors d'accueillir vos deux chroniqueurs du jour,
00:07Clélie, le journaliste Yvan Riaufol et le journaliste politique à CNews, Thomas Bonnet.
00:10Bonjour à tous les deux, soyez...
00:12Bonjour Clélie, bonjour à tous les deux.
00:14Alors, on attend d'une minute à l'autre, ou plutôt d'un quart d'heure à l'autre maintenant,
00:18la décision de la Cour d'appel de Paris sur une remise en liberté ou non
00:21de l'ancien président de la République, Nicolas Sarkozy.
00:25Mais avant cela, on va parler de cette lettre secrète
00:28qui date du 6 avril 2024, qui a été révélée hier dans un documentaire diffusé sur France 5,
00:35le documentaire C'est dans l'air,
00:36et dans lequel Bruno Le Maire alertait le président sur le dérapage des comptes publics.
00:42Écoutez Caroline Michel-Aguire, grand reporter au Nouvel Obs,
00:45sur cette lettre donc à envoyer Bruno Le Maire.
00:47Bruno Le Maire, en gros, ce qu'il dit dans cette lettre, c'est
00:50« la situation est hors de contrôle ».
00:52Donc il valide le fait que ce qu'il a dit le 18 février à la télévision
00:57« On va quand même y arriver en gelant 10 milliards de crédits ».
01:02Le 6 avril, il sait que ça ne marche pas.
01:04Ce n'est pas suffisant.
01:05Nous sommes quand même deux mois avant les élections européennes.
01:08Il y a un risque constitutionnel que les oppositions,
01:12les députés, accusent le gouvernement d'avoir caché sa copie.
01:17Alors Caroline Michel-Aguire, qui était dans ce documentaire,
01:19qui a été diffusé hier soir sur France 5,
01:22Thomas Bonnet, quelle avait été votre réaction quand vous avez entendu cela ?
01:27Je n'ai pas été surpris plus que ça,
01:29parce qu'on avait eu vent des alertes de Bruno Le Maire à destination d'Emmanuel Macron
01:33qui n'avaient pas été suivies.
01:35Après, je pense que plus on va découvrir d'informations autour de cette affaire,
01:38plus on va se rendre compte que c'est un véritable scandale.
01:40En effet, parce qu'entre le mois de février et le mois d'avril,
01:43Bruno Le Maire change complètement de version.
01:46Il a face à lui un président de la République
01:48qui ne semble pas très inquiet, outre mesure, par cette situation,
01:51en disant même un projet de loi rectificatif.
01:53Pas très attentif, oui.
01:54Un projet de loi rectificatif, je ne vois pas bien l'intérêt.
01:56Bon, il balaie ça d'un revers de la main.
01:58Et c'est vrai qu'on ne peut pas s'empêcher de relever
02:00qu'il y a eu les élections européennes quelques semaines après,
02:04et même la dissolution ensuite.
02:05Donc, effectivement, tout ça se télescope.
02:08Je précise quand même qu'on n'a pas attendu avril 2024
02:10pour se rendre compte de la dérive des finances publiques.
02:12Je rappelle que le bilan de la Macronie, en termes de budget,
02:15c'est plus 1300 milliards d'euros de dettes.
02:17Donc, ça précède largement ce mois d'avril 2024.
02:20Yvan Ayofolle, il y a plusieurs choses que l'on apprend
02:22et qui paraissent étonnantes.
02:25C'est le mot que j'utilise, mais vous allez voir si vous utilisez le même.
02:28Sur la manière dont on gère l'État.
02:30Parce que Bruno Le Maire dit,
02:31début 2023, nous engageons, à ma demande,
02:34le rétablissement des comptes publics, économie par économie.
02:36C'est très difficile.
02:37Et un matin, j'allume ma radio
02:39et j'entends que la Première Ministre, Elisabeth Borne,
02:41avec qui j'entretiens de bonnes relations, dit-il,
02:43a décidé d'augmenter le point d'indice des fonctionnaires,
02:46coût de la mesure en année pleine, 7,8 milliards d'euros.
02:49Ça, c'est déjà ce qu'il dit.
02:50Donc, ça veut dire qu'en gros,
02:51ils ne sont pas au courant des décisions qui sont prises,
02:53ce qui paraît quand même pour le moins étonnant.
02:55Autre chose, il dit,
02:56vous savez, en Conseil des Ministres, on ne discute pas.
02:59C'est un lieu où on fait passer des nominations,
03:00ironise-t-il,
03:01comme il n'y a pas de secret dans le Conseil des Ministres
03:03et que dès que vous dites quelque chose,
03:05ça se retrouve dans le canard à enchaîner,
03:06il vaut mieux se taire.
03:08Et ça paraît assez hallucinant.
03:10C'est tout à fait désarmant de se rendre compte.
03:12Il y a plusieurs autres témoignages sur d'autres dossiers,
03:14comme sur le nucléaire, par exemple,
03:16où Arnaud Montebourg nous avait dit,
03:17avait déclaré que sur les grandes décisions d'abandonner
03:20le programme nucléaire,
03:21avait été pris sur un coin de table.
03:22Et c'est un petit peu toujours ce sentiment qui apparaît
03:24quand vous creusez un peu la manière
03:26dont la gestion de l'État est menée,
03:29à travers effectivement des réunions secrètes,
03:33avait des sortes d'improvisation,
03:35en tout cas d'un manque de participation des spécialistes,
03:39et je ne parle même pas des Français eux-mêmes,
03:41qui sont tenus au courant,
03:42qui sont tenus à l'écart précisément.
03:44Et puis au bout du compte,
03:45cela donne effectivement ce monde à irresponsabilité illimitée
03:48où face à un désastre budgétaire tel que nous le connaissons là,
03:52ni le Président de la République,
03:53ni le Ministre de l'Économie
03:54ne cherchent à assumer leurs propres responsabilités
03:57et au contraire,
03:58appliquent ce qui est la stratégie d'Emmanuel Macron en tout point,
04:02qui est celle de la défausse.
04:03C'est-à-dire qu'Emmanuel, pour Emmanuel Macron,
04:04ce n'est jamais de sa faute.
04:05Vous remarquerez que depuis le début de son mandat,
04:08quoi qu'il arrive,
04:08lui-même s'exonère de ses propres responsabilités,
04:10sauf qu'effectivement,
04:11cet exemple qui vient du haut,
04:13est en répercussion,
04:14est appliqué également,
04:15en tout cas au Ministre de l'Économie,
04:17qui lui dit non plus,
04:18ne veut pas assumer ses fautes.
04:19s'il savait effectivement
04:20qu'il y avait une dérive des comptes,
04:21s'il y avait une dérive des comptes telles,
04:25un homme politique sensé démissionne.
04:28Alors, on a répondu à la question,
04:29il a dit,
04:30ça ne m'a jamais traversé l'esprit,
04:31j'avançais pas à pas avec des défaites,
04:34mais aussi des petites victoires
04:35pour le rétablissement des comptes publics.
04:37Voilà ce qu'il dit.
04:37Donc, ce sont des gens
04:38qui s'accrochent à leur poste,
04:39qui n'ont pas d'autre intérêt
04:42que leur propre survie,
04:43et qui, dans le fond,
04:44se désintéressent effectivement
04:46de la manière dont ils gèrent,
04:48d'une manière épouvantable,
04:49en tout cas le budget de l'État
04:51pour reprendre leurs propres spécialités.
04:53Je rappelle qu'Emmanuel Macron
04:55était censé d'abord être issu
04:57du monde de la finance,
04:58ancien banquier,
04:59Mozart de la finance,
05:00enfin, je ne vous rappelle pas
05:01toutes les dithiérambes
05:03qui avaient été dressées à son compte.
05:05Alors, je ne dis pas
05:06qu'il a mal géré surtout,
05:07mais en tout cas,
05:08je suis obligé de voir
05:09que sur le déficit,
05:10il l'augmentait de plus de 1 000 milliards.
05:12C'est ce qu'a rappelé Thomas Bonnet.
05:14Donc, c'est tout à fait indéfendable
05:15et vous ne pouvez pas dire
05:16que ce n'est pas de sa faute,
05:17que c'est de la faute des Français,
05:18que c'est de la faute de ceux
05:18qui ont réclamé du quoi qu'il en coûte.
05:20Ce n'est pas vrai.
05:21Les Français ne demandaient pas tant
05:22et il y a eu une fuite en avant,
05:24en tout cas du président de la République,
05:25cautionnée par son ministre
05:26de l'économie de l'époque.
05:28Écoutez, Éric Coquerel,
05:29débuté Léfi de la Seine-Saint-Denis,
05:30président de la Commission des Finances,
05:31qui a dénoncé une omission d'État.
05:34C'était ce matin sur BFM TV.
05:36C'est clair que Bruno Le Maire
05:37avait non seulement alerté
05:39sur la dérive des comptes publics,
05:40mais il avait demandé,
05:42comme moi d'ailleurs,
05:42un projet de loi rectificatif.
05:44Et il n'a pas eu gain de cause.
05:45Il y a eu cette lettre,
05:46mais il y en a eu une autre
05:47qui est passée plus inaperçue.
05:49Une lettre qu'il a écrite
05:50à Elisabeth Borne,
05:51juste avant qu'Elisabeth Borne
05:52annonce un 49-3
05:54sur le budget de l'État.
05:55Il dit la même chose.
05:56Il annonce même
05:57qu'il va très certainement falloir
05:58annuler 10 milliards d'euros
06:00supplémentaires
06:01par rapport au budget
06:03dont on est en train de discuter.
06:05Et il n'y a pas eu un mot
06:06d'Elisabeth Borne
06:07dans cette présentation
06:08de son budget à l'Assemblée.
06:09Il y a une omission d'État.
06:10Il y a eu des alertes
06:11en tous les sens
06:12et rien n'a été suivi des faits.
06:14Alors, une omission d'État,
06:15mais ça veut dire
06:15quelles conséquences qu'elles suivent,
06:17Thomas Bonnet ?
06:17Aucune.
06:18Je vous rappelle quand même
06:19que Bruno Le Maire
06:20a failli être ministre
06:21la dernière fois,
06:22ministre des Armées.
06:23Il figurait dans le gouvernement.
06:24Il a été quelques heures.
06:25Oui, alors oui, je dis failli.
06:26Il a été, vous avez raison.
06:2714 heures.
06:2714 heures, pour être précis.
06:28Il a été ministre des Armées.
06:29Non mais, ça dit tout.
06:30Je trouve que cette nomination,
06:31elle dit tout.
06:32Ils vont parler du fait
06:33qu'il n'y a pas de remise en question,
06:34pas de mea culpa.
06:35Et c'est le symbole même,
06:36c'est l'illustration,
06:37c'est la marque de fabrique même,
06:38j'allais dire,
06:38de la Macronie
06:39de ne jamais se remettre en question.
06:41Si bien qu'on peut nommer
06:41ministre aujourd'hui
06:43quelqu'un qui a failli hier.
06:45Non, lui, il dit qu'il n'a pas failli.
06:53J'en parle partout.
06:54Moi, je trouve que la question
06:55des finances publiques,
06:56elle demande mieux,
06:56elle demande un peu plus de rigueur
06:58que l'amateurisme
06:59qui nous éclate au visage
07:00en ce moment.
07:01C'est de la même manière
07:01quand François Bayrou dit
07:02se fait le chantre de la dette
07:04pour des raisons politiques
07:05parce qu'il sait très bien
07:06qu'il n'a aucun avenir politique.
07:08Tout ça mérite mieux.
07:09On voit d'ailleurs
07:09qu'ils sont en train de lâcher.
07:10Tout cela a des conséquences
07:11sur les Français.
07:11Oui, mais regardez,
07:12ils sont en train de lâcher
07:12sur la réforme des retraites.
07:14Donc, si vraiment,
07:14ils avaient à cœur
07:15la question de la dette
07:16des finances publiques,
07:17ils s'y prendraient autrement.
07:19Évan Riaufol.
07:20On reproche au populisme
07:22de s'être construit
07:23sur une critique exacerbée
07:25des élites et de leur bilan.
07:26Mais on est obligé
07:26de remarquer malgré tout
07:28que ce populisme-là
07:29a beaucoup d'arguments
07:29à faire valoir
07:30quand on voit effectivement
07:32le bilan qui est laissé
07:33par ces élites
07:34qui ont eu la prétention
07:35de gouverner la France
07:36au profit de la France.
07:38On voit bien qu'il y a eu
07:39quand même une succession
07:40d'amateurisme
07:41de mon point de vue
07:42et qui en tout cas
07:43remettent en cause
07:44la responsabilité
07:46de ces élites-là
07:46qui ne veulent pas
07:47précisément rendre des comptes.
07:49Je pense qu'il faudrait
07:49aller au bout
07:50de ce raisonnement
07:50et susciter peut-être
07:52des commissions d'enquête
07:52parlementaires,
07:53peut-être voire même
07:54des demandes...
07:56Il y en a beaucoup
07:56déjà des commissions
07:57d'enquête parlementaires.
07:58Il y en a eu
07:58précisément sur ce sujet
07:59mais ça n'a pas abouti
08:00à la chose.
08:00Peut-être en faudrait-il
08:01d'autres qui aboutissent
08:02cette fois-ci,
08:03voire même peut-être
08:03des mises en cause judiciaires
08:05s'il y a vraiment
08:05des abus de confiance,
08:06s'il y a des malversations,
08:08s'il y a des dissimulations
08:09parce que malgré tout...
08:10Alors là on ne parle pas
08:11de malversations
08:12ni de...
08:12Ce n'est pas le cas.
08:13On n'en parle pas de rien du tout
08:14pour l'instant naturellement.
08:15Il y a une sorte d'omerta
08:16sur la manière
08:16dont la France est gérée.
08:17Le moindre comptable,
08:19le moindre particulier
08:20est sommé
08:21dès qu'il fait une dépense
08:23suspecte de l'avoir
08:25à rendre des comptes
08:25et là effectivement
08:26on ne demande
08:27à rendre des comptes
08:28à personne visiblement
08:29puisque ce sont eux
08:30qui font la loi.
08:30Donc il y a quand même là
08:32une sorte d'irritation
08:33qui gagne l'opinion
08:34et qui voit bien
08:35qu'il y a un monde à part
08:36qui se permet tout
08:37et qui ne rend pas de compte
08:37et donc ceci attise.
08:41Je ne suis pas contre
08:42naturellement les élites.
08:43Je pense qu'on a besoin d'élites
08:44mais il faudrait que les élites
08:45soient exemplaires.
08:46Il y a plus de quoi ?
08:47Un principe de responsabilité
08:48qui s'applique davantage ?
08:49Un principe de responsabilité
08:50et d'un principe de cohérence
08:52d'un principe de transparence
08:53d'un principe d'honnêteté intellectuelle.
08:55Là c'est de la malhonnêteté intellectuelle
08:56que de dire
08:56moi j'avais écrit une lettre
08:57pour dire qu'on allait dans le mur
08:59mais je suis quand même
09:00resté à mon poste
09:01parce que la soupe est bonne.
09:02Vous voyez il y a quand même
09:02quelque chose qui est incohérent.
09:03Il règle ses comptes là
09:05Bruno Le Maire ?
09:06Non je ne suis pas sûr
09:07qu'il règle ses comptes.
09:08Il se dévalorise lui-même moralement.
09:11Il a été 14h ministre des armées.
09:13Il essaie de se racheter
09:14une image aussi.
09:15Je pense qu'il essaie de dire
09:16regardez moi j'ai alerté
09:17mais encore une fois
09:18un peu tard quand même.
09:19Alors Nicolas Sarkozy
09:20va-t-il sortir de prison aujourd'hui ?
09:22C'est la question
09:23laquelle sont en train
09:23de trancher les jurés
09:24de la cour d'appel de Paris.
09:26La demande de mise en liberté
09:27a été déposée par l'ex-chef de l'État
09:29qui je vous le rappelle
09:30a été condamnée
09:31dans le dossier libyen.
09:32Elle est en train d'être examinée.
09:34Le parquet a requis sa remise en liberté
09:36sous contrôle judiciaire.
09:37On devrait avoir la décision
09:38d'ici une poignée de minutes.
09:40On va suivre ensemble.
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