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NewsTranscription
00:00On ne peut plus rien dire.
00:03Si tu ne veux pas te retrouver seul, t'as intérêt de fermer ta gueule, on ne peut plus rien dire.
00:07Et oui, aujourd'hui André Bercoff, on ne peut plus rien dire, mais déjà du temps de Brassens, André, dans les années 50,
00:13eh bien on ne pouvait rien dire.
00:14Vous savez qu'il est l'un des chanteurs français à avoir été le plus censuré sur les ondes,
00:19notamment avec cette chanson qui a marqué les esprits.
00:23Patron de la ménagerie, gris était perdu, nom de nom, c'est à son mancar le gorille,
00:28n'a jamais connu de guenon, dès que la féminine en jance,
00:32sut que le singe était puceau, au lieu de profiter de la chance,
00:36elle le fife des deux fuseaux, gare au gorille.
00:42Emmanuel Pira, bonjour, bienvenue sur Sud Radio.
00:46Vous êtes avocat spécialiste, vous êtes spécialiste de la censure.
00:50Alors cette chanson est sortie en 1952, et dès sa sortie, elle a été censurée.
00:55Expliquez-nous pourquoi.
00:57C'est une formidable chanson d'abord.
00:59Elle me fait toujours rire quand j'entends.
01:01Magnifique.
01:02Il faut préciser qu'il y a beaucoup de sexualité dans les paroles de Brassens,
01:06très souvent, mais qui n'étaient pas provocateurs.
01:08Ce qu'il aimait, c'était l'esprit des chansons des salles de garde
01:10et des jeux de mots, en préambule.
01:13Mais évidemment, c'est la chanson phare dans l'œuvre censurée de Georges Brassens
01:18qui, comme vous l'avez dit, Céline, était le champion des chansons censurées.
01:22Il y en a à peu près 17 qui sont passées à la trappe.
01:25C'est énorme.
01:2617 interdits de diffusion à la radio publique, à ORTF et à Radio Luxembourg.
01:31Donc, ça allait loin.
01:33Et pourtant, il disait lui-même, j'étais le pornographe du phonographe.
01:38Exactement.
01:38L'île a très joli, très joli, l'île, évidemment.
01:43Et oui, mais il faut rappeler qu'elle...
01:44Cette chanson, elle pose deux problèmes.
01:46Oui, allez-y, il faut rappeler...
01:47Non, expliquez-nous, effectivement, quoi cette chanson a posé problème, dites-nous.
01:53Si on écoute bien cette chanson, elle parle à l'origine d'Apussaud.
01:55Très bien, on dirait d'un jeune homme vierge aujourd'hui, pour être poli, mais comme on est dans cette émission, on va parler normalement.
02:02Absolument.
02:02Donc, il s'agit donc d'un jeune homme puceau qui, d'un seul coup, décide de se dévirginiser, entre guillemets.
02:12Et donc, c'est un gorille.
02:13C'est le gorille qui sort de la cage et qui dit qu'il est temps, enfin, de se déniaiser.
02:16Et toutes les femmes du village qui sont là, d'un seul coup, qui le regardaient alléchées à travers les barreaux de la cage du gorille,
02:22ils s'enfuient en se disant, non, pas moi.
02:23En tout cas, pas au public et pas devant les autres villageois.
02:26Et il a le choix.
02:27Il reste deux personnes en robe.
02:29Une petite vieille et un jeune magistrat.
02:32Vous savez, la robe de la toche.
02:34Moi, je suis l'abocat, j'en ai une de robe.
02:35Mais là, donc, un magistrat en pleine rue qui sort du tribunal avec sa robe.
02:39Le gorille regarde.
02:40Je dis, la vieille, c'est pas pour moi.
02:42Et il fonce.
02:44Sur le juge.
02:45Sur le juge.
02:46Qui l'emmène dans un bosquet.
02:49Et là où c'est extraordinaire, Brassens a une formule formidable.
02:52Il dit, il s'est mis à crier maman au moment suprême.
02:56Et il avait autant mal ou autant peur et il a autant pleuré que celui dont il avait d'erreur donné qu'on lui coupe la tête le matin même.
03:05C'était encore la peine de mort.
03:06Oui.
03:07Voilà.
03:07Et là, ça vise la peine de mort.
03:09Oui.
03:09Et c'est la chute de la chanson.
03:11Et évidemment, tout le prétexte de Brassens, c'est d'arriver à dénoncer la peine de mort et l'imbécilité, évidemment, de cette sentence.
03:20Voilà pourquoi cette chanson est d'abord et surtout interdite, même si on prend comme prétexte, évidemment, la sexualité, l'érotisme, le caractère grivois de cette chanson.
03:30Il faut bien dire aussi que Brassens a conscience du problème.
03:34Il le voyait venir et qu'il avait même allégé d'un couplet encore plus graveleux et attentatoire à tout un tas de choses, des bonnes meurs.
03:43Et ensuite, il avait déjà enlevé un couplet parce qu'il avait proposé la chanson à Patachou qui lui avait dit, ah non, là, on risque vraiment les emmerdements.
03:51Donc, résultat, même dans cette version édulcorée, elle a été trappée et interdite de diffusion pendant trois ans.
04:01Et vingt ans plus tard, elle a été toujours interdite d'ORTF.
04:03Vingt ans plus tard.
04:05Oui, c'est incroyable.
04:05Mais il faut dire, il faut préciser quand même, il faut revenir dans le contexte de l'époque.
04:09André Bercoff, c'est la France à l'époque de Vincent Auriol.
04:12Ce texte est une véritable révolution.
04:14André, à l'époque, il y a Luis Mariano qui chante « L'amour est un bouquet de violettes »
04:18et Lynn Renaud qui fredonne « Ma petite folie, André ».
04:23Oui, enfin, évidemment.
04:25Et combien pour ce chiant dans la vitrine.
04:27Ouah, ouah, c'était ça aussi.
04:30Mais Emmanuel Piera, vous dites, c'est très intéressant, vous dites 17 chansons.
04:36C'est-à-dire que tout au long de sa carrière, Brassens, où c'était juste au début,
04:41où il y a eu l'avalanche, le tsunami de censure, et après c'était Brassens, donc il était intouchable,
04:46ou bien ça a continué au cours de sa carrière ?
04:49Non, mon frère, tout au long de sa carrière,
04:51et chaque fois qu'il sortait une nouvelle chanson qui était un petit peu limite,
04:56on lui rappelait les interdictions précédentes,
04:58et donc ça justifiait une nouvelle interdiction.
05:01Il n'y a pas que le gorille, évidemment, donc la tondue, il y a Marguinette,
05:05La Vodésert, La Vodésert, La Vodésert, La Vodésert.
05:08Oui, la tondue, c'était à mon bord de l'occupation, c'est ça ? La tondue ?
05:12Oui, bien sûr, ça rapport à l'occupation.
05:14Très souvent, les chansons ne sont pas interdites en raison du caractère graveleux ou sexuel,
05:19ça c'est le prétexte, mais elles parlent de l'occupation,
05:22elles parlent des femmes tondues, elles parlent de la peine de mort,
05:24elles parlent des travailleurs, elles parlent des problèmes sociaux,
05:28et Brassens fait simplement un constat, ce n'est pas un militant,
05:32c'est quelqu'un qui fait un constat sur la société.
05:34Il y a même une chanson qui est contre les 68ards, que j'adore,
05:38qui dit que c'est déjà des vieux bourgeois qui défilent et qui se prennent pour des révolutionnaires.
05:43Mais Brassens, c'était un anarchiste, au vrai sens du terme,
05:46c'était un véritable anarchiste, et je me rappelle cette chanson qui a fait polémique,
05:50il n'avait pas été censuré, Emmanuel Piera,
05:53« Mourir pour des idées, oui, mais de mort lente ».
05:57Et il avait été accusé de tout, en disant
06:01« Comment vous fichez des héros, etc., des gens qui sont morts pour leurs idées, justement ».
06:08Mais Brassens, c'était un véritable anarchiste, on peut le dire.
06:11– Bien évidemment, il est mort, on va dire aussi qu'on parle de lui cette semaine,
06:16particulièrement d'abord parce qu'on l'aime beaucoup,
06:18mais parce que c'est l'anniversaire, malheureusement, de sa mort.
06:21– Il est mort en octobre, 81, il était né en octobre également,
06:26on est à l'anniversaire aussi de sa naissance, il y a 10 jours.
06:30– Et il est mort à 61 ans, ce qui n'est pas vieux, enfin il faut le rappeler.
06:34– Bien sûr, après avoir refusé d'appeler à voter Mitterrand,
06:37donc il est mort quelques mois plus tard,
06:39la gauche ne l'a pas compris, évidemment, comme elle ne comprend rien,
06:42parce qu'elle ne comprenait pas qu'il puisse rester anarchiste jusqu'au bout.
06:46Et il avait dit, je m'en fous,
06:47ce n'est pas parce qu'il va abolir la peine de mort que je vais voter pour lui.
06:51Donc c'est assez cohérent, c'est un esprit libre,
06:54et c'est ce qui fait toute la beauté et la saveur, évidemment, de Georges Brassens.
06:58– Et qui reste absolument, moi je vois des jeunes, etc., qui vraiment l'écoutent,
07:04ils restent là, ils n'ont pas du tout connu de purgatoire, Brassens.
07:08C'est ça qui est extraordinaire.
07:09– André, il faut préciser, on va préciser quand même que cette chanson est devenue tellement culte
07:13en étant interdite qu'elle a été reprise par les plus grands.
07:16Renaud en a fait une version, Cabrel en a fait une version,
07:19Maxime Lefort et Sioski, et le dernier en date,
07:22c'est Joey Starr qui a écrit Garo Jaguar,
07:25qui a été censuré, qui a été interdite,
07:28non pas parce qu'elle était sexuelle ou contre la peine de mort,
07:32mais parce que par ailleurs, dedans, il avait remplacé la petite vieille
07:34par une hôtesse de l'air,
07:35et qu'il avait eu des démêlés sur Air France avec une hôtesse de l'air.
07:38Et donc, il a fini par sortir un album qui s'appelle Garo Jaguar,
07:42sans la chanson Garo Jaguar, il faut le faire.
07:45– Mais vous savez, Emmanuel, moi je raconte une petite histoire,
07:48mais elle est magnifique.
07:50J'étais il y a quelques années au Vietnam, à Hawaiian, je me rappelle,
07:53et vous savez, je suis en train de marcher vraiment au centre du Vietnam,
07:57à un village, et j'entends, le temps ne fait rien à faire,
08:00quand on est con, on est con, je me dirige vers ça,
08:04et c'est un café ouvert par un miétamien qui s'appelait Les Amis de Georges,
08:07où il était tapissé des photos de Brassens, en plein Vietnam,
08:11c'était il y a 8, 8, 10 ans, et pour montrer à quel point Brassens était…
08:16– Et oui, et aujourd'hui, il faut le préciser, André,
08:18ces chansons sont étudiées à l'école, même en primaire.
08:23– Mes filles l'ont eu à l'école, et j'en suis très content,
08:27et je leur ai dit comme titre de gloire que j'étais en très bon lien
08:31comme avocat avec le musée Georges Brassens de 7 que je salue,
08:35et qu'il faut visiter, évidemment.
08:36– Absolument, tous à 7, merci beaucoup Emmanuel Pira,
08:40vraiment, il faut toujours célébrer Brassens et les chansons interdites.
08:45– Et oui, dans un instant André Bercoff, la culture dans tous ses états,
08:48l'occasion des 120 ans de la loi de 1905,
08:51et bien nous allons débattre de la laïcité qui est menacée aujourd'hui en France,
08:55et ce depuis quelques décennies, pourquoi certains y sont hostiles ?
09:00Répond juste après le journal de 13h sur Sud Radio,
09:02avec deux experts de la laïcité,
09:05Henri Peignarouiz et Alain Policar.
09:07Alors restez avec nous, on revient dans quelques secondes.
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