00:0016h-18h, Pascal Praud sur Europe 1.
00:04Sarah Salmanella, Christophe Bordet, Georges Fenech, Gauthier Lebrecht et Olivier Guenegg.
00:08Vous avez entendu Emmanuel Macron, il a pris la parole aux assises de l'économie de la mer à La Rochelle en Charente-Maritime
00:13et il a dit qu'on ne rend pas un pays heureux quand on empêche ses champions d'aller conquérir de nouveaux marchés.
00:20Il a parfaitement raison. Écoutons le Président de la République.
00:22Nous devons garder, et c'est le cas, nos ambitions commerciales.
00:26Et là aussi, je le dis, dans un moment où on voit ressurgir des discours qui m'étonnent,
00:32mais on ne grandit pas un pays en attaquant ses champions.
00:35On peut avoir des débats, ils sont toujours légitimes, ils sont nécessaires dans la vie d'un pays
00:38pour avoir une croissance juste, trouver les bons équilibres.
00:42Mais on ne rend pas les gens plus petits quand on empêche les plus grands d'avancer.
00:45On ne rend pas un pays plus heureux quand on empêche ses champions d'aller conquérir de nouveaux marchés.
00:50Il parle d'or, mais comme il a tout fait pour arriver à la situation qu'on connaît,
00:56c'est exactement la métaphore du cyclisme.
01:01Si vous empêchez Bernard Hinault, vous n'avez que le peloton.
01:05Et c'est évidemment Bernard Hinault qui tire le peloton,
01:09qui fait que le peloton va aller plus vite.
01:12Si vous découragez les gens qui ont un peu plus d'initiative que les autres,
01:17pourquoi pas un peu plus de talent, pourquoi pas un peu plus d'énergie,
01:19pourquoi pas ?
01:20Si vous les découragez...
01:22Pardonnez-moi.
01:26C'est l'émotion.
01:27C'est l'émotion.
01:28Mais parce qu'on tousse...
01:30C'est les frimas.
01:32Bon, si vous découragez les gens...
01:34C'est quoi les frimas ?
01:35Vous savez pas si vous êtes qu'un frima ?
01:36Non, moi je ne demande plus rien après, voilà.
01:39Vous avez toujours cette ère d'être condescendant quand on ne sait pas quelque chose ?
01:45Est-ce que c'est qu'un frima ?
01:46Eh ben j'ai le droit de vous dire ce que c'est un frima ?
01:48Personne qui ne s'écoute non plus, c'est Christophe Bordet.
01:51Allez-y, Christophe, expliquez-le.
01:53Enfin, tout le monde connaît ça.
01:54Mais non, mais c'est quoi les frimas ?
01:55On sait très bien que...
01:56C'est les froides, le fleurs.
01:58Mais allez, il ne savait pas ce que c'était.
01:59Mais bien sûr que si.
02:01Ouais, c'est facile de dire bien sûr que si, une fois que ça a été désodoré.
02:03On n'a pas le temps de répondre.
02:04On ne peut pas parler ou pas bébé.
02:05On leur a un souffleur.
02:06Frima, c'est un mot simple.
02:09Mais pourquoi vous nous parlez comme ça quand on ne sait pas quelque chose ?
02:12Mais parce qu'il ne savait rien, il faut lire de la poésie.
02:14Mais là, vous savez que c'est bien d'apprendre aux autres.
02:16A la limite, vous insulter Sarah et Olivier, c'est pas très grave.
02:19Il faut apprendre les jeunes.
02:21Moi, je suis resté quasiment en retraite de cette séquence.
02:23Mais les auditeurs, qui ne savent pas ce qu'un frima,
02:26ils se sentent insultés par le comportement que vous avez.
02:28Tu vas bien s'évanimer une émission ?
02:30Je peux vous dire que tous les gens...
02:33Tiens, en régie.
02:34Mais c'est facile.
02:36En régie, qui ne connaît pas le mot frima ?
02:39Bon, aucune...
02:40Les premiers froids de l'hiver.
02:43Oh là là là !
02:44Du malhonnêteté intellectuelle.
02:46Je vous assure que tous les gens qui nous écoutent connaissent le mot frima.
02:50Tous !
02:50Sauf nous deux !
02:52Mais parce que vous êtes la jeune génération,
02:54et c'est très intéressant d'ailleurs...
02:55La prochaine pédoirie, vous parlerez des frimas.
02:57C'est bien, parce que vous êtes la nouvelle génération.
03:00Vous êtes bête, c'est très intéressant.
03:02Ce frimas générationnel est insupportable.
03:05Bon, donc...
03:06Pardonnez-moi, je toussais.
03:08Les frimas de...
03:08Les frimas.
03:09Les frimas...
03:10De l'automne.
03:10Les frimas.
03:11Pas les frimeurs, les frimas.
03:13Les frimas.
03:13Oh non.
03:14Bon, les frimas.
03:14Bon.
03:16Eh bien, si vous enlevez, donc...
03:18Si vous découragez ceux qui ont effectivement un peu plus de talent, d'énergie que celles...
03:23Vous venez de me décourager.
03:24Pardon ?
03:24Vous venez de me décourager.
03:25Non, j'ai dit ceux qui ont plus de talent.
03:28J'ai fait exprès.
03:30Si, vous voulez.
03:30Arrête, arrête.
03:31Il faut au contraire les encourager.
03:32Et ce qu'a dit Emmanuel Macron, il parle dehors, Gauthier.
03:34Alors, il y a deux choses dans ce que dit Emmanuel Macron.
03:36On peut voir qu'il cible la taxe Zuckman qui n'a pas été adoptée au Parlement.
03:41Mais on peut voir aussi cette pluie de nouvelles taxes qui sont tombées sur les multinationales.
03:46Et là aussi, évidemment, il y a un risque pour l'attractivité de la France.
03:49On se souvient de ce sommet lancé par Emmanuel Macron il y a plusieurs années,
03:53qui s'appelle Choose France, qui a lieu tous les ans à Versailles.
03:56Si vous bombardez de taxes les multinationales, et là, il y a eu une alliance de circonstances,
04:01excusez-moi de le dire, entre le Rassemblement National et la France Insoumise,
04:05ce qui a fait dire à Bruno Rotaillot sur Twitter que ce débat a eu une vertu,
04:10voire que l'ERN était capable de s'allier avec la France Insoumise pour taxer un peu plus les multinationales.
04:16Et là commence un débat, parce que vous avez vu dans la tribune de Jordan Bardella hier...
04:20Zemmour a dit la même chose.
04:21Pardonnez-moi sur les multinationales, Zemmour a dit exactement la même chose.
04:25Il a dit que les GAFAM devaient payer la même chose que le boulanger du coin.
04:29Alors vous n'avez pas vu les derniers tweets d'Éric Zemmour,
04:30parce que les derniers tweets d'Éric Zemmour et de Sarah Knafo sont très sévères
04:33à l'endroit des votes du Rassemblement National.
04:35Mais je vous répète, là, il y a une forme ou d'incompréhension,
04:39ou une volonté de raconter un peu n'importe quoi.
04:42Je vous répète que sur les GAFAM,
04:44je pense qu'il n'y a pas chez l'ERN la même volonté de taxes que sur la France Insoumise.
04:51Ah non, je vais parler des multinationales.
04:52Mais les multinationales qu'a dit Zemmour,
04:55il a dit je souhaite que les GAFAM payent les impôts en France,
05:01quand ils font ce que là...
05:02Vous avez vu les échanges entre Jean-Philippe Tanguy et Sarah Knafo ?
05:06Elle a même produit un tableau Sarah Knafo.
05:07Mais ça, je ne vous parle pas.
05:09Vous avez vu le tableau où elle cible le Rassemblement National ?
05:11On lui fait dire ce qu'on veut au tableau.
05:13Non, il n'y a beaucoup à dire, parce que quand vous vérifiez le tableau,
05:16vérifiez-le, croyez-moi, Sarah Knafo sur ce tableau-là n'est pas tout à fait exact.
05:21Mais en revanche, je ne voulais pas aller sur la même position qu'Éric Zemmour là-dessus.
05:26Parce que Éric Zemmour, je le répète, a dit il faut,
05:30et pour tout vous dire,
05:32le boulanger du coin, en impôts sur les sociétés, il paye 25%.
05:36Non, mais si vous voulez taxer les multinationales et qu'elles ne viennent plus s'installer en France,
05:39taxons les multinationales !
05:40Non, mais là, on parle bien des multinationales françaises,
05:41on peut s'installer à l'étranger, c'est ce que dit le président de la République.
05:45Elles choisiront d'aller ailleurs, et les multinationales françaises, comme le dit Christophe,
05:49se délocaliseront.
05:50Mais continuons comme ça.
05:51Pardonnez-moi, là, il y a discussion.
05:52Là, il y a discussion.
05:53Ce n'est pas tout la même chose que je disais.
05:56Est-ce que vous trouvez normal que le boulanger du coin paye 25% d'impôts sur les sociétés,
06:02et que le McDo du coin soit délocalisé et paye en Irlande ?
06:06Est-ce que vous trouvez ça normal ?
06:08Mais personne ne peut trouver ça normal.
06:09C'est tout.
06:10Mais est-ce que la solution, c'est de matraquer les multinationales,
06:12comme on le fait depuis deux semaines au Parlement ?
06:15Je ne dis pas cela.
06:16Je vous dis qu'il y a une forme d'équité à avoir, précisément sur le sujet que je cite.
06:22Et d'ailleurs, Zemmour a dit la même chose.
06:24Mais oui, mais c'est d'accord.
06:26Et il n'a pas dit la même chose que Sarah Knafo.
06:28Très bien.
06:29Et Jean-Philippe Tanguay et Jordan Bardella ne disent pas non plus la même chose au Rassemblement National.
06:32C'est ça que je voulais dire à la fin.
06:34Mais il y a quand même une des conséquences à tout cela.
06:37Effectivement, sur un plan moral, c'est insupportable que le boulanger français
06:40paye moins d'impôts que l'enseigne McDonald's.
06:42Mais à la fin, quelle est la conséquence ?
06:45C'est l'emploi.
06:46C'est l'emploi.
06:47C'est-à-dire que si vous matraquez...
06:48Mais ils resteront.
06:49Vous croyez que McDonald's doit partir de ce moment ?
06:51Mais il n'y a pas que McDonald's.
06:53Il n'y a pas que McDonald's.
06:54C'est une question d'attractivité.
06:55D'ailleurs, c'est ce que dit Emmanuel Macron aujourd'hui.
06:57Non, ce n'est pas tout à fait ce qu'il dit.
06:58On a l'exemple contraire ces dernières heures.
07:01Parce que personne n'en parle.
07:02Mais enfin, j'avais repéré ça ce matin lors de la conférence de rédaction d'Europe 1.
07:06Une pépite française qui s'appelle Criteo, qui est dans la French Tech,
07:10qui est cotée au Nasdaq, vient de s'installer au Luxembourg.
07:13Parce qu'elle dit maintenant, on sent bien qu'en France, de toute façon, on est malvenu.
07:16Non, ça c'est autre chose.
07:17Direction le Luxembourg.
07:18Non, c'est pas autre chose.
07:18Non, c'est pas autre chose.
07:20Le président français est en train de parler une multinationale française qui vont se barrer.
07:25C'est une multinationale française.
07:27Oui, c'est les conséquences du débat en ce moment à l'Assemblée.
07:30C'est ce que dit le président cet après-midi.
07:32Là, vous avez raison, mais on ne parlait pas de la même chose.
07:35On parlait des multinationales qui viennent sur le sol de France.
07:38Là-dessus, on est d'accord.
07:38Et ce qu'on appelle les GAFAM.
07:39Mais on parle des deux.
07:40Vous allez voir le retour de bâton de Trump.
07:43Il l'a déjà menacé.
07:44Si on taxe les GAFAM, vous allez voir les taxes qu'il va nous manerir.
07:47Non, mais s'il faut aller s'allier avec la France Insoumise et matraquer les multinationales,
07:51faisons cela.
07:52Je ne suis pas sûr qu'économiquement sur l'emploi, ça sera très intéressant.
07:54Je vous répète, Éric Zemmour, ce n'est pas la France Insoumise.
07:56Mais Éric Zemmour, il peut être d'accord sur les GAFAM.
07:59Il n'y a pas que les GAFAM qui vont être taxés.
08:01Moi, je vous parle des GAFAM.
08:03Quand vous tapez les multinationales,
08:05vous tapez également les multinationales françaises qui travaillent avec l'étranger.
08:10Et ça, c'est un problème quand même.
08:11Oui, j'entends tout ce que vous dites.
08:14Je reprends mon exemple.
08:14On n'est pas dans un monde fermé.
08:16Je reprends mon exemple du boulanger qui paye 25% d'IS.
08:20Évidemment, le boulanger pose sur le société 25%.
08:23Mais personne ne trouve ça normal que le boulanger...
08:25Mais au bout d'un moment, on ne peut pas se placer seulement sur le terrain moral.
08:28Il y a une réalité globale.
08:30On vit dans un monde ouvert.
08:31Où si demain, la France n'est plus attractive à la fois pour ses propres sociétés
08:34et pour les sociétés étrangères,
08:36toutes ces sociétés iront créer de l'emploi ailleurs.
08:38Et bien c'est pourquoi le débat...
08:39Et les sous-traitants partiront aussi.
08:41Et c'est pourquoi le débat est contradictoire.
08:43Et c'est pourquoi il est vif autour de la table.
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