00:00Mais d'abord, Yves Tréhard, votre choix ce soir, c'est de nous parler d'Emmanuel Macron, plus solitaire que jamais.
00:04Alors lui, il fait moins trembler que le futur maire de New York, s'il est élu, évidemment.
00:09Alors vous savez, il y a un principe, c'est Jean-François Kade, notre confrère, qui avait dit
00:14« lâcher, lyncher, détester ».
00:17Alors avant, il y avait admiré.
00:19Bon, lâcher le président de la République et lâcher par ses plus proches,
00:23ceux qui l'ont accompagné dans la conquête du pouvoir en 2017.
00:27L'inché, ses premiers ministres disent, mais finalement, alors que c'est lui qui les a faits,
00:33Édouard Philippe, Gabriel Attal, ils disent qu'il faudrait qu'il s'en aille.
00:38Et puis détester jamais un président de la République, en dehors de François Hollande,
00:42n'a atteint un tel niveau d'impopularité, seulement 11% des Français leur fait confiance.
00:48Mais c'est plus grave d'une certaine façon que François Hollande,
00:51parce que c'est accompagné d'un sentiment de détestation, de haine qu'on a rarement vu,
00:58même du temps de Nicolas Sarkozy, souvenez-vous.
01:00Alors le président de la République, dans ce contexte-là, il ne perd pas quand même la face.
01:05Il a décidé demain d'aller en Charente-Maritime, pour renouer d'ailleurs avec un exercice
01:09dans lequel il était très très bon, c'est celui des Gilets jaunes.
01:13Vous savez, le grand débat, il va aller discuter de la démocratie, de la mer,
01:17il va aller discuter de plusieurs sujets avec des Français.
01:20Mais dans la fièvre budgétaire qu'on connaît aujourd'hui, est-ce qu'il va pouvoir se faire entendre ?
01:26Parce que le problème, c'est que plus personne ne l'écoute, c'est que tout ce qu'il fait,
01:31et la semaine dernière, il s'est intéressé notamment aux réseaux sociaux,
01:34on a complètement oublié ce qu'il avait dit.
01:37Et puis, parfois, il est un peu maladroit quand même,
01:40parce que sur les retraites notamment, il a dit ça.
01:44Le Premier ministre a fait un choix pour apaiser le débat actuel.
01:49qui a consisté à proposer le décalage d'une échéance.
01:55Je le dis ici parce que ça n'est ni l'abrogation ni la suspension.
01:59C'est le décalage d'une échéance, qui est la prochaine échéance,
02:01celle des 63 ans au 1er janvier 2027,
02:05qu'il a décalé au 1er janvier 2028,
02:07avec un financement par des économies.
02:09C'était il y a une dizaine de jours, deux jours avant,
02:12le Premier ministre avait dit « je suspends ».
02:15Il l'a répété vendredi dernier, d'ailleurs, à la Chambre, au Palais Bourbon.
02:19Il suspend.
02:20Aujourd'hui, l'homme fort, je vais vous dire, de l'exécutif,
02:24dans un régime qui a été inventé par le général de Gaulle,
02:27ce n'est pas le Président de la République, c'est le Premier ministre.
02:29C'est lui qui mène la danse, même si, évidemment,
02:32il est très proche du Président de la République.
02:33La dissolution du 9 juin 2024 lui a été fatale ?
02:38Alors, elle a été terrible, parce que personne n'a compris.
02:41Que ce soit les Français, que ce soit les observateurs, les experts,
02:44il n'y avait aucune légitimité, aucune raison valable
02:47pour prononcer cette dissolution.
02:50Le problème, c'est que, je vais me faire un peu l'avocat du diable,
02:52parce que le Président de la République, finalement,
02:55il est comme tous ses prédécesseurs.
02:57Ils ont tous raté leur deuxième mandat, je vais vous dire.
03:01Charles de Gaulle, il est quand même parti en 1969,
03:04il s'est tapé 1968 avant.
03:08François Mitterrand, le deuxième mandat n'a pas été folichon.
03:11Le deuxième mandat non plus de Jean Chirac, ce n'était pas terrible.
03:15Et puis alors, j'aurais cette formule qu'on avait utilisée
03:18pour Nicolas Sarkozy aussi, c'est que le pire ennemi
03:21d'Emmanuel Macron, c'est Emmanuel Macron lui-même.
03:25C'est exactement ça, parce qu'en prononçant cette dissolution,
03:30il s'est fait hara-kiri.
03:31Mais Yves, qu'est-ce qu'on fait quand on est Président de la République
03:34à 11% de Côte de popularité et qu'il vous reste un an et demi de mandat ?
03:39Justement, c'est très long.
03:40Et je vais vous dire, c'est d'autant plus long que vous voyez,
03:43vous êtes humilié à longueur de journée aujourd'hui,
03:45parce qu'une des colonnes vertébrales de la politique du Président de la République,
03:50c'était de dire, pas de hausse de la fiscalité,
03:52on va faire une start-up nation, on va ouvrir les fenêtres et tout ça.
03:57Et c'est tout le contraire qui se produit.
03:58Tout ce qu'il a fait, même la réforme des retraites,
04:00on est en train de la remettre en question.
04:02C'est humiliant pour lui.
04:04Alors, ce qu'on cherche, c'est de savoir comment il peut sortir par le haut.
04:09Alors, il peut y avoir la démission,
04:10mais la démission, ce n'est pas une sortie par le haut.
04:12Il y a Mme Panot qui la demande, notamment M. Copé.
04:15On va écouter Mme Panot.
04:16– Nous nous trouvons dans une situation
04:19où Emmanuel Macron a fait perdre assez de temps au pays,
04:22où depuis un an et demi, il refuse de reconnaître le résultat des urnes,
04:25et qu'il ne reste ce soir plus qu'une seule solution,
04:28la démission et le départ d'Emmanuel Macron,
04:31et qu'avec le départ d'Emmanuel Macron,
04:33il puisse y avoir une présidentielle anticipée
04:35qui permette d'arrêter de perdre du temps au pays.
04:39– Oui, il y a la dissolution.
04:41Mais la dissolution, si elle arrivait à tout coup,
04:45c'est Jordan Bardala qui deviendrait Premier ministre.
04:47Est-ce que vous vous souvenez de ce qu'avait dit
04:49devant le Louvre, le président de la République, le 2017,
04:53avec moi président ?
04:54Il n'y aura pas de rassemblement national.
04:56Ça serait quand même l'humiliation totale.
04:59Troisième possibilité, un référendum.
05:01Parce qu'il peut demander un référendum, mais sur quoi ?
05:05C'est ça le problème.
05:06Le macronisme, cher Max, est en voie d'extinction.
05:11– C'est la conclusion d'Yves Tréard ce soir.
05:13Commentaire, réaction, Elsa, Amélie.
05:15– Il n'y a jamais eu de deuxième mandat véritablement réussi ?
05:18– Ça n'a jamais marché.
05:19– Surtout quand on ne fait pas campagne ?
05:21– Oui, mais même…
05:22– Donc mandat unique ?
05:23– Pourquoi pas un mandat unique ?
05:25– Si le deuxième est toujours raté…
05:27– Ça délivrerait les politiques de la nécessité de durer,
05:30et peut-être que ça apporterait la volonté d'agir.
05:33– Il n'y a pas de bonne formule, en fait.
05:34Il y a des bons tempos politiques,
05:37mais je crois que le temps use énormément les présidents.
05:41– Sous-titrage Société Radio-Canada
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