Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 2 mois
Le directeur général de la BBC, Tim Davie, et la directrice de l'information, Deborah Turness, ont annoncé leur démission après une polémique autour du montage d'un discours de Donald Trump.

Catégorie

📺
TV
Transcription
00:00On le disait dans le journal, un énorme scandale à la BBC.
00:04La BBC, c'est l'équivalent de France Télévisions, Radio France en Angleterre.
00:09C'est la chaîne de télévision et de radio publique des Britanniques.
00:14Et c'est un coup de tonnerre.
00:15Et qui se définit toujours comme le gold standard en matière de journalisme.
00:19C'est une référence. Au fond, jusqu'à présent, en tout cas, c'était une référence.
00:22Et voilà que le grand patron de la BBC a démissionné,
00:26que la directrice de l'information, c'est-à-dire l'équivalent des directrices de toutes les rédactions,
00:31a également démissionné.
00:32Et Stéphane et Géraldine, je vous entendais pendant le journal,
00:35c'est vraiment une question qui ne vous paraît pas du tout anodine.
00:38Stéphane.
00:38Ce n'est absolument pas anodin.
00:40D'abord parce qu'on a fait dire au président Trump des choses qu'il n'avait pas dites
00:43dans un discours qui, dans l'histoire américaine, est fondamental.
00:46On parle d'une incitation à attaquer le Congrès.
00:50En fait, disons, il faut être très précis sur ce qui s'est passé.
00:52Je peux même vous en faire la lecture.
00:54Il y a un certain nombre de choses qui sont reprochées à la BBC,
00:56mais d'abord...
00:56Il y a une enquête interne qui est demandée justement
00:58parce qu'on se pose des questions sur la manière de faire.
01:02Ça touche la couverture de la guerre à Gaza,
01:05ça touche la couverture des enjeux trans
01:07et ça touche la couverture de la présidence Trump.
01:11Or, évidemment, l'affaire Trump est conséquente.
01:13On fait dire au président quelque chose qu'il n'a pas dit.
01:16On a fait un montage, en gros, à la BBC.
01:18Alors, si vous le voulez, je vous lis.
01:20Allez-y, prenez le temps, ça vaut la peine.
01:21On va aller au Congrès et on va applaudir et encourager
01:32nos braves sénateurs, congressmans, députés.
01:34Ça, c'est ce qu'a vraiment dit Donald Trump.
01:37Et on a des milliers de caméras qui tournaient ce jour-là.
01:40Donc, on sait que c'est ce qu'il a dit.
01:42Le montage présenté dans Panorama,
01:45qui est un peu aussi...
01:46Alors, c'est le ligne rouge plus-plus de la BBC.
01:49C'est la référence en matière d'enquête
01:51et de reportage en Angleterre.
01:53We're going to walk down to the Capitol.
01:55Alors, ce segment demeure.
01:55Donc là, le début est là.
01:57Nous allons marcher sur la capitale.
01:58I'll be there with you.
01:59Je vais vous accompagner.
02:00C'est donc un autre segment de ce discours
02:02qui a été découpé, Emila.
02:03Qui a été pris.
02:04And we fight, we fight like hell.
02:07On se bat, on se bat comme en enfer.
02:11Et le mot fight est répété 20 fois.
02:14Et on a vraiment le sentiment,
02:17en regardant l'extrait,
02:18d'un appel à l'insurrection violente au Capitole.
02:21Ce qui n'est pas arrivé.
02:23Donc, c'est une construction, quoi.
02:26C'est une construction sous prétexte de journalisme.
02:28Et ce qui est plus bluffant,
02:29c'est qu'on a eu à attendre que le télégraphe fuite,
02:31parce que cette enquête a permis de montrer,
02:33finalement, qu'ils ont fait un montage.
02:34Or, nous savions tous, collectivement,
02:37que la réalité était qu'il avait dit autre chose,
02:40qu'il n'avait pas dit ça.
02:41Mais ça a pris des mois avant que la BBC constate
02:45que le réel n'était pas ce qu'ils avaient rapporté.
02:48Ça pose une vraie question aujourd'hui.
02:49Sur les questions de France, on parle...
02:51Mais on parle, par exemple, à l'antenne,
02:54de personnes enceintes.
02:56Pas de femmes enceintes, mais de personnes enceintes.
02:59C'est les trois points.
03:00Vous disiez, les trois points pour lesquels la BBC est dans le viseur,
03:03c'est le traitement du conflit à Gaza,
03:05la question trans et Donald Trump.
03:07Non, mais je reviens là-dessus parce qu'il y a eu le prétexte.
03:11Trump, ça, c'est clairement le prétexte,
03:13qui fait que, là, voilà,
03:14comme il y a aussi des pressions internationales
03:16qui s'ajoutent à ça, aux critiques internes,
03:19le prétexte est celui-ci.
03:21Mais ce n'est pas du tout l'élément...
03:23La crise est beaucoup plus profonde.
03:24La crise est vraiment très profonde.
03:26Si vous voulez, sur les biais du traitement de la guerre à Gaza,
03:30il y a des choses, quand même,
03:32qui sont documentées dans ces rapports internes
03:34et qu'on a tous vues à l'époque où ça s'est produit.
03:36Le fils de leader du Hamas.
03:37Notamment, ils ont fait un documentaire
03:39dans lequel le narrateur était présenté
03:42comme quelqu'un de parfaitement neutre.
03:43On apprend après coup que c'était le fils
03:45de l'un des leaders du Hamas.
03:47La BBC a dû, évidemment, s'excuser.
03:49Au moment, mais ils ne l'avaient pas dit.
03:52Donc, choque en interne.
03:54Je ne dis pas simplement extérieur,
03:55mais en interne, énormément de salariés de la BBC
03:58étaient profondément choqués.
04:00Il y a eu ce festival de musique de Glastonbury
04:03durant lequel il y a eu des chants anti-israéliens
04:06assez violents.
04:07La BBC a fait le choix de les diffuser
04:09très longuement en direct,
04:11sans couper ses séquences.
04:13Ils ont reçu des milliers de plaintes
04:15de leur public.
04:17Et, en fait, il y a eu documenté
04:19plus de 200 cas de reportages falsifiés
04:24pour lesquels la BBC a dû s'excuser
04:27et les modifier ensuite.
04:30Donc, ça fait quand même beaucoup, beaucoup.
04:32Et derrière, Géraldine, il y a une direction
04:34qui dit qu'on est navré de la démission
04:36de notre directeur général.
04:37On est navré du départ de la patronne de l'Info.
04:40Mais nous considérons toujours faire l'information
04:43en vertu des plus hauts standards,
04:45ce qui est quand même aberrant.
04:47Et je reviens sur l'affaire Trump
04:48parce que c'est un tropisme,
04:50je ne dirais pas un trumpisme,
04:52dominant depuis très longtemps à la BBC.
04:55La télévision publique ne sert pas l'information
04:58et ne sert pas non plus,
05:00s'il y a une volonté d'opposition,
05:02ne sert pas ceux qui veulent s'opposer à Trump.
05:04Et dans un sens, j'ai envie de vous dire
05:05que c'est un cadeau fait à Trump.
05:06Franchement, c'est un cadeau fait à Trump.
05:08Bon, alors je vais me faire l'avocat du diable
05:09un instant.
05:09Je ne vais certainement pas défendre la BBC
05:11et tout ce que vous venez de dire.
05:13Indéfendable là-dessus.
05:13Actuellement, la BBC est indéfendable
05:15d'avoir falsifié des documents.
05:17Mais pardon, si on prend un tout petit peu de recul,
05:19s'entendent donner des leçons de journalisme
05:22par Donald Trump,
05:23qui a quand même érigé les fake news
05:25en mode de conquête du pouvoir
05:27et en mode d'exercice du pouvoir
05:29ces matins, midi et soirs,
05:30permettez-moi de sourire un tout petit peu.
05:32Mais attendez, c'est pas tout, je vais aller au bout.
05:34Pour moi, ça accentue la faute de la BBC.
05:38Deuxième chose quand même,
05:40Stéphane disait à juste titre,
05:42on a mêlé des éléments d'un discours
05:44pour en faire une vérité.
05:46Très bien, c'est condamnable sur le plan journalistique.
05:48Mais pardon, il faut quand même aller jusqu'au bout.
05:51Il y a bien eu une procédure judiciaire
05:52sur ce qui s'est passé au Capitole.
05:54Les faits sont constitués
05:55et les procédures judiciaires ont été arrêtées
05:57parce que Trump a été élu.
05:59Il ne faut pas se constituer au moment du reportage.
06:01Alors attention.
06:02Je dis maintenant, aujourd'hui,
06:04on sait ce qui s'est passé au Capitole,
06:06ça a été documenté.
06:07Mais Laurent, on ne peut pas transformer un discours.
06:10Oui, d'accord.
06:10On ne peut pas transformer un discours
06:12et se dire après,
06:13ben voyez, en fait, on avait l'intuition que...
06:16Et plus encore, Laurent,
06:17le président, il n'est pas journaliste.
06:19Alors oui, évidemment,
06:20il a une communication tous azimuts
06:23qui mène les fake news et autres choses.
06:26C'est notre boulot à nous.
06:27Pour moi, dans cette période...
06:27C'est une autre chose, Stéphane,
06:28je parle sous ton contrôle,
06:29mais est-ce que par hasard,
06:31par hasard,
06:32la direction de la BBC
06:33n'aurait pas démissionné
06:34à la demande de Trump ?
06:36Non.
06:36Alors ça, clairement, personne n'a dit qu'il n'y a pas de démission
06:40pour faire plaisir à la maison.
06:42Mais Laurent, même s'il n'y avait pas de demande de Trump,
06:43qu'il y a 200 faits d'articles et de documents
06:48falsifiés,
06:50ça fait bien longtemps qu'ils auraient dû démissionner.
06:52J'ai commencé en disant
06:53que je ne défendais pas ce vote de journaliste.
06:56Et je dis juste
06:56parce que la demande de la Maison-Blanche
06:58n'est pas aussi un critère.
06:59Il y a une demande populaire aussi.
07:01Et c'est vrai, je te dirais,
07:02ça se passe au Canada,
07:03ça se passe en France,
07:04à l'endroit des télépublics.
07:05Non, mais dans un moment...
07:06La leçon qu'on peut en tirer,
07:07c'est que c'est quand même un séisme aussi
07:09dans une grande démocratie.
07:11La BBC, c'est plus de 5 milliards de budget,
07:1410 000 employés,
07:15c'est 9 chaînes de télévision,
07:17c'est 10 radios nationales,
07:1940 radios locales.
07:20C'est quand même un mastodonte
07:23qui a aujourd'hui une crédibilité
07:26qui est en lambeau.
07:27Et dans une période aujourd'hui
07:29de manque de confiance,
07:31je trouve qu'on doit être
07:31encore plus irréprochable.
07:34Et c'est donc d'autant plus détestable.
Écris le tout premier commentaire
Ajoute ton commentaire

Recommandations